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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-15T00:30:04+02:00</updated>
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   <title>Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable</title>
   <updated>2026-01-19T18:02:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-L-Ange-du-foyer--Emma-Dante-sans-pincettes-et-sans-pitie-et-reussi-a-rire-de-l-intolerable_a4454.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93780150-65485362.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-19T17:38:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'ange du foyer, c'est la mère, la mama, "L'Angelo del Focolare" dans le titre original de cette pièce en dialecte des Pouilles, c'est elle qu'on nomme la maîtresse de maison qui est plutôt l'esclave de tous ceux qui y habitent pour la cuisine, la vaisselle, le linge, les courses et le ménage, entre autres, mais aussi pour recevoir les insultes et les coups d'un mari en "mâle" de pouvoir.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93780150-65485362.jpg?v=1768840899" alt="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" title="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" />
     </div>
     <div>
      C'est le cas dans l'histoire racontée ici : une famille traditionnelle sicilienne comme on les imagine. La belle-mère, le fils, la belle-fille qui fait tout et le mari qui ne fait rien, sinon dominer ce petit monde avec ses muscles et sa grande gueule, son ivrognerie et sa violence. Avec cette nouvelle création, Emma Dante s'intéresse au petit cercle familial, la cellule familiale, celle qui, multipliée par milliers, forme les pays et leurs cultures et qui, multipliée par millions, forme quasiment l'humanité entière et sa civilisation. Une cellule qui fait partie d'un tout, mais qui, dans un autre sens, est un lieu clos, d'enfermement, de punition.       <br />
               <br />
       Pour la mama, l'ange du foyer, c'est bien d'une sorte de punition que cette cellule familiale où elle est une sorte de poupée de chiffon ballotée entre tous les membres de la famille. Elle est piégée comme beaucoup de mères sans autonomie financière, désireuse de protéger son enfant, son fils de l'influence brutale de son père et de la complaisance de sa grand-mère. Elle fait écran, elle prend les coups.       <br />
               <br />
       Pour s'attaquer au thème radicalement cru et brutal des féminicides, Emma Dante ne prend aucun gant. Tout est extrême dans la conception de cette pièce. Brut comme de la matière taillée à la pioche. Rugueux et décapant comme de l'acide. Les personnages d'abord : la mère du mari, vieille bourrique qui passe son temps à grommeler, défendre son fils, assise dans son fauteuil avec sa boîte à couture pleine de sucrerie et de cash. Le fils, une vingtaine d'années, couché, endormi, geignard, incapable de tout, même de se faire réchauffer une tasse de lait. Le mari, arrogant, chômeur, coureur, masculiniste dans toute son horreur. Et la femme, la mama, soumise, mais volontaire, sans espoir sinon de voir son fils s'en sortir, bafouée, mariée par devoir, parce qu'enceinte après la première sortie en boîte de sa jeunesse, mariée avec son violeur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93780150-65485363.jpg?v=1768840930" alt="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" title="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" />
     </div>
     <div>
      Les costumes aussi sont d'un réalisme crasse, presque inquiétant. Costumes du père et du fils, identiques. Tee-shirt marcel blanc sur slip kangourou blanc. Cela dépasse la caricature, comme si la metteuse en scène se refusait de donner une once de délicatesse, de manières, de nuances pour montrer la vulgarité, la laideur, la bêtise et la violence qui préside toujours aux drames des féminicides.       <br />
              <br />
       Ici, l'homme semble être le fils direct du Néandertal (pardon pour les hommes de bien de cette période préhistorique). Le premier mammifère venu possède plus de sensibilité, d'affectivité et de douceur que le personnage incarné avec une énergie incroyable par Ivano Picciallo. Il se résume lui-même comme n'étant que des muscles et une minchia (une bite).       <br />
               <br />
       Il est vrai que les âmes délicates, les spectatrices et spectateurs précieux du théâtre, et les intellectuels et intellectuelles de la culture risquent d'être rebutés par le rire gras populaire auquel le spectacle fait référence. Il n'empêche, la force mise en place ici, aussi brutale, incisive et sans fard soit-elle, conserve un esprit de farce et de grotesque qui est une filiation assumée du théâtre et de la culture italienne.       <br />
               <br />
       Reste à saluer les belles performances des quatre interprètes qui donnent autant de corps que de voix à la création de leurs personnages, parvenant pour chacune et chacun à si bien caricaturer ces fantômes qu'ils deviennent source, soit d'effroi, soit de rire, tant le parti pris de l'exagération est poussé à son maximum.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu à Châteauvallon- Liberté le 15 janvier 2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Ange du foyer"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93780150-65485364.jpg?v=1768840956" alt="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" title="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en dialecte des Pouilles surtitré en français.       <br />
       Texte et mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Avec : Leonarda Saffi, Giuditta Perriera, Ivano Picciallo et Davide Leone.       <br />
       Scénographie et costumes : Emma Dante.       <br />
       Lumières : Cristian Zucaro.       <br />
       Coordination et distribution : Aldo Miguel Grompone, Rome.       <br />
       Organisation Daniela Gusmano       <br />
       Surtitrage : Franco Vena.       <br />
       Traduction du texte en français : Juliane Regler       <br />
       Technique : Marco Guarrera.       <br />
       Compagnie Sud Costa Occidentale.       <br />
       Tout public à partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Certaines scènes du spectacle peuvent affecter les personnes photosensibles.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 24 janvier 2026.</span>       <br />
       Mardi, jeudi et vendredi à 20 h, mercredi à 19 h, samedi à 18 h.       <br />
       Théâtre des Deux Rives - CDN de Normandie - Rouen, 48, rue Louis Ricard, Rouen (76).       <br />
       Téléphone : 02 35 70 22 82.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0679/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0679&amp;EventId=184&amp;request=QcE+w0WHSuAdDB7h0xmRSndI2eKv8D80fmVgAkqerjwX+9fgL8qfiBqYAFOrUJNuRoEz6hKfuYA=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.cdn-normandierouen.fr/" target="_blank">&gt;&gt; cdn-normandierouen.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 6 au 11 octobre 2026 : Théâtre des Célestins, Lyon (69).       <br />
       13, 14 et 15 octobre : Clermont-Ferrand  (63).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-L-Ange-du-foyer--Emma-Dante-sans-pincettes-et-sans-pitie-et-reussi-a-rire-de-l-intolerable_a4454.html" />
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   <title>"Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne</title>
   <updated>2025-09-01T15:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Premier-Sexe-Ou-l-education-des-jeunes-males-dans-la-societe-moderne_a4348.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90794135-63964167.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-09-01T15:25:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Humour et dérision sont les tons qui dominent ce seul en scène, écrit et interprété par Mickaël Délis. Autodérision également, puisque l'auteur invoque sur le plateau les figures marquantes de son enfance. Une autobiographie à la fois ironique et douloureuse où le dogme de la virilité accourt sans cesse pour imposer ses lois, ses jugements, ses condamnations et bouleverser une enfance et l'accomplissement de soi. Car il s'agit de raconter cela, avec entrain, liberté et joie, l'éducation faite aux garçons. Par ce spectacle, Mickaël Délis tente de donner la réplique à la phrase de Simone de Beauvoir : "On ne naît pas femme : on le devient".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90794135-63964167.jpg?v=1756733228" alt=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" title=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;On ne naît pas homme : on le devient.&quot;</span> Et l'histoire commence jeune, très jeune, dans une famille d'un milieu bourgeois, un père coureur de femmes qui disparaît de l'horizon assez vite, une mère libérale, idéaliste, et légèrement décalée des réalités, un frère jumeau dans la norme des petits garçons virils et le petit Mickaël, mal dans son corps, qui préfère les tutus aux costumes de Spider-Man. Nous allons donc suivre jusqu'à l'adulte, cet enfant pas très réceptif à l'image supérieure de l'homme dans la société patriarcale.       <br />
              <br />
       Évidemment, le titre renvoie directement à l'essai de Simone de Beauvoir publié en 1949. Il s'annonce comme une réponse en miroir, mais il ne s'agit pas vraiment de cela. Comment répondre en un peu plus d'une heure à un texte qui tente de rassembler tous les constats objectifs de la condition des femmes depuis la préhistoire ? Ici, seule la partie intime, l'anecdote parlante, frappante, troublante parfois ont la parole : le parcours tortueux et dangereux d'un individu à qui la société impose d'être un type d'homme dominateur alors qu'il mettra des années à découvrir ses vrais désirs, sa vraie sensibilité et son homosexualité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90794135-63964168.jpg?v=1652858052" alt=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" title=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" />
     </div>
     <div>
      C'est à l'aide d'une demi-douzaine de personnages aux traits vifs et aux caractères puissants que Mickaël Délis nous fait vivre cette épique traversée de vie, de l'enfant à l'adulte. Il les incarne tous, un peu à la manière inventée par Philippe Caubère. Rapide, drôle, capable de grossir les traits de ses personnages dans une jolie démesure, le comédien virevolte sur scène, avec pour seuls accessoires un tabouret, un tissu et une craie rose.       <br />
              <br />
       Le spectacle ne tombe jamais dans l'analyse, la conférence. Le jeu reste le maître du plateau pour ce spectacle qui ressemble à une libération de la parole autant qu'à un constat de l'extrême violence que la société patriarcale impose aux individus soi-disant libres qui la composent.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Premier Sexe ou la grosse arnaque de la virilité"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90794135-63964169.jpg?v=1652858121" alt=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" title=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" />
     </div>
     <div>
      Texte : Mickaël Délis.       <br />
       Mise en scène : Vladimir Perrin et Mickaël Délis.       <br />
       Avec : Mickaël Délis.       <br />
       Collaboration artistique : Élisa Erka, Clement le Disquay, Élise Roth.       <br />
       Collaboration à l'écriture : Chloé Larouchi.       <br />
       Création lumière : Jago Axworthy.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Production : Compagnie Passages.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 septembre au 30 décembre 2025.</span>       <br />
       Les 9, 10, 11, 24, 25 et 30 septembre à 19 h 15. Ensuite le mardi à 19 h 15.       <br />
       Théâtre La Scala, Salle La Piccola Scala, Paris 10ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 40 03 44 30.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0588/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0588&amp;EventId=503&amp;request=QcE+w0WHSuAwDrjYKaOhXK1tPUt/ScCG734R2ldXTajc3WSitdX72Q12Bu1K2E5za1hPnGinWMk=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://lascala-paris.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lascala-paris.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90794135-63964170.jpg?v=1756733273" alt=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" title=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne</title>
   <updated>2024-11-15T18:38:00+01:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-08-26T18:31:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Humour et dérision sont les tons qui dominent ce seul en scène, écrit et interprété par Mickaël Délis. Autodérision également, puisque l'auteur invoque sur le plateau les figures marquantes de son enfance. Une autobiographie à la fois ironique et douloureuse où le dogme de la virilité accourt sans cesse pour imposer ses lois, ses jugements, ses condamnations et bouleverser une enfance et l'accomplissement de soi. Car il s'agit de raconter cela, avec entrain, liberté et joie, l'éducation faite aux garçons. Par ce spectacle, Mickaël Délis tente de donner la réplique à la phrase de Simone de Beauvoir : "On ne naît pas femme : on le devient".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82418359-59129229.jpg?v=1724692937" alt=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" title=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;On ne naît pas homme : on le devient.&quot;</span> Et l'histoire commence jeune, très jeune, dans une famille d'un milieu bourgeois, un père coureur de femmes qui disparaît de l'horizon assez vite, une mère libérale, idéaliste, et légèrement décalée des réalités, un frère jumeau dans la norme des petits garçons virils et le petit Mickaël, mal dans son corps, qui préfère les tutus aux costumes de Spider-Man. Nous allons donc suivre jusqu'à l'adulte, cet enfant pas très réceptif à l'image supérieure de l'homme dans la société patriarcale.       <br />
              <br />
       Évidemment, le titre renvoie directement à l'essai de Simone de Beauvoir publié en 1949. Il s'annonce comme une réponse en miroir, mais il ne s'agit pas vraiment de cela. Comment répondre en un peu plus d'une heure à un texte qui tente de rassembler tous les constats objectifs de la condition des femmes depuis la préhistoire ? Ici, seule la partie intime, l'anecdote parlante, frappante, troublante parfois ont la parole : le parcours tortueux et dangereux d'un individu à qui la société impose d'être un type d'homme dominateur alors qu'il mettra des années à découvrir ses vrais désirs, sa vraie sensibilité et son homosexualité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82418359-59129230.jpg?v=1652858052" alt=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" title=""Le Premier Sexe" Ou l'éducation des jeunes mâles dans la société moderne" />
     </div>
     <div>
      C'est à l'aide d'une demi-douzaine de personnages aux traits vifs et aux caractères puissants que Mickaël Délis nous fait vivre cette épique traversée de vie, de l'enfant à l'adulte. Il les incarne tous, un peu à la manière inventée par Philippe Caubère. Rapide, drôle, capable de grossir les traits de ses personnages dans une jolie démesure, le comédien virevolte sur scène, avec pour seuls accessoires un tabouret, un tissu et une craie rose.       <br />
              <br />
       Le spectacle ne tombe jamais dans l'analyse, la conférence. Le jeu reste le maître du plateau pour ce spectacle qui ressemble à une libération de la parole autant qu'à un constat de l'extrême violence que la société patriarcale impose aux individus soi-disant libres qui la composent.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Premier Sexe ou la grosse arnaque de la virilité"</b></div>
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     </div>
     <div>
      Texte : Mickaël Délis.       <br />
       Mise en scène : Vladimir Perrin et Mickaël Délis.       <br />
       Avec : Mickaël Délis.       <br />
       Collaboration artistique : Élisa Erka, Clement le Disquay, Élise Roth.       <br />
       Collaboration à l'écriture : Chloé Larouchi.       <br />
       Création lumière : Jago Axworthy.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Production : Compagnie Passages.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 septembre 2024 au 19 mars 2025.</span>       <br />
       Mardi et mercredi à 19 h 15.       <br />
       Théâtre La Scala, Salle La Piccola Scala, Paris 10ᵉ, 01 40 03 44 30.       <br />
       <a class="link" href="https://lascala-paris.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lascala-paris.fr</a>
     </div>
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Premier-Sexe-Ou-l-education-des-jeunes-males-dans-la-societe-moderne_a4031.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés</title>
   <updated>2024-01-12T10:14:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Contes-et-Legendes-L-adolescence-a-vif-Jeux-de-role-au-pays-des-humanoides-associes_a3790.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77769611-56496356.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-01-12T09:55:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si le propre d'un théâtre engagé aux côtés de l'humain est de créer un trouble distanciel afin de mieux "réfléchir" les comportements de l'homo sapiens, on peut dire alors que la focale adoptée par Joël Pommerat est - comme à son habitude - des plus adaptées à l'objectif choisi. En effet, "Contes et Légendes", sous couvert de fictions, (re)présentent une mise en abyme joyeuse du réel des années 2020 traversé par les questions essentielles de la place accordée au féminin, du rapport intime aux assistants high-tech et de la construction des identités par identification aux modèles patriarcaux. Le tout traité sous forme de saynètes débridées, délibérément ludiques, et éclairées par un humour transcendant les thématiques en jeu.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77769611-56496356.jpg?v=1652640405" alt=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" title=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" />
     </div>
     <div>
      Tout commence par une scène cristallisant les thèmes à venir… Deux gentils loubards au langage fleuri, tout aussi provocateurs verbalement qu'intimidés physiquement par la gent féminine, &quot;chauffent&quot; une désirable demoiselle qu'ils redoutent être un robot susceptible d'endommager leur virilité déjà peu sûre d'elle-même… On y retrouve, délicieusement caricaturées, les prétentions ancestrales de l'emprise masculine recouvrant la peur atavique du féminin (ce mystère dont je suis issu et qui m'effraie comme un lieu à jamais inaccessible) mêlées au règne nouveau de robots pouvant certes consoler, mais tout autant effrayer. Devenir non pas ce que l'on &quot;naît&quot;, porteur des vœux secrets des parents et des assignations sociétales, mais ce que l'on est, un sujet en devenir, tel sera le fil invisible tramant l'ensemble.       <br />
              <br />
       Et ce n'est pas la leçon inénarrable d'un cours pratique de &quot;musclinité&quot; - euh de &quot;masculinité&quot; - visant à rétablir le déséquilibre dangereusement menacé entre hommes et femmes qui démentira l'humour utilisé comme arme, apparemment innocente, afin de désintégrer en plein vol les clichés machistes. À voir en effet ces &quot;soldats de l'avenir&quot;, ces guerriers de la cause essentielle de la suprématie du mâle, s'entraîner dur comme fer pour lutter contre la féminisation de la société - et son corollaire, la destruction de l'Humanité -, on n'est pas loin de &quot;pisser debout dans ses frocs&quot; tant on tremble face au danger représenté par ces perfides amazones, enclines à prendre un pouvoir démentiel sur la faible gent masculine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77769611-56496357.jpg?v=1652640449" alt=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" title=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" />
     </div>
     <div>
      Parallèlement au ravissement produit par le vent féministe libérateur soufflant en creux sur le plateau, se dévoile le lien unissant de sympathiques robots - marqués par un anthropomorphisme faisant d'eux des &quot;doudous&quot; à visage humain - à leurs compagnons dépendant d'eux. Il est vrai que l'évolution de la robotique humanoïde permet dorénavant de mettre à disposition de chacun(e) des créatures en tous points semblables aux humains, si ce n'est, au-delà de leur humanité augmentée, une certaine raideur dans leurs mouvements et dans la fixité de leur regard. Mais ces détails physiques sont vite oubliés tant leur capacité de réaction immédiate aux situations a été développée grâce à une technologie de haut niveau proposant un process de communication des plus pertinents.       <br />
              <br />
       Ainsi, fidèles compagnons éducatifs et pédagogiques, les assistants robotisés vont se comporter en personnes ressources d'une grande fiabilité, se substituant à des adultes dépassés par leurs progénitures, et capables de consoler les chagrins d'amours adolescentes ou encore de combler la disparition programmée (par la nature) d'une mère-ménagère (dé)vouée organiquement aux travaux domestiques… Qui plus est, apprenant d'eux-mêmes et du monde, les robots de compagnie (dire &quot;personnes artificielles&quot;) s'inscrivent dans un processus évolutif porteur de progrès &quot;humain&quot;. À la différence des primates-humains, répétant eux à satiété les mêmes conditionnements axés autour d'axiomes non évolutifs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77769611-56496358.jpg?v=1652640489" alt=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" title=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" />
     </div>
     <div>
      Et qui a dit que le rire était le propre de l'Homme ? Qui aura assisté aux rires aux éclats de Robby le robot s'esclaffant, sans aucune arrière-pensée, à l'annonce de son recyclage : <span style="font-style:italic">&quot;Moi aussi mon petit poteau, je t'aime beaucoup !&quot;</span>, n'osera jamais plus prononcer une telle fadaise. De même, après avoir entendu les paroles d'un autre robot, condamné lui à être débranché pour obsolescence programmée, entonnant à tue-tête les paroles de Dalida : <span style="font-style:italic">&quot;Moi je veux mourir sur scène/En chantant jusqu'au bout/Moi, je veux mourir sur scène/C'est là que je suis née&quot;</span>, on se plaît à rêver d'une humanité ressuscitée… par un humanoïde.       <br />
              <br />
       Ainsi des émois amoureux revisités à l'aune des travestissements successifs. Ainsi de la révolte adolescente remettant les pendules à l'heure de l'évolution. Ainsi de la contamination positive opérée par les personnes artificielles pour redonner à l'humain le vivifiant goût des autres… Et évoquer pour conclure la belle surprise éprouvée au moment du salut final… Choc d'avoir eu alors à découvrir que les jeunes artistes ayant superbement incarné les rôles des ados mâles, machos ou pas, étaient des &quot;comédien… nes&quot; ! Cet apparent &quot;détail&quot; n'en est pas un tant il renforce l'impression d'avoir de nos yeux vu, peut-être même parfois à notre corps défendant, nos repères superbement vaciller.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77769611-56496359.jpg?v=1652640520" alt=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" title=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" />
     </div>
     <div>
      En effet, les frontières entre humains et humanoïdes, entre territoires de la masculinité et ceux de la féminité, ont littéralement implosé sous les coups de boutoir de l'humour décalé, renversant à l'envi les situations pour laisser place à des entités confondues avec bonheur dans la même proximité scénique… Jusqu'à ressentir ce que Freud nommait &quot;l'inquiétante étrangeté&quot;, cet intime déjà-là qui jaillit devant nous, venant nous déloger de nos certitudes anciennes en remettant joyeusement en je(u) notre inhumaine identité savamment construite. Captivant…       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 4 mai 2022 dans la Grande Salle Vitez du TnBA à Bordeaux où le spectacle a été représenté du 3 au 7 mai 2022.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Contes et légendes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77769611-56496360.jpg?v=1652640548" alt=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" title=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" />
     </div>
     <div>
      Écriture et mise en scène : Joël Pommerat.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Roxane Isnard.       <br />
       Avec : Prescillia Amany Kouamé, Jean-Édouard Bodziak, Elsa Bouchain, Léna Dia, Angélique Flaugère, Lucie Grunstein, Lucie Guien, Marion Levesque, Angéline Pelandakis, Lenni Prézelin.       <br />
       Scénographie et lumière : Éric Soyer.       <br />
       Costumes et recherches visuelles : Isabelle Deffin.       <br />
       Habillage : Manon Denarié.       <br />
       Perruques et maquillage : Julie Poulain.        <br />
       Son : François Leymarie, Philippe Perrin.       <br />
       Musique : Antonin Leymarie.       <br />
       Dramaturgie : Marion Boudier.       <br />
       Direction technique : Emmanuel Abate.       <br />
       Construction décors : Ateliers de Nanterre - Amandiers.       <br />
       Construction mobilier : Thomas Ramon - ARTOM.       <br />
       Les textes de Joël Pommerat sont édités chez Actes Sud-Papiers.       <br />
       Production Compagnie Louis Brouillard.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 50.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77769611-56496361.jpg?v=1652640602" alt=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" title=""Contes et Légendes" L'adolescence à vif… Jeux de rôle au pays des humanoïdes associés" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 10 janvier au 31 mars 2024.</span>       <br />
       Du mercredi au vendredi à 20 h, samedi 20 h 30 et dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de la Porte Saint-Martin, Paris 10e, 01 42 08 00 32.       <br />
       <a class="link" href="https://www.portestmartin.com/contes-et-legendes" target="_blank">&gt;&gt; portestmartin.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Contes-et-Legendes-L-adolescence-a-vif-Jeux-de-role-au-pays-des-humanoides-associes_a3790.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing</title>
   <updated>2023-07-22T11:55:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Black-Lights-Puissance-des-corps-et-force-des-paroles-un-oratorio-coup-de-poing_a3694.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74191485-51614377.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-22T11:00:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il est des spectacles qui captivent et d'autres qui, au-delà de l'intérêt très fort qu'ils suscitent, vous introduisent dans un état de conscience augmentée propre à vous transporter dans leur monde. La dernière création de la chorégraphe Mathilde Monnier, présentée dans le lieu féérique du Cloître des Carmes, appartient à cette catégorie rare. En effet, au-delà de ce que l'on sait des outrages "ordinaires" faits aux femmes, nos sœurs en humanité, nous ressentons au plus profond de notre chair l'impact des agressions "mâléfiques". Comme dans une transe, c'est notre être intime qui perçoit alors par les pores de notre peau le drame en cours, notre raison étant impuissante pour nous signifier l'impensable.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614377.jpg?v=1690018089" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      La nuit tombe sur le plateau du cloître, enrobant d'une nappe de brouillard d'imposantes souches calcinées disséminées sur toute son étendue. Un paysage dévasté, propre à accueillir, par effet de miroir, les visages marqués des huit danseuses de tout âge, de toute morphologie et de toute origine. Ce qui les rassemble au-delà de leurs différences, ces huit femmes en colère, c'est d'avoir vécu l'ordinaire – parfois un peu plus – de ce que le sexe féminin a à subir chaque jour. Un ordinaire faisant d'elles des objets assujettis aux réflexions et agissements d'une masculinité primaire, pour ne pas dire primitive.       <br />
              <br />
       S'inspirant de &quot;H24 - 24 heures dans la vie d'une femme&quot;, la série télévisée réalisée pour Arte par Valérie Urrea et Nathalie Masduraud, Mathilde Monnier a retenu, parmi les textes d'autrices invitées à écrire sur ce sujet brûlant, ceux d'Agnès Desarthe, Siri Hustvedt, Niviaq Korneliussen, Lola Lafon, Grazyna Plebanek, Monica Sabolo, Ersi Sotiropoulos, Lize Spit, et Alice Zeniter ; écrits qui, de par leur texture, se prêtent au passage au plateau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614378.jpg?v=1690018114" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      À partir de cette matière traversée par l'énergie d'autrices en lien avec leur vécu de femmes, la chorégraphe a confié à huit danseuses, actrices à part entière, le soin de prêter corps et voix à ces &quot;(é)cris&quot;. Puisant dans leur expérience personnelle, elles libèrent, seules et ensemble, l'essence de leur contenu, aussi bien dans leur corps combattant ou abattu, que dans leur phrasé articulé à la rage qui les habite. Ces chorégraphies, qui expriment avec force la violence subie et son funeste impact sur les corps et les âmes, ont la beauté d'un soleil noir inondant le plateau du Cloître des Carmes.       <br />
              <br />
       Sur la pointe des pieds, le corps tout entier traversé par une tension la projetant en avant, une femme tout de blanc vêtue palpe son cou à l'endroit précis où une arête semble restée coincée. Ce qui ne passe pas, ou plus exactement ce qui n'arrête pas de passer en elle, c'est le souvenir de cette agression qui, apparemment, n'en était pas une, et qui pourtant l'a laissée sans voix. Dans son cursus de formation d'avocate, un banal débat pédagogique pour apprendre… à débattre. Les arguments sont fourbis, attaque et contre-attaque verbale. Elle rivalise avec talent, ne se laisse aucunement impressionner par le statut du maître.       <br />
              <br />
       Et puis, dans le plein de la joute oratoire, s'immisce un glissement &quot;innocent&quot;, une petite phrase aux apparences anodines : <span style="font-style:italic">&quot;Il vous va bien ce chignon, les cheveux attachés, ça te va bien…&quot;.</span> Alors, déconcertée, elle sourit… parce que c'est ce que savent faire les femmes quand on leur dit à leur corps défendant qu'elles sont jolies… Et depuis ce sourire soumis, cette rage qui la ronge. <span style="font-style:italic">&quot;J'aurais dû claquer la porte, le gifler&quot;.</span> Mais si elle avait montré sa colère, n'aurait-elle pas perdu une deuxième fois en ne maitrisant pas ses nerfs, ses nerfs de femme fragile ? Confrontée à une injonction contradictoire, paralysante, avait-elle d'autre choix que de la ravaler, sa juste colère ? Et depuis, elle est là, intacte, coincée dans sa gorge.       <br />
              <br />
       Après ce tableau liminaire d'une cruauté perverse, vient le temps pour les huit danseuses de prendre possession du plateau. D'emblée, leur détermination nous en impose. La fierté de leur regard dur toisant le nôtre, en dit long sur leur volonté de résistance aux violences qui leur sont faites. Leurs corps, disloqués par les affres vécues, oscillent entre jetés au sol, courses effrénées et contorsions de pantins désarticulés, accompagnés par les bruits disharmoniques de leurs chaussures frappant le sol alors que se consument à leurs côtés les souches fumantes.       <br />
              <br />
       Une autre danseuse se détachera pour venir articuler haut et fort comment elle a été abusivement renvoyée – avant même d'avoir pu prendre son travail de réceptionniste, dont elle avait pourtant grand besoin pour manger – pour avoir simplement refusé de porter des talons hauts de huit centimètres… afin de plaire à la clientèle masculine, de haut standing, fréquentant l'établissement. Le rire puissant qui jaillit alors de sa poitrine fera entendre sa détermination à refuser toute domestication.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614393.jpg?v=1690018169" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      Tantôt seules, tantôt faisant chorus, ces femmes danseuses balaient l'espace de leurs déplacements heurtés pour l'occuper totalement. L'une, plutôt frêle, racontera comment elle se fait siffler, comment, continuellement, elle a à essuyer des commentaires (&quot;à la mords-moi le nœud&quot;) de types baissant leur vitre à son passage : <span style="font-style:italic">&quot;Et mademoiselle, on ne sourit pas ? Ah princesse, tu fais la gueule !&quot;.</span> L'automobile qui la suit au pas, elle ne peut la semer, sa destination à la voiture… c'est elle. Elle rêve alors d'être dans un jeu vidéo où elle pourrait disparaître par une plaque d'égout, pour apparaître plus loin. Mais, non, il est toujours là à mater son cul et à lui parler de sa beauté, à lui proposer de faire un tour ensemble…       <br />
              <br />
       Faisant bloc avec elle, les danseuses arpentent à pas rapides l'espace comme pour vouloir - en vain - échapper au prédateur. <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi tu me fais la gueule, tu es si jolie…&quot;.</span> Ce qu'il ne comprend pas, ce qu'il ne peut pas comprendre, c'est qu'elle ne veut ni lui faire la gueule, ni lui plaire, simplement qu'il l'oublie, qu'il la laisse vivre, son corps est à elle et non sujet public de commentaires… Mais là encore, pour lui échapper, elle concède la photo qu'il lui impose, celle de la proie qui pose avec le chasseur, et elle en est mortifiée. Le groupe de danseuses s'arrête alors net, nous dévisage, comme pour chercher parmi nous un appui, ou…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614397.jpg?v=1690018229" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      Une autre danseuse, montée sur ressorts, toute en nerfs, renverra les insultes qui lui sont adressées. <span style="font-style:italic">&quot;Salope&quot;</span>, lui dit-on, <span style="font-style:italic">&quot;Putain mec, j'vais t'enculer&quot;</span>, répond-elle. Revendicative, son corps est électrisé, impossible de l'approcher. <span style="font-style:italic">&quot;Ça, c'est mes seins, ça, c'est mon corps… mon corps… mon corps…&quot;,</span> hurle-t-elle, créant autour d'elle un vide protecteur.       <br />
              <br />
       Une autre, se sentira affreusement démunie lorsque son vieux prof libidineux – mais est-ce que ça a vraiment eu lieu ? –, profitant de son autorité, parlera à ses seins (et plus si affinités), la suivra jusqu'à son métro. Mais non, il ne s'est rien passé, elle aura tout inventé… Une autre encore sera brûlée vive par son conjoint, les flics n'ayant jamais cru aux plaintes déposées.       <br />
              <br />
       Ainsi va le monde des femmes dans un monde d'hommes prédateurs, des femmes vécues comme des proies faciles pour des mâles en mal de puissance. Certaines trouvent la force de les renvoyer paître, ces nuisibles entichés d'eux-mêmes, d'autres restent sidérées ne pouvant réagir face au monstre conquérant, toutes ont en commun de partager le sentiment honteux d'être dessaisies d'elles-mêmes, de subir une effraction mettant en danger leur intégrité physique et mentale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614489.jpg?v=1690019314" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      Ces problématiques sans âge, les danseuses de Mathilde Monnier les portent à fleur de peau avec une conviction telle qu'elles deviennent nôtres, touchés que nous sommes par ce flux incessant de corps désarticulés, mis à mal, blessés… mais au final ne cédant pas, la colère, saine et combative, étant la plus forte.       <br />
              <br />
       Mathilde Monnier signe là un opus bouleversant, artistiquement, humainement parlant. Sans nul doute &quot;Black Lights&quot; sera-t-il à inscrire en tête de liste des spectacles ayant marqué Avignon 2023. Mais pas que 2023…       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 20 juillet 2023 au Cloître des Carmes à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Black Lights"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614498.jpg?v=1690019342" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      En français, surtitré en anglais.       <br />
       Inspiré de &quot;H24&quot;, série pour ARTE de Valérie Urrea et Nathalie Masduraud.       <br />
       Textes : Agnès Desarthe, Siri Hustvedt, Niviaq Korneliussen, Lola Lafon, Grazyna Plebanek, Monica Sabolo, Ersi Sotiropoulos, Lize Spit, Alice Zeniter.       <br />
       Traductions : Christine Berlioz, Cécile Bocianowski, Gilles Decorvet, Christine Leboeuf, Emmanuelle Tardif, Laila Thullesen.       <br />
       Chorégraphie et mise en scène : Mathilde Monnier.       <br />
       Avec : Isabel Abreu, Aïda Ben Hassine, Kaïsha Essiane, Lucía García Pullés, Mai-Júli Machado Nhapulo, Carolina Passos Sousa, Jone San Martin Astigarraga, Ophélie Ségala.       <br />
       Dramaturgie : Stéphane Bouquet.       <br />
       Musique : Nicolas Houssin, Olivier Renouf.       <br />
       Scénographie : Annie Tolleter.       <br />
       Conception et construction : Atelier Martine Andrée et Paul Dubois.       <br />
       Lumière : Éric Wurtz.       <br />
       Costumes : Laurence Alquier       <br />
       Régie générale : Emmanuel Fornès       <br />
       Régie son : Nicolas Houssin       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       Spectacle créé le 22 juin 2023 au Théâtre de l'Agora, dans le cadre de Montpellier Danse.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 23 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cloître des Carmes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74191485-51614560.jpg?v=1690020044" alt="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" title="•In 2023• "Black Lights" Puissance des corps et force des paroles, un oratorio coup de poing" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       28 et 30 juillet 2023 : Festival ImPulsTanz, Vienne (Autriche).       <br />
       29 et 30 novembre, 1er et 2 décembre 2023 : Théâtre de la Cité Internationale, Paris.       <br />
       17 et 18 janvier 2024 : La Comédie - Scène nationale, Clermont-Ferrand (63).       <br />
       23 janvier 2024 : Le Parvis - Scène nationale Tarbes Pyrénées, Ibos (65).       <br />
       26 et 27 janvier 2024 : Théâtre populaire romand Centre neuchâtelois des arts vivants et ADN Danse, Neuchâtel (Suisse).       <br />
       7 et 8 février 2024 : MC2 - Scène nationale, Grenoble (38).       <br />
       13 et 14 février 2024 : La Coursive Scène nationale de La Rochelle (17).       <br />
       22 février 2024 : Les Salins - Scène nationale, Martigues (13).       <br />
       Du 20 au 23 mars 2024 : Les SUBS &amp; Maison de la Danse, Lyon (69).       <br />
       4 et 5 avril 2024 : Le Quartz - Scène nationale, Brest (29).       <br />
       Du 22 au 24 mai 2024 : Théâtre national de Bretagne, Rennes (35).       <br />
       29 au 31 mai 2024 : Théâtre Garonne - Scène européenne, Toulouse (31).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Black-Lights-Puissance-des-corps-et-force-des-paroles-un-oratorio-coup-de-poing_a3694.html" />
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