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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-10T19:12:07+01:00</updated>
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   <title>La beauté d'un théâtre oscillant entre réalisme et idéalisation</title>
   <updated>2018-01-23T11:07:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-beaute-d-un-theatre-oscillant-entre-realisme-et-idealisation_a2026.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2018-01-23T05:51:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Anne-Laure Liégeois monte les textes de deux auteurs, deux poètes incompris de leur temps, qui, à cinquante ans d'intervalle, paraissent des jumeaux en art. Jakob Lenz* avec "Les Soldats" et Georg Büchner, dans un texte sobrement intitulé "Lenz", se font écho et la metteure en scène assemble les deux œuvres en un véritable diptyque. De la belle ouvrage qui met en valeur une authentique réflexion sur l'Art, sur la "mimesis", le réalisme et le rôle du poète.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19609333-23424221.jpg?v=1516437403" alt="La beauté d'un théâtre oscillant entre réalisme et idéalisation" title="La beauté d'un théâtre oscillant entre réalisme et idéalisation" />
     </div>
     <div>
      Dans &quot;Les Soldats&quot; de Jakob Lenz (1775), les parents rigides font le malheur de leurs enfants dont le destin est tragique. Ainsi Marie est une fille bonne à marier qui commet l'erreur fatale de transgresser l'ordre social établi en croyant aux sentiments et ne trouve que la marque de l'infamie. Elle écoute déjà trop les fredaines des jeunes et bouillants et oisifs soldats auxquels son père commerçant fait trop crédit.       <br />
              <br />
       Marie devient une fille à soldats. Marie, la putain, finit mal. Coupable. Chassée. Abandonnée. Sacrifiée. À l'inverse de ses contemporaines françaises, elle n'est pas transfigurée par la réciprocité des sentiments amoureux ou ne peut devenir sadienne et dominante.       <br />
              <br />
       Dans Marie, il y a tous les ingrédients futurs d'une Lulu et d'une Lola dont Anne Laure Liégeois exploite, dans une forme de mise en abyme, avec une grande justesse dramaturgique et scénique, tous les aspects.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19609333-23424238.jpg?v=1516437496" alt="La beauté d'un théâtre oscillant entre réalisme et idéalisation" title="La beauté d'un théâtre oscillant entre réalisme et idéalisation" />
     </div>
     <div>
      Elle émonde le texte original de toutes les sensibleries et dialogues moralistes portés par certains des personnages. Elle durcit les lignes d'opposition, garde la trajectoire funeste de l'œuvre et approfondit, ce faisant, sa dimension documentaire sur un monde qui ne connaît pas la raison des sentiments, qui ne connaît ni autrui, ni tact, ni courtoisie, ni caresse. Une société figée dans un ordre social intangible et rigide qui sépare et classifie. Une société de castes dans laquelle se déchirent tous les êtres sensibles. Sans merci.       <br />
              <br />
       Du point de vue scénographique, l'espace de représentation interroge les règles de la représentation. Le lointain est fermé par les loges et le premier balcon d'une petite salle de théâtre. Il se présente ainsi en mimétique de la vraie salle. Les comédiens et leurs personnages, par des changements à vue, agissent soit comme acteurs, soit comme spectateurs de leur propre jeu. Ils conquièrent l'espace de la scène et produisent un objet esthétique et dramatique en forme contemporaine dans laquelle s'insèrent des saynètes cabarets citant un dix-huitième siècle licencieux à la manière de Karl Valentin. Cela est à la fois esthétique et plein de vivacité.       <br />
              <br />
       Avec ce traitement, la pièce prend une résonance contemporaine très étonnante. Dans ce qui est montré, ce qui est caché.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19609333-23424250.jpg?v=1516437579" alt="La beauté d'un théâtre oscillant entre réalisme et idéalisation" title="La beauté d'un théâtre oscillant entre réalisme et idéalisation" />
     </div>
     <div>
      De manière inverse, la seconde pièce, dans une forme en rupture, contrainte et minimaliste, sonne comme un manifeste pour la liberté de l'Art. Par récits alternés de cour à jardin et de jardin à cour, les deux comédiens, qui ont joué le capitaine - qui a été si faible - et la mère - qui a été si dure - dans &quot;Les Soldats&quot;, refusent tout réalisme et tout expressionnisme. Ils évoluent à l'antique, en quelque sorte, exprimant avec une sobriété intense les excès de sensibilité en bordure de folie qui affectèrent Lenz lors d'une cure à la montagne.       <br />
              <br />
       Entre descriptions des paysages et hallucinations, rencontres avec des villageois de misère en quête de chamanisme, crise mystique, tentation du suicide et sentiment du néant, le jeu époustouflant d'Agnès Sourdillon et de d'Olivier Dutilloy redonne une chance d'humanité aux personnages qu'ils ont joué dans la première pièce. Comme une proposition de rédemption, un regain d'âme.       <br />
              <br />
       À l'issue du spectacle le spectateur applaudit très fort cette beauté d'un théâtre oscillant entre réalisme et idéalisation, exigence esthétique et sensible.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Un des fondateurs du premier romantisme allemand, le &quot;Sturm und Drang&quot;</span>       <br />
              <br />
       Vu à la Maison de la Culture d'Amiens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Soldats" et "Lenz"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/19609333-23424253.jpg?v=1516437645" alt="La beauté d'un théâtre oscillant entre réalisme et idéalisation" title="La beauté d'un théâtre oscillant entre réalisme et idéalisation" />
     </div>
     <div>
      &quot;Les Soldats&quot; d'après Lenz.       <br />
       Suivi de &quot;Lenz&quot; d'après Buchner.       <br />
       Traduction et adaptation &quot;Les Soldats&quot; : Anne-Laure Liégeois, en collaboration avec Jean Lacoste.       <br />
       Traduction &quot;Lenz&quot; : Henri-Alexis Baatsch.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Anne-Laure Liégeois.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Camille Kolski.       <br />
       Avec (pour &quot;Les Soldats&quot;) : Luca Besse, James Borniche, Elsa Canovas, Laure Catherin, Camille de Leu, Simon Delgrange, Anthony Devaux, Olivier Dutilloy, Victor Fradet, Isabelle Gardien, Paul Pascot, Alexandre Prusse, Achille Sauloup, Didier Sauvegrain, Agnès Sourdillon, Veronika Varga.       <br />
       Avec (pour &quot;Lenz&quot;) : Olivier Dutilloy, Agnès Sourdillon.       <br />
       Collaboration à la scénographie : François Corbal.       <br />
       Lumières : Dominique Borrini.       <br />
       Costumes : Séverine Thiébault.       <br />
       Chorégraphie : Sylvain Groud.       <br />
       Musique &quot;Les Soldats&quot; : Bernard Cavanna.       <br />
       Création sonore &quot;Lenz&quot; : François Leymarie.       <br />
       Décor construit à l’Atelier du Grand T - Théâtre de Loire-Atlantique.       <br />
       Durée estimée : Les Soldats, 2 h ; Pause, 15 min ; Lenz, 55 min.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Tournée</b></div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">23 janvier au 2 février 2018 :</span> Théâtre 71 - Scène nationale, Malakoff (92).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 10 février 2018 :</span> Le Grand T - Théâtre de Loire-Atlantique, Nantes (44).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 13 et 14 février 2018 :</span> Le Volcan - Scène nationale, Le Havre (76).       <br />
       Le 20 février 2018 : Mars - Mons Arts de la Scène, Mons (Belgique).       <br />
       Le 3 mars 2018 : Les 3T - Scène conventionnée, Châtellerault (86).       <br />
       Les 7 et 8 mars 2018 : Le Cratère - Scène nationale, Alès (30).       <br />
       Du 20 au 22 mars 2018 : Théâtre de l’Union - CDN du Limousin, Limoges (87).       <br />
       Du 27 au 29 mars 2018 : Théâtre Dijon Bourgogne - CDN, Dijon (21).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes</title>
   <updated>2017-05-10T09:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-art-des-peregrinations-symboliques-reliant-les-imaginaires-des-hommes-et-des-femmes_a1799.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2017-05-10T09:30:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans "Le Testament de Marie", l'auteur, Colm Toibin, restitue l'intimité d'une femme brisée. Sa raison, sa sensibilité, ses souvenirs sont travaillés par la brutalité des événements. Le spectacle de la metteure en scène Deborah Warner est débarrassé de tout sulpicianisme…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843454.jpg?v=1494401167" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      Il cerne à partir des bribes et des déchirures des récits évangéliques une manière de révélation, une authenticité de Marie très éloignée de l'enveloppe de gloire de réputation et de légende : de mythification.       <br />
              <br />
       Cette Marie, mère de son fils célèbre sauveur du Monde, est traquée dans son deuil, sa vieillesse, sa solitude par un manteau de légende et un flux de pèlerinage intéressé à son témoignage. Qui est bien fragile car Marie est restée à ce point choquée qu'elle doute même de la réalité des événements.       <br />
              <br />
       Le personnage prend un poids d'évidence. S'attachant à la personne et non à l'icône, Dominique Blanc, dans une sensibilité toute contemporaine, parcourt tous les cheminements, les errances du personnage. Elle porte parole, porte plaidoirie. Pour Marie. Mater dolorosa à jamais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843508.jpg?v=1494401209" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      En prologue, le public peut circuler sur le plateau à la découverte des éléments de décor, les coulisses, les accessoires. Le Deus ex machina, avec le pouvoir de l'illusion et de révélation qui le caractérise, montre ses trucs, montre dans leur matérialité les reliques d'une histoire à venir, passée. Avant d'agir. Magnifiquement.       <br />
              <br />
       Comme en miroir d'un pèlerinage oublié, la scénographie de Tom Pye et Jean Kalman a la légèreté d'une brise. Elle est comme une caresse de l'âme. Ou bien la dureté du métal. Elle est cruauté du destin. Dans sa respiration, elle offre un écrin renouvelé, décontextualisé et beau à l'humanité de Marie. C'est un juste retour des choses.       <br />
              <br />
       Le spectateur se trouve en pleine empathie avec le récit de cette mère et découvre une manière de sortir des rumeurs, d'un état du monde où ne s'engendrent que des récits guidés, dictés par les hommes, dont les femmes ne sont que des instruments ou des ornements.       <br />
              <br />
       C'est aussi un hommage appuyé au théâtre. Cet art des pérégrinations symboliques qui relie les imaginaires des hommes et des femmes à égalité dans la réciprocité des sensibilités et des perceptions.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Testament de Marie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843584.jpg?v=1494401242" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      Texte : Colm Tóibín.       <br />
       Traduction française : Anna Gibson.       <br />
       Mise en scène : Deborah Warner.       <br />
       Assistante mise en scène : Alison Hornus.       <br />
       Avec : Dominique Blanc, de la Comédie-Française.       <br />
       Scénographie originale : Tom Pye.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Justin Nardella.       <br />
       Lumière : Jean Kalman.       <br />
       Costumes : Chloé Obolensky.       <br />
       Musique, son : Mel Mercier.       <br />
       Durée : 1 h 20 environ.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843620.jpg?v=1494401273" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 5 mai au 3 juin 2017.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 15 h.       <br />
       Odéon Théâtre de l'Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-odeon.eu/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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