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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-12T23:18:59+02:00</updated>
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   <title>"Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…</title>
   <updated>2024-09-27T12:39:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mothers-A-Song-for-Wartime-Les-voix-chantees-plus-fortes-que-le-bruit-des-chars_a4051.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-09-27T11:55:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On voudrait tellement y croire… Et à entendre résonner les voix de ces ukrainiennes, biélorusses et polonaises, unies par la même détermination combative, on est gagnés par leur émotion… qui devient nôtre. En effet, comment pouvoir résister à ces chants véhiculant, sur des musiques traditionnelles, tant la beauté innocente du monde que l'effroi provoqué aujourd'hui par les viols promus au rang d'arme de guerre ? Résister c'est exister. Et si sombre est le propos, il est éclairé par la fabuleuse énergie de ces "guérillères ordinaires" ne cédant devant rien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531855.jpg?v=1720861963" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Tout commence par un rêve ayant traversé les temps… Un rêve doux, celui porté par un chant apaisant pour temps de guerre. Un rêve naïf – mais essentiel – mettant en scène un petit oiseau apportant, avec la venue du printemps, l'espoir. Faisant corps entre elles, propulsant à leur tête une petite fille pétillante de vie faisant figure de proue, elles avancent et reculent au rythme d'une vague pérenne qu'aucune force, fût-elle armée, ne pourra arrêter. Mais les vagues, même les plus tranquilles d'entre elles, ont aussi pour effet d'effacer les traces inscrites dans le sable. Le flux et le reflux de la mémoire humaine ne fonctionnent pas autrement, ils effacent toutes traces d'horreurs &quot;impensables&quot;. Ainsi en est-il de l'amnésie, symptôme post-traumatique des temps guerriers.       <br />
              <br />
       &quot;Sur la paix&quot;, projeté sur la façade monumentale du Palais, ouvre le temps du partage, celui du chant de beignets traditionnels, celui des douceurs à déguster en toute fraternité, en dansant, s'embrassant. &quot;Sur la violence&quot;, lui succède apportant dans les plis de ses paroles la souffrance d'une enfant implorant sa mère de la sauver. Un cri déchirant, avec en contrepoint une berceuse enfantine contrastant avec l'extrême violence vécue. &quot;Sur le viol&quot; intensifie encore l'horreur en rappelant que le viol concerne essentiellement les femmes, mais aussi les hommes, n'épargnant aucun âge. De un à quatre-vingt-cinq ans, comme le révèlent les consultations gratuites mises en place pour recueillir la parole des victimes de la soldatesque russe, ayant banalisé la pratique du viol pour démultiplier la souffrance en l'étendant à la vie entière de la victime. Les chorégraphies désarticulées et vindicatives du chœur des femmes &quot;parlent&quot; alors autant de la douleur qui les submerge que de leur colère de combattantes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531856.jpg?v=1720862011" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Et l'Europe dans tout ça ? Scandale qu'elle soit si éloignée de l'Ukraine. Déclaration d'amour proclamée par le chœur, <span style="font-style:italic">&quot;l'amour est plus fort que la mort&quot;</span>. Et la révolte plus importante que la passivité face au malheur, <span style="font-style:italic">&quot;Le rôle des pleureuses sur des os ne nous suffit plus. Notre chant ne s'arrêtera pas&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Viendra l'heure des &quot;Mothers monologues&quot;, chacune énonçant son prénom et la ville d'Ukraine qu'elle a dû fuir, Kyiv, Soumy, Irpin, Kharkiv… Elle fera part ensuite de ses goûts ordinaires, de ce qui la constitue comme être de désirs, un sujet pleinement vivant que les atrocités guerrières n'ont pas réussi à détruire… Même si elles savent, ces femmes, que la guerre survivra en elles à la paix.       <br />
              <br />
       Moments sensibles portés par ces chants chorégraphiés à la force expressive amplifiée par la solennité des lieux. Moments partagés avec les spectateurs faisant communauté avec ces héroïnes ordinaires n'ayant rien rabattu de leurs aspirations… Et même si, l'émotion (réelle) ressentie dans ce haut lieu de La Cour d'Honneur résonnant des bruits et fureurs de représentations mythiques se dissipera (peut-être pas, allez savoir…) au premier mistral venu, cette forme chorale est de nature à réveiller notre assoupissement chronique… pour hisser notre légitime indignation à la hauteur de l'énergie déployée par ces guérillères exemplaires.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 10 juillet 2024 dans la Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mothers, A Song for Wartime"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531857.jpg?v=1720862046" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène : Marta Górnicka.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Maria Wierzbicka, Bazhena Shamovich.       <br />
       Avec : Liza Kozlova, Palina Dabravoĺskaja, Svitlana Onischak, Kateryna Taran, Svitlana Berestovska, Vidana Blonska, Sasha Cherkas, Yuliia Ridna, Natalia Mazur, Aleksandra Sroka, Katarzyna Jaźnicka, Bohdana Zazhytska, Anastasiia Kulinich, Hanna Mykhailova, Katerina Aleinikova, Elena Zui-Voitekhovskaya, Kamila Michalska, Maria Robaszkiewicz, Polina Shkliar, Ewa Konstanciak, Volha Kalakoltsava.       <br />
       Livret : Marta Górnicka et ensemble (ukrainiens, biélorusses, polonais).       <br />
       Musique : Marta Górnicka.       <br />
       Dramaturgie : Olga Byrska, Maria Jasińska.       <br />
       Scénographie : Robert Rumas.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Maria Bijak.       <br />
       Chorégraphie : Evelin Facchini.       <br />
       Lumière : Artur Sienicki.       <br />
       Vidéo : Michał Jankowski.       <br />
       Costumes : Joanna Załęska.       <br />
       Collaboration musicale : Wojciech Frycz.       <br />
       Coaching vocal : Joanna Piech-Sławecka.       <br />
       Conseil d'ethnomusicologie urkainienne : Anna Ohrimchuk.       <br />
       Conseil sur les jeux d'enfants ukrainiens : Venera Ibragimova.       <br />
       Traduction pour le livret : Cecile Bocianowski (français), Aleksandra Paszkowska (anglais).       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Cécile Bocianowski (français), Aleksandra Paszkowska (anglais).       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531858.jpg?v=1720862072" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 15 au 19 octobre 2024.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h 30, samedi à 19 h 30.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8ᵉ, 01 44 95 98 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/index.htm" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       24 et 25 octobre 2024 : Festival Contre-Sens, TNP, Villeurbanne (69).       <br />
       2 novembre 2024 : Maxim Gorki Theater, Berlin (Allemagne).       <br />
       7 novembre 2024 : Euro-scene Leipzig Theatre Festival, Leipzig (Allemagne).       <br />
       18 novembre 2024 : The National Festival of Directing Art Interpretations, Katowice (Pologne).       <br />
       30 novembre et 1ᵉʳ décembre 2024 : Théâtre Powszechny, Varsovie (Pologne).       <br />
       6, 7 et 12 décembre 2024 : Festival International Divine Comedy, Cracovie (Pologne).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83079134-59531859.jpg?v=1720863590" alt=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title=""Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui</title>
   <updated>2024-07-20T08:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Elizabeth-Costello-Sept-lecons-et-cinq-contes-moraux-et-au-bout-de-la-nuit-l-ennui_a4011.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81648257-58779427.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-19T16:49:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Plein les yeux (époustouflantes vidéos défilant sur l'écran panoramique occupant tout le bas de la façade monumentale du Palais des Papes), plein les oreilles (nappes de musiques déferlantes), une belle idée (un personnage de fiction menant la danse en bousculant la marche d'une humanité par trop assoupie) et à 2 h du matin ("durée quatre heures avec entracte")… un bel ennui. Comme si la débauche de moyens convoqués (scénographie coûteuse, scénario se voulant complexe comme pour mieux afficher que l'on n'est pas là dans la facilité aliénante, ah non !) était inversement proportionnelle à l'effet produit. Un raté, certes splendide, salué respectueusement (la Cour a perdu beaucoup de sa pétulance originelle) par l'hémorragie silencieuse de spectateurs abandonnant le navire avant le naufrage annoncé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779427.jpg?v=1721403136" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Certes, convenons tout de suite que ce chapeau manque un peu (doux euphémisme) de nuances… Mais quand &quot;le roi est nu&quot;, il est salutaire de lui faire savoir, sans allégeance, n'en déplaise à la doxa des irréductibles, afficionados s'applaudissant autant qu'ils applaudissent. Sans remettre nullement en cause la puissance de l'œuvre monumentale initiale de John Maxwell Coetzee, l'auteur d'origine sud-africaine nobélisé en 2003 et figure de proue de la lutte pour la désaliénation tous azimuts, on se doit de reconnaitre que le metteur en scène polonais, Krzysztof Warlikowski, sous l'emprise du personnage de l'autrice Elizabeth Costello, sortie de l'imaginaire flamboyant de Coetzee, en a perdu le contrôle dans la durée d'un spectacle qui s'étire, s'étire, à n'en plus finir.       <br />
              <br />
       Lorsque le personnage de papier ayant pour nom Elizabeth Costello naît en 1999 sous la plume de J. M. Coetzee (présent ce soir sur le plateau sous les traits d'un acteur), &quot;elle&quot; ne pouvait pas se douter qu'en 2024 elle serait l'invitée d'honneur d'un festival, l'exposant sous toutes les coutures (et elle en est riche…) sur la prestigieuse scène de La Cour d'honneur du Palais des papes. L'auteur (ou son fac-similé) avouant tout de go <span style="font-style:italic">&quot;Je n'ai plus de contrôle sur elle, elle s'invite dans mes romans et dans ma propre vie&quot;</span> – rajoutons, et sur un plateau de théâtre – décline (heureuse intuition…) par avance toute responsabilité sur la récupération à laquelle elle pourrait donner lieu… dont celle présente. Dont acte (… théâtral).       <br />
              <br />
       Et effectivement on la découvre par vidéo interposée dans la chambre de l'hôtel où elle est logée avec son fils avant de recevoir le prix (en l'occurrence un gros chèque..) littéraire qui lui a été décerné. En chair et en os, bien vivante quoique déjà abimée par les excès, dépassant le clivage homme-femme, peut-être chien elle-même, elle s'affale sur un divan, regrettant de ne pas avoir renoncé à la cérémonie… mais pas au chèque qui va avec, chèque que l'on aurait pu très bien lui envoyer par la poste… Ainsi, le personnage fictif (qui sera interprété successivement par plusieurs actrices), devenue personne, colle parfaitement à l'idée que l'on s'en faisait au travers du roman : un être iconoclaste à souhait.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779439.jpg?v=1721403167" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Alors que sur un écran la journaliste ayant interviewé Elizabeth Costello visionne l'enregistrement en compagnie du fils de l'autrice primée, assis tous deux confortablement dans un canapé faisant dos à la salle, une caméra vidéo duplique la scène en projetant de face leur conversation &quot;agrandie&quot; sur la façade du Palais. L'effet est troublant. Saisis par l'ambiguïté dupliquée, on ne sait plus faire le distinguo entre les acteurs réels jouant leurs personnages… et leurs images projetées. Belle mise en abyme des frontières labiles entre réalités et fictions, &quot;à l'image&quot; de cette retransmission télévisuelle où le personnage d'Elizabeth Costello, devenue personne à part entière, nous revient via le support… d'une image télévisée. Quant aux relations de proximité rapprochée qui se nouent entre la journaliste et le fils, les deux &quot;très sexe&quot; à la faveur de cette conversation sur canapé, elles témoignent que la chair, elle, est bel et bien vivante.       <br />
              <br />
       Pas étonné alors que le sujet de la conférence donnée par Elizabeth Costello pour recevoir son prix ait pour titre &quot;Qu'est-ce que le réalisme ?&quot;. Elle y reprend une nouvelle de Frantz Kafka (auteur vénéré par l'auteur qui l'a engendrée) mettant au premier plan un singe en habits délivrant un discours devant une société savante sans représentant. Et pressée de répondre à une question du public… sur l'absence de public… la conférencière répond tout tranquillement que le public peut être des singes… ou que, Kafka étant juif, c'est un Juif qui s'adresse aux goys, ou aux non-goys absents pour les raisons connues.       <br />
              <br />
       Jusqu'ici tout va (à peu près) bien… Suivra une conférence, blindée de portes ouvertes à défoncer, d'Elizabeth Costello convoquant à la rescousse de sa thèse féministement compatible un trio d'exception : Éros, Apollon et Aphrodite… <span style="font-style:italic">&quot;Si Apollon a des couilles et une bite, de quoi dispose Aphrodite ?&quot;.</span> Poursuivant dans cette veine en rappelant le jeu d'Éros <span style="font-style:italic">&quot;qui jouit, dégoulinant de sperme&quot;</span> sur le corps de la déesse de l'Amour n'en pouvant plus, mais elle introduit l'idée de l'absence de réversibilité de la chose : <span style="font-style:italic">&quot;Qu'en est-il des hommes chevauchés par les déesses ?&quot;.</span> Et oui grand Dieu, qu'en est-il ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779536.jpg?v=1721403220" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Sans transition, une autre conférence fera, elle, la part belle à la gent animale, méprisée par le commun de la race humaine. Alignées derrière une immense table, dix doctes personnalités dissertent sur la proximité que les représentants de la race humaine entretiennent avec leurs collègues de la race animale… <span style="font-style:italic">&quot;Nous ne sommes pas censés avoir des rapports sexuels avec eux, mais nous les ingérons avec plaisir&quot;.</span> D'où (?) une autre conférence, sur le problème du Mal (après celui des mâles, cf. plus haut). Etc. Etc. Heureusement que l'entracte sonne alors la fin de partie (du moins la première), nous délivrant pour un temps du réel sentiment d'ennui ressenti face à la juxtaposition répétitive de saynètes représentées de manière insipide.       <br />
              <br />
       À la reprise, une amélioration temporaire (on a repris des forces…) survient sous la forme d'une Elizabeth Costello vieillie. <span style="font-style:italic">&quot;Comme un personnage de Tchekhov&quot;</span>, la réalité l'a rattrapée et, avec elle, le désir humain la rapprochant de ses petits-enfants. Mais, très vite, le flux de scènes sans queue ni tête (si ce n'est celle du mutilé culbutant frénétiquement l'aveugle, un bas sur la tête) reprend, agrémenté de cette saillie à haute valeur philosophique : <span style="font-style:italic">&quot;Après l'amour, vont-ils disserter sur l'amour ?&quot;</span>, là, on reste coi (sans tréma et sans t). Quant à la chute, elle vaut son pesant de sensiblerie animaliste, heureusement vite dépassée par la dernière image de l'héroïne fictionnellement réaliste, guidée par le même singe bienveillant la conduisant sur l'autre rive. Le portrait d'elle renvoyant au &quot;Cri&quot; d'Edvard Munch est sans nul doute l'un des moments forts de cette traversée au bout de l'ennui.       <br />
              <br />
       Le déluge de moyens convoqués et l'impensable patience requise pour &quot;tenir&quot; quatre longues heures paraissant une éternité (et comme le disait ce cher Woody Allen qui, lui, avait de l'humour : <span style="font-style:italic">&quot;L'éternité, c'est long, surtout vers la fin&quot;</span>) valent bien en réponse (cf. la théorie du &quot;don/contre-don&quot; de Marcel Mauss) un aussi long article… dont le parti pris &quot;criant&quot; s'autorise de la souffrance réelle ressentie à tenir jusqu'à la chute de cette fiction à bien des égards inaudible.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 17 juillet 2024 dans la Cour d'honneur du Palais des papes.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779538.jpg?v=1721403247" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Pologne - Création 2024.       <br />
       En polonais surtitré en français et anglais.       <br />
       D'après l'œuvre de John Maxwell Coetzee, &quot;Elizabeth Costello&quot;, &quot;L'Homme ralenti&quot;, &quot;L'Abattoir de verre&quot;.       <br />
       Mise en scène : Krzysztof Warlikowski.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Jeremi Pedowicz.       <br />
       Avec : Mariusz Bonaszewski, Andrzej Chyra, Magdalena Cielecka, Ewa Dałkowska, Bartosz Gelner, Małgorzata Hajewska-Krzysztofik, Jadwiga Jankowska-Cieślak, Maja Komorowska, Hiroaki Murakami, Maja Ostaszewska, Ewelina Pankowska, Jacek Poniedziałek, Magdalena Popławska.       <br />
       Dramaturgie : Piotr Gruszczyński.       <br />
       Collaboration artistique : Claude Bardouil.       <br />
       Collaboration au texte : Łukasz Chotkowski, Mateusz Górniak, Anna Lewandowska.       <br />
       Scénario : Piotr Gruszczyński, Krzysztof Warlikowski.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Margot Carlier (français), Artur Zapałowski (anglais).       <br />
       Surtitrage : Zofia Szymanowska.       <br />
       Lumière : Felice Ross.       <br />
       Costumes et décors : Małgorzata Szczęśniak.       <br />
       Musique : Paweł Mykietyn.       <br />
       Vidéo : Kamil Polak.       <br />
       Maquillage : Joanna Chudyk, Monika Kaleta.       <br />
       Régie générale : Paweł Kamionka       <br />
       Captation vidéo : Bartłomiej Zawiła        <br />
       Machinerie : Wojciech Sadowski, Łukasz Żukowski.       <br />
       Accessoires : Tomasz Laskowski.       <br />
       Habillage : Kajetan Korcz, Sylwia Szefer.       <br />
       Durée : 4 h (avec entracte).       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       14 septembre 2024 : Malta Festival 2024, Poznań (Pologne).       <br />
       Du 26 septembre au 6 octobre 2024 : Nowy Teatr, Varsovie (Pologne).       <br />
       Du 29 novembre au 1er décembre 2024 : Théâtre, Liège (Belgique).       <br />
       Du 13 au 15 décembre 2024 : Boska Komedia - Divine Comedy, International Theater Festival, Cracovie (Pologne).       <br />
       Du 5 au 16 février 2025 : La Colline - Théâtre national, Paris.       <br />
       21 et 22 mars 2025 : Schauspiel, Stuttgart (Allemagne).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779553.jpg?v=1721403293" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Elizabeth-Costello-Sept-lecons-et-cinq-contes-moraux-et-au-bout-de-la-nuit-l-ennui_a4011.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…</title>
   <updated>2024-07-13T11:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Mothers-A-Song-for-Wartime-Les-voix-chantees-plus-fortes-que-le-bruit-des-chars_a4002.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81531983-58715109.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-13T10:40:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On voudrait tellement y croire… Et à entendre résonner dans la fastueuse Cour du Palais des papes les voix de ces ukrainiennes, biélorusses et polonaises, unies par la même détermination combative, on est gagnés par leur émotion… qui devient nôtre. En effet, comment pouvoir résister à ces chants véhiculant, sur des musiques traditionnelles, tant la beauté innocente du monde que l'effroi provoqué aujourd'hui par les viols promus au rang d'arme de guerre ? Résister c'est exister. Et si sombre est le propos, il est éclairé par la fabuleuse énergie de ces "guérillères ordinaires" ne cédant devant rien.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81531983-58715109.jpg?v=1720861963" alt="•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title="•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Tout commence par un rêve ayant traversé les temps… Un rêve doux, celui porté par un chant apaisant pour temps de guerre. Un rêve naïf – mais essentiel – mettant en scène un petit oiseau apportant, avec la venue du printemps, l'espoir. Faisant corps entre elles, propulsant à leur tête une petite fille pétillante de vie faisant figure de proue, elles avancent et reculent au rythme d'une vague pérenne qu'aucune force, fût-elle armée, ne pourra arrêter. Mais les vagues, même les plus tranquilles d'entre elles, ont aussi pour effet d'effacer les traces inscrites dans le sable. Le flux et le reflux de la mémoire humaine ne fonctionnent pas autrement, ils effacent toutes traces d'horreurs &quot;impensables&quot;. Ainsi en est-il de l'amnésie, symptôme post-traumatique des temps guerriers.       <br />
              <br />
       &quot;Sur la paix&quot;, projeté sur la façade monumentale du Palais, ouvre le temps du partage, celui du chant de beignets traditionnels, celui des douceurs à déguster en toute fraternité, en dansant, s'embrassant. &quot;Sur la violence&quot;, lui succède apportant dans les plis de ses paroles la souffrance d'une enfant implorant sa mère de la sauver. Un cri déchirant, avec en contrepoint une berceuse enfantine contrastant avec l'extrême violence vécue. &quot;Sur le viol&quot; intensifie encore l'horreur en rappelant que le viol concerne essentiellement les femmes, mais aussi les hommes, n'épargnant aucun âge. De un à quatre-vingt-cinq ans, comme le révèlent les consultations gratuites mises en place pour recueillir la parole des victimes de la soldatesque russe, ayant banalisé la pratique du viol pour démultiplier la souffrance en l'étendant à la vie entière de la victime. Les chorégraphies désarticulées et vindicatives du chœur des femmes &quot;parlent&quot; alors autant de la douleur qui les submerge que de leur colère de combattantes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81531983-58715114.jpg?v=1720862011" alt="•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title="•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      Et l'Europe dans tout ça ? Scandale qu'elle soit si éloignée de l'Ukraine. Déclaration d'amour proclamée par le chœur, <span style="font-style:italic">&quot;l'amour est plus fort que la mort&quot;</span>. Et la révolte plus importante que la passivité face au malheur, <span style="font-style:italic">&quot;Le rôle des pleureuses sur des os ne nous suffit plus. Notre chant ne s'arrêtera pas&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Viendra l'heure des &quot;Mothers monologues&quot;, chacune énonçant son prénom et la ville d'Ukraine qu'elle a dû fuir, Kyiv, Soumy, Irpin, Kharkiv… Elle fera part ensuite de ses goûts ordinaires, de ce qui la constitue comme être de désirs, un sujet pleinement vivant que les atrocités guerrières n'ont pas réussi à détruire… Même si elles savent, ces femmes, que la guerre survivra en elles à la paix.       <br />
              <br />
       Moments sensibles portés par ces chants chorégraphiés à la force expressive amplifiée par la solennité des lieux. Moments partagés avec les spectateurs faisant communauté avec ces héroïnes ordinaires n'ayant rien rabattu de leurs aspirations… Et même si, l'émotion (réelle) ressentie dans ce haut lieu de La Cour d'Honneur résonnant des bruits et fureurs de représentations mythiques se dissipera (peut-être pas, allez savoir…) au premier mistral venu, cette forme chorale est de nature à réveiller notre assoupissement chronique… pour hisser notre légitime indignation à la hauteur de l'énergie déployée par ces guérillères exemplaires.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 10 juillet 2024 dans la Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mothers, A Song for Wartime"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81531983-58715132.jpg?v=1720862046" alt="•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title="•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      &quot;Mothers, A Song for Wartime&quot;       <br />
       Pologne - Création 2023.       <br />
       Conception et mise en scène : Marta Górnicka.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Maria Wierzbicka, Bazhena Shamovich.       <br />
       Avec : Katerina Aleinikova, Svitlana Berestovska, Sasha Cherkas, Palina Dabravolskaja, Katarzyna Jaźnicka, Volha Kalakoltsava, Ewa Konstanciak, Liza Kozlova, Anastasiia Kulinich, Natalia Mazur, Kamila Michalska, Hanna Mykhailova, Valeriia Obodianska, Svitlana Onischak, Yuliia Ridna, Maria Robaszkiewicz, Polina Shkliar, Aleksandra Sroka, Mariia Tabachuk, Kateryna Taran, Bohdana Zazhytska, Elena Zui-Voitekhovskaya.       <br />
       Libretto : Marta Górnicka &amp; Ensemble.       <br />
       Musique : Marta Górnicka.       <br />
       Dramaturgie : Olga Byrska, Maria Jasińska.       <br />
       Scénographie : Robert Rumas.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Maria Bijak.       <br />
       Chorégraphie : Evelin Facchini.       <br />
       Lumière : Artur Sienicki.       <br />
       Vidéo : Michał Jankowski.       <br />
       Costumes : Joanna Załęska.       <br />
       Collaboration musicale : Wojciech Frycz.       <br />
       Coaching vocal : Joanna Piech-Sławecka.       <br />
       Conseil d'ethnomusicologie urkainienne : Anna Ohrimchuk.       <br />
       Conseil sur les jeux d'enfants ukrainiens : Venera Ibragimova.       <br />
       Traduction pour le libretto : Cecile Bocianowski (français), Aleksandra Paszkowska (anglais).       <br />
       Régie plateau : Bazhena Shamovich.       <br />
       Régie surtitre : Zofia Szymanowska.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Cécile Bocianowski (français), Aleksandra Paszkowska (anglais).       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81531983-58715133.jpg?v=1720862072" alt="•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title="•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été joué du 9 au 11 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       15 et 16 août 2024 : Zürcher Theater Spektakel, Zurich (Suisse).       <br />
       29 et 30 août 2024 : La Comédie, Genève (Suisse).       <br />
       1er septembre 2024 : Maxim Gorki Theater, Berlin (Allemagne).       <br />
       5 et 6 octobre 2024 : Teatr Powszechny, Varsovie (Pologne).       <br />
       Du 9 au 11 octobre 2024 : TnBA, Bordeaux (33).       <br />
       Du 15 au 19 octobre 2024 : Théâtre du Rond-Point, Paris.       <br />
       24 et 25 octobre 2024 : Festival Sens Interdits, Lyon (69).       <br />
       2 novembre 2024 : Maxim Gorki Theater, Berlin (Allemagne).       <br />
       7 novembre 2024 : Euro-scene Leipzig Theatre Festival, Leipzig (Allemagne).       <br />
       18 novembre 2024 : The National Festival of Directing Art Interpretations, Katowice (Pologne).       <br />
       Du 30 novembre au 1er décembre 2024 : Teatr Powszechny, Varsovie (Pologne).       <br />
       Du 6 au 12 décembre 2024 : International Divine Comedy Theatre Festival, Cracovie (Pologne).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81531983-58715260.jpg?v=1720863590" alt="•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" title="•In 2024• "Mothers, A Song for Wartime" Les voix chantées plus fortes que le bruit des chars…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Mothers-A-Song-for-Wartime-Les-voix-chantees-plus-fortes-que-le-bruit-des-chars_a4002.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…</title>
   <updated>2024-07-05T15:53:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Damon-El-funeral-de-Bergman-Merdre-de-merdre-ca-decrotte-sec-dans-la-Cour_a3982.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81312804-58594227.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-02T15:46:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ainsi aurait pu jacter le mythique Père Ubu découvrant, ce soir d'inauguration de la 78e édition du Festival mythique, Angelica Liddell mettant en jeu sans retenue aucune son art décapeur. À peine tues les trompettes consensuelles de Maurice Jarre, la performeuse débridée s'emploie à bousculer, sensuellement et avec une jubilation salutaire, la règle de bienséance… au risque parfois de nous engloutir dans un raz de marée tant son rejet des conventions hypocrites déborde de tous bords… "Illuminée" par Ingmar Bergman – son inspirateur contempteur de la morale qui, par essence, ne peut être que bourgeoise – elle se débat comme une belle diablesse faisant résonner la Cour de son engagement total.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594227.jpg?v=1719932197" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Prends garde à toi connard, on se reverra à la prochaine pièce&quot;</span>, la citation empruntée à August Strindberg, et projetée en lettres capitales (comme la peine du même nom) sur le Palais des Papes, cristallisera en guise de chute l'essence sulfureuse des deux heures performées. Tels les démons qu'elle convoque sur scène, l'artiste (c'en est une, aucune équivoque possible) se livre à nu avec une frénésie indomptable, comme shootée par la rage chevillée au corps. Entourée par les comédiennes et comédiens du Dramaten (théâtre royal de Suède), incarnant en toute liberté les affres de la solitude, de la vieillesse et de la mort dont l'ombre se profile à l'horizon de ses cinquante-sept années, elle fait figure d'une prêtresse géniale et maléfique réglant ses comptes avec les démons, les siens de toujours y compris.       <br />
              <br />
       Succédant à la traversée liminaire d'un Pape (Jean-Paul II dont les funérailles ont inspiré Bergman pour anticiper les siennes célébrées ce soir) vêtu d'une soutane blanche, contemplant d'un air dubitatif et dans un silence de mort l'impressionnante façade de &quot;son&quot; Palais, Angélica Liddell fait son entrée, revêtue, elle, d'un déshabillé immaculé s'ouvrant généreusement sur sa nudité vespérale. Alors que derrière les fenêtres éclairées de l'imposante façade se profilent les fantômes des corps violés et torturés, avant d'avoir été précipités du haut de la Tour de la Glacière (massacre de la nuit du 16 au 17 octobre 1791), l'officiante dresse silencieusement un bidet au centre de la scène, le remplit d'un broc d'eau et se lave tranquillement le cul nu exposé généreusement face au public, avant d'aller jeter rageusement son contenu sur la façade souillée par le sang des victimes. Un acte de purification renvoyant à leur hypocrisie ceux pratiqués par l'Église catholique apostolique et romaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594234.jpg?v=1719932227" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Le ton est donné… Suivront d'autres actes de rachat des humiliations subies. Inspirée par les carnets noirs d'Ingmar Bergman, confiant notamment son coup de poing asséné en pleine figure à un critique peu amène, Angélica Liddell se livre à une revue de presse particulièrement inouïe… Faisant face au Palais, elle lit des extraits de critiques dont les noms sont scandés avec véhémence dans une sorte de cérémonie expiatoire. Rejoignant son mentor dans la haine partagée des critiques qui l'ont malmenée, elle passe en revue comme les grains d'un chapelet païen ceux d'Armelle Héliot du Figaro, de Fabienne Darge du Monde, d'Adrien Volle de SceneWeb, de Stéphane Capron de France Inter (qu'elle n'hésite pas au passage de rebaptiser Cabrón, soit connard en espagnol)… Si certaines bonnes âmes se sentaient choquées par ces saillies frontales, on pourrait leur répondre que le théâtre n'appartient pas aux critiques… et que la liberté (toute légitime) qu'est la leur se doit de trouver son pendant dans la liberté de l'artiste qui n'a nullement vocation à se laisser détruire sans réagir.       <br />
              <br />
       Venue parler en ouvrant grand sa voix, elle sonne l'heure de l'homélie… Une introspection furieuse où se mêlent ses désirs les plus obscurs et son aspiration à la lumière éclatante, sa haine des hommes et des femmes reliées par l'obsession d'une dernière baise, son dégoût pour la pourriture en marche dans les corps et les âmes réunis hypocritement dans les dîners en ville ou en famille, avec cette chute à valeur rédemptrice extraite d'une pièce d'August Strindberg : <span style="font-style:italic">&quot;Comme je les plains, les gens, comme je les plains…&quot;.</span> Au final, la pitié plutôt que la haine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594294.jpg?v=1719932256" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Réparer l'irréparable, telle est la question posée par le corps torturé de la performeuse ne faisant qu'une avec ses propos, jusqu'à épuisement physique. Réparer, mais est-ce possible tant que la haine reste refoulée ? La faire advenir au travers du flux ininterrompu de mots qui la nomment, des mots débarrassés de la coque du vernis sociétal. Du vrai sang, des vraies matières s'écoulant du corps vivant, et ne plus se satisfaire du sang artificiel de théâtre pour évoquer celui des victimes qui a naguère giclé sur les murs du Palais des papes…       <br />
              <br />
       Et toujours cette obsession lancinante : qu'arrivera-t-il de moi lorsque la vieillesse dégradante et répugnante s'en emparera ? Besoin vital d'expurger les images de vieillards macérant dans leurs urines et victimes de soignants horribles. Prenant à parti le public, la performeuse décoche alors une flèche recentrant les origines de l'horreur commune : <span style="font-style:italic">&quot;Auschwitz n'est pas l'œuvre de tortionnaires, mais de fonctionnaires. Le savez-vous ?&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La seconde partie convoquera sur le plateau un bataillon de fauteuils roulants et de figurant(e)s dont les ballets chorégraphiés associés à ceux d'un brancard à roulettes introduiront plastiquement au monde d'avant la mort. Face à un jeune garçon aux yeux bandés, invité avec bienveillance à s'asseoir dans un fauteuil roulant (lui qui n'échappera pas non plus à la mort), la sarabande de la faucheuse en sursis prend l'allure d'une cérémonie conjuratoire où Eros sous la forme des organes génitaux exhibés le dispute à Thanatos qui veille dans l'ombre sous l'œil de démons tout de noir vêtus dégringolant de la façade ou encore d'un couple revêtu de rouge sang.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594316.jpg?v=1719932309" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Une fête cathartique faisant fi de toute retenue pour tenter d'exorciser les démons à l'œuvre. Des funérailles (à la gloire d'Ingmar Bergman) mises en abyme où les sons de sirènes hurlantes et de vrombissements de bombardiers couvrent en contrepoint le psaume 249 et ses paroles béni-oui-oui. Des hommes, le sexe et le cul à l'air, croquant goulûment des pommes pendant l'office religieux tandis des femmes exhibent leur lingerie. Tout n'est là que délire et fête des &quot;sens&quot;, tout n'est là que désordre et beauté, luxure et volupté. Amen.       <br />
              <br />
       Viendra le temps du dernier solo où la veuve noire de Bergman, son pur amour rêvé, confiera, épanchée sur son cercueil, la solitude qui la ronge et l'angoisse du temps assassin, avec écrit sur la façade en lettres de feu : <span style="font-style:italic">&quot;Elle se tire une balle dans la tête&quot;</span>… Une réplique ponctuant la dramaturgie fantasmée des funérailles du réalisateur suédois et pouvant résonner comme une résolution prémonitoire.       <br />
              <br />
       La force &quot;démoniaque&quot; de cet hymne à la vérité expurgée des hypocrisies faisant société est sans appel tant l'engagement à fleur de peau de l'officiante crève le quatrième mur, venant saisir le public gagné par sa sincérité. Une question demeure… Comment se fait-il qu'une telle performance convoquant des formes si peu consensuelles n'ait pas pour effet de provoquer des réactions plus dissensuelles ? Les spectateurs de la Cour seraient-ils tous devenus adeptes du monde selon Angelica Liddell ? Ou bien les dissidents potentiels glissés parmi eux sont-ils suffisamment installés dans la bienséance pour être d'une politesse remarquable ?       <br />
              <br />
       <b>Vu lors de la première, le samedi 29 juin 2024, dans la Cour d'honneur du Palais des papes.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dämon, El funeral de Bergman"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594327.jpg?v=1719932344" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
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     <div>
      Spectacle en espagnol, français et suédois, surtitré en français et anglais.       <br />
       Texte, mise en scène, scénographie et costumes : Angélica Liddell.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Borja López.       <br />
       Avec : Ahimsa, Yuri Ananiev, Nicolas Chevallier, Guillaume Costanza, Electra Hallman, Elin Klinga, Angélica Liddell, Borja López, Sindo Puche, Daniel Richard, Joel Valois.       <br />
       Participation : Erika Hagberg (habilleuse du Dramaten), David Abad (Multicapacitats).       <br />
       Figurants : Ayena Adjido, Julie Benoit, Francine Billard, Alain Bressand, Paule Coste, Maylis Calvet, Léa Delaporte, Adam Dupuis, Annette Ecckhout, Christian Ecckhout, Bernadette Fredonnet, Marion Gassin, Pierre Hoffmann, Dominique Houdart, Jeanne Houdart- Heuclin, Manon Hugny, Françoise Pellevillain, Gael Maryn, Daphné Lanne, Elisa Morice, Julia Pal, Alain Sperta, Sabino Tatulli, Victor Van Kuijk Saytour, Kenza Vannoni, Coralie Zaninotti et, en alternance, Timothée Bosc, Odin Darlix, Victor Van Kuijk Saytour.       <br />
       Voix : Jonas Bergström       <br />
       Violoncelle : Laura Meilland.       <br />
       Lumière Mark : Van Denesse.       <br />
       Son : Antonio Navarro.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Christilla Vasserot (français), 36caracteres (anglais)       <br />
       Régie plateau : Nicolas Chevallier        <br />
       Direction technique : André Pato.       <br />
       Production : Gumersindo Puche.       <br />
       Déconseillé aux moins de 16 ans.       <br />
       Durée : 2 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594343.jpg?v=1719932407" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
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     <div>
      <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 5 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 19 au 21 juillet 2024 : Grec Festival de Barcelona, Barcelone (Espagne).       <br />
       Du 13 au 21 septembre 2024 : Teatros del Canal, Madrid (Espagne).       <br />
       Du 26 septembre au 6 octobre 2024 : Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris.       <br />
       Saison 2025-2026 : Théâtre, Liège, (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81312804-58594359.jpg?v=1719932445" alt="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" title="•In 2024• "Dämon, El funeral de Bergman" Merdre de merdre, ça décrotte sec dans la Cour…" />
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     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Damon-El-funeral-de-Bergman-Merdre-de-merdre-ca-decrotte-sec-dans-la-Cour_a3982.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…</title>
   <updated>2023-07-28T10:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-By-Heart-Tiago-Rodrigues-de-tout-coeur-avec-le-public-qui-en-retour-lui-fait-la-Cour_a3708.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74302685-51693314.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-28T09:51:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Même le mistral, hier au soir, à la nuit tombée, entendait être de la fête en ajoutant une fantaisie exquise à son puissant souffle, feuilletant passionnément les ouvrages posés en bordure de plateau. Comme si un oracle avait voulu là, inspiré par Dionysos, dieu du Théâtre et de l'Ivresse, saluer "bien bas" le tout nouveau directeur du Festival. Une 77ᵉ édition qui fera sans nul doute date par ses choix de programmation et son atmosphère "humaine"… ouvrant sur un "à-venir" des plus excitants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693314.jpg?v=1690533207" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      &quot;By heart&quot;, c'est toute une histoire personnelle, une histoire qui tient à cœur à Tiago lié à sa grand-mère par les liens que l'amour d'un sonnet de Shakespeare, appris par cœur, a rendu pérenne. Près de deux heures durant qui paraîtront une poignée de minutes tant l'énergie est contagieuse, le comédien dramaturge, assisté de dix spectateurs volontaires sortis spontanément des rangs du public, nous contera avec sensibilité, humour et fougue, cette belle histoire de littérature filiale… et autres.       <br />
              <br />
       Sur l'immense plateau de la Cour mythique habituée à recevoir des décors somptueux, démentiels même pour certains, quelques pauvres cageots de livres jetés là en vrac et dix chaises dépareillées, alignées en arc de cercle, constituent l'unique dispositif (dont les écologistes – et qui ne l'est pas aujourd'hui ? – salueront au passage l'impact carbone difficilement égalable). Prenant les devants d'une critique toujours prête à surgir, le maître de cérémonie précisera qu'il n'a rien changé à sa scénographie – la pièce a été créée en 2013 dans des lieux plus intimistes –, et si l'espace démesuré de la Cour pose effectivement un défi… c'est au public de s'y coller en trouvant sa propre réponse. Humour bienveillant et intelligence naturelle qui, d'emblée, créent une connivence entre salle et plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693317.jpg?v=1690533238" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Si l'expression &quot;briser le quatrième mur&quot; a encore un sens, elle trouve ici toute sa place. En effet, entre les phases d'apprentissage du Sonnet 30 – celui que, à sa demande, il a appris à sa grand-mère devenant aveugle pour qu'elle continue à voyager dans sa tête entre les lignes du poème – et celles qui viendront trouer le sonnet par la mise en abyme d'autres textes littéraires, les saillies de l'auteur de &quot;By Heart&quot;, fuseront, déclenchant les éclats de rire de la Cour aspirée littéralement par l'Avant-scène, et annihilant toutes frontières entre l'espace de la création et celui de la réception.       <br />
              <br />
       &quot;De la beauté et de la consolation&quot; – à elle seule cette expression délivre l'essence de la poésie, littérature et théâtre réunis dans la même entité – était le titre d'une émission de la TV hollandaise où le journaliste interviewait le professeur de littérature George Steiner, il va devenir le fil rouge de l'épopée shakespearienne en cours d'apprentissage. Que dit-il de nos sociétés, le très honorable professeur dont le visage imprimé au dos du T-shirt nous regarde ? <span style="font-style:italic">&quot;1937, congrès des écrivains soviétiques. Les gens tombaient comme des mouches&quot;…</span>       <br />
              <br />
       Alors qu'à la tribune les discours officiels clamaient en boucle des <span style="font-style:italic">&quot;Merci à Staline, notre frère et père !&quot;</span>, l'écrivain Boris Pasternak montait sur la scène pour lancer un simple numéro, le chiffre 30… Pendant qu'il rappellera cet épisode d'une bravoure insensée, Tiago Rodrigues confiera à l'une des participantes au plateau le recueil des sonnets de Shakespeare ouvert à la page du sonnet 30… Ce poème traduit en russe qui dit combien la mémoire des &quot;ombres du passé&quot; ne pourra jamais être oblitérée, qui dit que Shakespeare survivra à tous les régimes d'enfermement et, avec lui, l'œuvre dissidente de Pasternak. Et lorsque, ajoutera-t-il, deux mille personnes ayant appris par cœur ce sonnet, se levèrent dans la salle du congrès soviétique pour le réciter en chœur, la chape de plomb de l'idéologie liberticide vola en éclats.       <br />
              <br />
       Traduisant les propos de Steiner – <span style="font-style:italic">&quot;Nous sommes ce dont nous nous souvenons. Et ce qui est en nous, ils ne peuvent pas nous le prendre. Ce que nous portons en nous, ces fils de putes ne peuvent pas l'atteindre&quot;</span> – Tiago Rodrigues prendra le soin de préciser que l'expression &quot;fils de pute&quot; lui est imputable… mais que si on préférait lui substituer des prénoms connus, libres à nous…       <br />
              <br />
       La lettre (fictive) au professeur George Steiner, lue au plateau, révèlera la signification des cageots remplis de livres sur l'avant-scène, ceux (réels) apportés par Tiego à sa grand-mère très friande de lectures jusqu'au jour où, sa vue déclinant avec l'annonce prochaine de sa cécité, elle demanda un livre à apprendre par cœur afin d'habiter ses rêveries. Et ce titre – le sonnet 30 de Shakespeare –, c'est Steiner qui en donna l'idée en souvenir de Boris Pasternak. Ainsi, en va-t-il de la transmission du &quot;par cœur&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693410.jpg?v=1690533266" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Avec la pointe d'humour bienveillante qu'est la sienne, s'appuyant sur quelques bafouillages d'une participante, comme pour la rassurer, il commentera : <span style="font-style:italic">&quot;Si parfois vous oubliez un mot, ce n'est pas grave. Le public aime bien regarder la vulnérabilité des artistes sur scène&quot;.</span> Sans y paraître, ce qui s'écrit là au travers d'anecdotes légères, c'est un manifeste pour le théâtre dont l'acteur fantasque écrit sous nos yeux, sans en avoir l'air, quelques lignes.       <br />
              <br />
       Le choix du roman de Ray Bradbury extrait de l'un des cageots avec, entre ses feuillets, le programme lisboète, confié là encore aux participants, annonçant la projection du film éponyme de François Truffaut, renverra à nouveau à l'importance primordiale de la mémoire. Faire survivre les mots destinés à être brûlés, imprimer dans la mémoire vive des hommes les livres afin que ces derniers survivent à tous les autodafés… <span style="font-style:italic">&quot;Si dix personnes connaissent un poème par cœur, le KGB, la CIA ou la Gestapo ne peuvent rien faire, ce poème survivra&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Des bataillons resteront donc à former pour apprendre &quot;en résistance&quot; des bibliothèques entières menacées de destruction par les totalitarismes de tous poils et de toutes époques… À cet instant, Tiago Rodrigues penserait-il à ce Président du Conseil régional d'Auvergne-Rhône-Alpes, retirant en mai dernier la totalité de ses subventions au TNG de Lyon, jugé trop critique, et faisant de la chasse aux livres &quot;impies&quot; dans les bibliothèques de sa région, l'ossature de sa politique culturelle ? Quant au bataillon des dix personnes réunies ce soir sur le plateau de la Cour d'Honneur, il aura &quot;ingéré&quot; le Sonnet 30 de Shakespeare pour faire corps avec lui… &quot;Ingéré&quot;, au sens propre du terme, le sonnet ayant été imprimé avec une encre de qualité alimentaire sur une pâte comestible, à la différence des exemplaires distribués à la sortie aux autres spectateurs qui eux portaient la mention &quot;sonnet immangeable&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693487.jpg?v=1690533599" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Ce qui aurait pu apparaître comme un show improvisé, tant le naturel et la spontanéité du comédien – metteur en jeu – directeur du festival semblaient au-dessus de tous soupçons, était en fait minutieusement écrit… Si bien qu'au-delà du plaisir immédiat partagé avec les dix récitants du plateau, ressort au terme de cette représentation de clôture du Festival, le sentiment fabuleux que le théâtre est vraiment une illusion plus fort encore que la vie ou, beaucoup mieux dit, que <span style="font-style:italic">&quot;Le monde entier est un théâtre, et les hommes et les femmes n'en sont que les acteurs&quot;</span> (&quot;Comme il vous plaira&quot;, d'un certain Shakespeare).       <br />
              <br />
       Ainsi &quot;By Heart&quot;, au-delà de l'histoire anecdotique touchante qu'il raconte (ce lien très fort entre une grand-mère et un jeune-homme, Tiago, réunis par Shakespeare), se pose comme un manifeste vivant pour le théâtre. Tel semble être en effet l'enjeu de cette forme qui, contre toute attente, a passé allègrement la rampe du gigantisme de la Cour d'Honneur pour venir nous réjouir dans un lâcher prise salutaire.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 25 juillet 2023, dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"By Heart"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693494.jpg?v=1690533644" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en français surtitré en anglais       <br />
       Texte : Tiago Rodrigues, &quot;By Heart&quot;, traduction Thomas Resendes, est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
       Mise en scène et interprétation : Tiago Rodrigues.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.       <br />
       Extraits et citations de William Shakespeare, Ray Bradbury, George Steiner et Joseph Brodsky.       <br />
       Traduction du sonnet n°30 de William Shakespeare : Françoise Morvan.       <br />
       Scénographie, costumes et accessoires : Magda Bizarro.       <br />
       Régie générale : André Pato.       <br />
       Régie son : Pedro Costa.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       Créé le 19 novembre 2013 au Maria Matos Teatro Municipal à Lisbonne (Portugal).       <br />
       Présenté pour la première fois en France le 3 novembre 2014, au Théâtre de la Bastille à Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74302685-51693609.jpg?v=1690534315" alt="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" title="•In 2023• "By Heart" Tiago Rodrigues de tout cœur avec le public qui, en retour, lui fait la Cour…" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">25 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'Honneur du Palais des Papes d'Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       23 et 24 septembre 2023 : Théâtre Garonne Scène européenne, Toulouse (31).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-By-Heart-Tiago-Rodrigues-de-tout-coeur-avec-le-public-qui-en-retour-lui-fait-la-Cour_a3708.html" />
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