<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-06-09T01:39:10+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>"Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux</title>
   <updated>2026-06-07T16:33:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Pas-avec-l-amour-Des-jeux-cruels-de-l-amour-romantique-a-leur-point-d-incandescence-tragique-mise-en-pieces-du_a4577.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96867600-67522122.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-06-08T06:37:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand l'auteur de "La Confession d'un enfant du siècle", sous l'emprise de la rage causée par sa rupture avec George Sand, écrit en 1834 "On ne badine pas avec l'amour", il laisse déborder le trop-plein de ressentiments qui l'assaillent… Quand près de deux cents ans plus tard, Laura Bazalgette adapte le texte en opérant délibérément une césure dans le titre initial amputé de l'idée de badinage, on franchit un pas de plus vers le tragique de "l'amor". En effet, son entête claque comme une injonction dont l'urgence est criante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96867600-67522122.jpg?v=1780743266" alt=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" title=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" />
     </div>
     <div>
      En confiant à Nicolas Meusnier le soin d'interpréter le drame resserré autour des trois figures de Camille, Perdican et Rosette, elle s'adjoint la contribution d'un acteur au potentiel expressif mimétique à haute valeur communicative. Le mot performance, souvent galvaudé, retrouve en effet là toute sa force, tant la capacité de l'acteur à endosser – dans le même temps – les rôles des trois personnages tragiques en passant instantanément de l'un à l'autre pour lui donner la réplique, relève d'un art consommé… Une maitrise liée à la sincérité à fleur de peau de celui qui s'est d'abord essayé à l'art dramatique en projetant sur scène les éléments puisés dans sa propre histoire. De même ici, il ne trichera pas avec les affres du sentiment amoureux pour mieux délivrer le tragique qui le sous-tend.       <br />
              <br />
       Paradoxe que de prétendre réinterpréter &quot;avec sincérité&quot; une pièce initiale où le badinage était annoncé en exergue ? Aucunement, car parmi les trois protagonistes du drame en cours, si l'une est au-dessus de tous soupçons en ce qui concerne la sincérité liée à ses origines modestes la privant de toutes fioritures, les deux autres, bien éduqués et maîtrisant les codes du langage desquels ils jouent avec virtuosité, éprouvent au fond d'eux-mêmes le besoin irrépressible de se dévoiler ouvertement à l'objet de leurs vœux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96867600-67522123.jpg?v=1780743277" alt=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" title=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" />
     </div>
     <div>
      Souligner à cette occasion combien l'interprétation des personnages de Camille (jeune fille de bonne famille formatée par une éducation religieuse ultra-conservatrice lui interdisant de reconnaître ses penchants pour son séduisant cousin) et de Perdican (jeune bachelier brillant prêt à utiliser son intelligence jusqu'à la rouerie pour obtenir le consentement de sa belle cousine), met en lumière non seulement les tourments amoureux qui les déchirent l'un et l'autre, mais aussi leur appartenance à la classe sociale dont ils ont intégré les codes. Ainsi, jouant des pouvoirs de la langue, leurs jeux cruels iront jusqu'à utiliser les sentiments de Rosette, paysanne &quot;sans éducation&quot; et instrumentalisée jusqu'à en perdre la vie. Dans les plis du discours et les inflexions de la voix, démonstration est faite que l'amour n'est pas qu'affaire de sentiments individuels, il est marqué au sceau des classes sociales faisant de l'élan des sens un en-jeu politique.       <br />
              <br />
       Fidèle au &quot;théâtre pauvre&quot; de Grotowski – élisant le corps de l'acteur comme point focal excluant costume, décor, lumière et musique – le comédien, pénétré par ses rôles, va se donner corps et âme pour faire entendre les problématiques des personnages. Une simple table et deux chaises figureront les espaces et les places occupées tour à tour par chacun…       <br />
              <br />
       &quot;Acte I, scène 2&quot;… Livre en main, l'acteur délivre tout d'abord une lecture des plus neutres du texte de Musset présentant le père fier d'annoncer le mariage qu'il a décidé entre sa nièce Camille et son fils Perdican. Une lecture &quot;à plat&quot;, à peine si des variations infimes viennent nous sortir de la torpeur qui pointe en ce début d'après-midi caniculaire… Et très vite, le livre abandonné, le corps s'enflammera et les tirades s'enchaineront jusqu'à la chute, comme autant de salves crépitantes.       <br />
              <br />
       &quot;Acte II, scène 5&quot;… &quot;La&quot; scène où les visages paysages de l'amour éternel épuré (évoqué par la prude Camille prise dans les rets du couvent dont elle sort tout juste) et de l'amour humain porté à son incandescence (incarné par Perdican, prototype du fougueux héros romantique) vont se faire face dans le décor – suggéré par les mots du comédien abandonnant un instant &quot;ses&quot; personnages – de la fontaine logée dans les bois où leur tendre amitié de jeunesse s'est épanouie.       <br />
              <br />
       &quot;Dix pages plus loin, Acte III&quot;... La mécanique éperdue de l'amour en souffrance va produire ses fruits, épousant les déclarations de Camille, amoureuse prenant le voile, et de Perdican, amoureux fou de celle qui le délaisse pour &quot;les mensonges de l'amour divin&quot;. À un mensonge céleste, répondra un autre terrestre, celui de Perdican mettant en œuvre une stratégie diabolique pour arriver à ses fins. Mensonge mortel dont l'innocente et fraîche Rosette – dont la voix fluette trouera le brouhaha – sera la victime expiatoire… après que les tourments et revirements des deux amoureux ne nous eurent littéralement éclaboussés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96867600-67522652.jpg?v=1780745168" alt=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" title=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" />
     </div>
     <div>
      Cette forme théâtrale destinée à venir à la rencontre de son public – dans les classes des collèges et lycées ; ici des élèves de première littéraire avec Musset au programme du bac de français – modeste dans son format et ambitieuse dans ses intentions, touche sa cible. La preuve de son impact étant à trouver du côté de la qualité exceptionnelle d'écoute manifestée par les lycéennes et lycéens, scotchés… Le secret de cette réussite ? Un texte à valeur littéraire éprouvée, adapté de manière exigeante en cristallisant l'enjeu dramatique du sentiment amoureux autour des jeunes protagonistes, et un acteur &quot;habité&quot;, passant d'un rôle à l'autre avec une virtuosité et un engagement tels que les états d'âme des personnages deviennent nôtres. Un théâtre de tréteaux… sans tréteaux, mais pénétré de son esprit.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 26 mai 2026, au lycée du Mirail à Bordeaux (33), pour la dernière représentation de la saison 2025-2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pas avec l'amour"</b></div>
     <div>
      D'après &quot;On ne badine pas avec l'amour&quot; d'Alfred de Musset.       <br />
       Conception : Laura Bazalgette.       <br />
       Mise en scène : Laura Bazalgette.       <br />
       Avec : Nicolas Meusnier.       <br />
       Production déléguée tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine.       <br />
       Spectacle conçu pour les collèges et lycées, pour tous dès 14 ans.       <br />
       Créé le 13 octobre 2025 au tnba.       <br />
       Durée : 50 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Pas-avec-l-amour-Des-jeux-cruels-de-l-amour-romantique-a-leur-point-d-incandescence-tragique-mise-en-pieces-du_a4577.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle</title>
   <updated>2026-06-05T11:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Bopkyta-le-voyage-a-l-Est-Un-spectacle-indispensable-a-la-memoire-humaine-pour-traverser-la-barbarie-du-XXe-siecle_a4576.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96855559-67514063.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-06-05T11:08:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Rainer Sievert a mis cinq ans de gestation avant de mettre au monde ce nouveau spectacle. C'est le temps qu'il a fallu pour regrouper toutes les documentations recueillies auprès de documentaristes, d'historiens, ou trouvées dans de vieux cartons de lettres et de photos remisées dans un grenier et collecter des souvenirs d'anciens. Le temps aussi pour repousser les zones d'ombres, pour tenter de leur donner un peu de lumière. Ce récit, devenu pièce à part entière, naît de l'histoire familiale de son créateur, Rainer Sievert.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514063.jpg?v=1780650712" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      L'objet de ces recherches est une mythologie familiale, comme il en existe à peu près dans toutes les familles : il s'agit des huit ans que ce grand-père, Wilhelm, passa dans les goulags staliniens à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Sur le pourquoi, le comment et les conditions de cette incarcération, Wilhelm ne s'épanche jamais jusqu'à sa mort dans les années soixante-dix. Un mystère que son petit-fils, comédien chevronné (Ariane Mnouchkine, Guy Pierre Couleau…), va découvrir et en faire la trame de ce spectacle qui, sous une apparente simplicité, est en fait un théâtre hors norme.       <br />
              <br />
       C'est un drame dont il s'agit, mais le comédien-auteur réussit à garder l'ironie vitale, cruelle et salutaire, et la distance nécessaire pour offrir à notre imaginaire la narration de la vie de ce grand-père, une vie totalement bouleversée et corrompue par la violence de la grande Histoire incarnée par Adolf Hitler et Joseph Staline. Extirpé de la ferme qui l'avait vu naître par la conscription de l'armée allemande en 1942, transformé en maillon de la chaîne meurtrière de l'organisation fasciste, puis capturé par l'armée rouge, condamné pour crime de guerre à 25 ans, envoyé au goulag, il reparaît dans la ferme familiale en 1953. Ses trois enfants ont bien changé, lui aussi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514067.jpg?v=1780650734" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      L'art de Rainer Sievert et la magistrale intelligence de son texte font que le récit ne tente à aucun moment de s'éloigner de la dimension humaine. Et pourtant, tous les éléments historiques qui accompagnent le destin captivant de Wilhelm sont non seulement évoqués, mais entrent totalement dans la dramaturgie du récit. Les avancées de l'armée hitlérienne sur le front de l'Est sont soigneusement représentées sur de larges projections, ainsi que la position à l'extrême Nord-Est de la Russie des Goulags les plus implacables du régime stalinien. Mais toujours, la présence &quot;minusculement&quot; humaine de Wilhelm sur les cartes d'état-major géantes demeure le centre énigmatique du récit.       <br />
              <br />
       Le parallélisme entre les folies des deux dictateurs, Hitler et Staline, mais également entre l'histoire de cet aïeul et la narration de la quête de ce petit-fils dans les archives du monde (celles de France, d'Allemagne et de Russie, recherches plus difficiles avec le nouveau dictateur Poutine), actualisent complètement ce spectacle. La beauté du geste vient du fait que l'auteur ne cherche jamais à porter un jugement. Ce sont les questions que ce texte émet qui importent. La danse qu'effectue Rainer Sievert accompagné de Manuel Langevin sur ces dix années de folie meurtrière paraît presque surnaturelle, presque magique et libératrice, mais reste une menace possible pour notre avenir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514091.jpg?v=1780650757" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      Rainer Sievert n'est pas seul sur scène. Manuel Langevin, au milieu de ses multiples instruments, est une présence essentielle, car la musique qu'il sécrète tout au long du spectacle est d'une rare exigence. Sans jamais venir s'imposer au récit, laissant une place vitale au texte, sa partition totalement éclectique, d'instruments et de sonorités, s'intègre à l'histoire et la porte parfois vers l'émotion. Avec, en plus, ce qui peut nous sembler inaudible, mais qui participe au spectacle comme le silence : <span style="font-style:italic">&quot;… je travaille sur la création d'un silence, d'un faux silence, d'un silence qui n'en soit pas un. Une texture ouverte, un bruit blanc...&quot;</span>, dit Manuel Langevin.       <br />
              <br />
       Dans un dispositif scénique qui dispose de différents espaces capables d'incarner différents lieux, Rainer Sievert évolue en prise directe avec le public. Point de filtres apparents. Mais une jolie maîtrise de la narration qui jongle avec nos émotions comme avec la temporalité du récit, passant du tragique le plus net à l'ironie qui sauve et au danger toujours possible aujourd'hui. Ainsi demande-t-il soudain au public : Est-ce que votre sac est prêt ?       <br />
               <br />
       Un tout petit grain d'angoisse qui se tapit au fond des cœurs, un grain que le grand-père Wilhelm n'a pas reçu, qui l'aurait averti que son tranquille avenir serait du jour au lendemain totalement explosé et que lui-même ne serait plus lui-même quelques années plus tard par la magie des pouvoirs auxquels nous sommes soumis dès la naissance.       <br />
               <br />
       La mise en scène de Lionel Parlier renforce le parti-pris du texte. Elle permet de faire circuler le comédien dans les différents espaces de la scénographie et des projections vidéos. Avec des changements de rythmes et d'adresses régulières, elle impulse la vitalité nécessaire au récit. Elle fait le lien harmonieux entre la musique, la lumière et le texte, et comme dans chacune de ces spécialités, ne s'impose jamais, mais porte sans trêve l'histoire.       <br />
               <br />
       La magie de ce spectacle est qu'il est capable de créer un sentiment de fraternité avec l'humain que l'on devine écrasé par l'Histoire, malgré peut-être, sans doute, de façon certaine les atrocités auxquelles celui-ci a participé. Ainsi, le cœur reste roi ici, et la crainte de l'abominable toujours présente.       <br />
              <br />
       Et, comme d'injuste, j'ai oublié de parler de l'interprétation de Rainer Sievert. C'est presque normal puisque son corps, sa voix, son regard intense sont intégralement et exclusivement dévoués au récit, à l'imaginaire qu'il propulse dans l'espace autour de lui. Un talent riche qui fait oublier l'individu, auquel pourtant il faut bien rendre hommage puisque pendant plus de deux heures, il parvient à donner images et émotions, et sens et questionnements, et connaissance et humanité.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bopkyta, le voyage à l'Est"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96855559-67514120.jpg?v=1780650776" alt=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" title=""Bopkyta, le voyage à l'Est" Un spectacle indispensable à la mémoire humaine, pour traverser la barbarie du XXe siècle" />
     </div>
     <div>
      Texte : Rainer Sievert.       <br />
       Collaboration texte : Valérie Moinet.       <br />
       Mise en scène : Lionel Parlier.       <br />
       Avec : Rainer Sievert et Manuel Langevin (musique, multi-instrumentiste).       <br />
       Dramaturgie : Marc Wels.       <br />
       Scénographie, lumière, images : Wilfried Schick.       <br />
       Traitement des images : Philippe Cybille.       <br />
       Musique Manuel Langevin       <br />
       Musicien : Joris Sievert.       <br />
       Création son : Étienne Martinez.       <br />
       Création costume : Delphine Capossela.       <br />
       Compagnie Free Entrance.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée estimée du spectacle : 2 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 mai au 14 juin 2026.</span>       <br />
       Mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre du Soleil, Cartoucherie de Vincennes, route du Champs de Manœuvre, Paris 12e.       <br />
       Réservation : 07 59 26 80 97.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatreonline.com/Spectacle/Bopkyta-le-voyage-a-l-Est/96718" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-soleil.fr/fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-soleil.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Bopkyta-le-voyage-a-l-Est-Un-spectacle-indispensable-a-la-memoire-humaine-pour-traverser-la-barbarie-du-XXe-siecle_a4576.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Festival Raffut, première édition... Entre concerts littéraires, performances musicales, sieste poétique, une partition innovante pour le slam et le rap</title>
   <updated>2026-06-04T23:43:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Raffut-premiere-edition-Entre-concerts-litteraires-performances-musicales-sieste-poetique-une-partition_a4575.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96843419-67504919.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-06-04T12:42:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Fin avril, la Machinerie (Scène conventionnée d'intérêt national - Art et Création, Écriture urbaine et contemporaine) de Vénissieux organisait son premier Raffut. Ce temps fort novateur fut notamment marqué par le duo (créé pour l'occasion) constitué de la slameuse Lisette Lombé et le rappeur Marc Nammour pour une performance intitulée "Ce que le ventre dit". En préambule, une cinquantaine de spectatrices et spectateurs, installés(es) dans des transats et équipés(es) de casques, étaient invités(es) à vivre une expérience d’écoute immersive de "Poésie couchée #1" imaginée par le chanteur et comédien Xavier Machault, ici accompagné par la clarinettiste Hélène Duret.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96843419-67504919.jpg?v=1780571076" alt="Festival Raffut, première édition... Entre concerts littéraires, performances musicales, sieste poétique, une partition innovante pour le slam et le rap" title="Festival Raffut, première édition... Entre concerts littéraires, performances musicales, sieste poétique, une partition innovante pour le slam et le rap" />
     </div>
     <div>
      Tout d'abord, qu'est-ce que La Machinerie ? Dirigée depuis septembre 2024 par Duniému Bourobou, la Scène nationale de Vénissieux associe, dans un projet commun, deux lieux : le Théâtre de Vénissieux et la salle de concert &quot;Bizarre!&quot;. L'assemblage singulier de ces équipements offre différents espaces (de la scène de théâtre au studio d'enregistrement en passant par trois salles de répétition et un studio de danse) où les écritures urbaines et contemporaines et les cultures hip-hop occupent une place centrale. En matière de représentations, sont mises à disposition une salle de spectacle de 500 places assises (au Théâtre) et une salle de concert de 390 places debout (à Bizarre!).       <br />
              <br />
       À travers la diversité de ses actions, La Machinerie présente une nouvelle façon de découvrir et de rencontrer les univers artistiques des musiques et des expressions chorégraphiques actuelles. À travers des ateliers, des stages, des visites, des débats, des pratiques partagées – et des spectacles ou performances, bien sûr –, la population de Vénissieux et de toute l'agglomération lyonnaise peut assister, entrer dans la création et/ou y participer par les différentes portes de la pratique. Autre point fort, deux programmes d'accompagnement des artistes sont proposés : Plan B et Draft. Le premier est dédié aux artistes rap et musiques urbaines afin de soutenir le développement de leurs projets. Le second est à destination des compagnies de danse hip-hop émergentes pour les accompagner dans la concrétisation de leurs créations chorégraphiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96843419-67507656.jpg?v=1780584550" alt="Festival Raffut, première édition... Entre concerts littéraires, performances musicales, sieste poétique, une partition innovante pour le slam et le rap" title="Festival Raffut, première édition... Entre concerts littéraires, performances musicales, sieste poétique, une partition innovante pour le slam et le rap" />
     </div>
     <div>
      La Machinerie aspire donc à être une maison dans laquelle chacun se sent chez soi, un lieu où toute la diversité des voix peut se dire et se faire entendre ; et où spectateurs, habitants et artistes s’inventent un récit commun. Et Raffut dans tout ça ? Une nouvelle manière d'affirmer sa singularité en prouvant que peut imaginer un espace, un point de rassemblement où coexistent, s'expriment toutes les formes de poésies, du slam au rap, du concert poétique à la performance, des paroles scandées à celles murmurées, de l'expression littéraire à celle plus engagée, plus militante… C'est ainsi qu'est née la première édition du festival Raffut. Trois jours, à la croisée du théâtre, de la musique et de la parole, pour amplifier les voix des poètes d'aujourd'hui, faire résonner les mots aux rythmes de la musique.       <br />
              <br />
       Entre le 23 et le 25 avril dernier, le public a vu passer sur scène Adama Diop, Diatty Diallo, Lisette Lombé, Marc Nammour, Hartigan, Xavier Machault, Laura Tirandaz, Collectif Les Palpitantes, etc. Notre présence le premier jour du festival nous a permis de découvrir une performance poétique, &quot;Poésie couchée #1&quot;, et un concert littéraire, &quot;Ce que le ventre dit&quot;.       <br />
              <br />
       Allongés(es) sur des transats disposés en cercle ovale, casque sur les oreilles, cinquante spectatrices et spectateurs s'apprêtent à vivre une expérience d'écoute immersive, entre concert et lecture habitée. Aux commandes, le chanteur et comédien Xavier Machault. Pour ce premier opus de <b>&quot;Poésie couchée sur Musique en Transat&quot;</b>, celui-ci a invité la clarinettiste Hélène Duret à explorer une forme musicale et poétique singulière. (À noter qu'un numéro 2 sera créé en juillet).       <br />
              <br />
       Entre voix profonde tonique et improvisation musicale voyageuse, tous deux dopées par des effets sonores &quot;envoûtants&quot; – d'où l'utilité des casques, en plus de leur propriété à générer un univers sonore &quot;fermé&quot; –, leur dialogue invite à écouter autrement les textes choisis par Xavier Machault dont le thème est &quot;poèmes de chevet&quot;, représentant les influences majeures de son écriture et de sa façon de regarder le monde. Immergé ainsi dans un univers onirique, nous nous laissons emporter par les murmures, par la charge poétique des écrits de Christophe Tarkos, Laura Vazquez, Gaston Miron, Cécile Coulon, Louise Labé, Charles Pennequin, Jacques Prévert, Grisélidis Réal ou encore Pierre Barouh. Une forme réussie de sieste tout en vers, proses et notes sauvages. Repos et enrichissement intellectuel garantis !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96843419-67507713.jpg?v=1780584610" alt="Festival Raffut, première édition... Entre concerts littéraires, performances musicales, sieste poétique, une partition innovante pour le slam et le rap" title="Festival Raffut, première édition... Entre concerts littéraires, performances musicales, sieste poétique, une partition innovante pour le slam et le rap" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Le ventre sait mieux que la tête, il ne triche pas, ne ment pas. Il crie famine, se tord face aux injustices, accueille les papillons (…)&quot;</span>       <br />
       Pas de meilleur extrait du spectacle que celui-ci pour définir <b>&quot;Ce que le ventre dit&quot;</b>, la création de Lisette Lombé et Marc Nammour. Elle est slameuse, a la double nationalité belge et congolaise, et elle est une artiste pluridisciplinaire très active en Belgique. Militante féministe et &quot;afroféministe&quot;, elle est cofondatrice de L-SLAM, un collectif de poétesses, multiculturel et intergénérationnel. Sa vocation reste l'émancipation des femmes partout dans le monde.       <br />
              <br />
       Marc Nammour est rappeur, franco-libanais, membre du groupe La Canaille. Reconnu pour ses performances alliant hip-hop underground et chanson à texte, il occupe une place singulière dans le rap français. Son dernier projet, &quot;Projet crachés&quot; (janvier 2026), a été réalisé avec le chanteur Loïc Antoine. Par ailleurs, grand amateur des textes d’Aimé Césaire, performeur reconnu, il dresse, en usant d'une écriture ciselée et remarquablement séquencée, le portrait d’une société malade et épingle férocement l’injustice et la bêtise. Son association avec Lisette Lombé est, tout au long du spectacle, d'une insolente évidence.       <br />
              <br />
       Tous les deux se sont rencontrés il y a un an. De cette rencontre est né un duo inédit où leurs langues se mêlent pour raconter féminisme, masculinité, virilité, amitié, famille, exil, lutte et résistance : <span style="font-style:italic">&quot;Ma langue, c'est langue de feu contre langue de bois&quot;</span>. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Lisette et Marc en ont dans le ventre. Qu'elle slame ou qu'il rappe, les mots jaillissent de leurs tripes pour claquer haut et fort. Dans cette création à deux, il et elle racontent, tour à tour ou ensemble, leur histoire, leurs colères, leurs deuils, leurs questionnements, leurs renoncements, leurs espérances aussi. La qualité de l'écriture est bluffante, la langue est belle, poétique, généreuse et enflammée, parfois brûlante suivant les sujets abordés.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Danse ma fille, danse… et tourne le démon en dérision.&quot;</span>       <br />
       Leurs textes évoquent sans détours les relations toxiques, le masculinisme renaissant, la quête de l'émancipation des femmes toujours à venir, le couple, l’amitié, la sexualité, l’égalité, le racisme, le métissage, le transfert de classe, l'esclavage, l’exil, l’ignorance, l’indignation, la résistance, la quête de sens, la soif de vivre, la joie. Jouée en live (Jérôme Boivin aux claviers et machines), la musique électronique de Marc Nammour alterne rythmiques précises et samples triturés, donnant encore plus de corps à leurs deux voix. Ensemble, Lisette et Marc délivrent un féminisme affirmé : <span style="font-style:italic">&quot;J'étais comme les autres, marquée au fer rouge de la domination&quot; ; &quot;Encore un keuf sur qui sa meuf n'a pas pu compter. Comme les autres&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Et pour finir cette étonnante performance, à ne surtout pas louper au Théâtre des Doms à Avignon, Marc Nammour scande une version enflammée, explosive et enthousiaste, du slogan &quot;Siamo tutti Antifasciti&quot;… reprise d'une seule voix et avec énergie par la salle… comme un hymne !       <br />
       &quot;Ce que le ventre dit&quot; est une barre d'énergie pure, une ode vive et tonique, pleine d’espoir en des temps qui en manquent, une fusion artistique et un feu musical à mettre dans toutes les oreilles.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Fesival Raffut 1ʳᵉ édition</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96843419-67508182.jpg?v=1780592189" alt="Festival Raffut, première édition... Entre concerts littéraires, performances musicales, sieste poétique, une partition innovante pour le slam et le rap" title="Festival Raffut, première édition... Entre concerts littéraires, performances musicales, sieste poétique, une partition innovante pour le slam et le rap" />
     </div>
     <div>
      <b>A eu lieu du 23 au 25 avril 2026.</b>       <br />
       La Machinerie à Vénissieux (69)       <br />
       Théâtre, Maison du Peuple, 8, boulevard Laurent Gérin.       <br />
       Bizarre!, 9, rue Louis Jouvet (accès concerts) et 68, boulevard Joliot Curie (accès jour).       <br />
       Téléphone : 04 72 90 86 68.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lamachinerie-venissieux.fr/" target="_blank">>> lamachinerie-venissieux.fr</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Poésie couchée #2"</strong></span>       <br />
       Idée originale et voix : Xavier Machault.       <br />
       Musique sur scène : Mélanie Loisel (contrebassiste) (pour les dates ci-dessous).       <br />
       Création et régie son : Johan Caballé.       <br />
       Création et régie lumière : Manue Joubier.       <br />
       Dramaturgie et conseil artistique : Émilie Le Roux.       <br />
       Compagnie Le Grille Pain.       <br />
       À partir de 11 ans.       <br />
       Durée : 45 minutes.       <br />
       <a class="link" href="https://legrillepain.org/spectacles/poesie-couchee/" target="_blank">>> legrillepain.org</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">4 juillet 2026 :</span> Château de Caramagne, Chambéry (73).       <br />
       5 juillet 2026 : Jazz à Vienne (complet), Vienne (38).       <br />
              <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Ce que le ventre dit"</strong></span>       <br />
       Musique et Poésie urbaine.       <br />
       Texte et voix : Lisette Lombé.       <br />
       Musique, texte et voix : Marc Nammour.       <br />
       Claviers et machines : Jérôme Boivin.       <br />
       Régie son : Olivier Bergeret.       <br />
       Création lumière : Grégoire Pineau.       <br />
       Production déléguée : La Canaille-Emmanuelle Sagnier.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 60 minutes.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 22 h 15. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Doms, 1 bis, rue des Escaliers Sainte-Anne, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 14 07 99.       <br />
       La billetterie pour les spectacles du Off 2026 ouvrira le 15 juin à 12 h.       <br />
       <a class="link" href="https://billetteriedoms-festivaloff.mapado.com/" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://lesdoms.eu/spectacle/ce-que-le-ventre-dit/" target="_blank">>> lesdoms.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Raffut-premiere-edition-Entre-concerts-litteraires-performances-musicales-sieste-poetique-une-partition_a4575.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire</title>
   <updated>2026-06-03T13:21:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Festin-Un-huis-clos-improvise-au-realisme-cru-mais-necessaire_a4574.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96830240-67496015.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-06-03T13:07:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au cours d'un dîner de famille bourgeois organisé à l'occasion de l'anniversaire du père, alors qu'on évoque des souvenirs, que l'on rit, qu'on se sert et ressert du champagne, et que les coupes s'entrechoquent, l'un des personnages révèle un secret qui provoque une immense déflagration. Mais ce secret l'était-il vraiment pour chacun et chacune des convives ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96830240-67496015.jpg?v=1780485055" alt="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" title="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" />
     </div>
     <div>
      La Compagnie de l'Esquive, basée à Bordeaux et créée en 2024 à l'initiative d'Aymeric Desjardins et Charlotte Ménière, œuvre autour du théâtre d'improvisation et d'intention. Quiconque possède quelque expérience des planches, et plus particulièrement de ce genre théâtral, saura en jauger la dimension toute particulière. Rien de simple dans le Théâtre d'impro, à nos yeux, à moins d'en maîtriser rigoureusement les codes : production immédiate de sens, écoute radicale, énergie intérieure, intention psychologique.       <br />
              <br />
       De vrais atouts que bien des comédiens et comédiennes devraient s'approprier davantage plutôt que de se dissimuler derrière un simple texte, car l'improvisation est une véritable école de l'exigence, de l'énergie maîtrisée, du respect du collectif et de l'autre.       <br />
              <br />
       Tout ceci est largement convoqué dans &quot;Festin&quot;, la deuxième pièce d'Aymeric Desjardins, inspirée du film culte du réalisateur danois Thomas Vinterberg, &quot;Festen&quot;, sorti en 1998. Ici, aussi, tout commence comme un élégant dîner bourgeois d'anniversaire. Sur scène, une longue table recouverte d'une nappe blanche, un seau à champagne et des comédiens assis côte à côte, la mère au centre. La scénographie n'est pas sans rappeler très largement les illustrations de &quot;la Cène&quot; de Léonard de Vinci évoquant le dernier repas que Jésus-Christ a pris avec ses douze apôtres le soir du Jeudi Saint.       <br />
              <br />
       Ici, pas de Christ ni de Pâque juive, mais un espace anonyme aux allures de huis clos dans lequel les mots fusent gaiement de façon totalement improvisée entre les neuf comédiens et comédiennes, jusqu'au moment où les mots des maux surgissent, violents et fracassants. Dans &quot;La Cène&quot;, on prête à Léonard de Vinci d'avoir imaginé pour Jésus de Nazareth la parole suivante : <span style="font-style:italic">&quot;La vérité, je vous le dis, un de vous me la livrera&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96830240-67496029.jpg?v=1780485165" alt="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" title="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" />
     </div>
     <div>
      Dans cette nouvelle création d'Aymeric Desjardins, la vérité surgit également, brute, transparente, crue et cruelle dans la bouche de la fille à l'encontre du père, jusqu'à alors bien présent et bien assis à l'extrémité de la table.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Pensé au départ comme une unique représentation, notre spectacle a trouvé un écho inespéré auprès du public lors de sa représentation au Théâtre de l'Inox.&quot;</span> Disons que le public connaisseur de l'Inox, ce soir-là, a eu du goût en reconnaissant rapidement le travail et le talent d'improvisation des neuf comédiens et comédiennes de l'Esquive, complices et très incarnés(es). Bien lui en a pris de manifester son enthousiasme.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le travail en répétition a été majoritairement orienté vers la notion de culture du viol et de l'inceste au sein de notre société. De nombreux mécanismes s'enclenchent lorsqu'une dénonciation est prononcée afin de protéger le coupable. Au sein de notre format, d'autres sujets peuvent interférer tels que la violence familiale, la soumission chimique, les idées suicidaires, la manipulation psychologique ou encore les discriminations&quot;.</span> Oui, le thème de l'inceste. Encore et encore évoqué. Mais ceci est une évidence, n'est-ce pas !       <br />
              <br />
       À la tête de la compagnie, Aymeric Desjardin, comédien et improvisateur bordelais qui a découvert le Théâtre d'improvisation en 2014 – et qui n'a jamais arrêté depuis –, a su mener de mains de maître le présent projet. Le fait qu'il ait roulé sa bosse à l'international, notamment en Islande, en Norvège ou encore en Roumanie, explique probablement cela. Dans son jeu, les émotions et les relations prédominent sur l'action, et sa vision de l'impro est de plus en plus foisonnante.       <br />
              <br />
       Le Théâtre d'impro nous surprendra décidément toujours et &quot;Festin&quot; – qui n'est effectivement pas &quot;Festen&quot; – ne manquera pas de nous conforter sur le fait qu'il s'agit là d'une magnifique école de discipline au service de l'art tout entier. Bon Festival Off à l'Esquive. Sous le soleil et le talent, exactement !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Festin"</b></div>
     <div>
      Mise en scène : Aymeric Desjardin.       <br />
       Avec : Frédéric Dupeyron, Arsène Godet, Mathieu Marmié, Louna Toussaint, Emma Van de Maele.       <br />
       Par la Compagnie de l'Esquive.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 35. Relâche le jeudi.       <br />
       La Factory, Collège/Hors-Piste, Chapiteau, rue Vernet, Avignon.       <br />
       Réservation : 09 74 74 64 90.       <br />
       <a class="link" href="https://lafactory.vosbillets.fr/billetterie/representation/31892/festin" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.la-factory.org/" target="_blank">>> la-factory.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Festin-Un-huis-clos-improvise-au-realisme-cru-mais-necessaire_a4574.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2026• "Attention ne pas plier" L'administration vue en un burlesque muet, mais formidablement expressif</title>
   <updated>2026-06-02T07:54:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Attention-ne-pas-plier-L-administration-vue-en-un-burlesque-muet-mais-formidablement-expressif_a4573.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96806907-67479508.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-06-02T06:29:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Digne de l'humour et de l'esprit satirique des films muets du début du siècle, voici une performance de théâtre physique qui se sert du mime et de la pantomime pour écorcher avec ironie notre monde actuel. Ce sont les personnages, leurs caractères et leurs particularités qui sont au centre de cette histoire. Une histoire simple, répandue, presque universelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96806907-67479508.jpg?v=1780338791" alt="•Off 2026• "Attention ne pas plier" L'administration vue en un burlesque muet, mais formidablement expressif" title="•Off 2026• "Attention ne pas plier" L'administration vue en un burlesque muet, mais formidablement expressif" />
     </div>
     <div>
      Il s'agit d'un divorce qui a l'air de commencer à l'amiable pour vite tourner vinaigre et obliger le couple à s'engager dans les voies de la justice et dans le dédale de l'administratif. C'est le plus souvent à travers le regard de Kevin, assistant judiciaire de la juge en charge du divorce, que l'histoire se déroule. Un assistant totalement maniaque de l'ordre et du rangement qui va devenir presque fou, peu à peu, à cause du désordre provoqué par le conflit du couple et de leurs avocats respectifs. Car toutes et tous sont excessifs et caricaturaux de façon jubilatoire pour parvenir au burlesque recherché par cette compagnie.       <br />
              <br />
       Une compagnie internationale (les six interprètes sont de différentes nationalités) qui parvient à créer un spectacle quasiment sans texte, compréhensible dans tous les pays du monde. Théâtre visuel, qui demande aux comédiens et aux comédiennes de développer une maîtrise exceptionnelle de leurs corps, de leurs gestes, de leurs déplacements et de leurs expressions. D'ailleurs, toutes et tous sont passés par l'École Internationale Jacques Lecoq, dont l'excellence est bien dans cette formation de théâtre physique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96806907-67479509.jpg?v=1780338828" alt="•Off 2026• "Attention ne pas plier" L'administration vue en un burlesque muet, mais formidablement expressif" title="•Off 2026• "Attention ne pas plier" L'administration vue en un burlesque muet, mais formidablement expressif" />
     </div>
     <div>
      Malgré cette absence de texte, ou plutôt grâce à cette absence de texte, l'imaginaire proposé par les interprètes sur scène rencontre celui des spectateurs stimulés par le désir de comprendre tout ce qui se passe au plateau. Et ce monde kafkaïen où sont jetés tous les protagonistes de l'histoire provoque à chaque instant des situations absurdes, grotesques, et finalement magnifiquement humaines.       <br />
              <br />
       Le calvaire d'un divorce sans concession, avec ses violences, ses remords et ses peurs, devient alors une fresque étrange où nous autres humains semblons des marionnettes dont les fils sont tirés par nos sentiments et nos émotions plus que par nous-mêmes et notre raison. La scène devient une sorte de ballet où les couples se repoussent et s'attirent, se mêlent et s'emmêlent les sentiments dans de très belles chorégraphies et un très beau travail d'interprétation de Sarah Azerof dans le rôle de la femme.       <br />
              <br />
       La présence constante, attentive et pertinente du musicien Alp Citlak renforce encore le côté &quot;film muet&quot; du spectacle. Au bord de scène, il ponctue toutes les séquences de ces compositions, de quelques reprises et de bruitages qui accentuent le décalage comique du spectacle.       <br />
              <br />
       Le corps est ici mis au premier plan de la création et de la narration, avec humour, tendresse et surtout de l'énergie, des énergies tumultueuses qui donnent une grande intensité aux scènes, aux actes et aux personnages.       <br />
              <br />
       Rires, sourires et transportations dans un univers onirique (copie fidèle de notre monde et de son organisation mécanique et administrative) sont les vecteurs de ce spectacle international qui fait parler les corps plus que les lèvres. La compagnie Faulty Wire propose ici une création intelligente dont le burlesque atteint parfois des sommets grâce à l'art dont tous les interprètes sont dotés. Palme particulière à Sarah Azerof dont le corps semble posséder plus d'articulations que les gens ordinaires et au travail d'une maîtrise totale de Yu-hung Hou dans le rôle de l'assistant dévoré par l'ordre obsessionnel et la frénésie des papiers administratifs.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu au Théâtre Clavel le 30 avril 2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Attention ne pas plier"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96806907-67479512.jpg?v=1780338852" alt="•Off 2026• "Attention ne pas plier" L'administration vue en un burlesque muet, mais formidablement expressif" title="•Off 2026• "Attention ne pas plier" L'administration vue en un burlesque muet, mais formidablement expressif" />
     </div>
     <div>
      Création collective et internationale Cie Faulty Wire       <br />
       Chorégraphie : Sarah Azerof.       <br />
       Avec : Sarah Azerof, Yu-hung Hou, Jérôme Léger, Julie Jane Nissen, Giacommo Peia.       <br />
       Musique : Alp Citlak.       <br />
       Création lumière : Hugo Fox.       <br />
       Par la compagnie Faulty Wire.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre du Rempart, 56, rue du Rempart Saint-Lazare, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 85 37 48.       <br />
       <a class="link" href="https://theatredurempart.vosbillets.fr/billetterie/representation/33913/attention-ne-pas-plier" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-du-rempart.com/" target="_blank">>> theatre-du-rempart.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Attention-ne-pas-plier-L-administration-vue-en-un-burlesque-muet-mais-formidablement-expressif_a4573.html" />
  </entry>
</feed>
