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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-08T20:49:47+02:00</updated>
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   <title>Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris</title>
   <updated>2019-06-07T09:15:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-merveilleuse-troisieme-de-Mahler-par-Philippe-Jordan-et-les-forces-de-l-Opera-de-Paris_a2341.html</id>
   <category term="Lyrique" />
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   <published>2019-02-08T17:42:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Après la Quatrième symphonie en 2015 et la Neuvième en 2016, le directeur musical de l'Opéra de Paris remonte le temps avec les musiciens et chœurs de l'orchestre maison sur les terres malhériennes en offrant la fameuse (et viscontienne) Symphonie n° 3 en ré mineur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30539403-29119255.jpg?v=1549645540" alt="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" title="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Parmi les œuvres de la Trilogie qu'il a coutume de réunir sous le titre de la &quot;Passion&quot;, sa troisième symphonie est selon Gustav Mahler &quot;la meilleure et la plus accomplie&quot;. Commencée en 1895 pendant les congés (de celui qui est alors chef d'orchestre de l'Opéra de Hambourg) à Steinbach-am-Attersee en Autriche, elle est achevée en août 1896 lors du dernier été passé dans la région du Salzkammergut - non loin de Salzbourg.       <br />
              <br />
       Composant dans son célèbre &quot;häuschen&quot; (ou maisonnette) dans une nature magnifique, Mahler déclare à son disciple Bruno Walter qui lui rend visite in loco en janvier 1896 : <span style="font-style:italic">&quot;Inutile de regarder le paysage, il a passé tout entier dans ma symphonie&quot;</span>. Une troisième symphonie conçue comme un hymne à la Nature et bien plus encore. Le compositeur écrit que cet <span style="font-style:italic">&quot;hymne gigantesque (…) à la gloire de la création&quot;</span> est celui dans lequel il entend se transporter <span style="font-style:italic">&quot;jusqu'au cœur même de l'existence, là où on ressent tous les frissons du monde et ceux de Dieu&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Le compositeur se fait donc une fois de plus démiurge, concevant un monstre en sept mouvements pour une durée de deux heures. C'est que pour Mahler <span style="font-style:italic">&quot;le fait que je l'appelle &quot;symphonie&quot; ne signifie pas grand chose (…) &quot;symphonie&quot; veut dire pour moi construire un monde (…) son contenu détermine lui-même sa forme.&quot;</span> Finalement elle comprendra six mouvements ; un fantastique cycle de métamorphoses d'une durée totale d'une heure trente - dont un premier mouvement (appelé un temps &quot;L’Éveil de Pan&quot;) d'une demi-heure : cas unique dans son œuvre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30539403-29119344.jpg?v=1549646041" alt="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" title="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Gros effectif d'orchestre, voix d'alto, chœurs de femmes et d'enfants donneront vie à ce récit grandiose de création et de méditation - avec un poème extrait des &quot;Knaben Wunderhorn&quot; (3e mouvement) et le sublime &quot;Chant de Minuit&quot; nietzschéen tiré de &quot;Ainsi parlait  Zarathoustra&quot; au 4e mouvement. Ce sera bien une symphonie qui <span style="font-style:italic">&quot;commence avec la nature et s'élève jusqu'à l'amour de Dieu&quot;.</span>       <br />
              <br />
       L'orchestre de l'Opéra de Paris livre en cette soirée de fin janvier une prestation parfaitement jouissive avec cette œuvre monde. Philippe Jordan - dont on regrette le départ à Vienne par anticipation - organise dans le gigantesque premier mouvement un titanesque &quot;éveil de la matière&quot;, né du conflit entre immobilité et chaos (où s'entend déjà subrepticement le superbe thème du quatrième mouvement entre fanfares de trompettes et longue intervention des trombones) après l'appel initial de huit cors.       <br />
              <br />
       Les deux mouvements suivants entraînent et enivrent en deux pages &quot;insouciante&quot; d'abord (sur un rythme de menuet) puis grotesque et naïve avec son lot de souvenirs d'enfance, ses échappées folles de divers instruments et son long solo de cor de postillon. Chaque pupitre impressionne en une dramaturgie étudiée.       <br />
              <br />
       Les trois derniers mouvements touchent au sublime alors que nous planons dans les hautes sphères malhériennes, enfin détachés du prosaïsme terrestre. La mezzo Michaela Schuster ne possède pas le plus beau timbre qui soit mais porte haut le poème nietzschéen en des accents bouleversants (&quot;Ô Mensch ! Gib acht!&quot; dans le quatrième mouvement en ré majeur puis mineur), accompagnée d'un orchestre en état de grâce.        <br />
              <br />
       Un moment suspendu (avec ces appels des petite et grande harmonie) où la profondeur la plus mystérieuse se fait intelligence cosmique. Les chœurs raniment la joie et battent le rappel des anges dans le cinquième en fa majeur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30539403-29119495.jpg?v=1549646561" alt="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" title="Une merveilleuse troisième de Mahler par Philippe Jordan et les forces de l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Le vaste Adagio final, terme d'une gradation idéalement architecturée par la battue inexorable ou (parfois) caressante du chef, tisse les lacis de l'Amour universel - avec le retour des cordes. Un amour enfin mis à la portée de l'humanité. Tour à tour grave et enfantin, ironique et lyrique, ténébreux et lumineux, l'orchestre récolte ensuite des acclamations en toute justice ; des hommages qu'il partage de bon gré avec son chef bien-aimé, les chœurs (sans reproches) et la mezzo allemande.        <br />
              <br />
       Concert entendu le 30 janvier 2019.       <br />
       Concert diffusé ultérieurement sur France Musique.       <br />
              <br />
       <b>Symphonie n°3 en ré mineur (créée intégralement en 1902).</b>       <br />
       Gustav Mahler (1860-1911).        <br />
              <br />
       Philippe Jordan, direction musicale.       <br />
       Michaela Schuster, mezzo-soprano.       <br />
       Orchestre et Choeurs de l'Opéra national de Paris.       <br />
       José-Luis Basso, chef des chœurs.       <br />
              <br />
       Maîtrise des Hauts-de-Seine/Chœur d'Enfants de l'Opéra national de Paris.       <br />
       Gaël Darchen, direction.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Une-merveilleuse-troisieme-de-Mahler-par-Philippe-Jordan-et-les-forces-de-l-Opera-de-Paris_a2341.html" />
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   <title>Une nouvelle donne pour Radio France</title>
   <updated>2018-07-16T10:51:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-nouvelle-donne-pour-Radio-France_a2205.html</id>
   <category term="Concerts" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/23763148-25899716.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-07-16T10:23:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La nomination en 2016 de Michel Orier comme directeur de la musique et de la création culturelle à la tête du groupe Radio France a permis la mise en œuvre d'une nouvelle ambition pour la Maison Ronde. Celle d'entrer de plein pied dans la modernité. Entretien avec Michel Orier en forme de bilan provisoire sur les avancées du projet.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23763148-25899716.jpg?v=1531730634" alt="Une nouvelle donne pour Radio France" title="Une nouvelle donne pour Radio France" />
     </div>
     <div>
      Michel Orier est un homme courtois et pressé. Il a pris en charge dès mars 2016 les destinées du groupe Radio France avec une double casquette, celle de la direction de la musique et de la création culturelle. Sa mission en clair ? Assumer la responsabilité de la politique culturelle et artistique de Radio France pour la faire rayonner auprès du plus grand nombre.        <br />
              <br />
       Cet ancien ingénieur du son et directeur de grandes institutions culturelles en région <span style="font-style:italic">(1)</span>, qu'on voit assidu à tous les concerts des quatre grandes formations maison <span style="font-style:italic">(2)</span>, est donc le pilote de la nouvelle politique musicale comme de la programmation événementielle. Une offre pensée pour attirer les meilleurs artistes.       <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq - Vous avez été nommé il y a un peu plus de deux ans et le bilan de votre mission est déjà impressionnant.</b>       <br />
              <br />
       <b>Michel Orier -</b> Ce n'est pas à moi de le dire. Mais cette mission avance incontestablement et pourtant rien n'était gagné. Nous avons une salle formidable avec l'Auditorium (avec une jauge de 1460 places) mais elle a ouvert ses portes deux mois avant la Philharmonie. Dans une maison qui n'était pas vraiment préparée à avoir la responsabilité d'une institution du spectacle capable d'offrir un tel volume et une telle qualité de production musicale. Il a fallu construire cette offre plus cohérente et éditorialisée que par le passé. Ce fut l'axe majeur de ces deux années. Aujourd'hui, nous avons de très bons résultats avec un taux de fréquentation qui avoisine les quatre-vingt douze pour cent. Naturellement nous le devons aux musiciens, à nos chefs Emmanuel Krivine et Mikko Franck et au public.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23763148-25899744.jpg?v=1531730667" alt="Une nouvelle donne pour Radio France" title="Une nouvelle donne pour Radio France" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous vous êtes aussi donné comme ambition de redonner tout son lustre au Studio 104 en tant que salle dévolue au jazz ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Michel Orier -</b> Par le passé, le Studio 104 (avec sa capacité d'accueil de huit cent cinquante auditeurs, un Petit Olympia en somme) a été une grande salle pour le jazz. Puis les concerts ont plutôt été donnés dans le Studio 105, qui excelle pour la variété, pour le rock <span style="font-style:italic">(3)</span> mais qui se révèle à mon sens insuffisant en termes de volume et de respiration pour le jazz. Désormais le Studio 104 retrouve sa vocation première avec sa double programmation mensuelle de jazz qui fonctionne très bien.       <br />
              <br />
       <b>Vous avez aussi souhaité que la Maison Ronde devienne un lieu de résidence pour les artistes ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Michel Orier -</b> Bien sûr. Fondamentalement notre différence est là : nous sommes une maison de production - ce qui est vrai pour les antennes comme pour la musique - et ce, à la différence de nombre d'autres institutions culturelles. Nous fabriquons nos propres programmes en fonction de thématiques que nous choisissons selon nos préoccupations, nos musiciens et nos directeurs musicaux. Cela nous permet de pouvoir dire à des artistes que nous aimons que nous les invitons une ou plusieurs saisons pour accompagner la création de leurs projets.        <br />
              <br />
       Ce sera le cas dès la saison 2018-2019 avec des artistes (tel Lambert Wilson), des musiciens (tels Bertrand Chamayou ou le Quatuor Diotima) et des compositeurs tel Pascal Dusapin, et beaucoup d'autres. C'est une de nos qualités essentielles que de pouvoir offrir des volumes d'activité allant de la création contemporaine à la réinterprétation d'œuvres du répertoire.       <br />
              <br />
       <b>En ce qui concerne les événements passés, duquel êtes-vous le plus fier ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Michel Orier -</b> Nous avons donné quelques grands concerts, impossible de tous les citer. Et il est difficile d'en choisir un plutôt qu'un autre : peut-être le concert de Martha Argerich pour le Concerto en sol de Ravel dirigé par Emmanuel Krivine, celui de Barbara Hannigan avec le Philharmonique ou la Symphonie des Psaumes de Stravinski dirigée par Mikko Franck … La reprise d'&quot;Elektra&quot; de Strauss par Mikko Franck à la Philharmonie a représenté un moment exceptionnel dans cette dernière saison !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23763148-25899752.jpg?v=1531730710" alt="Une nouvelle donne pour Radio France" title="Une nouvelle donne pour Radio France" />
     </div>
     <div>
      <b>Le chef de l'Orchestre Philharmonique de Radio France, Mikko Franck, réfléchit justement à de nouvelles configurations de concert en termes de nombre de musiciens et de répertoires pour sortir du schéma &quot;ouverture, concerto, symphonie&quot;. Est-ce une nécessité aujourd'hui ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Michel Orier -</b> J'en ai le sentiment en effet car le monde a changé. Il faut donc évoluer. Cependant on pourrait ne pas le faire et cela ne dérangerait pas une partie de notre public qui aime ce cérémonial immuable. Mais il se trouve qu'une de nos deux formations orchestrales est à géométrie variable et peut jouer dans des formats très différents. Jean-Marc Bador (délégué général du Philharmonique de Radio France, NDLR) et moi-même trouvons que cela a été fort mal exploité jusqu'à présent et qu'il est plus intéressant de mêler dans le même concert des parties en soliste, en quatuor, en musique de chambre et des parties orchestrales.        <br />
              <br />
       Et nous avons la salle qui convient pour ce projet : la qualité de l'écoute dans l'Auditorium, les détails perceptibles à chaque concert permettent de travailler sur ce genre de programme. Nous n'écoutons pas les œuvres de la même façon et c'est très intéressant : on sera plus sensible au contrepoint, aux diverses lignes mélodiques d'un symphonie après avoir entendu une œuvre chambriste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23763148-25899765.jpg?v=1531730749" alt="Une nouvelle donne pour Radio France" title="Une nouvelle donne pour Radio France" />
     </div>
     <div>
      <b>Dans votre mission figurait aussi la création d'un site dédié au concert sur Internet. C'est désormais chose faite, n'est-ce pas ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Michel Orier -</b> Ce site dédié à la diffusion de nos concerts a ouvert en décembre 2017 en partenariat avec Arte. Les concerts sont diffusés à la fois sur les sites de France Musique et d'Arte Concert. Cela ouvre de belles possibilités pour un public qui ne peut pas venir à Paris. Nous avons aussi créé le site anglophone de France Musique (disponible depuis juin 2018). La musique est un langage universel et il était important de rendre accessible à une large audience internationale nos programmes qui l'encadrent - comme les reportages, les critiques, les commentaires.       <br />
              <br />
       <b>Vous avez souhaité également ouvrir davantage les antennes à la musique de films ?       <br />
              <br />
       Michel Orier -</b> Nous avons enregistré la musique du film de Luc Besson, &quot;Valérian&quot;, composée par Alexandre Desplat - ce compositeur talentueux à qui nous consacrerons d'ailleurs une soirée. Nous avons aussi imaginé trois week-ends particuliers autour de Bertrand Tavernier (spécialiste de la musique du cinéma français), autour de l'œuvre de Nino Rota et autour des musiques des films de Stanley Kubrick. Voilà une activité que j'aimerais développer dans la maison, y compris celle d'enregistrement.        <br />
              <br />
       Nous avons en effet l'opportunité désormais de relocaliser en France l'enregistrement des musiques de films grâce à un crédit d'impôt important et à une politique d'aide du CNC. Et surtout nous avons des formations d'excellence avec l'Orchestre National de France et l'Orchestre Philharmonique de Radio France. Sans oublier que nous avons la capacité technique d'enregistrement en tant que dernier grand studio alors qu'il n'y en a plus aucun autre à Paris. Nous pouvons challenger le London Symphony Orchestra et Abbey Road sans difficulté sur ce terrain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23763148-25899844.jpg?v=1531731215" alt="Une nouvelle donne pour Radio France" title="Une nouvelle donne pour Radio France" />
     </div>
     <div>
      <b>En quoi la musique de films est-elle importante à vos yeux ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Michel Orier -</b> Je suis persuadé (et je ne suis pas le seul) que la musique de films est une des voies essentielles de l'avenir de la musique classique, en particulier pour les compositeurs. Les Nino Rota, Maurice Jarre, John Williams, Howard Shore et autres Bernard Hermann ont écrit de superbes pages symphoniques et ces grandes partitions sont très populaires. Elles recroisent souvent certaines grandes œuvres du patrimoine.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Michel Orier a également travaillé pour différents cabinets ministériels et a occupé la fonction d'Inspecteur général des affaires culturelles au Ministère de la Culture jusqu'en 2016.       <br />
       (2) Ce sont l'Orchestre National de France, l'Orchestre Philharmonique de Radio France, le Chœur et la Maîtrise de Radio France.       <br />
       (3) Avec les Black Sessions de Bernard Lenoir par exemple.</span>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 27 juillet 2018.</span>       <br />
       Festival de Radio France - Occitanie - Montpellier &quot;Douce France&quot;. <a class="link" href="http://lefestival.eu/" target="_blank">&gt;&gt; lefestival.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23763148-25899855.jpg?v=1531731240" alt="Une nouvelle donne pour Radio France" title="Une nouvelle donne pour Radio France" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 4 au 8 septembre 2018.</span>       <br />
       4e Concours international de chefs d'orchestre Evgeny Svetlanov.        <br />
       <span class="fluo_jaune">6 septembre 2018 à 20 h. </span>       <br />
       Concert-hommage à Evgeny Svetlanov par le Philharmonique de Radio France.       <br />
              <br />
       <b>Concerts d'ouverture de la saison 2018-2019.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">13 septembre 2018</span> à 20 h : Concert de l'ONF (Lalo, Saint-Saëns, Brahms), direction E. Krivine.       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 septembre 2018</span> à 20 h :  Concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio France (Berlioz, Chausson, Ravel, Matalon, Debussy), direction M. Franck.       <br />
       <span class="fluo_jaune">22 septembre 2018</span> à 20 h 30 : Jazz sur le vif, Michel Portal New Quintet, au Studio 104.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.maisondelaradio.fr/" target="_blank">&gt;&gt; maisondelaradio.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Le retour de "Werther" à Bastille</title>
   <updated>2016-01-30T15:04:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-retour-de-Werther-a-Bastille_a1532.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/8872333-14053458.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-01-30T13:45:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Depuis le 20 janvier et jusqu'au 4 février, l'Opéra de Paris présente la célèbre production de Benoît Jacquot du chef-d'œuvre de Massenet avec une nouvelle distribution sous la baguette d'un brillant jeune chef italien Giacomo Sagripanti, remplaçant au pied levé Michel Plasson souffrant. Nous avons pu recueillir les impressions d'un chef d'orchestre heureux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053458.jpg?v=1454159615" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      Retour de la production de &quot;Werther&quot; du cinéaste Benoît Jacquot dont la création en 2010 - sous la baguette de Michel Plasson avec le ténor Jonas Kaufmann et la mezzo Sophie Koch - a marqué souverainement les mémoires. Après une reprise avec Roberto Alagna (que nous n'avons pas vue), ce troisième opus allait-il nous décevoir ? En 2016, si le plateau nous laisse quelque peu sur notre faim (malgré une distribution de haut vol), la fosse déchaîne notre enthousiasme grâce à la direction de Giacomo Sagripanti en parfaite intelligence avec l'orchestre de l'Opéra de Paris.       <br />
              <br />
       C'est que cette reprise semble sage, trop sage sur scène. L'ensemble de la distribution est de premier plan, telle la Sophie lumineuse d'Elena Tsallagova, le noble Albert de Stéphane Degout et le Bailli amusant de Paul Gay. Le ténor Piotr Beczala est un Werther impeccable comme la Charlotte d'Elina Garanca. Beczala fait penser à ses glorieux aînés tels Nicolai Gedda ou Alfredo Kraus - pour le pire et le meilleur. Car nous ne sommes plus en 1970 et le public s'est habitué à admirer un jeu incandescent (celui de J. Kaufmann justement). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053575.jpg?v=1454160092" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      Quoique la voix du ténor polonais soit séduisante avec son timbre très lumineux, le jeu quant à lui est conventionnel avec son catalogue de postures attendues (pour la joie, la tristesse, le désespoir). Bref, l'affectation domine quand le plateau devrait s'embraser des feux d'un romantisme ardent et noir. Même la mise en scène de Benoît Jacquot inspirée de peintres comme Tischbein ou Hackert, qu'on avait pourtant appréciée il y a six ans, paraît vieillotte.       <br />
              <br />
       Heureusement, la fosse d'orchestre nous régale de ce romantisme ardent et de ces ténèbres de l'âme qui nous manquent tant sur scène. Dès le prologue, le Massenet que nous propose Giacomo Sagripanti vise droit au cœur et ne lâchera plus son emprise jusqu'à la dernière note. Avec la direction racée du chef italien pour un orchestre coloriste, poète et particulièrement dramatique, ce &quot;Werther&quot; nous emmène loin et haut. Une performance rare. Nous voulions donc nous entretenir avec Giacomo Sagripanti qui s'apprête par ailleurs à diriger aussi &quot;Le Barbier de Séville&quot; à Bastille - une direction programmée depuis longtemps celle-là.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053595.jpg?v=1454160718" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      <b>Christine Ducq - Quand vous a-t-on contacté pour remplacer Michel Plasson dans ce &quot;Werther&quot; ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> L'Opéra de Paris m'a contacté deux jours avant les répétitions prévues avec l'orchestre le 8 janvier, dans l'après-midi du six - si mes souvenirs sont bons.        <br />
              <br />
       <b>Vous connaissiez bien cette partition.</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> Absolument. Je l'ai souvent dirigée étudiant, en tant qu'assistant. Je la connais bien mais le problème posé n'est pas tant musical qu'humain. Après dix ans, je ne suis plus la même personne ni le même musicien. Il fallait donc totalement reconsidérer l'œuvre.       <br />
              <br />
       <b>Connaissiez-vous déjà l'orchestre de l'opéra ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> Oui ! Je suis venu ici dans les mêmes conditions il y a deux ou trois ans pour remplacer au pied levé le chef pour une &quot;Cenerentola&quot; à Garnier - il s'agissait déjà de l'orchestre qui va travailler avec moi pour &quot;Le Barbier de Séville&quot; en février.       <br />
              <br />
       <b>Vous travaillez donc avec deux formations distinctes. Une pour &quot;Werther&quot; et une pour &quot;Le Barbier&quot; ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> Oui. L'orchestre pour ce &quot;Werther&quot; avait aussi travaillé avec moi pour &quot;Les Capulet et les Montaigus&quot; dans le passé. Encore un remplacement de dernière minute (il rit). Après ces deux expériences, j'ai commencé à mieux connaître les orchestres de l'Opéra de Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053623.jpg?v=1454160977" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      <b>Aviez-vous une appréhension étant donné ces conditions début janvier ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> C'était en effet une situation particulière. Remplacer Michel Plasson dans cette production historique n'est pas rien. D'un autre côté, j'avais très envie de proposer un &quot;Werther&quot; très lyrique et ce, avec mon expérience de chef italien spécialisé dans le Bel Canto. C'est une œuvre si intéressante du point de vue de l'instrumentation et de l'orchestration. On y trouve bien-sûr beaucoup de poésie et en même temps un vrai caractère dramatique. Nous parlons d'une œuvre inspirée par le Sturm und Drang, c'est-à-dire par les orages des débuts du romantisme. Et c‘est bien ce qu'on lit dans la partition. Massenet utilise beaucoup de nouveaux timbres et combinaisons entre les instruments de l'orchestre.       <br />
              <br />
       Ce ne sera pas le &quot;Werther&quot; français de Michel Plasson car j'en propose un autre que j'espère très intéressant avec cet orchestre et ces chanteurs exceptionnels.       <br />
       En tant que chef, si on connaît son métier - et même si les premiers moments avec l'orchestre peuvent être étranges -, on peut le convaincre de la justesse de ses idées. Que le chef soit jeune ou pas. Quand les musiciens constatent que celui-ci a une conception qu'il sait défendre de la bonne manière et qu'il a un savoir-faire, une relation faite de respect mutuel s'installe. Tout devient plus simple. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053629.jpg?v=1454161193" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      <b>Cela se ressent bien de la salle…</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> Cet orchestre est magnifique et me suit merveilleusement. Je suis arrivé avec mes tempi, mes dynamiques, ma conception personnelle de l'œuvre. Dès que nous l'avons répétée en entier pour les réglages scène-orchestre, tout le monde a bien compris où je voulais en venir et ce qu'était ma vision.        <br />
              <br />
       <b>Quelle est cette vision ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> La caractéristique la plus importante de &quot;Werther&quot; pour moi est l'orchestration de Massenet avec ses couleurs. Mais aussi les nouveautés du point de vue instrumental comme l'utilisation du saxophone et celle si spéciale des instruments à vent. J'adore également son caractère dramatique. Certes on la considère comme musicalement très française. Je pense quant à moi que sa dramaturgie doit être particulièrement soulignée.        <br />
              <br />
       Dans le répertoire italien, il est plus de situations dramatiques que musicales et j'ai cherché - non un compromis - mais une vision où les deux puissent coexister : les couleurs de l'orchestration française et la dramaticité italienne. Ainsi il me semble qu'on peut donner plus de fluidité musicale et dramatique avec quelques tempi un peu plus rapides (que ceux choisis par Plasson, NDLR) ou que la mort de Werther peut être encore plus tragique d'un point de vue instrumental. Et je laisse beaucoup de liberté aux vents par exemple, je les laisse chanter.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8872333-14053640.jpg?v=1454161732" alt="Le retour de "Werther" à Bastille" title="Le retour de "Werther" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous dirigerez &quot;Le Barbier de Séville&quot; de Rossini dans quelques jours à Bastille. C'est un de vos compositeurs de prédilection ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> C'est un des compositeurs phare de mon répertoire avec Bellini et Donizetti. Je suis né et j'ai commencé avec le Bel Canto. Il m'a ouvert les portes des grandes maisons lyriques dans le monde entier. Je suis vraiment ravi de travailler avec une si belle équipe artistique à Paris pour ce &quot;Barbier&quot; et j'attends la première (le 2 février, NDLR) avec beaucoup de plaisir.        <br />
              <br />
       <b>Cela ne va pas être trop difficile de conduire deux opéras en même temps ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Giacomo Sagripanti -</b> Si, naturellement. Il faut savoir contrôler son énergie, bien manger et bien dormir. Et être trois ou quatre heures dans sa loge avant la représentation pour travailler la partition et méditer. Cela ira (il rit). Je me sens si privilégié de travailler ici à Paris.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Interview réalisée le 28 janvier 2016.</span>       <br />
              <br />
       Prochaines représentations.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Vendredi 29 janvier, lundi 1er et jeudi 4 février 2016 à 19 h 30.</span>       <br />
              <br />
       Opéra national de Paris, Place de la Bastille, Paris 12e.       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Werther&quot; (1892).</b>       <br />
       Musique : Jules Massenet (1842-1912).       <br />
       Livret : E. Blau, P. Milliet, G. Hartmann d'après Goethe.       <br />
       En français surtitré en français et en anglais.       <br />
       Durée : 3 h 10 avec deux entractes. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Giacomo Sagripanti, direction musicale.       <br />
       Benoît Jacquot, mise en scène.        <br />
       Charles Edwards, décors et lumières originales.       <br />
       Christian Gasc, costumes.       <br />
       André Diot, lumières.        <br />
              <br />
       Piotr Beczala, Werther.       <br />
       Elina Garanca, Charlotte.        <br />
       Stéphane Degout, Albert.       <br />
       Paul Gay, le Bailli.       <br />
       Elena Tsallagova, Sophie.       <br />
              <br />
       Orchestre de l'Opéra de Paris.       <br />
       Maîtrise des Hauts-de-Seine.       <br />
       Chœur d'enfants de l'Opéra de Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-retour-de-Werther-a-Bastille_a1532.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon</title>
   <updated>2015-05-07T06:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-belles-cuisses-de-Carmen-a-l-Opera-de-Lyon_a1340.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7758265-12013909.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-05-07T06:15:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Reprise d'une production de la mythique "Carmen" de Bizet à l'Opéra de Lyon dans la vision roborative qu'en a délivré en 2012 l'incontournable Olivier Py metteur en scène chéri de nos scènes lyriques. Un spectacle qui gratte et qui pique conçu pour choquer le (supposé) bourgeois jusqu'au 17 mai 2015.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7758265-12013909.jpg?v=1430900353" alt="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" title="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" />
     </div>
     <div>
      Disons-le tout net, cette &quot;Carmen&quot; vocalement et musicalement ne restera pas dans les annales de l'histoire de ses innombrables productions - et rien de tel que la Carmencita pour sauver l'année d'une maison d'opéra en matière de remplissage de salle. Mais remplir la salle n'est pas un problème à Lyon et on peut même être reconnaissant : Serge Dorny et son équipe font le choix, d'année en année, d'une programmation originale, faisant la part belle aux artistes et aux œuvres qui secouent et donnent à penser. La saison prochaine, Dmitri Tcherniakov pour une très attendue &quot;Lady Macbeth de Mzensk&quot; et David Marton pour une &quot;Damnation de Faust&quot; en ouverture en témoigneront. Entre autres.       <br />
              <br />
       Non. Si la scène lyonnaise redonne la &quot;Carmen&quot; rêvée par Olivier Py, c'est que le spectacle mérite d'être (re)découvert. Le trublion mystique toujours attendu au tournant ne déçoit pas cette fois encore et on ressort de cette production de l'un des opéras les plus populaires - ici radicalement réinterprété avec une &quot;Carmen&quot; lubrique et meneuse de revue - à la fois heureux et quelque peu partagé. Le spectateur pris dans une frénésie visuelle perpétuelle - que deux entractes viennent à peine tempérer - en émerge agréablement lessivé et un peu hébété quoique émoustillé. La faute à près de trois heures d'un raout clinquant de peep-show - un délectable scandale auquel nous ne sommes plus habitués maintenant que Gerard Mortier nous a quittés (et que certaines stars imposent des &quot;Cid&quot; vintage et ringards à un public frileux d'octogénaires…). Voilà Olivier Py qui nous refait le coup de son &quot;Rake's Progress&quot; monté à Garnier, il y a quelques années, avec ses backrooms peuplés de (beaux) garçons à poil.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7758265-12018890.jpg?v=1430940705" alt="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" title="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" />
     </div>
     <div>
      La Carmen vue par Olivier Py est donc meneuse de revue ultra sexy - en tenue d'Ève ou en culotte soutien-gorge rouge vif la plupart du temps - d'un cabaret miteux situé dans un faubourg dangereux, peut-être non loin de ces docks qui n'auraient pas déplu à un Bernard-Marie Koltès (très beaux décors dus à Pierre-André Weitz). Foin de la &quot;couche de folklore espagnol de pacotille&quot; de l'œuvre nous avertit le metteur en scène, Carmen, c'est l'héroïne nietzschéenne de la liberté, une &quot;marginale&quot; venue venger tous les exclus et opprimés de la terre. Soit.       <br />
              <br />
       S'ensuit un carnaval super drôle quoique un peu fatigant, une ronde perpétuelle où il se passe toujours quelque chose y compris dans les intervalles musicaux et préludes : danses nègres à la Joséphine Baker, pas de trois et quatre un peu partouzeurs, poses sexuelles explicites et travestissements inattendus, j'en passe et des meilleurs. Même King Kong se balade dans le décor - un vrai cirque on vous dit avec du néné, de la fesse, du muscle et du chien. La mezzo Kate Aldrich a le physique du rôle et son interprétation vocale sans nous laisser indifférents ne nous bouleverse pas non plus. Mais quelle actrice ! Le timbre un peu métallique de sa voix empêche cependant toute extase. Passons sur le Don José exécrable du ténor mexicain Arturo Chacon-Cruz qui avale une syllabe sur quatre (&quot;C'est moi qui l'ai TOU&quot;* dans un final du coup ridicule) et nous sert une incompréhensible soupe très indigeste. On aimerait lui rappeler aussi le sens des nuances puisque brailler n'est pas chanter, n'est-ce pas.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7758265-12018936.jpg?v=1430940936" alt="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" title="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" />
     </div>
     <div>
      Au contraire, l'Escamillo du baryton Jean-Sébastien Bou est digne d'admiration parce que remarquablement incarné. Décidément, on adore cet élégant chanteur, son phrasé, son articulation et son beau timbre. Il forme un merveilleux couple avec notre scandaleuse Carmen - dont on comprend enfin pourquoi elle ne peut que plaquer son petit agent de police (c'est-à-dire Don José).        <br />
              <br />
       Notons aussi les belles performances du Moralès de Pierre Doyen et le duo irrésistible du Dancaïre et Remendado (Mathieu Gardon et Florian Cafiero du Studio de l'Opéra de Lyon). En revanche, on ne sera pas reconnaissant au chef Riccardo Minasi de ne nous avoir pas tenus en haleine : sa direction aux tempi exaspérants de lenteur a posé bien des problèmes aux chanteurs et affadi une partition pourtant réjouissante. Heureusement Olivier, tu nous as encore bien fait marrer !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Note : * &quot;C'est moi qui l'ai tuée !&quot; habituellement.</span>       <br />
              <br />
       Spectacle vu le 30 avril 2015.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7758265-12018973.jpg?v=1430941223" alt="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" title="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" />
     </div>
     <div>
      <b>Prochaines dates : </b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Jeudi 7, samedi 9, lundi 11, mercredi 13, vendredi 15 mai 2015 à 20 h.        <br />
       Dimanche 17 mai à 16 h. </span>       <br />
              <br />
       Opéra national de Lyon, 04 69 85 54 54.       <br />
       Place de la Comédie (69).       <br />
       <a class="link" href="http://www.opera-lyon.com" target="_blank">&gt;&gt; opera-lyon.com </a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Carmen&quot; (1875).</b>       <br />
       Opéra en trois actes.       <br />
       Musique : Georges Bizet (1838-1875).       <br />
       Livret : Meilhac et Halévy.       <br />
       Durée : 2 h 50.       <br />
              <br />
       Olivier Py, mise en scène.       <br />
       Pierre-André Weitz, décors et costumes.       <br />
       Bertrand Killy, lumières.       <br />
       Daniel Izzo, chorégraphie et assistant à la mise en scène.       <br />
              <br />
       Kate Aldrich, Carmen.       <br />
       Arturo Chacon-Cruz, Don José.       <br />
       Jean-Sébastien Bou, Escamillo.       <br />
       Sophie Marin-Degor, Micaëla.       <br />
       René Schirrer, Zuniga.       <br />
       Valentine Lemercier, Mercedes.       <br />
       Laure Barras, Frasquita.       <br />
       Mathieu Gardon, Le Dancaïre.       <br />
       Florian Cafiero, Remendado.       <br />
       Pierre Doyen, Moralès.       <br />
       Cédric Cazottes, Lilas Pastia.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7758265-12019016.jpg?v=1430941528" alt="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" title="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" />
     </div>
     <div>
      Joël Lancelot, un guide.       <br />
       Alexandra Guérinot, une marchande d'oranges.       <br />
       Kwang Soun Kim, un bohémien.        <br />
              <br />
       Riccardo Minasi, direction musicale.       <br />
       Orchestre, Chœurs et Maîtrise de l'Opéra de Lyon.       <br />
       Nicolas Krüger, Chef des Chœurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-belles-cuisses-de-Carmen-a-l-Opera-de-Lyon_a1340.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le "Requiem" de Mozart entre à Notre-Dame de Paris</title>
   <updated>2014-09-11T09:17:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Requiem-de-Mozart-entre-a-Notre-Dame-de-Paris_a1195.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/6975606-10667429.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2014-09-10T08:34:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ouverture de la saison dans le cadre des concerts de "Musique sacrée à Notre-Dame de Paris" avec le "Requiem" de Mozart. Cette sublime messe des morts du divin génie fait enfin son entrée dans la vénérable cathédrale les 23 et 24 septembre 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6975606-10667429.jpg?v=1410418382" alt="Le "Requiem" de Mozart entre à Notre-Dame de Paris" title="Le "Requiem" de Mozart entre à Notre-Dame de Paris" />
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      Wolfgang Amadeus Mozart commence simultanément l'écriture de plusieurs chefs-d'œuvre à Vienne en cette difficile année 1791 dont les remarquables &quot;Clémence de Titus&quot;, &quot;Flûte enchantée&quot; et autre Concerto pour clarinette. Et ce &quot;Requiem&quot; donc, une commande du comte Walsegg - qui tentera en vain de se l'approprier. Les années fastes se sont éloignées pour le compositeur dont la santé décline. L'extrême fatigue, une mélancolie profonde et les dettes insondables finissent par avoir raison de lui. Il meurt d'une maladie non identifiée à trente-six ans en décembre 1791. Le &quot;Requiem&quot; inachevé sera terminé par un autre. Devenu une formidable source d'inspiration pour les compositeurs du XIXe, ce &quot;Requiem&quot; n'a cessé depuis de dispenser son puissant pouvoir d'élévation spirituelle, son consolant et terrible &quot;pharmakon&quot; aux hommes.        <br />
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       Il est donc plutôt étonnant qu'il n'ait point encore été donné à Notre-Dame de Paris - une absence criante bientôt réparée. Les deux dates vont permettre à toute la Maîtrise de Notre-Dame de donner de la voix (les chœurs d'enfants, d'adultes et le Jeune Ensemble) ainsi qu'à quelques (déjà impressionnants) chanteurs de l'Atelier Lyrique de l'Opéra de Paris pour les voix solistes. C'est le Southbank Sinfonia de Londres, composé de jeunes musiciens venus du monde entier, qui en assurera la part instrumentale. Enfin, les deux concerts programmés les 23 et 24 septembre concluent avec panache la collaboration de la Maîtrise avec son chef Lionel Sow - qui va désormais se consacrer au chœur de l'Orchestre de Paris - dirigé aussi par lui depuis 2011. Ce même concert sera d'ailleurs repris le 30 septembre à la Saint-Martin-in-the-Fields Church de Londres.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6975606-10667434.jpg?v=1410419560" alt="Le "Requiem" de Mozart entre à Notre-Dame de Paris" title="Le "Requiem" de Mozart entre à Notre-Dame de Paris" />
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      D'autres événements méritent notre attention dans la programmation musicale de Notre-Dame de Paris. À partir du 20 septembre, les organistes titulaires donnent une série de concerts (dont le premier est gratuit) pour inaugurer les grandes orgues tout juste restaurées par les ateliers de Bertrand Cattiaux et Pascal Quoirin. On ne saurait trop encourager le public à les (re)découvrir. Par ailleurs, en octobre, seront donnés les &quot;Poèmes Franciscains&quot; d'Ermend Bonnal, de la musique religieuse de Byrd à Britten en novembre (avec Yves Castagnet à l'orgue), le traditionnel concert de Noël, le 20 décembre. Et en 2015 Jean-Sébastien Bach, &quot;Les Sept dernières paroles du Christ&quot; de Joseph Haydn et le &quot;Sacre du Printemps&quot; de Igor Stravinsky viendront combler notre soif de transcendance musicale.        <br />
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       <span class="fluo_jaune">Concerts les 23 et 24 septembre 2014 à 20 h 30.</span>       <br />
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       Cathédrale Notre-Dame de Paris.       <br />
       Renseignements et réservations, 01 44 41 49 99.       <br />
        <a class="link" href="http://www.musique-sacree-notredamedeparis.fr" target="_blank">&gt;&gt; musique-sacree-notredamedeparis.fr</a>       <br />
       Billets en vente à l'accueil de la cathédrale et le soir des concerts à partir de 20 h.        <br />
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       W. A. Mozart (1756-1791).       <br />
       Requiem K 626.       <br />
       Ave verum K 618.       <br />
       Misericordias domini K 22.        <br />
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       Henrick Gorecki (1933-2010).       <br />
       Totus Tuus (uniquement le 24/09).        <br />
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       <b>Maîtrise Notre-Dame de Paris.</b>       <br />
       <b>Southbank Sinfonia.       <br />
       Solistes de l'Atelier Lyrique de l'Opéra de Paris :</b>       <br />
       Andrea Soare, soprano.       <br />
       Agata Schmidt, mezzo-soprano.       <br />
       Oleksiy Palchykov, ténor.       <br />
       Andriy Gnatiuk, basse.       <br />
       Lionel Sow, direction.
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