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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-09T22:38:15+02:00</updated>
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   <title>"Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence</title>
   <updated>2016-12-01T11:09:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Iphigenie-en-Tauride-Naissance-d-une-lumiere-qui-a-l-eclat-de-l-evidence_a1713.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2016-11-30T08:13:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Iphigénie en Tauride" de Goethe, inspiré d'Euripide, est une œuvre de jeunesse peu connue en France. Le poète y fait le portrait d'une femme exceptionnelle. La voir à Paris, sous les traits de Cécile Garcia Fogel, mise en scène par Jean-Pierre Vincent, est un bonheur de spectateur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10682762-17604276.jpg?v=1480490991" alt=""Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence" title=""Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence" />
     </div>
     <div>
      La femme s'appelle Iphigénie. Elle appartient à la lignée épouvantable des Atrides qui depuis le grand ancêtre Tantale sème la zizanie chez les dieux et commet en famille crimes sur crimes. Sauvée du sacrifice que son père Agamemnon a commis pour conduire la guerre de Troie, elle ignore tout des soubresauts et des malheurs qui ont suivi la prise de la ville.       <br />
              <br />
       Encore choquée par un exil brutal, calme à défaut d'être sereine, elle vit, respectée en Tauride* peuplée de Scythes barbares. Parce qu'elle a été épargnée, Iphigénie vit dans l'étonnement et ne s'appuie, pour survivre, que sur sa droiture entêtée.       <br />
              <br />
       Par sa présence, son influence, les étrangers parvenant en Tauride ne sont plus condamnés à mort mais recueillis, comme elle, dans les lois de l'hospitalité. Le roi, sous le charme, veut l'épouser et essuyant un refus, homme de colère, rétablit la loi ancienne. Il suffit de l'apparition de deux étrangers, deux Grecs, frères d'Iphigénie pour que se noue la tragédie. Conflit de devoir, cas de conscience. Colère. Passion. Ubris. Abattement. Combat. Les hommes montrent leurs limites.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10682762-17604299.jpg?v=1480491135" alt=""Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence" title=""Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence" />
     </div>
     <div>
      Iphigénie, incapable de ruser, par la seule force de son être, sait trouver dans les mots et les attitudes, le chemin étroit de la liberté et de la fidélité. Elle concilie les contraires, libère tous les protagonistes de leurs cauchemars. Son frère, le roi, les Grecs présents. Sort tout le monde de la fatalité, ouvre une page nouvelle de l'Histoire. Le texte de Goethe haletant mène à l'harmonie.       <br />
              <br />
       Le décor de Jean-Paul Chambas est simple, presque archaïque. À jardin, un rocher. Un récif ? Un pyroclaste ? Marque d'une lisière ? D'une rive hostile ? Au lointain, une chaise bleue propose son assise en paille au regard du spectateur. L'horizon a la matité de la mer, la fluidité des champs. À cour, un autel en marbre blanc entouré par un petit hémicycle. Le sol est veiné, comme dilué. La silhouette d'un arbre noire comme un carton découpé enveloppe la scène.       <br />
              <br />
       C'est dans ce cadre de toile peinte, propre à reporter une rêverie de Caspar David Friedrich, que Cécile Garcia Fogel sert Iphigénie et Vincent Dissez, Oreste. Ils occupent l'espace comme des solitudes sculptées qu'un pinceau de lumière vient métamorphoser. Seuls éléments, dans cette fixité physique, dans la tension des corps et du langage à peine hors de l'obscurité, le flux et le reflux des peurs et des rages contrariés par le besoin de paix.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10682762-17604326.jpg?v=1480491179" alt=""Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence" title=""Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence" />
     </div>
     <div>
      Les paroles de Goethe tanguent dans les mouvements de la sensibilité, de la peur, de la joie, jusqu'à l'incandescence d'un idéal délicat et ferme de Raison et de Paix mêlées porté jusqu'à nous par le temps et sa mouvance. Marquée sur scène par la récurrence discrète de pleins jours et de nuits de pleine lune, la liquidité des nuages et des ombres, l'apparition des couleurs.       <br />
              <br />
       Avec Iphigénie, le spectateur assiste à la naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence. Celle qui nimbe Iphigénie, Oreste, rescapés de la tragédie, derniers rejetons de la famille des Atrides, qui trouvent les chemins de liberté.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Actuelle Crimée.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Iphigénie en Tauride"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10682762-17604394.jpg?v=1480491577" alt=""Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence" title=""Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence" />
     </div>
     <div>
      Texte : Goethe.       <br />
       Mise en scène : Jean-Pierre Vincent,       <br />
       assisté de Frédérique Plain et Léa Chanceaulme.       <br />
       Traduction : Bernard Chartreux, Eberhard Spreng.       <br />
       Dramaturgie : Bernard Chartreux.       <br />
       Avec : Cécile Garcia Fogel, Vincent Dissez, Pierre François Garel, Thierry Paret, Alain Rimoux.       <br />
       Décor : Jean-Paul Chambas.       <br />
       Collaboratrice décor : Carole Metzner.       <br />
       Costumes : Patrice Cauchetier.       <br />
       Maquillage : Suzanne Pisteur.       <br />
       Conception lumières : Benjamin Nesme.       <br />
       Son : Benjamin Furbacco.       <br />
       Durée : 1 h 50.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10682762-17604399.jpg?v=1480491610" alt=""Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence" title=""Iphigénie en Tauride"…  Naissance d'une lumière qui a l'éclat de l'évidence" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 23 novembre au 10 décembre 2016.</span>       <br />
       Mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de la Ville, Paris 18e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaville-paris.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Iphigenie-en-Tauride-Naissance-d-une-lumiere-qui-a-l-eclat-de-l-evidence_a1713.html" />
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   <title>"Dom Juan", le réel dans sa dimension fantastique... Comme une sensation du sacré</title>
   <updated>2012-10-01T12:19:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dom-Juan--le-reel-dans-sa-dimension-fantastique-Comme-une-sensation-du-sacre_a735.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4771964-7134092.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-10-01T11:44:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Du 15 février au 18 avril 1665, durant le carnaval, Molière présente une pièce "Dom Juan ou le Festin de pierre" dont le sujet est emprunté à l’espagnol Tirso de Molina et qui décrit la cavale d’un cavaleur qui se voulait nouvel Alexandre de l’Amour. L’homme finit tragiquement en bravant le spectre du commandeur, invité par lui à un repas. En dépit de sa forme un peu décousue (ou peut-être à cause de cela), elle fut un succès.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4771964-7134092.jpg?v=1349085339" alt=""Dom Juan", le réel dans sa dimension fantastique... Comme une sensation du sacré" title=""Dom Juan", le réel dans sa dimension fantastique... Comme une sensation du sacré" />
     </div>
     <div>
      Elle est alors en effet innovante avec ses décors animés, son automate figurant un convive en pierre. Et puis dans le propos, elle a une manière assez scandaleuse de relater une suite de faits divers et de provocations absolues : dans ce festin de pierre, le jeune homme Dom Juan refuse, lui, l’amoureux, le mariage à une femme… Elvire qui l’aime et qu’il a pourtant honorée. Il affirme &quot;Sa liberté de Penser et Sa vitalité&quot; au mépris de toute règle.       <br />
              <br />
       L’histoire parait énorme et incroyable. Molière pourtant avertit son public (d’hier comme d’aujourd’hui). Dans son prologue, il vante les effets psychotropes du tabac, plante à la mode discutée par la faculté de médecine et soumise à interdiction. On ne peut se tromper sur le message. La pièce décrit des états de sensations différents, une descente aux enfers mais par les moyens du théâtre et ses effets de farce, c’est un cauchemar délicieux. Et redoutablement ambigu. Dom Juan, libre et penseur, confronté aux usages et à la question de ce qui relie les hommes, s’émancipe par sa volonté et sa représentation du monde. Sa cavale de sensuelle devient métaphysique.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Jean-Pierre Vincent, dans sa rigueur et son esthétique, rend compte de la formidable cohérence interne de la pièce et engendre une forme théâtrale équilibrée et subtile.       <br />
              <br />
       Dans l’espace de la scène, l’équipe artistique et les comédiens apportent juste ce qu’il faut d’ostentation et de richesses pour plonger le spectateur dans état de quiétude visuelle et provoquer l’expression d’un contentement heureux qui rend disponible à l’écoute du texte, ses inflexions, ses obsessions, ses répétitions. Tout se passe comme si le spectateur était à la fois témoin intégré à l’histoire et observateur d’une œuvre raffinée. Prêtant et l’œil et l’oreille à la peinture des caractères et au débat d’idées dans un spectacle à la fois chatoyant et rigoureux...       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le spectateur discerne nettement les enjeux des personnages et les menées de Molière. À l’occasion de la fuite de Dom Juan faite de provocations et de surenchères qui vont crescendo, l’auteur fait feu de tout bois, met en avant les vérités de bon sens un peu païen qui font rire (qui a peur du moine bourru ?) et la démonstration d’une philosophie de la Raison aristocratique et athée (je sais que deux et deux font quatre). Au fur et à mesure que s’affirment les codes du théâtre, le spectateur observe la désagrégation des liens binaires et ordinaires : Entre les femmes et les hommes, entre le maitre et son valet, entre les jeunes gens et les adultes, entre le père et son fils, entre la vie et l’au-delà, entre le vivant et l’artefact. Jusqu’à’ à l’irruption de la peur, de l’irrationnel.       <br />
              <br />
       Dans le mouvement de cette mise en scène à la théâtralité affichée, Jean Pierre Vincent concentre les caractères. Ses comédiens sont conduits à ce point ultime de l’ambiguïté du jeu et de sa grâce par laquelle le silence est tenu. Dans l’interstice émergent la force du désir et son illusion. Effet ultime obtenu à la scène finale, dans ce &quot;Dom Juan&quot; apparait le réel dans sa dimension fantastique. Son énigme ainsi que le silence qui s’ensuit. Avant l’ovation.       <br />
       Quelque chose comme la sensation du sacré…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dom Juan ou le Festin de Pierre"</b></div>
     <div>
      Comédie en cinq actes de Molière.       <br />
       Mise en scène : Jean-Pierre Vincent.       <br />
       Dramaturgie : Bernard Chartreux.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Frédérique Plain.       <br />
       Avec : Alain Lenglet (Don Louis), Julie Sicard (Charlotte), Loïc Corbery (Don Juan), Serge Bagdassarian (Sganarelle), Clément Hervieu-Léger (Don Carlos), Pierre Louis-Calixte (Gusman, le Pauvre et M. Dimanche), Suliane Brahim (Elvire), Jérémy Lopez (Pierrot et Don Alonse), Jennifer Decker (Mathurine).       <br />
       Les élèves-comédiens de la Comédie-Française : Lucas Hérault (Ragotin), Blaise Pettebone (La Ramée), Nelly Pulicani (La Violette)       <br />
       et Jean-Michel Rucheton (la Statue du commandeur).       <br />
       Durée du spectacle : 2 h 50 avec entracte.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Spectacle du 18 septembre 2012 au 11 novembre 2012.</span>       <br />
       Matinée à 14 h, soirée à 20 h 30, spectacle en alternance (voir détails horaires sur le site).       <br />
       Comédie française, Théâtre éphémère, Jardins du Palais-Royal, Paris 1er.       <br />
       <a class="link" href="http://www.comedie-francaise.fr/" target="_blank">&gt;&gt; comedie-francaise.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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