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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-05T20:00:36+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "Y'a de la joie" La joie de vivre est une émotion contagieuse*</title>
   <updated>2026-07-20T14:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Y-a-de-la-joie-La-joie-de-vivre-est-une-emotion-contagieuse_a4629.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-07-20T13:35:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Lauriou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour introduire cette chronique, je cite cette phrase d’un professeur américain d’histoire de la Russie et de l’Europe de l’Est, fait rarissime. La fonction de cet homme n’a rien à voir avec Michaël Hirsch qui, lui, est humoriste. Cependant, la citation lui correspond parfaitement bien. Une fois le spectacle terminé, les visages sont détendus, les yeux brillent et le public est ravi. L’art réunit. C’est ainsi et ce n’est pas l’intelligence artificielle qui gagnera cette fois.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97407674-67838566.jpg?v=1784548267" alt="•Off 2026• "Y'a de la joie" La joie de vivre est une émotion contagieuse*" title="•Off 2026• "Y'a de la joie" La joie de vivre est une émotion contagieuse*" />
     </div>
     <div>
      Elle ne remplacera pas l’être humain qui sévit sur un plateau et donne tout son talent, toute son énergie pendant une heure et demie sans procurer un seul moment cette sensation appelée : ennui.       <br />
              <br />
       Et oui, la joie de vivre est contagieuse, d’Avignon à Paris. Michaël Hirsch tourne ce spectacle depuis des mois et son succès, chaque jour, grandit. Un peu comme cet enfant qui fait désormais partie de sa vie. Je ne connais pas le comédien humoriste personnellement, c’est un des sujets du spectacle : sa future paternité. Sa &quot;joy&quot; de vie. Prénom de sa fille.       <br />
              <br />
       Il est fin, drôle, sensible et talentueux. Dans ce nouveau solo écrit finement et pour lequel il a pris du temps, il nous raconte sa quête du bonheur. Une année pour atteindre cet objectif, douze mois de rencontres, de tentatives, de chocs et de surprises. Le comédien est doué pour incarner Luchini, Baer ou &quot;Bière&quot;, mais aussi une prof de yoga perchée, un moniteur de parachute brut de pomme et j’en passe et des plus drôles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97407674-67838578.jpg?v=1784548303" alt="•Off 2026• "Y'a de la joie" La joie de vivre est une émotion contagieuse*" title="•Off 2026• "Y'a de la joie" La joie de vivre est une émotion contagieuse*" />
     </div>
     <div>
      Il est surtout incroyablement humain, généreux et, sur la scène, Michaël Hirsch donne tout, absolument tout. Il marche, il court, il chante, jamais, il ne s’arrête et le public ne se lasse pas. La preuve, il affiche complet depuis le début du festival d’Avignon.       <br />
              <br />
       Ce n’est pas toujours une preuve de spectacle de qualité. Dans les nombreux solos présentés à Avignon ou partout ailleurs, il arrive aussi d’être très déçu, mais là, non ! C’est beau, c’est pro et joyeux.       <br />
              <br />
       Son spectacle est intelligent et profond. Sa quête du bonheur est réfléchie comme une enquête policière menée par un commissaire pointilleux et passionné. Il n’y a rien à enlever, juste à espérer que cette joie qu’il procure et distille au public reste contagieuse une fois le rideau tombé.       <br />
       <b>◙ Isabelle Lauriou</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Phrase de Edward D-Wynot.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Y'a de la joie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97407674-67838580.jpg?v=1784548343" alt="•Off 2026• "Y'a de la joie" La joie de vivre est une émotion contagieuse*" title="•Off 2026• "Y'a de la joie" La joie de vivre est une émotion contagieuse*" />
     </div>
     <div>
      Texte : Michaël Hirsch.       <br />
       Mise en scène : Mikaël Chirinian.       <br />
       Lumière : Laurent Béal.       <br />
       Dès 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Les Lucioles, Salle Mistral, 10, rue Rempart Saint-Lazare, Avignon.       <br />
       Téléphone : 04 90 14 05 51.       <br />
       <a class="link" href="https://leslucioles.vosbillets.fr/billetterie/representation/180/michael-hirsch-ya-de-la-joie" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeslucioles.com/" target="_blank">>> theatredeslucioles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Y-a-de-la-joie-La-joie-de-vivre-est-une-emotion-contagieuse_a4629.html" />
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  <entry>
   <title>•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi</title>
   <updated>2021-07-23T12:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Pupo-di-Zucchero-La-Festa-dei-Morti-Ode-a-la-joie-a-la-celebration-de-la-vie-devant-soi_a3026.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57875101-42823702.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-07-23T12:13:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Emma Dante revient à Avignon pour gratifier les festivaliers d'un étrange et envoûtant cérémonial prenant possession d'un plateau peuplé d'impressionnantes sculptures grandeur nature qu'accompagnent des acteurs tout aussi fascinants. Ce rituel de la Fête des Morts, tradition de l'Italie du Sud pérennisant chaque 2 novembre le désir des humains de faire perdurer la vie au-delà de la mort, la metteuse en scène de Palerme le transfigure superbement en "regroupement familial" festif débordant de vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823702.jpg?v=1627036735" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Les apparitions d'Emma Dante dans la Cité des Papes (&quot;Le Sorelle Macaluso&quot; et plus récemment &quot;Bestie di scena&quot;) sont toujours attendues &quot;religieusement&quot;, avec grande fébrilité tant elle allie à une créativité unique une humanité hors normes insufflant de l'oxygène revivifiant dans un monde au bord de l'asphyxie. Tout chez elle semble surgissement du bonheur de la représentation. De création en création, mettant en pièces les attendus sur lesquels d'autres pourraient paresseusement surfer, elle nous &quot;surprend&quot; pour nous entraîner dans des mondes fabuleux parlant intimement à notre sensibilité.       <br />
              <br />
       Et &quot;La Statuette de Sucre - La Fête Des Morts&quot;, créé au Teatro Grande à Pompéi ce début juillet, en est la preuve… vivante. Au centre du plateau, lumière est faite sur un homme seul, coincé dans ses vêtements endimanchés, assis sur un petit tabouret de paille, et dont le poids des ans fait pencher ostensiblement la tête vers la terre qui l'attend. Devant lui, sur un autre tabouret, une pâte à lever concentre toute son attention : elle est la matière vivante d'où émergera la statuette en pain de sucre placée au centre de la cérémonie qui se prépare… Derrière lui, ses trois jeunes sœurs, mortes depuis des lustres, agitent déjà gaiement des clochettes en psalmodiant des mélodies. Le ton est donné, la messe va pouvoir être dite…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823744.jpg?v=1627036767" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Un à un, puis tous ensemble, les membres de la &quot;familia grande&quot; vont surgir de l'épaisse nuit qui les enveloppait pour peupler facétieusement le plateau de leurs existences disparues. Chacun est porteur de son double mort - stupéfiantes sculptures articulées de Cesare Inzerillo - l'accompagnant comme son ombre dans ce retour vers la vie. Ils ont différents âges, dont celui de leur mort, les frontières spatio-temporelles n'ont plus lieu d'être… C'est la fête des retrouvailles, sous l'œil attendri du vieil homme solitaire retrouvant enfin ceux qu'il aimait.       <br />
              <br />
       Qu'elles étaient belles ses sœurs, la mère les couvait de son regard attendri… Elles sont là, devant nous pétillantes de fantaisie, jusqu'à ce qu'on les voie jetées au sol, leurs corps pris de convulsions, victimes du typhus les ayant emportées dans la fleur de l'âge - pas étonnant, elles dormaient toutes les trois tête-bêche, dans le même lit, ne se quittant jamais… Et lui le frère noir adopté, feu follet à la faim insatiable, bondissant en tous sens comme un lutin monté sur ressorts, que de jeux endiablés tous les quatre n'ont-ils pas vécus… Et cet oncle et cette tante n'ayant rien de plus urgent en se retrouvant qu'à se chevaucher fougueusement, avant que ça dégénère, cheveux tirés et coups de pied à l'appui dans le corps sans vie projeté au sol…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823753.jpg?v=1627036808" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Et sa mère, si belle et si jeune, attendant au bout de la jetée pendant plus de cinquante ans le retour de son mari parti en mer… Ce père aimant, jeune marin fringant à côté de lui dans ses vêtements le mettant en valeur, ému, il lui donne tendrement l'accolade… Quand il revenait le père de ses traversées au long cours, c'était la fête ! Et tous alors de mettre le feu au plateau, la mère redevenue instantanément jeune, redressant son corps courbé par les ans et ôtant sa robe de vieille femme pour exhiber une tenue branchée, sa mère s'éclatant dans des figures de danses électriques faisant vibrer la scène transformée en gigantesque dancefloor.       <br />
              <br />
       Le vieil homme semble visiblement aux anges en voyant ses chers disparus revivre sous ses yeux, chacun n'ayant rien perdu de ce qui de son vivant faisait qu'il était un être unique, défauts et qualités comprises. Et quand viendra au bout de la nuit, le moment pour les morts de regagner leurs pénates d'outre-tombe et le temps pour le vieil homme de retourner à sa solitude, ils repartiront en procession lumineuse portant chacun sa sculpture sur l'épaule. Les chants religieux viendront couvrir la voix de leur hôte d'un soir et le dernier tableau, d'une beauté sculpturale à faire défaillir, sera à prendre comme une apothéose musicale et visuelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823759.jpg?v=1627036853" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Célébrer de manière joyeuse les morts afin de ne pas les tuer une seconde fois en les incarcérant dans l'oubli, les exhumer pour les représenter doublement au plateau (artistes bien vivants et leurs répliques sculptées mangées en partie par la décomposition &quot;à l'œuvre&quot;) dans une mise en jeu d'une beauté plastique insoupçonnée, est à prendre comme un moment de grâce accordé aux vivants par une metteuse en scène mécréante développant vis-à-vis de l'humaine condition une foi inconditionnelle.       <br />
              <br />
       Plaisir sensuel de voir se rencontrer vivants et morts dans le même espace onirique orchestré par des musiques et des danses énergisantes, c'est peu de dire que, dans le droit fil de cette tradition italienne dont elle revendique l'héritage, Emma Dante réussit sous nos yeux émerveillés l'exploit peu ordinaire de répondre à notre besoin abyssal de consolation.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Gymnase du Lycée Mistral à Avignon, le mercredi 21 juillet 2021 à 19 h.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti/La Statuette de Sucre - La Fête des Morts"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823763.jpg?v=1627036884" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Création le 8 juillet 2021 au Teatro Grande (Pompéi, Italie).       <br />
       Spectacle en dialecte napolitain surtitré en français.       <br />
       Texte et mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Librement inspiré du &quot;Conte des Contes&quot; de Giambattista Basile.       <br />
       Avec : Tiebeu Marc-Henry Brissy Ghadout, Sandro Maria Campagna, Martina Caracappa, Federica Greco, Giuseppe Lino, Carmine Maringola, Valter Sarzi Sartori, Maria Sgro, Stéphanie Taillandier, Nancy Trabona.       <br />
       Sculpture : Cesare Inzerillo.       <br />
       Lumière : Cristian Zucaro.       <br />
       Costumes : Emma Dante.       <br />
       Assistante costumes : Italia Carroccio.       <br />
       Traduction en français pour le surtitrage : Juliane Regler.       <br />
       Surtitrage : Franco Vena.       <br />
       Compagnie SudCostaOccidentale       <br />
       Durée 1 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823803.jpg?v=1627037319" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 23 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 19 h, relâche le 20 juillet.       <br />
       Gymnase du Lycée Mistral, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       7 au 17 octobre 2021 : Teatro Biondo Palermo, Palerme (Italie).       <br />
       10 au 12 mars 2022 : Châteauvallon - Le Liberté - Scène nationale, Toulon (83).       <br />
       15 mars 2022 : Théâtre Durance, Château-Arnoux-Saint-Auban (04).       <br />
       18 au 20 mars 2022 : La Criée, Marseille (13).       <br />
       25 au 26 mars 2022 : Anthéa - Antipolis, Antibes (06).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823805.jpg?v=1627037380" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Joie" éternelle… Hymne à la vie, avec fleurs et couronnes</title>
   <updated>2020-03-29T15:20:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Joie-eternelle-Hymne-a-la-vie-avec-fleurs-et-couronnes_a2699.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2020-03-29T12:55:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Cela peut être très drôle la mort quand on y pense… Enfin quand on n'y pense pas et que l'on se laisse porter par les souvenirs de sa vie derrière soi. Ceux par exemple, incongrus, qui déferlent lors d'un enterrement. Là où on attendrait précisément plus de retenue compassée vu les circonstances peu amènes. Ainsi va la vie à la mort, amen… Se moquant du savoir-vivre compassionnel, la grande faucheuse se rit des convenances des vivants - autant qu'ils se rient d'elle - et les digues craquent, libérant leur trop-plein.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/44188002-36210065.jpg?v=1585488082" alt=""Joie" éternelle… Hymne à la vie, avec fleurs et couronnes" title=""Joie" éternelle… Hymne à la vie, avec fleurs et couronnes" />
     </div>
     <div>
      Lorsqu'Anna Bouguereau - auteure et interprète inspirée par des ferments d'autofiction - entre par la petite porte latérale empruntée par le public quelques instants auparavant, elle crée d'emblée une connivence. Ce chemin (de croix ? !) qu'elle va suivre, marquant le pas à toutes les étapes de son itinéraire d'une jeune femme en voie de désacralisation, a quelque chose à voir avec nos tribulations personnelles.       <br />
              <br />
       Qui le jour d'un enterrement d'un être cher n'a pas en effet été traversé par un cortège de pensées hors-sol ou, pire, par un fou rire ravageur propre, à l'insu de son plein gré, à faire la nique à la camarde ? La jeune femme présente - protagoniste irréprochable dans sa tenue stricte et qui pourtant &quot;n'a pas réussi à pleurer&quot; le jour de l'enterrement de sa tante… - est des nôtres lorsqu'elle se met, bouquet en main, à narrer les à-côtés des obsèques.       <br />
              <br />
       Il y avait d'abord le mari - son oncle - qui arborait un digne sourire derrière ses mots et un cigarillo aux lèvres, celui-là même que détestait sa femme. Lui aussi il n'arrivait pas à verser une larme, à la différence d'autres qui rivalisaient jusqu'à en faire des caisses. Comme si le chagrin ça se mesurait en litres. Mais surtout, là où elle s'est sentie mal la cousine du beau Paul, c'est lorsque ce dernier embrassa, tout en l'enlaçant par la taille, sa belle épouse blottie contre lui, alors qu'elle… Et bien non, elle était bel et bien seule…       <br />
              <br />
       Aussi, lorsque la chanson de son premier slow - elle avait 13 ans… - est diffusée sur le programme de Nostalgie choisi par le mari de la défunte, ses pensées voguent-elles allègrement vers le souvenir du jean, gonflé à mort sous la ceinture, de son juvénile cavalier. Oh l'envie irrépressible de danser à nouveau, là dans le cimetière, au milieu des tombes…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/44188002-36210126.jpg?v=1585488112" alt=""Joie" éternelle… Hymne à la vie, avec fleurs et couronnes" title=""Joie" éternelle… Hymne à la vie, avec fleurs et couronnes" />
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      Ainsi se précipitent les réflexions tous azimuts de la jeune femme livrée corps et âme à son passé pour mieux s'en délivrer… Ses questions sur la mort quand elle était toute petite et l'effroi ressenti face au néant annoncé tout de go par son père… Mais Éros triomphe de Thanatos lorsqu'elle nous raconte son retour du cimetière dans la voiture la menant à la gare, conduite par le beau Paul enfin débarrassé de sa moitié. Il s'en aurait fallu de très peu - le retour de la chanson sur la bande musicale de Nostalgie - pour qu'elle lui saute dessus afin de l'embrasser à pleine bouche, et plus si affinités.       <br />
              <br />
       L'humour à nu, toujours porté par une infinie tendresse, nous submerge littéralement tant il y a là un vivier de vérités palpables… L'appel des sens hors de toute morale, l'irrépressible besoin de se sentir aimé(e) pour ne plus être seul(e), le refus de voir englouti dans la terre l'être cher. Et puis la bizarrerie d'avoir pleuré pour la première fois un mort - qu'elle ne connaissait aucunement - lors de la canicule de 2003 ou encore la mort de Marie Trintignant qui l'a laissée inconsolable. Pourquoi pleurer toutes les larmes de son corps pour des inconnus alors que l'on reste sec pour des proches ? Mystère constitutif de notre complexité d'être &quot;vivant&quot;.       <br />
              <br />
       Anna Bouguereau, pour son premier essai en tant qu'auteure, réalise là un coup de maître(sse) ; son texte dissèque avec grand bonheur, extrême lucidité et humour décapant, les strates de ce que la Mort recouvre. L'expérience &quot;post-mortem&quot;, qu'elle interprète elle-même avec une sincérité bouleversante, déclenche en chacun un sentiment de plénitude tant la proximité créée avec le public est &quot;vraie&quot;. Quant à la mise en jeu de Jean-Baptiste Tur, au diapason, elle offre un écrin - de fleurs - à cette cérémonie pétrie d'intelligence sans fard, au plus haut point vivifiante.
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     <div><b>"Joie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/44188002-36210142.jpg?v=1585488149" alt=""Joie" éternelle… Hymne à la vie, avec fleurs et couronnes" title=""Joie" éternelle… Hymne à la vie, avec fleurs et couronnes" />
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      Conception, texte et interprétation : Anna Bouguereau.       <br />
       Mise en scène : Jean-Baptiste Tur.       <br />
       Collaboration artistique : Alice Vannier.       <br />
       Création lumières : Xavier Duthu.       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
       Production : Antistène.       <br />
       <a class="link" href="https://www.antisthene.fr/" target="_blank">&gt;&gt; antisthene.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>A été joué lors d'Avignon Off 2019 au Théâtre du Train Bleu.</b>
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