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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-17T15:29:52+02:00</updated>
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   <title>"Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?</title>
   <updated>2017-02-22T09:40:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Fantasio-d-Offenbach-fantaisie-charmante-et-oubliable_a1749.html</id>
   <category term="Lyrique" />
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   <published>2017-02-22T08:53:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour lancer en fanfare la nouvelle saison de l'Opéra Comique, a été choisie une partition rare (partiellement perdue et reconstituée par Jean-Christophe Scheck) du roi de la fête impériale Jacques Offenbach. Une fête devenue gueule de bois en 1872 quand le compositeur retire de la scène son opéra-comique en trois actes, "Fantasio", boudé par le public.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11231189-18675613.jpg?v=1487750281" alt=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" title=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" />
     </div>
     <div>
      Aujourd'hui, avec un livret partiellement réécrit par le metteur en scène Thomas Jolly, et malgré une mise en scène enlevée et pleine de trouvailles, emmenée par une troupe de grande qualité, l'œuvre peine plutôt à convaincre. La mezzo Marianne Crebassa y est extraordinaire dans le rôle-titre.       <br />
              <br />
       D'une pièce en deux actes, &quot;Fantasio&quot;, comédie désenchantée <span style="font-style:italic">(1)</span> publiée en 1834 par un dramaturge de vingt-deux ans, Alfred de Musset, ce héraut d'une &quot;génération ardente, pâle, nerveuse&quot; <span style="font-style:italic">(2)</span>, Jacques Offenbach, génie indiscipliné <span style="font-style:italic">(3)</span> et empereur de l'opéra-bouffe, voulut faire un opéra-comique près de quarante ans plus tard. Parce que boudé par le public, le compositeur ne prit même pas la peine d'en publier la partition complète et en recycla certains morceaux ailleurs <span style="font-style:italic">(4)</span>.        <br />
              <br />
       Ce manifeste du romantisme subtil et cruel était-il soluble dans l'œuvre du roi de la gaieté parisienne, même avec un livret dû à Paul de Musset ? On peut en douter, surtout au prix de la réécriture de l'intrigue par l'aîné d'Alfred, qui y ajouta une amourette et un éloge final de la paix (deux ans après la défaite de Sedan), plutôt incohérents d'avec la pièce d'origine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11231189-18675633.jpg?v=1487750538" alt=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" title=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" />
     </div>
     <div>
      Fantasio traîne si bien son ennui, en spirituel aigle d'un petit groupe de carabins fêtards, qu'il décide de prendre la place d'un bouffon récemment disparu, à la cour d'un roitelet germanique. Il se retrouve au cœur d'une affaire d'état : le mariage de la princesse Elsbeth avec un prince ridicule et vaniteux. Rien ne se passera évidemment comme prévu.       <br />
              <br />
       Si la pièce est l'occasion pour Musset cadet de lancer comme des bulles de savon ses brillants mais amers paradoxes et sa poésie délicate, l'opéra-comique (alternant passages chantés et parlés) court le fil d'une hétérogénie jamais résolue : joyeuse pochade dans un royaume de farce et poème mélancolique, incarné par Fantasio, qui a &quot;le mois de mai aux joues&quot; mais &quot;l'hiver dans le cœur&quot;. Croyant bien faire, Thomas Jolly et sa dramaturge Katja Krüger, en injectant davantage de répliques de la pièce d'origine dans le livret, accentue de fait ce hiatus. C'est que le  texte de la pièce surpasse partout ici les (souvent médiocres) airs chantés.       <br />
              <br />
       Non que cet opus d'Offenbach ne brille pas de-ci de-là de superbes passages (l'entrée de Fantasio et son &quot;Voyez dans la nuit brune/Sur le clocher jauni/La lune…&quot;, le prélude du deuxième acte…), mais l'ensemble n'atteint jamais la verve, l'invention et la richesse orchestrale des chefs-d'œuvre de la maturité du compositeur. Comme le Prince de Mantoue, aurait-il dû s'écrier &quot;Je ne serai jamais, non jamais/Aimé pour moi-même&quot; ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11231189-18675637.jpg?v=1487750571" alt=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" title=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" />
     </div>
     <div>
      Le spectacle <span style="font-style:italic">(5)</span> est, quant à lui, une superbe réussite - le plus bel écrin possible pour ranimer notre intérêt. Thomas Jolly puise à un imaginaire luxuriant, entre Méliès, le théâtre d'ombres chinoises et de tréteaux, et aux sources de l'image animée du XIXe siècle. Il a mille idées par scène et sa direction d'acteurs fait merveille. On rit souvent de ces grotesques que la comédie châtie bien. L'émotion surgit même à l'occasion, comme un sourire plein de larmes, quand par exemple Fantasio s'envole dans le O de son nom inscrit en lettres géantes. Il fait ce qu'il peut des longueurs du livret et on ne saurait mieux les occuper.       <br />
              <br />
       L'éloge vient tout droit du cœur aussi pour cette équipe artistique de première force. Seconds rôles précieux d'étudiants ou de conseillers (tels Enguerrand de Hys, Philippe Estèphe, Kevin Amiel, Flannan Obé), personnel princier solide prêt à passer à la postérité dans l'histoire de l'Opéra Comique (Franck Leguérinel, Jean-Sébastien Bou, Loïc Félix) et un Ensemble Aedes parfait, tous réveillent les spectateurs. Et puis &quot;Fantasio&quot; est grandement transcendé par le Fantasio de la mezzo Marianne Crebassa, littéralement extraordinaire. La chanteuse a tout : le charisme scénique et vocal, l'autorité, la mélancolie, la folie androgyne du personnage. Elle risque tout et nous aimante, bien au-delà des possibilités de son rôle. Offenbach aurait sans doute tout réécrit pour elle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11231189-18675641.jpg?v=1487750613" alt=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" title=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">(1) &quot;Ce fut comme une dénégation de toutes choses du ciel et de la terre, qu'on peut nommer désenchantement, ou, s'il on veut, désespérance (…).&quot; La Confession d'un enfant du siècle, 1836.        <br />
       (2) Ibid.       <br />
       (3) Entré à quatorze ans au Conservatoire de Paris, il en est exclu un an plus tard pour indiscipline. Il entre alors à l'orchestre de l'Opéra Comique.       <br />
       (4) Par exemple dans &quot;Les Contes d'Hoffmann&quot; créé après sa mort en 1881.        <br />
       (5) Les travaux de la salle Favart ayant pris du retard (réouverture de la salle en avril 2017), &quot;Fantasio&quot; est présenté au Théâtre du Châtelet.</span>       <br />
              <br />
       Spectacle présenté jusqu'au <span class="fluo_jaune">27 février 2017</span>.       <br />
       Retransmis en soirée sur la chaîne Culturebox le <span class="fluo_jaune">22 février 2017</span>. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11231189-18675729.jpg?v=1487751158" alt=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" title=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" />
     </div>
     <div>
      Théâtre du Châtelet.       <br />
       Place du Châtelet, 75001 Paris.       <br />
       Tel : 01 40 28 28 28.       <br />
       <a class="link" href="http://chatelet-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; chatelet-theatre.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Fantasio&quot; (1872).</b>       <br />
       Opéra en trois actes.       <br />
       Musique de J. Offenbach (1819-1880).       <br />
       Livret de Paul de Musset.       <br />
       Durée : 2 h 50 avec un entracte.       <br />
       En français surtitré.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11231189-18675938.jpg?v=1487752327" alt=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" title=""Fantasio" d'Offenbach, fantaisie charmante… et oubliable ?" />
     </div>
     <div>
      Laurent Campellone, direction musicale.       <br />
       Thomas Jolly, mise en scène et décors.       <br />
       Thibaut Fack, décors.       <br />
       Christophe Danchaud, chorégraphie.       <br />
       Sylvette Dequest, costumes.       <br />
       T. Jolly, Antoine Travert, Philippe Berthomé, lumières.       <br />
              <br />
       Marianne Crebassa, Fantasio.       <br />
       Franck Leguérinel, Le roi de Bavière.       <br />
       Marie-Eve Hunger, La princesse Elsbeth.       <br />
       Jean-Sébastien Bou, Le prince de Mantoue.       <br />
       Loïc Félix, Marinoni.       <br />
       Alix Le Saux, Flamel.       <br />
       Philippe Estèphe, Spark.       <br />
       Enguerrand de Hys, Facio.       <br />
       Kevin Amiel, Max.       <br />
       Flannan Obé, Hartmann.       <br />
              <br />
       Orchestre Philharmonique de Radio-France.       <br />
       Ensemble Aedes, chœur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Opéra "Les Caprices de Marianne" : trois entretiens avec des artistes lyriques en devenir</title>
   <updated>2014-11-05T10:20:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Opera-Les-Caprices-de-Marianne-trois-entretiens-avec-des-artistes-lyriques-en-devenir_a1229.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7130013-10928498.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2014-10-31T12:20:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour la deuxième fois en France, à l'initiative du Centre Français de Promotion Lyrique, quinze maisons d'opéra coproduisent une œuvre rare du répertoire français et permettent ainsi la découverte de jeunes et talentueux chanteurs auprès d'un vaste public. Nous avons rencontré trois des artistes qui nous promettent des lendemains qui chantent (très bien) : la soprano Aurélie Fargues, le ténor François Rougier et le baryton Marc Scoffoni.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7130013-10928498.jpg?v=1414756393" alt="Opéra "Les Caprices de Marianne" : trois entretiens avec des artistes lyriques en devenir" title="Opéra "Les Caprices de Marianne" : trois entretiens avec des artistes lyriques en devenir" />
     </div>
     <div>
      Des deux distributions choisies sur audition parmi plus de 230 chanteurs en 2013, nous avons eu le plaisir de découvrir celle qui se produisait le 18 octobre 2014 à l'Opéra de Reims, point de départ de la tournée (qui se déroulera en France jusqu’en 2016). Cette recréation d'un opéra de Henri Sauguet, &quot;Les Caprices de Marianne&quot; (voir notre article du 9 octobre 2014), a permis de refaire connaissance avec une œuvre charmante du répertoire français et d'admirer la fine fleur du chant lyrique réunie à cette occasion.        <br />
              <br />
       Citons la Hermia de Julie Robard-Gendre, le Claudio de Norman D. Patzke, le Tibia burlesque de Carl Ghazarossian, le Chanteur de sérénade de Guillaume Andrieux, l'Aubergiste de Xin Wang et la Duègne irrésistible de Jean-Vincent Blot. Pour les trois rôles-titres, écoutons-les nous parler de leur expérience (pour des raisons techniques seule l'interview d'Aurélie Fargues est livrée telle quelle).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Première rencontre : François Rougier, rôle de Coelio</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7130013-10928499.jpg?v=1414758739" alt="Opéra "Les Caprices de Marianne" : trois entretiens avec des artistes lyriques en devenir" title="Opéra "Les Caprices de Marianne" : trois entretiens avec des artistes lyriques en devenir" />
     </div>
     <div>
      <b>Christine Ducq pour La Revue du Spectacle - Pour cet opéra, dont le livret suit d'assez près la pièce d'Alfred de Musset, comment percevez-vous votre rôle </b>?       <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> C'est un personnage qui a du mal à trouver sa place dans la vie. Il fait chanter quelqu'un à sa place (la sérénade à Marianne pour déclarer son amour NDLR) en envoyant son ami Octave. Il est un peu dépressif. Ce n'est jamais lui qui agit, il faut toujours qu'il fasse agir quelqu'un à sa place parce qu'il n'ose pas y aller. On a l'impression qu'il abandonne assez facilement. Et en même temps, on se dit qu'avec un ami comme Octave, il a dû connaître un temps - avant de tomber amoureux de Marianne - où il aimait mener avec lui une vie de fête perpétuelle. C'est un garçon introverti, timide, qui voudrait mais qui ne peut pas tout seul. Il a du mal à prendre sa vie en main et il a un rapport un peu compliqué à sa mère (Hermia NDLR). Cela vient peut-être de là.       <br />
              <br />
       <b>Vous avez magnifié ce personnage avec votre voix au timbre riche. Pour autant, Raymond Duffaut nous confiait tout à l'heure que les rôles des &quot;Caprices de Marianne&quot; étaient difficiles à chanter. </b>       <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> Je dirais que la partition est un peu compliquée parfois. Pas pour ceux qui l'écoutent mais pour ceux qui ont à la faire. Vocalement, il n'y a pas de grandes difficultés. Ce sont des personnages complexes. Il faut réussir à intégrer suffisamment les difficultés de la partition pour qu'elles n'apparaissent pas, pour que les dialogues restent fluides et les situations naturelles. C'est un peu cela la difficulté de cette musique qui est très écrite avec des mesures 5/8 ou 7/8 sur lesquelles on a tendance à marquer les temps forts. Or il faut réussir à gommer tout cela pour que la langue soit fluide. Quand on arrive à cela, on s'aperçoit que c'est très bien écrit pour être chanté comme si nous étions en train de discuter. C'est tout le challenge.       <br />
              <br />
       <b>Cette tournée de deux ans des &quot;Caprices&quot; à l'instigation du CFPL vous semble-t-elle importante pour votre carrière ? Arrive-t-elle à point nommé pour vous ?</b>       <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> Oui, elle arrive à un bon moment. Il est toujours intéressant à un moment dans la vie d'un chanteur d'expérimenter un rôle tel que celui de Coelio, de le chanter plusieurs fois et dans plusieurs maisons et de le laisser mûrir pendant les deux ans que va durer la tournée. Pour le nourrir à chaque fois de quelque chose de plus. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Deuxième rencontre : Marc Scoffoni, rôle d'Octave</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7130013-10928774.jpg?v=1414758739" alt="Opéra "Les Caprices de Marianne" : trois entretiens avec des artistes lyriques en devenir" title="Opéra "Les Caprices de Marianne" : trois entretiens avec des artistes lyriques en devenir" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous avez récolté des acclamations ce soir amplement méritées. Comment avez-vous appréhendé le rôle d'Octave ?</b>       <br />
       <b>       <br />
       Marc Scoffoni -</b> C'est un rôle plutôt long, un des rôles les plus longs que j'ai eu à faire et qui demande beaucoup de travail, tant au point de vue musical qu'au point de vue théâtral. On a essayé avec le metteur en scène Oriol Thomas de s'attacher aux vraies relations entre les personnages, mais il ne fallait pas perdre de vue la musique de Sauguet. Musique qui n'est pas évidente de prime abord mais qu'on a essayé de rendre la plus naturelle possible pour intéresser le public et nous-mêmes aussi.       <br />
              <br />
       <b>Les rôles des &quot;Caprices de Marianne&quot; sont-ils difficiles à chanter ? </b>       <br />
              <br />
       <b>Marc Scoffoni -</b> La partition est assez tendue pour la soprano (Aurélie Fargues NDLR). Pour le baryton, elle va jusqu'à un la aigu - pour les connaisseurs. Il y a quelques sol et des fa dièse. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus simple dirons-nous. Mais l'énergie du personnage permet de s'en sortir sans trop de difficultés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7130013-10928816.jpg?v=1414759263" alt="Opéra "Les Caprices de Marianne" : trois entretiens avec des artistes lyriques en devenir" title="Opéra "Les Caprices de Marianne" : trois entretiens avec des artistes lyriques en devenir" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous avez interprété Octave en le tirant vers le burlesque à l'acte I, puis vous avez ensuite exploré son versant mélancolique. </b>       <br />
              <br />
       <b>Marc Scoffoni -</b> Oui, c'est l'avantage du personnage. Il permet de présenter toute une palette de sentiments. Au début, on est dans le carnaval et c'est un jouisseur. Il boit et il profite de la vie. Lorsque son ami Coelio lui demande son aide, il est très content de le faire. Il est très fidèle en amitié. Il est séduit par Marianne jusqu'à un certain point mais il refuse de succomber, et préfère se sacrifier plutôt que d'en profiter lui-même.       <br />
              <br />
       <b>Est-ce que cette coproduction des &quot;Caprices de Marianne&quot; est une étape intéressante dans votre carrière ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Marc Scoffoni -</b> Je crois que le succès des auditions a été tel que nous étions plus de deux cents chanteurs à vouloir participer à cette aventure. C'est une réussite. La mise en scène est merveilleuse et toute la troupe s'entend très bien. Tous mes collègues sont sympathiques et tous très talentueux. C'est un plaisir de travailler avec eux. &quot;Les Caprices&quot; sont un vrai tremplin. Nous avons la chance de voyager et de visiter quinze maisons d'opéra différentes. Pour nous, c'est vraiment une belle vitrine. Participer à un tel spectacle c'est un honneur ! Cette tournée permettra peut-être de fidéliser un nouveau public. Cet opéra de Henri Sauguet est une œuvre plutôt destinée à un large public contrairement à ce qu'on pourrait penser. Je crois que c'est une bonne décision de programmer &quot;Les Caprices de Marianne&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Troisième rencontre : écoutez l'interview d'Aurélie Fargues (rôle de Marianne)</b></div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Interviews réalisées le 18 octobre 2014. </span>       <br />
              <br />
       <b>Calendrier de la tournée :</b>       <br />
              <br />
       Opéra-Théâtre de Metz Métropole : 21 &amp; 23 novembre 2014.        <br />
       Opéra de Massy : 5 &amp; 7 décembre 2014.        <br />
       Opéra de Marseille : 29, 30, 31 janvier &amp; 1er février 2015.       <br />
       Opéra de Tours : 13, 15, 17 février 2015.       <br />
       Opéra de Rennes : 23, 25 &amp; 27 mars 2015.       <br />
       Opéra Grand Avignon : 12 &amp; 14 avril 2015.       <br />
       Opéra-Théâtre de Saint-Étienne : 14, 16 &amp; 18 octobre 2015.        <br />
       Opéra de Nice : 4 représentations en novembre 2015.       <br />
       Opéra de Rouen Haute-Normandie : 11, 13 &amp; 15 décembre 2015.       <br />
       Théâtre du Capitole de Toulouse : 22, 24, 26, 29 &amp; 31 janvier 2016.       <br />
       Opéra national de Bordeaux : 19, 21, 22 &amp; 23 février 2016.       <br />
       Opéra-Théâtre de Limoges : 10 &amp; 12 mai 2016.        <br />
       Avant-Scène opéra/ Neuchâtel (Suisse) : une représentation (date à définir).        <br />
              <br />
       La production fera aussi l'objet d'une captation par France 3.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Pour la deuxième fois en France, à l'initiative du Centre Français de Promotion Lyrique, quinze maisons d'opéra coproduisent une œuvre rare du répertoire français et permettent ainsi la découverte de jeunes et talentueux chanteurs auprès d'un vaste public. Nous avons rencontré trois des artistes qui nous promettent des lendemains qui chantent (très bien) : la soprano Aurélie Fargues, le ténor François Rougier et le baryton Marc Scoffoni.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Christine Ducq</itunes:author>
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   <title>À vouloir trop bien faire...</title>
   <updated>2011-04-17T12:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/A-vouloir-trop-bien-faire_a45.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2011-02-17T12:13:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée"... "On ne saurait pensait à tout"... Le premier proverbe incite au choix. Indéniablement, Frédérique Plain aurait dû faire le sien... Entre la production d'un spectacle se hissant au niveau d'une simple mais honorable troupe de théâtre amateur ou celui, plus ambitieux, d'une réalisation rigoureuse et exigeante, pour aller au bout de son projet et assumer une vraie direction d'acteurs. Malheureusement, force est de constater que la création présentée à l'Espace des Arts de Chalon-sur-Saône reste "le cul entre deux chaises" ! Et en attendant son passage aux Amandiers (à Nanterre), avec l'espoir d'éventuelles améliorations, ce que l'on a vu pour l'instant tiendrait plutôt du projet (intention) non abouti.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/2898915-4103929.jpg?v=1303035616" alt="À vouloir trop bien faire..." title="À vouloir trop bien faire..." />
     </div>
     <div>
      Pourtant, au départ, la proposition était alléchante : marier (pacser !) deux pièces en 1 acte d'Alfred de Musset, écrites à l'époque où George Sand se faisait remarquer pour &quot;port de pantalon&quot; et avait déjà publié &quot;Valentine&quot;, &quot;Indiana&quot; et &quot;Lélia&quot;, trois brûlots contre le mariage. Prince des romantiques, Musset est aussi un dandy révolté et provocateur et, dans ces deux pièces, il questionne à la fois la problématique du mariage et les normes sociales qui en découlent ; la relation homme/femme avec un éclairage particulier sur l'indépendance et l'épanouissement de la femme ; la puissance de l'amour, auto-suffisant ou nécessitant une &quot;aliénation&quot; (socialement, philosophiquement) pour exister ; et la nécessité de le &quot;verbaliser&quot; pour en éprouver tous les effets.       <br />
              <br />
              <br />
       Dans &quot;Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée&quot;, il pose l'amour en débat existentiel, usant de la forme d'une joute verbale entre deux êtres engourdis par l'ennui. Ici, l'être aimé(e) se refuse à toutes prévenances et jette la séduction comme une faiblesse. Les échanges et les différents passages du prétendant séducteur sous ses &quot;fourches Caudines&quot; aboutiront à l'effet inverse : une déclaration d'amour maritalement consommable ! La folie et une approche surréaliste guide l'écriture de &quot;On ne saurait penser à tout&quot;,  produite quatre ans plus tard (en 1849). Il s'agit d'une structure marivaldienne à cinq personnages : un oncle burlesque, deux tourtereaux et deux domestiques ; basée sur une opposition : une affaire d'état dont l'importance frise le ridicule qui sied en général à cette dénomination, qui n'intéresse personne hormis le grotesque tonton ; et l'union tant espéré de nos deux amoureux qui préoccupe tout le monde... sauf les deux intéressés !       <br />
              <br />
              <br />
       Si la langue de Musset peut paraître dépassée, la mécanique et la dynamique qu'il met en place à travers elle n'ont en aucun cas perdu leur modernité. Le propos en est même d'une mordante actualité, à une époque où l'amour peut se jouer sur un terrain purement virtuel, où le mot séduction s'écrit sur les leds de nos écrans numériques et où les maux de nos cœurs amoureux s'évanouissent dans les boîtes sans lettres de nos messageries électroniques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/2898915-4103942.jpg?v=1303035865" alt="À vouloir trop bien faire..." title="À vouloir trop bien faire..." />
     </div>
     <div>
      Pourquoi alors a-t-on l'impression dès les premières répliques que le phrasé, la musique des mots sonnent faux, que les attitudes des comédiens restent figées dans la température hivernale évoquée, visant plus la démonstration météorologique qu'une montée en puissance des radiateurs de leurs cœurs amoureux. Dans &quot;Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée&quot;, Johan Daisme (La Marquise) et Rodolphe Congé (Le Comte) peinent à imprimer un rythme à leurs échanges. Et si parfois les prémices d'une passion verbale  semblent apparaître, elle disparaît au premier courant d'air venu. La mise en scène sertie dans une lenteur stérile enferme l'ensemble dans une lourdeur que même la porte restée ouverte ne peut laisser échapper. L'espoir aurait pu naître avec &quot;On ne saurait pensait à tout&quot; où la jolie Caroline Piette (La Comtesse), pétillante et mutine à souhait, donne à son personnage une consistance toute en légèreté et finesse, empreinte d'une réelle sensualité. Mais le jeu de Jonathan Manzambi nous ramène vite à une triste réalité : un réel défaut de direction d'acteurs. Comment pourrait-il en être autrement lorsque les répliques semblent sortir tout droit d'un pompier de service (profession que je respecte au demeurant) effectuant un remplacement au pied levé !       <br />
              <br />
              <br />
       Au final, malgré un décor graphiquement réussi dont la mise en lumière affine les volumes et temporalise les saisons, on ressort avec le sentiment d'avoir assisté à un travail bâclé, où les intentions sont identifiables, et a priori justifiables, mais dont la réalisation n'a pas abouti, non pas faute de moyens mais plutôt par absence de rigueur (et d'ambition). Il manque une réel dynamique (rythme) pour structurer les deux pièces, et une meilleure appropriation du texte par les comédiens nous aurait emmener vers une modernité qu'incontestablement les prises de position et la plume alerte de Musset possèdent. À espérer que d'ici les Amandiers (Nanterre) le fruit aura mûri...
     </div>
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     <div><b>"Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée" et "On ne saurait penser à tout"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/2898915-4103948.jpg?v=1303036215" alt="À vouloir trop bien faire..." title="À vouloir trop bien faire..." />
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     <div>
      (Vu le 28 janvier 2011)       <br />
              <br />
       Textes : Alfred de Musset.       <br />
       Mise en scène : Frédérique Plain.       <br />
       Avec : Johan Daisme, Rodolphe Congé, Caroline Piette, Jean-Jacques Blanc, Jonathan Manzambi.       <br />
              <br />
       Création à l'Espace des Arts de Chalon-sur-Saône du 25 au 29 janvier 2011.       <br />
       11 mars au 9 avril 2011 : Théâtre Nanterre-Amandiers.       <br />
       12 au 15 avril 2011 : Théâtre Dijon Bourgogne - CDN.       <br />
       <span class="fluo_jaune">20 au 22 avril 2011, Théâtre de Bourg-en-Bresse.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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