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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-14T00:06:53+02:00</updated>
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   <title>"Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes</title>
   <updated>2026-02-17T16:27:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Balle-de-match-Recit-d-une-bataille-des-sexes-ou-comment-une-confrontation-sportive-devint-une-etape-fondatrice-dans-l_a4481.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-02-17T14:16:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
20 septembre 1973, Billie Jean King, championne détentrice de 39 titres du Grand Chelem, bat en deux sets Bobby King, ancien n°1 mondial, à l'Astrodome de Houston (Texas). C'est ainsi la rencontre d'une figure active du féminisme américain, s'inscrivant dans les mouvements générés par la deuxième vague du féminisme apparue à la fin des années soixante dans le monde occidental, et d'un tennisman à la retraite, exhibitionniste sportif, misogyne invétéré, portrait type macho à l'état brut dont la vocation est de remettre les femmes à leur place… c'est-à-dire, selon les phallocrates de tous pays, dans la cuisine, au ménage, à la "fabrication" et à l'élevage des enfants !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94558522-65998296.jpg?v=1771334438" alt=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" title=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" />
     </div>
     <div>
      Si #metoo, du fait de l'actualité, tire un peu la couverture à lui (à juste titre), le féminisme prend en réalité ses racines, il y a plusieurs décennies, dans les actions et les plaidoyers de femmes qui osèrent affronter le pouvoir masculin en place et s'attaquer à des fondements de la société machiste pour l'obtention, à l'époque, de l'égalité salariale, la fin de la guerre au Vietnam, l'émancipation politique, etc. Liste non exhaustive, bien sûr, puisque ce n'était qu'un début… ou plus exactement la suite de la première vague (fin XIXᵉ aux années trente)<span style="font-style:italic">(1)</span> axée, elle, autour des droits civils et civiques… droit de vote, égalité juridique… période marquée par le combat des suffragettes !       <br />
              <br />
       La seconde vague débute dans les années soixante où de nombreuses féministes entendent renverser l'oppression patriarcale, revendiquant ainsi l'égalité sociale (égalité de salaire, droit à un compte bancaire, droit à une éducation égale) et luttant pour obtenir le droit des femmes à disposer de leurs corps (&quot;droit de contrôler leur utérus&quot; et médiatisation autour des violences patriarcales). Pour mémoire, parmi les événements marquants… retenons en 1961, le &quot;Women Strike for peace and liberty&quot; qui rassemble plus de 50 000 femmes dans soixante villes des États-Unis. Cette mobilisation est considérée comme la plus importante manifestation nationale des femmes pour la paix au XXᵉ siècle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94558522-65998304.jpg?v=1771334516" alt=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" title=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" />
     </div>
     <div>
      Suivront la création de la National Organization for women (NOW) en 1966 – dont l'un des combats fut contre la discrimination à l'emploi –, du Women's Lib, du NARAL (droit à l'avortement pour toutes) devenu la Reproductive Freedom for All… et bien d'autres nouvelles organisations et événements dans le monde entier. Côté sport, c'est dans le foot et le tennis où cela commence à prendre forme. En 68, c'est à Reims qu'est créée la première équipe de footballeuses professionnelles… <a class="link" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Feminines-Le-foot-en-version-feminine-pour-une-etonnante-aventure-humaine_a3501.html" target="_blank">voir &quot;Féminines&quot; de Pauline Bureau</a>. Pour le tennis, tout va se jouer avec la rencontre historique entre Billie Jean King et Bobby Riggs, connue sous le nom de &quot;Guerre des sexes&quot;, qui représenta un enjeu incroyable pour l'égalité dans le sport.       <br />
              <br />
       C'est de cette &quot;Battle of the sexes&quot;, événement exceptionnel qui a bouleversé le sport féminin et la société américaine, dont nous parle Léa Girardet dans sa nouvelle pièce. Elle y adjoint, dans la même temporalité, la vie d'un bureau de surveillance secret<span style="font-style:italic">(2)</span> chargé de répertorier toutes les actions féministes susceptibles de provoquer une guerre des sexes. Entremêlant théâtre documentaire et science-fiction, &quot;Balle de match&quot; est le dernier volet d'une trilogie sportive, après &quot;Le syndrome du banc de touche&quot; et &quot;Libre arbitre&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94558522-66001203.jpg?v=1771339895" alt=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" title=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" />
     </div>
     <div>
      Ici, l'autrice nous propose un récit à double-face. D'un côté, un bureau dans lequel le fonctionnaire répertoriant tous les actes supposés féministes frise le ridicule, le clownesque, tout en apparaissant un peu gauche face à l'arrivée d'une jeune et jolie collègue. De l'autre, des lieux imprécis où Billie Jean et Bobby se confrontent, principalement verbalement, où l'on assiste aussi à des discussions téléphoniques avec le président des États-Unis (Nixon en l'occurrence) qui donnent la température de ce que l'Amérique ressentait, craignait à ce moment-là, appréhendant déjà tous les bouleversements pouvant naître du fait de l'avancée de l'émancipation des femmes.       <br />
              <br />
       &quot;Balle de match&quot; est une petite forme (1 h 10) bien ficelée entre théâtre documentaire (bien documenté) et pièce de café-théâtre (par la légèreté, la dose de burlesque et la fluidité des répliques) un rien déjanté. Léa Girardet évite la facilité d'un conflit ouvert, bagarreur, entre les deux protagonistes. Dans cette mise en scène bien séquencée, sans temps mort, où chaque scène est clairement identifiable (celles se déroulant dans le bureau de surveillance et celles concernant les échanges entre Billie et Bobby), comédienne et comédien (Flore Babled et Julien Storini) arrivent bien à dissocier leurs personnages (usant avec talent d'une palette émotionnelle variée), avec souvent une pointe d'humour savamment dosée côté &quot;fonctionnaires&quot; et une forme de complicité batailleuse intelligente entre la féministe (toujours combative) et le machiste, souvent caricaturale, voire ayant une tendance à &quot;s'auto-caricaturer&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94558522-66001289.jpg?v=1771339932" alt=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" title=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" />
     </div>
     <div>
      Finalement, l'autrice et metteuse en scène réussit à faire du passé un récit présent qui met en lumière l'importance que peut avoir une véritable reconnaissance des athlètes féminines. Sous des apparences de divertissement (appuyé par de sérieuses recherches documentaires), Léa Girardet parle d'un machisme décomplexé qui, aujourd'hui, se réfugie sous la bannière du masculinisme et met en péril les acquis obtenus grâce aux luttes féministes de ces dernières décennies.       <br />
              <br />
       Cela est d'autant plus flagrant avec les dernières élections américaines qui incitent à une violence confrontation genrée entre le mouvement #MeToo et les discours réactionnaires &quot;masculinistes&quot;. Même si nous avons connu des avancées féministes majeures, celles-ci sont de plus en plus fragilisées. N'oublions pas qu'aujourd'hui, en 2026, on assiste à de violents &quot;retours de bâton&quot; comme la remise en question du droit à l’avortement aux États-Unis.        <br />
       &quot;Balle de match&quot; nous rappelle l'importance de ne jamais baisser les bras et de jouer tous les revers de l'adversaire !       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Malgré quelques précurseuses (Christine de Pisan au XIVᵉ siècle, Marie de Gournay au XVIᵉ, Olympe de Gouges au XVIIIᵉ, etc.), on ne peut parler de &quot;vague&quot; qu'à partir de la révolution industrielle du XIXᵉ siècle.       <br />
       (2) 1 377 pages de documents publiés par le FBI en février 1977 révèlent un espionnage massif contre le mouvement féministe depuis la fin des années soixante.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Balle de match"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94558522-66001298.jpg?v=1771339962" alt=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" title=""Balle de match" Récit d'une bataille des sexes ou comment une confrontation sportive devint une étape fondatrice dans l'émancipation des femmes" />
     </div>
     <div>
      Conception et texte : Léa Girardet.       <br />
       Mise en scène : Léa Girardet.       <br />
       Assistante mise en scène : Clara Mayer.       <br />
       Avec : Julien Storini et Flore Babled.       <br />
       Collaboration artistique et dramaturgie : Gaia Singer.       <br />
       Scénographie : Aurélie Lemaignen.       <br />
       Son : Lucas Lelièvre.       <br />
       Lumières : Claire Gondrexon.       <br />
       Costumes : Floriane Gaudin.       <br />
       Régie générale &amp; lumière : Emma Schler ou Titiane Barthel ou Rose Harel.       <br />
       Régie son &amp; vidéo : Nicolas Maisse ou Théo Lavirotte.       <br />
       Production Le Grand Chelem.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">13 et 24 février 2026 :</span> Théâtre Le Reflet, Vevey (Suisse).       <br />
       <span class="fluo_jaune">10 mars 2026 :</span> Espace Sarah Bernhardt (avec PIVO - Scène       <br />
       Conventionnée), Goussainville (95).       <br />
       11 mars 2026 : Théâtre Victor Hugo (avec le Théâtre des Sources de Fontenay-aux-Roses), Bagneux (92).       <br />
       12 mars 2026 : Centre culturel Jean Vilar, Champigny-sur-Marne (94).       <br />
       1ᵉʳ avril 2026 : Espace culturel Robert Doisneau, Meudon (92).       <br />
       28 avril 2026 : TCM, Charleville-Mézières (08).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Balle-de-match-Recit-d-une-bataille-des-sexes-ou-comment-une-confrontation-sportive-devint-une-etape-fondatrice-dans-l_a4481.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude</title>
   <updated>2026-01-07T13:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Duras-Platini-Morceau-d-anthologie-culturelle-d-ou-se-degage-subtilement-une-idee-de-la-solitude_a4445.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93560289-65365585.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-07T08:43:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Décembre 1987. La célèbre romancière, Marguerite Duras reçoit Michel Platini, le non moins célèbre joueur de football, champion d'Europe, dans les bureaux du journal "Libé" lors d'un entretien de plus d'une heure. Ils échangent, digressent, s'appréhendent, se découvrent, parlent de football, de littérature, d'Italie, du drame du Heysel et… d'angélisme. Convoquée sur scène, la parole de ces deux monstres sacrés vient croiser les fantasmes de l'acteur et de l'actrice qui s'en emparent et rejouent le match.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93560289-65365585.jpg?v=1700510859" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas la première fois que ce célèbre entretien &quot;Duras-Platini&quot; est adapté au théâtre. On peut avoir entendu parler de l'adaptation par Guy Naigeon au Nouveau Théâtre du 8e à Lyon, il y a plusieurs années, ou encore de celle de Mohamed El Khatib, au Studio 118 de la Maison de la Radio en 2019 avec Anne Brochet et Laurent Poitrenaux. Et peut-être d'autres encore que nous ignorons…       <br />
              <br />
       Michel Platini est face à la célèbre romancière qu'il ne connaît pas et dont il n'a jamais entendu parler ! Il vient de prendre sa retraite et, à cette occasion, a sorti un livre sur sa carrière, &quot;Ma vie comme un match&quot;.       <br />
              <br />
       Mais, au terme de cette interview qu'il a acceptée – parce que, dira-t-il, il aime être interrogé par des personnes qui ne s'y connaissent pas en foot –, il dira que cette heure passée avec Duras a été bien plus dure que n'importe quel match de sa carrière (sic).       <br />
              <br />
       La confrontation de ces deux monstres sacrés a pu interpeller, peut-être même faire sourire, et on peut se demander, surtout, ce qui a bien pu pousser la célèbre romancière qui vient de publier &quot;L'Amant&quot;, à interroger ainsi un joueur de football, aussi célèbre soit-il ! Après Michel Platini, Duras convoquera François Mitterrand…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93560289-65365586.jpg?v=1700510900" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Cette fois-ci, dans cette salle &quot;Marie Curie&quot; de la Reine Blanche, ce sont une comédienne et un comédien qui s'y collent. Neil-Adam Mohammedi, né en 1997 à Montréal, qui, avant de rentrer au CNSAD, a fait partie de la saison 4 de 1er Acte, ce qui lui a permis de rencontrer Stanislas Nordey, Anne Mercier et Olivier Py. Passionné d'écriture, de voyages et de fictions (tous genres confondus), Neil-Adam a déjà écrit trois pièces et plusieurs scénarios.       <br />
              <br />
       Je me souviens du jeune élève Neil, en classe de 4e au Collège Maréchal Leclerc de Puteaux, il y a plusieurs années. Un peu secret et réservé, à la limite d'une certaine suffisance, mais somme toute très subjective, quelque chose en lui m'interpellait déjà, mais j'étais loin d'imaginer un jour qu'il afficherait autant de prestance et de charisme sur un plateau de théâtre… Même si quelque chose en mon for intérieur me faisait croire qu'il aurait un bel avenir sans savoir encore lequel, forcément !       <br />
              <br />
       Gageons que Michel Platini, dans cette adaptation ô combien émouvante de l'entretien, serait fier de l'incarnation qui est portée ici par ce jeune talent ambitieux. Le spectacle débute par une parole nette et captivante qu'il interprète de façon très convaincante en reprenant intégralement les premières pages du livre autobiographique de Platini. C'est empreint d'une grande tendresse et dès les premiers instants, le comédien parvient à captiver l'attention des spectateurs.       <br />
              <br />
       &quot;Il y a quelque chose en lui de Platini &quot;… Ce ne sont pas les paroles de la chanson bien connue, mais c'est la réalité. Brun, aux cheveux ondulés et au regard noir perçant, Neil-Adam a incontestablement quelque chose de Michel Platini et, dans son interprétation, les mots sonnent fort justement, sans failles. L'incongruité dont on a pu parler autour de cette interview qui, au bout du compte, se révèle être davantage un entretien, est ici rapidement balayée grâce à l'interprétation des acteurs et actrices. Il suffit d'assister à la représentation pour balayer cette idée préconçue. Ces deux intelligences si différentes furent finalement en totale union et complicité, et les interprètes, appuyés(es) par la scénographie, le restituent bien joliment.       <br />
              <br />
       Neil-Adam Mohammedi campe parfaitement un Platini peu impressionné par la célèbre femme de lettres. Il ne la connaît pas et n'a donc aucune raison d'être impressionné ! Le comédien parvient, par moments, à convoquer de façon subtile un détachement apparent qui cache un grand professionnalisme. Un moment de bravoure particulier apparaît lorsqu'il énumère brillamment les différents trophées remportés par Platini, chacun accompagné de leurs années respectives !       <br />
              <br />
       Cyrielle Rayet, quant à elle, porte la parole de Marguerite Duras. De son côté, rien de son physique ne rappelle celui de la célèbre romancière. Silhouette fine aux longs cheveux auburns, elle parvient, elle aussi, à marquer de nombreux buts avec élégance, dans la retranscription des paroles prononcées par Duras grâce à une gestuelle calibrée et fluide qui apporte au texte quelque chose de presque hypnotique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93560289-65365587.jpg?v=1700511432" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Née à Albi, c'est au cours Florent qu'elle rencontre Simon Eli Galibert avec qui elle travaillera sur plusieurs créations, ainsi que Laure Marion. À ses côtés, elle crée le Collectif Louves avec neuf autres comédiennes. En 2015, elle intègre le TNB où elle explore et développe une recherche autour de la corporalité.       <br />
              <br />
       La jeunesse de ces deux interprètes confère à ce spectacle quelque chose d'intemporel, porté par des propos forts, justement mis en valeur et ingénieusement scénographiés par la jeune metteuse en scène et comédienne, Barbara Chenu, à la tête de la Compagnie Sochin. L'idée de placer le public face à face, sur des bancs en bois comme sur des gradins, est pertinente et, pour peu qu'on n'ait jamais assisté à un match de foot de notre vie, on se sent immédiatement projeté dans un stade. Le bruit et les hurlements en moins.       <br />
              <br />
       Un carré de pelouse synthétique semblable à un tatami de karaté trône au milieu du plateau et autour de lui, des dalles encastrables en mousse rouges et bleues évoquent subtilement le terrain de foot. C'est sur cet espace que les deux partenaires vont évoluer de façon juste et élégante.       <br />
       Louis Ripault, à l'intelligente dramaturgie, nous faire revivre ce morceau d'anthologie culturel français, duquel se dégage aussi, de façon nette et récurrente, l'idée de solitude, pour peu qu'on tende bien l'oreille… Tant du côté de Duras que de Platini.       <br />
              <br />
       On peut donc être célèbre, adulé, au firmament de la gloire, et n'en rester pas moins profondément humain avec tout ce que cela signifie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Duras-Platini Son match le plus dur"</b></div>
     <div>
      Texte : d'après l'interview des 14 et 15 décembre 1987 publiée dans Libération.       <br />
       Mise en scène : Barbara Chanut.       <br />
       Avec : Neil-Adam Mohammedi, Cyrielle Rayet et la présence de Liza Lamy, Barbara Chanut.       <br />
       Dramaturgie : Louis Ripault.       <br />
       Création lumière : Clément Balcon, Rose Bienvenu.       <br />
       Création sonore : Liza Lamy.       <br />
       Conseils costumes : Lucie Duranteau.       <br />
       Production : Compagnie Sochin.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 18 janvier 2026.</span>       <br />
       Mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de la Reine Blanche - Scène des Arts et des Sciences, Salle Marie Curie, Paris 18ᵉ, 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0564/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0564&amp;EventId=512&amp;request=QcE+w0WHSuAkSQcRYa88s8uxfI7h/xpc1b0LTbEbAlqT+J3q2Q8v55U5MyVvs2rtZ7E/PSG/FKo=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Duras-Platini-Morceau-d-anthologie-culturelle-d-ou-se-degage-subtilement-une-idee-de-la-solitude_a4445.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !</title>
   <updated>2024-05-21T16:46:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-feminines-droles-professionnelles-et-feministes-_a3911.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80422947-58051744.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-05-21T16:14:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
D'une histoire vraie qui a eu lieu en 1968, Pauline Bureau a écrit et met en scène une pièce dans laquelle le football féminin est mis à l'honneur. Aujourd'hui, le fait est acquis, il a gagné ses lettres de noblesse, même si, par rapport aux hommes, les enjeux et l'attention médiatique sont sans aucune commune mesure. C'est en revenant à ses origines que "Féminines" décrypte une époque avec son sexisme et son machisme en nous le replaçant dans un cadre des plus humoristiques.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58051744.jpg?v=1716302363" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      Lumière sur une scénographie découpée en deux parties avec, au premier étage d'un bâtiment, de grosses lettres lumineuses &quot;Entreprise Gravix&quot; ornées au fronton. Derrière celles-ci, se trouvent trois établis sur lesquels trois femmes travaillent à la chaîne. Au rez-de-chaussée se situe une salle qui va devenir un vestiaire avec un entraîneur (Nicolas Chupin) et son adjoint (Yann Burlot). Durant toute la représentation sont projetés les entraînements et les matchs sur un écran en lieu et place des établis et des grosses lettres lumineuses du bâtiment. Nous sommes ainsi dans trois lieux différents de la ville de Reims, l'usine, le stade et aussi, le temps d'une scène, la chambre à coucher d'une joueuse, ouvrière aussi de son état.       <br />
              <br />
       Nous sommes en 1968. La date n'est pas choisie au hasard, car elle est celle, réelle, d'une aventure qui a démarré à Reims avec une équipe de footballeuses qui s'est montée dans le cadre d'une première partie d'une représentation, qui devait divertir les foules comme celle de l'année précédente avec un combat de nains. Sauf que leur maîtrise a fait qu'elles sont devenues les ambassadrices du football féminin en allant dans tout l'Hexagone, en faisant des émules et engendrant un début d'adoption dans les esprits.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58051748.jpg?v=1716302402" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      Ce qui est mis en avant, et qu'on ne peut oublier, est qu'en 1968, la femme était considérée comme inégale à l'homme d'un point de vue politique et social. Dans le foyer familial, elle était estimée comme mineure par rapport à son mari qui, de son côté, était considéré comme le chef de famille exclusif. Elle avait pour destinée, celle de devenir une épouse et une mère.       <br />
              <br />
       La fable rend compte de l'état d'esprit d'une époque, par le biais de l'humour, de l'inégalité de la femme par rapport à l'homme même si, encore aujourd'hui malheureusement, de fortes inégalités subsistent. Se dessinent donc ce machisme et ce sexisme, monnaies courantes à l'époque, le football étant considéré comme sport masculin et devenant ainsi un baromètre autant politique que social d'une société.        <br />
              <br />
       La musique joue un rôle important en apportant une touche fraîche, dansante et comique dans plusieurs scènes. Un aspect cinématographique, via des films, est utilisé pour montrer les entraînements et les matchs, créant ainsi d'autres ruptures de jeu permettant de donner une vue autant côté cour que dans les coulisses de la construction de cette équipe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58051808.jpg?v=1716302432" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      Différents segments dramaturgiques sont découpés en scènes, faisant basculer le spectacle de l'univers du sport, avec le vestiaire et le stade, à celui du travail à la chaîne dans une usine, et dans celui plus intime du domicile d'une footballeuse. Sont ainsi déclinées des vues intimes, extimes et extérieures de nos protagonistes face autant aux adversaires à rencontrer durant les matchs que celui de l'époux, du père, du patron et du public pendant les matchs, ainsi que celui tout aussi important du rapport à soi-même. Plusieurs thèmes se marient donc qui débordent sur les champs autant sociaux que psychologiques.       <br />
              <br />
       Il y a toujours un ou plusieurs personnages qui se retrouvent à cheval entre ces différents univers en incarnant chacun le visage d'une lutte, afin de trouver une place pleine et entière sur un terrain, au travail et chez soi.       <br />
              <br />
       Nous sommes symboliquement en face de deux rives qui se font face. D'un côté, les hommes, de l'autre côté les femmes avec, au milieu, un entraîneur qui mène cette équipe de footballeuses vers une prise de conscience de leur identité sportive dans un champ investi par les hommes, portée par un jeu théâtral où différents visages apparaissent. Soit celui de débutantes qui se jettent à l'eau pour se découvrir finalement, soit celui de continuer une passion (Camille Garcia), soit celui de s'évader d'un univers contraint et violent, soit celui de poursuivre une pratique afin d'en faire son métier (Marie Nicolle).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58051821.jpg?v=1716302464" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      Dans ces différentes trames, l'équilibre se joue entre le texte, la musique et la danse. Le texte et la mise en scène de Pauline Bureau arrivent à marier différentes perceptions d'un sport et de celles qui le jouent. Dans le jeu, nous sommes sur plusieurs registres. Celui avant tout du comique dans les attitudes, les propos, la gestuelle. Puis, avec la danse, dans le cadre de déhanchements effectués comme sur une piste d'un club, le combat sportif devient politique, celui &quot;d'entrer dans la danse&quot; afin de trouver sa place dans un monde qui les exclut. C'est avec cet art que les corps se libèrent, trouvent leur équilibre, leur épanouissement et leur amplitude.       <br />
              <br />
       La pièce bascule d'un plan à un autre, d'une scène à une autre en passant de l'essai à la maîtrise, de la défaite à la victoire, des rires aux pleurs, de la colère à l'enthousiasme et de la violence à l'entraide. Ce sont sur ces différentes ruptures et évolutions de jeu que ce beau spectacle est construit, offrant ainsi un plaisir autant des situations que du tempo.       <br />
              <br />
       <b>Les représentations ont eu lieu du 14 au 17 mai 2024 à la Grande Halle de la Villette.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les féminines"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58052132.jpg?v=1716303408" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Pauline Bureau.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Léa Fouillet.       <br />
       Avec : Yann Burlot, Nicolas Chupin (de la Comédie-Française), Rébecca Finet, Sonia Floire, Léa Fouillet, Camille Garcia, Marie Nicolle, Anthony Roullier, Claire Toubin, Catherine Vinatier.       <br />
       Scénographie : Emmanuelle Roy.       <br />
       Costumes et accessoires : Alice Touvet.       <br />
       Composition musicale et sonore : Vincent Hulot.       <br />
       Vidéo : Nathalie Cabrol.       <br />
       Lumière : Sébastien Böhm.       <br />
       Dramaturgie : Benoîte Bureau.       <br />
       Maquillage et coiffure : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Collaboration artistique : Cécile Zanibelli, Gaëlle Hausermann.       <br />
       Direction technique : John Carroll.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">22 mai 2024 :</span> Théâtre Alexandre Dumas, Saint-Germain-en-Laye (78).       <br />
       5 juin 2024 : La Filature – Scène nationale,  Mulhouse (68).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80422947-58052134.jpg?v=1716303474" alt=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" title=""Les féminines"… drôles, professionnelles et féministes !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-feminines-droles-professionnelles-et-feministes-_a3911.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Liés" L'amour est une folie de l'échange*</title>
   <updated>2024-04-12T19:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Lies-L-amour-est-une-folie-de-l-echange_a3878.html</id>
   <category term="Trib'Une" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79477352-57554926.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-04-12T16:46:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Lauriou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au son d'une guitare accompagnée de plages "électro", s'approche devant nous un charmant duo. Deux comédiens, Comédie des Trois Bornes – voilà qui tombe bien ! – se présentent à nous et expliquent l'heure qui va défiler sous nos yeux. Nos yeux plus ou moins endormis, d'un dimanche pluvieux de cette météo incertaine qui dure depuis des semaines.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79477352-57554926.jpg?v=1712934914" alt=""Liés" L'amour est une folie de l'échange*" title=""Liés" L'amour est une folie de l'échange*" />
     </div>
     <div>
      &quot;Liés&quot;, c'est un spectacle de mots donnés en amont par le public, mots qui font une histoire sous la forme unique et singulière qu'est l'impro !       <br />
       Une thématique : l'amour, avec ses bas, ses hauts, ses rires, ses larmes ou rien de tout ça ! Tout dépendra des mots et, là, commencera la performance.       <br />
              <br />
       Piscine, vin, avion, passion, sentiment, pelle et voisin sont les heureux mots gagnants de ce dimanche. Se souvenir de chaque mot, quelques jours après, n'est-ce pas là un signe de soirée appréciée ?       <br />
              <br />
       Improviser, c'est risqué. C'est un jeu où il est indispensable d'écouter son partenaire afin de donner en échange le bon revers. La difficulté est de ne pas partir en roue libre et d'un duo n'en faire qu'un solo ! Comme un joueur de tennis qui passerait son match à faire des &quot;Aces&quot;, on saluerait un talent unique, une énergie, mais alors, quel ennui !        <br />
       &quot;Liés&quot; est donc un spectacle risqué et un pari plutôt réussi.       <br />
              <br />
       Pablo Reva, honneur à l'homme, est exceptionnel dans cet exercice et d'un naturel impeccable. Il se glisse dans la peau d'un personnage tout aussi séducteur que séduisant, à la fois sensible et touchant. L'amour, son personnage le porte, le respire, le transpire. Ce comédien est impressionnant de justesse et de réparti et il a un sens aiguisé de la comédie.       <br />
       L'impro, c'est de la spontanéité, du naturel et surtout de la crédibilité. Pari gagné ! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79477352-57554966.jpg?v=1712935057" alt=""Liés" L'amour est une folie de l'échange*" title=""Liés" L'amour est une folie de l'échange*" />
     </div>
     <div>
      Caroline Marre, quant à elle, est une comédienne tout en douceur et qui, soudain, change de ton et bouscule le plateau. Incarnée et impliquée, elle dessine un tableau composé de couleurs à la fois pastel et sombre tout en gardant ce regard espiègle. Promesse fidèle.       <br />
              <br />
       Entre les deux, la musique qui monte et qui descend, comme cette bête, sur les bras des enfants. L'amour, aussi, est un peu une bête. Une bête qui monte et qui descend. Qui déferle et qui surprend. Qui blesse, qui brise avec ou sans piquant. Qui anime, qui fait revivre ou qui bouleverse et change la vie, tout simplement.       <br />
              <br />
       Leur impro, c'est tout ça, mais pas en même temps. Ce dimanche, des sept mots, ils en ont fait une belle histoire qui finit ni bien ni mal, mais qui aura duré plusieurs heures et dont les échanges étaient à la hauteur de nos yeux de spectateurs : brillants et rieurs.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Pascal Quignard, écrivain et violoncelliste français.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Liés"</b></div>
     <div>
      Création improvisée de Caroline Marre et Pablo Reva.       <br />
       Avec : Pablo Reva et Caroline Marre.       <br />
       Musicien : Nicolas Laurençot ou Daniel Sanchez (en alternance).       <br />
       Par la Cie Les Épris Rebelles.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 novembre 2023 au 30 juin 2024.</span>       <br />
       À 19 h 30, un dimanche sur deux.       <br />
       Comédie des 3 Bornes, Paris 11ᵉ, 01 43 57 68 29.       <br />
       <a class="link" href="https://www.comediedes3bornes.com/" target="_blank">&gt;&gt; comediedes3bornes.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Lies-L-amour-est-une-folie-de-l-echange_a3878.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude</title>
   <updated>2023-11-20T21:11:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Duras-Platini-Morceau-d-anthologie-culturelle-d-ou-se-degage-subtilement-une-idee-de-la-solitude_a3763.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/76822654-55378757.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-11-21T06:44:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Décembre 1987. La célèbre romancière, Marguerite Duras reçoit Michel Platini, le non moins célèbre joueur de football, champion d'Europe, dans les bureaux du journal "Libé" lors d'un entretien de plus d'une heure. Ils échangent, digressent, s'appréhendent, se découvrent, parlent de football, de littérature, d'Italie, du drame du Heysel et… d'angélisme. Convoquée sur scène, la parole de ces deux monstres sacrés vient croiser les fantasmes de l'acteur et de l'actrice qui s'en emparent et rejouent le match.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76822654-55378757.jpg?v=1700510859" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas la première fois que ce célèbre entretien &quot;Duras-Platini&quot; est adapté au théâtre. On peut avoir entendu parler de l'adaptation par Guy Naigeon au Nouveau Théâtre du 8e à Lyon, il y a plusieurs années, ou encore de celle de Mohamed El Khatib, au Studio 118 de la Maison de la Radio en 2019 avec Anne Brochet et Laurent Poitrenaux. Et peut-être d'autres encore que nous ignorons…       <br />
              <br />
       Michel Platini est face à la célèbre romancière qu'il ne connaît pas et dont il n'a jamais entendu parler ! Il vient de prendre sa retraite et, à cette occasion, a sorti un livre sur sa carrière, &quot;Ma vie comme un match&quot;.       <br />
              <br />
       Mais, au terme de cette interview qu'il a acceptée – parce que, dira-t-il, il aime être interrogé par des personnes qui ne s'y connaissent pas en foot –, il dira que cette heure passée avec Duras a été bien plus dure que n'importe quel match de sa carrière (sic).       <br />
              <br />
       La confrontation de ces deux monstres sacrés a pu interpeller, peut-être même faire sourire, et on peut se demander, surtout, ce qui a bien pu pousser la célèbre romancière qui vient de publier &quot;L'Amant&quot;, à interroger ainsi un joueur de football, aussi célèbre soit-il ! Après Michel Platini, Duras convoquera François Mitterrand…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76822654-55378758.jpg?v=1700510900" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Cette fois-ci, dans cette salle &quot;Marie Curie&quot; de la Reine Blanche, ce sont une comédienne et un comédien qui s'y collent. Neil-Adam Mohammedi, né en 1997 à Montréal, qui, avant de rentrer au CNSAD, a fait partie de la saison 4 de 1er Acte, ce qui lui a permis de rencontrer Stanislas Nordey, Anne Mercier et Olivier Py. Passionné d'écriture, de voyages et de fictions (tous genres confondus), Neil-Adam a déjà écrit trois pièces et plusieurs scénarios.       <br />
              <br />
       Je me souviens du jeune élève Neil, en classe de 4e au Collège Maréchal Leclerc de Puteaux, il y a plusieurs années. Un peu secret et réservé, à la limite d'une certaine suffisance, mais somme toute très subjective, quelque chose en lui m'interpellait déjà, mais j'étais loin d'imaginer un jour qu'il afficherait autant de prestance et de charisme sur un plateau de théâtre… Même si quelque chose en mon for intérieur me faisait croire qu'il aurait un bel avenir sans savoir encore lequel, forcément !       <br />
              <br />
       Gageons que Michel Platini, dans cette adaptation ô combien émouvante de l'entretien, serait fier de l'incarnation qui est portée ici par ce jeune talent ambitieux. Le spectacle débute par une parole nette et captivante qu'il interprète de façon très convaincante en reprenant intégralement les premières pages du livre autobiographique de Platini. C'est empreint d'une grande tendresse et dès les premiers instants, le comédien parvient à captiver l'attention des spectateurs.       <br />
              <br />
       &quot;Il y a quelque chose en lui de Platini &quot;… Ce ne sont pas les paroles de la chanson bien connue, mais c'est la réalité. Brun, aux cheveux ondulés et au regard noir perçant, Neil-Adam a incontestablement quelque chose de Michel Platini et, dans son interprétation, les mots sonnent fort justement, sans failles. L'incongruité dont on a pu parler autour de cette interview qui, au bout du compte, se révèle être davantage un entretien, est ici rapidement balayée grâce à l'interprétation des acteurs et actrices. Il suffit d'assister à la représentation pour balayer cette idée préconçue. Ces deux intelligences si différentes furent finalement en totale union et complicité, et les interprètes, appuyés(es) par la scénographie, le restituent bien joliment.       <br />
              <br />
       Neil-Adam Mohammedi campe parfaitement un Platini peu impressionné par la célèbre femme de lettres. Il ne la connaît pas et n'a donc aucune raison d'être impressionné ! Le comédien parvient, par moments, à convoquer de façon subtile un détachement apparent qui cache un grand professionnalisme. Un moment de bravoure particulier apparaît lorsqu'il énumère brillamment les différents trophées remportés par Platini, chacun accompagné de leurs années respectives !       <br />
              <br />
       Cyrielle Rayet, quant à elle, porte la parole de Marguerite Duras. De son côté, rien de son physique ne rappelle celui de la célèbre romancière. Silhouette fine aux longs cheveux auburns, elle parvient, elle aussi, à marquer de nombreux buts avec élégance, dans la retranscription des paroles prononcées par Duras grâce à une gestuelle calibrée et fluide qui apporte au texte quelque chose de presque hypnotique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76822654-55378824.jpg?v=1700511432" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Née à Albi, c'est au cours Florent qu'elle rencontre Simon Eli Galibert avec qui elle travaillera sur plusieurs créations, ainsi que Laure Marion. À ses côtés, elle crée le Collectif Louves avec neuf autres comédiennes. En 2015, elle intègre le TNB où elle explore et développe une recherche autour de la corporalité.       <br />
              <br />
       La jeunesse de ces deux interprètes confère à ce spectacle quelque chose d'intemporel, porté par des propos forts, justement mis en valeur et ingénieusement scénographiés par la jeune metteuse en scène et comédienne, Barbara Chenu, à la tête de la Compagnie Sochin. L'idée de placer le public face à face, sur des bancs en bois comme sur des gradins, est pertinente et, pour peu qu'on n'ait jamais assisté à un match de foot de notre vie, on se sent immédiatement projeté dans un stade. Le bruit et les hurlements en moins.       <br />
              <br />
       Un carré de pelouse synthétique semblable à un tatami de karaté trône au milieu du plateau et autour de lui, des dalles encastrables en mousse rouges et bleues évoquent subtilement le terrain de foot. C'est sur cet espace que les deux partenaires vont évoluer de façon juste et élégante.       <br />
       Louis Ripault, à l'intelligente dramaturgie, nous faire revivre ce morceau d'anthologie culturel français, duquel se dégage aussi, de façon nette et récurrente, l'idée de solitude, pour peu qu'on tende bien l'oreille… Tant du côté de Duras que de Platini.       <br />
              <br />
       On peut donc être célèbre, adulé, au firmament de la gloire, et n'en rester pas moins profondément humain avec tout ce que cela signifie.
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     <div><b>"Duras-Platini Son match le plus dur"</b></div>
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      Texte : d'après l'interview des 14 et 15 décembre 1987 publiée dans Libération.       <br />
       Mise en scène : Barbara Chanut.       <br />
       Avec : Barbara Chanut, Liza Lamy, Neil-Adam Mohammedi et Cyrielle Rayet.       <br />
       Dramaturgie : Louis Ripault.       <br />
       Régie générale et co-création lumière : Clément Balcon.       <br />
       Co-crétion et régie lumière : Rose Bienvenu.       <br />
       Création sonore : Liza Lamy + Collectif Vel.Cro.       <br />
       Conseils costumes : Lucie Duranteau.       <br />
       Production : Compagnie Sochin.       <br />
       Durée : 1 h 20       <br />
       Le spectacle a reçu le label &quot;Olympiade Culturelle&quot; de la part de Paris 2024.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 octobre au 26 novembre 2023.</span>       <br />
       Mercredi et vendredi à 21 h, dimanche à 18 h.       <br />
       Théâtre de la Reine Blanche - Scène des Arts et des Sciences, Paris 18e, 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Duras-Platini-Morceau-d-anthologie-culturelle-d-ou-se-degage-subtilement-une-idee-de-la-solitude_a3763.html" />
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