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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-20T15:31:52+02:00</updated>
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   <title>"Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide</title>
   <updated>2026-02-06T09:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-Tresor-Tout-est-possible-quand-l-amour-est-la-franc-et-solide_a4471.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-02-06T09:07:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est le souvenir d'une enfance algérienne, entre 1962 et 1975, qui se poursuit en France jusqu'à l'âge adulte, bercée par une relation mère-fils tendre et poignante. C'est, en filigrane, une évocation de l'exil émaillée de références historiques où le personnel rejoint l'universel.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660046.jpg?v=1770365390" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Dès les premiers instants de la pièce, l'émotion est palpable grâce, en grande partie, aux lumières ocre et chaleureuses de Denis Schlepp et à la musique orientale de Fabien Martin. Trois élégants panneaux brillent de mille feux et côtoient de grands voiles projetant immédiatement le public vers l'Algérie et l'incontournable Constantine.       <br />
              <br />
       Puis, au fil du spectacle, les lumières se ternissent passablement autour de l'évocation de la guerre d'Algérie, du FLN, du communisme, mais ne tardent cependant pas à se rallumer rapidement via des clins d'œil à Albert Camus ou encore à l'éducation judéo-musulmane joyeusement chatoyante.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Comme tu pleures, comme tu ris… C'était ça l'Algérie. Une anisette, mon trésor !        <br />
       Et puis on est partis un peu comme des souris. Adieu parfums d'orangers, senteurs d'oliviers.       <br />
       L'Algérie, c'est fini. À nous Villeurbanne, le béton et la France&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660055.jpg?v=1770365518" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Il y a quelque chose de Roger Hanin et d'Enrico Macias chez Marc Samuel qui, dès les premiers instants de la pièce, captive le public par sa présence bien ancrée sur les planches. Plus tard, il se révélera tantôt narrateur, tantôt personnage, en ne perdant rien de son jeu juste et authentique. Sur le plateau épuré de décors superflus, il virevolte sobrement et élégamment en établissant une relation de confiance immédiate avec le public, en émaillant son jeu de tendresse et d'humanité émouvantes.       <br />
              <br />
       Très vite, à ses côtés, apparaît une bien jolie silhouette. Celle de la comédienne Magali Bonfils, chanteuse et directrice musicale aussi, que l'on retrouvera cet été au festival d'Avignon dans &quot;La Plume et l'épée&quot;, ainsi que dans la reprise de &quot;Caruso&quot; aux côtés de Roberto Alagna.       <br />
              <br />
       Ici, c'est une mère chaleureuse et protectrice qu'elle incarne avec justesse. Une mère que l'on aimerait toutes et tous avoir ancrée dans la réalité et empêchant l'effondrement de son enfant. Tenace et concrète dans son jeu, Magali Bonfils séduit le public en habitant véritablement ce rôle de mère, sans démonstration ni ostentation, mais en la rendant largement crédible.       <br />
              <br />
       Les deux partenaires pétillent de mille feux dès leurs premiers échanges, entre tendresse, poésie et humour libérateur. En parvenant à ne pas seulement &quot;se montrer ensemble&quot;, Marc Samuel, dans le rôle du fils, et Magali Bonfils dans celui de la mère, font exister un lien sincère fait d'écoute et de confiance mutuelle auréolées d'un amour sans failles.       <br />
              <br />
       La petite salle intimiste de la Scène Parisienne renforce particulièrement cet angle tout particulier, et octroie à ce récit autobiographique des échos universels fort émouvants.       <br />
              <br />
       Incontestablement touché par le jeu des deux comédiens complices, il est probable que le spectateur pourrait être encore plus sensible à des évocations moins linéaires du point de vue dramaturgique, ce qui apporterait à cette bien jolie pièce encore plus de saveur.       <br />
              <br />
       D'une sincérité incontestable, l'écriture reste par moments trop proche du simple témoignage personnel et peine à s'émanciper d'un simple registre narratif pour accéder à des moments d'émotions plus palpables encore, notamment lors des évocations historiques.       <br />
              <br />
       Mais &quot;Mon Trésor&quot;, actuellement à l'affiche de la Scène Parisienne, a l'énorme mérite de mettre l'amour filial au sommet de l'affiche, cet amour maternel qui a fondé l'existence même de l'auteur et d'aucuns d'aucunes pourraient être jaloux(ses)…       <br />
              <br />
       Le tout est auréolé avec rigueur par la mise en scène de Raphaëlle Cambray, également comédienne, laquelle a décroché l'an dernier le Molière de la comédienne dans un second rôle pour la pièce de Jean-Philippe Daguerre, &quot;Du charbon dans les veines&quot;.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mon Trésor"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660146.jpg?v=1770366159" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marc Samuel en co-écriture avec Raphaëlle Cambray.       <br />
       Mise en scène : Raphaëlle Cambray.       <br />
       Avec : Magali Bonfils et Marc Samuel.       <br />
       Scénographie : Pauline Gallot.       <br />
       Bande son : Fabien Martin.       <br />
       Lumières : Denis Schlepp.       <br />
       Costumes : Agnès Falque.       <br />
       Compagnie Samich-Michèle Loho.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 janvier au 1er avril 2026.</span>       <br />
       Lundi à 19h 30 et mercredi à 21 h.       <br />
       La Scène Parisienne, Salle 2, 34, rue Richer, Paris 4e.       <br />
       Téléphone : 01 42 46 03 63.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.lasceneparisienne.com/events/3731" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lasceneparisienne.com/" target="_blank">&gt;&gt; lasceneparisienne.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-Tresor-Tout-est-possible-quand-l-amour-est-la-franc-et-solide_a4471.html" />
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  <entry>
   <title>"Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur</title>
   <updated>2025-03-20T08:05:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Golem-Une-mosaique-d-histoires-et-de-temoignages-a-la-decouverte-d-un-mythe-protecteur_a4173.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87303714-61954092.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-03-19T18:03:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Fort de son riche parcours cinématographique et artistique, le cinéaste et metteur en scène Amos Gitaï poursuit son exploration théâtrale. Après avoir créé "House" (2023) au Théâtre de la Colline, il investit et traite, dans ces mêmes lieux, la souffrance du peuple juif. Dans une série de parcours de vie, Amos Gitaï s'inscrit dans une approche multilingue et kabbalistique avec la figure protectrice du Golem.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954092.jpg?v=1742404810" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      Lumière tamisée sur une vaste scène. Au-dessus de celle-ci sont suspendus des fragments de pièces d'habitation, comme des restes d'explosions. Ils sont des instantanés figés qui recèlent des moments de vie passés.       <br />
              <br />
       La scénographie est à l'image de ce qui se joue sur scène, avec un narratif découpé entre les protagonistes sur des morceaux d'existence, vécus ou de filiation familiale, qui font boussole pour chacun d'entre eux.       <br />
              <br />
       Sur le plateau, deux planches à roulettes accueillent respectivement une table où est situé le violoniste Alexey Kochetkov avec aussi ses synthés et une autre avec le musicien Kioomars Musayyebi et son santour. Ailleurs, à même le plateau, se trouve un piano avec Florian Pichlbauer. La musique et le chant sont très présents tout du long de la représentation.       <br />
              <br />
       Cela débute d'ailleurs par un chant à la harpe de Marie Picaut, avant même que le public n'ait fini de s'installer. Puis s'enchaînent des récits, des bouts de vies sans qu'ils se recoupent au travers d'une perdition, celle d'une guerre, d'une tragédie que l'on fait revivre par la parole et le souvenir. On y entend de l'hébreu, du yiddish, de l'allemand, de l'arabe, du français, du russe, du ladino (langue judéo-espagnole), de l'espagnol, de l'anglais. Tout est surtitré en français ou en anglais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954094.jpg?v=1742404832" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      C'est un hymne, un chant à la résilience, à la résistance où sont convoquées les histoires des uns et des autres, dont on ignore pour la plupart à quoi elles se rattachent précisément. Il n'y a en effet pas d'ancrage géographique ou temporel. Parfois, elle est filiale quand des figures familiales sont nommées. Par les langues usitées, le metteur en scène et dramaturge Amos Gitaï semble poser un récit qui recouvre un espace-temps de plusieurs siècles allant jusqu'à notre époque contemporaine.       <br />
              <br />
       Ce qui fait lien entre eux tous, au-delà de leur souffrance, est ce Golem, être mythique et imaginaire dans la culture hébraïque, à la combinaison décharnée, recouverte de boue. Les récits se greffent dans un passé, voire un présent, qui ne passe pas, causé par de grandes souffrances et des tragédies. En écho se fait entendre la Shoah et les massacres du 7 octobre. Ces réalités, et d'autres du passé, devenues psychiques, voire physiques, construisent l'existence des personnages avec un passé qui les phagocyte, bouscule leur présent et hypothèque leur futur.       <br />
              <br />
       La scénographie est dans un spectre où elle paraît être en écho à une mise en situation autant psychologique que physique des protagonistes. Nous sommes dans des camaïeux de couleurs ocres, mats et chaudes qui ressemblent à celles de la terre, comme venant d'un monde enseveli avec des vêtements éparpillés au sol. Et c'est dans cette approche scénique que le Golem a toute sa place et sa mesure parmi les autres personnages. Il se glisse entre eux, disparaît pour réapparaître. Figure légendaire, généralement humanoïde, faite d'argile et issue de textes kabbalistiques, le Golem est une créature qui a pour rôle de protéger le peuple juif. Incapable de parole et de libre arbitre, Amos Gitaï l'envisage différemment, en le faisant participer à la narration. Celle-ci est plurielle et multiple. La douleur est présente et diffuse, le spectacle devenant comme un hymne à celle-ci.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954150.jpg?v=1742404853" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      Le jeu est basé sur une forte présence physique des comédiens par le biais de leur corps, voix et costumes caractéristiques. Il n'y a pas d'échanges entre protagonistes. Leurs lieux scéniques ne sont jamais segmentés, traversés, interrompus. Chacun est dans son pré-carré. Ils circulent et bougent dans un espace qui n'est jamais le même pour la plupart, sans qu'il y ait de rencontre. Le drame et la détresse les laissent seuls face à eux-mêmes et aux autres. Tout semble, à dessein, fuyant et fragile, avec la parole qui permet de donner une consistance à ce qui a été perdu, comme un socle sur lequel ils construisent leur vérité.       <br />
              <br />
       Le spectacle est politique, avec une profondeur qui manque tant à notre époque et dont Amos Gitaï est, de façon toujours aussi talentueuse, coutumier.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Golem"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954155.jpg?v=1742404878" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en français, yiddish, allemand, anglais, arabe, espagnol, hébreu, ladino, russe, surtitré en anglais et en français.       <br />
       Texte : Amos Gitaï et Marie-José Sanselme.       <br />
       Mise en scène : Amos Gitaï.       <br />
       Assistantes à la mise en scène : Céline Bodis, Talia De Vries, Anat Golan.       <br />
       Avec : Bahira Ablassi, Amos Gitaï, Irène Jacob, Micha Lescot, Laurent Naouri, Menashe Noy, Minas Qarawany, Anne-Laure Ségla.       <br />
       Musiciens : Alexey Kochetkov (violon et synthés), Kioomars Musayyebi (santour), Florian Pichlbauer (piano).       <br />
       Chanteuses : Dima Bawab, Amandine Bontemps, Zoé Fouray, Sophie Leleu,        <br />
       Voix et harpe : Marie Picaut.       <br />
       Recherche : Rivka Markovitski Gitaï.       <br />
       Lumières : Jean Kalman, assisté de Juliette de Charnacé.       <br />
       Son : Éric Neveux.       <br />
       Scénographie : Amos Gitaï, assisté de Sara Arneberg Gitaï.       <br />
       Coiffures et maquillage : Cécile Kretschmar.       <br />
       Costumes : Fanny Brouste, assistée d'Isabelle Flosi.       <br />
       Patine costumes : Emmanuelle Sanvoisin.       <br />
       Vidéo : Laurent Truchot.       <br />
       Conseiller musical et chef de chœur : Richard Wilberforce.       <br />
       Fabrication des accessoires, costumes et décor : ateliers de La Colline.       <br />
       Durée : 2 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 mars au 3 avril 2025.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       La Colline - Théâtre national, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954324.jpg?v=1742405496" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87303714-61954339.jpg?v=1742405525" alt=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" title=""Golem" Une mosaïque d'histoires et de témoignages à la découverte d'un mythe protecteur" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp</title>
   <updated>2024-09-18T17:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dieu-ne-fait-rien-pour-les-faibles-Il-faut-bombarder-Auschwitz-phrase-choc-de-deux-evadees-du-camp_a4044.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82884358-59400047.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-09-18T16:48:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La scène se déroule en avril 1944, dans une petite ville de Slovaquie, Zilina. Deux jeunes femmes, Marthe et Elsa, s'adressent au conseil juif de la ville pour demander de l'aide, mais surtout demander à être entendues. Elles semblent fatiguées, sont vêtues de hardes et n'ont aucun bagage. Elles disent s'être évadées d'un camp de prisonniers. Un camp en Pologne, dont la frontière n'est qu'à quelques dizaines de kilomètres. Un camp dont aucun des membres du conseil n'a entendu parler à cette époque : le camp d'Auschwitz.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400047.jpg?v=1726672840" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      En cette interminable période de guerre, la méfiance règne dans la communauté juive. Les plus folles rumeurs circulent un peu partout sur les exactions nazies. On se méfie des espionnages, toujours possibles. Le conseil décide alors de désigner deux personnages pour interroger les deux fugitives : un notable de la ville chez qui vont loger les deux jeunes femmes et un rabbin de Bratislava expressément appelé pour s'occuper de cette affaire.       <br />
              <br />
       Tout le fil dramatique de la pièce sera tendu dans une suite d'entretiens, d'interrogatoires aux allures bienveillantes, de révélations dont l'horreur aura toutes les peines du monde à être prise pour vérité tant elle semble inimaginable pour ceux dont la solution finale n'était pas encore connue. Par petites touches, par aveux successifs, par heurts plus ou moins violents, l'histoire se dévoile et les mises en doutes des deux enquêteurs, au début agressives, s'atténuent.       <br />
              <br />
       C'est passionnant de voir peu à peu, au fil des entretiens et des différentes révélations faites par les deux femmes, l'incrédulité des deux représentants de la communauté juive se fissurer, se fragiliser pour, à la toute fin, laisser place à l'effarement le plus total. Passionnant également de pouvoir assister alternativement aux deux points de vue : celui des deux hommes, leur méfiance vis-à-vis des deux jeunes femmes et de leur histoire, et celui des deux femmes, blessées par cette défiance, elles qui portent déjà blessures et honte des humiliations du camp.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400066.jpg?v=1726672900" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Comment témoigner d'une chose affreuse que l'on a subie ? Voici une des questions sous-jacentes qui viennent à l'esprit en assistant à cette pièce. On assiste ainsi au dépouillement pudique de deux jeunes femmes devant deux vieux hommes méfiants ; et c'est à la fois beau et terrible. Car outre la question centrale de la révélation de la Shoah qui est le centre de toute la pièce, la question de la liberté féminine dans un monde régi par les hommes ne cesse de surgir.       <br />
              <br />
       Loin de ne jamais tomber dans le pathos, la mise en scène d'Olivier Hamel et sa direction d'acteur donnent la distance nécessaire pour être touché sans être meurtri. La présence d'un guitariste (Thomas Griffaut, tout en délicatesse), qui ponctue la totalité du spectacle, apporte de belles respirations qui permettent au spectacle de rejoindre parfois l'esprit du conte. Une lumière chaude apporte de l'humanité à la dureté de certains échanges et des passages de la vie courante, joués avec légèreté, contrebalancent également le côté glacial de l'histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400093.jpg?v=1726673019" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Le jeu des comédiens et surtout celui des deux comédiennes qui interprètent les deux rescapées, Chloé Gigandon et Léonie Perriard, est suffisamment bien distancié pour faire sonner le ténébreux sans y sombrer, principalement lors de monologues aux descriptions terribles. Les cinq personnages aux caractères bien définis donnent une belle vie à cette pièce tirée d'une histoire vraie, dont s'est inspiré l'auteur, Alain Girodet, également interprète du rabbin. Un rabbin plutôt sévère face à un notable doux, mais faible (une très convaincante création de personnage d'Erik Chantry) dont la femme (d'une fausse légèreté d'apparence donnée par Ava Cohen) finit par s'émanciper.       <br />
              <br />
       Une histoire vraie dont le récit finit par parvenir aux alliés, avec une terrible question posée sur la table : faut-il bombarder Auschwitz ? Et tuer des dizaines de milliers de prisonniers pour peut-être sauver des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d'autres ?       <br />
              <br />
       L'histoire est belle, le traitement intelligent, les scènes jouées avec sincérité et implication, voilà une pièce que l'on reçoit avec douceur et d'où l'on ressort avec une bribe de notre histoire en plus ; un peu plus riche, en quelque sorte.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dieu ne fait rien pour les faibles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82884358-59400094.jpg?v=1726673048" alt=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" title=""Dieu ne fait rien pour les faibles" Il faut bombarder Auschwitz, phrase choc de deux évadées du camp" />
     </div>
     <div>
      Texte : Alain Girodet.       <br />
       Mise en scène, scénographie, lumière et régie : Olivier Hamel.       <br />
       Avec : Erik Chantry, Ava Cohen, Chloé Gigandon, Alain Girodet, Léonie Perriard et Thomas Griffaut (guitare).       <br />
       Musique : Thomas Griffaut.       <br />
       Costumes et accessoires : Marie Javelaud.       <br />
       Production : Compagnie Être Ange et Art.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 au 29 septembre 2024.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 21 h, samedi et dimanche à 16 h 30.       <br />
       Théâtre de l'Épée de Bois, Salle Studio, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12ᵉ, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dieu-ne-fait-rien-pour-les-faibles-Il-faut-bombarder-Auschwitz-phrase-choc-de-deux-evadees-du-camp_a4044.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…</title>
   <updated>2024-07-03T21:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Ita-L-nee-Goldfeld-Une-interpretation-magistrale-au-service-d-un-texte-sans-faille-qui-resonne-sourdement_a3986.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81341158-58608097.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-04T07:52:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Paris, décembre 1942. La police française quitte à l'instant l'appartement d'Ita Laster. Les policiers viennent de lui laisser une heure pour se préparer avant de les suivre. Une heure entre la vie et la mort. Mais cela, Ita ne le sait pas… Tout ce qu'elle sait, c'est que l'un d'entre eux lui a conseillé "d'en profiter", bien qu’elle soit seule depuis longtemps… Quel choix lui reste-t-il alors que son propre fils a été amené à Drancy il y a quelques jours ? Que son mari est mort ! Fuir ou, peut-être, espérer aller le retrouver ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81341158-58608097.jpg?v=1720034149" alt="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" title="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" />
     </div>
     <div>
      &quot;Ita L. née Goldfeld&quot; d'Éric Zanettacci, spectacle basé sur la véritable histoire de sa grand-mère, est-il &quot;Le&quot; spectacle qu'il faut aller voir coûte que coûte cette année au Festival d'Avignon 2024, alors que notre pays vacille pour les raisons que l'on sait ?       <br />
              <br />
       Cette grande messe incontournable dédiée au Théâtre, et au spectacle vivant, ne doit-il pas plutôt se révéler le ferment d'une actualité nouvelle, ouverte sur le monde &quot; comme il va&quot;, et non pas comme il a été ? C'est une question qui nous taraude, mais nous détenons la réponse.       <br />
              <br />
       Il y a 24 ans, Elie Wiesel, dans un entretien au Yédioth A'haronoth, disait : <span style="font-style:italic">&quot;nous avons échoué dans la transmission du thème de la Shoah&quot;</span> ; et il poursuivait en disant qu'il craignait qu'un jour la Shoah puisse tomber dans l'oubli. Pire ! Que ce sujet soit banalisé ou qu'il soit rapproché d'autres événements, aussi tragiques et dramatiques soient-ils.       <br />
              <br />
       Cette pensée résonne particulièrement à nos oreilles quand on sait que cet homme a consacré la plus grande partie de sa vie à cette question et que, de nos jours, une très grande majorité de notre jeunesse ignore ce pan de l'Histoire ? L'Éducation Nationale n'a-t-elle plus au programme le célèbre documentaire &quot;Nuit et Brouillard&quot; ?       <br />
              <br />
       Au Théâtre de l'Oriflamme, ce sont les souvenirs de cette sombre période de l'Histoire européenne qui sont exposés à la lumière de sa flamme. Rien d'olympique, malheureusement, mais, comme elle, elle ne doit pas s'éteindre. Surtout pas. Jamais !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81341158-58608102.jpg?v=1720034182" alt="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" title="•Off 2024• "Ita L. née Goldfeld" Une interprétation magistrale au service d'un texte sans faille qui résonne sourdement…" />
     </div>
     <div>
      Françoise Nahon mérite très largement le prix d'interprétation de Femmes en Scènes qu'elle a reçu pour cette pièce. Elle est bouleversante, au-delà des émotions tangibles qui peuvent être celles que l'on ressent en règle générale lorsqu'un spectacle nous emporte. Difficile de parler à la sortie. Difficile de retrouver la réalité, de tout effacer, de gommer, de continuer <span style="font-style:italic">&quot;comme si de rien n'avait jamais été&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Tout, dans ce spectacle, sonne tellement juste. Le spectateur est littéralement projeté en 1942 dans cet appartement chaleureux imaginé à la mise en scène par Patrick Zeff-Samet. Directeur de la compagnie &quot;La Comédie Nomade&quot; basée dans les Alpes-Maritimes, sa mise en scène n'a rien de nomade. Elle ancre au contraire chaque mot du texte d'Éric Zanettacci dans un écrin d'images à de nombreux moments, pourtant, difficilement soutenables.       <br />
              <br />
       Quid de cette mise en scène ? Ou du texte ? Ou de l'interprétation remarquable d'Ita par Françoise Nahon, pour que cette pièce nous laisse à croire que cette femme ordinaire aurait pu être aussi notre grand-mère ou, encore, qu'elle est la grand-mère de chacun et chacune d'entre nous ? Juive ou pas !       <br />
              <br />
       La comédienne, à travers son témoignage poignant, nous emporte dans l'histoire de sa vie, via chaque fait et geste, derrière le clignement attendrissant de ses paupières semblables à des papillons virevoltants, et nous retrace une vie d'amour entièrement dévouée à son mari et à ses deux fils.       <br />
              <br />
       Quand on écrit une tragédie, les silences, d'ordinaire, sont importants. Cependant, il y en a peu dans le texte de l'auteur, car c'est davantage une logorrhée lourde et pesante que la comédienne déverse entre les quatre murs de son appartement. Parce qu'on y est dans cet appartement, comme si le quatrième mur n'existait plus. L'humilité et la naïveté que Françoise Nahon parvient à interpréter ici, dans son jeu, est rare au théâtre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ita L. née Goldfeld"</b></div>
     <div>
      Seule en scène.       <br />
       Texte : Éric Zanettacci.       <br />
       Mise en scène : Patrick Zeff-Samet.       <br />
       Avec : Françoise Nahon.       <br />
       Musique originale : Élisa Munoz.       <br />
       Scénographie et décors : Tony Munoz.       <br />
       Lumières : Thibault Caligaris.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 30. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre de l'Oriflamme, 3-5, rue du Portail Matheron, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 88 61 17 75.       <br />
       <a class="link" href="https://loriflamme-avignon.fr/" target="_blank">&gt;&gt; loriflamme-avignon.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Ita-L-nee-Goldfeld-Une-interpretation-magistrale-au-service-d-un-texte-sans-faille-qui-resonne-sourdement_a3986.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les téméraires"… Les deux faces d'une même lutte !</title>
   <updated>2023-11-18T15:20:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-temeraires-Les-deux-faces-d-une-meme-lutte-_a3761.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/76771038-55344028.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-11-18T07:13:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une très belle pièce qui nous fait remonter à la fin du XIXe siècle avec l'affaire Dreyfus, nous voici face à Zola et Méliès qui, au travers de leur art respectif, ont mené le combat pour la défense du capitaine français – de confession juive – accusé, par calomnie et mensonge, de trahison dans une France aux relents nauséabonds et antisémites.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76771038-55344028.jpg?v=1700250379" alt=""Les téméraires"… Les deux faces d'une même lutte !" title=""Les téméraires"… Les deux faces d'une même lutte !" />
     </div>
     <div>
      Deux personnages célèbres, Zola (interprété par Romain Lagarde) et Méliès (par Stéphane Dauch), pour une même cause, celle de Dreyfus (1859-1935). C'est un retour en arrière, même si quelques éléments historiques sont un peu maquillés de fiction. Les armes de nos deux artistes étaient respectivement le cinéma naissant et la littérature qui a donné lieu au terme &quot;Intellectuel&quot; à l'égard de Zola qui nous manque tant aujourd'hui en ces périodes dures et mêlées.       <br />
              <br />
       Cet intellectuel était décrié par, entre autres, Barrès pour son combat de la défense de Dreyfus. Le mot prête facilement à caricature et insulte, comme l'estime justement Blanchot qui ne s'en privait pas. Pour le chef de file des naturalistes, les conséquences ont été terribles avec des critiques acerbes, des violences verbales presque physiques et un exil forcé en Angleterre après avoir été condamné à un an de prison pour diffamation (février 1898) pour son article &quot;J'accuse&quot; (13 janvier 1898 dans l'Aurore).       <br />
              <br />
       &quot;L'affaire Dreyfus&quot; (1899) de Méliès est considéré comme le premier film politique et celui-ci arbore les casquettes de réalisateur, scénariste, producteur et même comédien dans le rôle de l'avocat Labori, défenseur de Dreyfus puis de Zola. Il a abandonné la magie et la science-fiction pour une œuvre des plus réalistes, composée de onze tableaux dont deux n'ont jamais été retrouvés. Le film dure un peu plus de 10 minutes. Il est remarquable par le jeu des acteurs, par sa concision et sa précision historique des faits sous-titrés pour chaque séquence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76771038-55344030.jpg?v=1700250404" alt=""Les téméraires"… Les deux faces d'une même lutte !" title=""Les téméraires"… Les deux faces d'une même lutte !" />
     </div>
     <div>
      La plume pour l'un, la caméra pour l'autre, c'est aussi dans son intérieur que la metteure en scène Charlotte Matzneff met en lumière, pour Zola, une plongée autant intime que publique du personnage quand, pour Méliès, c'est au travers de son film qu'il est surtout présenté. Il y a plusieurs tableaux qui alternent entre vie publique et vie privée, entre cinéma et théâtre. Nous voyons Zola avec ses soucis domestiques entre sa femme Alexandrine (Sandrine Seubille) et son amante Jeanne Rozerot (Barbara Lamballais) avec qui il a eu deux enfants, Denise et Jacques.       <br />
              <br />
       La scénographie est découpée en deux, entre le chez-soi de l'écrivain et le studio de cinéma de Méliès. Ainsi ce rapport intérieur/extérieur nous mène ainsi dans l'intimité d'un homme, écrivain de renom à l'époque de l'affaire Dreyfus, ayant déjà à son actif la rédaction de son cycle en vingt romans des Rougon-Macquart (1871-1893) et son cycle des trois villes (&quot;Lourdes&quot;, &quot;Rome&quot;, &quot;Paris&quot;) composé jusqu'en 1898. Les quatre évangiles suivront ensuite (&quot;Fécondité&quot;, &quot;Travail&quot;, &quot;Vérité&quot;, Justice&quot;) dont le dernier est resté à l'état d'ébauche, et &quot;Vérité&quot; (1903) publié à titre posthume.       <br />
              <br />
       On bascule ainsi entre l'homme et ses fêlures domestiques et celui public, courageux, et ne tremblant sous aucun prétexte face aux attaques féroces et violentes de ses détracteurs. Dans ces deux faces, la focale proposée par Charlotte Matzneff est intéressante à double titre, car elle montre un Zola parfois gêné devant son éditeur par la présence de son amante Jeanne Rozerot et plus loin, debout et infaillible, pour porter aux fers sa lutte pour Dreyfus.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76771038-55344043.jpg?v=1700250462" alt=""Les téméraires"… Les deux faces d'une même lutte !" title=""Les téméraires"… Les deux faces d'une même lutte !" />
     </div>
     <div>
      Chez Zola, c'est une grande table que l'on découvre avec ses multiples tiroirs et dont le couvercle ouvert donne lieu à un piano côté cour. Il y a un très beau tableau où on le voit, la voix grondante et forte, dans une superbe incarnation de son article &quot;J'accuse&quot;, aidé des autres personnages où chacun reprend un propos de l'article. Moment oratoire avec en appui un piano et quelques chœurs. Le chant et la musique font écho à cette lutte comme celle d'un peuple face aux puissants et dont Zola était, par ses écrits, un farouche défenseur des premiers, bien que, socialement, il pouvait se réclamer des seconds.       <br />
              <br />
       Pour Méliès, sa vie intime en est occultée. Est mis en exergue son travail de cinéaste. Sur cette oscillation entre les deux arts, l'optique adoptée est de faire du cinéma dans le théâtre qui devient du théâtre dans le théâtre. La seule différence est une caméra qui tourne, dans une semi-obscurité, à la lisière du public. Nous sommes sur une crête sur laquelle un déport artistique est effectué du 7e au 6e art, la glissade est scénique, car elle se déroule sur les planches, libre aux spectateurs de se projeter dans un décor cinématographique ou théâtral. On travaille à jouer pour dénoncer l'injustice pour l'un quand pour l'écrivain naturaliste, combat et courage sont son quotidien. Pour le premier, la rudesse de la lutte n'est pas visible quand pour le deuxième, on ne voit que celle-ci. Pour les deux toutefois, l'engagement est total.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76771038-55344044.jpg?v=1700250430" alt=""Les téméraires"… Les deux faces d'une même lutte !" title=""Les téméraires"… Les deux faces d'une même lutte !" />
     </div>
     <div>
      On y rencontre aussi Alphonse Daudet (Thibault Sommain) et Clemenceau (Antoine Guiraud ou Arnaud Allain), alors rédacteur en chef de l'Aurore, qui a eu l'idée de changer le titre initial &quot;Lettre au président de la république&quot; par &quot;J'accuse&quot;. Ce moment est un peu dénué de force avec un Clemenceau presque gêné de dire à l'auteur de &quot;L'assommoir&quot; (1876) que son titre manquait de résonance journalistique.       <br />
              <br />
       Décision pourtant très importante qui a permis, sans doute, d'écouler entre 200 000 et 300 000 exemplaires avec un titre beaucoup plus accrocheur pour les vendeurs à la criée. Heure de gloire aussi pour L'Aurore, dont les tirages moyens s'écoulaient à 20 000 exemplaires. Ces éléments sont portés à la connaissance du public, rendant ainsi un clinquant bien réel à un fait majeur, mais minimisé, et qui a permis, 125 ans après sa création, de faire connaître l'article à tous depuis des générations.       <br />
              <br />
       Le jeu des comédiens est parfois comique, avec quelques répliques humoristiques, bien qu'elles puissent être tout autant politiques. On y retrouve aussi des propos fascistes et antisémites avec une France divisée entre dreyfusards et anti-dreyfusards.       <br />
              <br />
       La mort de Zola, trop rapide dans la représentation, est presque à deviner si le spectateur n'en avait pas la connaissance avec, originellement, un feu de cheminée où l'auteur meurt asphyxié. La réalité est proche avec de rares fumées traversant le séjour et Zola qui tousse. La mort du grand homme aurait valu toutefois une mise en relief plus importante, car la pièce met surtout en évidence l'homme et son combat sans mettre en exergue une asphyxie qui pose encore question 121 ans après. Est-il mort à cause de l'affaire Dreyfus ou d'un banal, et tragique, accident domestique ? Cette interrogation est à peine esquissée. C'est le seul bémol d'une œuvre très bien montée et jouée avec beaucoup de truculence et de force.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les téméraires"</b></div>
     <div>
      Texte : Julien Delpech et Alexandre Foulon.       <br />
       Metteur en scène : Charlotte Matzneff.       <br />
       Assistante mise en scène : Manoulia Jeanne.       <br />
       Avec : Arnaud Allain, Stéphane Dauch ou Aurélien Houver, Armance Galpin, Romain Lagarde, Barbara Lamballais, Sandrine Seubille et Thibault Sommain.       <br />
       Musiques : Mehdi Bourayou.       <br />
       Costumes : Corinne Rossi.       <br />
       Lumières : Moïse Hill.       <br />
       Scénographie : Antoine Milian.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 novembre 2023 au 30 juin 2024.</span>       <br />
       Mercredi et vendredi à 19 h, jeudi et samedi à 21 h et dimanche à 17h.       <br />
       Comédie Bastille, Paris 11e, 01 48 07 52 07.       <br />
       <a class="link" href="https://comedie-bastille-billetterie.tickandlive.com/" target="_blank">&gt;&gt; comedie-bastille.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-temeraires-Les-deux-faces-d-une-meme-lutte-_a3761.html" />
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