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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-05T19:50:29+02:00</updated>
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   <title>"Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute</title>
   <updated>2018-12-18T15:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Sombre-riviere-Mise-a-nu-de-pensees-en-deroute_a2302.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/28695842-28153935.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-12-10T05:47:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lazare a trempé sa plume au plus vif de sa sensibilité pour créer une œuvre après les attentats de Paris de novembre 2015. Au travers d'un prisme qui mêle différentes tranches de vie des protagonistes, l'auteur nous convie à un parcours sinueux de ses émotions.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28695842-28153935.jpg?v=1544263782" alt=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" title=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" />
     </div>
     <div>
      Il y a dans cette pièce de théâtre, du chant, de la musique, de la danse, des vidéos… et des apartés. Bref un mélange de plusieurs disciplines qui aurait pu faire de ce cocktail artistique, un beau bouquet. Sauf que la trame est difficile à suivre.       <br />
              <br />
       Il y a pourtant de très beaux rôles comme celui, entre autres, de Lazare (interprété par Julien Villa), incarné avec beaucoup d'humour, de vivacité, de plaisir, d'envie par le comédien. C'est un artiste à moitié compris et à moitié soutenu par sa productrice (Anne Baudoux), présente dans les coulisses.       <br />
              <br />
       Nous voyons ainsi l'autre côté du décor, avec une caméra qui filme ce qui se passe en coulisses en le projetant sur scène. La perspective est double, c'est celle d'une création, de sa mise en mots, en forme, au travers de sa production, avortée, et de personnages avant même leur entrée sur le plateau. Une mise à nu du théâtre. Tout est montré. Les doutes de Lazare, ou plutôt de sa productrice et les à-côtés de sa vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28695842-28153972.jpg?v=1544263816" alt=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" title=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" />
     </div>
     <div>
      Ainsi que ses pensées (ou celles d'un autre ?) qui viennent ponctuer la pièce avec des propos sur les Arabes et les préjugés qui leur sont dédiés après des attentats revendiqués par des extrémistes religieux &quot;musulmans &quot;… bien qu'un Arabe ne soit pas forcément musulman ; ainsi que des propos sur les banlieues et le racisme.       <br />
              <br />
       Il y a aussi un bout de film sur la maman de Lazare, jolie personne âgée au rire communicateur. Bref un melting-pot de plusieurs tranches de vie, d'instants du personnage/créateur.       <br />
              <br />
       Lazare est l'auteur de &quot;Sombre rivière&quot; qui s'est projeté dans un des protagonistes pour mettre en humeur, et en déroute, les pensées qu'il a eues lors des attentats de novembre 2015.       <br />
              <br />
       C'est une œuvre salvatrice pour son créateur, et sans doute pour une partie du public, comme le dit le personnage Lazare : <span style="font-style:italic">&quot;J'écris pour des gens, j'écris aussi pour les morts qui sont dans ma chambre ! Ça tu ne le sais pas, j'écris les morts qui sont dans mon corps&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28695842-28153979.jpg?v=1544263847" alt=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" title=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" />
     </div>
     <div>
      Même si je n'ai pas accroché, il y a une réelle imagination qui génère de beaux moments, très drôles pour certains. Mais la pièce me semble un peu longue, manquant parfois de cohérence dans une pensée qui était sans doute perturbée par les événements qui avaient alors ébranlé Paris.        <br />
              <br />
       Mais nous sommes sur scène, avec le recul d'un artiste qui tient son pinceau à la main pour faire de son tableau une belle œuvre. Là, il y a eu, à mon sens, des coups de pinceau de trop même si cette approche à vouloir mettre en lumière le saisissement de l'auteur durant ces événements lui était nécessaire… Cela est resté difficile à suivre pour le spectateur que j'étais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sombre rivière"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28695842-28153982.jpg?v=1544263910" alt=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" title=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Lazare.       <br />
       Avec : Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Ludmilla Dabo, Marion Faure, Julie Héga, Louis Jeffroy, Olivier Leite, Mourad Musset, Veronika Soboljevski, Julien Villa.       <br />
       Collaboration artistique : Anne Baudoux, Marion Faure.       <br />
       Lumières : Christian Dubet.       <br />
       Scénographie : Olivier Brichet.       <br />
       En collaboration avec : Daniel Jeanneteau.       <br />
       Costumes : Marie-Cécile Viault.       <br />
       Son : Jonathan Reig.       <br />
       Image : Lazare, Nicos Argillet.       <br />
       Montage vidéo : Romain Tanguy.       <br />
       Prise de vue sur le plateau : Audrey Gallet.       <br />
       Direction de chœur : Samuel Boré.       <br />
       Assistanat général : Marion Faure.       <br />
       Assistanat musical : Laurie Bellanca.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28695842-28154006.jpg?v=1544264201" alt=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" title=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" />
     </div>
     <div>
      Avec la participation filmée de : Ouria, Olivier Martin-Salvan.       <br />
       Durée : 1 h 55.       <br />
       Par la compagnie Vita Nova.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 28 novembre au 30 décembre 2018.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche le 25 décembre.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Sombre-riviere-Mise-a-nu-de-pensees-en-deroute_a2302.html" />
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  <entry>
   <title>"Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide</title>
   <updated>2018-03-23T18:41:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Notre-Innocence-Plateau-nu-et-dix-neuf-comediens-pour-clamer-une-parole-qui-tourne-a-vide_a2077.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/21068072-24262705.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-03-23T10:40:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un prologue d'une dizaine de minutes, porté par une des comédiennes, qui situe la pièce dans notre temps, raconte en partie la genèse du projet : une idée née d'un travail au plateau avec une classe du conservatoire national. S'ensuit une partie d'une quarantaine de minutes : les dix-huit comédiens regroupés au centre du plateau disent les mots d'une jeunesse qui s'adresse à ceux qui leur laissent ce monde chaotique et rapace en héritage.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262705.jpg?v=1521799866" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      Les dix-huit jeunes comédiens, pour la plupart issus d'écoles supérieures de formation artistique, psalmodient à l'unisson un long échantillonnage de revendications, et des perditions, des influences qu'ils subissent. Ils sont comme une mécanique à trois demi-douzaines de bouches, bizarrement déshumanisé. Ils sont la voix de la jeunesse qui égrène tout un échantillonnage de griefs et de questionnements tout en en parcourant en tous sens l'histoire du XXe siècle et quelques.       <br />
              <br />
       Ce panorama finit par ressembler à un kaléidoscope vaguement fourre-tout où les thèmes et les références brillent une seconde. Bref, un bric-à-brac  qui ramasse très large : l'Europe, l'Algérie, le nazisme, le génocide arménien, mai 68, le génocide rwandais, la pub, internet, Nutella, le sexe etc.       <br />
              <br />
       Cela se veut revendicatif et sonne aigre. L'adolescence sans obsolescence. L'irresponsabilité comme mode d'existence. Parce que l'héritage est trop lourd, trop loin, trop peu ancré, dénaturé et violent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262752.jpg?v=1521799907" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      La deuxième partie commence l'action centrale : un groupe de comédiens en formation est frappé de plein fouet par la mort par suicide de l'une des leurs. Autour d'une table aux verres vides, lendemain d'une fête mère de migraine, réunis là à la demande de la police pour regrouper les indices des dernières heures de la disparue. Ce sera une longue scène réaliste de choc, de reproches, de querelles qui ressortent, rancunes, dévoilement. Une scène sans véritable forme ni force.       <br />
              <br />
       Vient ensuite une troisième partie plus à la pâte de Wajdi Mouawad : on y retrouve l'écriture onirique riche, sensée où il excelle, et sa quête irrépressible de réconciliation, de mysticisme et d'espoir. Mais l'ensemble de la pièce, écrite en partie à base de matériaux réels, laisse un goût d'inachevé, de décousu. Même si une sorte de construction en actes charpente le tout, le souffle manque, le jeu est inégal, la confusion volontaire entre acteurs et personnages rend ces derniers parfois peu crédibles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Notre innocence"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262777.jpg?v=1521799994" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      Inspiré du texte &quot;Victoires&quot;, paru en janvier 2017 aux éditions Leméac/Actes Sud-Papiers.       <br />
       Texte et mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Vanessa Bonnet.       <br />
       Avec : Emmanuel Besnault, Maxence Bod, Mohamed Bouadla, Sarah Brannens, Théodora Breux, Hayet Darwich, Lucie Digout, Jade Fortineau, Julie Julien, Maxime Le Gac‑Olanié, Hatice Özer, Lisa Perrio, Simon Rembado, Charles Segard‑Noirclère, Paul Toucang, Étienne Lou, Mounia Zahzam, Yuriy Zavalnyouk et Inès Combier, Aimée Mouawad, Céleste Segard (en alternance).       <br />
       Musique originale : Pascal Sangla.       <br />
       Scénographie : Clémentine Dercq.       <br />
       Lumières : Gilles Thomain.       <br />
       Costumes : Isabelle Flosi.       <br />
       Son : Émile Bernard, Sylvère Caton.       <br />
       Régie : Laurie Barrère.       <br />
       Durée : 2 h 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262788.jpg?v=1521799995" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 14 mars au 11 avril 2018.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre National de La Colline, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="http://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262801.jpg?v=1521800023" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Notre innocence"… Tous coupables ?</title>
   <updated>2018-03-23T10:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Notre-innocence-Tous-coupables_a2076.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/21067010-24261778.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-03-23T09:22:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le dramaturge et metteur en scène Wajdi Mouawad, directeur du théâtre national de La Colline, immisce, dans "Notre innocence", son théâtre dans les méandres d'une violence sociale, psychologique et physique. Il contextualise son œuvre à partir des attentats de Paris de novembre 2015 et, de façon plus personnelle, dans un drame qu'il a vécu dans une troupe.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261778.jpg?v=1521794846" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Des viandes dans des blocs de béton&quot;</span>… Les mots qu'a Wajdi Mouawad sur les HLM, appelés aussi pompeusement &quot;Grands ensembles&quot; lors de leur création, sont cruels pour ceux qui peuvent y habiter bien qu'ils visent l'architecture.       <br />
              <br />
       Étrange ce mot qui résonne plus d'une fois. Il n'est pas anodin, surtout venu de la plume alerte et acérée de Mouawad. &quot;Viande&quot; comme ce corps retrouvé sans vie, celui de Camille lors d'une période de répétitions, élève de ce groupe de théâtre qui joue la pièce ? &quot;Viandes&quot;, ces corps allongés après les attentats du 13 novembre 2015 au moment où Mouawad travaillait avec ses élèves . Une viande est un corps sans âme et sans conscience.       <br />
              <br />
       Tout tourne autour de ce mot accompagné de ce cri de révolte et de rébellion de jeunes en proie à un monde sacrifié de ses rêves et de ses espoirs. Le dramaturge traite ainsi de la rencontre entre une partie &quot;morte&quot;, sans vie, qui se résigne, et ce besoin de se révolter contre sa propre condition. L'instinct de survie contre l'instinct de mort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261854.jpg?v=1521794878" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
     </div>
     <div>
      La pièce est découpée selon trois grands tableaux qui relatent des événements après la mort de Camille. Fiction et réalité se croisent autour de ce canevas où les relations de camaraderie, d'amitiés floutées et de rapports humains tendus, trompeurs, sarcastiques, voire mensongers, posent la question de la responsabilité de chacun sur la &quot;vie&quot; de l'autre.       <br />
              <br />
       C'est aussi la mise en exergue des comportements d'une génération, celle des parents, qui se trouve être condamnée par la génération de leurs enfants qui se sent sacrifiée sur l'autel de la société de consommation. Wajdi Mouawad a décidé de traiter ces différentes thématiques au travers d'une violence physique et morale, celle d'un suicide. Il a, à cet égard, pris le contre-pied de la construction d'un acteur unique pour la création du personnage représentant cette génération de jeunes, en le faisant jouer par dix-huit protagonistes.       <br />
              <br />
       Dans un même souffle, tous les personnages expriment leur &quot;révolte&quot; en donnant ensemble leur point de vue par rapport à la société dans laquelle ils vivent. Cette scène, originale entre toutes, est toutefois un peu longue. &quot;L'exercice&quot; est difficile car demandant un sens de la mesure et une élocution sans failles des dix-huit comédiens. Quels sont tous les ressorts psychologiques d'un groupe ? Qu'est-ce qui peut les unir ou les désunir ? Ces questions sont les ricochets d'une autre question qui est de savoir ce qui relie une génération à une autre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261877.jpg?v=1521794910" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
     </div>
     <div>
      Au travers du deuil de Camille, se mêlent le récit de la rencontre d'une comédienne avec Mouawad, une revendication de la &quot;jeunesse&quot; par rapport à la société dans laquelle ils vivent et une &quot;dénonciation&quot; du mode de vie de la société de consommation qui, au travers de ces HLM, fait de l'humain un objet.       <br />
              <br />
       La pièce se décompose en trois temps. Le premier, quand Hayet Darwich raconte sa rencontre avec l'auteur. Nous sommes ainsi dans une phase de contact, de rencontre, d'espoir, d'avenir. L'autre est ainsi intégré. Un deuxième où se retrouvent tous les protagonistes parlant d'une seule et même voix. C'est une phase de revendication, de résignation où c'est le présent qui est joué. L'autre est ainsi inclus dans le même univers.       <br />
              <br />
       Et un troisième tableau où le groupe se déchire dans des propos où violences physique et morale alternent. Là, c'est une phase appelant le passé, autour d'un drame, d'un échec. D'autres moments viennent s'immiscer comme cette situation où chaque personnage danse sa propre danse, sur le même tempo mais seul. L'individualisme trône dans ces déhanchements, dans cette non-écoute du partenaire où la musique est suffisamment forte pour se sentir seul. L'autre se retrouve ainsi éjecté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261884.jpg?v=1521794939" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène débute par une personne, puis par un groupe et se finit par un ensemble d'individualités où chacun fait étalage de ses états d'âme. La détresse est très bien incarnée collectivement. La colère est toutefois un peu trop montrée. Le désespoir ou la peur, voire l'effroi de la responsabilité, supposée ou non, d'un suicide aurait pu donner des couleurs différentes à la gamme des émotions. La scène de &quot;disputes&quot; est, d'un bout à l'autre, une compilation de colères, d'engueulades, mais aussi de pleurs renfrognés et de regards perdus.       <br />
              <br />
       Tous sont victimes collatérales ou directes d'une époque, celle d'une génération, d'une situation, celle du suicide de Camille, d'un événement, celui des attentats de Paris où cette troupe montait avec l'auteur leur projet. La fable rejoint la réalité de bout en bout, ce qui rend celle-ci tragiquement théâtrale. L'inspiration a eu pour source des événements réels, les comédiens jouant leur propre rôle dans une période qui est la nôtre. Il était difficile de faire plus actuel.
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     <div><b>"Notre innocence"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261890.jpg?v=1521794978" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      Inspiré du texte &quot;Victoires&quot;, paru en janvier 2017 aux éditions Leméac/Actes Sud-Papiers.       <br />
       Texte et mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Vanessa Bonnet.       <br />
       Avec : Emmanuel Besnault, Maxence Bod, Mohamed Bouadla, Sarah Brannens, Théodora Breux, Hayet Darwich, Lucie Digout, Jade Fortineau, Julie Julien, Maxime Le Gac‑Olanié, Hatice Özer, Lisa Perrio, Simon Rembado, Charles Segard‑Noirclère, Paul Toucang, Étienne Lou, Mounia Zahzam, Yuriy Zavalnyouk et Inès Combier, Aimée Mouawad, Céleste Segard (en alternance).       <br />
       Musique originale : Pascal Sangla.       <br />
       Scénographie : Clémentine Dercq.       <br />
       Lumières : Gilles Thomain.       <br />
       Costumes : Isabelle Flosi.       <br />
       Son : Émile Bernard, Sylvère Caton.       <br />
       Régie : Laurie Barrère.       <br />
       Durée : 2 h 10.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24262550.jpg?v=1521798684" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      <span class="fluo_jaune">Du 14 mars au 11 avril 2018.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre National de La Colline, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="http://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
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