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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-15T01:00:09+02:00</updated>
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   <title>"Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence et l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire</title>
   <updated>2021-09-20T09:23:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Premiers-mots-Creuser-le-vide-pour-dire-l-absence-et-l-incompletude-essentielle-de-ce-que-parler-veut-dire_a3056.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2021-09-20T06:24:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si dans "Pour un oui, pour un non", Nathalie Sarraute mettait aux prises deux hommes, amis de longue date, autour de l'interprétation d'une phrase apparemment anodine prononcée par l'un d'eux, Bernard Noël dans "Les Premiers mots" confronte un homme et une femme liés par la disparition d'un homme qui leur était proche, ami de l'un, amant de l'autre. L'un et l'autre ne se connaissent pas et vont tenter, le temps d'une brève rencontre, de redonner corps à l'absent au travers du langage se dérobant à leurs assauts juxtaposés. Jean-Luc Terrade s'empare à bras le corps de l'urgence de ces "premiers mots" (qui seront aussi les derniers) pour en proposer une mise en jeu lumineuse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59005541-43432023.jpg?v=1615221337" alt=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence et l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" title=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence et l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" />
     </div>
     <div>
      Sur une scène à hauteur de spectateurs, vide si ce n'était l'acteur habillé de noir, l'actrice elle aussi de noir vêtue sous un imperméable blanc, les deux contrebassistes faisant corps avec leur instrument, quatre chaises translucides et des miroirs aux murs et en fond de scène diffractant leurs reflets fugitifs comme des échos fragmentaires de discours amoureux, le jeu de l'impossible du langage déroule ses pleins et ses déliés. Et si le ballet des quatre présences au plateau nous entraine dans un vertige envoûtant pour tenter de dessiner les contours de l'absent, c'est qu'au-delà de la petite musique des mots prononcés et des notes égrenées, le charme des éclairages muant entre ombres et lumières opère comme un philtre.       <br />
              <br />
       Que reste-t-il de celui qui a disparu ? Une imagerie moirée qui, se superposant avec l'ombre portée par un autre regard, voudrait réifier ce qui n'est plus ; autant dire une entreprise vouée à l'échec. Et pourtant… quelle énergie ces deux-là ne mettent-ils pas à parler, &quot;côte à côte&quot; plus qu'ensemble. Et pour dire quoi ? Rien de plus que l'in-signifiance de l'absence, car lorsque le langage est privé de fondement, le creuser débouche sur le vide. Dos à dos, face à face, courbés dans la même direction, les deux tragédiens de la banalité du quotidien  (Daniel Strugeon et Flore Audebeau, endossant les rôles comme une seconde peau) font matière vivante de ces mots pour les sculpter, les projeter à la face d'un monde pris désormais dans les glaciations. Seuls des blocs erratiques du langage peuvent tenter de témoigner de son existence perdue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59005541-43432024.jpg?v=1615221371" alt=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence et l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" title=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence et l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, &quot;Elle&quot;, sur un tapis roulant, se livre à un surplace prémonitoire. Elle se hâte vers un rendez-vous où les mots mêmes décriront une boucle, clôturant l'impossible désir de percer le mystère de la mort de l'autre, l'ami commun. &quot;Lui&quot; l'observe, décrit le moindre de ses gestes, avant de la questionner sur la raison de sa venue : <span style="font-style:italic">&quot;Vous voulez que nous partagions son absence ?&quot;</span>. La réponse surgit, sans ambiguïté : <span style="font-style:italic">&quot;Je veux que vous me la rendiez insupportable&quot;.</span> Dès lors, vivre l'oubli du disparu afin qu'il disparaisse en elle, et elle avec lui, devient l'enjeu de cet échange sans horizon d'attente autre que la disparition.       <br />
              <br />
       Et comme les morts ne sont plus que des mots dépositaires d'ombres portées, Elle et Lui - un instant - sont effacés par l'ombre gagnant le plateau afin que la lumière se porte sur les deux contrebassistes (Félicie Bazelaire et David Chiesa) qui, &quot;de concert&quot;, prolongent la petite musique grinçante pour faire entendre l'indicible des mots. La peinture est aussi convoquée (&quot;Il&quot; était peintre) au travers des propos tenus, sa composition même renvoyant à la décomposition de toute matière, qu'elle fut vivante ou picturale. Mais la mort, à la différence des mots, a l'odeur de la charogne ; les mots pour la dire ne sont que des &quot;succès damnés&quot;, dérisoires tentatives vouées à l'insuccès.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59005541-43432025.jpg?v=1615221401" alt=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence et l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" title=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence et l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" />
     </div>
     <div>
      Les mots, si vains soient-ils dans leur incapacité à dire, sont articulés avec la gravité qui sied à l'attraction tragique qui les fait surgir. Les cordes pincées des contrebasses leur font écho dans une conversation s'emparant des vides de la représentation. Ensemble, ils ne forment plus qu'un, s'ouvrent, se recouvrent et se referment les uns sur les autres pour s'inspirer mutuellement. Un moment (rare) de plénitude pour creuser le vide laissé par l'absent.       <br />
              <br />
       Cette forme - déjà saisissante - présentée aux professionnels, sera créée aux Marches de l'Été à Bordeaux, en octobre prochain. Elle sera enrichie d'une séquence supplémentaire et d'un final enregistré par l'auteur qui dira en personne les dernières pages de son roman éponyme. Non pour clore l'impossible rencontre entre les mots et la chose, mais pour continuer encore et encore à faire éclore &quot;l'outrage aux mots&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les premiers mots"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59005541-43432026.jpg?v=1615221447" alt=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence et l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" title=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence et l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;Les premiers mots&quot; de Bernard Noël (Éditions P.O.L.).       <br />
       Adaptation : Flore Audebeau, Daniel Strugeon et Jean-Luc Terrade.       <br />
       Mise en scène : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Avec : Flore Audebeau (comédienne), Félicie Bazelaire (contrebasse), David Chiesa (contrebasse), Daniel Strugeon (comédien).       <br />
       Création musicale : Félicie Bazelaire et David Chiesa.       <br />
       Avec la voix de Bernard Noël.       <br />
       Scenographie : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Lumières : Jean-Luc Terrade avec l'aide d'Étienne Dousselin.       <br />
       Régie : Zacharie Bouganim.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
       Par l'Ensemble Un &amp; Les Marches de l'Eté.       <br />
              <br />
       Vu dans le cadre de représentations ouvertes aux professionnels lors des sorties de résidence des 24 et 25 février 2021 à 16 h, aux Marches de l'Été, Le Bouscat (33).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">4 au 6 octobre 2021.</span>       <br />
       À 20 h.       <br />
       Atelier des Marches, 17 rue Victor Billon, Le Bouscat (33).       <br />
       Tél. : 05 56 17 05 77.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@marchesdelete.com')" >contact@marchesdelete.com</a>       <br />
       <a class="link" href="http://www.marchesdelete.com/" target="_blank">&gt;&gt; marchesdelete.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence, l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire</title>
   <updated>2021-03-08T17:27:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Premiers-mots-Creuser-le-vide-pour-dire-l-absence-l-incompletude-essentielle-de-ce-que-parler-veut-dire_a2896.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2021-03-08T17:15:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si dans "Pour un oui, pour un non", Nathalie Sarraute mettait aux prises deux hommes, amis de longue date, autour de l'interprétation d'une phrase apparemment anodine prononcée par l'un d'eux, Bernard Noël dans "Les Premiers mots" confronte un homme et une femme liés par la disparition d'un homme qui leur était proche, ami de l'un, amant de l'autre. L'un et l'autre ne se connaissent pas et vont tenter, le temps d'une brève rencontre, de redonner corps à l'absent au travers du langage se dérobant à leurs assauts juxtaposés. Jean-Luc Terrade s'empare à bras le corps de l'urgence de ces "premiers mots" (qui seront aussi les derniers) pour en proposer une mise en jeu lumineuse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54508327-41020251.jpg?v=1615221337" alt=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence, l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" title=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence, l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" />
     </div>
     <div>
      Sur une scène à hauteur de spectateurs, vide si ce n'était l'acteur habillé de noir, l'actrice elle aussi de noir vêtue sous un imperméable blanc, les deux contrebassistes faisant corps avec leur instrument, quatre chaises translucides et des miroirs aux murs et en fond de scène diffractant leurs reflets fugitifs comme des échos fragmentaires de discours amoureux, le jeu de l'impossible du langage déroule ses pleins et ses déliés. Et si le ballet des quatre présences au plateau nous entraine dans un vertige envoûtant pour tenter de dessiner les contours de l'absent, c'est qu'au-delà de la petite musique des mots prononcés et des notes égrenées, le charme des éclairages muant entre ombres et lumières opère comme un philtre.       <br />
              <br />
       Que reste-t-il de celui qui a disparu ? Une imagerie moirée qui, se superposant avec l'ombre portée par un autre regard, voudrait réifier ce qui n'est plus ; autant dire une entreprise vouée à l'échec. Et pourtant… quelle énergie ces deux-là ne mettent-ils pas à parler, &quot;côte à côte&quot; plus qu'ensemble. Et pour dire quoi ? Rien de plus que l'in-signifiance de l'absence, car lorsque le langage est privé de fondement, le creuser débouche sur le vide. Dos à dos, face à face, courbés dans la même direction, les deux tragédiens de la banalité du quotidien  (Daniel Strugeon et Flore Audebeau, endossant les rôles comme une seconde peau) font matière vivante de ces mots pour les sculpter, les projeter à la face d'un monde pris désormais dans les glaciations. Seuls des blocs erratiques du langage peuvent tenter de témoigner de son existence perdue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54508327-41020276.jpg?v=1615221371" alt=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence, l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" title=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence, l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, &quot;Elle&quot;, sur un tapis roulant, se livre à un surplace prémonitoire. Elle se hâte vers un rendez-vous où les mots mêmes décriront une boucle, clôturant l'impossible désir de percer le mystère de la mort de l'autre, l'ami commun. &quot;Lui&quot; l'observe, décrit le moindre de ses gestes, avant de la questionner sur la raison de sa venue : <span style="font-style:italic">&quot;Vous voulez que nous partagions son absence ?&quot;</span>. La réponse surgit, sans ambiguïté : <span style="font-style:italic">&quot;Je veux que vous me la rendiez insupportable&quot;.</span> Dès lors, vivre l'oubli du disparu afin qu'il disparaisse en elle, et elle avec lui, devient l'enjeu de cet échange sans horizon d'attente autre que la disparition.       <br />
              <br />
       Et comme les morts ne sont plus que des mots dépositaires d'ombres portées, Elle et Lui - un instant - sont effacés par l'ombre gagnant le plateau afin que la lumière se porte sur les deux contrebassistes (Félicie Bazelaire et David Chiesa) qui, &quot;de concert&quot;, prolongent la petite musique grinçante pour faire entendre l'indicible des mots. La peinture est aussi convoquée (&quot;Il&quot; était peintre) au travers des propos tenus, sa composition même renvoyant à la décomposition de toute matière, qu'elle fut vivante ou picturale. Mais la mort, à la différence des mots, a l'odeur de la charogne ; les mots pour la dire ne sont que des &quot;succès damnés&quot;, dérisoires tentatives vouées à l'insuccès.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54508327-41020282.jpg?v=1615221401" alt=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence, l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" title=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence, l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" />
     </div>
     <div>
      Les mots, si vains soient-ils dans leur incapacité à dire, sont articulés avec la gravité qui sied à l'attraction tragique qui les fait surgir. Les cordes pincées des contrebasses leur font écho dans une conversation s'emparant des vides de la représentation. Ensemble, ils ne forment plus qu'un, s'ouvrent, se recouvrent et se referment les uns sur les autres pour s'inspirer mutuellement. Un moment (rare) de plénitude pour creuser le vide laissé par l'absent.       <br />
              <br />
       Cette forme - déjà saisissante - présentée aux professionnels, sera créée aux Marches de l'Été à Bordeaux, en octobre prochain. Elle sera enrichie d'une séquence supplémentaire et d'un final enregistré par l'auteur qui dira en personne les dernières pages de son roman éponyme. Non pour clore l'impossible rencontre entre les mots et la chose, mais pour continuer encore et encore à faire éclore &quot;l'outrage aux mots&quot;.
     </div>
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     <div><b>"Les premiers mots"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/54508327-41020300.jpg?v=1615221447" alt=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence, l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" title=""Les Premiers mots" Creuser le vide pour dire l'absence, l'incomplétude essentielle de ce que parler veut dire" />
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     <div>
      D'après &quot;Les premiers mots&quot; de Bernard Noël (Éditions P.O.L.).       <br />
       Adaptation : Flore Audebeau, Daniel Strugeon et Jean-Luc Terrade.       <br />
       Mise en scène : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Avec : Flore Audebeau (comédienne), Félicie Bazelaire (contrebasse), David Chiesa (contrebasse), Daniel Strugeon (comédien).       <br />
       Création musicale : Félicie Bazelaire et David Chiesa.       <br />
       Avec la voix de Bernard Noël.       <br />
       Scenographie : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Lumières : Jean-Luc Terrade avec l'aide d'Étienne Dousselin.       <br />
       Régie : Zacharie Bouganim.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
       Par l'Ensemble Un &amp; Les Marches de l'Eté.       <br />
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       Vu dans le cadre de représentations ouvertes aux professionnels lors des sorties de résidence des 24 et 25 février 2021 à 16 h, aux Marches de l'Été, Le Bouscat (33).       <br />
       <b>Création reportée du 5 au 7 octobre 2021 à 20 h aux Marches de l'Été à l'Atelier des Marches, Le Bouscat (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"Désordre du discours" Quand le geste et la parole creusent ce que le discours recouvre…</title>
   <updated>2020-02-20T14:16:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Desordre-du-discours-Quand-le-geste-et-la-parole-creusent-ce-que-le-discours-recouvre_a2666.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/42960210-35620972.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-02-20T13:53:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Vouloir faire théâtre de la "Leçon inaugurale", qu'un éminent intellectuel du nom de Michel Foucault prononça lors de son intronisation au Collège de France, pourrait paraître pure gageure. Comment en effet "L'ordre du discours", digressions savantes sur les pouvoirs du langage, pouvait-il - même mis en "désordre" - devenir l'objet d'une représentation théâtrale ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42960210-35620972.jpg?v=1582204971" alt=""Désordre du discours" Quand le geste et la parole creusent ce que le discours recouvre…" title=""Désordre du discours" Quand le geste et la parole creusent ce que le discours recouvre…" />
     </div>
     <div>
      La chorégraphe metteure en scène Fanny de Chaillé et son incroyable interprète Guillaume Bailliart ont relevé à bras-le-corps ce défi à l'allure d'aporie pour faire du discours langagier une matière à sculpter, un matériau prodigieusement vivant.       <br />
              <br />
       Si l'anthropologue André Leroi-Gourhan avait montré, au début des années soixante (cf. &quot;Le Geste et la Parole&quot;), combien les évolutions du corps et du cerveau étaient intimement liées ; si, en 70, le philosophe Michel Foucault avait &quot;gauchi&quot; la sacro-sainte et rituelle &quot;Leçon inaugurale&quot; pour la transformer en morceaux choisis d'intelligence parlée, un demi-siècle plus tard, la metteure en scène et le comédien s'emploient à faire de la parole chorégraphiée le porte-voix de leur &quot;mise en pièces&quot; artistique de ce discours hors normes.       <br />
              <br />
       Point d'ordre… Dans le droit-fil de 68, Michel Foucault, libertaire en diable, annonçait sans sourciller que la société investit le langage dominant comme outil performatif garant de l'Ordre établi. Aussi allait-il articuler sa pensée mouvante autour de l'analyse critique des énoncés produits, instruments d'une mise en condition de la pensée commune. S'il est avéré qu'encadrer ce qui est dicible est l'enjeu sociétal sourdement à l'œuvre, il en résulte que pour démasquer les enjeux de pouvoir dont les mots estampillés sont porteurs, une voie(x) s'impose : décortiquer &quot;l'Ordre du Discours&quot;… pour le re-présenter en &quot;désordre&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42960210-35621031.jpg?v=1582205000" alt=""Désordre du discours" Quand le geste et la parole creusent ce que le discours recouvre…" title=""Désordre du discours" Quand le geste et la parole creusent ce que le discours recouvre…" />
     </div>
     <div>
      Ce soir, Michel Foucault, c'est Guillaume Bailliart (superbe). Col roulé compris, il va non imiter mais transcender la personnalité du philosophe pour en extraire (de sa parole mais aussi de sa gestuelle si singulière) la substantifique moelle faisant (re)vivre devant nous, assis solennellement sur les bancs d'un vrai amphithéâtre comme ont pu l'être les doctes auditeurs de l'époque, ce qu'a pu être la Leçon donnée au Collège de France ce 2 décembre 1970…       <br />
              <br />
       Où résiderait le danger de la parole qui se libérerait des rets institutionnels dans laquelle elle est &quot;conditionnée&quot; ? Qu'y a-t-il de si périlleux, de si scandaleux, dans le fait que chacun puisse produire une parole qui soit sienne ? En quoi la parole rebelle à la &quot;récitation&quot; mériterait-elle d'être frappée d'ostracisme ? Pour illustrer les procédures d'exclusion produites par des discours faisant main basse sur la singularité de la pensée au profit d'une pensée totalisante ayant seule droit de cité, plusieurs cas sont passés &quot;en revue&quot;.       <br />
              <br />
       Que ce soit la parole interdite dans les champs exemplaires de la politique et de la sexualité, la fission arbitraire entre raison et folie, ou le système du vrai et du faux gangréné par la volonté de vérité (&quot;Nietzsche, Artaud et Bataille doivent nous faire signe pour refuser la volonté de vérité utilisée comme arme d'exclusion&quot;), tout est passé au crible d'une parole incarnée dans un corps vibrant de soubresauts propres à traduire la violence contenue dans l'ordre du discours.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42960210-35621038.jpg?v=1582205047" alt=""Désordre du discours" Quand le geste et la parole creusent ce que le discours recouvre…" title=""Désordre du discours" Quand le geste et la parole creusent ce que le discours recouvre…" />
     </div>
     <div>
      Ce corps-à-corps avec les mots peut prendre la forme d'une bouffonnerie hilarante lorsque le comédien imite de manière caricaturale &quot;le fou&quot;, ce personnage réel et fantasmé dont la parole ipso facto est invalidée sur le champ de la raison raisonnante… mais aussi considéré comme visionnaire dont la voix prophétique, à l'instar de la Pythie, est à accueillir avec dévotion. Ou, pour montrer l'aspect moutonnier de tous commentaires redondants créant des discours &quot;interminables&quot; se superposant au discours initial en le renforçant, il tambourine du poing sur son bureau pour faire &quot;entendre&quot; les gloses réduites à un vacarme informe.       <br />
              <br />
       Mais dans ce capharnaüm de mots, quel être est susceptible de redonner une unité aux textes produits si ce n'est l'auteur en personne ? Deus ex machina de la production langagière, il est celui qui seul est habilité à leur redonner ordre… pour que l'ordre du discours puisse être rétabli, et l'ordre sociétal avec. Alors, joignant le geste à la parole, dans une volonté d'autodérision saluée par les rires de l'assistance, le comédien ne faisant qu'un avec l'auteur, se coiffe d'un faux crâne chauve, se coule dans la voix de son maître. L'illusion théâtrale fonctionne en plein… suggérant en miroir que &quot;Le Discours&quot; porte en lui une volonté d'ordonner la réalité dont il convient de se déprendre pour recouvrer sa liberté de pensée.       <br />
              <br />
       Convoquant les &quot;rôles&quot; à jouer selon les situations institutionnelles (judiciaire, médicale, enseignement) où chacun est amené à produire les mots attendus, il se met à vociférer, à scander le texte &quot;théâtralement&quot;, à grimper sur le bureau, à taper nerveusement du pied… comme pour &quot;piétiner&quot; les rituels dictés par l'ordre du discours, et inviter à s'en affranchir.       <br />
              <br />
       De cette &quot;Leçon inaugurale&quot;, présentée in vivo dans un vrai amphithéâtre, par un faux Michel Foucault aussi (im)pertinent que l'original en l'art de convaincre, tant la chorégraphie impeccable de ses mouvements souligne en l'amplifiant la fougue de son propos, on sort… esbaudis. En effet, de ce grand bourdonnement incessant de mots et de cette &quot;mise en pièces&quot; d'un discours dense et complexe, il ressort le flux d'une pensée bouillonnante nous submergeant… pour nous transmettre l'envie irrésistible de penser hors des clous. Ce plaisir du refus de subir les régimes de vérité imposés par les discours institués, cette sensation d'échapper au diktat de &quot;l'Ordre du discours&quot;, agit comme une épiphanie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Désordre du discours"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42960210-35621051.jpg?v=1582205105" alt=""Désordre du discours" Quand le geste et la parole creusent ce que le discours recouvre…" title=""Désordre du discours" Quand le geste et la parole creusent ce que le discours recouvre…" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;L'Ordre du discours&quot; de Michel Foucault (aux Éditions Gallimard).       <br />
       Conception : Fanny de Chaillé/association Display.       <br />
       Avec : Guillaume Bailliart.       <br />
       Son et régie : Manuel Coursin.       <br />
       Durée : 1 heure.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle hors les murs du Carré Colonnes à Saint-Médard-en-Jalles (33) présenté les 12 et 13 février à l'Amphi Renouard de l'Université Bordeaux Montaigne, dans le cadre du Festival Théâtre des images.</b>       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.carrecolonnes.fr/" target="_blank">&gt;&gt; carrecolonnes.fr</a>       <br />
              <br />
       Tournée à venir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Desordre-du-discours-Quand-le-geste-et-la-parole-creusent-ce-que-le-discours-recouvre_a2666.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout</title>
   <updated>2018-11-29T08:52:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Avant-dernier-des-Hommes-Au-carrefour-du-theatre-et-du-reve-des-mots-et-du-langage-l-enigme-du-plaisir-recouvre_a2294.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/28280414-27994107.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-11-29T05:18:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lorsque Claude Merlin entre en scène, joignant tout son être au geste, quitte la lecture silencieuse d'un livre, extirpe d'un havre-sac tout un fatras innommable d'hétéroclites fragments d'objets sans nom, en en faisant un tas instable et informe, il semble s'extraire d'une gangue…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28280414-27994107.jpg?v=1543419964" alt=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" title=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" />
     </div>
     <div>
      Celle d'un homme sans particularité. Le comédien, déjà personnage, semble atteint d'un profond état d'ébahissement. Déjà malicieux. Enclin à transmettre. Il est bien cet avant-dernier des hommes de Valère Novarina. Pas le dernier, car rien n'est désespéré. Pas le premier, car l'homme sait déjà la saveur et le spectateur aussi. Dans &quot;L'Avant-dernier des Hommes&quot;, il est question d'une naissance en commun. Une connaissance. Celle des mots. Du langage. De l'expression.       <br />
              <br />
       Dans le même temps, qui voit se vider le sac dans une forme de confusion primordiale, Claude Merlin lance le moulin à paroles et du désordre des mots, des sons, des sensations mouline du sens. Guide cet être pétri d'argile que nous sommes tous, cet homme fait de matière qui retournera à la matière, cet homme ayant le pouvoir de discerner, de nommer ce qui est jeté devant lui. Ces objets qu'il a le pouvoir de désirer, de rejeter.       <br />
              <br />
       Et dans les sons prononcés, de s'émerveiller de leur goût, de l'ajustement du mot et de la chose. L'homme a le pouvoir de rêver le monde et de le créer par les mots. De voyager immobile. De jouer. L'homme est à la parade.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28280414-27994131.jpg?v=1543419992" alt=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" title=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" />
     </div>
     <div>
      En grand comédien, Claude Merlin habite le corps-texte, le tisse, le rend sensible par la variation des formes, des accents, des phonèmes. Il glisse d'un territoire à l'autre jusqu'au point de partage des sensibilités, suggère à l'unisson de l'auteur que l'on peut s'approprier toutes les parts maternelles des langues comme autant d'espaces poétiques, autant de voyages au cœur de l'étonnement.       <br />
              <br />
       Celui d'Adam découvrant ce qui vibre autour de lui, trouvant la manière de relier l'objet à la liberté de le nommer, de créer un imaginaire en relation avec le réel. Son environnement d'homme en autant de mots qu'il est nécessaire.       <br />
              <br />
       Le spectateur accompagne le comédien et l'auteur, suit la trace qui lui est indiquée jusqu'au carrefour du théâtre et du rêve. Combien de mots pour désigner la neige dans les pays des neiges? L'énigme du plaisir recouvre tout le spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Avant-dernier des Hommes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/28280414-27994135.jpg?v=1543420024" alt=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" title=""L'Avant-dernier des Hommes"… Au carrefour du théâtre et du rêve, des mots et du langage, l'énigme du plaisir recouvre tout" />
     </div>
     <div>
      Texte : Valère Novarina.       <br />
       Mise en scène : Claude Buchvald.       <br />
       Avec : Claude Merlin.       <br />
       Lumière : Yves Collet.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 novembre au 1er décembre.</span>       <br />
       Mercredi au samedi à 20 h 30.       <br />
       Le Lavoir Moderne Parisien, Paris 18e, 01 46 06 08 05.       <br />
       <a class="link" href="https://lavoirmoderneparisien.com/" target="_blank">&gt;&gt; lavoirmoderneparisien.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/L-Avant-dernier-des-Hommes-Au-carrefour-du-theatre-et-du-reve-des-mots-et-du-langage-l-enigme-du-plaisir-recouvre_a2294.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision</title>
   <updated>2018-10-23T23:36:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Banquet-Mariage-de-la-deraison-et-de-la-derision_a2268.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/26830800-27365501.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-10-23T17:45:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Mathilda May, dans sa dernière création, renverse le sérieux du rituel du mariage en farce comique, au détour d'un banquet, où la langue, aussi incongrue et déconstruite soit-elle, arrive à nouer les gens, et ce quelles que soient les sonorités vocales adoptées.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26830800-27365501.jpg?v=1540330429" alt=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" title=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas &quot;Le Banquet&quot; de Platon, évidemment, mais cela aurait pu être, dans un autre registre, aussi connu… J'exagère quelque peu, tant la performance dramaturgique est intéressante à plus d'un titre.       <br />
              <br />
       Durant toute la pièce, pas un mot de français, ni de langue étrangère. Le langage utilisé, appelé communément yaourt, permet de mettre en assises, sentiments et émotions. C'est, pour reprendre les mots de Saussure (1857-1913), mettre des signifiés, un tantinet inversé, à la place de signifiants par le biais du corps et des expressions faciales. Inversés car ce sont des éructations, des onomatopées, des exclamations.       <br />
              <br />
       Nous suivons au travers de dits non refoulés, la vie intérieure des personnages. La franchise est totale. Le non-dit, le caché, l'hypocrisie des attitudes n'ont pas lieu de cité. Ou s'ils le sont, c'est pour en jouer, en démonter les ressorts.       <br />
              <br />
       Jean Tardieu (1903-1995) dans &quot;Un mot pour un autre&quot; (1951) s'était prêté à l'exercice d'employer des signifiants, retirés de leur contexte idiomatique, pour leur faire recouvrer d'autres signifiés. Il était fait ainsi appel au bon sens du lecteur/spectateur pour comprendre les propos, faisant ainsi du langage un champ qui relie les êtres au-delà de tout syntagme connu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26830800-27365510.jpg?v=1540330455" alt=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" title=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" />
     </div>
     <div>
      Chez Mathilda May, le propos est tout autre. Elle va, non pas plus loin, mais dans un tout autre sens pour bousculer le langage en lui faisant entendre d'autres sonorités. Là, nul mot, nul signifiant articulé. Tout est désarticulé à dessein. Et tout est signifié. L'ambition est de rendre intelligible des propos incompréhensibles, des onomatopées, des interjections pour les coller à un espace-temps, celui d'un banquet, où se lient deux êtres dans un acte de mariage.       <br />
              <br />
       Les sentiments viennent emporter la mise pour exprimer l'amour, l'infidélité, la séduction, le coup de foudre et les colères. Ceux-ci disparaissent de cette ligne d'horizon pour ne montrer que des signifiés au-delà de tout secours linguistique. C'est un renversement de perspective intéressant car d'un &quot;bruit&quot; vocal, la communication est claire et compréhensive grâce à une intériorité, celle de sentiments, et d'une extériorité, celle du corps.       <br />
              <br />
       Un banquet est le lieu par excellence où le discours, le propos, l'échange, la discussion ont une fonction sociale. Dès le début, c'est une serveuse, qui recherche, par une gymnastique corporelle, l'entrée de la scène. Les déplacements, son positionnement par rapport au rideau rouge et son entêtement donnent un éclairage de la dramaturgie axé sur le décalage entre le personnage et la scénographie. Rien ne s'emboîte comme il se doit. La scène joue, à dessein, contre les personnages donnant lieu à des moments très comiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26830800-27365535.jpg?v=1540330619" alt=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" title=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" />
     </div>
     <div>
      Les protagonistes sont dans un entre-deux, dans une position toujours bancale, en décalage les uns par rapport aux autres, chacun dans son propre univers, comme une juxtaposition de mondes différents. L'imbrication scénique met parfois en lumière un événement ou une relation particulière. L'attention est toujours happée par une incidence, un propos, un acte, une situation.       <br />
              <br />
       Discussions, colères, amour, séduction, érotisme, infidélité, engueulades, meurtre, toutes les passions sont présentes. Tout semble basique au premier abord. Seuls existent ces corps avec leurs ressentis, leurs pulsions, leurs envies. Dans un espace de temps et de lieu où rien n'est en équilibre, où tout est prêt à s'écrouler, l'humour est là pour ordonner, dans un champ de significations, les travers des attitudes en désossant un rituel, celui du mariage. Les mots sont bottés en touche pour ne prêter vie qu'à leur médium extérieur, celui du visage, des mains, du corps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26830800-27365544.jpg?v=1540330653" alt=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" title=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" />
     </div>
     <div>
      Le champ lexical est abandonné mais les repères, les balises à leur compréhension, restent en place. Mathilda May montre que communiquer avec l'autre est hors de tout champ lexical connu. Nous pouvons interpréter n'importe quel signe, tant que celui-ci est habité par une voix intérieure, un ressenti, une émotion. La gestuelle participe à cette cathédrale de compréhension.        <br />
              <br />
       C'est drôlement tenace et cela interpelle, rondement mené par tous les comédiens dans une mise en scène qui réussit à exploiter avec talent tous les éléments scéniques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Banquet"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26830800-27369643.jpg?v=1540330754" alt=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" title=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène : Mathilda May.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Grégory Vouland.       <br />
       Avec : Sébastien Almar, Roxane Bret, Bernie Collins, Jérémie Covillault, Lee Delong, Stéphanie Djoudi-Guiraudon, Arnaud Maillard, Françoise Miquelis, Ariane Mourier, Tristan Robin.       <br />
       Décor : Jacques Voizot.       <br />
       Lumières : Laurent Béal.       <br />
       Son : Guillaume Duguet.       <br />
       Costumes : Valérie Adda.       <br />
       Vidéo : Nathalie Cabrol, assistée de Jérémy Secco.       <br />
       Régie technique : Éric Andriant.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 octobre au 10 novembre 2018.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21h, dimanche, 15 h.       <br />
       Relâche : Les 1er et 4 novembre 2018.       <br />
       Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, Paris 8e,  01 44 95 98 21.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/index.htm" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/26830800-27369736.jpg?v=1540331364" alt=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" title=""Le Banquet"… Mariage de la déraison et de la dérision" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Banquet-Mariage-de-la-deraison-et-de-la-derision_a2268.html" />
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