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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-10T18:30:40+02:00</updated>
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   <title>Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides</title>
   <updated>2017-11-01T12:42:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Bruits-de-guerre-Saint-Simon-en-campagne-aux-Invalides_a1962.html</id>
   <category term="Concerts" />
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   <published>2017-11-01T11:42:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La saison musicale des Invalides (et son cycle "Confidences et complaintes de soldats") s'est ouverte Salle Turenne à l'Hôtel national des Invalides avec un spectacle conçu par le claveciniste Olivier Baumont et consacré à la musique qu'a pu connaître l'officier Saint-Simon durant sa carrière de soldat. L'auteur des fameux "Mémoires", devenu duc et pair de France à la mort de son père en 1693, servit en effet Louis XIV de 1691 à 1702.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17968317-22299476.jpg?v=1509535627" alt="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" title="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" />
     </div>
     <div>
      Olivier Baumont n'est pas seulement un des plus grands clavecinistes français, il est aussi un chercheur et un écrivain doué, auteur de plusieurs ouvrages dont un consacré à la musique dans les &quot;Mémoires&quot; de Saint-Simon <span style="font-style:italic">(1)</span>. Émaillé d'extraits de ces mémoires couvrant sa période militaire lus avec gourmandise par le comédien Denis Podalydès, le concert offrait un aperçu d'œuvres de compositeurs français des XVIIe et XVIIIe siècles composées en temps de guerre et de paix. Ces &quot;Bruits de guerre&quot; <span style="font-style:italic">(2)</span> et autres airs &quot;militaires&quot; pour clavecin ou petite formation orchestrale forment un répertoire quelque peu oublié aujourd'hui - cependant très en vogue à l'époque baroque.       <br />
              <br />
       Le sociétaire de la Comédie-Française ouvre le spectacle (et le terminera) par le rappel des derniers mots solennels de Louis XIV à son arrière petit-fils, le dauphin <span style="font-style:italic">(3)</span> rappelant les vertus de la paix ; ultime conseil aux portes de l'éternité d'un roi guerrier. Accompagné des violons volubiles de Julien Chauvin et Tami Troman, de la viole d'Atsushi Sakaï (quelque peu imprécise au début), le clavecin d'Olivier Baumont réalise la basse continue du &quot;Bruit d'armes&quot; du Prologue de l'acte cinq de &quot;David et Jonathas&quot; de Marc-Antoine Charpentier (1688). C'est le premier exemple brillant de la soirée de cette musique imitative des instruments d'une marche à la guerre : trompettes, timbales, tambours et hautbois.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17968317-22299506.jpg?v=1509535683" alt="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" title="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" />
     </div>
     <div>
      Puis Denis Podalydès lit le rappel que fait Saint-Simon (alors Vidame de Chartres) des circonstances de son entrée - grâce à son père - dans l'un des deux régiments de Mousquetaires en 1691. Rappel suivi de la &quot;Marche des Mousquetaires gris&quot; pour clavecin de Michel Corrette, extraite du Livre VIII des &quot;Amusements du Parnasse&quot; (1772).        <br />
              <br />
       La carrière de Saint-Simon s'égrène précisément avec ses mots mis en musique : 1692, il participe au siège de Namur en 1692 puis à la Bataille de Steinkerque - bataille qui donne lieu à une sonate de François Couperin (&quot;ordinaire de la musique du roi&quot; et &quot;Maître de clavecin des Enfants de France&quot;) avec ses parties notées &quot;Gayement&quot; ou &quot;Mouvement des Fanfares&quot;. Olivier Baumont s'y montre à la hauteur de celui qu'on appela &quot;Couperin le Grand&quot;, en virtuose imaginatif de l'instrument.       <br />
              <br />
       Les dates défilent, restituant les aléas de la vie militaire, des combats de l'Armée des Flandres et de ses maréchaux, que raconte avec esprit Saint-Simon jusqu'à sa démission en 1702 - fâché de n'avoir pas été reconnu selon lui à sa juste valeur par le Roi-Soleil - puisqu'une promotion décisive lui échappe. Les plaisantes figurations sonores telles la &quot;Boute-selle&quot; <span style="font-style:italic">(4)</span>, &quot;La Charge&quot; ou encore l'&quot;Allégresse des Vainqueurs&quot; animent tant &quot;La Triomphante&quot; du même Couperin que &quot;Les Caractères de la Guerre&quot; (1718) de Jean-François Dandrieu, organiste de la Chapelle Royale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/17968317-22299570.jpg?v=1509536412" alt="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" title="Bruits de guerre : Saint-Simon en campagne aux Invalides" />
     </div>
     <div>
      &quot;Les Caractères de la Paix&quot; de Pierre-Claude Foucquet (1751) concluent avec brio un spectacle passionnant qui vient rappeler ce que l'on sait peu : la richesse de la carrière de soldat du Duc de Saint-Simon comme celle des œuvres de salon écrites en écho aux brillants bruits d'armes louis-quatorziens.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Olivier Baumont est l'auteur notamment de &quot;À l'Opéra, Monsieur ! La musique dans les &quot;Mémoires&quot; de Saint-Simon&quot; (L'Infini Gallimard, 2015) et &quot;La Musique à Versailles&quot; (Actes Sud, 2007).       <br />
       (2) Le &quot;Bruit de guerre&quot; est ce moment où tous les instruments doivent sonner ensemble pendant une marche militaire pour effrayer l'ennemi.       <br />
       (3) Le 26 août 1715, Louis XIV sur son lit d'agonie déclare au Dauphin : &quot;Mon cher enfant, vous allez être le plus grand roi du monde, n'oubliez jamais les obligations que vous avez à Dieu. Ne m'imitez pas dans les guerres ; tâchez de maintenir toujours la paix avec vos voisins, de soulager votre peuple autant que vous pourrez …&quot;. Il meurt le premier septembre.        <br />
       (4) La &quot;Boutte-selle&quot; est le signal à la trompette pour seller les chevaux et mettre en marche l'armée, ici imité par l'orchestre.</span>       <br />
              <br />
       <b>Cycle &quot;Confidences et complaintes de soldats&quot;.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 octobre 2017 au 28 janvier 2018.</span>       <br />
              <br />
       <b>Programme complet :</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.musee-armee.fr/accueil.html" target="_blank">&gt;&gt; musee-armee.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Mass B"… gravité dans l'air</title>
   <updated>2016-11-24T19:32:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mass-B-gravite-dans-l-air_a1565.html</id>
   <category term="Danse" />
   <published>2016-03-15T10:50:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Béatrice Massin, chorégraphe majeure de danse baroque, invite les danseurs à construire leurs espaces scéniques autour de Bach et de György Ligeti dans un environnement où force gravitationnelle et masse font corps.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9121866-14518729.jpg?v=1458036364" alt=""Mass B"… gravité dans l'air" title=""Mass B"… gravité dans l'air" />
     </div>
     <div>
      Appelée &quot;Belle danse&quot; aux XVIe et XVIIe siècles, elle a été rebaptisée &quot;baroque&quot; seulement dans les années soixante. Louis XIV (1638-1715), très bon danseur, a développé sa professionnalisation en créant une académie de danse royale et en souhaitant qu'elle soit théorisée et perfectionnée par son maître de ballet Beauchamp (1631-1705), avec l'émergence d'un système d'écriture, appelé &quot;chorégraphie&quot; <span style="font-style:italic">(1)</span>, inventé par Feuillet (1660-1710), ce qui la popularisa en Europe. Le mot a eu une heureuse destinée.       <br />
              <br />
       La belle danse était aussi utilisée pour les convenances sociales ou comme instrument politique par Louis XIV. Elle affirme les valeurs de mesure et d'harmonie propres au classicisme avec &quot;symétrie des parcours et des figures, propreté de l'exécution, méthode et clarté de l'enseignement mais aussi de l'exposition du sujet dans le spectacle, le tout régi par les notions d'ordre et d'équilibre&quot;<span style="font-style:italic">(2)</span>.       <br />
              <br />
       Forte de ces éléments, Béatrice Massin, spécialiste du genre, chorégraphie la gravitation dans son rapport au corps qui fait de celui-ci un être lourd ou léger quand celle-ci est un fardeau ou une compagne bienveillante. Quelle que soit sa relation au sol et à l'air, il peut ainsi devenir gracieux par l'élégance du mouvement.       <br />
              <br />
       Au gré de déplacements où la force gravitationnelle est soulignée, les danseurs, telles des ombres corporelles massives, sont accompagnés d'une musique du compositeur autrichien György Ligeti (1923-2006) et d'extraits de la &quot;Messe en si mineur&quot; (1724-1749) de Jean Sébastien Bach (1685-1750).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9121866-14518853.jpg?v=1458037372" alt=""Mass B"… gravité dans l'air" title=""Mass B"… gravité dans l'air" />
     </div>
     <div>
      Ils sont au ralenti, puis s'élancent, avec des petits pas légèrement en biais où, sur un temps fort musical, le pied droit est chassé par une impulsion du pied gauche. Ces derniers sont suivis d'un lancer vertical des bras se finissant par des poignets recourbés. Les bustes restent très élégants, droits mais avec toujours une virgule corporelle qui les fait pencher.       <br />
              <br />
       Sur scène, côté jardin, deux longs bois noirs posés en croix représentent une immobilité sur laquelle les danseurs sont assis, debout, ou effectuent des mouvements au ralenti dans lesquels ils étendent leurs membres, s'accrochent les uns aux autres, se retiennent, s'attirent, se repoussent. Une gestuelle superbe de grâce et d'élégance se dessine où la beauté des corps semble sculptée par un Temps qui glisse sur eux.       <br />
              <br />
       Puis, dans une procession d'enterrement, les bois sont portés à tour de bras, mimant ainsi la mise à mort de la gravité, de sa masse inerte, suivie par des danses animées, vivantes où les mouvements deviennent rapides et vifs.       <br />
              <br />
       Deux danseuses, côté cour, se mesurent corporellement, l'une contre l'autre, autour d'empoignades. Côté jardin, pour rééquilibrer l'espace scénique, une ronde s'effectue dans une gestuelle nourrie uniquement de déplacements.       <br />
              <br />
       Ainsi, le corps se libère peu à peu. Au démarrage, il était massif, porté par sa gravité, lourd dans ses trajets. Puis, au ralenti, les mouvements se décomposent, deviennent très longilignes, épousant l'espace. Rien n'est cassé, brisé. Tout est souplesse et élégance. La gestuelle se libère d'un poids rendant ceux-ci légers, comme portés par l'air quand le sol, au travers de la scène, essayait de les attirer à lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/9121866-14519052.jpg?v=1458037410" alt=""Mass B"… gravité dans l'air" title=""Mass B"… gravité dans l'air" />
     </div>
     <div>
      C'est le combat d'une masse corporelle qui veut s'échapper de son état gravitationnel. Le mouvement ne devient pas pour autant aérien. Il reste lié au sol avec une gestuelle se nourrissant de l'autre sur lequel il s'appuie pour y trouver sa légèreté quand auparavant il ne trouvait sa force, tel Antée, qu'au sol.       <br />
              <br />
       Ainsi, ce corps qui était fait d'inertie, de &quot;lourdeur&quot;, d'une présence scénique amassée devient au fil du spectacle, plus léger, plus rapide. Il passe ainsi par les trois états, solide, gazeux et liquide. Solide par les déplacements massifs ; gazeux quand ceux-ci deviennent vifs ; liquide, quand il est au ralenti, où les danseurs, par leurs membres, se lient, s'étirent et s'allongent en s'épousant.       <br />
              <br />
       Tout est grâce dans les courses, les ralentis et les repos. Béatrice Massin met à nu le corps dans différents environnements avec ses forces et ses élans, ses contraintes et ses obligations. Par ce biais, elle interroge la société dans son rapport à l'individu, citoyen ou laissé-pour-compte ballotté par les crises, protéiformes, dans lesquelles il se cherche une identité sociale soutenue par l'espoir qu'il peut y mettre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) &quot;Chorégraphie ou l'Art de décrire la danse, par caractères, figures et signes démonstratifs&quot; (1700), de Raoul-Auger Feuillet.       <br />
       (2) Extrait tiré de l'article &quot;La belle danse ou le classicisme français au sein de l'univers baroque&quot; (2001), d'Eugénia Roucher.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mass B" </b></div>
     <div>
      Conception et chorégraphie : Béatrice Massin.       <br />
       Scénographie : Frédéric Casanova.       <br />
       Avec : Lauren Bolze, Lou Cantor, Benjamin Dur, Rémi Gérard, Philippe Lebhar, Marie Orts, Édouard Pelleray, Bérangère Roussel, Chloé Zamboni, Thalia Zilitotis.       <br />
       Lumières : Caty Olive.       <br />
       Son : Emmanuel Nappey.       <br />
       Costumes : Clémentine Monsaingeon.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Nikola Krizkova.       <br />
       Compagnie Fêtes Galantes.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 18 mars 2016.</span>       <br />
       Mardi, mercredi et vendredi à 20 h 30, jeudi à 19 h 30.       <br />
       Théâtre National de Chaillot, Salle Jean Vilar, Paris 16e, 01 53 65 30 00.       <br />
       <a class="link" href="http://theatre-chaillot.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-chaillot.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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