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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-09T09:57:18+01:00</updated>
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   <title>"Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide</title>
   <updated>2026-02-06T09:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-Tresor-Tout-est-possible-quand-l-amour-est-la-franc-et-solide_a4471.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-02-06T09:07:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est le souvenir d'une enfance algérienne, entre 1962 et 1975, qui se poursuit en France jusqu'à l'âge adulte, bercée par une relation mère-fils tendre et poignante. C'est, en filigrane, une évocation de l'exil émaillée de références historiques où le personnel rejoint l'universel.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660046.jpg?v=1770365390" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Dès les premiers instants de la pièce, l'émotion est palpable grâce, en grande partie, aux lumières ocre et chaleureuses de Denis Schlepp et à la musique orientale de Fabien Martin. Trois élégants panneaux brillent de mille feux et côtoient de grands voiles projetant immédiatement le public vers l'Algérie et l'incontournable Constantine.       <br />
              <br />
       Puis, au fil du spectacle, les lumières se ternissent passablement autour de l'évocation de la guerre d'Algérie, du FLN, du communisme, mais ne tardent cependant pas à se rallumer rapidement via des clins d'œil à Albert Camus ou encore à l'éducation judéo-musulmane joyeusement chatoyante.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Comme tu pleures, comme tu ris… C'était ça l'Algérie. Une anisette, mon trésor !        <br />
       Et puis on est partis un peu comme des souris. Adieu parfums d'orangers, senteurs d'oliviers.       <br />
       L'Algérie, c'est fini. À nous Villeurbanne, le béton et la France&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660055.jpg?v=1770365518" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Il y a quelque chose de Roger Hanin et d'Enrico Macias chez Marc Samuel qui, dès les premiers instants de la pièce, captive le public par sa présence bien ancrée sur les planches. Plus tard, il se révélera tantôt narrateur, tantôt personnage, en ne perdant rien de son jeu juste et authentique. Sur le plateau épuré de décors superflus, il virevolte sobrement et élégamment en établissant une relation de confiance immédiate avec le public, en émaillant son jeu de tendresse et d'humanité émouvantes.       <br />
              <br />
       Très vite, à ses côtés, apparaît une bien jolie silhouette. Celle de la comédienne Magali Bonfils, chanteuse et directrice musicale aussi, que l'on retrouvera cet été au festival d'Avignon dans &quot;La Plume et l'épée&quot;, ainsi que dans la reprise de &quot;Caruso&quot; aux côtés de Roberto Alagna.       <br />
              <br />
       Ici, c'est une mère chaleureuse et protectrice qu'elle incarne avec justesse. Une mère que l'on aimerait toutes et tous avoir ancrée dans la réalité et empêchant l'effondrement de son enfant. Tenace et concrète dans son jeu, Magali Bonfils séduit le public en habitant véritablement ce rôle de mère, sans démonstration ni ostentation, mais en la rendant largement crédible.       <br />
              <br />
       Les deux partenaires pétillent de mille feux dès leurs premiers échanges, entre tendresse, poésie et humour libérateur. En parvenant à ne pas seulement &quot;se montrer ensemble&quot;, Marc Samuel, dans le rôle du fils, et Magali Bonfils dans celui de la mère, font exister un lien sincère fait d'écoute et de confiance mutuelle auréolées d'un amour sans failles.       <br />
              <br />
       La petite salle intimiste de la Scène Parisienne renforce particulièrement cet angle tout particulier, et octroie à ce récit autobiographique des échos universels fort émouvants.       <br />
              <br />
       Incontestablement touché par le jeu des deux comédiens complices, il est probable que le spectateur pourrait être encore plus sensible à des évocations moins linéaires du point de vue dramaturgique, ce qui apporterait à cette bien jolie pièce encore plus de saveur.       <br />
              <br />
       D'une sincérité incontestable, l'écriture reste par moments trop proche du simple témoignage personnel et peine à s'émanciper d'un simple registre narratif pour accéder à des moments d'émotions plus palpables encore, notamment lors des évocations historiques.       <br />
              <br />
       Mais &quot;Mon Trésor&quot;, actuellement à l'affiche de la Scène Parisienne, a l'énorme mérite de mettre l'amour filial au sommet de l'affiche, cet amour maternel qui a fondé l'existence même de l'auteur et d'aucuns d'aucunes pourraient être jaloux(ses)…       <br />
              <br />
       Le tout est auréolé avec rigueur par la mise en scène de Raphaëlle Cambray, également comédienne, laquelle a décroché l'an dernier le Molière de la comédienne dans un second rôle pour la pièce de Jean-Philippe Daguerre, &quot;Du charbon dans les veines&quot;.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mon Trésor"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660146.jpg?v=1770366159" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marc Samuel en co-écriture avec Raphaëlle Cambray.       <br />
       Mise en scène : Raphaëlle Cambray.       <br />
       Avec : Magali Bonfils et Marc Samuel.       <br />
       Scénographie : Pauline Gallot.       <br />
       Bande son : Fabien Martin.       <br />
       Lumières : Denis Schlepp.       <br />
       Costumes : Agnès Falque.       <br />
       Compagnie Samich-Michèle Loho.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 janvier au 1er avril 2026.</span>       <br />
       Lundi à 19h 30 et mercredi à 21 h.       <br />
       La Scène Parisienne, Salle 2, 34, rue Richer, Paris 4e.       <br />
       Téléphone : 01 42 46 03 63.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.lasceneparisienne.com/events/3731" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lasceneparisienne.com/" target="_blank">&gt;&gt; lasceneparisienne.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-Tresor-Tout-est-possible-quand-l-amour-est-la-franc-et-solide_a4471.html" />
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  <entry>
   <title>"Que sur toi se lamente le Tigre" ou la défaite de l'amour</title>
   <updated>2024-01-26T14:15:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Que-sur-toi-se-lamente-le-Tigre-ou-la-defaite-de-l-amour_a3802.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78018128-56662124.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-01-29T07:01:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Irak. De nos jours. Une jeune femme retrouve son promis en cachette. Tous deux sont étourdis de fébrilité, enivrés par la naissance du désir. Tous deux se retrouvent plusieurs fois, discrètement, car ce genre de rencontre, seuls, en tête-à-tête et sans voile, ne se fait pas dans ce pays. Est interdit. Est presque un crime. Même s'ils ne font que s'effleurer du regard et ne se toucher que du souffle de leurs murmures, c'est punissable, une honte possible, un déshonneur. Mais la jeunesse amoureuse, d'où qu'elle soit, est par nature folle de témérité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78018128-56662124.jpg?v=1706275620" alt=""Que sur toi se lamente le Tigre" ou la défaite de l'amour" title=""Que sur toi se lamente le Tigre" ou la défaite de l'amour" />
     </div>
     <div>
      Et puis un jour, c'est la guerre, le promis est mobilisé. C'est la dernière fois qu'ils se retrouvent dans leur cachette. Le manque à venir qu'ils pressentent l'un pour l'autre leur fait se donner l'un à l'autre. Ils font l'amour.       <br />
              <br />
       Le monde qui les entoure s'ingéniera à les défaire définitivement de cet amour-là.       <br />
       Un monde où le regard social a plus de valeur que la vie humaine. Où le corps de la femme ne lui appartient pas, mais qu'il appartient à sa famille, à son mari, à la communauté.       <br />
              <br />
       L'histoire racontée dans &quot;Que sur toi se lamente le Tigre&quot; ressemble à un drame sentimental où un simple moment de bonheur déclenche toute une série d'événements tragiques qui s'enchaînent les uns après les autres. De cette étreinte qui aurait pu ne devenir qu'un souvenir intime entre la jeune femme et son mari va naître le chaos. La jeune femme est enceinte, le jeune homme est tué à la guerre, l'opprobre tombe sur elle et sa famille, là où &quot;mieux vaut une fille morte qu'une fille mère&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78018128-56662143.jpg?v=1706275657" alt=""Que sur toi se lamente le Tigre" ou la défaite de l'amour" title=""Que sur toi se lamente le Tigre" ou la défaite de l'amour" />
     </div>
     <div>
      Et l'œil putois de la communauté voit tout, salit tout, impossible de cacher cette grossesse. Ce sera le frère aîné de la jeune femme qui sera chargé de punir la fautive. Condamnée sans justice, mais étonnamment passive vis-à-vis de cette condamnation comme toute la famille, comme si tout recours, tout refus, toute fuite était impossible. Un asservissement total. Un monde étriqué comme une peau de chagrin.       <br />
              <br />
       Le texte d'Émilienne Malfatto retrace, points de vue par points de vue, l'histoire de cette jeune femme. Il met en lumière avec crudité la soumission absolue, l'abaissement de toute volonté propre de tout un peuple à des règles communautaires qui asservissent totalement les femmes, mais qui fait aussi en sorte d'enfermer le jugement des hommes dans des carcans mentaux aussi verrouillés que des ceintures de chasteté de l'âme. Mais il faut dire que ces règles communautaires leur donnent tout de même la part belle : le droit de dominer les femmes comme on joue avec des poupées qu'on peut même découper en morceaux si l'envie leur prend.       <br />
              <br />
       Alexandre Zeff adapte ce texte fort et violent en respectant la structure en monologues. Mais, pour rendre compte de l'univers qui entoure les personnages du drame, il déploie une immense machinerie scénique et fait appel aux différentes formes artistiques que sont le théâtre, la danse, la vidéo, la musique live, le chant et l'installation plastique. Les rives du Tigre qui traverse l'Irak servent de décor à l'histoire, ainsi que les dunes d'un sable dont les vagues varient avec le vent. Univers sensuel et dévorant qui recèle à la fois fascination et danger mortel, noyades, enfouissements, disparitions dans des nappes de brumes où tous mes mythes peuvent naître et se reproduire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78018128-56662175.jpg?v=1706275709" alt=""Que sur toi se lamente le Tigre" ou la défaite de l'amour" title=""Que sur toi se lamente le Tigre" ou la défaite de l'amour" />
     </div>
     <div>
      Une scénographie qui s'adapte à chaque monologue et évolue ainsi qu'une bande-son puissante qui parfois sature les oreilles. La forme, ici, prend le pouvoir et les changements de décor provoquent des interruptions du récit que la puissance du son ne parvient pas à remplir. Cela hache trop le spectacle et fait par moments perdre l'intérêt pour le tragique des personnages.       <br />
              <br />
       Reste que les interprétations, danses, chants et musiques live sont extrêmement belles. Et l'histoire poignante de cette famille finit par toucher, même si l'on reste étonné finalement que le terme de charia ou de loi islamique ne soit pas clairement énoncé dans le spectacle, mais qu'il y soit plutôt question de sorte de règles communautaires aux origines vagues et lointaines.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Que sur toi se lamente le Tigre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78018128-56662176.jpg?v=1706275742" alt=""Que sur toi se lamente le Tigre" ou la défaite de l'amour" title=""Que sur toi se lamente le Tigre" ou la défaite de l'amour" />
     </div>
     <div>
      D'après le roman d'Émilienne Malfatto.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Alexandre Zeff.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Agathe Vidal.       <br />
       Avec : Hillel Belabaci, Amine Boudelaa, Lina El Arabi, Nadhir El Arabi, Afida Tahri, Mahmoud Vito, Myra Zbib et les musiciens Grégory Dargent (oud), Wassim Halal (percussions) et, à l’écran, Liya Chtaiti.       <br />
       Scénographie, lumières : Benjamin Gabrié.       <br />
       Vidéo : Nadia Nakhlé.       <br />
       Musique : Grégory Dargent.       <br />
       Chorégraphie : Mahmoud Vito.       <br />
       Dramaturgie : Pauline Donizeau.       <br />
       Collaboration artistique : Claudia Dimier.       <br />
       Costumes : Sylvette Dequest.       <br />
       Régie générale, lumières : Thomas Cany.       <br />
       Production La Camara Oscura.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 janvier au 11 février 2024.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche 16 h.       <br />
       Théâtre de la Tempête, Salle Serreau, Cartoucherie de Vincennes,        <br />
       Paris 12e, 01 43 28 36 36.       <br />
       <a class="link" href="https://www.la-tempete.fr/" target="_blank">&gt;&gt; la-tempete.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…</title>
   <updated>2022-02-03T18:29:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Forteresses-Trois-femmes-fragiles-et-puissantes-dans-l-Iran-dechire_a3166.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/62080340-45105362.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-02-03T17:37:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Comme dans le roman de Marie Ndiaye où "Trois femmes puissantes", originaires du Sénégal, étaient confrontées au mal endémique incarné par des hommes, les trois femmes des "Forteresses" sont elles aussi issues d'un même pays, l'Iran. Celui du gouvernement autoritaire du Shah, auquel d'autres régimes tyranniques ont succédé. Ainsi, en plus d'avoir eu à subir l'humiliation liée à leur condition féminine soumise à un statut de "sous-homme", elles ont eu à connaître les atroces répressions liées à leurs engagements. Femmes fragiles et tout à la fois puissantes, femmes "extra-ordinaires" ayant su dire non à l'inacceptable, elles se retrouvent, bel(les) et bien vivantes sur le plateau d'un théâtre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62080340-45105362.jpg?v=1643907467" alt=""Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…" title=""Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…" />
     </div>
     <div>
      Autour de leur fils et neveu - le metteur en scène Gurshad Shaheman, à qui revient le texte écrit à partir de leurs témoignages recomposés -, les trois sœurs nées dans une bourgade des montagnes de l'Azerbaïdjan iranien vont faire entendre leurs existences qu'aucun ayatollah, laïc ou religieux, n'a pu jusqu'ici bâillonner. Leur histoire - deux d'entre elles ont choisi l'exil, l'une est restée en Iran -, traversée par les atrocités vécues mais aussi soutenue par un ardent goût de vivre, nous arrive par le biais d'une adresse directe à Gurshad pris comme confident. Invités à prendre place parmi elles, les plus privilégiés d'entre les spectateurs, lovés dans les profonds sofas d'un salon oriental, sont inclus dans le décor des confidences à venir.       <br />
              <br />
       Les trois sœurs - que l'on nommera par précaution Jeyran, Shady et Hominaz - servent le thé, esquissent des pas de danse, chantent, rejoignent chacune à leur tour Gurshad, rayonnant en joyeux maître des cérémonies de retrouvailles, tandis que trois actrices franco-iraniennes, leur double, prennent en charge le récit de leur existence… Sous le règne du Shah, un père dispensant ses filles du voile, une religion vécue comme l'aubaine de pouvoir s'empiffrer à la rupture du jeûne, l'ouverture au monde offerte par la possibilité d'études pour les filles (aisées). Mais très vite, un régime répressif, de plus en plus barbare. Et, en 1979, après la révolution et l'avènement de la République islamique de l'ayatollah Khomeiny, un autre visage de la répression, celui des barbus avec comme prémices de l'enfermement annoncé, l'interdit pour les jeunes filles de devenir juges…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62080340-45105369.jpg?v=1643907499" alt=""Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…" title=""Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…" />
     </div>
     <div>
      Les voix des unes et des autres s'entremêlent pour distiller, au travers des itinéraires singuliers de chacune, la force qui fut la leur pour refuser le diktat aussi bien des pères, des maris que des mollahs. Aucune larme victimaire, mais tout au contraire une énergie féminine inaliénable. D'abord - <span style="font-style:italic">&quot;Gurshad tu avais un an&quot;</span> - à la Fac de droit, les germes de la révolution… Ensuite, lorsque les portes des prisons du Shah ont cédé, le dégoût des cellules avec leurs fers à repasser à la semelle encrassée par la chair brûlée des dissidents… Le tyran chassé, le fabuleux espoir d'un autre monde… Comment auraient-elles pu s'imaginer que cette liberté recouvrée soit confisquée par des intégristes religieux et d'autres à leur suite…       <br />
              <br />
       S'ensuivit une phase d'identification où chacun(e) était soigneusement fiché selon ses lectures, où <span style="font-style:italic">&quot;les cheveux des femmes contenant des étincelles excitant les hommes&quot;</span> se devaient d'être voilés. Avant que les gardien(ne)s de la révolution et leurs kalachnikovs fassent irruption dans les internats de jeunes filles pour les trainer par les cheveux jusqu'à la prison où celles qui avouaient être communistes, ou ne pas croire en Dieu, étaient exécutées. Pour ajouter au sordide, l'accueil du père et de l'oncle à la sortie des geôles, <span style="font-style:italic">&quot;déshonorés&quot;</span>, se disaient-ils. Les islamistes, quant à eux incendiaient pendant ce temps les quartiers &quot;suspects&quot;, massacraient tous les opposants potentiels. Si la démocratie n'avait été qu'un rêve, le cauchemar lui était bien réel (rage dans la voix).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62080340-45105378.jpg?v=1643907559" alt=""Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…" title=""Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…" />
     </div>
     <div>
      Les voix s'entremêlent, amplifiées par la musique électro-acoustique… La loi de la charia, celle du joug des maris, des pères, des frères. Les mollahs à la fac et les hommes tyrans au domicile. Le mari, violent s'en prenant à l'enfant, et la voix s'étrangle : <span style="font-style:italic">&quot;je voudrais tout te raconter Gurshad. Mais mon cœur est une forteresse, je ne peux pas l'ouvrir&quot;</span>. L'exil en Allemagne, l'humiliation du parcours migratoire. Le mari emprisonné en Iran, la solitude et la dépression profonde. La France, les études, la nationalité obtenue &quot;miraculeusement&quot; par l'une. Une sous-citoyenneté allemande pour l'autre. Et puis celle qui a choisi pour prison de rester avec les siens au pays... Trois itinéraires différents, trois combats de mères refusant, envers et contre tous, de renoncer à leur dignité de femmes et de mères aimantes, prises chacune dans leur propre tempête.       <br />
              <br />
       Et quand, au terme de ces trois heures de &quot;représentation&quot;, chacune dans leur langue (deux ne parlent pas français) et avec leurs mots, les discrètes héroïnes prennent la parole traduite par les actrices, l'émotion se redouble d'un effet saisissant de vérité. <span style="font-style:italic">&quot;Gurshad, ma plus grande fierté, c'est de t'avoir permis de grandir loin de l'Iran, dans une éducation laïque. Quand je vois ta réussite et celle de ta sœur, j'ai réussi ma vie… Et peut-être ne seras-tu pas d'accord, mais j'ai le sentiment d'avoir été une bonne mère, et mes sœurs aussi.&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62080340-45105388.jpg?v=1643907633" alt=""Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…" title=""Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…" />
     </div>
     <div>
      Dans le droit fil des séquences chantées par Gurshad en langue azéri (une langue de résistance, leur langue maternelle), refrains orientaux au charme doucereux offrant les contrepoints heureux à la rudesse des situations exposées, l'invitation à la danse conclut en douceur ce parcours d'humanité à vif. Après son remarquable <span style="font-style:italic">&quot;Pourama, Pourama&quot;</span>, Gurshad Shaeman, entouré sur le plateau <span style="font-style:italic">&quot;des femmes de sa famille&quot;</span>, de cette <span style="font-style:italic">&quot;Mère Courage et ses enfants&quot;</span>, poursuit avec &quot;Les Forteresses&quot; l'écriture poétique d'un roman familial à valeur universelle dont on sort… ébloui. Physiquement. Moralement.       <br />
              <br />
       <b>Vu ce spectacle le vendredi 28 janvier au TnBA, Salle Vauthier, Bordeaux, où il a été représenté du mardi 25 au vendredi 28 janvier 2022.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Forteresses"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62080340-45105568.jpg?v=1643908616" alt=""Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…" title=""Les Forteresses" Trois femmes fragiles et puissantes dans l'Iran déchiré…" />
     </div>
     <div>
      Création 2021.       <br />
       Texte : Gurshad Shaheman (édité aux Solitaires intempestifs, septembre 2021).       <br />
       Mise en scène : Gurshad Shaheman.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Saeed Mirzaei Fard.       <br />
       Voix : Mina Kavani, Shady Nafar, Guilda Chahverdi.       <br />
       Jeu : Gurshad Shaheman et les femmes de sa famille.       <br />
       Création sonore : Lucien Gaudion.       <br />
       Scénographie : Mathieu Lorry-Dupuy.       <br />
       Lumières : Jérémie Papin.       <br />
       Dramaturgie : Youness Anzane.       <br />
       Régie générale : Pierre-Éric Vives.       <br />
       Costumes : Nina Langhammer.       <br />
       Régie plateau et accessoires : Jérémy Meysen.       <br />
       Maquilleuse : Sophie Allégatière.       <br />
       Coach vocal : Jean Fürst.       <br />
       Compagnie La Ligne d'Ombre.       <br />
       Durée : 3 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       3 et 4 février 2022 : La Filature - Scène nationale, Mulhouse (68).       <br />
       24 et 25 mai 2022 : Le Manège - Scène nationale transfrontalière, Maubeuge (59).       <br />
       Du 3 au 11 juin 2022 : MC 93 - Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny (93).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Forteresses-Trois-femmes-fragiles-et-puissantes-dans-l-Iran-dechire_a3166.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute</title>
   <updated>2018-12-18T15:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Sombre-riviere-Mise-a-nu-de-pensees-en-deroute_a2302.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/28695842-28153935.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-12-10T05:47:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lazare a trempé sa plume au plus vif de sa sensibilité pour créer une œuvre après les attentats de Paris de novembre 2015. Au travers d'un prisme qui mêle différentes tranches de vie des protagonistes, l'auteur nous convie à un parcours sinueux de ses émotions.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28695842-28153935.jpg?v=1544263782" alt=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" title=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" />
     </div>
     <div>
      Il y a dans cette pièce de théâtre, du chant, de la musique, de la danse, des vidéos… et des apartés. Bref un mélange de plusieurs disciplines qui aurait pu faire de ce cocktail artistique, un beau bouquet. Sauf que la trame est difficile à suivre.       <br />
              <br />
       Il y a pourtant de très beaux rôles comme celui, entre autres, de Lazare (interprété par Julien Villa), incarné avec beaucoup d'humour, de vivacité, de plaisir, d'envie par le comédien. C'est un artiste à moitié compris et à moitié soutenu par sa productrice (Anne Baudoux), présente dans les coulisses.       <br />
              <br />
       Nous voyons ainsi l'autre côté du décor, avec une caméra qui filme ce qui se passe en coulisses en le projetant sur scène. La perspective est double, c'est celle d'une création, de sa mise en mots, en forme, au travers de sa production, avortée, et de personnages avant même leur entrée sur le plateau. Une mise à nu du théâtre. Tout est montré. Les doutes de Lazare, ou plutôt de sa productrice et les à-côtés de sa vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28695842-28153972.jpg?v=1544263816" alt=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" title=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" />
     </div>
     <div>
      Ainsi que ses pensées (ou celles d'un autre ?) qui viennent ponctuer la pièce avec des propos sur les Arabes et les préjugés qui leur sont dédiés après des attentats revendiqués par des extrémistes religieux &quot;musulmans &quot;… bien qu'un Arabe ne soit pas forcément musulman ; ainsi que des propos sur les banlieues et le racisme.       <br />
              <br />
       Il y a aussi un bout de film sur la maman de Lazare, jolie personne âgée au rire communicateur. Bref un melting-pot de plusieurs tranches de vie, d'instants du personnage/créateur.       <br />
              <br />
       Lazare est l'auteur de &quot;Sombre rivière&quot; qui s'est projeté dans un des protagonistes pour mettre en humeur, et en déroute, les pensées qu'il a eues lors des attentats de novembre 2015.       <br />
              <br />
       C'est une œuvre salvatrice pour son créateur, et sans doute pour une partie du public, comme le dit le personnage Lazare : <span style="font-style:italic">&quot;J'écris pour des gens, j'écris aussi pour les morts qui sont dans ma chambre ! Ça tu ne le sais pas, j'écris les morts qui sont dans mon corps&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28695842-28153979.jpg?v=1544263847" alt=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" title=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" />
     </div>
     <div>
      Même si je n'ai pas accroché, il y a une réelle imagination qui génère de beaux moments, très drôles pour certains. Mais la pièce me semble un peu longue, manquant parfois de cohérence dans une pensée qui était sans doute perturbée par les événements qui avaient alors ébranlé Paris.        <br />
              <br />
       Mais nous sommes sur scène, avec le recul d'un artiste qui tient son pinceau à la main pour faire de son tableau une belle œuvre. Là, il y a eu, à mon sens, des coups de pinceau de trop même si cette approche à vouloir mettre en lumière le saisissement de l'auteur durant ces événements lui était nécessaire… Cela est resté difficile à suivre pour le spectateur que j'étais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sombre rivière"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28695842-28153982.jpg?v=1544263910" alt=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" title=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Lazare.       <br />
       Avec : Anne Baudoux, Laurie Bellanca, Ludmilla Dabo, Marion Faure, Julie Héga, Louis Jeffroy, Olivier Leite, Mourad Musset, Veronika Soboljevski, Julien Villa.       <br />
       Collaboration artistique : Anne Baudoux, Marion Faure.       <br />
       Lumières : Christian Dubet.       <br />
       Scénographie : Olivier Brichet.       <br />
       En collaboration avec : Daniel Jeanneteau.       <br />
       Costumes : Marie-Cécile Viault.       <br />
       Son : Jonathan Reig.       <br />
       Image : Lazare, Nicos Argillet.       <br />
       Montage vidéo : Romain Tanguy.       <br />
       Prise de vue sur le plateau : Audrey Gallet.       <br />
       Direction de chœur : Samuel Boré.       <br />
       Assistanat général : Marion Faure.       <br />
       Assistanat musical : Laurie Bellanca.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28695842-28154006.jpg?v=1544264201" alt=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" title=""Sombre rivière"… Mise à nu de pensées en déroute" />
     </div>
     <div>
      Avec la participation filmée de : Ouria, Olivier Martin-Salvan.       <br />
       Durée : 1 h 55.       <br />
       Par la compagnie Vita Nova.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 28 novembre au 30 décembre 2018.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche le 25 décembre.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e, 01 44 95 98 00.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Sombre-riviere-Mise-a-nu-de-pensees-en-deroute_a2302.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme</title>
   <updated>2018-07-24T21:03:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-Off-2018-Une-chambre-d-hotel-en-Turquie-comme-un-entre-deux-mondes-entre-l-Europe-et-le-Moyen-Orient-entre-un_a2217.html</id>
   <category term="Avignon 2018" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/23977255-26010816.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-07-24T10:56:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans un hôtel de Turquie, un père de famille de la France ordinaire attend son fils parti se battre dans les rangs de Daesh. Dans ce même hôtel de Turquie, une mère de famille kurde gagne sa vie en tant que femme de chambre, elle attend elle aussi quelque chose.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23977255-26010816.jpg?v=1532423810" alt="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" title="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" />
     </div>
     <div>
      Ces deux êtres, au fil des jours où il ne passe rien, vont peu à peu s'apprivoiser, se découvrir, s'attacher dans cet espace vaguement intemporel de l'attente hors du quotidien, hors de l'intime, où pourtant l'intime va éclater de toute sa force.       <br />
              <br />
       Le français moyen inventé par Gilles Granouillet possède toutes les caractéristiques du genre : il est normal en tout. Marié, père d'une fille et d'un fils, il a pu construire une maison pour sa famille grâce à son travail de VRP en machines agricoles et offrir le confort, la sécurité et les études à ses enfants. Tout ce qui définit une existence banale, parfaitement ordinaire, idéalement ordinaire pourrait-on dire, il le réalise jusqu'au jour où son fils disparaît dans le désert pour se battre dans le camp d'un dieu dont il ignore tout, pour une cause inconnue de lui.       <br />
              <br />
       La disposition scénique présente la chambre, où se déroule l'action, comme un lieu très théâtralisé, comme pour s'extraire du documentaire. Les meubles et les murs sont autant d'écrans où l'obsession de la guerre explose sporadiquement. Un écran de télé retransmet également en continu des informations sur la guerre. C'est le lointain mais aussi l'espace mental du personnage que l'on partage. Un peu à l'écart, hors de l'action, Simon Chomel rythme la suite des jours de sa musique jouée en live. Une présence qui renforce la distance de cette chambre avec la réalité. Elle est malgré l'endroit où elle se trouve, en Turquie, une bulle pour l'instant épargnée du monde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23977255-26010849.jpg?v=1532423829" alt="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" title="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" />
     </div>
     <div>
      Et c'est dans cet esprit et ce no man's land virtuel que va se développer la découverte mutuelle des deux personnages. Le petit français ordinaire y perdra quelques préjugés (Ecer, la femme de chambre, est en fait une intellectuelle dont les connaissances dépassent de loin les siennes). Une manière fine et belle de mettre en avant, dans ce canevas tragique, l'humain plutôt que de discourir des raisons générales de cette guerre.       <br />
              <br />
       Pourtant, les deux personnages sont intégralement impliqués dans le conflit, et pas exactement dans le même camp. C'est une part primordiale de cette rencontre, une part souvent non dite mais largement exprimée par les actes. Il est le père d'un combattant de Daesh tandis qu'elle, information que l'on apprend bien plus tard, est combattante peshmerga, une kurde devenue guerrière contre Daesh.       <br />
              <br />
       &quot;Une Chambre en attendant&quot; raconte cette belle histoire, une rencontre improbable mais que les événements de la planète ont provoquée, une rencontre qui, dans un monde merveilleux, se terminerait dans l'espoir, mais qui dans la réalité qui nous occupe, et c'est toute la beauté de cette pièce, fait échouer pour l'instant cet espoir. Pour l'instant. Elle est aussi une manière de rendre hommage aux femmes, à leur courage, à leur implication dans la guerre, car ici, c'est Ecer qui agit.       <br />
              <br />
       Une mise en scène bien servie par le jeu brut, rugueux, presque nature des deux interprètes qui donne aux deux personnages une réalité palpable, une simplicité efficace.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Une chambre en attendant"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23977255-26010854.jpg?v=1532423849" alt="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" title="•Avignon Off 2018• Une chambre d’hôtel en Turquie comme un entre-deux-mondes, entre l’Europe et le Moyen-Orient, entre un homme et une femme" />
     </div>
     <div>
      Texte : Gilles Granouillet.       <br />
       Mise en scène : Claudine Van Beneden.       <br />
       Assistant mise en scène : Raphaël Fernandez.       <br />
       Avec : François Font, Claudine Van Beneden, Rapahaël Fernandez, Simon Chomel.       <br />
       Musicien et compositeur : Simon Chomel.       <br />
       Scénographe : Blandine Vieillot.       <br />
       Création vidéo : Catherine Demeure.       <br />
       Lumières : Guillaume Lorchat.       <br />
       Son : Magali Burdin.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>● Avignon Off 2018 ●</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 29 Juillet 2018.</span>       <br />
       Présence Pasteur,       <br />
       13, rue du Pont Trouca, Avignon.       <br />
       Tous les jours à 12 h 05, relâche le lundi.       <br />
       Réservation : 04 32 74 18 54.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.compagnienosferatu.com/" target="_blank">&gt;&gt; compagnienosferatu.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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