<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-06-17T23:55:56+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>"La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle</title>
   <updated>2025-02-06T16:57:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Grace-de-la-Tortue-Une-seule-en-scene-d-une-justesse-emouvante-a-la-portee-universelle_a4148.html</id>
   <category term="Pitchouns" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/86258987-61387949.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-02-07T07:49:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tita est une petite fille, puis deviendra une femme très complexée, mais aussi rebelle, cherchant par tous les moyens à se décomplexer et à se décomplexifier. Depuis l'enfance, elle voudrait ressembler à tout ce qu'elle n'est pas, se pose des questions sur tout et elle réfléchit !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86258987-61387949.jpg?v=1738858387" alt=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" title=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" />
     </div>
     <div>
      Comment faire pour croire au Père-Noël ? Comment faire pour devenir comédienne quand on a une &quot;tronche impossible&quot; ? Comment faire pour trouver sa place quand on naît dans une famille juive d'Afrique du Nord, qu'on rêve d'être comme tout le monde et de laisser ses origines au placard ? Comment négocier avec ses différences et son identité ?       <br />
              <br />
       Bien sûr, les thèmes abordés dans ce seule en scène, interprétée par Anne Touati, ont déjà été maintes fois traités : le déracinement, les origines, le physique, la construction de soi, âpre souvent quand tout semble bancal et différent pour soi. Les spectacles de théâtre sont pléthore à ce titre, notamment depuis ce fichu covid qui a revisité notre place sur la planète, notre rapport à nous-mêmes ou, encore, notre regard sur les autres…       <br />
              <br />
       Alors, pourquoi faire à nouveau ce choix aux connotations très contemporaines, au risque de ressasser des propos déjà évoqués ? Surtout quand il s'agit là d'une dimension autobiographique, dans laquelle les prises de risque sont encore plus grandes ! Ne pas poser la question à la principale intéressée, c'est laisser la porte ouverte à de nombreuses réponses possibles. Ou pas !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86258987-61387950.jpg?v=1738858425" alt=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" title=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" />
     </div>
     <div>
      &quot;La Grâce de la Tortue&quot; est une auto-fiction humoristiquement tendre, amère, parfois mélancolique et souvent très émouvante, dans laquelle le public se reconnaîtra certainement à différents égards.       <br />
              <br />
       Anne Touati y partage différents rôles avec aisance et fluidité en incarnant tour à tour sa propre mère, juive ashkénaze d'Afrique du Nord, très soucieuse de l'avenir de sa fille, Tita, elle-même, qui tente de se libérer de ce joug maternel incontournable, ainsi qu'une galerie de personnages qu'elle interprète brillamment, tout en finesse de jeu et d'incarnation : le docteur de famille, grand réceptacle des angoisses de sa mère, son père qui vendrait ses chemises pour ses filles, Gaëtan, l'amoureux qui s'endort quand il a quelque chose d'important à lui dire, sa metteuse en scène, sans oublier bien sûr la psychanalyste de Tita.       <br />
              <br />
       C'est d'ailleurs dans son cabinet que s'ouvre le spectacle, et il s'agit là d'un choix dramaturgique tout à fait pertinent, qui séduit d'emblée le spectateur grâce au jeu sensible et investi de la comédienne, et à un humour tout en filigrane fort bien dosé.       <br />
              <br />
       Tout au long du spectacle, sa gestuelle proche de la pantomime, appuyée par un phrasé haché et comme martelé à l'excès, un visage &quot;particulier&quot; aux yeux bruns proéminents et à la bouche démesurée, font de Tita un clown au nez rouge attendrissant.       <br />
              <br />
       La féminité n'est pas au centre du propos, en revanche. Gageons qu'une petite dose supplémentaire accordée à cette dernière pourrait apporter un supplément &quot;d'âme artistique&quot; au propos, laquelle élèverait encore davantage l'ensemble de ce seule-en-scène joliment pensé et élaboré. Même si, à bien y regarder, le cœur de la pièce n'est pas là.       <br />
              <br />
       Tout au long du spectacle, tout &quot;ce petit monde de la vie d'Anne-Tita&quot; est brossé avec subtilité et les différentes scènes s'enchaînent sans aucun artifice scénographique, mais avec une grande poésie dans le choix des jeux des lumières, des trois vidéos et, notamment, via un dispositif de quatre panneaux mobiles harmonieusement décorés symbolisant peut-être les tiroirs de nos vies, ou les portes qu'il nous faut souvent ouvrir pour comprendre qui on est… Qui s'ouvrent toutes seules, parfois, ou, au contraire, plus récalcitrantes, qui refusent de rester à leur place !       <br />
              <br />
       Si la légende de la tortue est celle d'une pierre qui a décidé, un jour, de se mettre en marche, laissons-la poursuivre avec grâce son chemin aux côtés de Tita. Tita qui est myope, mais qui bizarrement voit pourtant les choses de façon fort clairvoyante ! Toutes deux, elles continueront à avancer, pour continuer à ne pas rater leur vie.       <br />
       Si ce n'est pas déjà fait…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Grâce de la Tortue ou comment je n'ai pas réussi à râter ma vie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86258987-61387970.jpg?v=1738858456" alt=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" title=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" />
     </div>
     <div>
      Texte : Anne Touati.       <br />
       Mise en scène : Laurence Labrouche.       <br />
       Avec : Anne Touati.       <br />
       Scénographie et lumières : Henri-Emmanel Doublier.       <br />
       Création musiques et sons : Gilles Cadoret.       <br />
       Vidéos d'ambiance : Christophe Salles.       <br />
       Vidéos scènes : Miriam Chamekh.       <br />
       Costumes : Edwige Latrille.       <br />
       Création visuel de la tortue : Marc Cogno.       <br />
       Graphisme décors : Martin Doublier.       <br />
       Régie lumière, son et vidéo : Igor Galabovski.       <br />
       Voix : Marie Laure Despessailles.       <br />
       Spectacle tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 au 22 février 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h.       <br />
       Le 100ECS (Établissement  Culturel Solidaire), Paris 12ᵉ, 01 46 28 80 94.       <br />
       <a class="link" href="https://100ecs.fr/" target="_blank">&gt;&gt; 100ecs.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Grace-de-la-Tortue-Une-seule-en-scene-d-une-justesse-emouvante-a-la-portee-universelle_a4148.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux</title>
   <updated>2024-10-23T20:23:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/En-quoi-cette-nuit-Porter-les-souvenirs-et-les-traditions-au-sommet-de-la-vie-essentiels-et-fondamentaux_a4067.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83697541-59868516.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-10-23T19:55:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Nathalie prépare le repas traditionnel. Elle a promis. Promis de célébrer cette fête. À sa mère, comme une tradition. C'est la fête de la Pessa'h, la Pâque juive. Guillaume est à l'étage, il répète pour un concert. Lui aussi aime les fêtes. Ils ne sont pas croyants. Une tradition, c'est une occasion. Tout le monde sera là.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83697541-59868516.jpg?v=1729707502" alt="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" title="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" />
     </div>
     <div>
      Nathalie est heureuse. Élise va venir plus tôt pour aider sa mère. Elle a conduit Sarah à son cours de piano. C'est un mercredi. Sarah a six ans. Elle est inquiète, il est question qu'ils changent de maison. Pourtant, c'est à deux pas ! Cette soirée est belle. On rit, on s'amuse, on se souvient des absents, des présents. Et surtout, on &quot;lit&quot; l'histoire. On la raconte. On la reconsidère…       <br />
              <br />
       La vie, il faut la célébrer, tout y célébrer, comme les traditions, sans oublier les souvenirs qui doivent s'entretenir pour que chacune et chacun s'y agrippe, notamment lorsque le doute s'installe.       <br />
              <br />
       Pour les auteurs, Barbara et Renaud Tissier, sœur et frère dans la vie, ce projet théâtral a été une évidence, centré sur l'idée que les souvenirs ont participé à comprendre et à transmettre une part d'eux-mêmes.       <br />
              <br />
       Nathalie, c'est la mère juive par excellence. Elle est née en Algérie, mais elle est mariée à un catholique. Guillaume, lui, il est là sans y être vraiment, répète son violon à l'étage pour un futur concert, et ne répond jamais… Élise, c'est la fille de Nathalie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ça ne veut rien dire. J'ai fait ma communion, et je ne parle pas latin&quot;.</span> Elle ne comprend pas tout. Elle s'inquiète des appréhensions récurrentes de sa fillette à déménager, même si la nouvelle maison est toute proche. Elle sent que c'est sur elle que tout se cristallise…       <br />
              <br />
       L'originalité de l'écriture de cette pièce réside sans doute sur ce point particulier ! Que le père, cet homme absent-présent, ne réponde pas. Que les autres personnages ne soient pas là non plus. Mais que, par contre, Sarah, la fillette, de six ans juste, évoque aussi, mais tellement présente, s'interroge, et pose plein de questions, avec, en elle, la crainte de quitter sa maison, comme un déracinement, pour elle aussi !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83697541-59868524.jpg?v=1729707533" alt="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" title="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" />
     </div>
     <div>
      Qu'y aura-t-il de différent ce soir-là ? &quot;En quoi cette nuit… ?&quot; fait-elle vaciller, d'une certaine manière, l'idée de croyance et de traditions indéboulonnables ancrées comme du granit dans les corps et les âmes de chacune et chacun d'entre nous, jusqu'à la faire chavirer ?       <br />
              <br />
       La célébration de la Pâque juive, ici, n'est finalement qu'un prétexte qui confère à la pièce une dimension très fine et hautement sensible. Le tout étant remarquablement interprété par les deux seules comédiennes, Barbara Tissier et Camille Timmerman, qui jouent tous les personnages ou, en tout cas, s'adressent à eux, en réussissant avec brio à nous faire croire, grâce à leur talent, qu'ils sont tous sur scène : Rebecca, David, Guillaume, Natacha, Déborah, Samuel, Nhat-Nam, ou encore Paul.       <br />
              <br />
       Barbara Tissier, sous des faux airs de Catherine Frot, est éblouissante de justesse, et parvient à dépasser les moments émouvants sans pathos aucun, mais avec un véritable talent d'interprétation. Après avoir tourné à l'âge de dix ans dans &quot;Passion&quot; de Godard, il lui a paru évident qu'elle deviendrait comédienne. La saison 2023-2024, elle la passe au Théâtre Hébertot dans une reprise du &quot;Repas des Fauves&quot; avec Thierry Frémont.       <br />
              <br />
       Camille Timmerman, quant à elle, parvient à transmettre par son jeu très investi et organique un brillant éclairage sur le présent, que l'on doit au passé, certes, qui nous unit, certes, mais qui doit aussi s'inscrire dans le futur.       <br />
              <br />
       Sa fillette, Sacha, c'est le futur, mais dans l'écriture de la pièce, c'est surtout le symbole du présent et de la vie qui va, contre vents et marées, entre traditions et avancées inéluctables.       <br />
              <br />
       Le musicien-guitariste Alban Losseroy accompagne sur scène les deux comédiennes, faisant résonner bien joliment, grâce à ses notes attendrissantes, leurs mots, leurs intentions et leurs émotions partagées bien palpables.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83697541-59868525.jpg?v=1729707557" alt="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" title="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" />
     </div>
     <div>
      Le passage retraçant le dîner de famille est tout simplement exceptionnel de créativité, dans lequel les deux voix des comédiennes se cognent admirablement comme dans un match de tennis de table, se répondent, alertes et virevoltantes. Un très très beau moment de spectacle dû, peut-être, au souffle créativement scientifique de Renaud Tissier, chercheur, vétérinaire, Docteur d'Université et Professeur de Pharmacologie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Un frère et une sœur, deux constructions professionnelles différentes, et pourtant, une création commune évidente&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La mise en scène de David Nathanson confère, par moments, au propos de la pièce des allures de huis clos, mais qui est largement galvanisé par l'énergie des deux comédiennes.       <br />
              <br />
       &quot;En quoi cette nuit&quot; est une bien jolie pièce sur le poids des traditions, non dénuée d'humour, ce qui n'est pas sans apporter une certaine légèreté à des situations qui pèsent parfois très lourd dans les familles…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"En quoi cette nuit… ?"</b></div>
     <div>
      Texte : Barbara et Renaud Tissier.       <br />
       Mise en scène : David Nathanson.       <br />
       Avec : Barbara Tissier, Camille Timmerman ou Hannah-Jazz Mertens (en alternance), Alban Losseroy.       <br />
       Scénographie : Marie Hervé.       <br />
       Musicien : Alban Losseroy.       <br />
       Compositeur : Michel Mella.       <br />
       Lumières : Denis Schlepp.       <br />
       Compagnie &quot;En quoi cette nuit&quot;, avec le soutien de l'Espace Rachi de Paris.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 septembre au 3 novembre 2024.</span>       <br />
       Mardi à 19 h et dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de la Reine Blanche, Paris 18ᵉ, 01 42 05 47 31.       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/En-quoi-cette-nuit-Porter-les-souvenirs-et-les-traditions-au-sommet-de-la-vie-essentiels-et-fondamentaux_a4067.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Ivanov"… Tristesse, mélancolie… Dans sa proposition, Benedetti tente de soigner ces affections</title>
   <updated>2018-11-12T08:34:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Ivanov-Tristesse-melancolie-Dans-sa-proposition-Benedetti-tente-de-soigner-ces-affections_a2280.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/27513257-27666583.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-11-12T06:00:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Ivanov" est la première pièce jouée de Tchekhov. Une œuvre de jeunesse qui subit différentes réécritures suite aux critiques que l'auteur reçut à la création. À l'Athénée, c'est la version originale qui est montée : celle que Tchekhov intitula "Comédie" ; et c'est en prenant ce parti pris que Christian Benedetti construit sa mise en scène.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27513257-27666583.jpg?v=1541959177" alt=""Ivanov"… Tristesse, mélancolie… Dans sa proposition, Benedetti tente de soigner ces affections" title=""Ivanov"… Tristesse, mélancolie… Dans sa proposition, Benedetti tente de soigner ces affections" />
     </div>
     <div>
      La pièce raconte la dernière année de la vie d'Ivanov, banal fonctionnaire de province, vaguement à la ruine, mais aussi moyennement nanti, adoré par son épouse qui, juive, a tout sacrifié pour lui - famille, religion -, ayant une vie sociale acceptable et des revenus, certes insuffisants pour ne pas s'endetter, mais suffisant pour pouvoir se laisser aller à l'ennui.        <br />
              <br />
       Bref, un hobereau sans blason, un Oblomov de petite extraction, engoncé dans un système d'inaction totale par peur de changer quoi que ce soit à l'existence. Un antihéros qui laisse son épouse Sarah mourir de phtisie, et s'abandonne mollement aux désirs d'une autre jeune femme, Sacha, qu'il épouse un an après le décès de Sarah.       <br />
              <br />
       Christian Benedetti attrape la pièce de Tchekhov comme un metteur en scène ferait avec le texte d'un jeune auteur. Il la prend, l'invente, la jette sur le plateau, voit ce qu'elle donne, ce qu'elle transpire. Il donne aux personnages des corps, des voix d'acteurs, d'actrices, les fait rouler dans un décor et avance. Et crée au mot à mot, et crée de seconde à seconde. Et découvre. Et nous fait découvrir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27513257-27666599.jpg?v=1541959340" alt=""Ivanov"… Tristesse, mélancolie… Dans sa proposition, Benedetti tente de soigner ces affections" title=""Ivanov"… Tristesse, mélancolie… Dans sa proposition, Benedetti tente de soigner ces affections" />
     </div>
     <div>
      Il y a comme un cocktail dont on ne connaît pas la formule, un air dont on n'arrive pas à nommer la saveur dans cet &quot;Ivanov&quot;, un accord et un désaccord qui se chevauchent. C'est l'inconnu qui donne toute sa mesure. Qui plaît. Qui dérange. Qui intrigue. Et quoi de plus juste que de réussir à traiter cette pièce comme celle d'un jeune auteur et pas d'un vieux barbon répertorié du théâtre du XXe siècle ? Anton Tchekhov a à peine 27 ans lorsqu'il écrit &quot;Ivanov&quot;.       <br />
              <br />
       D'un début qui semble sorti du pur conventionnel : décor gigantesque, le mur de la maison d'Ivanov, une vague musique de fond et une scène tragi-comique, mais le spectacle évolue vite vers une déconstruction de plus en plus grande. D'actes en actes, le décor se désagrège, se déstructure, exhibe ses ossatures, et l'on se retrouve sur une scène de théâtre, comme vue des coulisses, toutes conventions jetées aux oubliettes.       <br />
              <br />
       De la même manière, le jeu, les scènes, les personnages vont du vaudeville au drame sans jamais s'installer pour très longtemps dans un registre ou dans un autre. C'est tout un monde qui entoure le couple des Ivanov, une société un peu folle, une peinture presque grotesque des intérêts, des malveillances et des mentalités.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/27513257-27666615.jpg?v=1541959378" alt=""Ivanov"… Tristesse, mélancolie… Dans sa proposition, Benedetti tente de soigner ces affections" title=""Ivanov"… Tristesse, mélancolie… Dans sa proposition, Benedetti tente de soigner ces affections" />
     </div>
     <div>
      Christian Benedetti ne monte pas Tchekhov pour exposer des messages collants à l'actualité. Il cherche la source du sens de ces pièces, ce qu'elles disent, ce qu'elles ont dit, ce qu'elles peuvent dire encore. Son objectif est surtout de porter l'expression de l'auteur sur scène. &quot;Qu'est-ce que le contemporain, c'est-à-dire, comment revenir à un présent où nous n'avons jamais été ?&quot;, se demande-t-il en créant sa mise en scène.       <br />
              <br />
       C'est ainsi que tout sentimentalisme est expurgé ici. Ce qui donne un côté assez froid au spectacle malgré une belle énergie de la troupe et une rigueur de jeu très assumée. Le résultat est que tous les personnages finissent par montrer, comme la scénographie, leurs mécanismes intimes, leurs peurs, leurs petitesses et qu'aucun n'en sort héroïque.       <br />
              <br />
       Il faut aussi parler du silence. Rarement comme dans cette mise en scène le silence sert de tempo dramatique, d'abîme, de drame et de terreur. Pas de sons enveloppants, de nappes, de musiques soulignant, suscitant l'émotion. Mais comme des coups de silence et de suspension qui donnent toute sa richesse à la parole, aux voix, au foisonnement de la vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ivanov"</b></div>
     <div>
      Texte : Anton Tchekhov (version 1887).       <br />
       Traduction : Brigitte Barilley, Christian Benedetti, Laurent Huon.       <br />
       Mise en scène : Christian Benedetti.       <br />
       Assistants à la mise en scène : Élodie Chamauret, Alex Mesnil.       <br />
       Avec : Vincent Ozanon, Laure Wolf, Philippe Lebas, Philippe Crubézy, Brigitte Barilley, Alix Riemer, Yuriy Zavalnyouk, Lise Quet, Nicolas Buchoux, Christian Benedetti, Antoine Amblard, Martine Vandeville, Alex Mesnil 			       <br />
       Musiciens : Élisa Huteau, Michel Rabaud.       <br />
       Scénographie : Christian Benedetti, Emma Depoid.       <br />
       Lumière : Dominique Fortin.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
       Par le Théâtre Studio - Cie Christian Benedetti.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 novembre au 1er décembre 2018.</span>       <br />
       Mardi à 19 h, mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de l'Athénée - Louis Jouvet, Grande Salle, Paris 9e, 01 53 05 19 19.       <br />
       <a class="link" href="http://www.athenee-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; athenee-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Ivanov-Tristesse-melancolie-Dans-sa-proposition-Benedetti-tente-de-soigner-ces-affections_a2280.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Saisir dans l'intensité et la vitalité, l'instant éphémère de la rencontre</title>
   <updated>2016-11-10T16:37:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Saisir-dans-l-intensite-et-la-vitalite-l-instant-ephemere-de-la-rencontre_a1704.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10558549-17355574.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-11-10T15:06:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Girovagues. Ils se retrouvent en rade sans havre ni port d'attache. Les personnages, qui se retrouvent regroupés avec verve par Armando Llamas sous le titre énigmatique "Meurtres de la princesse juive, bon titre, publicité mensongère", sont épinglés comme autant de spécimens. Ils appartiennent au genre humain.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10558549-17355574.jpg?v=1478787160" alt="Saisir dans l'intensité et la vitalité, l'instant éphémère de la rencontre" title="Saisir dans l'intensité et la vitalité, l'instant éphémère de la rencontre" />
     </div>
     <div>
      L'histoire en douze tableaux et une coda les suit à la trace. D'aérogares en aérogares, d'hébergements en hébergements, d'escales en escales, de bars situés dans des villes dont le nom fait rêver en bars de villes dont les noms de villes font rêver. Les personnages, mus par on ne sait quelle pulsion de mobilité, manifestement déphasés, se voient confrontés à la longue durée de l'attente, se montrent impatients, hésitants, impulsifs, peinent à faire le récit de leurs mouvements. Ils sont manifestement en attente d'un événement, en provocation d'une rencontre qui construirait un destin. Ils se rencontrent, se choquent et se dispersent. En quête.       <br />
              <br />
       Le langage et les actes sont crus. Les situations scabreuses. La satire ajustée. La leçon cruelle. Dans la découverte du monde que ces êtres font, ne sont que chocs de coutumes, étrangeté des langues étrangères et brutalité des rapports humains. Qui ne sont que rapports de domination. Quels que soient les lieux, les civilisations, les religions…       <br />
              <br />
       Chaque épisode décrit est en bordure de faits divers sordides. L'étude des mœurs est insolente et précise. Elle pourrait être houelbecquienne si, au fil de son récit, l'auteur ne faisait surgir à l'improviste, comme par accident, quelque chose comme une fête généreuse et spontanée. Si l'histoire ne s'ouvrait à la rencontre. À la réciprocité. À l'amour. À l'amitié. À la compréhension.        <br />
       Au grand étonnement de l'auteur lui-même, une chaleur propre à l'art théâtral.       <br />
              <br />
       Mine de rien, Michel Didym, qui met en scène, renverse les situations avec beaucoup d'ironie optimiste. Une joie acidulée et pleine d'entrain s'empare de la pièce et les jeunes comédiens, tout juste sortis de l'ENSATT, trouvent les gestes et les couleurs qui conviennent, saisissent dans l'intensité et la vitalité, l'instant éphémère de la rencontre, le rendent tangible, élaborent l'effet théâtre par lequel le public a le plaisir de partager quelque chose de commun à l'humain. Que l'on comprend quand on ne comprend pas les mots. Dans la réciprocité. Le théâtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Meurtres de la princesse juive, bon titre, publicité mensongère"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10558549-17355842.jpg?v=1478788425" alt="Saisir dans l'intensité et la vitalité, l'instant éphémère de la rencontre" title="Saisir dans l'intensité et la vitalité, l'instant éphémère de la rencontre" />
     </div>
     <div>
      Texte : Armando Llamas.       <br />
       Mise en scène : Michel Didym.       <br />
       Collaboration : Luc-Antoine Diquéro.       <br />
       Avec Luc-Antoine Diquéro ou Michel Didym, Ariane Berendt, Marie Brugière, Léo Grange, Léonie Kerckaert, Héloïse Lecointre, Jimmy Marais, Lorenzo Nieddu, Marion Pastor, Gabriel Rouvière, Chloé Sarrat, Alexandre Servage.       <br />
       Scénographie : Caroline Frachet, Laure Montagné.       <br />
       Lumières : Pia Marmier, Théo Tisseuil.       <br />
       Son : Estelle Lembert, Caroline Mas.       <br />
       Costumes : Adélie Antonin, Gabrielle Marty.       <br />
       Assistanat à la conception des costumes : Fanny Buchs.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Elodie Chamauret.       <br />
       Collaboration : Luc-Antoine Diquéro.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 11 novembre 2016.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, vendredi à 20 h, jeudi, samedi 19 h.       <br />
       La Manufacture CDN Nancy Lorraine, Grande Salle, Nancy (54), 03 83 37 12 99.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-manufacture.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-manufacture.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 14 au 15 novembre 2016</span> : Le Manège - Scène Nationale, Maubeuge (59).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 au 18 novembre 2016 :</span> NEST - CDN, Thionville (57).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 30 au 4 novembre 2016 :</span> Théâtre National Populaire, Villeurbanne (69).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 7 décembre 2016 :</span> Espace Malraux - Scène nationale, Chambéry (73).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Saisir-dans-l-intensite-et-la-vitalite-l-instant-ephemere-de-la-rencontre_a1704.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Sol Gabetta, une prière flamboyante</title>
   <updated>2015-01-06T09:45:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Sol-Gabetta-une-priere-flamboyante_a1260.html</id>
   <category term="CédéDévédé" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7324701-11269707.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-01-06T06:21:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sol Gabetta, violoncelliste franco-argentine, sortait en octobre dernier "Prayer", un CD consacré à un répertoire inspiré par l'âme juive. Nous avons souhaité la rencontrer à l'orée d'une nouvelle année qui devrait la faire mieux connaître auprès du grand public français.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7324701-11269707.jpg?v=1420522115" alt="Sol Gabetta, une prière flamboyante" title="Sol Gabetta, une prière flamboyante" />
     </div>
     <div>
      Le contact est facile avec Sol Gabetta, une jeune violoncelliste dont la carrière internationale est déjà riche et qu'on connaît encore trop peu en France. Passionnée, lumineuse (elle est à juste titre prénommée &quot;Sol&quot;), rieuse, elle nous a étonnés par le choix des pièces qui figurent sur son dernier enregistrement, &quot;Prayer&quot; : une longue méditation inspirée, nourrie de psaumes mis en musique par Ernest Bloch et de pièces de &quot;From Jewish Life&quot;, et par quatre des mélodies de Dimitri Chostakovitch extraites de ses &quot;Poésies populaires juives&quot; opus 79.        <br />
              <br />
       Son interprétation intense et émouvante de ce programme magnifié par le son unique de son Gadagnini de 1759 nous a donné l'envie d'en savoir un peu plus sur celle qui a pu jouer sur la plupart des grandes scènes depuis l'obtention de son prix (le &quot;Credit Suisse Young Artist Award&quot;) et qui a fondé en 2006 son propre festival en Suisse avec son frère, le violoniste Andres Gabetta (1). Une tournée et un concert à la Philharmonie de Paris en mars 2015 devraient contribuer à la faire adopter définitivement par le public.       <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq pour La Revue du Spectacle : Pourquoi avoir choisi le violoncelle ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta -</b> Je n'ai pas commencé par le violoncelle. J'ai eu beaucoup de chance : ma mère a découvert en Argentine où nous vivions un jardin d'enfants musical et m'y a inscrite. Tous les enfants chantaient quotidiennement dans un chœur, dansaient, marquaient le rythme. Une expérience primordiale pour mon rapport à la musique. Cela nous a tous incroyablement libérés, corps et esprit. Puis est venu le violoncelle qui m'a permis d'exploiter ce trésor. Dans cet enseignement, l'amour porté aux enfants se mariait à l'amour de la musique et cela de façon pas du tout théorique. Même si j'ai eu droit moi aussi à la méthode Suzuki à deux ans et demi ! (rires). Du coup, être sur scène est pour moi très facile, un vrai plaisir ! Les tournées et les hôtels, c'est plus difficile.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7324701-11269720.jpg?v=1420523638" alt="Sol Gabetta, une prière flamboyante" title="Sol Gabetta, une prière flamboyante" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous n'avez jamais le trac ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta -</b> Le trac fait partie de ma vie car il faut jouer devant deux mille personnes ! Il y a une tension, une attente du public mais j'ai un trac positif. Il faut savoir le canaliser pour garder le piment, l'énergie.       <br />
              <br />
       <b>Vous êtes vous-même pédagogue...</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta -</b> Oui, j'enseigne à Bâle où je vis désormais. C'est très intéressant. On vit la musique autrement dans une perspective différente. Il faut trouver sans arrêt des solutions pour transmettre son amour, sa vision aux autres et qu'ils découvrent la leur.        <br />
              <br />
       <b>On dit que vous parlez six langues.</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta -</b> Oui. J'adore les langues. Cela m'amuse. Elles nous ouvrent des fenêtres sur d'autres cultures. Les gens vous répondent autrement si vous parlez leur langue. On communique vraiment.       <br />
              <br />
       <b>Votre répertoire est plutôt vaste. Comment passe-t-on de la joie vénitienne d'un Vivaldi (2) à ce programme quasi métaphysique constitué d'une musique hautement spirituelle dans &quot;Prayer&quot; ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta -</b> Pour le monde musical, le marché, je passe d'un répertoire à un autre. Mais dans ma vie, ce n'est pas du tout cela. Je joue Ernest Bloch et sa prière depuis longtemps (en bis en concert par exemple, NDLR). Ce CD est le résultat d'un projet ancien qui a grandi en même temps que moi.        <br />
              <br />
       <b>Vous êtes à la croisée de plusieurs cultures. Vos parents sont franco-russes et vous avez vécu en Argentine, en Allemagne, maintenant en Suisse. Cette situation explique-t-elle le choix du répertoire de &quot;Prayer&quot; consacré à la culture musicale juive fondamentalement liée à la diaspora ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta -</b> J'ai aussi vécu dix ans en France ! (rires). Cet enregistrement présente une forte unité par son inspiration. Beaucoup de compositeurs ont été impressionnés, touchés par la culture et l'histoire juives. Le cycle des &quot;Poésies&quot; de Chostakovitch est merveilleux, quoique peu connu. Nombreux sont ceux qui comme lui ont puisé dans le folklore et les thèmes de la musique juive.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>La démarche des deux compositeurs Ernest Bloch et Dimitri Chostakovitch est très différente. Pour Bloch il s'agit d'une vraie recréation du folklore klezmer et des chants liturgiques.</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta - </b>Bloch nous raconte une histoire. Très touché par l'histoire du peuple juif, il a écrit une musique d'une telle profondeur, d'une telle clarté ! Avec lui et sa sonorité juste, on est presque au théâtre, on peut voir de véritables personnages. Pour Chostakovitch, on est d'abord dans un arrangement. Il a composé ses &quot;Poésies&quot; pour la voix à l‘origine. Le violoncelle est proche de la voix mais n'est pas tout à fait identique. Cela n'a pas toujours été facile de trouver l'octave juste dans la transcription. Avec ses &quot;Poésies&quot;, Chostakovitch ne raconte pas comme Bloch des histoires de la vie juive mais il ouvre des portes sur cette culture.        <br />
              <br />
       <b>C'était aussi pour lui l'occasion de soutenir ses amis compositeurs juifs persécutés par Staline en 1948 ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta -</b> Oui. Pour ma génération, c'est très difficile de s'imaginer les massacres, les souffrances du passé. Ayant vécu en Allemagne, j'ai pu en ressentir les traces mais pas les imaginer. C'est terrible. Jouer cette musique c'est comme tenter de ne rien oublier, de refuser d'oublier. Et de présenter cela au public. Grâce à la musique, je peux rappeler cette histoire douloureuse et, en jouant sur mon violoncelle, ce répertoire écrit en partie pour lui.        <br />
              <br />
       <b>Vous vous retrouvez dans cette méditation de Bloch sur le sens de la vie ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta -</b> De par mon histoire familiale pas simple - ma sœur aînée est autiste -, j'ai été très tôt responsable et j'ai aussi très tôt été conduite à croire en une force supérieure, spirituelle.        <br />
       Cette musique est vraiment une île pour moi. Quand je la joue, je suis moins confrontée à la construction habituelle d'une partition : rationalisme, technique, émotion. Je pense au but, à la ligne et le chemin se crée. Je sais où je vais et je suis libre. Davantage qu'avec d'autres répertoires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Votre programme se termine par un hommage à Pablo Casals avec &quot;Le Chant des Oiseaux&quot;. Est-ce votre violoncelliste préféré ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta -</b> Franchement je n'ai pas de préférence pour tel ou tel celliste. Je me situe davantage par rapport à des répertoires. Il y en a quelques-uns à qui j'aime prendre des idées, des couleurs, même si je cherche mes propres couleurs ! (rires). Tel ou tel interprète : quelle histoire nous raconte-t-il avec sa musique sur son époque ? Pablo Casals a appartenu à une époque particulière. Il a fait découvrir les Suites de Bach au grand public pour la première fois. C'est toute une histoire du violoncelle qui s'est écrite avec lui. De nos jours, Rostropovitch, c'est pareil ! Il a joué devant le mur de Berlin. Tous deux ont été exilés politiques. Ce sont des expériences que nous ne connaissons pas.        <br />
       Il faut savoir ce qu'on veut apporter à l'histoire de son instrument, en avoir une idée claire. Je ne sais pas quelle histoire va marquer ma génération.       <br />
              <br />
       <b>Vous entamez bientôt une tournée en Europe et en France avec le pianiste Bertrand Chamayou...</b>       <br />
              <br />
       <b>Sol Gabetta - </b>Oui, nous sommes amis depuis très longtemps. Nous faisions du vélo ensemble quand nous étions adolescents ! C'est comme s'il faisait partie de ma famille. C'est une amitié forte et très belle. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Notes :</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Le Festival Solsberg se tient tous les étés en juin à Olsberg, près de Bâle, avec une dizaine de concerts.        <br />
       (2) &quot;Il Progetto Vivaldi&quot; : projet discographique de Sol Gabetta en cours, composé de plusieurs enregistrements et édité déjà en trois albums chez Sony.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Interview réalisée le 3 décembre 2014.</span>       <br />
              <br />
       <b>● Sol Gabetta &quot;Prayer&quot;. </b>       <br />
       Production : Sony Classical.        <br />
       Distribution : Sony Music.        <br />
       Sortie : 17 octobre 2014.        <br />
              <br />
       Sol Gabetta, violoncelle.       <br />
       Amsterdam Sinfonietta.       <br />
       Candida Thomson, direction.       <br />
       Orchestre National de Lyon.       <br />
       Leonard Slatkin, direction.       <br />
       Cello Ensemble Amsterdam Sinfonietta.       <br />
              <br />
       <b>Quelques dates de la tournée avec Bertrand Chamayou.</b>       <br />
       14 février 2015 à Avignon.       <br />
       26 février 2015 à Toulouse.       <br />
              <br />
       <b>Avec l'Orchestre Philharmonique de Munich.</b>       <br />
       9 mars 2015 à la Philharmonie de Paris.        <br />
       Direction : Valery Gergiev.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Sol-Gabetta-une-priere-flamboyante_a1260.html" />
  </entry>
</feed>
