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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-09T09:51:54+01:00</updated>
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   <title>"Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines</title>
   <updated>2024-06-13T19:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Carbone-Sept-meditations-sylvestres-a-la-recherche-de-nos-origines_a3945.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-06-14T07:29:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dieu, selon une légende urbaine couchée sur du papier bible, aurait naguère créé la Terre, les Animaux, l'Homme (et accessoirement la femme) en six jours ouvrés, le septième étant réservé comme il se doit au repos du guerrier… Sur ses pas, la Cie du Syndicat d'initiative de Julien Duval et Carlos Martins se propose de retourner en forêt, à la nuit tombante, au cœur de la création (artistique) pour, au détour de sept méditations, poser aux spectateurs aventureux cette question tout autant essentielle qu'existentielle : "C'est quoi être humain ?". L'occasion rêvée, en pleine nature et pleine nuit, d'éclairer nos lanternes sur ceux qui nous ont précédés et dont nous sommes les (heureux ?!) héritiers.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58359961.jpg?v=1718298002" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Tout commence par une immersion sensible dans la (belle) forêt du Taillan Médoc située à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux. Là, les autocars ayant déversé leur cargaison d'humains estampillés 2024 av. JO, la rencontre avec les grands feuillus (ou pas) invite à apprécier en toute conscience la mesure de ce que nous sommes. Et lorsqu'un acteur humanoïde, juché sur un escabeau, développe – geste à l'appui – la tirade de la main (exit celle du nez de Cyrano), organe magique dont le creux est comme un don céleste permettant d'appréhender le monde en sa concavité, on se dit qu'on en avait perdu totalement conscience, absorbé au plus haut point par la prothèse du portable qui la prolonge.       <br />
              <br />
       Guidés par des lucioles solaires jusqu'à des gradins de bois, nous prenons place pour accueillir les sept méditations… Collerette shakespearienne autour du cou, crâne du bouffon Yorick en main, un comédien ouvre la représentation en simulant Hamlet. Un rôle moins effrayant à ses dires que son face-à-face avec un loup bien vivant, moment essentiel où s'est jouée devant ses yeux éblouis &quot;sa&quot; rencontre avec les origines de notre humanité. D'où la question centrale récurrente : être humain, c'est quoi ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58359965.jpg?v=1718298028" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Première méditation… &quot;Je n'ai jamais vu un chien admirer un arbre&quot;. Être sensible à la beauté de la nature, s'en émerveiller jusqu'à plus soif, pourrait être un premier élément de réponse. La citation du poème de Jacques Prévert – &quot;Deux escargots s'en vont à l'enterrement d'une feuille morte&quot; – ajoute à ce moment d'extase contemplatif une touche supplémentaire de bonheur &quot;naturel&quot;. Tout au long de la soirée, de multiples références à des poètes, philosophes, anthropologues et sommités diverses et variées, viendront en effet étayer les propos tenus. La fantaisie s'invitera aussi. Là, sous la forme d'une question apparemment saugrenue mettant en perspective la cause et l'effet : <span style="font-style:italic">&quot;A-t-on perdu nos poils parce que l'on portait des vêtements ? Ou a-t-on porté des vêtements parce qu'on n'avait pas de poils ?&quot;.</span> L'éternelle question casse-tête (pour ne pas dire plus…) de l'œuf et de la poule…       <br />
              <br />
       &quot;Unicité ou universalité de l'espèce ?&quot;… Les récits de vie viennent corroborer l'itinéraire singulier de chacun s'inscrivant dans le cadre d'une histoire commune à partager. Ainsi de la méditation suivante – &quot;Dans la diversité qui nous unit, nous sommes tous différents&quot; – où les réponses aux questions posées aux 155 personnes présentes ce soir confirment amplement cet axiome… Nous sommes chacun les héritiers d'une longue histoire singulière et commune, <span style="font-style:italic">&quot;Nous avons vécu avant de naître&quot;</span> (dixit Pascal Quignard), notre histoire nous dépasse totalement…       <br />
              <br />
       Et pour illustrer que ce qui nous fonde trouve ses origines dans le big bang, suivi (très longtemps après) par les bactéries, les primates et l'Homo sapiens, un mètre à ruban est déployé, offrant une vue ludique des différentes étapes qui nous ont précédés. Force est de constater, sans contestation possible, que l'Homo sapiens n'occupe qu'un micro-espace dans le panorama déplié de l'histoire de notre planète…       <br />
              <br />
       &quot;Homo sapiens est un songe vivant&quot;, aucune réalité en dehors de celle que se raconte l'humain. <span style="font-style:italic">&quot;La vie est un songe&quot;</span> (Calderon). <span style="font-style:italic">&quot; Mourir... dormir, peut-être rêver. Être ou ne pas être, telle est la question&quot;</span> Shakespeare encore et toujours cité pour dire que notre présence au monde n'est que fragmentaire, un récit bâti de toutes pièces par notre psyché. Marguerite Yourcenar, sollicitée à son tour, enfoncera le clou de la relativité de notre importance humaine au regard de celle des arbres. Et joignant le geste au propos, les comédiens se dévêtent de leur pelure pour se relier par un ruban à l'arbre, leur alter ego.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58360034.jpg?v=1718298077" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Un dernier pas restera à franchir dans la chaine de l'évolution donnée à voir et à entendre avec entrain. Remonter en effet à l'origine des origines pour y trouver… le carbone, source de la vie et titre phare de cette performance bucolique. La chute, guidée par la comédienne musicienne ayant officié cette traversée vertigineuse, proposera une synthèse de la démonstration in vivo : <span style="font-style:italic">&quot;Si vous voulez savoir d'où vous venez, ne vous arrêtez pas à vos parents, grands-parents, ou même à la Révolution française… remontez au big bang&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Plaisir sensible d'être en forêt par une belle nuit de printemps, en compagnie de comédiennes et comédiens investis joyeusement dans cette épopée naturaliste, anthropologique et méditative. Cependant, on restera dubitatif face au trop-plein de références scientifiques, poétiques, littéraires citées à flux tendu. Si elles sont à l'origine et en appui du jeu, elles l'alourdissent de leur poids didactique… Loin d'être un phénomène extraordinaire, l'humain n'est qu'un épiphénomène d'un tout le dépassant à jamais… Dont acte.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 5 juin dans la forêt du Taillan près de Bordeaux, dans le cadre d'un théâtre en plein air proposé par le TnBA.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Carbone"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58360036.jpg?v=1718298108" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Un projet de Julien Duval et Carlos Martins,       <br />
       Compagnie Le Syndicat d'Initiative.       <br />
       Mise en scène : Julien Duval.       <br />
       Avec : Jérémy Barbier d'Hiver, Julien Duval, Carlos Martins, Kat May (musicienne), Ariane Pelluet.       <br />
       Dramaturgie : Bénédicte Simon.       <br />
       Scénographie : Olivier Thomas.       <br />
       Lumière : Anna Tubiana et Pierrick Gigand.       <br />
       Musique : Kat May.       <br />
       Création son : Madame Miniature.       <br />
       Costumes : Aude Désigaux.       <br />
       Corps : Elsa Moulineau       <br />
       Régie générale : Samuel Poumeyrol.       <br />
       Production Le Syndicat d’Initiative.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 4 au samedi 8 juin 2024 dans la forêt du Taillan près de Bordeaux, dans le cadre d'un théâtre en plein air proposé par le TnBA (Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…</title>
   <updated>2022-12-07T08:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Origine-du-Monde-Oh-mesdames-couvrez-cette-vulve-con-ne-saurait-voir_a3464.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/69440334-48562548.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-12-07T08:00:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"… par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées", plaçait Molière dans la bouche de son Tartuffe de 1669 à propos d'un innocent sein découvert... L'autrice suédoise Liv Strömquist, dans une BD époustouflante faisant appel à un humour décapant au service d'un contenu rigoureusement documenté, parcourt en 2014 des siècles de représentation des organes génitaux féminins pour en donner à voir les connotations "scandaleuses". En 2022, ces vignettes d'un corps féminin placé sous le joug d'un patriarcat bardé de ses ignorances, les jeunes comédiens et comédiennes - sous l'impulsion de Claire-Aurore Bartolo, elle aussi issue de la promotion 5 de l'éstba du TnBA - s'en saisissent avec ferveur pour présenter, sur un plateau, la vérité de l'histoire du lieu où s'origine l'humanité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69440334-48562548.jpg?v=1670398236" alt=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" title=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" />
     </div>
     <div>
      Mais qu'a-t-elle grand Diable de si maléfique en soi cette vulve honnie au point de disparaître encore en 1972 (cf. sonde spatiale Pioneer de la Nasa) de la représentation d'un homme (muni d'un sexe éloquent) et d'une femme (sans rien à montrer) gravés sur une plaque en aluminium à destination des extraterrestres ? Serait-ce parce que des détenteurs d'un savoir officiel (religieux, médecins, philosophes ; par hasard tous de sexe masculin…) l'ont stigmatisé en règle, cet organe féminin externe, en développant à son égard un rejet tel que les rapports entre hommes et femmes en sont profondément contaminés ?       <br />
              <br />
       Et c'est là qu'entrent en jeu les trublions contemporains de cette jeune génération d'artistes n'ayant pas froid aux yeux. S'emparant à bras le corps du sujet maudit, dans un flux ininterrompu de complicités ludiques (d'emblée l'actrice butant savoureusement sur l'interdit du mot sexe) et de danses endiablées, ils redonnent vie à ces risibles imposteurs au service d'eux-mêmes, et du patriarcat auquel ils doivent leur situation de dominant. Parmi eux, le célèbre docteur John Harvey Kellogg (incarné avec son paquet en mains) qui, en plus des cornflakes dont il est l'illustre inventeur, avait pour passe-temps favori l'étude obsessionnelle du sexe féminin à protéger… des femmes elles-mêmes, tentées d'y toucher inopinément.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69440334-48562556.jpg?v=1670398298" alt=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" title=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" />
     </div>
     <div>
      L'onanisme féminin étant, selon cet éminent savant, la cause de toutes les déficiences mentales et physiques, il n'eut de cesse de vouloir préserver la gent féminine de son penchant diablement nuisible. Ses efforts aboutirent à la prescription d'un remède d'une efficacité reconnue : une application d'acide phénique pur sur le clitoris… L'homme de science mourut en 1943. Bien lui en a pris. Cela lui a évité d'entendre l'un des slogans des féministes de 2022 contre les violences sexistes : <span style="font-style:italic">&quot;Ne me touche pas ! Je m'en charge…&quot;</span>.       <br />
              <br />
       D'autres tableaux tout aussi haut en couleur s'enchaînent. Ainsi le prêche d'un apôtre de la Sainte Église catholique, apostolique et romaine, le dénommé Saint-Augustin (magnifié par sa cape théologique) qui, après avoir confessé avoir pratiqué le sexe dans sa folle jeunesse, renoue avec la fable du péché originel élisant le sexe féminin comme lieu de la dépravation suprême. Sexe marque du diable affectionnant la succion de l'excroissance clitoridienne dans la satanée liturgie des &quot;in-femmes&quot; tentatrices, à la différence des fidèles avalant elles l'hostie consacrée avec la dévotion requise. Pas étonnant alors que la chasse aux sorcières ait conduit au bûcher nombre de ces impies, dotées d'une &quot;mamelle&quot; entre les cuisses, et ce, dans un but de pure prophylaxie chrétienne. Amen.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69440334-48562618.jpg?v=1670398334" alt=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" title=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" />
     </div>
     <div>
      Après le temps des Religions, vient le temps des Lumières. Changement de discours, mais effets similaires. La femme n'est certes plus un épigone de Satan, mais devient éduquée et instruite, un être &quot;idéal&quot; sans désirs sexuels... Et que penser de l'axiome de la binarité des sexes (scène d'anthologie de la fabrique du genre sur des poupées castrées à la chaîne) eu égard au cas de la Reine Christine de Suède, dont le tombeau fut ouvert en 1965 pour statuer sur son intersexuation, sa nature de pseudo-hermaphrodite ? Et du cas de la Princesse Marie Bonaparte, jugée elle frigide par le père de la psychanalyse, Sigmund Freud (cigare à la bouche), sous prétexte qu'elle n'atteignait pas l'orgasme vaginal lors des pénétrations assurées par le prince Georges de Grèce et du Danemark en personne… alors que l'orgasme clitoridien qu'elle se procurait par ses propres moyens lui apportait tout le plaisir souhaité ?       <br />
              <br />
       La scène reconstituant en direct le dialogue entre la susmentionnée Princesse, faussement effarée, et son Georges de Prince, imperturbable, relève d'un humour désopilant, l'un des points d'orgue de cette représentation qui ne manque jamais d'esprit facétieux pour faire rire des postures mâles consternantes. À l'égale de celle mettant en scène le père de l'existentialisme, Jean-Paul Sartre (regard divergent chaussé d'épaisses lunettes et pipe à la bouche), assurant dans &quot;L'être et le néant&quot; la nature &quot;trouée&quot; de la femme qui <span style="font-style:italic">&quot;de par la configuration de son sexe physiologique appelle une chair étrangère, la transformant en plénitude d'être par pénétration et dilution&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69440334-48562620.jpg?v=1670398365" alt=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" title=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" />
     </div>
     <div>
      Est-ce à dire que toutes ces perles, enfilées avec l'assurance tranquille d'hommes bénéficiant de l'infaillibilité masculine, représentent l'ensemble des représentations du sexe féminin ? Que nenni, l'exception étant toujours là pour confirmer la règle… Sont projetées sur grand écran les statuettes de déesses grecques et égyptiennes exhibant fièrement leur vulve ou, plus près de nous, à Poitiers, ornant les colonnes médiévales d'un couvent, les sculptures de vulves offertes généreusement au toucher des passant(e)s. Et pour rappeler les mystères d'Éleusis où les femmes réunies dans le temple de Déméter se montraient joyeusement leurs parties intimes en dégustant des gâteaux en forme de vulve, les officiant(e)s distribuent au public, mis en appétit, des &quot;vulvettes&quot; à déguster sur place.       <br />
              <br />
       Alors pourquoi donc la vulve fut-elle ostracisée, pour ne pas dire frappée d'interdit, jusqu'à refuser de la nommer ? Peut-être parce que, située stratégiquement au cœur du plaisir sexuel féminin, elle détrône l'homme de ses pouvoirs fantasmés, magnifiant l'autonomie de la femme jusque dans sa jouissance, et lui rendant ainsi un statut d'égalité qui lui avait été dérobé. Un dernier épisode traitera - sur le même ton allègre - des représentations des menstruations dans l'imaginaire collectif, représentations une fois de plus ancrées &quot;à l'encre rouge&quot;  par les stigmatisations de la culture patriarcale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69440334-48562623.jpg?v=1670398397" alt=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" title=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" />
     </div>
     <div>
      Ce qui ressort de cette immersion flamboyante dans le royaume des organes intimes féminins, c'est le plaisir libérateur d'être invité à la décapitation d'incongruités sur un plateau de théâtre en liesse. Être ainsi les témoins privilégiés de scènes dévoilant les mille et une vertus du sexe &quot;difemmmé&quot; a forte valeur pédagogique. Une leçon culte d'éducation sexuelle enjouée à partager joyeusement en famille comme l'on dit des productions grand public.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle vu le vendredi 2 décembre 2022 au Studio de création du TnBA à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'origine du monde"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69440334-48562784.jpg?v=1670399373" alt=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" title=""L'Origine du Monde" Oh mesdames couvrez cette vulve "con" ne saurait voir…" />
     </div>
     <div>
      Librement inspirée de la bande dessinée éponyme de Liv Strömquist, publié en français chez Rackham éditions.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Claire-Aurore Bartolo/Compagnie Il fait belle.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Rémi Fransot.       <br />
       Avec : Mathéo Chalvignac, Margot Delabouglise, Barthélémy Maymat-Pellicane, Danaé Monnot,  Ariane Pelluet.       <br />
       Lumières : Véronique Galindo.       <br />
       Son : Léon Blomme.       <br />
       Régie générale : Pierre Martigne.       <br />
       Plateau : Margot Vincent.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Production Théâtre national de Bordeaux Aquitaine.       <br />
       Projet accompagné par l’éstba dans le cadre du dispositif Culture Pro 2022 du ministère de la Culture.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 1er au 10 décembre 2022.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 14 h 30 et 19 h.       <br />
       TnBA, Studio de création, Bordeaux, 05 56 33 36 80.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Seuls… avec lui-même et avec les autres</title>
   <updated>2016-10-04T11:01:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Seuls-avec-lui-meme-et-avec-les-autres_a1685.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10331323-16893517.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-10-04T08:50:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le dramaturge Wajdi Mouawad se fait acteur et metteur en scène pour traiter son thème de prédilection qui est celui des origines. Presque seul, le personnage se questionne en esquissant une mise en perspective autour de sa famille et de son histoire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10331323-16893517.jpg?v=1475564185" alt="Seuls… avec lui-même et avec les autres" title="Seuls… avec lui-même et avec les autres" />
     </div>
     <div>
      Un lit contre un mur ocre, un téléphone posé par terre, un homme en caleçon qui marche dans la pièce. Il est seul avec ce téléphone qui ne sonne pas. Cela tombe directement sur la messagerie. La symbolique est posée sur les problèmes de communication. Il y a une présence mais c'est un mur en face, celui du père du personnage. Chez Mouawad, les univers sont toujours un peu décalés avec un père, pour &quot;Seuls&quot;, qui tombe dans le coma mais, au final, c'est le fils qui l'est, prenant la place du père. Tout est affaire de symbole qui se loge dans l'imaginaire en tapant à la porte du réel.       <br />
              <br />
       Tout démarre par un silence. Long. Le jeu de Mouawad est semé de pauses. Puis les mots pleuvent comme une grêle d'histoires ou de reproches nourrissant des états d'âme et des émotions qui débordent le lit trop plein de Harwan, le personnage. Le jeu fait osciller autant la raison que les sentiments, autant la colère que le recul. L'homme est en proie à cette double identité, celui des &quot;traditions&quot; et d'un mode de vie qui le déshabille de ce qu'il pourrait être, de ce &quot;moi&quot; qui ne peut devenir &quot;Je&quot; par la présence, entre autres, du père.       <br />
              <br />
       Chez Mouawad, la thématique identitaire est récurrente et n'a rien à voir avec celle que nous ressassent des politiciens à court d'idées, remplis de peur et ignorant le sens du mot humanité. Celle de la pièce se rattache à une origine que Harwan questionne. 
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10331323-16893537.jpg?v=1475564208" alt="Seuls… avec lui-même et avec les autres" title="Seuls… avec lui-même et avec les autres" />
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      Une origine que Mouawad recherche comme un fil conducteur qui lui ferait retrouver cette place de l'homme dans son histoire, mélangeant les rapports de famille, les positions des uns et des autres, le fils avec le père, la petite amie avec la sœur, faisant comme une pyramide dans laquelle les fils s'enchevêtrent, où le mieux est avec le pire, le blanc avec le noir, la réalité avec l'imaginaire. Le final de la pièce est toutefois trop long avec une symbolique peu perceptible autour de peintures avec lesquelles le personnage s'asperge en y baignant aussi la chambre.       <br />
              <br />
       Le jeu de Mouawad est naturel, un naturel dans lequel la part prise par notre héros investi un lieu où le silence laisse la place à la parole et à un imaginaire figuré par des vidéos où une ombre délaisse le corps du personnage pour aller ailleurs, comme pour être autre chose. Son jeu oscille entre calme, méditation, colère et silence. Ce sont ces quatre états basés sur des déplacements et une forme de fixité qui orientent toute la pièce autour d'un univers mi-clos ouvert vers l'autre, un ailleurs d'un autre espace. Une sœur, un père dont on ignore leurs emplacements géographiques, sont les interlocuteurs de notre personnage. Des vidéos, des photos viennent ponctuer son récit.       <br />
              <br />
       Le théâtre de Mouawad est un théâtre d'intersections, où les histoires et les personnages se recoupent, où la trame se perd dans les dédales avec l'irruption d'un événement traumatique qui bouscule l'univers de la pièce. On s'y perd quelque peu, ce qui rend l'histoire attrayante, presque comme le personnage frappé par l'événement. Le spectateur peut être autant saisi que le personnage, tout aussi perdu que lui, à la recherche d'une narration, d'un fil, d'une trame pour remonter à la source. La source des origines pour savoir d'où venons-nous et de quelle histoire sommes-nous.
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     <div><b>"Seuls"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10331323-16893542.jpg?v=1475564233" alt="Seuls… avec lui-même et avec les autres" title="Seuls… avec lui-même et avec les autres" />
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      Texte, mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Avec : Wajdi Mouawad.       <br />
       Dramaturgie, écriture de thèse : Charlotte Farcet.       <br />
       Conseiller artistique : François Ismert.       <br />
       Assistante à la mise en scène création : Irène Afker.       <br />
       Assistante à la mise en scène tournée : Valérie Nègre.       <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus.       <br />
       Lumières : Éric Champoux.       <br />
       Costumes : Isabelle Larivière.       <br />
       Réalisation sonore : Michel Maurer.       <br />
       Musique originale : Michael Jon Fink.       <br />
       Réalisation vidéo : Dominique Daviet.       <br />
       Durée : 2 heures.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 septembre au 9 octobre 2016.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       La Colline Théâtre national, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="http://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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