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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-29T19:59:38+02:00</updated>
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   <title>"Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho</title>
   <updated>2026-04-27T21:09:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Billy-mais-pas-Elliot-Au-balcon-d-un-seul-en-scene-ou-la-gestuelle-et-la-parole-tissent-un-dialogue-dans-lequel-le_a4540.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-04-27T20:47:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une création de Hugo Collin, mise en scène par Veig Bassili, un personnage, mi-réel et mi-construit, raconte ses jeunes années dans une école où l'exigence et la performance sont de sévères piliers. Dans une ambivalence entre chute et réussite, peur et obstination, se dessine une figure narrative portée par le sixième art.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96283178-67157241.jpg?v=1777315930" alt=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" title=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" />
     </div>
     <div>
      C'est un seul en scène où le théâtre se lie à la danse comme compagnons l'un de l'autre. Cela débute par un mot qui n'est pas geste, car il est avant tout corps. En maillot de bain, notre protagoniste (Hugo Collin) se place sur le plateau. Et raconte, tout au long du spectacle, son rêve, son travail, son entrée dans une école de danse, et son échec transformé en succès.       <br />
              <br />
       Le plateau est nu, où le théâtre débute dès que la porte s'ouvre. Le corps et le regard habitent l'espace, puis suivent la voix, le mot, le récit et la gestuelle. Celle-ci est autant contenue par la parole qu'ample dans les mouvements. Les gestiques sont suffisamment élaborées pour créer différents personnages, basculant par intermittence entre des professeurs, un élève et un narrateur.       <br />
              <br />
       Se joue un bout d'autobiographie avant les rides du temps d'une existence ballotée par les âges. Le spectacle se déroule sur trois plans artistiques qui sont la danse, l'imitation et le théâtre, au travers respectivement de figures de danse classique, de protagonistes imités et d'un personnage dont le comédien a le sang et la chair déclinés symboliquement dans les âges de l'enfance et de la maturité. Mais Hugo Collin ne joue pas à l'enfant. Il l'est sans se départir d'une voix d'adulte qui le fait exister, en lui donnant le relief du recul.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96283178-67157243.jpg?v=1777315979" alt=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" title=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" />
     </div>
     <div>
      Peut-être est-ce lui un peu, beaucoup ou en totalité ? Peu importe, à vrai dire. Il incarne avant tout un élève de 9 ans en formation dans une école de danse face à ses professeurs. Cet enfant peut être un autre, à la fois différent, mais identique dans cette situation. Cet établissement peut être un autre dans un autre lieu, mais face à des adultes de la même sévérité, ou un peu plus ou un peu moins, mais pouvant être abîmant. C'est un récit dans lequel le non-dit s'exprime par le regard et les imitations, et où le dit de l'enfant est tu, mais exprimé par son conteur. Elle focalise sur ce que le personnage montre et raconte, car scéniquement, le vécu est dans ce non-dit quand le ressenti est dans le dit. Libre au spectateur d'appréhender par lui-même les écorchures que le protagoniste aurait pu avoir.       <br />
              <br />
       Hugo Collin, auteur de ce seul en scène, en a élaboré aussi la chorégraphie dans une mise en scène, simple et efficace, de Veig Bassili qui laisse découvrir un espace nu permettant de donner du volume autant au corps qu'à la voix et mettre ainsi en exergue une solitude, celle d'un enfant face à une pression et des exigences éducatives et artistiques.       <br />
              <br />
       La conception dramaturgique de la pièce est simple et efficace. Le comédien se combine à chaque instant à son personnage, comme si la fable était l'épouse de la réalité, en nous faisant vivre des instants qui se découpent dans une continuité temporelle où les années se mêlent aux minutes, et les remontrances à des imitations les projetant dans un espace-temps où le vécu se mêle à un imaginaire pour les désarmer.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96283178-67157257.jpg?v=1777316068" alt=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" title=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" />
     </div>
     <div>
      Le présent s'arrête pour glisser malicieusement dans un passé et un futur antérieur, pour ensuite y revenir. La mise en scène traite du temps qui passe tout en faisant abstraction des années qui s'écoulent. Elle fait vivre scéniquement l'Ici et le Maintenant dans un périmètre de jeu où l'espace ne laisse aucune prise à une échelle temporelle.       <br />
              <br />
       La voix est bien placée ainsi que le corps, axes de jeu de Hugo Collin qui joue d'équilibre avec de beaux mouvements. Ancien élève de l'école de danse de l'Opéra de Paris, il exécute des figures dansées, en rupture du verbe, qui rythment son récit. Exercices de répétition chorégraphiques, ces gestuelles participent à un sentiment de solitude du personnage où se mêlent l'effort et le plaisir, la contrainte et l'épanouissement. Accompagnées de paroles, elles sont exécutées avec une facilité presque expéditive, comme celle d'une répétition trop contrainte qui remonte à la surface de l'enfant-adulte, tout en étant en tension.       <br />
              <br />
       Au-delà de la qualité de l'interprétation qui manie aussi bien la voix que le verbe, le mot que le geste, c'est aussi une plongée intime dans un bout d'existence qui peut se retrouver dans d'autres vies et dans d'autres établissements où ce qui est exigence peut aller parfois un peu trop rapidement, et dangereusement, à la dureté des mots quand elle n'est pas accompagnée aussi par le geste. L'actualité dernièrement nous en a montré de multiples exemples.       <br />
              <br />
       Le spectacle reste dans une approche où les souvenirs ne font pas écho à des souffrances subies, mais à une sévérité, une exigence qui ne sont pas insultées par le personnage. La création reste dans un périmètre dans lequel la performance et l'excellence dans l'enseignement sont interpellées et mises aussi en question dans une belle composition artistique.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Billy mais pas Elliot"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96283178-67157270.jpg?v=1777316104" alt=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" title=""Billy mais pas Elliot" Au balcon d'un seul en scène où la gestuelle et la parole tissent un dialogue dans lequel le doute et la détermination se font écho" />
     </div>
     <div>
      Texte : Hugo Collin.       <br />
       Mise en scène : Veig Bassili.       <br />
       Assistant mise en scène : Victor Jacon.       <br />
       Avec : Hugo Collin.       <br />
       Création lumières : Aron Olah et Marc Droumaguet       <br />
       Musique : Tigre Productions.       <br />
       Compagnie des Belle(S) Gueules.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 avril au 5 juin 2026.</span>       <br />
       Vendredi à 21 h.       <br />
       Théâtre La Flèche, 77, rue de Charonne, Paris 11ᵉ.       <br />
       Tél. :  01 40 09 70 40.       <br />
       <a class="link" href="https://lafleche.placeminute.com/event/seul-en-scene/billy-mais-pas-elliot,47941.html?_locale=fr" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatrelafleche.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatrelafleche.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Mon père (pour en finir avec)" Une vision acérée et transcendante de la famille et de ses aires tumultueuses</title>
   <updated>2023-09-25T09:53:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-pere-pour-en-finir-avec-Une-vision-aceree-et-transcendante-de-la-famille-et-de-ses-aires-tumultueuses_a3733.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/75435995-52944551.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-09-25T09:31:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Et voilà ce que ça donne une vie sans amour, une maison vide avec des gens perdus dedans". Après dix ans d'absence, dans la maison familiale où vit une mère et ses trois enfants – deux naturels (un garçon et une fille) et un enfant adopté (le fils préféré) –, le père revient mourir dans une chambre, à l'étage. Ce sont alors les esprits et les souvenirs qui se heurtent, se rencontrent et dressent le portrait d'un homme et d'une vie de mensonges et de trahisons. Les enfants et la mère écoutent les spectres qui passent et tentent d'opérer une réconciliation. C'est une fête macabre, une danse joyeuse autour d'un presque mort, responsable de tant d'existences gâchées. La mère, quant à elle, sera bientôt libérée, réconciliée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75435995-52944551.jpg?v=1695628937" alt=""Mon père (pour en finir avec)" Une vision acérée et transcendante de la famille et de ses aires tumultueuses" title=""Mon père (pour en finir avec)" Une vision acérée et transcendante de la famille et de ses aires tumultueuses" />
     </div>
     <div>
      Assister à une représentation de Pierre Notte ou lire de manière plus solitaire un de ses nombreuses pièces, c'est à coup sûr basculer vers un &quot;connu inconnu&quot;, affronter un tsunami émotionnel, ou encore sonder la nature humaine au plus profond de ses entrailles. Impossible de rester de marbre face à son écriture dramaturgique ! Encore moins face à ses mises en scène. On aime le travail de Pierre Notte ou on le déteste…       <br />
              <br />
       L'adaptation de son texte éponyme – paru en janvier dernier aux éditions L'avant-scène théâtre –, ne démentira pas nos propos. Dès les premiers instants de la pièce, le spectateur est projeté dans l'œil du cyclone de la création théâtrale et de l'imaginaire flamboyant &quot;pierrenottien&quot;. Et nous, on aime, intensément, en découvrant à chaque fois des pépites d'inventivité textuelles et scénographiques, sans oublier les trouvailles caustiques, à nulle autre pareille, qui nous ravissent.       <br />
              <br />
       Cette pièce, c'est l'histoire des trois enfants qui reviennent voir le père, mais juste pour un aller-retour. Ils n'ont pas de vêtements de rechange, la fille n'a pas pris la peine de se maquiller et la mère, sévère et directive, s'en offusque ! Le rôle de cette mère, au premier abord acariâtre, est tenu par Silvie Laguna, comédienne talentueuse (que nous avons déjà vu jouer dans d'autres pièces de l'auteur). Son interprétation, toujours juste et affûtée, est comme en totale osmose avec les intentions dramaturgiques de Pierre Notte avec lequel elle joue depuis longtemps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75435995-52944556.jpg?v=1695628955" alt=""Mon père (pour en finir avec)" Une vision acérée et transcendante de la famille et de ses aires tumultueuses" title=""Mon père (pour en finir avec)" Une vision acérée et transcendante de la famille et de ses aires tumultueuses" />
     </div>
     <div>
      Cette maison dans laquelle les enfants se rassemblent, parce que la mort va venir, ce pourrait être celle de beaucoup d'entre nous ! Sauf que la famille de Pierre Notte, sa mère, sa sœur, ses frères et, bien entendu, son père, ne seront jamais les nôtres. C'est son histoire, bouleversante, cruelle, s'il en est, voire irrévérencieuse, souvent provocatrice. Et à bien y regarder, si ce père, c'était le nôtre ? Comment nous accommoderions-nous du propos théâtral évoqué ? Mais là n'est pas la question. Nous dévions… Recentrons-nous !       <br />
              <br />
       Aux côtés de la figure centrale de la mère, cinq autres comédiennes et comédiens proposent très justement leur vision patriarcale <span style="font-style:italic">&quot;d'un père présent-absent, taiseux, silencieux et d'un amour impossible. Mais c'est dans la tête de cet homme agonisant que le spectateur est projeté. Et c'est la mère, réduite à l'état de mère précisément, d'épouse, de chose, d'esclave domestique, trahie, déçue, qui l'évoque aux côtés de ses trois enfants. Les démons et les fantômes sont là, mais il faut le faire avec beaucoup d'humour, de distance et c'est la moindre des délicatesses que de le faire&quot;,</span> Pierre Notte, interview de Michel Flandrin dans &quot;Les sorties de Michel Flandrin&quot; (décembre 2022).       <br />
              <br />
       Dans le rôle des trois enfants, Muriel Gaudin, Benoît Giros et Clyde Yeguet sont d'une prodigieuse complicité et excellent dans leur capacité à changer de rôle tout au long de la pièce. Leur travail sur la langue et leur prononciation reflète à merveille l'état de tension qui se joue entre eux. Et puis, il y a cette langue si particulière propre à Pierre Notte, comme psychotique, aux allures de boule à facettes, qui semble placer les comédiens(nes) dans le tambour d'une machine à laver sur essorage.       <br />
              <br />
       La nouvelle comédienne entrée dans la maison de Pierre, Shékina Immanuelle, mérite d'y rester un moment tant son jeu et son interprétation chantée sont justes et bouleversants. La scénographie de la pièce est taillée au cordeau. Efficace et sobre. Certains objets de couleur rouge aux allures enfantines occupent le plateau, dont une carabine et un crucifix, souvenirs du patriarche en train de mourir. La présence de Pierre Notte sur scène, dont on notera à nouveau le charisme et l'élégance, renforce grandement le propos de la pièce.       <br />
              <br />
       &quot;Mon père (pour en finir avec)&quot; est une pièce qui parle à beaucoup d'entre nous. C'est du grand Pierre Notte en tout cas, celui d'un homme qui a su grandir dans l'ombre de son père sans que l'ombre n'occulte la lumière dans laquelle il est installé, fort heureusement.       <br />
       Puisse cette lumière l'éclairer encore et encore afin que nous entrions à nouveau dans sa maison théâtrale où il fait si bon se retrouver.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mon père (pour en finir avec)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/75435995-52944637.jpg?v=1695628983" alt=""Mon père (pour en finir avec)" Une vision acérée et transcendante de la famille et de ses aires tumultueuses" title=""Mon père (pour en finir avec)" Une vision acérée et transcendante de la famille et de ses aires tumultueuses" />
     </div>
     <div>
      Texte : Pierre Notte, édité aux éditions L'avant-scène théâtre.       <br />
       Mise en scène : Pierre Notte       <br />
       Avec : Muriel Gaudin, Benoît Giros, Silvie Laguna, Pierre Notte, Shékina Immanuelle et Clyde Yeguete.       <br />
       Collaboration artistique et lumières : Éric Schoenzetter.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       Le spectacle s'est joué au Théâtre La Flèche, Paris 11e, du 12 au 15 septembre 2023.                                                           <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>        <br />
       13 et 14 octobre 2023 : Théâtre de la Roëlle, Villers-lès-Nancy (54).       <br />
       9 et 10 février 2024 : Théâtre du Pont-Tournant, Bordeaux (33).       <br />
       Festival Off d'Avignon 2024 au Théâtre des Halles (à confirmer).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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