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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-12T23:54:42+02:00</updated>
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   <title>"Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum</title>
   <updated>2026-01-27T08:36:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Pays-Bonheur-ou-le-mercredi-sans-retour-La-force-du-minimum-pour-atteindre-le-maximum_a4462.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-01-27T08:15:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il a fui son pays. Son terrible voyage, il nous le raconte. Lui, il y est arrivé au bout de ce voyage. Mais ici, la terre tant convoitée, le pays bonheur comme ils disent, se révèle sous son vrai jour, celui de la misère morale et matérielle. Il faut faire le ménage dans les hôtels, vivre dans des immeubles délabrés, travailler sur les chantiers. Il faut envoyer de l'argent au pays, coûte que coûte, même si la famille vous oublie un peu. Il était de là-bas. Il est venu ici.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552554.jpg?v=1769498321" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Vous habitez cet abandon (…). Vous l'avez investi avec d'autres. Vous êtes là le temps que ça durera, peut-être que, d'ici peu, il vous faudra repartir, aller voir plus loin, autre abandon, ou alors vraie maison si la chance le veut. Si les papiers le veulent&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Thierry de Pina, nous en avions déjà entendu parler de façon élogieuse à l'occasion de son seul-en-scène adapté de la pièce d'Emmanuel Darley au titre éponyme, &quot;Mardi à Monoprix&quot;, et nous l'avions largement applaudi lors de son interprétation dans &quot;Qui va là&quot; autour du thème des SDF et de celles et ceux que personne ne regarde…       <br />
              <br />
       Cette fois-ci, c'est une grande fresque narrative qu'il choisit d'adapter au théâtre, encore une fois à partir d'un roman d'Emmanuel Darley, &quot;Le Bonheur&quot;, publié en 2007. Fidèle à l'écriture de l'auteur, malheureusement disparu bien trop tôt, le comédien metteur en scène a su préserver avec brio la voix de l'auteur, sobre et grandement efficace, bardée de discrétion et d'une grande dignité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552559.jpg?v=1769498367" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      Darley, c'est la poétique du témoignage, loin du théâtre d'action, sans lyrisme ni emphase, et Thierry de Pina la restitue avec une grande élégance, tout particulièrement dans cette nouvelle adaptation. Gageons qu'Emmanuel Darley serait honoré de cette adaptation de son &quot;roman&quot;, si sensible et si poignante. Rien de moins simple, on le sait, que d'adapter un roman sur les planches… Passer du narratif à du performatif, tous les comédiens n'y parviennent pas.       <br />
              <br />
       Avec &quot;Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour&quot;, le comédien Thierry de Pina y parvient &quot;haut-la-main&quot;, tant au niveau de la voix, du corps que du geste, en magnifiant littéralement le texte. L'espace scénique, quant à lui, devient un véritable acteur dramaturgique. Seules quatre chaises noires en métal campent tour à tour des espaces distincts – frontière, cale du cargo, chantier, espace de travail, bus vers le bonheur – et privilégient ainsi la parole et le corps du comédien sobrement vêtu d'un simple tee-shirt, d'un pantalon noir et pieds nus, comme pour mieux ancrer son propos dans la réalité âprement nue, elle aussi.       <br />
              <br />
       L'espace mental et métaphorique que suggèrent ces simples quatre chaises déplacées, empilées, rassemblées offrent au public un véritable voyage mental magnifié par la performance théâtrale du comédien, brillamment juste et puissamment sobre. Les lumières de Nicolas Thibault ainsi que la musique d'Hicham Chahibi y sont aussi magiquement entrelacées, formant un ensemble tout en délicatesse.       <br />
              <br />
       Sur la scène du Guichet Montparnasse, Emmanuel Darley dans l'ombre de Thierry de Pina et de la Compagnie &quot;Ah le Zèbre !&quot; éveille les consciences sur le thème des migrants et de l'exclusion en mettant en lumière la violence que tous ces hommes, toutes ces femmes et ces enfants traversent au long de leur périple souvent interminable. Sans compter les méandres labyrinthiques de leur arrivée !       <br />
              <br />
       Porté avec grande justesse et sobriété mêlées par le comédien, ce roman d'Emmanuel Darley – le dernier –  résonne doublement. Son titre d'origine est ici revisité, non sans un trait d'humour léger que suggère le titre de la pièce. Le &quot;Pays Bonheur&quot; aux accents de liberté et de joie de vivre, d'espoir et de perspectives enjouées, mais qui se révèle malheureusement bien différent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552574.jpg?v=1769498548" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      Le comédien s'empare du texte de manière sensible en incarnant plusieurs personnages, et à aucun moment le public ne décroche. Bien au contraire. Il est comme happé par le récit de chacun d'entre eux et vit comme en 3D les scènes évoquées.       <br />
              <br />
       C'est fort, puissant, vertigineux à de nombreux moments du spectacle. Thierry de Pina nous transporte avec fougue dans ce récit poignant, tout bardé sans doute de cette volonté farouche qui a été la sienne, aussi, alors qu'il était encore épidémiologiste durant les pandémies, et qu'il a entamé des études théâtrales, contre vents et marées… Parce que lui aussi avait un voyage à accomplir !       <br />
              <br />
       Valère Novarina, qui vient de nous quitter, disait que le langage était le combustible du comédien, tout comme la part d'enfance qui est en lui. Il semblerait que Thierry de Pina ait eu vent de ces paroles. &quot;Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour&quot; est un seul-en-scène bouleversant, intime, en sobre confidence qui, à n'en point douter, ouvrira les consciences à l'endroit où, bien souvent, elles sont embrumées.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pays Bonheur ou le mercredi sans retour"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93918706-65552584.jpg?v=1769498574" alt=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" title=""Pays-Bonheur ou le mercredi sans retour" La force du minimum pour atteindre le maximum" />
     </div>
     <div>
      D'après Emmanuel Darley (Le Bonheur&quot;, Actes Sud-Papier, 2009).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Thierry de Pina.       <br />
       Avec : Thierry de Pina.       <br />
       Création musicale : Hicham Chahidi.       <br />
       Création lumières : Nicolas Thibault.       <br />
       Direction d'acteur : Emmanuel Lorre.       <br />
       Regards extérieurs : Sylvie Dutheil et Carole Scotto Di-Fasano.       <br />
       Esthétique Marine : Cessat-Begler.       <br />
       Compagnie-Production Ah le Zèbre !       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 janvier au 2 avril 2026.</span>       <br />
       Jeudi à 19 h.       <br />
       Théâtre Le Guichet Montparnasse, 15, Rue du Maine, Paris 14e.       <br />
       Réservations : 01 43 27 88 61.       <br />
       <a class="link" href="https://www.vostickets.fr/Billet/FR/representation-GUICHET_MONTPARNASSE-32650-0.wb?REFID=t7I3AAAAAAACAQ" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.guichetmontparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; guichetmontparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !</title>
   <updated>2024-11-22T20:40:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Notre-comedie-humaine-Balzac-tout-feu-tout-flamme-_a4087.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/84442267-60305373.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-11-22T09:51:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Figure importante du monde théâtral depuis 2009, le Nouveau Théâtre Populaire tape un nouveau grand coup avec la création d'une trilogie autour de deux œuvres maîtresses de Balzac, "Illusions perdues" et "Splendeurs et misères des courtisanes". Les trois mises en scène nous transportent dans l'opérette, la comédie et la tragédie autour, entre autres, de l'humour, du chant, de la musique et du théâtre dans le théâtre.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84442267-60305373.jpg?v=1732267050" alt=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" title=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" />
     </div>
     <div>
      C'est un formidable élan théâtral auquel nous assistons et où nous retrouvons tout ce qui fait le charme et la grandeur du 6ᵉ art, avec une troupe située dans un village du Maine-et-Loire qui, entre autres, joue sous la pluie ou sous les étoiles, qui décide à la majorité et où chacun fait tout, pouvant ainsi se retrouver metteur en scène s'il le désire. Cette présentation du Nouveau Théâtre Populaire est aussi celle effectuée avant et durant la représentation, la réalité s'immisçant ainsi dans la fable. Ce n'est pas la seule facétie dans le spectacle.       <br />
               <br />
       Dans &quot;Notre comédie humaine&quot;, le pronom possessif est important, car il dénote une adaptation savamment orchestrée des &quot;Illusions perdues&quot; (en trois parties publiées entre 1837 et 1843) et des &quot;Splendeurs et misères des courtisanes&quot; (en quatre parties publiées entre 1838 et 1847), où Balzac a réussi à atteindre le summum de sa puissance créatrice. On y voit des clins d'œil politiques actuels, des personnages, habillés de façon moderne, mortuaire ou guillerette, où exclamations, colère, rire, amour, avidité et débats alternent pour faire le lit de l'ambition d'un homme, Lucien de Rubempré (Valentin Boraud), ainsi que sa perte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84442267-60305375.jpg?v=1732267033" alt=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" title=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" />
     </div>
     <div>
      Pour cette trilogie théâtrale, le narratif balzacien laisse la place aux superbes mises en scène d'Émilien Diard-Detœuf pour &quot;Les Belles Illusions de la jeunesse&quot;, de Léo Cohen-Paperman pour &quot;Illusions perdues&quot;, de Lazare Herson-Macarel pour &quot;Splendeurs et misères&quot; et de Pauline Bolcatto pour &quot;La dernière nuit&quot; qui concerne les intermèdes dans lesquels les comédiens continuent de jouer, mais dans le public. Elles arrivent à habiller, tout en respectant la trame, le verbe balzacien d'un geste, d'un mot, élégant, poétique ou rude, d'une réplique, truculente ou humoristique, le tout accompagné de danses et de chansons. C'est un véritable délice, un cocktail artistique où le talent se distribue dans toutes les directions.       <br />
               <br />
       L'auteur tourangeau protéiforme a écrit dans un large spectre littéraire allant des contes drolatiques avec de l'ancien français aux études de mœurs et philosophiques, ainsi que du théâtre où il a composé quelques pièces et dont le genre l'inspirait peu. Dans &quot;Notre comédie humaine&quot;, les pièces vont de l'opérette (&quot;Les Belles Illusions de la jeunesse&quot;) à la comédie (&quot;Illusions perdues&quot;) en passant par la tragédie (&quot;Splendeurs et misères&quot;) avec trois scénographies.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84442267-60305414.jpg?v=1732267081" alt=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" title=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" />
     </div>
     <div>
      Celles-ci sont respectivement, pour la première, un piano face à une scène de théâtre, pour la deuxième, des marches noires d'escalier qui montent vers un petit plateau où se tient un fauteuil avec, aux côtés latéraux, un petit salon, une chambre et une cuisine, et, pour la troisième, un plateau composé de quatre grandes et larges marches noires descendantes, baignées d'une demi-obscurité tel un monde de ténèbres. Il y a, pour celle-ci, un clin d'œil à la vidéo &quot;Thriller&quot; (1983) avec des chorégraphies effectuées par des êtres à l'allure d'automates tels des zombies.       <br />
               <br />
       La troupe réagence les éléments romanesques en les enrobant d'humour et en bousculant le style construit, détaillé et savamment social et psychologique de Balzac. Le jeu est très physique avec une présence vocale où la tessiture des voix grimpe plusieurs octaves. La première pièce est une opérette gaie et joyeuse, rare univers que l'écrivain n'ait pas investi, la deuxième prend à rebrousse-poil &quot;Illusions perdues&quot; dans une scénographie traversée de plages de musiques dansantes, la troisième alterne avec des chorégraphies de danse contemporaine où la mort habille la détresse de Rubempré dans un décor qui ressemble à un cimetière.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84442267-60305426.jpg?v=1732267110" alt=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" title=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" />
     </div>
     <div>
      Le théâtre dans le théâtre est très présent. Balzac (Frédéric Jessua) est sur les planches, intervenant en tant qu'auteur et regard omniscient de ce qui s'y déroule. Dans &quot;Les belles illusions perdues&quot;, il en est l'animateur en introduisant certaines scènes. Dans &quot;Illusions perdues&quot;, il se déguise en cuisinier, l'annonce au début de la pièce et reste discret durant celle-ci. Dans &quot;Splendeurs et misères&quot;, il disparaît un moment pour devenir un protagoniste parmi d'autres. Ainsi, dans cette trilogie, il n'a pas la même fonction.       <br />
               <br />
       Il intervient aussi à différentes reprises dans la scène de la chute sociale de Rubempré en dévoilant les événements, juste avant qu'ils arrivent. Ici, le 6ᵉ art n'a pas pour fonction d'être un facteur de surprise. Bien au contraire, il devient annonciateur d'accidents, du coup, prévus, en faisant du spectateur, le sachant et témoin privilégié de la détresse du protagoniste principal. Cette mise en perspective permet à celui-là de pouvoir adopter un sentiment empathique vis-à-vis de Rubempré. La mise en scène fait habilement des spectateurs des compagnons de fortune de celui-ci.       <br />
               <br />
       Des relations d'appropriation du spectacle par le public sont créées à différents niveaux, avec diverses approches. La relation d'empathie entre les spectateurs et les protagonistes est, selon les tableaux et les pièces, à dessein, fluctuante. Très proche lors des intermèdes, plus distante lors de la première pièce, oscillant entre les deux pour les deux suivantes, l'humour, autant dans les chants d'opérette que dans les répliques, est un premier levier. Le deuxième concerne la contemporanéité des costumes et des expressions verbales. La distance est très présente dans la dernière pièce où les protagonistes sont plongés dans une demi-obscurité.        <br />
              <br />
       Cette double focale, où les caractères peuvent être aussi proches que distants, permet, dans cette trilogie, de plonger au plus près d'une ambition et d'une chute, en observateur, en témoin ou en soutien. Et c'est là où le personnage de Balzac a son importance, car plus il est présent et plus le spectateur peut avoir un regard un peu distant, et plus il est discret ou absent, et plus celui-ci peut avoir de l'empathie pour Rubempré, car la narration s'efface.       <br />
              <br />
       &quot;Les Belles Illusions de la jeunesse&quot; se démarque complètement du roman dans le fait que Balzac ne devient pas uniquement narrateur, mais aussi guide historique. Il présente, un moment, les différents régimes politiques qui ont eu lieu entre la Révolution française et le Second Empire en faisant un lien avec notre actualité. Dans un autre ordre, &quot;Illusions perdues&quot; et &quot;Splendeurs et misères&quot; se démarquent en bousculant habilement les deux romans dans leurs rapports au temps, au verbe et au geste. Ils chantent d'un côté, quand ils dansent de l'autre, ou quand, plus loin, ils jurent, s'esclaffent ou débattent.       <br />
       Bref, la trilogie est superbe.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Notre comédie humaine"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84442267-60310869.jpg?v=1732288967" alt=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" title=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en 3 épisodes précédés d'un intermède-onirique.       <br />
       <b>&quot;Les Belles illusions de la jeunesse&quot;</b> d'après Honoré de Balzac (Opérette).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Émilien Diard-Detœuf.       <br />
       Composition : Gabriel Philippot.       <br />
              <br />
       <b>&quot;Illusions perdues&quot;</b> d'après Honoré de Balzac (Comédie).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Léo Cohen-Paperman.       <br />
              <br />
       <b>&quot;Splendeurs et misères&quot;</b> d'après Honoré de Balzac (Tragédie).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Lazare Herson-Macarel.       <br />
              <br />
       <b>&quot;La Dernière nuit&quot;</b> d'après la vie d'Honoré de Balzac (Intermède-onirique).       <br />
       Conception : Pauline Bolcatto et Sacha Todorov.       <br />
       Mise en scène : Pauline Bolcatto.       <br />
              <br />
       Avec : Valentin Boraud, Philippe Canales, Emilien Diard-Detoeuf, Thomas Durand, Clovis Fouin, Joseph Fourez, Elsa Grzeszczak, Lazare Herson-Macarel, Frédéric Jessua, Kenza Laala, Flannan Obé, Morgane Nairaud, Julien Romelard en alternance avec Samy Zerrouki , Sacha Todorov, Charlotte Van Bervesselès.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84442267-60310934.jpg?v=1732289052" alt=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" title=""Notre comédie humaine" Balzac tout feu tout flamme !" />
     </div>
     <div>
      Scénographie : Jean-Baptiste Bellon.       <br />
       Lumière : Thomas Chrétien.       <br />
       Costumes : Zoé Lenglare et Manon Naudet.       <br />
       Son : Camille Vitté.       <br />
       Chorégraphie : Georgia Ives.       <br />
       Maquillage et coiffure : Pauline Bry.       <br />
       Régie générale et plateau : Marco Benigno assisté de Thomas Mousseau-Fernandez.       <br />
       Collaboration artistique : Julien Campani, Lola Lucas, Sacha Todorov.       <br />
       Administration et production : Lola Lucas assistée de Marie Mouillard.       <br />
       Actions sur le territoire : Mathilde Chêne.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 24 novembre 2024.</span>       <br />
       Du mercredi au vendredi à 20 h, samedi et dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de la Tempête, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12ᵉ, 01 43 28 36 36.       <br />
       <a class="link" href="https://www.la-tempete.fr/" target="_blank">&gt;&gt; la-tempete.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 11 au 14 décembre 2024 : Le Quai - CDN, Angers (49).       <br />
       Du 29 janvier au 1er février 2025 : Théâtre de Caen, Caen (14).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Notre-comedie-humaine-Balzac-tout-feu-tout-flamme-_a4087.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !</title>
   <updated>2024-06-04T16:51:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Liliom--des-lumieres-de-la-fete-aux-tenebres-de-la-misere-spectacle-_a3928.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80741987-58231914.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-06-04T15:34:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Liliom, pièce plus que centenaire de Ferenc Molnár, continue de distiller ses images, son ambiance et son ton qui oscille sans cesse entre la farce du ridicule de la vie et le drame qui en est la pulsation. Si l'on s'amuse à voir cette pièce comme une représentation du monde, eh bien alors, le monde est une fête foraine qui brille de ses mille lumières et de ses musiques entraînantes. Mais lorsque les manèges s'arrêtent et que les ombres et le silence envahissent l'espace, alors les côtés moins glamours des humains se déchaînent.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80741987-58231914.jpg?v=1717511596" alt=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" title=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" />
     </div>
     <div>
      Dans ce monde, au tout début de l'histoire, Liliom est une sorte de prince. Prince des bonimenteurs. Champion des hâbleurs. Roi des séducteurs. C'est lui qui tient le micro et sa veste brille de reflets satinés. Il est comme une star de radio crochet. Et il crochète les cœurs de toutes celles qui s'approchent. La plupart sont des boniches, des servantes, des soubrettes, toutes filles simples venues de la campagne s'engager auprès de patrons de la ville pour lesquels elles deviennent corvéables à merci. À la fête foraine, elles parviennent à prendre un peu de poudre aux yeux et reposer leurs mains abîmées dès vingt ans. C'est un rêve, un droit populaire, elles qui n'en ont pas beaucoup.       <br />
               <br />
       Elles y trouvent un peu d'amour aussi, des fois. C'est le cas de Julie, toute jeune boniche, qui s'entiche de Liliom presque sans le vouloir. Une histoire d'amour qui se noue à cause des circonstances. À cause des paroles. À cause de l'enchaînement des répliques, presque. Par hasard. Il n'y a rien de romantique dans la manière dont ces deux-là vont lier leurs sorts. Il y a plutôt une sorte de fatalité. Un dénuement de mots, de désirs, de sentiments et pourtant quelque chose d'inexprimable rend cette relation forte. L'inexprimable.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80741987-58231917.jpg?v=1717511654" alt=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" title=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" />
     </div>
     <div>
      Au moment de la rencontre, lui a une vie bien installée, confortable, un bonimenteur admiré, choyé par la patronne du manège qui le convoite (Mme Muscat, interprétée avec une démesure magnifique par Isabelle Bonillo), et séducteur jamais en manque de chair fraîche. Julie aussi semble plutôt bien lotie, embauchée dans une maison où elle a trouvé une amie dans une autre bonne. Et tous deux vont, à cause de leur rencontre, perdre leur situation respective. D'un coup. Comme un mauvais sort. Et c'est le début de la misère. Une misère sociale qui s'accompagne de mal logement, de manque d'argent, de faim, d'alcool, de jeu, de coups, mauvais coups, coups de couteau.       <br />
               <br />
       Mais cette pièce n'est pas une pièce réaliste, elle est autant allégorie que fable. Car si la vie se déroule dans un monde qui est aussi faux qu'une fête foraine, la mort, elle aussi, a des airs de farce ou de fable. Et Liliom ne trouve même pas grâce auprès des instances paradisiaques. Pas à cause du manque de commisération de celles-ci, mais bien à cause du mauvais garçon qui ne parvient pas à réparer ses fautes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80741987-58231919.jpg?v=1717511699" alt=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" title=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" />
     </div>
     <div>
      L'adaptation et la mise en scène de Myriam Muller met l'accent sur le côté humain des personnages, gommant les vieilleries de langage pour leur donner une voix contemporaine. Pourtant, c'est bien la difficulté à dire, à s'exprimer qui semble diriger, épisode après épisode, Liliom et Julie qui ne parviennent pas à exprimer leurs sentiments. Ils ne savent pas dire. Comme si leur culture, leur morale, ou quelles que soient leurs échelles de valeur, les empêchaient d'exprimer ce qu'ils ressentent. La pudeur, peut-être. L'honneur parfois, lorsque Liliom refuse de retourner travailler chez la patronne du manège…       <br />
              <br />
       Sur scène, un très beau dispositif sur plusieurs niveaux tourne sur lui-même. Des chambres, des cuisines, des escaliers, des trappes, des échappées, tous imbriqués, rendent parfaitement compte de l'exiguïté des logements où réside tout ce petit peuple pauvre. À tous les niveaux, les interprètes (également chanteurs et musiciens) apparaissent et s'effacent suivant les besoins, comme dans un drôle de jouet géant.       <br />
               <br />
       Tous sont tous imprégnés par leurs personnages, totalement crédibles, magnifiquement gouailleurs, authentiquement gueulards, fêtards et furies. Cela a parfois des airs d'opéra des gueux. Mi-théâtre, mi-musical. Avec une mise en scène qui donne une belle part au jeu et qui parvient à jeter des froids bénéfiques quand la violence de l'homme se déchaîne sur la femme. Petit rappel de la réalité dans cette farce grandiose.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Théâtre Le Kiasma à Castelnau-le-Lez, dans le cadre du Printemps des Comédiens, le 2 juin 2024</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Liliom ou la vie et mort d'un vaurien"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80741987-58231923.jpg?v=1717511724" alt=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" title=""Liliom", des lumières de la fête aux ténèbres de la misère… spectacle !" />
     </div>
     <div>
      Légende de banlieue en sept tableaux de Ferenc Molnár.       <br />
       Traduction du hongrois : Alexis Maori, Kristina Rády et Stratis Vouyoucas (éditée aux éditions Théâtrales).       <br />
       Adaptation et mise en scène : Myriam Muller.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Antoine Colla.       <br />
       Avec : Mathieu Besnard, Sophie Mousel, Isabelle Bonillo, Manon Raffaelli, Raoul Schlechter, Jules Werner, Valéry Plancke, Jorge De Moura, Rhiannon Morgan, Clara Orban, Catherine Mestoussis.       <br />
       Scénographie : Christian Klein.       <br />
       Costumes : Sophie Van den Keybus.       <br />
       Lumières : Renaud Ceulemans.       <br />
       Vidéos : Emeric Adrian.       <br />
       Direction musicale : Jorge De Moura et Jules Werner.       <br />
       Création sonore : Patrick Floener.       <br />
       Couture : Manuela Giacometti.       <br />
       Habillage : Anna Bonelli et Fabiola Parra.       <br />
       Maquillage : Joël Seiller et Laurence Thomann.       <br />
       Accessoires : Marko Mladenovic.       <br />
       Production : Les Théâtres de la Ville de Luxembourg       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       A été joué au Théâtre Le Kiasma, Castelnau-le-Lez (34), du 31 mai au 2 juin 2024, dans le cadre de la 38ᵉ édition du Printemps des Comédiens (du 30 mai au 21 juin 2024).       <br />
       <a class="link" href="https://printempsdescomediens.com/" target="_blank">&gt;&gt; printempsdescomediens.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 au 14 juin 2024 :</span> Théâtre du Nord - CDN Lille-Tourcoing-Hauts de France, Lille (59).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 19 au 21 juin 2024 :</span> Théâtres de la ville de Luxembourg.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Liliom--des-lumieres-de-la-fete-aux-tenebres-de-la-misere-spectacle-_a3928.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…</title>
   <updated>2020-02-24T13:26:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Furia-Corps-de-chaines-qu-aucune-dictature-ne-pourra-soumettre_a2668.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/43027151-35649339.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-02-24T13:26:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Cette troupe de loqueteux, affublés de hardes composites faites de bâches de plastique et autres rebuts colorés, émergeant de l'obscurité où ils sont plongés, de qui sont-ils le nom ? Lointains héritiers des esclaves, ils sont les nouveaux "sauvages" d'un Brésil dirigé par un président d'extrême droite qui, sous l'œil impassible de la monumentale statue du Christ Rédempteur dominant la baie de Rio de Janeiro, pourchasse les misérables, homosexuels, bisexuels, transgenres, tous mis au ban de la société.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43027151-35649339.jpg?v=1582391630" alt=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" title=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" />
     </div>
     <div>
      Lia Rodrigues, connue pour son engagement auprès des habitants de la favela de Maré - où sont nés certains de ses danseurs -, présente là un nouveau tableau vibrant des émotions de ceux que l'on voudrait faire taire.       <br />
              <br />
       Jair Bolsonaro, élu démocratiquement (sic), gouverne en tyran décomplexé, faisant montre d'un arbitraire défiant le simple entendement. &quot;Les policiers ont tiré d'un hélicoptère, comme si les gens qui vivent dans la favela étaient des animaux qu'ils chassent&quot;, dixit Lia Rodrigues sur France Culture, le 12 décembre 2018. Dès lors, la chorégraphe, engagée depuis 2003 dans ce bidonville de Rio, convoque ses armes à elle, la puissance de ses créations artistiques, pour projeter sur la scène l'insoupçonnable vitalité des parias.       <br />
              <br />
       Neuf danseuses et danseurs, habités par une frénésie les liant les uns aux autres pour ne former qu'un seul corps (é)mouvant, fusionnant, se déchirant, se rapprochant, se chevauchant pour dire les pulsions de vie inaliénable. Neuf sujets représentant à eux seuls la favela prise pour cible mais extraordinairement vivante. Accompagnée de percussions mêlées d'ahanements (ceux de leurs bourreaux éructant ou bien ceux émis par leur corps malmené ?) enflant d'intensité jusqu'à devenir hypnotiques tant leur répétition intensive n'offre aucune fuite, cette horde à la dérive nous éclabousse littéralement de couleurs et de sons explosifs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43027151-35649344.jpg?v=1582391660" alt=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" title=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" />
     </div>
     <div>
      D'abord hésitantes, sortant d'une épaisse nuit, les ombres se relèvent… Rien ne résiste alors à ses corps &quot;dé-chaînés&quot;. L'appétit sexuel, leur libido porteuse de la pulsion de vie, ne rencontre aucun tabou comme pour clamer la liberté que d'aucuns voudraient frapper du sceau de l'interdit. Les rapports des hommes et des femmes s'adonnant à toutes les combinaisons que les genres offrent, échappent à la normalisation d'une société bien-pensante, avide d'encadrer la sexualité comme elle dicte ses autres attendus afin de mettre sous le joug les populations les moins enclines à respecter &quot;l'ordre&quot;.       <br />
              <br />
       Rien jamais de vulgaire dans cette fureur vitale représentée de manière chorégraphiée, transcendant l'énergie sexuelle en force plastique, sans rien éluder de ce qui se joue là du désir à l'œuvre. Femmes et hommes exhibant fièrement leur sexe qu'ils revendiquent comme une force en eux, se livrant à des rapports de domination et soumission s'inversant à l'instant suivant. Visages contorsionnés exprimant la fureur ou la fierté, corps torturés ou triomphants.       <br />
              <br />
       Ainsi une superbe métisse aux seins nus chevauchera fièrement un homme blanc tiré au sol par deux autres femmes, trônant sur les jambes relevées de sa monture humaine alors qu'un serviteur noir tendra respectueusement au-dessus de sa tête hiératique un petit parasol. Parallèlement, un homme noir, cagoule &quot;rouge brésil&quot; sur la tête, s'assiéra majestueusement sur la croupe de deux femmes blanches à quatre pattes avant de se livrer sur lui-même à un acte sacrificiel. Des hommes relèveront leur robe pour faire danser hardiment leur sexe alors qu'un autre se roulera à terre en tenant entre ses mains son précieux attribut.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43027151-35649347.jpg?v=1582391693" alt=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" title=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" />
     </div>
     <div>
      Suite de tableaux dignes de peintres réalistes (déliés de tabou) quant aux sujets mis en scène, mâtinés de la touche des expressionnistes pour ce qui est de la violence subjective faisant irruption dans le traitement de la réalité, &quot;Fúria&quot; est une déferlante &quot;bruyante&quot; et haute en couleur, propre à engloutir les diktats de dominants tenants d'un ordre (im)moral.       <br />
              <br />
       Une fois encore, l'engagement artistique indéfectible de Lia Rodrigues et de ses danseuses et danseurs auprès des persécutés des favelas (cf. les pancartes brandies lors du salut final,  &quot;Qui a tué Marielle Franco ?&quot; assassinée par le pouvoir en place pour avoir dénoncé les violations des droits des jeunes noirs et des LGBTI) réveille en chacun la nécessité vitale de toutes luttes visant à affirmer les choix existentiels… quand bien même devrait-on en mourir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fúria"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/43027151-35649350.jpg?v=1582391720" alt=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" title=""Fúria" Corps "dé-chaînés" qu'aucune dictature ne pourra soumettre…" />
     </div>
     <div>
      Date de création : 2018.       <br />
       Chorégraphie : Lia Rodrigues.       <br />
       Assistante à la création :  Amalia Lima.       <br />
       Dramaturgie : Silvia Soter.       <br />
       Dansé et créé en étroite collaboration avec : Leonardo Nunes, Felipe Vian, Clara Cavalcante, Carolina Repetto, Valentina Fittipaldi, Andrey Silva, Karoll Silva, Larissa Lima, Ricardo Xavier.       <br />
       Collaboration artistique et images : Sammi Landweer.       <br />
       Lumière : Nicolas Boudier.       <br />
       Musique, morceaux de chants traditionnels de danses des Kanaks de Nouvelle-Calédonie.       <br />
              <br />
       <b>A été présenté au TnBA (Bordeaux), Grande salle Vitez, du 13 au 15 février 2020.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 et 15 mars 2020 :</span> T2G - CDN, Gennevilliers (92).       <br />
       20 mars 2020 : Théâtre Jean-Vilar, Vitry-sur-Seine (94)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Furia-Corps-de-chaines-qu-aucune-dictature-ne-pourra-soumettre_a2668.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité</title>
   <updated>2019-03-05T12:19:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Kanata-conjuguer-la-realite-et-l-illusion-et-faire-apparaitre-sous-l-apparence-et-la-fiction-le-reel-et-son-intimite_a2339.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/30487906-29089060.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-02-07T08:14:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Mais que sont devenus les Hurons, la Grande Forêt, les canoës ? Tous ces rêves de Canada des petits garçons et petites filles ? Quand Ariane Mnouchkine et Robert Lepage, avec les comédiens du Soleil, envisagent de monter un spectacle sur le Canada et son Histoire, personne n'imaginait l'hostilité, la violence des réactions qu'engendrerait là-bas ce projet*.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30487906-29089060.jpg?v=1549524796" alt=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" title=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" />
     </div>
     <div>
      Que l'ambition affichée de montrer le sort des Amérindiens dans le monde moderne aboutirait à une contestation brutale du droit à les représenter. Face aux insultes anonymes, forcément sur Internet, venant de tous les bords, la troupe du Soleil (dont les comédiens appartiennent au monde entier) a réagi de la meilleure façon. En montant le premier épisode de &quot;Kanata&quot; sur la controverse. La troupe intègre, intériorise tous les tenants de la querelle.       <br />
              <br />
       La pièce prend pour fil conducteur un couple de jeunes Français primo immigrants naïfs qui s'installant à Vancouver, découvrent les réalités cachées sous les cartes postales. Les rues sordides, la misère, la drogue, la prostitution, les Amérindiens déchus, le crime, l'impuissance d'une police, la déforestation, la disparition des traces du passé. Un melting-pot qui n'est qu'un agrégat de souffrances travaillées pourtant par l'instinct de survie et l'espoir de s'en sortir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30487906-29089090.jpg?v=1549524832" alt=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" title=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" />
     </div>
     <div>
      Robert Lepage met en œuvre tous les moyens de la scène et du jeu, avec simplicité et un souci d'évidence scénique. Sans excès mais avec profusion. Généreux. Tout l'Art et la Manière.       <br />
              <br />
       Le mur de lointain dans sa totalité est fermé par un voile légèrement flottant. C'est un écran de projection qui reçoit une image qui, imposant à la ligne d'horizon sa présence immatérielle, attribue à chaque scène son panorama et son échelle d'intimité. Les éléments de décor n'entravent pas l'action mais l'installent. La perception des lieux, la situation, les intentions sont immédiates. Les changements à vue précis, rapides, donnent à l'ensemble des scènes, jamais figées mais fixées en autant de tableaux, une manière haletante.       <br />
              <br />
       Ostensible, jamais saturé, le plateau nourrit le réalisme et l'illusion. Dans la texture ainsi composée, jamais rigide, mais fermement ajustée, le jeu a toute sa liberté. Les caractères et les fonctions sont affirmés, sans caricatures ni préjugés. La succession de situations compose un drame avec ses figures, ses destins inachevés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30487906-29089103.jpg?v=1549524873" alt=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" title=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" />
     </div>
     <div>
      La jeune française artiste peintre, son compagnon comédien, le documentariste, la bénévole d'action sociale, la policière, son collègue, le propriétaire de l'appartement, la jeune droguée et ses compagnes d'infortune, la mère adoptive de la jeune droguée, le tueur en série. Chacun est présenté dans sa singularité, perçu dans l'intensité de son intimité avec cette part comique discrète qui sous-tend toute tragédie.       <br />
              <br />
       Le spectateur rencontre des personnes. Pas des personnages, encore moins des archétypes, des personnes vues dans leur versant tragique, comique et onirique. Le théâtre du Soleil montre ainsi sans fards les exclus, les invisibles et les forces qui travaillent la société.       <br />
              <br />
       Dans cette remontée des bas fonds, le spectateur est happé par la beauté du Théâtre : sa manière bien à lui de conjuguer la réalité et l'illusion, sa manière de faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité. Ces souffrances communes à tous mais à chaque fois irréductibles et singulières, aussi cette forme de joie et de désir de beauté qui traverse toutes les civilisations. Qu'il convient de savoir peindre. La part d'humanité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30487906-29089124.jpg?v=1549524914" alt=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" title=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" />
     </div>
     <div>
      Face à ce concentré de vies le spectateur ressent, apprend, comprend, attend la suite, désire un happy end car toutes les forces de la vie sont réunies sous ses yeux dans ce premier épisode de &quot;Kanata&quot;.       <br />
              <br />
       De quoi nourrir les épisodes à venir.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Voir le site du Théâtre du Soleil. Les amérindiens ont connu jusqu'en 1996 une politique d'assimilation forcée avec des conséquences sociales, culturelles et sanitaires désastreuses. La blessure n'est manifestement pas cicatrisée…</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Kanata - Épisode I - La Controverse"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30487906-29089354.jpg?v=1549525828" alt=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" title=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" />
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      Spectacle en français et en anglais, surtitré en français.       <br />
       Mise en scène : Robert Lepage.       <br />
       Avec les comédiens du Théâtre du Soleil (voir distribution complète).       <br />
       Dramaturgie : Michel Nadeau.       <br />
       Direction artistique : Steve Blanchet.       <br />
       Scénographie et accessoires : Ariane Sauvé, avec Benjamin Bottinelli, David Buizard, Martin Claude, Pascal Gallepe, Kaveh Kishipour, Étienne Lemasson et l’aide de Judit Jancsó, Naweed Kohi, Thomas Verhaag, Clément Vernerey, Roland Zimmermann.       <br />
       Peintures et patines : Elena Antsiferova, Xevi Ribas, avec l’aide de Sylvie Le Vessier, Lola Seiler, Mylène Meignier.       <br />
       Lumières : Lucie Bazzo, avec Geoffroy Adragna, Lila Meynard.       <br />
       Musique : Ludovic Bonnier.       <br />
       Son : Yann Lemêtre, Thérèse Spirli, Marie-Jasmine Cocito       <br />
       Images et projection : Pedro Pires, avec Étienne Frayssinet, Antoine J. Chami, Vincent Sanjivy, Thomas Lampis, Gilles Quatreboeuf.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30487906-29089360.jpg?v=1549525870" alt=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" title=""Kanata" : conjuguer la réalité et l'illusion, et faire apparaître, sous l'apparence et la fiction, le réel et son intimité" />
     </div>
     <div>
      Surtitrage : Suzana Thomaz.       <br />
       Costumes : Marie-Hélène Bouvet, Nathalie Thomas, Annie Tran.       <br />
       Coiffures et perruque : Jean-Sébastien Merle.       <br />
       Souffleuse et professeure de diction : Françoise Berge.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucile Cocito.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 décembre 2018 au 31 mars 2019.</span>       <br />
       Du mercredi au vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h et 20 h, et, à partir du 5 janvier, à 15 h et à 20 h, dimanche à 13 h 30.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 au 31 mars :</span> vendredi à 19 h 30, samedi à 15 h et 20 h, dimanche à 13 h 30.       <br />
       Théâtre du Soleil, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 24 08.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 27 au 30 juin 2019 : Napoli Teatro Festival Italia, Naples (Italie).       <br />
       Du 12 au 16 juillet 2019 : Athens &amp; Epidaurus Festival, Athènes (Grèce).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Kanata-conjuguer-la-realite-et-l-illusion-et-faire-apparaitre-sous-l-apparence-et-la-fiction-le-reel-et-son-intimite_a2339.html" />
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