<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-08-14T15:20:32+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels</title>
   <updated>2026-02-08T15:12:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2026-Episode-3-Des-visages-et-des-corps-des-sonnailles-et-des-sons-vertiges-atemporels_a4473.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/94195364-65693991.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-02-09T12:16:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quatre performances appartenant à des registres différents (danse, musiques, marionnettes), mais traversées par le même désir, celui de l'impérieux besoin de libérer l'attendu de ses "conditionnements" pour l'extraire des pesanteurs qui l'arriment au sol. Au travers d'approches artistiques empruntant des voies différentes, se dévoile l'attraction magnétique exercée par ces rencontres singulières porteuses d'épiphanies terrestres.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94195364-65693991.jpg?v=1770550977" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fuck me Blind"</strong></span>, de Matteo Sedda, procure un vertige d'une intensité peu commune tant notre regard est irrésistiblement attiré par ces deux corps dansant ne faisant qu'un, corps unis dans le même mouvement circulaire à formes variables les contenant. Une danse au pouvoir hypnotique dont il faut chercher l'énergie du côté du désir qui lie ces deux hommes dont les mouvements sont focalisés autour d'un point immuable : leurs regards qui, jamais durant les trente-cinq minutes de la performance, ne se quitteront.       <br />
              <br />
       Hommage à "Blue" de Derek Jerman, réalisé comme un film testament – devenu presque aveugle du fait des complications du sida, l'artiste ne discernait que la couleur bleue –, Matteo Sedda et Marco Labellarte transcendent la piste de la Halle des Chartrons pour nous entraîner dans un trip où l'intime le dispute à l'artistique. Leurs trajectoires faites d'attractions, rapprochements, lents déplacements, poursuites effrénées, embrassades et ballet de langues chorégraphiées, agissent comme de puissants aimants opérant une fascination telle qu'elle échappe au cercle de leurs ébats pour envahir l'espace de la Halle.       <br />
              <br />
       Accompagnés d'une musique idoine aux fluctuations sonores épousant leurs trajectoires (mentales et physiques), les corps aimantés des deux amants dessinant les arabesques de leur puissante symbiose organique ont le pouvoir de nous inclure dans le vif plaisir qu'est le leur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94195364-65693993.jpg?v=1770551691" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Trucs"</strong></span>, d'Alexis Toussaint et Romain Colautti de la Cie Hart Brut, "percute" le silence des transhumances des vertes prairies pour faire résonner la musicalité des sonnailles, ces cloches et clochettes attachées au cou des bovins et ovins lors des estives pyrénéennes. Ainsi, ces sonnailles ("trucs" en occitan béarnais) suspendues fièrement à un joug faisant office de castelet pour les deux musiciens en salopettes de bergers, occupent la place de choix dans ce concert de haute altitude en devenant instruments de percussion trônant à côté des tambourins à cordes et batteries boostés par un traitement électro-acoustique.       <br />
              <br />
       Libérant une énergie électrisante, les deux batteurs vont inonder la salle du T4S de leurs percussions de rockstars… "en herbe". Une expérience sonore à hauts décibels, "dépaysant" à souhait, propre à galvaniser les sédentaires des villes amollis sous l'effet de la grisaille hivernale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94195364-65694105.jpg?v=1770557644" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"A time between birth and chaos"</strong></span>, de Symo Reyn, propose une tout autre ambiance sonore, une musique envoûtante nous transportant sur les rivages anciens du Moyen-Orient et de la modernité recomposée. Laissant courir ses doigts sur un instrument millénaire de la famille des cithares (le qanoûn), il le fait résonner de ses états d'âme se développant en longues nappes sonores. Donnant vie à l'instrument à cordes ayant traversé les siècles, il le remodèle au gré de ses envies de musicien expert ; le prolongeant par un capteur relié à une pléiade de pédales amplifiant ses vibrations d'origine, il donne libre cours à ses inspirations contemporaines.       <br />
              <br />
       Le résultat crée une parenthèse hors du temps où la nostalgie orientale et les pulsations électro contemporaines allient leur singularité pour créer un moment planant, abolissant les frontières entre tradition et modernité pour faire entendre d'autres mondes possibles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94195364-65694129.jpg?v=1770557708" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Supersensible"</strong></span>, de Valerio Point de la Cie Mue, nous immerge dans le monde miniature de marionnettes à fils. Un monde ici à la fois diffusément inquiétant et imprégné d'une tendresse palpable, celle que leur voue le manipulateur leur insufflant vie avec une délicatesse sans égale.       <br />
              <br />
       Risquant un pied puis l'autre, le marionnettiste, vêtu d'une tunique noire sans affiliation précise, apparaît devant l'écran qui le masquait, sa haute taille contrastant avec les trois minuscules créatures qu'il s'apprête à animer. Accompagnant l'IRM projetée de son propre squelette mis à mal, une première marionnette sans cou ni tête fera son apparition ; il en tirera très délicatement les fils pour actionner ce corps mutilé qui, de reptation en reptation, finira par se ficher droit au sol.       <br />
              <br />
       Se tournant alors vers un sac sarcophage gisant à terre, il en ouvrira la fermeture Éclair pour en extraire une deuxième marionnette… une vieille dame fragile qu'il assoira avec d'infinies précautions sur son fauteuil roulant miniature, après avoir épousé au préalable sa posture en chien de fusil, étendant son grand corps (malade) dans une mise en abyme protectrice de sa créature. Quant à la troisième marionnette, qui aura droit aux mêmes intentions, elle aura deux jambes pour tout corps.       <br />
              <br />
       L'émotion intense communiquée par cette représentation pourrait dépasser le cadre de ce qui est montré… En effet, si on ne manque pas d'être profondément touché par la délicatesse infinie du créateur prenant soin de ses créatures avec une bienveillance peu ordinaire, la fascination produite pourrait aussi trouver sa source ailleurs… Quel sens donner à ce monde d'êtres amputés de leur intégrité dont le marionnettiste – leur créateur – prend devant nous autant soin ? N'y aurait-il pas dans le jeu de miroirs entre leur corps dégradé et celui qui leur a donné vie, un écho troublant au point de susciter un malaise diffus… un malaise lié à un désir de réparation adressé à nous, spectateurs d'un soir répondant à cet appel par de tranquilles applaudissements si appuyés soient-ils ? Au jeu des projections, il conviendrait d'ajouter celles du regardeur happé par cette saisissante représentation artistique, dont l'un des non moindres mérites est d'ouvrir grand… le champ des représentations.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vus lors de deux parcours les 24 et 28 janvier 2026 dans le cadre du Festival Trente Trente (23ᵉ Rencontres de la forme courte dans le spectacle vivant) de Bordeaux Métropole.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94195364-65694533.jpg?v=1770558913" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fuck me Blind"</strong></span>       <br />
       Danse - Création 2025 (Festival Romaeuropa - La Pelanda, Rome).       <br />
       Idée et direction : Matteo Sedda.       <br />
       Chorégraphie et performance : Marco Labellarte, Matteo Sedda.       <br />
       Son : Gio Megrelishvili.       <br />
       Dramaturgie et lumières : Margherita Scalise.       <br />
       Mentors : Igor Urzelai Hernando, Moreno Solinas.       <br />
       Durée : 35 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le 24 janvier 2026 à 21 h à la Halle des Chartrons à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 14 mars 2026 :</span> La Balsamine (en coprogrammation avec Charleroi danse), Bruxelles (Belgique).       <br />
       21 mars 2026 : FOG Performing Arts Festival – Triennale Milano Teatro, Milan (Italie).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94195364-65694534.jpg?v=1770559339" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Trucs"</strong></span>       <br />
       Musique - Création 2022 (Pau).       <br />
       Hart Brut.       <br />
       Batterie, sonnailles, tambourins à cordes, traitements électro-acoustiques : Alexis Toussaint et Romain Colautti.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le 28 janvier 2026 à 20 h 15 au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">13 février 2026 :</span> La Dynamo, Niort (79).       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 février 2026 :</span> Théâtre Onyx, Saint-Herblain (44).       <br />
       21 mars 2026 : Tradicionarius, Barcelone (Catalogne).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94195364-65694535.jpg?v=1770559731" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"A time between birth and chaos"</strong></span>       <br />
       Musique - Création 2022 (Paris).       <br />
       Qanoûn électroacoustique : Symo Reyn.       <br />
       Régie technique : Paul Alkhallaf.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le 28 janvier 2026 à 21 h 10 au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94195364-65694536.jpg?v=1770559853" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 3 Des visages et des corps, des sonnailles et des sons… vertiges atemporels" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Supersensible"</strong></span>       <br />
       Marionnettes - Création 2025 (Le Bloc, Poitiers).       <br />
       Mue/Valerio Point.       <br />
       Conception, construction, mise en scène, manipulation : Valerio Point.       <br />
       Dramaturgie : Pauline Thimonnier.       <br />
       Collaboration artistique : Gabriel Hermand-Priquet.       <br />
       Création et interprétation sonore : Xavier Vochelle.       <br />
       Technique : Anne Marquis.       <br />
       Durée : 35 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le 28 janvier 2026 à 19 h 30 et 21 h 45 au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       16 mai 2026 : L'Arsénic, Gindou (46).       <br />
       Du 13 au 17 avril 2026 : Stage Construction et animation d'une marionnette à fils - "Regard et premiers pas", La Grange aux Loups, Chauvigny 86).       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente       <br />
       23ᵉ Rencontres de la forme courte dans les arts vivants et performatifs</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A eu lieu du 17 au 28 janvier 2026.</span>       <br />
       Les Marches de l'Été, 17, rue Victor Billon, Le Bouscat.       <br />
       Téléphone : 05 56 17 03 83.       <br />
       <a class="link" href="https://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2026-Episode-3-Des-visages-et-des-corps-des-sonnailles-et-des-sons-vertiges-atemporels_a4473.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel</title>
   <updated>2026-02-02T10:21:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2026-Episode-2-Le-gout-des-autres-le-sel-de-la-danse-la-fureur-sous-acide-la-colonisation-a_a4466.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/94010770-65606770.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-02-02T07:29:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Festival atypique, Trente Trente démultiplie les occasions d'explorer des continents artistiques très différents dans leur conception et leur contenu, mais toujours reliés à une exigence d'originalité faisant fi des goûts labellisés. Ainsi, de ces deux parcours proposés, l'un au tnba, l'autre au Glob Théâtre, ouvrant l'un et l'autre sur des univers à découvrir sans pré-avis…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94010770-65606770.jpg?v=1769884560" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Do we need a body to dance ?"</strong></span>, de Philomène Jander, nous invite à franchir le seuil d'un univers minimaliste faisant écho à celui de Pierre Soulage, peintre dont les nuances de noir nous éclairent au-delà de sa disparition… Dans un silence abyssal, une forme tout de blanc vêtue émerge de l'obscurité profonde qui la dérobait à nos yeux pour prendre lentement possession du plateau tendu d'une toile d'un noir intact. Au gré de ses déplacements elliptiques, plus ou moins assurés, plus ou moins libérés, la danseuse va essaimer – au seul bruit du crissement des cristaux sous ses pas – le sel s'écoulant de la combinaison intégrale qui le contenait.       <br />
              <br />
       Délesté ainsi progressivement des vingt-cinq kilos de matière minérale qui contraignaient sa démarche la rendant improbable, son corps en mouvement va inscrire les arabesques de son passage sur ce sol noir jusqu'à en gommer l'existence, comme des traces cristallines magnifiées sous l'effet des lumières blanches dessinant les courbes de niveau d'un parcours ascensionnel… Aventure poétique libérant l'essence de gestes affranchis de toute histoire ancienne, "Do we need a body to dance ?" fait figure d'épure chorégraphique qui, en dépouillant de toutes pesanteurs, distille une sérénité irradiante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94010770-65606771.jpg?v=1769885483" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Hauts cris (Miniature)"</strong></span>, de Vincent Dupont, plonge dans une tout autre atmosphère, mis à part l'étrangeté salutaire (inquiétante ici) ressentie au contact de ces deux propositions… Assis sur un tronc, face à "l'écorché" d'une pièce meublée à l'ancienne, un homme de dos semble plongé dans un nuage de pensées anciennes. On comprendra que ce qui l'obsède, l'homme, c'est un passé qui n'arrête pas de passer en lui, un passé dont il n'a le pouvoir de faire taire les cris… Échos de ceux des é-crits d'Agrippa d'Aubigné faisant entendre dans "Les Tragiques" les supplices des protestants égorgés lors des massacres institués lors des Guerres de religion, hauts cris dont les résonances résonnent en lui pour le crucifier sur place.       <br />
              <br />
       Soutenu par l'intensité stridente d'une musique saturant l'espace, l'homme va sortir de sa torpeur pour - dans les ombres et lumières éclairant la pièce vide de vie - explorer l'espace hanté par les murmures inarticulés de ces habitants disparus. Rampant au sol, à quatre pattes, sur ses pieds branlants, il est comme une bête affolée se lançant corps et âme à la recherche de survivants qu'il sait ne pas trouver, personne ne survivant… à sa propre vie. N'ayant d'autre secours que ses cris lancés vers les cieux, vides de toute réponse, une violence irrépressible le traverse de part en part. Tronçonneuse en mains, il n'aura alors de cesse de faire exploser meubles, fauteuils, cloisons frappés d'inutilité, accordant sa fureur (de vivre ?) à celle d'Agrippa d'Aubigné qui, des siècles auparavant, concluait : <span style="font-style:italic">"Le lieu de mon repos est une chambre peinte/De mil os blanchissants et de têtes de morts/Dans le corps (cor) de la mort j'ai enfermé ma vie"…</span> Émotions (Majuscules) sonores, visuelles et plus encore…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94010770-65609297.jpg?v=1769947127" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Failles"</strong></span>, de Joëlle Sambi, introduit dans un tout autre registre, celui du récit personnel ourdi par la grande Histoire, celle de la colonisation et décolonisation du Congo. Originaire de Kinshasa – qu'elle a quitté lors de la décolonisation pour pouvoir suivre des études –, elle y retourne, vingt-trois ans après, lors des obsèques de sa mère avec laquelle, depuis son exil en Belgique, elle n'était plus reliée que par téléphone… Comment faire œuvre (artistique, politique) de l'histoire personnelle d'un "je" ordinaire ? En mettant en perspective la (dé)construction de ce "je" avec d'autres en-jeux, ceux de la grande Histoire.       <br />
              <br />
       Souriante et grave, porteuse des failles qui l'ont construite, et accompagnée de ses fantômes bien vivants, d'enregistrements sonores et filmés, de musiques amplifiées, Joëlle Sambi va occuper l'espace du plateau avec force et sensibilité… Autour du cercueil – qu'elle évoque en le désignant d'un geste ample –, c'est toute une communauté mémorielle qui s'apprête à revivre… Femmes regroupées sur des nattes, hommes sur des chaises plastiques, table où sont disposés généreusement fruits et gâteaux, autant de capsules de la mémoire vive d'un pays dont elle a été si longtemps absente.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94010770-65609379.jpg?v=1769949165" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" />
     </div>
     <div>
      Tout le cœur de l'Afrique, battant dans son chant amplifié par un synthétiseur, amorcera le récit des chaînes coloniales ayant entravé sa mère ; une mère dont l'affection lui a cruellement manqué, fille exilée à Bruxelles, exploitée lors des congés d'été comme femme de chambre dans un hôtel luxueux…       <br />
              <br />
       Des extraits de film rappelleront à nos mémoires paresseuses les villages entiers incendiés, les cultures locales évidées d'elles-mêmes, les milliers d'âmes gangrénées par les rapports de domination, les ignominies subies et les insultes <span style="font-style:italic">&quot;parce que nous étions des nègres&quot;</span>, une violence coloniale ordinaire infiltrée dans chaque parcelle de vie jusqu'à la mort, où la femme noire est abandonnée à ses souffrances et son nom écorché… Visage des failles béantes causées par la colonisation… mais aussi fierté – actée sur ce plateau – d'être du peuple qui a mené la lutte pour la liberté, contre l'esclavage du peuple noir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94010770-65609400.jpg?v=1769949339" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Méditation"</strong></span>, de Stéphanie Aflalo, développe un sens de l'humour (noir) à désarçonner les plus zélés entrepreneurs des pompes funèbres ou les doctes philosophes dissertant sur le sujet, sérieux s'il en est, de la Mort… Trois conférenciers au visage passé au blanc de clown – recouvert de crème solaire, on n'est jamais trop prudent – attablés devant trois crânes solidaires vont dans un bel ensemble évoquer ce que le mot et la chose leur évoquent.       <br />
              <br />
       Après une présentation d'eux-mêmes par eux-mêmes, énoncée avec un sérieux préfigurant l'inanité abyssale de leurs propos – <span style="font-style:italic">"Bonjour, moi, c'est Jérôme Chaudière… ou Ballon d'eau chaude ou Cumulus…"</span> –, chacun y ira de ses propres associations libres (très libres). Rivalisant d'airs pénétrés, de gestes à l'appui, ils énonceront des trouvailles aux résonances… mortelles. Un exemple de ce florilège ? La première prise de paroles délivrée par la cheffe des penseurs réunis : <span style="font-style:italic">"La mort, c'est – silence concentré… – comme un feu rouge éternel sur la route du temps".</span>       <br />
              <br />
       De saillies en saillies, interrompues par deux pauses de méditation comportementale (dont une salutation au soleil…), d'un aparté adressé à une vieille dame rétive à laisser sa place sur le manège de la vie (conférenciers ayant besoin qu'elle débranche son respirateur pour recharger leur Game Boy…), ou encore d'accompagnements sonores délivrés par une bouche inspirée imitant à s'y tromper une chasse d'eau ultra-puissante engloutissant en un clin d'œil toute une existence, les trois philosophes pétris de sagesse illuminative finiront par se faire surprendre par la sonnerie interrompant brutalement leurs élucubrations terrestres…       <br />
              <br />
       Une parenthèse d'intelligence à vif et d'humour distancié faisant mortellement mouche… car ne l'oublions pas, ainsi va la vie qu'à la fin "nonobstant, on retourne au compost".       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vus lors de deux parcours, les 20 et 23 janvier 2026, dans le cadre du Festival Trente Trente (23ᵉ Rencontres de la forme courte dans le spectacle vivant) de Bordeaux Métropole (du 17 au 28 janvier 2026).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94010770-65610882.jpg?v=1769966394" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Do we need a body to dance ?"</strong></span>       <br />
       Danse - Création 2024 (Espace Pasolini, Valenciennes).       <br />
       Chorégraphe interprète : Philomène Jander.       <br />
       Regard extérieur : Christine de Smedt et Arthur Eskenazi.       <br />
       Lumières : Sophie Lepoutre et Thea Capitanio.       <br />
       Costume : Philomène Jander et Michèle Calmeil.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté les 20 et 21 janvier 2026 au tnba de Bordeaux à 19 h (Parcours 1) et 21 h 30 (Parcours 2).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94010770-65610905.jpg?v=1769966531" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Hauts cris (Miniature)"</strong></span>       <br />
       Danse - Création 2005 (Les Laboratoires d'Aubervilliers).       <br />
       Chorégraphie et interprétation : Vincent Dupont.       <br />
       Son : Thierry Balasse.       <br />
       Lumière : Yves Godin.       <br />
       Texte : Agrippa d'Aubigné.       <br />
       Travail de la voix : Valérie Joly.       <br />
       Décor : Boris Jean.       <br />
       Régie plateau : Sylvain Giraudeau.       <br />
       Régie son : Brice Kartmann / Maxime Fabre.       <br />
       Collaboration artistique : Myriam Lebreton.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté les 20 et 21 janvier 2026 au tnba de Bordeaux à 20 h 15.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94010770-65610928.jpg?v=1769967269" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Failles"</strong></span>       <br />
       Performance - Création 2026.       <br />
       Conception : Joëlle Sambi.       <br />
       Avec : Joëlle Sambi.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté les 22 et 23 janvier 2026 au Glob Théâtre de Bordeaux à 20 h.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94010770-65610994.jpg?v=1769967656" alt="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" title="Festival Trente Trente 2026 Épisode 2 Le goût des autres… le sel de la danse, la fureur (sous) acide, la colonisation a-mère, le délire mortel" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Méditation"</strong></span>       <br />
       Théâtre - Création 2024 (Festival d'Avignon, Jardin de la Vierge, dans le cadre de "Vive le sujet ! Tentatives").       <br />
       Écriture : Stéphanie Aflalo.       <br />
       Mise en scène : Stéphanie Aflalo.       <br />
       Avec : Stéphanie Aflalo, Grégoire Schaller et Jérôme Chaudière, interprète de la Compagnie de l'Oiseau-Mouche.       <br />
       Collaboration chorégraphique et dramaturgique : Grégoire Schaller.       <br />
       Durée : 35 minutes.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté les 22 et 23 janvier 2026 au Glob Théâtre de Bordeaux à 21 h.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       24 et 25 mars 2026 : Le Volcan - Scène nationale, Le Havre (76).       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente       <br />
       23ᵉ Rencontres de la forme courte dans les arts vivants et performatifs</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Ces rencontres ont eu lieu du 17 au 28 janvier 2026.</span>       <br />
       Les Marches de l'Été, 17, rue Victor Billon, Le Bouscat.       <br />
       Téléphone : 05 56 17 03 83.       <br />
       <a class="link" href="https://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2026-Episode-2-Le-gout-des-autres-le-sel-de-la-danse-la-fureur-sous-acide-la-colonisation-a_a4466.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2025• "Sur les ailes de l'Invisible" Un voyage immersif envahissant de beauté plastique et au verbe tourbillonnant</title>
   <updated>2025-07-25T20:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Sur-les-ailes-de-l-Invisible-Un-voyage-immersif-envahissant-de-beaute-plastique-et-au-verbe-tourbillonnant_a4333.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90136625-63622750.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-07-25T20:07:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Notre planète, si minuscule, unique dans l'univers en expansion, a donné vie à des milliards d'espèces vivantes. Un miracle de combinaisons improbables. Notre monde matérialiste nous fait oublier de porter notre regard vers ce que l'on ne voit pas et de nous ouvrir vers l'invisible. L'infiniment grand côtoie l'infiniment petit, la physique quantique nous fait surfer sur les ailes de l'invisible, et à bien y regarder, vers l'espoir !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90136625-63622750.jpg?v=1753467159" alt="•Off 2025• "Sur les ailes de l'Invisible" Un voyage immersif envahissant de beauté plastique et au verbe tourbillonnant" title="•Off 2025• "Sur les ailes de l'Invisible" Un voyage immersif envahissant de beauté plastique et au verbe tourbillonnant" />
     </div>
     <div>
      Les spectateurs et les spectatrices qui quittent &quot;l'expérience&quot; des 55 minutes de ce spectacle n'y resteront certainement pas insensibles, à moins de s'être assoupis, accablés par la chaleur et la frénésie du Festival, car il s'agit là d'une véritable méditation scénique sur notre lien au monde, au cosmos et à l'invisible, méditation du plus bel effet créatif et scénique.       <br />
              <br />
       Certes, la parole de Brigitte Deruy et Mathilde Sternat est dense et hautement vibrante, peut-être trop par moments, il est vrai, mais, avec du recul, les propos tenus reviennent à la mémoire, a posteriori, comme des boomerangs, et les idées resurgissent avec force, comme ça, de ci de là, cahincaha, au détour d'un chemin. Qu'un spectacle nous envahisse, nous submerge, nous laisse sans voix, sur le moment, ce n'est pas si fréquent que cela.       <br />
              <br />
       &quot;Sur les ailes de l'Invisible&quot;, par la Compagnie Racines des Étoiles, peut participer de cette impression particulière, il est vrai. Après tout, n'est-ce pas là aussi la mission de l'acte théâtral et de toute œuvre d'art, de manière plus générale, de susciter la réflexion longtemps après la production concrète d'un timing resserré et limité ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90136625-63622758.jpg?v=1753467185" alt="•Off 2025• "Sur les ailes de l'Invisible" Un voyage immersif envahissant de beauté plastique et au verbe tourbillonnant" title="•Off 2025• "Sur les ailes de l'Invisible" Un voyage immersif envahissant de beauté plastique et au verbe tourbillonnant" />
     </div>
     <div>
      i[&quot;Je suis faite d'étoiles. Mon souffle vient de plus loin que ma mémoire. Je marche sur une poussière ancienne, et pourtant, je suis là, vibrante, fragile, vivante. Entre deux battements de silence, l'invisible me traverse&quot;.}i       <br />
              <br />
       Nous évoquions plus haut comme un trop-plein de paroles, ici, dans lequel les spectateurs et les spectatrices peuvent avoir le sentiment de se noyer, bercés(es) par la grande exigence proposée par cette création. Dans ce cas, il est probable que ce public ait passé outre le fait que, bien souvent, la parole ne s'explique pas, mais qu'elle doit être ressentie, éprouvée, pour la simple et bonne raison que le langage reste poreux au mystère qui nous échappe.       <br />
              <br />
       Dans cette création, ne pas tenir compte de l'apport des projections vidéos absolument remarquables et de toute beauté, largement en symbiose avec le propos, c'est rester sourd et aveugle à notre imprégnation au monde, à notre petitesse d'insecte planétaire, pour s'inscrire davantage dans une dimension toute matérialiste, inféconde, puérile et mortifère !       <br />
              <br />
       Car ce que nous propose là Brigitte Deruy et Mathilde Sternat à l'interprétation, ainsi que Christel Grévy à la scénographie en collaboration avec Aaris Deshayes, c'est une bien belle offrande au public, un acte de générosité poétique, musicale et sensorielle, dépourvu de toute croyance religieuse, une immersion théâtrale de toute beauté dans laquelle notamment des images de nébuleuses, sélectionnées par la Naza, subliment la parole et la musique pour les porter à leur plus haut niveau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90136625-63622772.jpg?v=1753467298" alt="•Off 2025• "Sur les ailes de l'Invisible" Un voyage immersif envahissant de beauté plastique et au verbe tourbillonnant" title="•Off 2025• "Sur les ailes de l'Invisible" Un voyage immersif envahissant de beauté plastique et au verbe tourbillonnant" />
     </div>
     <div>
      Ces visuels incroyables de Philippe Durville, vidéaste et créateur multimédia, et de Jeanne Ayache, physicienne et biologiste, drôles et amusants par moments, confèrent à cette presque heure de spectacle une immersion poétique, philosophique et musicale bouleversante. Découvrir l'infiniment grand et l'infiniment petit permet de nous réconcilier avec le merveilleux de notre monde. Le public est immergé, envahi d'émotions, et passe par différents états via des textes variés aux thèmes sensibles tels que la Nature, le Silence, la Peur, le Chaos, la Beauté, l'Amour.       <br />
              <br />
       Sans oublier la voix off de l'Ange <span style="font-style:italic">&quot;qui parle à tout le monde&quot;</span>, celle d'une fillette qui séduit définitivement, ou encore les tenues raffinées et majestueuses portées par Brigitte Deruy. <span style="font-style:italic">&quot;De ses promenades, elle ramenait des cailloux cherchant dans ces objets inanimés un sens de leur présence, un signe de l'existence.&quot;</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'écureuil qui saute de branches en branches unit les espaces du vivant. L'humain qui regarde l'écureuil, au pied de l'arbre, assis sur une pierre, contemple la conquête de l'espace et du temps, et du fini à l'infini, il invente son chemin.&quot;</span>       <br />
              <br />
       Extirpez-vous du chaos avignonnais pour vous ressourcer un instant avec ce spectacle peut-être unique au sein du Festival. Il vous reste encore quelques jours. Vous en garderez un souvenir lumineux qui ne manquera pas de vous réconcilier avec &quot;le monde comme il va&quot; et avec vous-même, avant tout.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sur les ailes de l'Invisible"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90136625-63622778.jpg?v=1753467325" alt="•Off 2025• "Sur les ailes de l'Invisible" Un voyage immersif envahissant de beauté plastique et au verbe tourbillonnant" title="•Off 2025• "Sur les ailes de l'Invisible" Un voyage immersif envahissant de beauté plastique et au verbe tourbillonnant" />
     </div>
     <div>
      Texte : Brigitte Deruy.       <br />
       Mise en scène : Geneviève Brett.       <br />
       Avec : Brigitte Deruy et Mathilde Sternat.       <br />
       Scénographie: Christel Grevy.       <br />
       Composition : Mathilde Sternat.       <br />
       Voix de l'Ange: Anna Bagdassarian.       <br />
       Autres voix : Gabriel Démange, Aliu Elhadi, Hervé Laporte, Anne Santal.       <br />
       Décors : Aaris Deshayes.       <br />
       Compagnie Racines des Etoiles.       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
       Tout public.       <br />
              <br />
        </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h 30. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Tremplin Salle Molière, 8 ter, rue Cornue, Avignon.       <br />
       Réservation : 07 68 23 84 58.       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetweb.fr/sur-les-ailes-de-linvisible&multi=42035&margin=no_margin&color=635BFF&parent=tremplin&margin=no_margin&color=635BFF" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="http://theatretremplin-avignon.fr/" target="_blank">>> theatretremplin-avignon.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Sur-les-ailes-de-l-Invisible-Un-voyage-immersif-envahissant-de-beaute-plastique-et-au-verbe-tourbillonnant_a4333.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…</title>
   <updated>2024-07-15T15:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Vive-le-Sujet--Serie-2-Meditation-et-Baara--deux-tentatives-a-decouvrir_a4006.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81561099-58725724.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-15T10:03:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans l'écrin végétal du Jardin de la Vierge, "Vive le sujet ! Tentatives" convie autrices, auteurs, artistes en tous genres et toutes disciplines, à présenter des formes courtes hybrides. Ainsi de "Méditation" et "Baara", deux propositions n'appartenant pas au même registre et produisant des effets différents. La première nous immerge dans une (pseudo) conférence autour de la mort, intervention décalée prise en charge par trois intervenants disposant chacun d'un crâne face à leur micro. La seconde réunit sur le plateau une artiste, adepte de musique expérimentale, et deux danseurs se proposant d'"incorporer" les gestes des travailleurs africains pour les donner à voir.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81561099-58725724.jpg?v=1721032338" alt="•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…" title="•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Méditation"</strong></span>, de Stéphanie Aflalo, avec Jérôme Chaudière, Grégoire Schaller et… Stéphanie Aflalo, est un petit bijou de drôleries faussement innocentes distillées sur un ton en totale contrepoint avec le propos. Les complices (ils le sont bien au-delà de ce que ce mot peut avoir de convenu), visage passé au blanc de clown, air pénétré et lenteur d'expression marquant l'intensité de la réflexion mobilisée pour dire… rien de rien sur la mort, nous transportent dans une jubilation intérieure, sorte de réplique sismique de celle que les comédiens sur scène ont du mal (parfois) à contenir.       <br />
              <br />
       Tout commence par les présentations où chacun tour à tour, sans se départir du sérieux de circonstance requis par la gravité post-mortem du sujet à aborder, lâche toute retenue pour élucubrer librement autour du prénom qui le dénomme. <span style="font-style:italic">"L'autrice de cette pièce, dans le cadre de "Vive le sujet"… moi, Stéphanie Affalo ou Steph ou Sac à merde ou Mademoiselle…". "Moi, je suis Jérôme Chaudière, vous pouvez m'appeler Jérôme Cumulus ou Jérôme Perd ses cheveux…". "Moi, c'est Grégoire S.c.h.a.l.l.e.r. Comme c'est de l'allemand, j'épelle. J'ai failli hériter du prénom Sigmund…".</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81561099-58725736.jpg?v=1721032382" alt="•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…" title="•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…" />
     </div>
     <div>
      Ceci étant dit, et bien dit, on peut passer au cœur du sujet dans ce Jardin de la Vierge du &quot;Lycée Saint-Jo&quot; où <span style="font-style:italic">&quot;c'est calme pour méditer sur… la mort&quot;… &quot;ou l'autre rive&quot;… &quot;ou la fin du voyage&quot;</span>… Stéphanie (ou Steph ou…) déplie alors avec gravité un long papier où elle a noté scrupuleusement une citation de Montaigne propre à donner la mesure de la qualité des &quot;Méditations&quot; à venir. Débitant les mots du philosophe du XVIe dont elle ne semble pas très bien saisir la teneur, elle refile ses &quot;essais&quot; à son acolyte qui s'empresse, très sérieusement lui aussi, d'en rajouter une couche en faisant une référence savante aux Égyptiens et à leur rapport à la fragilité de la vie, d'où les Pyramides.       <br />
              <br />
       Suivra une litanie d'associations libres (très libres) sur le mode <span style="font-style:italic">&quot;La mort, c'est comme… un feu rouge éternel sur la route du temps… un panneau stop sur l'autoroute de l'avenir… un péage où il faut payer de sa vie&quot;</span>, ceci ne constituant que les prémices infinitésimales d'une très longue liste à mourir… de rire, à découvrir sans limite de temps, aucune péremption, ad vitam æternam…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81561099-58725741.jpg?v=1721032401" alt="•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…" title="•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…" />
     </div>
     <div>
      Mais les trois bons vivants, à l'air de croque-morts zélés, ne se contenteront pas de saillies iconoclastes délivrées sur un ton neutre et appliqué, ils les enrichiront de pauses performées à vertus hilarantes. Ainsi des accompagnements (très) sonores délivrés par la bouche (très) en verve du performeur Grégoire, imitant à s'y tromper une chasse d'eau ultra-puissante engloutissant en un clin d'œil l'existence, ou encore le vrombissement d'un véhicule supersonique s'éloignant à la vitesse grand V pour évoquer la disparition instantanée des conférenciers sur scène, dès que la fin de leur mortelle apparition aura sonné. Sans omettre le numéro de Jérôme (Cumulus…) pianotant, durant sa pause et l'air ahuri, un SMS sur un clavier imaginaire. Ou encore l'appel lancé à la vieille dame nostalgique des manèges de son enfance, l'enjoignant en toute bienveillance à laisser sa place aux enfants d'aujourd'hui… en ayant la gentillesse de bien vouloir débrancher son respirateur afin de libérer la prise pour la recharge de leurs Game Boy.       <br />
              <br />
       Un moment exceptionnel d'intelligence à vif, d'humour (noir) distancié et d'investissement artistique pleinement vivant… qui fait mortellement mouche… car ainsi va la vie, qu'à la fin <span style="font-style:italic">&quot;nonobstant, on retourne au compost&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81561099-58725781.jpg?v=1721032800" alt="•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…" title="•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Baara"</strong></span>, (travail en langue bambara), de Tidiani N'Diaye, offre une performance dansée à résonances sociologiques et politiques. S'emparant des gestes réitérés jusqu'à épuisement par les travailleurs manuels africains, ouvriers, agriculteurs ou encore éboueurs, les deux danseurs les "incorporent" pour faire spectacle. Accompagnés par la musique en live d'une musicienne utilisant autant les ressources du synthétiseur que celles des bols tibétains, ils déploient une énergie sans faille les propulsant violemment au sol, ou les projetant en l'air. Leur corps, sorte de plaque sensible des émotions traversées, vibre à l'unisson des efforts produits.       <br />
              <br />
       Et si une certaine lassitude pourrait être ressentie face à la (re)présentation en boucle de figures analogues, on peut se dire qu'elle naît de la monotonie même d'un travail où la répétition a force de loi. D'autre part, le paysage évoqué, si rude et asservissant soit-il, se teinte de moments plus souriants lorsque, chez les deux performeurs "faisant corps", se lit le plaisir de faire communauté.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 13 juillet 2024 au Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vive le sujet ! Tentatives - Série 2, avec la SACD</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81561099-58725831.jpg?v=1721033211" alt="•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…" title="•In 2024• Vive le Sujet ! Série 2 – "Méditation" et "Baara", deux tentatives à découvrir…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Méditation"</strong></span>       <br />
       France - Création 2024.       <br />
       Texte : Stéphanie Aflalo (Projet Récréations philosophiques).       <br />
       Mise en scène : Stéphanie Aflalo.       <br />
       Avec : Stéphanie Aflalo, le comédien Jérôme Chaudière (Cie l'Oiseau-Mouche) et le performeur Grégoire Schaller.       <br />
       Collaboration à la chorégraphie : Grégoire Schaller.       <br />
       Collaboration à la dramaturgie : Samuel Hackwill.       <br />
       Durée : 45 minutes.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Baara"</strong></span>       <br />
       Mali - Création 2024.       <br />
       De : Tidiani N'Diaye.       <br />
       Avec : Tidiani N'Diaye, Adonis Nebié Tauwindsida.       <br />
       Musicienne : Clara De Asís.       <br />
       Chorégraphie : Tidiani N'Diaye, Adonis Nebié Tauwindsida.       <br />
       Collaboration artistique et dramaturgie : Andreya Ouamba.       <br />
       Musique originale : Clara De Asís.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été joué du 11 au 14 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 10 h 30 et 18 h.       <br />
       Jardin de la Vierge du Lycée Saint-Joseph, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Vive-le-Sujet--Serie-2-Meditation-et-Baara--deux-tentatives-a-decouvrir_a4006.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines</title>
   <updated>2024-06-13T19:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Carbone-Sept-meditations-sylvestres-a-la-recherche-de-nos-origines_a3945.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80953325-58359961.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-06-14T07:29:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dieu, selon une légende urbaine couchée sur du papier bible, aurait naguère créé la Terre, les Animaux, l'Homme (et accessoirement la femme) en six jours ouvrés, le septième étant réservé comme il se doit au repos du guerrier… Sur ses pas, la Cie du Syndicat d'initiative de Julien Duval et Carlos Martins se propose de retourner en forêt, à la nuit tombante, au cœur de la création (artistique) pour, au détour de sept méditations, poser aux spectateurs aventureux cette question tout autant essentielle qu'existentielle : "C'est quoi être humain ?". L'occasion rêvée, en pleine nature et pleine nuit, d'éclairer nos lanternes sur ceux qui nous ont précédés et dont nous sommes les (heureux ?!) héritiers.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58359961.jpg?v=1718298002" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Tout commence par une immersion sensible dans la (belle) forêt du Taillan Médoc située à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux. Là, les autocars ayant déversé leur cargaison d'humains estampillés 2024 av. JO, la rencontre avec les grands feuillus (ou pas) invite à apprécier en toute conscience la mesure de ce que nous sommes. Et lorsqu'un acteur humanoïde, juché sur un escabeau, développe – geste à l'appui – la tirade de la main (exit celle du nez de Cyrano), organe magique dont le creux est comme un don céleste permettant d'appréhender le monde en sa concavité, on se dit qu'on en avait perdu totalement conscience, absorbé au plus haut point par la prothèse du portable qui la prolonge.       <br />
              <br />
       Guidés par des lucioles solaires jusqu'à des gradins de bois, nous prenons place pour accueillir les sept méditations… Collerette shakespearienne autour du cou, crâne du bouffon Yorick en main, un comédien ouvre la représentation en simulant Hamlet. Un rôle moins effrayant à ses dires que son face-à-face avec un loup bien vivant, moment essentiel où s'est jouée devant ses yeux éblouis &quot;sa&quot; rencontre avec les origines de notre humanité. D'où la question centrale récurrente : être humain, c'est quoi ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58359965.jpg?v=1718298028" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Première méditation… &quot;Je n'ai jamais vu un chien admirer un arbre&quot;. Être sensible à la beauté de la nature, s'en émerveiller jusqu'à plus soif, pourrait être un premier élément de réponse. La citation du poème de Jacques Prévert – &quot;Deux escargots s'en vont à l'enterrement d'une feuille morte&quot; – ajoute à ce moment d'extase contemplatif une touche supplémentaire de bonheur &quot;naturel&quot;. Tout au long de la soirée, de multiples références à des poètes, philosophes, anthropologues et sommités diverses et variées, viendront en effet étayer les propos tenus. La fantaisie s'invitera aussi. Là, sous la forme d'une question apparemment saugrenue mettant en perspective la cause et l'effet : <span style="font-style:italic">&quot;A-t-on perdu nos poils parce que l'on portait des vêtements ? Ou a-t-on porté des vêtements parce qu'on n'avait pas de poils ?&quot;.</span> L'éternelle question casse-tête (pour ne pas dire plus…) de l'œuf et de la poule…       <br />
              <br />
       &quot;Unicité ou universalité de l'espèce ?&quot;… Les récits de vie viennent corroborer l'itinéraire singulier de chacun s'inscrivant dans le cadre d'une histoire commune à partager. Ainsi de la méditation suivante – &quot;Dans la diversité qui nous unit, nous sommes tous différents&quot; – où les réponses aux questions posées aux 155 personnes présentes ce soir confirment amplement cet axiome… Nous sommes chacun les héritiers d'une longue histoire singulière et commune, <span style="font-style:italic">&quot;Nous avons vécu avant de naître&quot;</span> (dixit Pascal Quignard), notre histoire nous dépasse totalement…       <br />
              <br />
       Et pour illustrer que ce qui nous fonde trouve ses origines dans le big bang, suivi (très longtemps après) par les bactéries, les primates et l'Homo sapiens, un mètre à ruban est déployé, offrant une vue ludique des différentes étapes qui nous ont précédés. Force est de constater, sans contestation possible, que l'Homo sapiens n'occupe qu'un micro-espace dans le panorama déplié de l'histoire de notre planète…       <br />
              <br />
       &quot;Homo sapiens est un songe vivant&quot;, aucune réalité en dehors de celle que se raconte l'humain. <span style="font-style:italic">&quot;La vie est un songe&quot;</span> (Calderon). <span style="font-style:italic">&quot; Mourir... dormir, peut-être rêver. Être ou ne pas être, telle est la question&quot;</span> Shakespeare encore et toujours cité pour dire que notre présence au monde n'est que fragmentaire, un récit bâti de toutes pièces par notre psyché. Marguerite Yourcenar, sollicitée à son tour, enfoncera le clou de la relativité de notre importance humaine au regard de celle des arbres. Et joignant le geste au propos, les comédiens se dévêtent de leur pelure pour se relier par un ruban à l'arbre, leur alter ego.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58360034.jpg?v=1718298077" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Un dernier pas restera à franchir dans la chaine de l'évolution donnée à voir et à entendre avec entrain. Remonter en effet à l'origine des origines pour y trouver… le carbone, source de la vie et titre phare de cette performance bucolique. La chute, guidée par la comédienne musicienne ayant officié cette traversée vertigineuse, proposera une synthèse de la démonstration in vivo : <span style="font-style:italic">&quot;Si vous voulez savoir d'où vous venez, ne vous arrêtez pas à vos parents, grands-parents, ou même à la Révolution française… remontez au big bang&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Plaisir sensible d'être en forêt par une belle nuit de printemps, en compagnie de comédiennes et comédiens investis joyeusement dans cette épopée naturaliste, anthropologique et méditative. Cependant, on restera dubitatif face au trop-plein de références scientifiques, poétiques, littéraires citées à flux tendu. Si elles sont à l'origine et en appui du jeu, elles l'alourdissent de leur poids didactique… Loin d'être un phénomène extraordinaire, l'humain n'est qu'un épiphénomène d'un tout le dépassant à jamais… Dont acte.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 5 juin dans la forêt du Taillan près de Bordeaux, dans le cadre d'un théâtre en plein air proposé par le TnBA.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Carbone"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80953325-58360036.jpg?v=1718298108" alt=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" title=""Carbone" Sept méditations sylvestres à la recherche de nos origines" />
     </div>
     <div>
      Un projet de Julien Duval et Carlos Martins,       <br />
       Compagnie Le Syndicat d'Initiative.       <br />
       Mise en scène : Julien Duval.       <br />
       Avec : Jérémy Barbier d'Hiver, Julien Duval, Carlos Martins, Kat May (musicienne), Ariane Pelluet.       <br />
       Dramaturgie : Bénédicte Simon.       <br />
       Scénographie : Olivier Thomas.       <br />
       Lumière : Anna Tubiana et Pierrick Gigand.       <br />
       Musique : Kat May.       <br />
       Création son : Madame Miniature.       <br />
       Costumes : Aude Désigaux.       <br />
       Corps : Elsa Moulineau       <br />
       Régie générale : Samuel Poumeyrol.       <br />
       Production Le Syndicat d’Initiative.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 4 au samedi 8 juin 2024 dans la forêt du Taillan près de Bordeaux, dans le cadre d'un théâtre en plein air proposé par le TnBA (Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Carbone-Sept-meditations-sylvestres-a-la-recherche-de-nos-origines_a3945.html" />
  </entry>
</feed>
