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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-08T12:20:15+02:00</updated>
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   <title>"La Honte !" Pas de honte à avoir, ici… ni d'assister à ce spectacle, ni d'en être à l'origine !</title>
   <updated>2025-11-21T11:11:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Honte--Pas-de-honte-a-avoir-ici-ni-d-assister-a-ce-spectacle-ni-d-en-etre-a-l-origine-_a4410.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-11-21T10:55:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Faire de ce sentiment qu'est la honte, ce sentiment qui isole, un sentiment qui unit. De la salade entre les dents au passé colonial de son grand-père, tout le monde – ou presque – est éclaboussé par la honte au moins un jour dans sa vie. Considérant qu'elle est un fléau pour l'humanité, deux expertes décident de l'éradiquer lors d'une cérémonie sans tabou à visée universelle et cathartique. Jusqu'à quel degré de ridicule sont-elles prêtes à s'engager ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92720600-64942637.jpg?v=1763719268" alt=""La Honte !" Pas de honte à avoir, ici… ni d'assister à ce spectacle, ni d'en être à l'origine !" title=""La Honte !" Pas de honte à avoir, ici… ni d'assister à ce spectacle, ni d'en être à l'origine !" />
     </div>
     <div>
      Nous vous mettons au défi de rencontrer une personne qui n'aurait pas un jour éprouvé ce sentiment humain, qualifié souvent <span style="font-style:italic">&quot;de sentiment humain par excellence&quot;</span>, parce qu'il engage à la fois le regard de l'autre, l'image de soi et la conscience intime de ses propres manquements. C'est d'ailleurs ce qui nous différencie de l'animal. Propos qui n'engagent que nous, et qui, surtout, ne prévaut en rien de l'infériorité de ce dernier !       <br />
              <br />
       Concernant l'humain, les angles philosophiques, littéraires ou surtout psychanalytiques font pléthore. Souvenons-nous de &quot;L'Être et le Néant&quot; de Jean-Paul Sartre pour qui la honte est l'épreuve par laquelle le sujet découvre sa facticité et sa condition d'objet pour autrui. Ou citons aussi Ruth Benedict dans &quot;Le Chrysanthème et le sabre&quot;, ouvrage dans lequel sont évoquées les différences entre les cultures de la culpabilité, notamment occidentales, et qui s'opposent aux cultures de la honte comme au Japon par exemple.       <br />
              <br />
       Et puis, en 2025, une nouvelle approche de cet idéal de soi contrarié : une création théâtrale menée tambours battants par un duo de comédiennes virevoltantes, Élise Roth et Léa Roblot, deux artistes investies, entre autres, dans des démarches pédagogiques et artistiques autour du clown, comme celle du &quot;Rire Médecin&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92720600-64942652.jpg?v=1763719310" alt=""La Honte !" Pas de honte à avoir, ici… ni d'assister à ce spectacle, ni d'en être à l'origine !" title=""La Honte !" Pas de honte à avoir, ici… ni d'assister à ce spectacle, ni d'en être à l'origine !" />
     </div>
     <div>
      N'oublions pas de citer également, en complicité à l'écriture, le célèbre Mickaël Délis à la tête de sa propre Compagnie &quot;Passages&quot;, comédien très remarqué, récemment, dans une trilogie à nulle autre pareille (Actuellement à l'affiche à la Scala de Paris).       <br />
              <br />
       Quelque chose nous laissait supposer que ce trio ne pourrait faire que des étincelles. C'est pari gagné, et des étincelles, il y en a à plusieurs niveaux dans cet <span style="font-style:italic">&quot;acte théâtral voyeuriste par essence, et dans lequel l'influence du regard de l'autre et l'omniprésence de la honte en société est bien présente&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Les deux comédiennes ont su s'emparer du thème en question avec une élégance toute clownesque, burlesque et déjantée, comme pour mieux faire émerger en chaque spectateur et chaque spectatrice, ce qui est souvent tu et étouffé. Elles n'ont peur de rien dans leur approche créatrice, Élise et Léa. Ni de paraître ridicule ! Ni de dire ! Ni de faire ! Ni de faire rire, d'ailleurs. Cela dit, faut-il avoir peur de rire de notre propre honte et d'en parler ? Quand bien même ce sentiment provoque bien souvent de la gêne et de la retenue…       <br />
              <br />
       Le choix clownesque de la dramaturgie et de leur jeu s'inscrit très largement dans ce qu'Isabelle Barbéris nomme &quot;l'opérateur d'affects&quot; : rendre visible des micro-traumatismes comme ces petites hontes au quotidien ou aussi des hontes plus générationnelles, historiques, familiales. Et nos deux comédiennes excellent littéralement à cet effet. Elles ne se ménagent pas, loin de là, provoquant des éclats de rire à de nombreuses reprises, mais aussi frémissement introspectif des spectateurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92720600-64942699.jpg?v=1763719361" alt=""La Honte !" Pas de honte à avoir, ici… ni d'assister à ce spectacle, ni d'en être à l'origine !" title=""La Honte !" Pas de honte à avoir, ici… ni d'assister à ce spectacle, ni d'en être à l'origine !" />
     </div>
     <div>
      Le tout est mené tambours battants. Saluons leur grande performance physique et corporelle, finement chorégraphiée et agencée par Léïla Gaudin et Lucie Valon, à la frontière du &quot;raté&quot; clownesque, comme pour mieux pointer du doigt la vulnérabilité de chacune et chacun d'entre nous. Les corps de deux comédiennes parlent à corps déjantés, laissant émerger un jeu émotionnel complexe entre rire, malaise, intimité et libération.       <br />
              <br />
       Plusieurs tableaux du spectacle explosent de &quot;couleurs&quot; savamment construites. Et soulignons encore, au risque de nous répéter, leur performance scénique d'1 h 15, sans failles aucune. Nos deux expertes conférencières savent mettre en exergue, de façon absurde et sans filtre, les témoignages qu'elles ont récoltés, comme une mise à nu. L'élégante Léa Roblot du début, juchée sur des escarpins aux talons très hauts et vêtue de sa jolie robe bleue moulante, se transforme rapidement en clown loufoque et déjantée dont on pourrait se demander si elle ne s'est pas échappée de Saint-Anne…       <br />
              <br />
       Élise Roth, quant à elle, complice sans vergogne de sa partenaire, parvient, par ses extravagantes pantomimes et son jeu admirablement millimétré, à se transformer en experte croustillante et ô combien convaincante.       <br />
              <br />
       À n'en point douter, l'angle du surjeu et de la démesure dans le corporel et la scénographie est finement choisi et revendiqué. N'éprouvons aucune honte à dire que ce dernier est peut-être, par moments, un peu trop au détriment du fond. Mais choisir, c'est renoncer, n'est-ce pas !       <br />
       Diantre ! Surtout ne pas en avoir honte !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>       <br />
              <br />
       Spectacle vu le mercredi 12 novembre 2025.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Honte !"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92720600-64942702.jpg?v=1763719393" alt=""La Honte !" Pas de honte à avoir, ici… ni d'assister à ce spectacle, ni d'en être à l'origine !" title=""La Honte !" Pas de honte à avoir, ici… ni d'assister à ce spectacle, ni d'en être à l'origine !" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       Conception et écriture : Léa Roblot et Élise Roth.       <br />
       Avec : Léa Roblot et Élise Roth.       <br />
       Collaboration à l'écriture : Mickaël Délis.       <br />
       Complicité artistique : Lucie Valon et Leïla Gaudin.       <br />
       Création lumières : Fabrice Peineau.       <br />
       Par EKI Compagnie.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 17 octobre au 16 novembre 2025.</b>       <br />
       Théâtre La Reine Blanche - Scène des Arts et des Sciences, 2 bis, passage Ruelle, Paris 18ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Petite Histoire de la médecine" Être confronté aux douleurs de l'Humain pour en puiser sa substantifique moelle et réjouir le public</title>
   <updated>2024-09-11T16:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Petite-Histoire-de-la-medecine-Etre-confronte-aux-douleurs-de-l-Humain-pour-en-puiser-sa-substantifique-moelle-et_a4041.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-09-11T15:33:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le docteur Hervé Laplante, véritable médecin de campagne, reçoit pour la énième fois madame Bernadette Ruffiaud, 98 ans, acariâtre et hypocondriaque professionnelle. Au cours de la consultation, il va remonter le fil de l'histoire de la médecine, de "la Grande Opération" de la fistule du Roi-Soleil par le chirurgien Charles-François de Tassy, en passant par l'enlèvement de la lance de l'œil d'Henry II par le célèbre Ambroise Paré, ou encore la découverte du vaccin de la variole par Edouard Jenner.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82722760-59297409.jpg?v=1726063165" alt=""Petite Histoire de la médecine" Être confronté aux douleurs de l'Humain pour en puiser sa substantifique moelle et réjouir le public" title=""Petite Histoire de la médecine" Être confronté aux douleurs de l'Humain pour en puiser sa substantifique moelle et réjouir le public" />
     </div>
     <div>
      Dans la vie, subir un burn-out a parfois du bon ! Certainement pas pour tout le monde, bien entendu, mais c'est en tout cas ce qui s'est produit pour le docteur Hervé Laplante, médecin généraliste en milieu semi-rural qui, pour échapper à un quotidien &quot;difficile&quot;, décide de monter un spectacle.       <br />
              <br />
       Gageons que, peut-être, les nombreuses consultations au fil de sa carrière l'ont indéniablement inspiré ! Une certaine Madame Ruffiaud, notamment, ou plusieurs, &quot;Madame Ruffiaud&quot;. Mais de quoi se plaint-elle exactement, cette patiente hors pair qui empile les rendez-vous au cabinet ?       <br />
              <br />
       D'être encore en vie, apparemment, indépendamment d'avoir une pathologie précise, et bien lui en a pris de rester en vie, car, de toute évidence, elle est une muse à sa manière, inspiratrice d'un moment de spectacle fort bien ficelé et, à de nombreuses reprises, captivant.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Je pensais vous distraire, Madame Ruffiaud, mais vous dormez !&quot; Vous m'en voyez navré ! Je pensais vous instruire, vous cultiver, vous faire oublier toutes vos petites misères ! Mais vous m'avez épuisé. J'ai utilisé tout mon stock de paroles et je suis fatigué.&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82722760-59297466.jpg?v=1726063770" alt=""Petite Histoire de la médecine" Être confronté aux douleurs de l'Humain pour en puiser sa substantifique moelle et réjouir le public" title=""Petite Histoire de la médecine" Être confronté aux douleurs de l'Humain pour en puiser sa substantifique moelle et réjouir le public" />
     </div>
     <div>
      Laissons cette patiente hypocondriaque dormir paisiblement, ainsi que tous les autres patients et patientes du médecin, car le public, lui, ne s'assoupit pas une seconde. Les anecdotes évoquées, intelligemment mises en scène par Guy Verguet, sont justement dosées pour que cela ne se produise pas.       <br />
              <br />
       La complicité de Guy Bolet à l'écriture du texte en est certainement pour quelque chose ! Tour à tour maçon, ouvrier d'usine, chanteur de rues, cracheur de feu, acrobate, saltimbanque, directeur de cirque, funambule, machiniste, chauffeur de bus, garde du corps, Père Noël, cascadeur, animateur d'ateliers d'écriture en milieu carcéral, prof de guitare et de cinéma, avant de devenir dramaturge, cet homme étonnant, aussi écrivain autodidacte, a, semble-t-il, eu un coup de foudre pour le docteur Laplante lors d'une consultation un certain jour d'été. La réciproque s'est produite aussi !       <br />
              <br />
       Une étincelle, un rayon de soleil entre les quatre murs du cabinet jurassien, qui ont finalement donné naissance à ce seul en scène remarquable. À l'image de la poupée de chiffon qui sort comme par magie de la boîte multifonction, Guy Bolet est apparu, un spectacle est né, répété dans le grenier de la maison, au galop des pas d'un cheval, et bouleversé l'ordre des choses de la vie d'un médecin de campagne pour lequel l'exercice du métier, pourtant passion d'enfance, était devenue insupportable.       <br />
              <br />
       Le professeur Philippe Mercet, quant à lui, reste en coulisses du plateau, mais, de toute évidence, pas dans celles du cœur d'Hervé Laplante, car c'est grâce à lui que le spectacle a aussi germé, lors d'une conférence sur la médecine.       <br />
              <br />
       Malgré un début qui pourrait se montrer peut-être moins hâtif dans l'intention comique, ce seul en scène est un moment de théâtre finement mené. La mise en scène de Denis Verguet, composée essentiellement d'une caisse multifonction, qui se transforme au gré des anecdotes, oscille entre le théâtre de Guignol et une certaine magie enfantine qui dépassent pourtant cette simple sphère apparente.       <br />
              <br />
       &quot;Petite Histoire de la médecine&quot; ne se veut pas un spectacle didactique, loin de là, a contrario des intentions toutes méritoires et professionnelles du médecin vers Madame Ruffiaut, mais constitue un moment de théâtre attachant, instructif et très divertissant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82722760-59297683.jpg?v=1726064386" alt=""Petite Histoire de la médecine" Être confronté aux douleurs de l'Humain pour en puiser sa substantifique moelle et réjouir le public" title=""Petite Histoire de la médecine" Être confronté aux douleurs de l'Humain pour en puiser sa substantifique moelle et réjouir le public" />
     </div>
     <div>
      Le passage relatant l'opération de la fistule du Roi-Soleil, ou encore celui du combat d'Henri II, sont de réelles prouesses théâtrales pour qui n'a jamais pris de cours de théâtre ni fréquenté les cours Florent. Qui plus est, Hervé Laplante a des talents certains d'imitation d'équidés et autres animaux de l'étable… L'espace clos d'un cabinet médical fréquenté durant de nombreuses années a, de toute évidence, été subtilement productif.       <br />
              <br />
       Et d'ailleurs, qu'y trouve-t-on au juste entre les murs d'un cabinet médical ? Seulement de l'Humain. De l'Humain ! Encore de l'Humain !       <br />
              <br />
       Comme disait Jean Vilar, <span style="font-style:italic">&quot;Le Théâtre, c'est l'homme qui parle à l'homme des histoires d'hommes&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Pour ce qui est des femmes, Hervé Laplante ne les oublie pas. Merci beaucoup pour cela… Et nous ne parlons pas de Madame Ruffiaut ! Laissons-la dormir éternellement.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Petite Histoire de la médecine"</b></div>
     <div>
      Seul en scène contemporain.       <br />
       Texte : Guy Bolet       <br />
       Mise en scène : Denis Verguet.       <br />
       Avec : Hervé Laplante       <br />
       Durée : 65 minutes.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 août 2024 au 27 octobre 2024.</span>       <br />
       Dimanches à 20 h.       <br />
       Manufacture des Abbesses, Paris 18ᵉ, 01 42 33 42 03.       <br />
       <a class="link" href="https://www.manufacturedesabbesses.com/" target="_blank">&gt;&gt; manufacturedesabbesses.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité</title>
   <updated>2023-07-16T10:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Dans-la-mesure-de-l-impossible-Un-travail-presque-comme-les-autres-Paroles-d-humanitaires-en-prise-avec-l-in_a3676.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74073489-51514063.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-16T09:40:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Convier sur scène quatre comédiens, doublures d'humanitaires dont les paroles ont été collectées avec grand soin, pour qu'ils se fassent les passeurs du vécu singulier de chacun, tel est l'enjeu incandescent de cet objet théâtral conçu par Tiago Rodrigues. Ainsi, le plateau de l'Opéra Grand Avignon deviendra-t-il, le temps d'une représentation, le champ d'opérations humanitaires à très hautes intensités émotionnelles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514063.jpg?v=1689494892" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Toutes les créations du metteur en scène portugais, si différentes soient-elles dans les thèmes abordés et dans les mises en jeu proposées, sont marquées au coin d'une vibrante humanité. Aussi n'est-il pas surprenant que l'ancien directeur du théâtre de Lisbonne ait élu la vie &quot;ordinaire&quot; des humanitaires, pour en proposer non une hagiographie, mais un récit en train de se faire au plus proche des réalités de terrain. Le résultat est bluffant de vérités humaines qui, dans une scénographie baignée de poésie envoûtante, explosent au grand jour pour que leurs éclats nous transpercent sans possibilité aucune d'échapper à leur impact.       <br />
              <br />
       Des toiles de tentes mouvantes au gré du vent qui les soulève, baignées par un spectre lumineux dominé par l'ambre, l'orangé et le rouge avant d'être saturé par le noir de la nuit, plantent le décor de lieux d'opérations jamais nommées, mais que l'on devine aisément être ceux du génocide rwandais, des montagnes d'Afghanistan ou encore des contrées d'Ukraine mis à feu et à sang par une guerre qualifiée de crimes contre l'humanité. Ces territoires en guerre sont nommés ceux de l'Impossible, contrastant avec les contrées (encore) en paix, le monde privilégié du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514064.jpg?v=1689494921" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      En &quot;lever de rideau&quot; de cette anthologie de l'humanitaire, deux hommes et deux femmes alignés en bord de scène brossent le cadre des entretiens ayant nourri le spectacle à venir. Leurs attitudes annoncent l'authenticité des témoignages à suivre, rebattant d'emblée les cartes des représentations conventionnelles de l'humanitaire. Ils ne sont, ces femmes et ces hommes, ni des héros, ni des missionnaires, mais des échantillons de la complexité humaine &quot;au travail&quot;, car faire de l'humanitaire est avant tout à prendre comme un travail… Cette séquence liminaire non exempte d'humour – l'un d'eux confie qu'il n'aime pas le théâtre et qu'il s'y ennuie terriblement – initialise le parti pris de la représentation : il s'agira avant tout de projeter les témoignages investis d'acteurs de terrain… et non d'acteurs de théâtre.       <br />
              <br />
       D'emblée, les préjugés sont mis à mal… Pour pouvoir regarder la mort en face, pour la côtoyer de près chaque jour, le sexe est le meilleur antidote des humanitaires, il les sauve de ce boulot répétitif et ennuyeux comme n'importe quel travail peut l'être. Exit les images d'Épinal, place aux réalités…       <br />
              <br />
       Le récit d'une ville anéantie au-delà des montagnes. Des ruines traversées par de vieilles femmes errantes et, au loin, un vieux camion arborant un vague drapeau censé le protéger des tirs. Dans ce paysage de fin du monde, deux hommes s'appliquent à charger des corps minutieusement enveloppés dans des draps immaculés. Et l'humanitaire d'apprendre d'eux, ce jour-là, l'importance à accorder aux morts, une question de dignité. Dans ses référents occidentaux, les blessés gisant auraient mérité avant tout leur attention. Un changement de paradigme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514067.jpg?v=1689494943" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      La batterie installée au centre du campement, faisant corps avec son musicien omniprésent, fait résonner jusque dans nos chairs des déferlements de bruits stressants… Un autre humanitaire prend la parole pour dire les attentes des proches à son retour de mission, une soif de curiosité… qu'il étanchera en racontant &quot;une aventure&quot; réclamée à cor et à cris entre des remarques de leur actualité : <span style="font-style:italic">&quot;Tu as vu, on a refait la salle de bain !&quot;</span>. Le récit du choix qu'il a dû alors opérer – à qui attribuer la seule poche de sang disponible, alors que cinq enfants en avaient vitalement besoin – gâchera la soirée de son entourage… Deux mondes en parallèle, l'Impossible ne pouvant décidément rejoindre le Possible.       <br />
              <br />
       Parfois, les histoires de ceux qui sont aidés viennent si violemment percuter celles des aidants, que la vieille antienne consistant à penser que ceux qui aident ont la vie plus facile que les aidés vole en éclats. Parfois une rencontre irrigue l'aridité vécue, comme celle d'un médecin jardinier faisant pousser consciencieusement de la menthe, dont les graines offertes à un humanitaire de passage auront une vie meilleure que dans son pays voué à la destruction. Avec cependant un point commun à toutes ces histoires, <span style="font-style:italic">&quot;l'humanitaire n'est qu'un bout de sparadrap sur les maux de l'humanité&quot;</span>. Si bien que certains, engagés dans l'action humanitaire, prenant conscience qu'ils ne pourront changer le monde, ne s'en remettent pas… et mutent pour un poste bien rémunéré dans une clinique privée du monde du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514081.jpg?v=1689495355" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Et puis vient se nicher, sous forme d'une lettre (im)pertinente envoyée par un humanitaire à son organisation, le constat sans fard que le petit monde des humanitaires n'échappe pas aux dérives des perversions pédophiles de ceux qui occupent une situation de pouvoir en terrain fragile. Expérience compensée par celle de la rencontre du &quot;petit footballeur mythologique&quot;, sauvé in extrémis de la mort par un autre humanitaire, qui sera sauvé à son tour grâce à l'enfant.       <br />
              <br />
       D'autres récits s'enchaîneront, tous traitant de sujets à vif. Ainsi de la marche chorégraphiée, effectuée sur un air de fado a cappella troublant au plus haut point, afin de célébrer les quelques minutes de silence arraché aux bruits de la guerre pour aller sauver un jeune combattant de quatorze ans ayant pris les armes. Celle de cette chirurgienne ayant sauvé un commandant en lui posant une prothèse, et qui lors d'un checkpoint, sans état d'âme la… et là, l'humanitaire qui porte ce récit, étranglée par l'émotion, demande l'arrêt de l'enregistrement. Ou encore celle de cette jeune femme, partie la tête pleine des belles images de sauveuse de l'humanité souffrante, qui, au contact du terrain, découvre qu'en tant que soldat de la paix, elle a été amenée à réprimer très durement les émeutes suscitées par la distribution de nourriture aux affamés. C'était sa première mission.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514082.jpg?v=1689495382" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Quant au final, les paroles ayant été dites et entendues, les humanitaires quitteront la scène de leurs interventions pour laisser, éclairé par la lumière fabuleuse d'un soleil couchant tombé du gril, le musicien seul au plateau. Là, il fera résonner longtemps les battements syncopés de sa batterie comme autant d'épreuves inscrites en nous en lettres de feu… Un grand moment de &quot;théâtre documenté&quot;, beau comme le soleil noir de la vérité de l'(in)humain et rendu sensible par les interprétations fulgurantes des comédiens, en particulier de Beatriz Brás et d' Adama Diop magistraux en tous points.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 14 juillet 2023, à l'Opéra Grand Avignon, Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans la mesure de l'impossible"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514084.jpg?v=1689495412" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Spectacle créé le 1er février 2022 à La Comédie de Genève.       <br />
       Spectacle en français, anglais et portugais sur-titré en français et en anglais.       <br />
       Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Renata Antonante, Lisa Como.       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.       <br />
       Avec : Beatriz Brás, Isabelle Caillat, Baptiste Coustenoble, Adama Diop et Gabriel Ferrandini (musicien).       <br />
       Scénographie : Laurent Junod, Wendy Tukuoka, Laura Fleury.       <br />
       Musique : Gabriel Ferrandini.       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Son : Pedro Costa.       <br />
       Costumes et collaboration artistique : Magda Bizarro.       <br />
       Régie générale : Valérie Oberson et Michael Bouvier (en alternance).       <br />
       Régie lumière : Étienne Morel et Serge Lévi (en alternance).       <br />
       Régie son : Charles Mugel.       <br />
       Habilleuse : Karine Dubois.       <br />
       Le texte est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
       &quot;Medo&quot; d'Alain Oulman, interprété par Beatriz Brás d'après un poème de Reinaldo Ferreira       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 au 16 et du 18 au 22 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 16 h.       <br />
       Opéra Grand Avignon, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du ven. 11/08/23 au lun. 14/08/23 : Edinburgh International Festival – Edimbourg (Royaume-Uni)       <br />
       Les 10 et 11 janvier 2024 : MAC - Maison des Arts, Créteil (94).       <br />
       Du 18 au 20 janvier 2024 : Théâtre-Sénart - Scène nationale, Lieusaint (77).       <br />
       Les 24 et 25 janvier 2024 : Château Rouge, Annemasse ((74).       <br />
       Les 21 et 22 février 2024 : Le Rive Gauche, Saint-Étienne-du-Rouvray (76).       <br />
       Le 01/03/2024 : Le Reflet - Théâtre de Vevey, Vevey (Suisse).       <br />
       Du 12 au 15 mars mars 2024 : Le Grand T, Nantes (44).       <br />
       Les 4 et 5 avril 2024 : Châteauvallon - Le Liberté - scène nationale, Toulon (83).       <br />
       Du 17 au 25 avril 2024 : Teatro Culturgest, Lisbonne (Portugal).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74073489-51514085.jpg?v=1689495462" alt="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title="•In 2023• "Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Dans-la-mesure-de-l-impossible-Un-travail-presque-comme-les-autres-Paroles-d-humanitaires-en-prise-avec-l-in_a3676.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité</title>
   <updated>2023-06-09T16:50:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-la-mesure-de-l-impossible-Un-travail-presque-comme-les-autres-Paroles-d-humanitaires-en-prise-avec-l-in-humanite_a3604.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73398615-51089485.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-06-09T16:10:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Convier sur scène quatre comédiens, doublures d'humanitaires dont les paroles ont été collectées avec grand soin, pour qu'ils se fassent les passeurs du vécu singulier de chacun, tel est l'enjeu incandescent de cet objet théâtral conçu par… Tiago Rodrigues. C'est en effet au tout nouveau directeur de la 77e édition du Festival d'Avignon - qui prendra ses fonctions en juillet prochain - qu'il revient de signer l'apothéose d'une belle saison au TnBA.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089485.jpg?v=1686321922" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Toutes les créations du metteur en scène portugais, si différentes soient-elles dans les thèmes abordés et dans les mises en jeu proposées, sont marquées au coin d'une vibrante humanité. Aussi n'est-il pas surprenant que l'ancien directeur du théâtre de Lisbonne ait élu la vie &quot;ordinaire&quot; des humanitaires pour en proposer non une hagiographie mais un récit en train de se faire au plus proche des réalités de terrain. Le résultat est bluffant de vérités humaines qui, dans une scénographie baignée de poésie envoûtante, explosent au grand jour pour que leurs éclats nous transpercent sans possibilité aucune d'échapper à leur impact.       <br />
              <br />
       Des toiles de tentes mouvantes au gré du vent qui les soulève, baignées par un spectre lumineux dominé par l'ambre, l'orangé et le rouge avant d'être saturé par le noir de la nuit, plantent le décor de lieux d'opérations jamais nommées, mais que l'on devine aisément être ceux du génocide rwandais, des montagnes d'Afghanistan ou encore des contrées d'Ukraine mises à feu et à sang par une guerre qualifiée de crimes contre l'humanité. Ces territoires en guerre sont nommés ceux de l'Impossible, contrastant avec les contrées (encore) en paix, le monde privilégié du Possible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089489.jpg?v=1686322016" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      En &quot;lever de rideau&quot; de cette anthologie de l'humanitaire, deux hommes et deux femmes alignés en bord de scène brossent le cadre des entretiens ayant nourri le spectacle à venir. Leurs attitudes annoncent l'authenticité des témoignages à suivre, rebattant d'emblée les cartes des représentations conventionnelles de l'humanitaire. Ils ne sont, ces femmes et ces hommes, ni des héros, ni des missionnaires, mais des échantillons de la complexité humaine &quot;au travail&quot;, car faire de l'humanitaire est avant tout à prendre comme un travail… Cette séquence liminaire non exempte d'humour - l'un d'eux confie qu'il n'aime pas le théâtre et qu'il s'y ennuie terriblement - initialise le parti pris de la représentation : il s'agira avant tout de projeter les témoignages investis d'acteurs de terrain… et non d'acteurs de théâtre.       <br />
              <br />
       D'emblée, les préjugés sont mis à mal… Pour pouvoir regarder la mort en face, pour la côtoyer de près chaque jour, le sexe est le meilleur antidote des humanitaires, il les sauve de ce boulot répétitif et ennuyeux comme n'importe quel travail peut l'être. Exit les images d'Épinal, place aux réalités…       <br />
              <br />
       Le récit d'une ville anéantie au-delà des montagnes. Des ruines traversées par de vieilles femmes errantes et, au loin, un vieux camion arborant un vague drapeau censé le protéger des tirs. Dans ce paysage de fin du monde, deux hommes s'appliquent à charger des corps minutieusement enveloppés dans des draps immaculés. Et l'humanitaire d'apprendre d'eux, ce jour-là, l'importance à accorder aux morts, une question de dignité. Dans ses référents occidentaux, les blessés gisant auraient mérité avant tout leur attention. Un changement de paradigme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089585.jpg?v=1686322062" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      La batterie installée au centre du campement faisant corps avec son musicien omniprésent, fait résonner jusque dans nos chairs des déferlements de bruits stressants… Un autre humanitaire prend la parole pour dire les attentes des proches à son retour de mission, une soif de curiosité… qu'il étanchera en racontant &quot;une aventure&quot; réclamée à cor et à cris entre des remarques de leur actualité : <span style="font-style:italic">&quot;Tu as vu, on a refait la salle de bain !&quot;</span>. Le récit du choix qu'il a dû alors opérer - à qui attribuer la seule poche de sang disponible, alors que cinq enfants en avaient vitalement besoin - gâchera la soirée de son entourage… Deux mondes en parallèle, l'Impossible ne pouvant décidément rejoindre le Possible.       <br />
              <br />
       Parfois les histoires de ceux qui sont aidés viennent si violemment percuter celles des aidants, que la vieille antienne consistant à penser que ceux qui aident ont la vie plus facile que les aidés vole en éclats. Parfois une rencontre irrigue l'aridité vécue, comme celle d'un médecin-jardinier faisant pousser consciencieusement de la menthe, dont les graines offertes à un humanitaire de passage auront une vie meilleure que dans son pays voué à la destruction. Avec cependant un point commun à toutes ces histoires, <span style="font-style:italic">&quot;l'humanitaire n'est qu'un bout de sparadrap sur les maux de l'humanité&quot;</span>. Si bien que certains, engagés dans l'action humanitaire, prenant conscience qu'ils ne pourront changer le monde, ne s'en remettent pas… et mutent pour un poste bien rémunéré dans une clinique privée du monde du Possible.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089586.jpg?v=1686322095" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
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     <div>
      Et puis vient se nicher, sous forme d'une lettre (im)pertinente envoyée par un humanitaire à son organisation, le constat sans fard que le petit monde des humanitaires n'échappe pas aux dérives des perversions pédophiles de ceux qui occupent une situation de pouvoir en terrain fragile. Expérience compensée par celle de la rencontre du &quot;petit footballeur mythologique&quot;, sauvé in-extrémis de la mort par un autre humanitaire, qui sera sauvé à son tour grâce à l'enfant.       <br />
              <br />
       D'autres récits s'enchaîneront, tous traitant de sujets à vif. Ainsi de la marche chorégraphiée, effectuée sur un air de fado a cappella troublant au plus haut point, afin de célébrer les quelques minutes de silence arraché aux bruits de la guerre pour aller sauver un jeune combattant de quatorze ans ayant pris les armes. Celle de cette chirurgienne ayant sauvé un commandant en lui posant une prothèse et qui, lors d'un checkpoint, sans état d'âme la… et là, l'humanitaire qui porte ce récit, étranglée par l'émotion, demande l'arrêt de l'enregistrement. Ou encore celle de cette jeune femme, partie la tête pleine des belles images de sauveuse de l'humanité souffrante qui, au contact du terrain, découvre qu'en tant que soldat de la paix, elle a été amenée à réprimer très durement les émeutes suscitées par la distribution de nourriture aux affamés. C'était sa première mission.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089688.jpg?v=1686322611" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
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      Quant au final, les paroles ayant été dites et entendues, les humanitaires quitteront la scène de leurs interventions pour laisser, éclairée par la lumière fabuleuse d'un soleil couchant tombé du gril, le musicien seul au plateau. Là, il fera résonner longtemps les battements syncopés de sa batterie comme autant d'épreuves inscrites en nous en lettres de feu… Un grand moment de &quot;théâtre documenté&quot;, beau comme le soleil noir de la vérité de l'(in)humain.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 31 mai 2023, Grande Salle Vitez du TnBA de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans la mesure de l'impossible"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73398615-51089689.jpg?v=1686322644" alt=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" title=""Dans la mesure de l'impossible" Un travail "presque" comme les autres… Paroles d'humanitaires en prise avec l'(in)humanité" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en français, anglais et portugais surtitré en français et en anglais.       <br />
       Texte et mise en scène : Tiago Rodrigues.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lisa Como.       <br />
       Avec : Adrien Barazzone, Beatriz Brás, Baptiste Coustenoble, Natacha Koutchoumov        <br />
       et Gabriel Ferrandini (musicien).       <br />
       Traduction : Thomas Resendes.        <br />
       Scénographie : Laurent Junod, Wendy Tokuoka, Laura Fleury.       <br />
       Composition musicale : Gabriel Ferrandini..       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Son : Pedro Costa.       <br />
       Costumes et collaboration artistique : Magda Bizarro.       <br />
       Fabrication décor : Ateliers de la Comédie de Genève.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
       Spectacle créé le 1er février 2022 à La Comédie de Genève.       <br />
       Le texte est publié aux éditions Les Solitaires Intempestifs.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mercredi 31 mai au samedi 3 juin 2023 au TnBA, Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">15 juin 2023 :</span> La Filature - Scène nationale, Mulhouse (68).       <br />
       23 et 24 juin 2023 : Fabrica de Cultura, en partenariat avec le Festival International de Théâtre de Sibiu, Sibiu (Roumanie).       <br />
       Du 11 au lundi 14 août 2023 : Edinburgh International Festival, Edimbourg (Écosse).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"PSYcause(s) 3" Effet miroir, entre humour corrosif et infinie tendresse !</title>
   <updated>2020-01-16T08:25:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/PSYcause-s-3-Effet-miroir-entre-humour-corrosif-et-infinie-tendresse-_a2628.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2020-01-06T08:10:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour la troisième fois, un "deux sur scène" renouvelé : le fauteuil, assise-coque accueillante aux multiples positions, protagoniste à part entière, et la comédienne auteure Josiane Pinson, tour à tour psy ou patiente, aux multiples évasions, aventurière en terrain connu dans les dédales de l'inconscient, cet autre en nous.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41441811-34833891.jpg?v=1578296167" alt=""PSYcause(s) 3" Effet miroir, entre humour corrosif et infinie tendresse !" title=""PSYcause(s) 3" Effet miroir, entre humour corrosif et infinie tendresse !" />
     </div>
     <div>
      Confessions, états d'âme, états de femmes, états de soi aussi, cette fois-ci,  pour se raconter, pour conter la Femme, celle d'aujourd'hui, de l'unique à l'universelle, de la sphère familiale à la sphère amoureuse, de la maturité à la sagesse, et retrouver sa place dans une société pas encore féministe mais déjà un peu moins masculine.       <br />
              <br />
       De la petite Chloé, enfant de couples homo, et ses trois arbres &quot;général logique&quot; à l'éternelle patiente &quot;nympho onaniste patho&quot; et à l'amante préservant toujours son hymen après cinquante d'amour platonique, en passant par ses propres filles pour des règlements de comptes familiaux ayant pour origines quelques carences maternelles, Josiane Pinson fait de nouveau passer les maux de la tête par ceux du corps, avec ironie, souvent avec humour - jusqu'au burlesque - mais toujours en y associant une bienveillance toute féminine, rendant les personnages mis sur le gril sympathiques ; et nous amenant insidieusement, mais sans facilité ni manichéisme, à l'empathie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41441811-34833892.jpg?v=1578296248" alt=""PSYcause(s) 3" Effet miroir, entre humour corrosif et infinie tendresse !" title=""PSYcause(s) 3" Effet miroir, entre humour corrosif et infinie tendresse !" />
     </div>
     <div>
      Débutant pour ce troisième opus par les obsèques et la crémation de sa mère - parce que l'urne, c'est plus rigolo ! -, l'auteure comédienne nous conduit immédiatement dans une description détaillée, peu orthodoxe, et avec une réjouissante insolence, des travers de femmes névrosées - ou inadaptées à des situations générées par une société en folie -, des lâchetés des mâles amants provisoires ou réguliers ; et, joviale autodérision oblige, d'elle-même, de ses échecs familiaux - moments savoureux de ses altercations avec sa mère qui lui parle d'outre-tombe - et amoureux.       <br />
              <br />
       L'écriture de Josiane Pinson, auteur et comédienne, a cette légèreté élégante, particulière, qui lui permet d'aborder avec esprit et délicatesse des sujets sérieux tenant tant aux doutes, aux peurs féminines, voire aux tabous encore présents ; et d'aller se promener d'un pas aérien dans les sentiers parfois tortueux de l'inconscient. À noter, car présent dans ses trois créations, dans les différents cas présentés apparaît de manière récurrente un questionnement sur la tolérance : de l'autre, de ses orientations, de ses actes, de ses choix, couple homo, couple avec différence d'âge, etc.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41441811-34833893.jpg?v=1578296410" alt=""PSYcause(s) 3" Effet miroir, entre humour corrosif et infinie tendresse !" title=""PSYcause(s) 3" Effet miroir, entre humour corrosif et infinie tendresse !" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène épurée de Gil Galliot, d'une simplicité élaborée, permet les va-et-vient qu'oblige une partition polyphonique à multiples rôles, multiples situations, et dualité entre patient et psychanalyste. Entre humour noir décapant et compassion pour nos contemporains, la musique jouée est une balade dans les profondeurs labyrinthiques de certaines de nos folies, crues, cruelles mais touchantes et drôles à la fois.       <br />
              <br />
       Au final, après les PSYcause(s), la psy craque et retourne sur le fauteuil, la psy redevient patiente, tente de sortir du cadre, de faire un nouveau départ… rencontre un patient à l'identique d'elle-même, même histoire, même situation. Effet miroir.       <br />
       &quot;Fuck la psychanalyse !&quot; La boucle est bouclée. Troisième et fin.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"PSYcause(s) 3"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/41441811-34833954.jpg?v=1578296447" alt=""PSYcause(s) 3" Effet miroir, entre humour corrosif et infinie tendresse !" title=""PSYcause(s) 3" Effet miroir, entre humour corrosif et infinie tendresse !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Josiane Pinson.       <br />
       Mise en scène de Gil Galliot, assisté de Marie-Céline Nivière.       <br />
       Avec : Josiane Pinson.       <br />
       Avec les voix de : Judith Magre, Anie Balestra, Achille Orsoni et Bruno Magne.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 janvier au 25 avril 2020.</span>       <br />
       Samedi à 17 h.       <br />
       Théâtre La Scène Parisienne, Paris 9e, 01 40 41 00 00.       <br />
       <a class="link" href="https://tlsp.paris/" target="_blank">&gt;&gt; tlsp.paris</a>
     </div>
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