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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-07T06:02:43+02:00</updated>
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   <title>Jonas Kaufmann, The Puccini Album</title>
   <updated>2022-09-03T15:51:00+02:00</updated>
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   <category term="CédéDévédé" />
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   <published>2015-09-15T06:07:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Après Wagner et Verdi, le ténor allemand dédie un album entier à Giacomo Puccini, le plus grand compositeur italien de la deuxième partie du XIXe siècle. Avec seize extraits enregistrés à Rome, choisis parmi onze opéras du Maître né à Lucques, l'un des meilleurs chanteurs de son époque ouvre, à quarante-six ans, un nouveau chapitre passionnant de sa carrière.     <div>
      Jonas Kaufmann l'a dit et répété <span style="font-style:italic">(1)</span>, il ne veut pas être catalogué dans un univers musical et le succès ne doit pas être une prison. Il ne sera pas Werther ou Don José de toute éternité et c'est une nouvelle facette de son talent (qu'il a immense) qu'il veut présenter à son public.       <br />
              <br />
       C'est dans cet esprit que sort l‘album Puccini, compositeur qu'il admire pour la richesse de son écriture vocale et orchestrale, sa modernité. Ainsi, loin de l'album des débuts de la gloire présentant un programme composite d'airs et de compositeurs <span style="font-style:italic">(2)</span> - dont il ne veut plus -, il s'agit comme pour les deux précédents CD (consacrés à Wagner et Verdi) de souligner continuité et évolution d'inspiration et de création dans l'œuvre d'une vie.        <br />
              <br />
       Comment se répondent et se développent idées et métier dans des opéras tous excellents, des débuts en 1884 avec &quot;Le Villi&quot; au dernier inachevé à la mort du compositeur en 1924 &quot;Turandot&quot; -, ce dernier au carrefour ambigu d'un art déjà ancien (celui du grand opéra) et d'une écriture harmonique parfois d'avant-garde, témoignant de sa connaissance de Wagner et de Schoenberg. Puccini était allé écouter le &quot;Pierrot lunaire&quot; de ce dernier pendant sa composition. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le choix de présenter d'abord quatre airs de &quot;Manon Lescaut&quot; (1893) - qui se taille donc la part du lion dans le CD -, puis de chanter de un à deux extraits d'opéras chronologiquement présentés répond bien-sûr à ce vœu de révéler un cheminement. Les deux airs d'un opéra de 1910, qui connut longtemps un relatif purgatoire, &quot;La Fanciulla del West&quot;, se retrouvent ainsi quasiment au milieu de l'album aux pistes dix et onze afin d'en mieux récapituler les richesses. Tel cet incroyable air d'adieu de l'acte III au moment où Dick Johnson va être pendu.       <br />
              <br />
       Le ténor, fameux pour sa voix au grain de ténèbres et son timbre incisif comme pour sa capacité formidable d'engagement dramatique, s'est donc tout naturellement coulé dans l'univers de Puccini, ce grand maître de l'expression lyrique. Il chante Mario Cavaradossi et Des Grieux sur scène depuis un moment. Mais des engagements futurs se dessinent ici : il sera le Calaf de &quot;Turandot&quot; dans quelques années <span style="font-style:italic">(1)</span>. Ses qualités de phrasé, d'articulation et les prestiges de sa ligne de chant sont proverbiaux.        <br />
              <br />
       Mais la voix a naturellement évolué dans le bronze d'une bravoure à toute épreuve, d'une carnation plus héroïque, capable encore des ténuités magiques qu'on lui connaît déjà pour exprimer les abîmes de l'amour avec une parfaite intelligence du texte (&quot;Ah ! Manon mi tradisce&quot;), ses tourments (avec cette fort belle page de &quot;Le Villi&quot; et son douloureux &quot;Torna ai felici di&quot;), ses aveux (à Minnie dans &quot;La Fanciulla&quot;) ; mais aussi la folie, la détermination casse-gueule dans l'Everest que constituent les deux grands airs de Calaf aux actes I et III - dont ce &quot;Nessun dorma&quot; (sous-titre du CD) -, magistraux tant techniquement qu'émotionnellement.       <br />
              <br />
       Le disque recèle d'autres trésors comme la superbe lamentation révoltée du déchargeur de &quot;Il Tabarro&quot; (1918 - un des opéras en un acte choisis ici, extraits du &quot;Triptyque&quot; avec &quot;Gianni Schicchi&quot;) et ce &quot;Recondita armonia&quot; de l'acte I de &quot;Tosca&quot; (1900), véritable hommage autotélique aux &quot;contrastes magnifiques&quot; de la voix du ténor. Seule interrogation : pourquoi Jonas Kaufmann n'a-t-il pas gravé le sublime &quot;E lucevan le stelle&quot; de l'acte III de &quot;Tosca&quot; ?       <br />
              <br />
       Enregistré avec l'orchestre et le chœur de l'Accademia nazionale di Santa Cecilia sous la direction du complice de toujours (et chef principal de l'orchestre) Antonio Pappano - impeccable -, cet opus fiévreux et capiteux séduit, enchante, bouleverse. Du grand art.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Notes :       <br />
       (1) Conférence de presse du 9/08/2015 aux Chorégies d'Orange.       <br />
       (2) CD &quot;Mozart, Schubert, Beethoven, Wagner&quot; chez Decca.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8258192-12914193.jpg?v=1442139697" alt="Jonas Kaufmann, The Puccini Album" title="Jonas Kaufmann, The Puccini Album" />
     </div>
     <div>
      <b>● Jonas Kaufmann &quot;Nessun dorma - The Puccini Album&quot;.</b>       <br />
       Jonas Kaufmann, ténor.       <br />
       Antonio Pappano, direction.       <br />
       Orchestre et Chœur de l'Accademia nazionale di Santa Cecilia.       <br />
       Sortie : 11 septembre 2015.       <br />
       Label et distribution : Sony Classical.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Récital Puccini le 29 octobre 2015.</span>       <br />
       Théâtre des Champs-Elysées, 01 49 52 50 50.       <br />
       15, avenue Montaigne, Paris 8e.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatrechampselysees.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatrechampselysees.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée, concerts, opéras :</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.jonaskaufmann.com/start/" target="_blank">&gt;&gt; jonaskaufmann.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines</title>
   <updated>2015-08-12T12:33:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Teatro-a-Corte-Un-ecrin-pour-les-petites-formes-theatrales-contemporaines_a1418.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/8131083-12685001.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-08-12T10:59:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le festival Teatro a Corte, en relation avec l'exposition de Milan consacré à la nourriture et au gaspillage des ressources, n'avait pas de caractère boulimique, ne versait pas dans un excès de spectaculaire, faisait fi d'une jouissance hédoniste et goinfre. C'est dans la simplicité que les spectacles proposés ont dialogué entre eux et conversé avec le cadre apaisé dans lequel ils se sont insérés. Le spectateur y trouve alors un fort taux de valeur ajoutée artistique riche en émotions intimes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8131083-12685001.jpg?v=1439371973" alt="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" title="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" />
     </div>
     <div>
      Voir ce qui n'est plus vu. Retrouver le goût. De glissements en glissements, le spectateur est invité à refuser le mensonge, trouver la bonne mesure, la bonne distance, repérer le ressort de vitalité. De retrouver le sens du bâton et de la caresse puis, par un tour de main, de l'émerveillement. Comme un redécouverte du jeu de Colin-Maillard. Comme une redécouverte amoureuse d'une cuisine traditionnelle. Comme la recherche dans le domaine de la représentation d'une métaphore et non d'une allégorie.       <br />
              <br />
       Le spectacle &quot;Mas-Sacré&quot; appelle à un ressaisissement devant la perte du sentiment d'humanité. Il dénonce avec véhémence et sarcasme la démesure et les mensonges du marketing alimentaire. La montée de nausée et d'écœurement n'est pas loin. Au risque pour les acteurs de leur propre obscénité.       <br />
              <br />
       La confrontation des archétypes du clown de supermarché, de la nymphe de la publicité à l'image des coulisses de l'industrie de l'élevage et de l'abattage animal est brutale et crue. Elle est édifiante. Les comportements sadiques ou bien infantiles qui découlent de ces imageries révèlent bien un malaise propre à la condition de l'Homme dans ses relations au vivant et à sa propre conscience.*
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8131083-12685012.jpg?v=1439372480" alt="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" title="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" />
     </div>
     <div>
      Une fois le débat ainsi posé dans une forme de violence, le spectateur, qui s'était rendu dans les jardins du château des anciennes chasses royale &quot;Venaria Reale&quot; pour assister au spectacle &quot;Il falso convitto&quot;, a emprunté en douceur un petit train fantôme conçu par Alice Delorenzi et se déplace dans le jardin, de salles sèches en salles sèches, entre deux murs de charmilles.       <br />
              <br />
       Usant des subterfuges de la machine théâtrale à vue, de l'opéra et de la marionnette, le parcours se révèle ludique et pédagogique, interpelle le spectateur pour mieux lui révéler avec humour les questions qui taraudent la société face à son gaspillage d'énergie.       <br />
              <br />
       Mais pourquoi faut-il que nos bifteck fassent tant de kilomètres et usent tant de litres de pétrole pour arriver dans notre estomac ? Pourquoi enfermons-nous l'élément des nuages le plus léger, le plus limpide, le plus pur, l'eau, dans des bidons de plastic alors que nos publicités vantent sa liberté cascadante ? En renouant avec l'art de la dissimulation et de l'illusion qui caractérise les jardins à la française, la réflexion sur la bonne adéquation avance et se pose en raison.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8131083-12685064.jpg?v=1439372752" alt="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" title="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" />
     </div>
     <div>
      Lorsque les deux personnages de &quot;Pleurage et Scintillement&quot;, la servante du bar (Julia Christ) et le dernier client (Jean-Baptiste André), ressentent un même désir de rencontre mais ne parviennent pas à se rencontrer en dépit de leurs efforts, c'est que le désir ne trouve pas le bon objet. Tout le savoir-faire circassien, les figures de hip hop, les danses de salons, les chutes burlesques avec leurs ressorts comiques composent une chorégraphie fluide qui ne parvient pas à transcender un constat de la solitude. Comme un désir à partager qui ne trouve pas ses voies. De l'impossibilité d'une île. En rade.       <br />
              <br />
       Quelque temps plus tard avec &quot;Se voir&quot;, le même Jean-Baptiste André, beaucoup plus loin dans un château inachevé (celui de Rivoli), dans un ailleurs de corridor, recherche la mesure de son corps et de ses sentiments dans une vidéo en direct. Absent, présent à la scène.       <br />
              <br />
       En revanche, sur le même sentiment de désenchantement et de vide, Sol pico dans &quot;One Hit Wonders&quot; oppose l'ardeur de sa danse à la fois vitale et sublimée au déclin qui lui est annoncé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8131083-12685090.jpg?v=1439372959" alt="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" title="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" />
     </div>
     <div>
      En revisitant toute sa carrière espagnole avec humour, son flamenco devient céleste, sa danse classique, dont elle se moque pour la torture quelle inflige aux pieds (ses chaussons sont bien rouges), peut devenir triviale.       <br />
              <br />
       Toute technique maitrisée est oubliée, le spectateur goûte l'évidence de son instant. La danseuse enflamme la scène.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Art of Mlovement&quot;, quand le spectateur ajuste sur son nez des lunettes stéréoscopiques, c'est pour mieux relier les mondes. Opposant hologramme et danse réelle, le spectacle recrée les conditions de l'étonnement face au miroir, installe un tableau esthétique, met en œuvre le mystère de l'être et de son ombre. Dans la coulure d'encre de ses éclairages d'aquarelles se découvre le rêve d'un idéogramme.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Origami&quot;, un objet industriel banal est métamorphosé. Un de ces conteneurs qui traversent les océans chargé de tous les produits du monde blanc s'ouvre et se déploie, dévoile une funambule (Satchi Noro) frêle et forte et précise. Et la force s'unit à la fragilité, la pesanteur à la légèreté et, par les liens bien visibles des agrès, le conteneur devient voilier. Elle devient danseuse, éblouissante et gracieuse. Comme une sirène. Une figure de proue qui danse à la crête de vagues. Légère comme un origami, métaphore riche de tous les rêves.       <br />
              <br />
       Teatro a Corte s'est déroulé à Turin, cité à la théâtralité démesurée dont l'urbanisme est fait pour des délires de parade et de cavalcade, dans des sites historiques et panoramas de son pourtour, patrimoine de l'humanité. Les petites formes de théâtre contemporain y sont comme bijoux enchâssés.       <br />
              <br />
       Révérence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8131083-12685211.jpg?v=1439373813" alt="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" title="Teatro a Corte... Un écrin pour les petites formes théâtrales contemporaines" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">*Il est vrai que cette semaine-là, le lion Cecil devenait à la fois un trophée de chasse et un jouet en peluche, la réalité de l'obscénite.</span>       <br />
              <br />
       <b>Festival Teatro a Corte</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A eu lieu du 16 juillet au 2 août 2015.</span>       <br />
       Sur trois week-end : 16 au 19 juillet, 23 au 26 juillet, 30 juillet au 2 août.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.youtube.com/user/fondazionetpe/videos" target="_blank">&gt;&gt; Les vidéos de l'édition 2015.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Teatro-a-Corte-Un-ecrin-pour-les-petites-formes-theatrales-contemporaines_a1418.html" />
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   <title>Teatro a Corte... Saveurs dans les maisons des Savoie</title>
   <updated>2015-08-07T19:27:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Teatro-a-Corte-Saveurs-dans-les-maisons-des-Savoie_a1417.html</id>
   <category term="Festivals" />
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   <published>2015-08-07T17:35:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Teatro a Corte" à Turin était cette année relié à l’exposition de Milan consacrée à la nourriture dans une économie mondialisée soutenable et durable. À sa manière sobre et efficace, ce festival a questionné les différentes formes théatrales contemporaines et leurs revendications artistiques. Autant le dire tout de suite, le spectateur, dans les nourritures de l’esprit et du corps qui lui était proposées, a trouvé la satiété.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8115681-12657217.jpg?v=1438965439" alt="Teatro a Corte... Saveurs dans les maisons des Savoie" title="Teatro a Corte... Saveurs dans les maisons des Savoie" />
     </div>
     <div>
      C’est ainsi que la performance du canadien berlinois Kenji Ouellet, revenu du monde multimédia, revisite &quot;Le Sacre du Printemps&quot; dans &quot;Le Sacre du Printemps : a haptic rite&quot; donné pour quelques &quot;happy few&quot;. La prestation est tout à fait représentative du programme concocté par Beppe Navello et son équipe.       <br />
              <br />
       La chorégraphie interprétée par quatre danseurs dans une dimension minimaliste et radicale, pour quatre témoins aux yeux bandés, prend le corps de chaque spectateur pour objet et sujet de théâtre. Ni thérapeutique, ni érotique, dans la bonne distance et le rythme, la danse fait du toucher le prolongement de l’attitude.       <br />
              <br />
       Comme en un songe éveillé, elle met en œuvre une dimension oubliée : celle du tact. Le spectateur, dans une expérience personnelle et singulière, accueille des sensations extérieures dans une disponibilité et une liberté totale, se trouve surpris et pris au piège délicieux d’une cécité éclairée et tactile. Le spectateur fait sa propre synthèse, découvre un art haptique et consacre avec le danseur comme l’éveil d’un nouveau printemps.       <br />
              <br />
       Mais peut-on encore parler de spectateur quand le corps et la conscience se trouvent ainsi pris à rebours du règne du regard ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8115681-12657385.jpg?v=1438966740" alt="Teatro a Corte... Saveurs dans les maisons des Savoie" title="Teatro a Corte... Saveurs dans les maisons des Savoie" />
     </div>
     <div>
      Le festival de cette année œuvrait pour redonner le goût des sensations, rééquilibrer les sens, redonner du frisson. À l’instar des plaisirs de la table qui savent faire taire le goût des mots le temps d’un humage, d’une délectation, d’une succulence. Le spectateur est invité à modifier son regard et accepter des émotions.       <br />
              <br />
       D’ailleurs faut-il parler de spectateur ? De spect-acteur ? De spec-tacteur, de spec-tactés ? Ne faut-il pas plutôt rechercher pour les arts visuels l’équivalent des mots de convives et d’invités courant dans le domaine de la nourriture ?       <br />
              <br />
       C’est ce que suggère, <span style="font-style:italic">mezzo voce</span>, Beppe Navello quand il propose le rapprochement classique mais toujours renouvelé du théâtre et de la cuisine. Quand il présente dans &quot;Variazoni conviviali&quot; l’art et la manière du chef cuisinier Ugo Alciati* qui maîtrise <span style="font-style:italic">&quot;a sua fassone&quot;</span> les recettes traditionnelles, place le goût des choses simples au rang d’une gastronomie non ostentatoire. Qui recherche un objet de plaisir qui fait fi du fatras des mots et des superlatifs, qui fait d’un œuf poché, d’une viande crue hachée, d’un dessert au lait, une cuisine d’amour.       <br />
              <br />
       C’est ce fil métaphoro-métonymique que le festival a suivi dans une grande cohérence de programmation.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">*Un des onze chefs ambassadeurs de l’expo 2015 de Milan.</span>       <br />
              <br />
       <b>Festival Teatro a Corte</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A eu lieu du 16 juillet au 2 août 2015.</span>       <br />
       Sur trois week-end : 16 au 19 juillet, 23 au 26 juillet, 30 juillet au 2 août.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.youtube.com/user/fondazionetpe/videos" target="_blank">&gt;&gt; Les vidéos de l'édition 2015.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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