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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-17T14:40:22+02:00</updated>
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   <title>"Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !</title>
   <updated>2026-04-05T21:23:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Bovary-Madame-Un-classique-joliment-revisite-dans-une-trame-theatrale-et-circassienne-_a4523.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95858162-66918302.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-04-07T07:30:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'auteur et metteur en scène Philippe Honoré reprend le classique de Flaubert dans une scénographie circassienne. Les personnages s'assument comme des caractères dramaturgiques, au travers du "théâtre dans le théâtre", dans lequel on redécouvre Madame Bovary se libérant de son statut littéraire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95858162-66918302.jpg?v=1775414390" alt=""Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !" title=""Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !" />
     </div>
     <div>
      Écran au-dessus d'une piste de cirque avec côté cour et côté jardin trois gradins en bois avec des rambardes de couleur rouge. Le plateau découvre une piste de cirque. Nous sommes dans une représentation revendiquée, le théâtre dans le théâtre s'immisçant dès les premiers instants avec Madame Loyale (Marlène Saldana) qui présente les protagonistes, <span style="font-style:italic">&quot;Mesdames et Messieurs, c'est la vie, la coriace et vénéneuse vie de Madame Charles Bovary pour vous ce soir, et c'est elle-même qui va vous la raconter, aidée pour cela par l'ensemble de notre troupe : acrobates, magiciens, clowns, voltigeurs…&quot;</span>, Madame Bovary (Ludivine Sagnier) étant sur un élément de bois circulaire en mouvement sur elle-même lorsque les autres sont dans les gradins.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Une convulsion la rabattit sur le sol. Tous s'approchèrent. Elle existait encore&quot;</span> s'affiche sur l'écran au début et à la fin de la représentation. C'est un remake de la mort de &quot;Madame Bovary&quot; de Flaubert, l'écrivain la décrivant dans son œuvre par &quot;Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s'approchèrent. Elle n'existait plus&quot;. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95858162-66918306.jpg?v=1775414435" alt=""Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !" title=""Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, c'est une Emma Bovary, ou son dramaturge et metteur en scène, qui bouscule le rôle dont l'astreint Flaubert. Son refus de mourir et de la scène du fiacre où elle doit effectuer un ébat sexuel avec un de ses amants, Léon Dupuis (Davide Rao), se fait, malgré elle, sur l'insistance de Madame Loyale. Ce moment fut censuré par le gouvernement du Second Empire avant qu'elle ne soit rétablie après que Flaubert ait gagné son procès en avril 1857.       <br />
              <br />
       Nous avons une vue omnisciente de la scène, une caméra permettant en effet de voir ce qui se joue en dehors du plateau, côté jardin, dans un couloir blanc jouxtant la scène où on retrouve Emma Bovary dans son intimité, seule ou, une fois, avec son amant, Rodolphe qui la presse. Côté cour est visible un salon avec, entre autres, son piano sur lequel, à un moment, nos protagonistes jouent de la musique.       <br />
              <br />
       L'humour est au rendez-vous avec Charles Bovary (Jean-Charles Clichet) aimant sa femme et faisant confiance à tout le monde, aux amants de celle-ci de même, qui prête à de multiples comiques de situation. Monsieur Lheureux (Stéphane Roger), dans un rôle de clown sans son costume, y a sa part avec sa machine à barbe à papa qui joue avec le public en l'interpellant. Monsieur Homais (Julien Honoré) est dans un rapport au langage gourmand, la réalité étant appréhendée de son côté au travers des mots.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95858162-66918318.jpg?v=1775414488" alt=""Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !" title=""Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !" />
     </div>
     <div>
      Qui incarne-t-elle cette Bovary Madame ? De quelle liberté est-elle éprise ? Celle, artistique, d'un personnage s'échappant du rôle autant littéraire que théâtral qui lui est astreint ? Ou celle face à Philippe Honoré, parfois ambassadeur de Gustave Flaubert, qui veut faire entendre sa liberté ? Dans cette zone grise, le dramaturge et metteur en scène laisse toute liberté au spectateur d'opter pour l'une ou l'autre option. De cette latitude à choisir, c'est aussi un autre regard qui est porté sur elle.       <br />
              <br />
       Présentée sévèrement et à charge au début par Madame Loyale – <span style="font-style:italic">&quot;Emma Rouault, nom d'épouse : Bovary. Fauve bien plus dangereux que ceux qui rugissent dans notre ménagerie, un monstre aux yeux d'ange… Sexe et argent, province et déchéance !&quot;</span> –, elle essaie de s'échapper de son rôle dans la pièce et de l'aura de son personnage dans le roman qu'on lui prête depuis 1,5 siècle. Elle bouscule son statut littéraire, symbolisé par Madame Loyale, en se revendiquant, bien que contrainte parfois, libre de ses décisions.       <br />
              <br />
       D'objet de représentation à l'entame du spectacle, elle devient sujet en devenant une autre version de ce que peut être le bovarysme, en s'échappant de sa vie terne afin d'en vivre une nouvelle. Il y a de très beaux tableaux où le jeu de Ludivine Sagnier oscille entre fragilité, désir, remise en cause et questionnement.       <br />
              <br />
       Son incarnation est remarquable. Gracile et tourmentée, la comédienne déploie une palette très variée de sentiments et d'émotions. Elle a presque une figure d'ange par sa délicatesse, touchée par un désir de sensualité, alors que le désir fougueux de Léon Dupuis et Rodolphe Boulanger (Harrison Arévalo) est mis en avant sans pour autant qu'on leur prête quelques vices et débauches particuliers.       <br />
              <br />
       Ainsi, ce sont par différents canaux que se dessine la figure d'Emma Bovary. Elle est présentée par Madame Loyale au début, puis par ses conduites opposées avec son mari et ses amants, et enfin par elle-même avec ses pensées. Ce sont quatre portraits de femmes différentes que l'on voit chez elle. Celle intime qui se découvre quand elle est seule, celle où elle est socialement avec son mari en tant qu'épouse, celle où elle épanche ses désirs avec ses amants et celle enfin où elle est libre dans ses pensées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95858162-66918319.jpg?v=1775414514" alt=""Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !" title=""Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !" />
     </div>
     <div>
      Dans ces chemins croisés, le parti pris autant dramaturgique que scénographique de Philippe Honoré bouscule de façon créative le roman de Flaubert. Les figures du mari, Monsieur Bovary, et des amants, Léon et Rodolphe, sont antinomiques. Le premier est de caractère doux et aimant, le deuxième est porté par le désir et le troisième par ses pulsions lubriques qui donnent à voir la richesse et la complexité du personnage éponyme.       <br />
              <br />
       La construction dramaturgique et la mise en scène sont audacieuses. Philippe Honoré marie théâtre, musique et littérature sous un chapiteau, dans des accents circassiens où le comique clownesque y a sa part, avec Monsieur Lheureux. Les protagonistes jouent un rôle qui glisse dans la représentation assumée, quand pour Emma Bovary, elle est dans un tempo bien ancré dans le réel où ses envies et ses pensées sont retranscrites par la vidéo. Un joli cocktail qui est à rebrousse-poil du classique de Flaubert et donne du caractère à cette création.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Bovary Madame"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95858162-66918329.jpg?v=1775414539" alt=""Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !" title=""Bovary Madame" Un classique joliment revisité dans une trame théâtrale et circassienne !" />
     </div>
     <div>
      D'après le roman de Gustave Flaubert.       <br />
       Texte : Christophe Honoré.       <br />
       Mise en scène : Christophe Honoré.       <br />
       Collaboration à la mise en scène : Christèle Ortu.       <br />
       Avec : Harrison Arévalo, Jean-Charles Clichet, Julien Honoré, Davide Rao, Stéphane Roger, Ludivine Sagnier, Marlène Saldana.       <br />
       Assistants dramaturgie : Paloma Arcos Mathon, Brian Aubert.       <br />
       Scénographie : Thibaut Fack.       <br />
       Lumières : Dominique Bruguière, assisté de Pierre-Nicolas Moulin.       <br />
       Son : Janyves Coïc.       <br />
       Costumes : Pascaline Chavanne, assistée de Zélie Hénocq.       <br />
       Collaboration à la vidéo : Jad Makki.       <br />
       Assistant création vidéo et réalisation : Lucas Duport.       <br />
       Construction décor : Ateliers du théâtre Vidy-Lausanne.       <br />
       Durée : 2 h 25.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 mars au 16 avril 2026.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 17 h.       <br />
       Théâtre de la Ville-Sarah Bernhardt, 2, Place du Châtelet, Paris 4ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelaville-paris.com/fr/spectacles/saison-25-26/theatre/bovary-madame-dapres-gustave-flaubert#calendar" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelaville-paris.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Bovary-Madame-Un-classique-joliment-revisite-dans-une-trame-theatrale-et-circassienne-_a4523.html" />
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  <entry>
   <title>Le cabaret colle bien aux timbres et à l'âme des chansons de Bashung dans "Madame Ose Bashung"</title>
   <updated>2026-03-10T17:15:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-cabaret-colle-bien-aux-timbres-et-a-l-ame-des-chansons-de-Bashung-dans-Madame-Ose-Bashung_a4498.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95225914-66657584.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-10T16:58:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tolérance, sensualité, provocations amusées contre le masculinisme et les esprits étroits et rétrogrades sont les étendards de cet hommage à Alain Bashung orchestré par Sébastien Vion, artiste aux multiples talents, transformiste, artiste de rue et fidèle du cabaret Madame Arthur avec son personnage Corrine.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95225914-66657584.jpg?v=1773158481" alt="Le cabaret colle bien aux timbres et à l'âme des chansons de Bashung dans "Madame Ose Bashung"" title="Le cabaret colle bien aux timbres et à l'âme des chansons de Bashung dans "Madame Ose Bashung"" />
     </div>
     <div>
      Accompagné des fidèles complices que sont Kova Rea alias Brenda Mour, Julien Fanthou et son personnage Patachtouille, il s'empare d'une partie du répertoire de Bashung pour un show brûlant dans l'esprit cabaret. Toutes les trois, armées de hauts talons, de strings et de paillettes, chacune suivant sa tessiture, interprète une quinzaine de chansons qui vont des plus connues à quelques pépites confidentielles du rockeur au cœur tendre.       <br />
              <br />
       La performance est aussi musicale grâce au quatuor à cordes le Rainbow Symphony Orchestra, capable de l'interprétation du plus classique au plus rock et débridé, accompagné à la guitare électrique par Christophe Rodomisto et au piano par Delphine Dussaux alias Cosme McMoon, personnage grincheux et virtuose. Du grand luxe et des orchestrations originales denses et élaborées pour cet orchestre aussi visuel que musical, car toutes et tous sont également costumés(es) et empanachés(es) comme des créatures de la nuit.       <br />
               <br />
       Le mariage entre cet univers cabaret, queer, déjanté et les chansons de Bashung est une réussite exquise. Il met en relief les textes des chansons de Bashung qui sont des questionnements, des énigmes posées par la vie, énigmes charnelles, énigmes des actes, des désirs, des corps et des étranges signaux des sens capables de dérouter ses propres choix.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95225914-66657589.jpg?v=1773158521" alt="Le cabaret colle bien aux timbres et à l'âme des chansons de Bashung dans "Madame Ose Bashung"" title="Le cabaret colle bien aux timbres et à l'âme des chansons de Bashung dans "Madame Ose Bashung"" />
     </div>
     <div>
      Ce sont aussi ses mots qui jouent avec ces énigmes, qui tentent de garder leurs mystères tout en dévoilant leurs errances, des jongleries verbales jamais toujours gratuites qui puisent dans la simplicité du quotidien pour donner corps à cette chose qui se crée entre mots, mélodies, musique et voix. Une recherche que Bashung, dans ses derniers concerts, mettait à l'œuvre, du désir symphonique aux riffs électriques, et aux ruptures radicales, qui faisaient souvent basculer ses morceaux en ambiances opposées, mélodie cool brisée soudain par un refrain hyper scandé comme dans &quot;Bombez !&quot;.       <br />
              <br />
       Un spectacle haut en couleur, en rire, en émotions et en cœur énorme qui finit en beauté et en poésie avec les voltiges aériennes d'une virtuosité à faire tourner la tête de Vladimir Spach, emportant Corrine, haut, dans les airs, rejoindre l'âme de l'auteur de &quot;Madame Rêve&quot;.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu au Théâtre-Sénart - Scène nationale, Lieusaint (77) le 30 janvier 2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Madame Ose Bashung"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95225914-66657627.jpg?v=1773158548" alt="Le cabaret colle bien aux timbres et à l'âme des chansons de Bashung dans "Madame Ose Bashung"" title="Le cabaret colle bien aux timbres et à l'âme des chansons de Bashung dans "Madame Ose Bashung"" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène : Sébastien Vion, Cie Le Skaï et l'Osier.        <br />
       Chanteuses, chanteurs, performeuses et performeurs : Corrine (Sébastien Vion), Brenda Mour (Kova Rea), Patachtouille (Julien Fanthou).       <br />
       Piano : Cosme McMoon (Delphine Dussaux).       <br />
       Guitare : Christophe Rodomisto.       <br />
       Quatuor à cordes du Rainbow Symphony Orchestra : Juliette Belliard (alto), Adrien Legendre (violoncelle), Laurent Lescane (1er violon), Vladimir Spach (2e violon).       <br />
       Arrangements : Damien Chauvin.       <br />
       Sangles aériennes : Quentin Signori.       <br />
       Régie générale et régie lumière : Gilles Richard.       <br />
       Régie son : Jean-Pierre Goncalvez et Mustapha Aichouche.       <br />
       Habillage et accessoires : Anna Rinzo et Ninon Debernardi.       <br />
       Perruques et coiffures : Kevin Jacotot.       <br />
       Costumes latex : Arthur Avellano.       <br />
       Vidéos : Collectif La Garçonnière Tifenn Ann D, Syr Raillard, Thibaut Rozand.       <br />
       Bande son d'entrée : Nicol.       <br />
       Cie Le Skaï et l'Osier.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">14 et 15 mars 2026.</span>        <br />
       Samedi à 20 h, dimanche à 17 h.       <br />
       Les Quinconces &amp; Espal - Scène Nationale, 4, place des Jacobins, Le Mans (72).       <br />
       Tél. : 02 43 50 21 50.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.quinconces-espal.com/spectacle?id_spectacle=3423" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.quinconces-espal.com/" target="_blank">&gt;&gt; quinconces-espal.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       25 avril 2026 : Le Carré, Sainte-Maxime (83).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-cabaret-colle-bien-aux-timbres-et-a-l-ame-des-chansons-de-Bashung-dans-Madame-Ose-Bashung_a4498.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Madame L'Aventure", un déluge pétaradant… ou un pétard (à moitié) mouillé ?</title>
   <updated>2024-12-11T10:21:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Madame-L-Aventure--un-deluge-petaradant-ou-un-petard-a-moitie-mouille_a4102.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/84878649-60577916.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-11T10:09:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
S'affranchir du réel, pour mieux le faire émerger dans les plis d'un délire éminemment "spectaculaire"… Tel est l'angle d'attaque érigé en profession de foi par les deux complices, Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume, nouveaux artistes associés du tnba. Avec une énergie stricto sensu démentielle, ils parcourront en tous sens le plateau, le transformant en un formidable champ de bataille ludique. En quête d'aventures renvoyant au tapis le triste quotidien, le chevalier errant contemporain vivra ses rêves fous pour – en négatif – faire la nique aux existences normées… Sera-t-on pour autant embarqué dans le sillage de ses aventures ubuesques ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84878649-60577916.jpg?v=1733909901" alt=""Madame L'Aventure", un déluge pétaradant… ou un pétard (à moitié) mouillé ?" title=""Madame L'Aventure", un déluge pétaradant… ou un pétard (à moitié) mouillé ?" />
     </div>
     <div>
      D'entrée de jeu, les spectateurs découvrent &quot;Le capharnaüm de Jean-Pierre&quot; qui, béquille dans une main et aspirateur balai dans l'autre, les accueille de son air bonhomme. Le ton est donné et le décorum ainsi que les paroles prononcées résonnent comme une promesse de chevauchées déconnectées superbement du réel. &quot;Apocalypse now ? Non… c'est pire ! Aucune cohérence dans l'histoire. Porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile…&quot;. Qu'en termes choisis ces choses-là sont dites, de nobles mots qui cristallisent chez ce misanthrope solaire le délire &quot;poéthique&quot; lui tenant lieu de viatique dans sa traversée de l'humaine condition.       <br />
              <br />
       Il ne la traversera pas seul cette commune existence à fuir comme la peste. À ses côtés, ou plutôt lui faisant face jusqu'à lui rouler une pelle d'anthologie, une superbe muse-démon affublée de cuissardes compensées d'un rouge écarlate lui servira d'interface. Ainsi, Sancho Pança féminine, longiligne et méphistophélique, elle participera de beaucoup à l'atmosphère hors sol. Écuyère fantasque et fidèle compagne d'aventures de son inénarrable J-P, elle jouera de ses métamorphoses facétieuses pour combler l'inanité de &quot;la vallée des larmes&quot; promise par La Sainte Bible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84878649-60577917.jpg?v=1733909934" alt=""Madame L'Aventure", un déluge pétaradant… ou un pétard (à moitié) mouillé ?" title=""Madame L'Aventure", un déluge pétaradant… ou un pétard (à moitié) mouillé ?" />
     </div>
     <div>
      Jouant du burlesque de situations déjantées, dialoguant avec la Mort réincarnée, la descente en rappel dans la légende de Jean-Pierre amènera le héros à la triste figure à arpenter les méandres de la folie furieuse et du gore parodié… &quot;Pourquoi suis-je toujours le cheval que je tiens par la bride ?&quot; s'écrie-t-il, sabots martelant le sol, en se lançant dans un galop effréné destiné à le conduire vers la constellation de Pégase… Sanguinolent, s'effondrant dans une mare d'hémoglobine de théâtre, armure déglinguée, il se déclare &quot;le mal(e) en point&quot;… Oscillant constamment entre absurde recomposé et trash revisité, deux registres assumés de haut vol comme remèdes à la normalité insipide, on s'achemine vers un dénouement-testament, sorte de &quot;requiem pour un fou&quot;. Testament d'un homme qui aura tenté, envers et contre toute raison, de &quot;trouver son fou&quot; afin d'advenir à lui-même.       <br />
              <br />
       Alors pourquoi cette forme délirante s'il en est, plutôt bien orchestrée et sensée dans son non-sens, ne nous touche-t-elle pas plus, nous laissant trop souvent sur le bord de la scène ? Pourquoi ne sommes-nous pas aspirés sur le plateau par la tornade initiée par ses fougueux interprètes ? Peut-être parce que le trop-plein de signes ostensibles de l'écriture décrédibilise l'intention première, nombre de situations fleurant bon la facilité de l'humour potache… Dommage, car on aurait tant aimé être embarqués &quot;pour de vrai&quot; dans cette folle poursuite en dehors des sentiers battus du conformisme ambiant.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 4 décembre, Salle Vauthier du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Madame L'Aventure"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84878649-60577925.jpg?v=1733909954" alt=""Madame L'Aventure", un déluge pétaradant… ou un pétard (à moitié) mouillé ?" title=""Madame L'Aventure", un déluge pétaradant… ou un pétard (à moitié) mouillé ?" />
     </div>
     <div>
      Texte : Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume.       <br />
       Avec : Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume.       <br />
       Création musicale, Clémence Jeanguillaume.       <br />
       Scénographie : Jean-Baptiste Bellon.       <br />
       Masques : Loïc Nebreda.       <br />
       Lumière et vidéo : Gaëtan Veber.       <br />
       Son : Raphaël Joly.       <br />
       Dramaturgie, Julien Vella.       <br />
       Construction décor : Daniel Roussel.       <br />
       Peinture : Daniel Roussel et Jean-Baptiste Bellon.       <br />
       Costumes : Gwendoline Bouget.       <br />
       Illustration : Halim Talahari.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 3 au vendredi 6 décembre 2024 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84878649-60577947.jpg?v=1733910021" alt=""Madame L'Aventure", un déluge pétaradant… ou un pétard (à moitié) mouillé ?" title=""Madame L'Aventure", un déluge pétaradant… ou un pétard (à moitié) mouillé ?" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       18 et 19 mars 2025 : Malraux - Scène nationale Chambéry Savoie, Chambéry (73).       <br />
       24 et 25 avril 2025 : TANDEM - Scène nationale de Douai/Arras, Arras (62).       <br />
       6 et 7 mai 2025 : Théâtre du Bois de l'Aune, Aix-en-Provence (13).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Madame-L-Aventure--un-deluge-petaradant-ou-un-petard-a-moitie-mouille_a4102.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque</title>
   <updated>2024-06-06T11:15:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Madame-l-Aventure-Pas-seulement-une-promesse-de-depaysement-mais-un-cadeau-colore-musical-et-clownesque_a3930.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80785578-58259470.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-06-06T10:43:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
D'abord, il y a l'esprit. L'esprit de l'Aventure. Avec un grand "A". L'aventure comme une évidence de vie, comme la vie même que chacun découvre à chaque jour qu'il franchit au travers des déserts, des montagnes, des jungles ou des "salons salles-à-manger", c'est selon… Mais elle est là, c'est ce que nous dit sans préambule le personnage incarné par Lionel Dray, tout équipé qu'il est d'une armure et d'une immense carte dans le dos, sur lequel il semble collé comme une figure panini.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80785578-58259470.jpg?v=1717665330" alt=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" title=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" />
     </div>
     <div>
      Mais avant cette quête bien légitime pour tout être vivant, et en conformité avec tous les mythes qui entourent ce drôle de concept, il y a l'amour, la belle, la dulcinée du Toboso, sur les lèvres de laquelle l'aventurier puise ses forces pour partir. Elle est là, posée comme lui sur un échiquier géant, le visage couvert d'une haute tiare verticale et les pieds chaussés de bottes de drag queen sur lesquelles elle traverse l'espace, case noire après case noire, une démarche malhabile, mais qui la conduit près de lui, le pion, le fou, elle, la tour la reine. Et il part, dans son armure, pour un voyage qui va faire béer toutes les bouches des spectateurs.        <br />
              <br />
       Des pions, des fous, des chevaux, un roi, une reine, c'est bien tout l'attirail des chevaliers du Moyen Âge que représente cet échiquier sur lequel l'aventure commence. Mais hormis ce sol, la scénographie toute entière ressemble plus à une station service abandonnée des années quatre-vingt avec une drôle de carcasse de voiture sur le côté et une construction soutenant un grand rideau de lames de plastique, comme on en voit dans les garages ou les abattoirs, le tout éclairé par un alignement de lampadaires de rocade. Car l'Aventure enjambe les siècles et les époques, et celle qui va nous être racontée par Madame est bien intemporelle. Indéfinissable, même. Mais totale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80785578-58259471.jpg?v=1717665368" alt=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" title=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" />
     </div>
     <div>
      L'idée de départ de Lionel Dray et de Clémence Jeanguillaume tient en quelques mots : imaginer un aventurier qui soit à la fois Don Quichotte et Sancho Pança. Un mélange, une émulsion plutôt, comme l'huile et l'eau, entre l'idéal, le pur, le fou et le pragmatique, le concret, le raisonnable. Entre l'aveuglement de l'héroïsme, et la prudence de la couardise, entre l'absolu et le pratique. Voilà donc cet être étrange, dans son armure étrange, dans ce décor étrange, avec cette &quot;Madame l'Aventure&quot; étrange et qui s'appelle Jean-Pierre.       <br />
              <br />
       Ce sera plus d'une heure d'une folle équipée à laquelle nos deux créateurs vont nous emmener. Une course tragicomique à pied, en voiture, à cheval ou en cheval, dans ce décor qui finira peinturluré de mille couleurs en lieu et place du noir et blanc implacable de l'échiquier. Comme si la vie avait décidé de coloriser cette triste platitude du destin.        <br />
              <br />
       Usant de tous les moyens possibles, visuels, sonores, masques, poudres et fumées, ombres et corps, chants et cascades… Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume jettent aux yeux et aux oreilles des spectateurs une fantaisie débridée qui n'en est pas moins sourcée à une vraie vision du monde et de l'existence aventureuse. Jouant de multiples instruments, de sa voix et de son corps façonné par la danse contemporaine, Clémence Jeanguillaume se glisse sous les masques de multiples personnages.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80785578-58259473.jpg?v=1717665410" alt=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" title=""Madame l'Aventure" Pas seulement une promesse de dépaysement, mais un cadeau coloré, musical et clownesque" />
     </div>
     <div>
      Des masques parfois simplistes, parfois ingénieux, mais toujours terriblement efficaces, créés par Loïc Nebreda, faits de divers matériaux, sourcés à différentes inspirations qui, elles aussi, enjambent les époques. Masques hauts comme des coiffes de grands prêtres, masques de perles de monstres plutôt inspirés de films effrayants…       <br />
              <br />
       Lionel Dray lui aussi crée ses propres masques éphémères avec des poudres colorées ou de l'argile, faisant de son visage une matière malléable et vaguement décrépie, comme si son visage, celui de Jean-Pierre, pouvait prendre la forme de tous les visages, comme celui du chevalier à la triste figure, comme d'aucuns. L'Aventure n'est pas toujours douce pour la chair humaine. Mais ce qu'il faut comprendre, c'est qu'elle est la seule vraie amour de celui qui est en quête et non pas une simple mortelle, une simple dulcinée.       <br />
              <br />
       Voilà un spectacle dans lequel le jeu assumé des deux interprètes et auteurs exalte la fantaisie la plus débridée, la plus riche, mais aussi la plus poétique qui soit et l'on se demande parfois durant le spectacle si leurs inventions vont avoir une limite ou pas tellement le grain de folie qui les habite les poussent aux excès les plus réjouissants.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Madame l'Aventure"</b></div>
     <div>
      Une création de Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume.       <br />
       Avec : Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume.       <br />
       Création musicale : Clémence Jeanguillaume        <br />
       Scénographie : Jean-Baptiste Bellon        <br />
       Lumière et vidéo : Gaëtan Veber        <br />
       Son : Raphaël Joly        <br />
       Dramaturgie : Julien Vella        <br />
       Construction décor : Daniel Roussel        <br />
       Peinture : Daniel Roussel, Jean-Baptiste Bellon        <br />
       Masques : Loïc Nebreda        <br />
       Costumes : Gwendoline Bouget        <br />
       Illustration : Halim Talahari       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée estimée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 31 mai au 9 juin 2024.</span>       <br />
       Vendredi et samedi à 20 h, dimanche à 17 h.       <br />
       Théâtre des 13 Vents, Domaine de Gramont, Montpellier (34).       <br />
       Créé le 31 mai 2024 au Théâtre des 13 Vents dans le cadre de la 38e édition du Printemps des Comédiens (du 30 mai au 21 juin 2024).       <br />
       <a class="link" href="https://printempsdescomediens.com/" target="_blank">&gt;&gt; printempsdescomediens.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Madame-l-Aventure-Pas-seulement-une-promesse-de-depaysement-mais-un-cadeau-colore-musical-et-clownesque_a3930.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…</title>
   <updated>2024-04-17T17:09:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Bonnes-Une-ceremonie-tres-theatrale-aux-identites-e-mouvantes_a3883.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79588129-57620928.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-04-17T16:32:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"La cérémonie", c'est ainsi que Solange et Claire, les deux bonnes inventées par Jean Genet, dénomment ce qui les fait échapper à leur condition de domestiques, cloîtrées dans une maison bourgeoise sans autre horizon d'attente que celui offert par leurs fantasmes. En effet, dans ce lieu vécu comme carcéral, leur seule évasion possible prend la forme d'un jeu exaltant : le meurtre – projeté sur l'écran de leurs jours sans fin – de Madame, leur patronne, qu'elles haïssent autant qu'elles l'envient…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57620928.jpg?v=1713365943" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Pour incarner au plateau cet enfermement physique et mental, Mathieu Touzé a confié à son complice à l'identité troublante, Yuming Hay (l'Herculine d'&quot;Herculine Barbin&quot; vu sur cette même scène du TnBA) le soin d'orchestrer dans le rôle de Madame les identités elles-mêmes flottantes de Solange et Claire, les deux sœurs fondues dans la même problématique.       <br />
              <br />
       Mais qu'on ne s'y trompe pas… Lorsque la scène s'éclaire, baignant d'une aveuglante lumière violette une estrade accueillant en parfaite symétrie deux coiffeuses et leurs fauteuils, une commode semblant flotter dans l'air et, en arrière-plan, un portique où les robes de Madame sont accrochées comme des peaux à enfiler, nos yeux sont d'emblée dessillés : on est bien au théâtre… mais pas dans un théâtre bourgeois qui se repaitrait à l'envi d'une réalité sordide. Ce qui va être joué, n'est pas un drame à la papa ourdi d'une morale d'avance convenue, mais bien un conte déjanté où la fantaisie débridée le dispute à la cruauté humaine.       <br />
              <br />
       D'ailleurs la traversée du plateau par le laitier, nu comme un ver et prenant tout son temps pour exhiber au passage ses attributs, rajoute une touche supplémentaire au tableau ci-dessus : exit toute représentation académique qui, a fortiori, détonnerait avec la personnalité de Jean Genet, auteur de cette pièce écrite en 1947 pour sa première version, et en 1968 pour sa forme définitive.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57620936.jpg?v=1713365980" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Quant aux deux sœurs, mues l'une et l'autre par un ressort mécanique empruntant au vivant ses mouvements stéréotypés consistant à vouloir, coûte que coûte, échapper à leur condition en développant un imaginaire façonné par des rêves de pacotille, elles vont se lancer dans des jeux de rôles à faire douter de qui elles sont le nom.       <br />
              <br />
       Claire &quot;est&quot; d'abord Madame, se pomponnant devant sa coiffeuse en vilipendant Solange, ayant gardé, elle, son statut de servante, mais pas son identité puisqu'elle &quot;est&quot; devenue sa sœur, Claire… Tandis que Solange-Claire dispose au pied du petit autel de la vierge et aux pieds de Madame des ribambelles de fleurs et de buis béni, Claire-Madame, ayant parfaitement intégré son nouveau rôle de bourgeoise hautaine, égraine un chapelet de remarques fleuries sur les gants de cuisine qui souillent sa chambre, sermonne crûment sa servante d'avoir osé cracher sur ses escarpins vernis pour les faire briller, bref brosse un portrait en 3D de leur maîtresse absente.       <br />
              <br />
       D'ailleurs, Claire-Madame se prend si magnifiquement au jeu qu'elle ira jusqu'à s'embrouiller en disant à Solange-Claire qu'elle a dénoncé Monsieur à la police, mélangeant son rôle de Madame avec sa réalité de bonne rêvant de l'assassiner… Comme si les identités se floutaient en se recouvrant dans un fondu-enchaîné de cinéma, le jeu théâtral n'étant pas encore suffisamment intégré pour subvertir les je identitaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57620996.jpg?v=1713366011" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Ce psychodrame grandeur nature, joué de manière fort appuyée, aura pour effet de libérer chez Solange-Claire des paroles venues du tréfonds de leur position de servantes haïssant ce qui leur est refusé : l'objet de leur désir incarné superbement par leur maîtresse dépositaire de la beauté et de la grâce des riches oisives. Crachant sur la robe rouge revêtue par sa sœur, elle tonitrue alors : <span style="font-style:italic">&quot;Je hais votre poitrine pleine de souffles embaumés. Votre poitrine d'ivoire ! Vos cuisses d'or ! Vos pieds d'ambre ! Je vous hais !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Tout en étant &quot;en représentation&quot;, les deux sœurs se tendent en effet un miroir effrayant, un miroir sans tain où elles se voient telles qu'elles ne peuvent souffrir d'être : des bonnes réduites à être des souillons, des méprisables pouilleuses… <span style="font-style:italic">&quot;Pour vous servir Madame… Je retourne à ma cuisine. J'y retrouve mes gants, le rot silencieux de l'évier. Vous avez vos fleurs, j'ai mon évier. Je suis la bonne&quot;.</span> Perspective insupportable qui a pour effet de déclencher chez Solange-Claire la pulsion meurtrière de mimer (?) l'étranglement du cou fragile de Claire-Madame… lorsque la sonnerie du réveil l'interrompt, annonçant le retour de la vraie Madame et, avec elle, la fin du jeu de rôles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57621007.jpg?v=1713366036" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Claire enfilant alors sa robe noire informe de servante, rendues à elles-mêmes, elles creuseront non sans une certaine délectation ce qui les &quot;travaille&quot; le plus chez Madame… Ce n'est pas sa morgue… mais l'amour qu'elle dit leur porter, <span style="font-style:italic">&quot;Elle nous aime comme la faïence rose de ses latrines, comme son bidet… C'est facile d'être bonne, et souriante, et douce quand on est belle et riche ! Mais être bonne quand on est une bonne !&quot;.</span> Tout est dit de cette &quot;ran-cœur&quot; mortelle, mâtinée des élans d'Éros les faisant divaguer (outre le laitier entrevu) sur les attraits de Monsieur envoyé derrière les verrous suite à leurs lettres de dénonciation… dans le dessein de pouvoir, le soir venu dans leur obscure chambrette, fantasmer le suivre au bagne dans un voyage sans retour.       <br />
              <br />
       Les deux comédiennes, l'une criarde, l'autre pas, rêvant d'être ce couple éternel du criminel et de la sainte cher à Jean Genet, exulteront. Tombant dans les bras l'une de l'autre, chantant joyeusement – car <span style="font-style:italic">&quot;l'assassinat est une chose inénarrable&quot;</span> – elles se lancent à corps perdus dans un numéro de music-hall débridé, la salle entière sous les spots clignotant étant transformée en cabaret.       <br />
              <br />
       Quant à l'arrivée de Madame, hystérique magnifique incarnée superbement par Yuming Hay surjouant à l'envi les faux pleurs, réelles minauderies et rires surfaits de cette bourgeoise puante de vanité, exhibant en tenue légère surhaussée de talons aiguilles sa supériorité de classe (à défaut d'en avoir), elle fera littéralement sensation…. En effet, le parti pris affiché par Mathieu Touzé de convoquer tous les attraits du voguing parodiant les postures et manières d'une certaine prétendue élite, éclate ici de vérité… théâtrale.       <br />
              <br />
       Madame qui les tue avec sa douceur (affectée), ses fleurs (fanées) qu'elle leur offre, ses robes (dont elle ne veut plus) et sa bonté (simulée) qui les empoisonne, distille chez les deux sœurs le poison entêtant qu'en tant que domestiques elles n'appartiennent pas à l'humanité… leur devoir étant alors d'empoisonner &quot;pour de vrai&quot; Madame, unique objet de leur attraction-répulsion. D'où le meurtre joué et rejoué à l'envi, allant même jusqu'à nous faire croire que Solange tue de ses mains Claire-Madame avec enterrement, discours et jouissance de la criminelle à la clef. Jusqu'à la chute où le jeu morbide ne se suffisant plus, &quot;la vie&quot; prendra le pas sous la forme d'une tasse de mixture mortelle bue sciemment par l'une des sœurs faisant – enfin – corps avec le désir d'être celle qu'elles ont détesté faute de pouvoir être elle.       <br />
              <br />
       Le parti-pris de Mathieu Touzé de s'entourer de comédiens complices de sa propre &quot;représentation des Bonnes&quot; pour, dans une scénographie à l'unisson, créer une comédie grinçante aux allures déjantées, peut irriter (côté outrancier d'un boulevard de seconde zone)… ou au contraire séduire par un second degré de haut vol pour peu que l'on se laisse prendre par la charge subversive de sa proposition. Pour notre part, nous avons été de ceux sous le charme.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 9 avril dans la Salle Vauthier du TnBA de Bordeaux (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Bonnes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79588129-57621423.jpg?v=1713367539" alt=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" title=""Les Bonnes" Une cérémonie très théâtrale, aux identités (é)mouvantes…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Genet (aux Éditions Gallimard).       <br />
       Mise en scène et scénographie : Mathieu Touzé.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Hélène Thil.       <br />
       Avec : Yuming Hey, Élizabeth Mazev, Stéphanie Pasquet, Thomas Dutay.       <br />
       Chorégraphie et costumes : Mathieu Touzé.       <br />
       Éclairagiste : Renaud Lagier.       <br />
       Régisseur général : Jean-Marc L'Hostis.       <br />
       Production : Collectif Rêve Concret.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 9 au vendredi 12 avril 2024 au TnBA à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 14 au 16 mai 2024 : Théâtre de la Manufacture - CDN Nancy Lorraine, Nancy (54).       <br />
       30 mai 2024 : Maison de la Culture, Nevers (58).
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