<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-06-09T08:14:35+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes</title>
   <updated>2026-05-22T09:44:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/De-la-lutte-des-classes-qui-existe-encore-une-belle-demonstration-collective-avec-7-minutes-Comite-d-usine-et-ses_a4565.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96669365-67386513.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-22T06:48:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une usine textile en France, Picard & Roche. L'arrivée de nouveaux investisseurs provoque une réunion entre la direction et les employées. Celles-ci, les deux cents ouvrières et les employées des bureaux, ont élu onze représentantes qui, à leur tour, ont désigné une porte-parole enfermée depuis des heures dans les locaux de la direction. Il s'agit de négociations au sujet des changements que cette nouvelle direction va décider dans l'organisation du travail. Et l'ambiance est tendue. Le climat du textile en France et en Europe est détestable depuis des années maintenant, et les fermetures d'usines, et les délocalisations foisonnent. Toutes craignent pour leur emploi.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96669365-67386513.jpg?v=1779389435" alt="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" title="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" />
     </div>
     <div>
      Elles sont dix à attendre, dans la fébrilité et l'impatience, car la réunion avec les patrons n'en finit pas. Huit ouvrières et deux employées de tous âges. Certaines viennent d'être embauchées depuis peu, d'autres sont là depuis des dizaines d'années, de mère en fille, comme cela se passe dans certaines villes où l'usine locale est le principal employeur. La porte-parole aux prises avec les patrons, c'est la plus âgée du groupe, on pourrait dire l'aînée tant cette ambiance d'atelier ressemble à une famille. Une famille avec ses histoires jamais closes, ses dissensions, ses jalousies et malgré tout l'indéfectible besoin de rester ensemble, solidaire, qui revient toujours comme pour un groupe embarqué dans la même galère.       <br />
              <br />
       C'est dans une salle de l'entrepôt de stockage où s'empilent des murs de cartons que va se dérouler &quot;7 minutes (comité d'usine)&quot; où les élues sont réunies dans l'attente de ce qui va leur tomber sur la tête. Fébrilité et angoisse palpables jusqu'à ce qu'enfin revienne la porte-parole. Fébrilité accrue lorsqu'elle prend le temps de raconter la manière dont s'est déroulé son entretien avec la demi-douzaine d'hommes en costard-cravate, elle, simple ouvrière seule face à eux, financiers, décideurs ou technocrates qui ont l'avenir de toutes entre leurs mains.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96669365-67386518.jpg?v=1779389460" alt="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" title="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" />
     </div>
     <div>
      Passé l'explosion de joie quand elle leur annonce qu'aucune ouvrière ne serait virée et que l'usine ne serait pas délocalisée, passé l'explosion de rires lorsqu'un détail, un léger changement dans leurs habitudes, a été annoncé à la toute dernière minute de la réunion, un petit quelque chose qui, suite aux craintes d'un licenciement massif, paraît une broutille, une blague, rien, juste une question de 7 minutes ! Qu'est-ce que 7 minutes dans une journée ? Peanuts !       <br />
              <br />
       Là est donc tout l'enjeu du vote que ces onze déléguées doivent faire au nom des deux cents ouvrières de l'usine : 7 minutes par jour qui seront supprimées de la pause de 15 minutes à laquelle elles avaient droit jusqu'à ce jour.       <br />
              <br />
       La pièce de De Stefano Massini part de cette minuscule concession faite au profit des dirigeants pour explorer les incidences dangereuses que ce petit grain de sable peut engendrer et des répercussions que cela peut avoir sur la suite des décisions patronales. Avec un sens très aigu de la mise en scène, le débat entre les onze déléguées avance arguments après arguments, confidences après confidences, oppositions après conflits, en maintenant un suspens permanent qui tient le spectateur en haleine. Mis à part l'intelligent déroulement de l'action (dont le thème a été inspiré par des reprises et des fermetures réelles d'usines comme celle de Lejaby en 2010), le spectacle repose sur le jeu réaliste des comédiennes et la mise en scène précise et harmonieuse d'Olivier Mellor.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96669365-67386525.jpg?v=1779389544" alt="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" title="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" />
     </div>
     <div>
      Chacune des onze comédiennes réussit avec talent à planter leurs personnages dans le sol rugueux du monde ouvrier, créant ainsi des personnages attachants, drôles, tragiques qui sont d'une impressionnante présence pendant les presque deux heures où elles restent toutes en scène. Palme spéciale pour l'interprétation de Blanche, la porte-parole, par Karine Dedeurwaerder qui, dès son entrée, s'impose pour réussir un contrepoids suffisant à ses dix camarades de jeu.       <br />
              <br />
       Derrière le mur de carton qui clôt le fond de scène, un jazz-band de quatre musiciens donne du rythme et une dimension presque cinématographique à certains passages plus émouvants que d'autres. Un orchestre de musiciens qui joue à l'abri des regards pour laisser tout l'espace de jeu à l'univers féminin, volonté du metteur en scène de laisser pleinement la parole à ces femmes de combat qui parviennent à faire valoir la nécessité de garder les acquis sociaux (conquis souvent de haute lutte dans le passé) sous peine de voir les droits de chacun lentement grignotés par l'appétit de la finance et du patronat pour qu'à la fin, il n'en reste que des miettes et un retour à la jungle esclavagiste du travail d'il y a deux siècles.       <br />
              <br />
       Le thème peut paraître assez ardu, mais le texte, la mise en scène et le jeu des articles dynamisent totalement la pièce en renouvelant sans cesse l'attention et l'intérêt pour ce qui se déroule sur scène dans une ambiance fourmillante et colorée.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu au Centre Culturel Jacques Tati d'Amiens le 29 janvier 2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"7 minutes (Comité d'usine)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96669365-67386526.jpg?v=1779389601" alt="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" title="De la lutte des classes, qui existe encore, une belle démonstration collective avec "7 minutes (Comité d'usine)" et ses quinze interprètes" />
     </div>
     <div>
      Texte : Stefano Massini.       <br />
       Traduit de l'italien par Pietro Pizzuti (Éditions l'Arche).       <br />
       Mise en scène : Olivier Mellor.       <br />
       Avec : Marie Laure Boggio, Delphine Chatelin, Marie-Béatrice Dardenne, Valérie Decobert, Karine Dedeurwaerder, Aurélie Longuein, Valentine Loquet, Sophie Matel, Elsie Mencaraglia, Emmanuelle Monteil, Fanny Soler.       <br />
       Musique originale : Séverin Toskano Jeanniard.       <br />
       Musiciens : François Decayeux (guitare), Séverin Toskano Jeanniard (basse, machines), Olivier Mellor (kaossilator, machines), Louis Noble (guitare, sax ténor).       <br />
       Lumière : Olivier Mellor.       <br />
       Son : Séverin Toskano Jeanniard.       <br />
       Scénographie : Olivier Mellor, François Decayeux, Séverin Toskano Jeanniard, Louis Noble.       <br />
       Photos, vidéo-documentaire : Alexandre Tourte.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 11 juin au 28 juin 2026.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de L'Épée De Bois, Cartoucherie de Vincennes, route du Champs de Manœuvre, Paris 12ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://epeedebois.notre-billetterie.com/billets?spec=619" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       (en cours d'élaboration)       <br />
       Espace culturel Saint-André, Abbeville (80) ; L'Éden – Scènes transfrontalières, Hirson (02) ;       <br />
       Théâtre de la Verrière, Lille (59) ; Théâtre de Beauvaisis – Scène nationale, Beauvais (60) ; la Virgule - Centre transfrontalier de création théâtrale, Roubaix (59) ; Centre culturel Antoine Vitez, Moreuil (80) ; Théâtre An Dour Meur, Plestin-les-Grèves (22).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/De-la-lutte-des-classes-qui-existe-encore-une-belle-demonstration-collective-avec-7-minutes-Comite-d-usine-et-ses_a4565.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité</title>
   <updated>2026-02-11T09:23:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Presque-egal-presque-freres-Sous-la-clarte-des-etoiles-et-sur-la-blancheur-de-la-neige-un-regard-perplexe-sur-une_a4476.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/94274235-65757522.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-02-11T09:11:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Formé de deux pièces distinctes de l'auteur suédois Jonas Hassen Khemiri ("≈ [Presque égal à]" et "J'appelle mes frères"), "Presque égal, presque frères" sonde le pouvoir de l'argent et la peur de l'autre au cœur de nos sociétés occidentales. Deux pièces, deux thèmes, mais qui, associés par le metteur en scène Christophe Rauck, deviennent un condensé des peurs et des injonctions qui traversent nos sociétés, des peurs et des injonctions capables d'augurer des jours sombres, mais qui, dès maintenant, font naître injustices, clivages entre les citoyens, inégalités admises. Un constat à la fois lucide et lumineux qui agit comme un appel urgent à réagir.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94274235-65757522.jpg?v=1770797590" alt=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" title=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" />
     </div>
     <div>
      Quatre personnages au milieu de l'univers suffisent, dans cette première partie &quot;≈ [Presque égal à]&quot;, pour incarner l'humanité. Une humanité harcelée par le pouvoir de l'argent. De la réussite. Une humanité en lutte pour rester humaine, vivante et pour parvenir à se façonner encore quelques rêves. Rien de triste dans ce chaos des âmes si bien organisé, rien qu'un constat où l'amertume s'adoucit parfois au sucré de la beauté profonde des personnages, une beauté pathétique comme la vue de poissons se débattant dans une flaque à quelques mètres de la rive océanique.       <br />
              <br />
       Le dispositif bi-frontal, qui oblige le public à voir son double de l'autre côté de la scène, permet au metteur en scène Christophe Rauck de mettre, au milieu des spectateurs, les comédiens, les personnages, les histoires imaginées par Jonas Hassen Khemiri. Des scènes à hauteur d'homme, comme si elles se passaient dans la rue d'à côté, dans son immeuble. Car les héros de ces histoires ont des vies ordinaires : des vies dont les courbes ont été, au fil des ans, de plus en plus infléchies et détournées par ce besoin d'argent que l'existence sociale nécessite.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94274235-65757562.jpg?v=1770797741" alt=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" title=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" />
     </div>
     <div>
      Les myriades d'étoiles couvrant la salle, du sol au plafond, et le globe terrestre féérique suspendu en son centre disparaissent vite pour laisser place à ces personnages, pieds enfoncés dans le bitume des villes. Microcosme qui se croise quotidiennement, le SDF hâbleur et inventif, le jeune diplômé en recherche d'un premier emploi, la buraliste sur-qualifiée et sous-payée, la femme licenciée injustement, l'assistant suppléant en histoire économique qui, un peu à l'image de cette planète et de ce globe, situe dès l'ouverture le centre du spectacle dans l'univers des problèmes économiques et de la rentabilité. La rentabilité comme seul critère de choix pour toutes les activités de la vie : voilà le programme que cette société impose. Rentabilité du travail, mais aussi rentabilité de tout le reste du temps : loisirs, éducation des enfants, spectacles.       <br />
              <br />
       Construite en strates disposées les unes après les autres sans ordre chronologique, mais plutôt par la ressemblance de l'état de lassitude des personnages, &quot;≈ [Presque égal à]&quot; suit la lutte de ces vies qui tentent d'accepter la longue usure de leurs espoirs, une lutte qui transforme l'autre, celui que l'on côtoie pourtant chaque jour, non pas en camarade, mais au contraire en rival ou en miroir humiliant, car il n'y a pas d'égalité possible dans cette compétitivité pour la rentabilité. Une fascinante chute des destins qui les mène vers le désir de briser les règles. De s'en affranchir. Quitte à se mettre en marge de cette société aux faux airs d'honnêteté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94274235-65757570.jpg?v=1770797765" alt=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" title=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" />
     </div>
     <div>
      Car les soi-disantes règles économiques qui veulent tendre à l'universel (que le suppléant universitaire déchu de sa titularisation explique, prenant exemple de théories de rentabilité qui remontent à monsieur Van Houten, l'inventeur du chocolat du même nom au XIXᵉ siècle), ces règles sont, dans la réalité, vérolées, perverties en permanence. Pour la buraliste, jeune mère, payée au noir, après des études universitaires, pour le jeune diplômé, qui porte un nom aux assonances arabes et se voit refuser tous les postes, pour la femme licenciée à cause de son âge, pour le SDF que l'on ne croit jamais même lorsqu'il dit la vérité…       <br />
              <br />
       Pourtant, à la fin de ce constat qui leur promet un avenir de misère, un avenir dévalorisé, l'auteur Jonas Hassen Khemiri ose une lueur d'espoir, de révolte, une révolte euphorique, passagère qui mène inévitablement vers le pire, vers la trahison de ses convictions, vers la condamnation et la perte du peu de droits qui restent.       <br />
              <br />
       Dans la deuxième partie du spectacle se joue la pièce dont le titre original est &quot;J'appelle mes frères&quot;. La scénographie transforme la scène centrale en rue enneigée avec, à l'une de ses extrémités, une voiture blanche. Tout est immaculé, même les deux immenses murs latéraux qui se transformeront en écran géant, zoomant sur certaines scènes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94274235-65757582.jpg?v=1770797793" alt=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" title=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" />
     </div>
     <div>
      &quot;J'appelle mes frères&quot; est une cavale, une cabale, une immersion dans la peur, celle du personnage principal, Amor, un soir, ou plutôt au petit matin où il sort de boîte, étourdi, où il apprend qu'une explosion a eu lieu dans la nuit, une voiture a explosé dans la ville, une déflagration terrible qui va jusqu'à secouer son esprit et laisser place à une avalanche de paranoïa aiguë. Pourquoi cette paranoïa ? À cause de son apparence ? À cause de son nom ? À cause de son origine ? De l'endroit où il habite ? De sa communauté ? Peut-être parce que presque inconsciemment cette communauté est montrée du doigt dès qu'il s'agit de délinquance, de vol, de crime ?       <br />
              <br />
       Le texte de Jonas Hassen Khemiri ne s'attarde pas à donner des raisons à cette peur, il suit plutôt l'évolution de celle-ci dans l'âme d'Amor devenu fuyard malgré lui au travers des rues de la ville, entraînant avec lui ses rencontres, ses amis, sa famille. J'appelle mes frères pour les mettre en garde : &quot;Planquez-vous !&quot;, &quot;Fondez-vous dans la masse !&quot; La peur que ce temps de la terreur à visage découvert ne soit arrivé. On ne peut s'empêcher de penser, bien qu'aucun rapport n'existe à la création du texte, aux traques menées par l'ICE qui ont lieu en ce moment à Minneapolis et ailleurs aux USA. Penser à ce jour où la majorité se jettera comme des loups sur les minorités.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94274235-65757615.jpg?v=1770797847" alt=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" title=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" />
     </div>
     <div>
      De rues en rues, de rencontres en appels, d'apparitions en hallucinations, on suit la course affolée d'Amor et de ses sœurs, de ses frères, de sa famille, et lentement s'insinue dans nos pensées la présence obsédante de cette voiture qui, autonome, se déplace d'elle-même, et la crainte qu'elle devienne, elle aussi, explosion, accident, alors qu'elle est, dans la mise en scène de Christophe Rauck, l'abri temporaire de ceux qui n'ont pas d'autres endroits pour un peu d'intimité.       <br />
              <br />
       Ces deux pièces données ensemble donnent un panorama terrible de l'univers. L'univers social totalement dominé par les impératifs de l'argent, l'univers social où la liberté que le système ne cesse de clamer comme sa devise, où la liberté est anéantie constamment : discrimination, racisme, élitisme par la richesse. Avec ces deux textes de Jonas Hassen Khemiri, Christophe Rauck dresse un bilan glacial des injustices sociales des sociétés européennes où l'égalité des chances ne parle qu'à ceux qui n'ont justement pas besoin de la chance pour réussir leurs rêves.       <br />
              <br />
       Toute sa mise en scène, associée à une scénographie qui enveloppe le public (Simon Restino) et une lumière d'une précision chirurgicale (Olivier Oudiou), prend sa force dans les performances des comédiennes et des comédiens qui interprètent tous plusieurs rôles avec une intensité, une crédibilité qui rend tangible chaque mot de ce texte qui oscille sans cesse entre le présent et la narration. Une forme littéraire qui donne dans le même temps l'action et l'intention, la parole et la pensée, et qui permet d'être sans une seconde de répit dans une fébrilité fascinante.        <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Presque égal, presque frères"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94274235-65757616.jpg?v=1770797872" alt=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" title=""Presque égal, presque frères" Sous la clarté des étoiles et sur la blancheur de la neige, un regard perplexe sur une société occidentale en passe d'abîmer tout sentiment d'humanité" />
     </div>
     <div>
      Textes : Jonas Hassen Khemiri.       <br />
       Traduction du suédois : Marianne Ségol.       <br />
       Mise en scène : Christophe Rauck.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Achille Morin.       <br />
       Avec : Virginie Colemyn, Servane Ducorps, David Houri, Mounir Margoum, Julie Pilod, Lahcen Razzougui, Bilal Slimani et Aymen Yagoubi et Wassim Jraidi (en alternance).       <br />
       Dramaturgie, collaboration artistique : Marianne Ségol.       <br />
       Scénographie Simon Restino.       <br />
       Musique : Sylvain Jacques.       <br />
       Lumière : Olivier Oudiou.       <br />
       Costumes : Coralie Sanvoisin.       <br />
       Maquillages et coiffures : Cécile Kretschmar.       <br />
       Vidéo : Arnaud Pottier.       <br />
       Durée estimée : 3 h 30 (1 h 45, entracte de 30 minutes, 1 h 15).       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 28 janvier au 21 février 2026.</span>       <br />
       Mercredi au vendredi à 19 h 30, samedi à 18 h et dimanche à 15 h.       <br />
       Mardi 17 février à 19 h 30.       <br />
       Théâtre Nanterre-Amandiers - CDN, 7, avenue Pablo-Picasso, Nanterre (92).       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.nanterre-amandiers.com/selection/event/date?productId=10229283339680&amp;gtmStepTracking=true" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://nanterre-amandiers.com/" target="_blank">&gt;&gt; nanterre-amandiers.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Presque-egal-presque-freres-Sous-la-clarte-des-etoiles-et-sur-la-blancheur-de-la-neige-un-regard-perplexe-sur-une_a4476.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Avignon OFF 2025 >> "Faire Commune ?"</title>
   <updated>2025-06-06T17:26:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-OFF-2025-Faire-Commune_a4245.html</id>
   <category term="À l'affiche" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89089596-63054755.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-06-06T16:56:00+02:00</published>
   <author><name>Annonce</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entrez dans le grand cabaret de l'Histoire et laissez-vous conter 150 ans de mouvement ouvrier et de progrès sociaux en France, avec humour et en musique !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89089596-63054755.jpg?v=1749222081" alt="Avignon OFF 2025 >> "Faire Commune ?"" title="Avignon OFF 2025 >> "Faire Commune ?"" />
     </div>
     <div>
      En mettant à l'honneur des héros de l'ombre ayant véritablement existé, &quot;Faire Commune ?&quot; nous raconte La Commune de Paris, le Front populaire, le Conseil National de la Résistance et la grande grève des mineurs de 1963, mais aussi et surtout l'engagement citoyen et la solidarité.       <br />
              <br />
       La compagnie MégaloCheap défend un théâtre ludique et exigeant, à la croisée de l'éducation populaire et du théâtre musical.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Un voyage passionnant, inédit et musical (...) La compagnie joue à merveille ce spectacle qui résume 150 d'histoire sociale&quot;</span>, <b>Gérald Rossi - L'Humanité.</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Servie par un quintette de comédiens talentueux, la pièce d'une revigorante vitalité célèbre de belle façon la solidarité et l'engagement. Le spectacle est une réussite…&quot;,</span> <b>Agnès Santi - La Terrasse.</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Cette réjouissante comédie presque musicale n'a rien d'un métingue politique : on est ému. On rit. On est bien au théâtre (...) Un vrai coup de cœur !&quot;,</span> <b>Jean-Pierre Martinez - Libre Théâtre.</b>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89089596-63054763.jpg?v=1749222111" alt="Avignon OFF 2025 >> "Faire Commune ?"" title="Avignon OFF 2025 >> "Faire Commune ?"" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Faire Commune ?&quot;</b>       <br />
       Théâtre citoyen.       <br />
       Texte et mise en scène : Garance Guierre.       <br />
       Texte et mise en musique : Leonor Stirman.       <br />
       Avec : Kim Aubert, Denis Ardant, Benjamin Candotti-Besson, Garance Guierre et Leonor Stirman.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       Un spectacle de la Cie MégaloCheap, co-production Bourse du Travail de Malakoff, avec le soutien de la ville de Malakoff, Vallée Sud Grand Paris, Art Tutti, la Fnac.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.compagniemegalocheap.fr/" target="_blank">&gt;&gt; compagniemegalocheap.fr</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=ejE9KjnTsPo" target="_blank">&gt;&gt; Teaser du spectacle</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=FlSGE8o5ilo" target="_blank">&gt;&gt; Goguette de Parade 2023</a>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.youtube.com/watch?v=usBiF0S4vIs" target="_blank">&gt;&gt; Interview de spectateurs à la sortie du spectacle</a>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre de l'Arrache-Coeur, 13-15, rue du 58° Régiment d'Infanterie, Avignon.        <br />
       Réservations : 09 85 09 97 42 (à partir du 3 juillet).       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@arrachecoeur.fr')" >contact@arrachecoeur.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://arrachecoeur.soticket.net/agenda/809-faire-commune" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.arrachecoeur.fr/programmationoff25" target="_blank">&gt;&gt; arrachecoeur.fr</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89089596-63054770.jpg?v=1749222133" alt="Avignon OFF 2025 >> "Faire Commune ?"" title="Avignon OFF 2025 >> "Faire Commune ?"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-OFF-2025-Faire-Commune_a4245.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Grand ReporTERRE #11 : Radio Lapin, Histoires de luttes" Une radio pirate éphémère qui révèle les luttes environnementales et l'omerta qui leur est faite</title>
   <updated>2025-05-23T11:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Grand-ReporTERRE-11-Radio-Lapin-Histoires-de-luttes-Une-radio-pirate-ephemere-qui-revele-les-luttes-environnementales_a4223.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/88743793-62812722.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-05-23T11:07:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Voici la 11ᵉ édition de GrandreporTERRE, série de spectacles performances qui parcourent les thématiques fortes de l'actualité en donnant les manettes des projets à un binôme formé d'un journaliste et d'un ou plusieurs artistes. Leurs regards croisés sur ce qui agite nos sociétés parviennent ainsi, après une petite semaine de répétition, à créer ces spectacles impromptus qui sont sortis du four à peine forgé, encore brûlants, souvent incendiaires, toujours percutants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88743793-62812722.jpg?v=1747991578" alt=""Grand ReporTERRE #11 : Radio Lapin, Histoires de luttes" Une radio pirate éphémère qui révèle les luttes environnementales et l'omerta qui leur est faite" title=""Grand ReporTERRE #11 : Radio Lapin, Histoires de luttes" Une radio pirate éphémère qui révèle les luttes environnementales et l'omerta qui leur est faite" />
     </div>
     <div>
      Radio Lapin s'inscrit totalement dans ce concept. Le sujet de la fournée : l'Histoire des luttes, celles qui soulèvent les résistances populaires que nos sociétés connaissent depuis quelques générations, en particulier celles qui concernent l'écologie, mais pas que. Aux manettes, Antoine Chao, journaliste-reporter radio spécialisé depuis quelques années dans les luttes environnementales pour France Inter, et Alice Vannier et Sacha Ribeiro pour la mise en scène et le jeu.       <br />
              <br />
       La scène représente principalement le studio d'émission d'une radio. Ce sera la Radio Lapin. Titre trouvé en référence à une phrase de Daniel Mermet en évoquant le travail de Howard Zinn : <span style="font-style:italic">&quot;Tant que les lapins n'auront pas d'historiens, l'histoire sera racontée par des chasseurs.&quot;</span> Une évocation surenchérie par l'évocation d'une chanson de Chantal Goya qui reviendra régulièrement dans la mise en scène : <span style="font-style:italic">&quot;Ce matin, un lapin a tué un chasseur, c'était un lapin qui avait un fusil…&quot;</span> Le ton est donné et l'émission de radio peut commencer avec des reportages, des enregistrements et interviews qui relatent tous des événements de luttes sociales qui ont eu lieu depuis plus d'un demi-siècle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88743793-62812725.jpg?v=1747991627" alt=""Grand ReporTERRE #11 : Radio Lapin, Histoires de luttes" Une radio pirate éphémère qui révèle les luttes environnementales et l'omerta qui leur est faite" title=""Grand ReporTERRE #11 : Radio Lapin, Histoires de luttes" Une radio pirate éphémère qui révèle les luttes environnementales et l'omerta qui leur est faite" />
     </div>
     <div>
      Les trois interprètes font ainsi revivre ces luttes, qu'elles soient contemporaines contre les méga-bassines, les déforestations, Notre-Dame des Landes, les pollutions environnementales, mais aussi anciennes, celles des années soixante-dix et quatre-vingt, plus rapidement évoquées. C'est le ton dynamique et d'un joli bordelisme d'une radio pirate qui ordonne le spectacle. Toutes sortes de luttes sont ainsi catapultées soit par la narration, le jeu ou l'insertion d'enregistrements qui proviennent de la collection pléthorique d'Antoine Chao, reporter de longue date pour Radio France dans l'émission &quot;Là-bas si j'y suis&quot; et &quot;Comme un bruit qui court&quot;, puis &quot;C'est bientôt demain&quot;. Une dernière émission que France Inter vient de déprogrammer.       <br />
               <br />
       C'est aussi là, un sujet, et peut-être l'une des principales leçons qu'apporte ce spectacle : l'espèce d'acharnement que les luttes sociales pour l'environnement subissent de la part des pouvoirs, qu'ils soient nationaux ou locaux. Car l'impression globale qui ressort de ces différentes interventions donne bien le ton du bras de fer engagé entre les défenseurs du bien commun qu'est la planète contre les puissants qui veulent l'accaparer en le dégradant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88743793-62812729.jpg?v=1747991651" alt=""Grand ReporTERRE #11 : Radio Lapin, Histoires de luttes" Une radio pirate éphémère qui révèle les luttes environnementales et l'omerta qui leur est faite" title=""Grand ReporTERRE #11 : Radio Lapin, Histoires de luttes" Une radio pirate éphémère qui révèle les luttes environnementales et l'omerta qui leur est faite" />
     </div>
     <div>
      Pour aller plus loin dans cette idée, il sera aussi question de mettre en lumière ces forces qui s'opposent aux luttes sociales : celles de l'extrême droite qui récupère le symbole féministe fort de Jeanne d'Arc et qui détourne (via Marion Maréchal Le Pen) les pensées d'Antonio Gramsci, philosophe communiste italien emprisonné 11 ans pour ses idées. On y apprend aussi les manœuvres de défiguration de l'histoire organisées par le parc du Puy du Fou, mais aussi par le subventionnement à hauteur de 500 000 euros par la Région Auvergne-Rhône-Alpes sous la direction de Laurent Wauquiez, qui a par ailleurs supprimé cinq millions d'euros aux structures culturelles, d'un spectacle sur l'histoire de France revisitée ou bien plutôt revisitée : &quot;Raconte-moi la France&quot;.       <br />
               <br />
       Bref, ce qui marque et trouble le plus au sortir de ce déferlement d'actions, c'est bien l'organisation silencieuse qui, en face des luttes environnementales ou autres, agit pour circonvenir le plus étroitement possible ces actions et finalement les empêcher.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu au Théâtre du Point, Lyon, le 5 mai 2025.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Grand ReporTERRE #11 : Radio Lapin, Histoires de luttes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88743793-62812741.jpg?v=1747991673" alt=""Grand ReporTERRE #11 : Radio Lapin, Histoires de luttes" Une radio pirate éphémère qui révèle les luttes environnementales et l'omerta qui leur est faite" title=""Grand ReporTERRE #11 : Radio Lapin, Histoires de luttes" Une radio pirate éphémère qui révèle les luttes environnementales et l'omerta qui leur est faite" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène de l'actualité : Alice Vannier et Sacha Ribeiro avec le journaliste Antoine Chao.       <br />
       Avec : Antoine Chao, Sacha Ribeiro, Alice Vannier.       <br />
       Collaboration artistique : Angélique Clairand.       <br />
       Scénographie : Benjamin Hautin.       <br />
       Régie lumière : Quentin Chambeaud.       <br />
       Régie générale et son : Marine Iger.       <br />
       Collaboration technique : Thierry Pertière, Christophe Reboul.       <br />
       Production Théâtre du Point du Jour, Lyon.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       16 juillet 2025 : Festival Contre-courant, CCAS La Barthelasse, Avignon (84).       <br />
       Du 3 au 4 novembre 2025 : Théâtre des Célestins (en coréalisation avec le Théâtre du Point du Jour), Lyon (69).       <br />
       Du 10 au 14 novembre 2025 : Théâtre de la Cité Internationale, Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Grand-ReporTERRE-11-Radio-Lapin-Histoires-de-luttes-Une-radio-pirate-ephemere-qui-revele-les-luttes-environnementales_a4223.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis</title>
   <updated>2025-02-05T19:49:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Lieux-communs-Extension-du-domaine-de-la-lutte-je-doute-donc-je-suis_a4039.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82608273-59234440.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-02-05T19:36:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La double entrée du titre de la pièce écrite et mise en jeu par Baptiste Amann préfigure son dessein. Loin d'être univoque, ce titre – "Lieux communs" –, pour être appréhendé dans sa pluralité de sens, invite à une suspension du jugement… Deux pistes non contradictoires, mais complémentaires se présentent. Il peut être entendu comme la réaffirmation dans l'œuvre de l'auteur metteur en scène de l'importance accordée aux lieux partagés faisant communauté (cf. "Des territoires", Avignon 2021). Et/ou comme le questionnement du prêt-à-porter de la réflexion commune, conduisant chacune et chacun à formuler des avis catégoriques sur le monde tel qu'il va ou ne va pas sans s'accorder la moindre pause réflexive.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82608273-59234439.jpg?v=1720691365" alt=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" title=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" />
     </div>
     <div>
      Une représentation mettant en jeu &quot;La lune fauve&quot; – recueil de poèmes ayant pour auteur un ancien condamné accusé d'un féminicide qu'il n'a jamais reconnu – menace d'être empêchée par une manifestation féministe bloquant l'entrée du théâtre… Au travers de cette situation fictive, aux relents de réel et digne d'un roman noir d'Hervé Le Corre, Baptiste Amann nous immerge dans quatre lieux imbriqués dans la même intrigue. Les coulisses d'un théâtre, la salle d'interrogatoire d'un commissariat, l'atelier d'un restaurateur de tableaux et un de studio de télévision, autant de chaudrons accueillant des bouillons de cultures où les personnages vont s'affronter jusqu'à leur dévoilement… mais &quot;la vérité&quot;, insaisissable elle, échappera à toute révélation, le régime du doute étant au cœur de la &quot;centrale nucléaire&quot; du projet artistique.       <br />
              <br />
       Ainsi propulsés d'emblée dans les coulisses d'un théâtre en pleine effervescence, les spectateurs (invités par procuration) découvrent-ils l'envers du décor, comme un écho de la réalité aperçue au travers du miroir de la fiction en train de se construire. L'agitation gagnant la metteuse en scène soumise à la pression des manifestantes l'amène à rappeler à sa troupe quelques &quot;vérités&quot;, sorte de manifeste adressé aux artistes mis mal à l'aise par ce contexte, mais aussi destiné à nous, spectateurs… <span style="font-style:italic">&quot;Les théâtres se doivent de demeurer des sanctuaires sur lesquels ne peuvent peser la morale vengeresse d'un tribunal populaire. Le temps du théâtre se doit d'échapper à la tyrannie de l'événement&quot;</span>. Mettre à jour la vérité sur la culpabilité de l'auteur des poèmes, libéré après avoir purgé une lourde peine de prison, n'est pas l'objet du Théâtre. Explorer les conflits interpersonnels, l'est.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82608273-59234440.jpg?v=1738782391" alt=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" title=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" />
     </div>
     <div>
      Après que la représentante du collectif féministe a été in extrémis autorisée à prendre la parole – opposant à la liberté de création, la mission d'intérêt public d'un CDN non conciliable avec la promotion d'<span style="font-style:italic">&quot;un texte écrit par un tueur de femmes&quot;</span> – on se transporte sur un plateau de télévision. Là, interrogés par un journaliste complaisant, deux invités. Un artiste et un scientifique, deux outres vides enflées de prétention pédantesque qui se livrent à un numéro désopilant. Tournant sur leur fauteuil comme des girouettes, bourrés de tics de langue et de langage, multipliant les mimiques, l'un glosant à partir de l'œuvre de Pierre Soulages sur l'ouverture du &quot;champ mental&quot;, seul capable d'éclairer le tableau, l'autre sur la &quot;dramaturgie de l'irrésolu&quot;, nourrissant les rapports humains… Succède aux deux pitres imbus de leurs vérités, une autre invitée, en tous points opposée. Une réalisatrice <span style="font-style:italic">&quot;lesbienne, gitane et féministe&quot;</span> vibrante d'une colère rentrée dont… on découvrira plus tard la raison.       <br />
              <br />
       Troisième lieu, les sous-sols du commissariat de police où un lieutenant de police, convaincu d'avoir entre ses mains le coupable, s'apprête à faire subir (quinze ans auparavant) un interrogatoire particulièrement musclé à l'auteur (supposé) du meurtre de la fille d'un potentat d'extrême droite…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82608273-59234441.jpg?v=1720691629" alt=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" title=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" />
     </div>
     <div>
      Quatrième lieu, l'atelier d'un restaurateur de tableaux où le propriétaire s'affaire sur une toile vandalisée évoquant une scène de crime. Exalté, il confie à sa nouvelle stagiaire le lien entre cette œuvre picturale au sujet dramatique et une symphonie aux accents déchirants, toutes deux réunies par la tragédie humaine qui les trame. Là encore, on découvrira plus tard les correspondances entre le sujet du tableau et une situation traumatisante vécue, ainsi que la relation singulière qui unit chacun, le restaurateur de tableaux et la stagiaire, aux deux protagonistes du crime.       <br />
              <br />
       Tous les acteurs du drame étant présentés in vivo, l'action va progresser à un rythme précipité pour nous conduire vers un dénouement… autre que celui du dévoilement de la vérité sur la culpabilité ou non de l'auteur de &quot;La lune fauve&quot;, texte poétique inspiré par son enfance maltraitée. Les vérités dévoilées seront d'un autre ordre, celui de la complexité humaine, réfutant les jugements pré-fabriqués par la pensée commune mise en commun.       <br />
              <br />
       Insérant des chorégraphies &quot;parlantes&quot; comme celle des CRS en appui au conflit paroxystique opposant l'adjudant et le prévenu, les nœuds d'opposition vont voler en éclats. Ainsi des motifs intimes opposant la réalisatrice invitée au plateau et la metteuse en scène de la pièce, ceux plus politiques et violents, opposant la même réalisatrice à son intervieweuse, jeune assistante de communication libertaire ne pouvant admettre que l'on puisse défendre une pièce embrassant, selon elle, le point de vue d'un criminel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82608273-59234442.jpg?v=1720691666" alt=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" title=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" />
     </div>
     <div>
      Les personnages vont se dévoiler dans toutes les vérités de ce qu'ils sont, avec leur part d'ombres et de lumières. Ainsi de l'adjudant de police ne reculant devant aucune méthode, fût-elle sadique, convaincu qu'il a tous les droits pour faire advenir les aveux du coupable, et se montrant un père attentionné pour sa fille qu'il adore…        <br />
              <br />
       Ainsi de l'intervieweuse agressive découvrant, au travers du film de la réalisatrice, l'humanité qu'elle lui refusait… Ainsi des confidences de la stagiaire, qu'on découvrira très proche du supposé meurtrier, éclairant intimement son passé d'homme non violent, fils d'une lignée de pères violents dont elle a eu, elle aussi, à souffrir. Ainsi du réparateur de tableau, très proche lui aussi de la victime, ayant rompu avec sa famille d'extrême droite et étant rattrapé par l'annonce de sa sœur assassinée, venant pulvériser les &quot;monstrueuses coutures&quot; du monde artistique, monde refuge qu'il avait fantasmé.       <br />
              <br />
       De réalisation en réalisation, le monde selon Baptiste Amann est décidément un monde ne pouvant être réduit à la pensée… non pensée. Aux antipodes des prêches déclamatoires, cet auteur viscéralement en quête d'un je-ne-sais-quoi qui échappe dès que l'on croit l'entrevoir, donne à entendre et à voir des réalités mouvantes marquées au sceau de la subtilité de son écriture et de l'inventivité de sa mise en jeu. Ainsi la force de sa proposition présente d'emprunter les ressources de la fiction pour dire le réel. Des &quot;Lieux communs&quot;… n'ayant rien de commun, si ce n'est de faire communauté.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le lundi 8 juillet 2024 à L'autre scène du Grand Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Lieux Communs" </b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82608273-59234443.jpg?v=1720691683" alt=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" title=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" />
     </div>
     <div>
      Création 2024.       <br />
       Spectacle en français surtitré en anglais.       <br />
       Texte : Baptiste Amann (publié aux Éditions Actes Sud-Papiers en avril 2024).       <br />
       Mise en scène : Baptiste Amann.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Balthazar Monge, Max Unbekandt.       <br />
       Collaboration artistique : Amélie Énon.       <br />
       Avec : Océane Caïraty, Alexandra Castellon, Charlotte Issaly, Sidney Ali Mehelleb, Caroline Menon-Bertheux, Yohann Pisiou, Samuel Réhault, Pascal Sangla.       <br />
       Scénographie et lumière : Florent Jacob.       <br />
       Son : Léon Blomme.       <br />
       Costumes : Estelle Couturier-Chatellain, Marine Peyraud.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Élizabeth Hewes (anglais).       <br />
       Régie générale : Philippe Couturier.       <br />
       Régie plateau : François Duguest.        <br />
       Régie lumière : Clarisse Bernez-Cambot Labarta.       <br />
       Régie son : Léon Blomme.       <br />
       Construction des décors : Ateliers de la Comédie de Saint-Étienne-CDN.        <br />
       Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National (Paris).       <br />
       Production L'Annexe.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 8 février 2025.</span>       <br />
       Mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 19 h 30.       <br />
       Bord de scène le 6 février.       <br />
       tnba le théâtre, Grande salle Vitez, Bordeaux, 05 56 33 36 60.       <br />
       <a class="link" href="https://www.tnba.org/" target="_blank">&gt;&gt; tnba.org</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       13 et 14 février 2025 : Théâtre de l'Union - CDN du Limousin, Limoges (87).       <br />
       Du 18 au 21 février 2025 : La Comédie - CDN, Saint-Étienne (42).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82608273-59234444.jpg?v=1720691731" alt=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" title=""Lieux communs" Extension du domaine de la lutte… je doute, donc je suis" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Lieux-communs-Extension-du-domaine-de-la-lutte-je-doute-donc-je-suis_a4039.html" />
  </entry>
</feed>
