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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-14T14:36:22+02:00</updated>
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   <title>•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé</title>
   <updated>2025-07-14T16:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Le-Canard-sauvage--Mortelle-verite-Chronique-d-un-devissage-annonce_a4307.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-07-14T15:22:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Méfions-nous des apôtres… Ceux de la Vérité à tous crins sont de la pire engeance. Ainsi de Gregers Werle, fils d'un puissant négociant propriétaire d'usines qui, rejetant les agissements douteux de son géniteur pros-père, se fait l'archange de la Vérité à tout prix… Le prix à payer, dût-il être celui de la destruction massive, précipitant les membres de son entourage dans un gouffre abyssal. Cette anatomie d'une chute d'une lignée décomposée par ce virus, Thomas Ostermeier la met ici "spectaculairement" en jeu, donnant somptueusement à voir et à entendre – en entomologiste expert – les aberrations masquées de la Vérité en marche.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89899481-63492235.jpg?v=1752500570" alt="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" title="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" />
     </div>
     <div>
      Un salon cossu où trônent deux fauteuils capitonnés cuir. Un homme en complet nœud papillon entre, derrière la porte se refermant derrière lui s'échappent les effervescences d'une réception mondaine. L'homme, c'est Gregers, le fils pour qui a été organisé ce dîner d'apparat, le patriarche Werle désirant fêter dignement avec les notables invités le retour du fils prodigue, trop occupé par la direction de l'une de ses usines pour lui avoir rendu visite ces dernières années… Mais le désirait-il vraiment, ce fils se présentant comme idéaliste intransigeant, et ayant pris depuis longtemps ses distances avec un passé que l'on devine lourd de non-dits ?       <br />
              <br />
       La tension dramatique (qui ira crescendo) se précise dès l'entrée d'Hjalmar Ekdal, l'ami de jeunesse invité par Gregers. Entre eux, des souvenirs partagés, mais aussi des révélations… Comment le fils de la maison pouvait-il ignorer que c'est son propre père (suite à une opération forestière véreuse où son associé, le vieux Ekdal, fut envoyé en prison, lui ayant été blanchi) qui a aidé financièrement Hjalmar pour qu'il devienne photographe ? De même, comment pouvait-il être sans savoir que la femme que Hjalmar avait épousée ensuite, était Gina, l'ancienne gouvernante de la maison du père de Gregers ? Le vieux Werle serait-il meilleur que son fils pouvait le penser ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89899481-63493630.jpg?v=1752500586" alt="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" title="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" />
     </div>
     <div>
      L'affrontement qui suit lèvera le voile sur la famille Werle et le superbe patriarche qui la préside… Dans une scène explosive, Gregers, découvrant que son père est sur le point d'épouser Mme Sorby, sa nouvelle gouvernante, trouera le couvercle recouvrant cette famille annoncée &quot;sans histoire&quot;… S'est-il le père une seule fois intéressé à lui, son fils, et à sa mère malade ? Il avait mieux à faire ailleurs avec ses amours avec Gina, sa femme de chambre, refilée ensuite à Hjalmar comme prix du préjudice subi suite à la ténébreuse affaire ! Quant au père Werle, imperturbable devant l'ouverture des vannes de la parole libérée actée par sa progéniture, il se contentera de rétorquer à Gregers se réclamant haut et fort d'idéaux moraux que ce dernier le voit avec  &quot;les yeux de sa mère&quot;.       <br />
              <br />
       Le dispositif tournant découvrira l'autre décor du drame en jeu, celui d'un appartement modeste contrastant avec l'opulence du précédent. Là vit la famille Ekdal. Hedvig, la fille rêvant de décrocher un stage de com chez Werle pour devenir ensuite journaliste, relit, loupe à l'œil (sa vue est défaillante) le journal qu'elle compose, quand le vieux Ekdal, son grand-père, fait irruption, ivre, venant de noyer dans le schnaps la honte des années de prison. Hjalmar, le père, photographe rêvant d'&quot;une invention&quot;, et végétant financièrement en l'attendant, reproche à sa femme Gina de ne pas assez se remuer pour rapporter l'argent qui fait défaut.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89899481-63493681.jpg?v=1752500605" alt="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" title="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" />
     </div>
     <div>
      Les ferments du drame en gestation ainsi présentés en situation, chaque personnage va pouvoir jouer son rôle, conduisant implacablement au dénouement tragique. Au gré des rebondissements successifs et des rotations du dispositif scénique, on sera témoin de la fragilité endémique de Hjalmar, souffrant d'un eczéma réactionnel, s'emportant contre Gina, même avant d'avoir découvert l'impensable &quot;saloperie&quot;, souffrant viscéralement d'une non-reconnaissance de ses talents d'inventeur potentiel que lui fait miroiter le médecin qui le soigne, adepte lui du mensonge thérapeutique. On découvrira aussi l'intuition de Gina qui, non sans pertinence, voit en Gregers, sous le manteau d'idéaliste pourfendeur du mensonge dont il se pare, un fauteur de troubles.       <br />
              <br />
       Il y aura la révélation &quot;scandaleuse&quot; des liens intimes unissant Werle, Gina… et Hedvig. La lettre adressée par le patriarche malvoyant dotant Hedvig, à l'occasion de son anniversaire, d'une rente à vie. Il y aura (comme dans &quot;L'Ennemi du peuple&quot; présenté sur ce même plateau de l'Opéra du Grand Avignon en 2012), une interruption de la fiction en cours pour impliquer ludiquement, lumières allumées, les spectateurs porteurs d'avis personnels sur l'épineuse question des rapports qu'entretiennent avec le sens moral mensonge et vérité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89899481-63493750.jpg?v=1752500677" alt="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" title="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" />
     </div>
     <div>
      Le pivot central du drame en jeu se focalisera sur le personnage de Gregers, le fils de Werle, qui s'ingéniera avec une &quot;innocence&quot; perverse à pousser implacablement les plus fragiles vers le gouffre où la vérité &quot;impensable&quot; les engloutira. Pervers cet idéaliste déclaré ? Oui, car si la Vérité est prise pour une valeur absolue à défendre contre vents et marées, sans discernement aucun, elle devient un lance-flammes aveugle que &quot;l'idéaliste&quot; utilisera pour cautériser ses propres blessures, tentant de colmater les brèches de sa propre détresse de fils mal aimé.       <br />
              <br />
       Le tableau final, d'une beauté noire, verra dans le mouvement accéléré du tourniquet du dispositif, de la musique amplifiée et des lumières sculpturales qui l'accompagnent, le drame s'accomplir. On achève bien… les canards sauvages blessés. Quant à son initiateur, il sera dans l'impossibilité d'aller au bout de sa vérité, lui l'intransigeant composera avec la vie, avec sa vie. À chacun sa vérité.       <br />
              <br />
       Si l'auteur allemand suit de près dans son adaptation l'intrigue du dramaturge norvégien - &quot;un cheval de Troie&quot; pour introduire le thème sulfureux de la Vérité - il prend la liberté de l'actualiser en introduisant par exemple une certaine théorie du &quot;ruissellement&quot;, évoquée lors du fameux dîner chez les Werle. L'alibi avancé alors pour justifier l'exploitation des petites gens sera raillé avec drôlerie par Hjalmar, proclamant que ces Messieurs les Sénateurs, il les pendrait bien tous pour voir s'il s'écoulerait de l'or de leur dépouille.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89899481-63493751.jpg?v=1752500711" alt="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" title="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" />
     </div>
     <div>
      Thomas Ostermeier nous livre là, avec ses interprètes au diapason, une adaptation &quot;éblouissante&quot; de l'univers d'Henrik Ibsen, en le réactualisant par une mise en jeu électrique afin de mieux questionner le statut de la vérité en 2025. Un mode opératoire d'une efficacité redoutable faisant advenir, au travers d'une intrigue ficelée, le plaisir sans pareil d'avoir été délogé de nos convictions primaires. Un raisonnement logiquement valide – la vérité plutôt que le mensonge – pouvant… &quot;s'avérer faux&quot; (sic), humainement parlant.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le samedi 12 juillet 2025 à l'Opéra du Grand Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Canard sauvage"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89899481-63493754.jpg?v=1752500745" alt="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" title="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" />
     </div>
     <div>
      Création 2025. En allemand surtitré en français et anglais.       <br />
       D'après l'œuvre d'Henrik Ibsen.       <br />
       Texte : Henrik Ibsen.       <br />
       Adaptation : Maja Zade et Thomas Ostermeier.       <br />
       Traduction : Hinrich Schmidt-Henkel.       <br />
       Mise en scène : Thomas Ostermeier (Schaubühne Berlin).       <br />
       Avec : Thomas Bading, Marie Burchard, Stephanie Eidt, Marcel Kohler, Magdalena Lermer, Falk Rockstroh, David Ruland, Stefan Stern.       <br />
       Scénographie : Magda Willi.       <br />
       Costumes : Vanessa Sampaio Borgmann.       <br />
       Musique : Sylvain Jacques.       <br />
       Dramaturgie : Maja Zade.       <br />
       Lumière : Erich Schneider.       <br />
       Traduction surtitrage français : Uli Menke.       <br />
       Traduction surtitrage anglais : Corrine Hundleby.       <br />
       Durée : 3 h avec entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89899481-63493901.jpg?v=1752501266" alt="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" title="•In 2025• "Le Canard sauvage", Mortelle vérité… Chronique d'un dévissage annoncé" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Le 5, du 7 au 12, du 14 qu 16 juillet 2025.</span>       <br />
       Représenté le 5 à 18 h, les autres jours à 17 h.       <br />
       Opéra Grand Avignon, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       12 au 21 septembre 2025 : Schaubühne, Berlin (Allemagne).       <br />
       23 et 24 janvier 2026 : Teatro Argentina, Rome (Italie).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée</title>
   <updated>2022-11-14T11:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Huit-heures-ne-font-pas-un-jour-Chronique-d-une-emancipation-annoncee_a3442.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2022-11-15T07:59:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand on se nomme Krüger-Epp, que l'on appartient à une famille ordinaire ouvrière dans la RFA des années soixante-dix et que l'existence semble a priori se résumer à partager son temps entre l'atelier d'usine et la récupération de sa force de travail, sans autre horizon d'attente qu'un labeur répétitif dénué de sens, on a bien besoin d'un petit grain de sable - une lanceuse d'alerte dirait-on aujourd'hui - qui, en toute innocence, va faire dérailler les destins tracés. Cet ovni salutaire a pour nom Luise, dite Mamie. Matriarche "indigne" et truculente d'une tribu traversée par les courants revendicatifs et féministes de l'après 68, elle va par sa seule présence inspirer aux autres membres les pas de côté créant des failles dans l'ordre établi.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68741444-48287745.jpg?v=1668367487" alt=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" title=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" />
     </div>
     <div>
      Ce scénario, mettant en jeu la classe ouvrière confrontée à son désir d'émancipation, a été écrit par Rainer Werner Fassbinder pour une mini-série télévisée allemande (&quot;Episodes 1 à 5&quot;) diffusée d'octobre 72 à mars 73. Abandonnant pour un temps l'atmosphère sombre de sa filmographie et de son théâtre, il s'y emploie à dépeindre, avec un réalisme distancié et une dose de fantaisie ô combien réjouissante, les heurs et malheurs de la condition ouvrière, de ses asservissements consentis à ses désirs de s'en libérer.       <br />
              <br />
       D'emblée la grand-mère Luise, très en verve, excitée comme une jeune amante, raconte à sa tribu réunie à l'occasion de son anniversaire comment elle a rencontré &quot;son Gregor&quot;, lisant &quot;L'amant de Lady Chatterley&quot; sur un banc du parc. Veuve, et apparemment heureuse de l'être si on s'en réfère aux souvenirs désastreux de son voyage de noces, elle se met en tête de trouver un appartement (chose compliquée quand on n'a pas le sou) pour abriter ses nouvelles amours… Désir qui, au-delà du sourire plus ou moins gêné qu'il peut provoquer chez son entourage un tantinet frustré, ouvre immanquablement une brèche dans l'aliénation du groupe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68741444-48287746.jpg?v=1668367528" alt=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" title=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" />
     </div>
     <div>
      En effet, comme Wilhelm Reich, psychanalyste exclu du parti communiste allemand, n'avait pas manqué en son temps de le pointer dans son essai &quot;La Révolution sexuelle&quot; établissant un lien fort entre répression politique et répression sexuelle, comme les soixante-huitards de la Sorbonne l'inscrivaient en lettres rouges sur les murs parisiens <span style="font-style:italic">&quot;Plus je fais l'amour, plus j'ai envie de faire la révolution ; plus je fais la révolution, plus j'ai envie de faire l'amour&quot;</span>, cette grand-mère iconoclaste ouvre - à son corps consentant - la voie à la dissidence politique.       <br />
              <br />
       Mais le schéma introjecté du modèle patriarcal et patronal, ancré jusque dans les cerveaux des dominé(e)s, sera dur à déloger, tant les mécanismes de l'aliénation sont redoutables et leurs effets pervers, dévastateurs. Ainsi du mari de la petite-fille de Luise, violent et lui-même violenté par une morale héritée de la suprématie du mâle travailleur ayant tiré un trait sur toute notion de plaisir. Ainsi de &quot;l'ouvrier jaune&quot; qui trahira ses collègues en dévoilant à la cheffe la stratégie élaborée par ses pairs pour faire avancer leurs revendications salariales.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68741444-48287747.jpg?v=1668367559" alt=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" title=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" />
     </div>
     <div>
      Cependant, grâce à l'impulsion libertaire incarnée par cette grand-mère ne doutant, elle, de rien, jusqu'à ouvrir une garderie sauvage dans des locaux appartenant à la mairie - n'hésitant aucunement à enfreindre la loi pour faire valoir le droit aux mères de n'être pas les bonnes au foyer, les libérant de la garde de leur progéniture pour exister en tant que femmes - les lignes vont bouger au gré des actes posés. De même, encouragée par le questionnement de la petite amie amoureuse du petit-fils, lui-même à l'unisson de ces deux femmes, la contestation de l'ordre immuable va cheminer dans les esprits des hommes et femmes confondus.       <br />
              <br />
       Des petites phrases libératrices comme <span style="font-style:italic">&quot;Seuls les veaux les plus bêtes choisissent eux-mêmes leur boucher&quot;</span> ou encore <span style="font-style:italic">&quot;On a toujours plus de pouvoir qu'on ne croit&quot;</span>, servent d'antidotes à d'autres versées dans la résignation de classe : <span style="font-style:italic">&quot;De toute façon, l'ouvrier, il est là pour se faire avoir&quot;</span>. Ce combat - c'en est un - est semé d'embûches tant l'intériorisation de la servitude volontaire a contaminé les circuits de réflexion et l'estime de soi. Ainsi, lorsque des velléités d'émancipation par la connaissance se font jour chez un ouvrier, constituant l'espoir d'une nouvelle gouvernance dans l'atelier, elles sont battues en brèche par le sentiment d'usurper un rôle réservé à la classe supérieure : <span style="font-style:italic">&quot;Faut savoir rester à sa place. Quand on est petit, on reste petit. Je n'arrive pas à retenir… Je suis bête, je le sais&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68741444-48287748.jpg?v=1668367608" alt=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" title=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" />
     </div>
     <div>
      Heureusement, la communauté ouvrière est là qui veille à ce que le sentiment d'illégitimité de classe soit combattu, et ce, pour le bonheur de tous. <span style="font-style:italic">&quot;L'histoire de ton corps (et de ton esprit) accuse l'histoire politique&quot;</span>, dit en écho Édouard Louis dans &quot;Qui a tué mon père ?&quot;. Prise de conscience, grâce aux débats incessants suivis de vote à main levée dans l'atelier, que l'aliénation n'est pas naturelle, mais acquise ; on ne naît pas aliéné, on le devient. De même, les préjugés de classe concernant les &quot;alliances contre-nature&quot; entre des êtres ne partageant ni la même culture, ni le même standing, voleront fort joyeusement en éclats sous la pression du désir amoureux - encore lui - propre à venir à bout de tous les conditionnements sociétaux.       <br />
              <br />
       Ce qui est remarquable dans l'univers mis en jeu, c'est que loin de tous discours didactiques, ce sont les actes posés collectivement, émaillés de petites phrases spontanées éclairant les paroles de l'aliénation (<span style="font-style:italic">&quot;Elle n'a pas que de la merde dans le crâne. Elle dit ce qu'on lui a appris&quot;</span>), qui participent au processus d'émancipation, un processus lent, émaillé de crises de nerfs, d'engueulades et de rires, et pour autant redoutable d'efficacité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68741444-48287749.jpg?v=1668367643" alt=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" title=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" />
     </div>
     <div>
      Sans oublier, encore et toujours, le pouvoir des sentiments, ceux qui unissent la grand-mère à son amant, le petit-fils à son amie rencontrée autour d'un bocal à cornichons récalcitrant, ou encore deux autres couples jugés au départ des plus improbables. Pas étonnant alors, que sous leurs impulsions, le paysage mental s'ouvre à d'autres horizons, soulevant le couvercle de la servitude intégrée pour créer les conditions d'une émancipation tant ouvrière que personnelle.       <br />
              <br />
       Pour ces nouveaux contestataires, découvrant in situ la force de l'organisation collective comme outil de libération susceptible de les extraire de l'emprise d'une organisation du travail toxique, la révolution sociale et économique ne saurait être séparée d'une révolution joyeuse des mœurs : c'est cette expérience fondatrice qu'ils vivent, nous entraînant avec eux.       <br />
              <br />
       Mis habilement en scène par Julie Deliquet et habité par quatorze comédiennes et comédiens débordant de tonicité contagieuse, le plateau résonne trois heures durant des saillies &quot;déchaînées&quot; de ces personnages en quête d'une vie jusque-là confisquée. Dans un décor d'atelier au mobilier industriel (que la mode du vintage ne désapprouverait pas), devenant au gré des fluctuations de l'intrigue salle de banquet de noces, comme pour mieux signifier la labilité des frontières entre privé et travail, le destin des uns et des autres va se nouer, se dénouer, grâce à l'action du collectif, ouvreur de liberté potentielle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68741444-48287827.jpg?v=1668368304" alt=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" title=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, entre éclats de rires, colères et sanglots, la (re)conquête d'une humanité - tel est l'enjeu - se joue devant nous, aspirés littéralement par leurs luttes à mains nues. Et s'il était encore des blasés d'aujourd'hui, revenus de tout sans avoir rien goûté, pour trouver dans ce &quot;conte à rebours&quot; l'expression d'espérances obsolètes à mettre au rencart, on leur opposerait - non sans un sourire compassionnel - le slogan phare d'une génération mue par le désir de vivre chevillé au corps : <span style="font-style:italic">&quot;Soyons réalistes, demandons l'impossible&quot;.</span>       <br />
              <br />
       <b>Vu au TnBA à Bordeaux, Grande salle Vitez, le mardi 8 novembre 2022. A été représenté du 8 au 11 novembre.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Huit heures ne font pas un jour, Épisodes 1 à 5"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68741444-48287828.jpg?v=1668368362" alt=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" title=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" />
     </div>
     <div>
      Texte : Rainer Werner Fassbinder. L'intégralité des huit épisodes de l'œuvre &quot;Huit heures ne font pas un jour&quot; est publiée par L'Arche Éditeur.       <br />
       Traduction : Laurent Muhleisen.       <br />
       Mise en scène : Julie Deliquet.       <br />
       Avec : Lina Alsayed, Julie André, Éric Charon, Évelyne Didi, Christian Drillaud, Olivier Faliez, Ambre Febvre, Zakariya Gouram, Brahim Koutari, Agnès Ramy, David Seigneur, Mikaël Treguer, Hélène Viviès ; et en alternance avec Pauline Cuvelier ou Violette Martin.       <br />
       Collaboration artistique : Pascale Fournier, Richard Sandra.       <br />
       Version scénique : Julie André, Julie Deliquet, Florence Seyvos.       <br />
       Scénographie : Julie Deliquet, Zoé Pautet.       <br />
       Lumière : Vyara Stefanova.       <br />
       Son : Pierre De Cintaz.       <br />
       Costumes : Julie Scobeltzine.       <br />
       Habillage : Ornella Voltolini.       <br />
       Coiffures, perruques : Judith Scotto.       <br />
       Régie générale : Léo Rossi-Roth.       <br />
       Régie lumière : Luc Muscillo.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68741444-48287835.jpg?v=1668368392" alt=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" title=""Huit heures ne font pas un jour" Chronique d'une émancipation annoncée" />
     </div>
     <div>
      Régie plateau : Bertrand Sombsthay.       <br />
       Régie accessoires : Juliette Mougel.       <br />
       Durée : 3 h 15 avec entracte.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       1er et 2 décembre 2022 : Théâtre de Lorient - CDN, Lorient (56).       <br />
       13 et 14 décembre 2022 : Le Grand Sud, en partenariat avec La Rose des Vents, Lille (59).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Huit-heures-ne-font-pas-un-jour-Chronique-d-une-emancipation-annoncee_a3442.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…</title>
   <updated>2022-03-10T10:46:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Loin-d-Hagondange-Lorsque-le-travail-phagocyte-les-vies-minuscules_a3195.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/62935591-45491177.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-03-10T10:07:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si l'Histoire nationale a retenu 1979 comme date de fermeture des deux derniers hauts fourneaux de ce haut site sidérurgique de l'est de la France, le couple de retraités formé par Georges, l'un des antihéros anonymes des aciéries d'Hagondange, et par son épouse, Marie, au destin indissolublement lié, souffre de la vacance de vies préemptées par le travail. Lorsque l'on s'est donné corps et âme, quarante-six années de labeur durant, à des tâches répétitives absorbant l'énergie vitale, que reste-t-il à espérer lorsque "l'heure de la retraite" sonne ? Loin du champ de bataille minier, les voilà désormais livrés à eux-mêmes, seuls, irrémédiablement seuls face à une ultime campagne qui n'a jamais été la leur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62935591-45491177.jpg?v=1646905070" alt=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" title=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" />
     </div>
     <div>
      Écrite en 1975 par Jean-Paul Wenzel, cette pièce &quot;sociale&quot; ne pouvait laisser indifférent Michel Allemandou, metteur en scène sensible au monde tel qu'il va, ou ne va pas. Endossant le rôle de Georges, bedaine généreuse et pantalon à bretelles pour la soutenir, il en devient le clone. Quant à sa complice coincée dans ses robes d'époque, Colette Sardet, elle est une Marie soumise à l'homme qu'elle aime en en épousant le destin. Un couple uni à la vie à la mort, avec ses moments de tendresses, de désespoirs communs et de désaccords singuliers. La banalité du mal vivre ordinaire…       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Avec le temps, va, tout s'en va, l'on oublie les voix qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens&quot;</span>, chantait Léo Ferré… mais une chose ne peut s'oublier : les stigmates du travail comme plaie à vif que rien ni personne ne pourra cicatriser. Georges s'aliénant dès sept heures du matin à battre le fer dans son atelier dressé derrière la maison, comme s'il lui fallait retrouver les conditions de sa vie d'antan pour avoir droit d'exister. Une addiction propre à l'entrainer direct vers la tombe. Lui, et son épouse rudoyée par ses mots blessants lorsqu'elle se risque à le distraire de sa tâche, lui, l'éternel Sisyphe, victime maintenant de sa &quot;servitude volontaire&quot;, lui, ayant &quot;choisi&quot; de réitérer les gestes l'ayant détruit pour se faire accroire qu'il était devenu maître de son destin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62935591-45491183.jpg?v=1646905104" alt=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" title=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" />
     </div>
     <div>
      Dans un décor où les objets du quotidien font signe (Sélection du Reader's Digest et Télé 7 Jours, en guise d'objets culturels  ouvrant une fenêtre sur le monde, cf. Roland Barthes et son recueil &quot;Mythologies&quot;), en une succession de tableaux séparés par des claps noirs, lui et elle vont se donner à voir, dévoilant au travers de ce qui les occupe, les dégâts collatéraux d'une vie condamnée au labeur. Et c'est là, peut-être, que l'on reste un peu sur notre faim… En effet, si la tendresse du metteur en scène pour ses personnages, victimes d'un destin dont ils ne sont que les malheureux dépositaires, est palpable de bout en bout, la cruauté vis-à-vis de ce qui leur a volé leur existence est, elle, par trop diluée dans la narration des menus faits occupant &quot;l'avant-scène&quot;.       <br />
              <br />
       Un chauffe-eau à réparer (<span style="font-style:italic">&quot;les choses sont de moins en moins solides…&quot;</span>), un gilet à tricoter pour son homme, le quotidien tourne autour de la table en formica jaune, du fauteuil disposé devant un faux feu de bois éclairé par de petites ampoules rouges et des échos du Jeu des mille francs (&quot;Chers amis, Bonjour !&quot;) rythmant leur existence désertée. Et lorsque la visite - eux qui n'en reçoivent aucune - d'une démarcheuse à domicile se profile, cela fait figure d'événement révélant le vide relationnel de l'épouse que seule une cassette de chants enregistrés vient égayer. <span style="font-style:italic">&quot;La grande musique&quot;</span>, ainsi appelle-t-elle ces enregistrements qui lui rappellent que dans une autre existence peut-être, elle aurait pu être artiste… Quant à la Tour Eiffel éclairée - cadeau de leur fille dont les signes de vie sont pour le moins clignotants - et le tableau peint par leur petit-fils, ils sont les témoins muets de leur solitude abyssale.       <br />
              <br />
       Parler des changements de saison… Mais de quoi parler d'autre lorsque la vie est réduite comme peau de chagrin ? Et a-t-elle seulement jamais existé, la vie ? Le désir charnel, lui, éventuellement, il pourrait sporadiquement le ressentir, mais elle, non, étant devenue à son corps défendant une mère pour lui, inscrivant avec soin la posologie sur les boîtes de ses médicaments. &quot;Une vie&quot; de Maupassant, revue et corrigée à l'aune du XXe siècle industriel finissant.       <br />
              <br />
       La solitude de ces êtres broyés par une existence évidée par la loi du travail ne peut laisser indifférent, sa mise en jeu ici ne manque pas d'intérêt. Cependant, l'attachement ressenti pour ces &quot;hérauts du quotidien ordinaire&quot; prend trop visiblement le pas sur la mise en question politique de cette situation. Là où naguère un Patrice Chéreau, s'emparant du même texte, avait souhaité &quot;privilégier un face-à-face avec le désespoir qui, loin d'être complaisant, serait une force motrice engageant à sortir de l'impasse&quot;, le metteur en scène a semble-t-il choisi de mettre l'accent sur la détresse individuelle de ces vies minuscules unies par la tendresse.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 4 mars au Théâtre du Pont Tournant de Bordeaux (représenté du jeudi 3 au dimanche 6 mars 2022).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Loin d'Hagondange"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62935591-45491189.jpg?v=1646905152" alt=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" title=""Loin d'Hagondange" Lorsque le travail phagocyte les vies minuscules…" />
     </div>
     <div>
      Auteur : Jean-Paul Wenzel.       <br />
       Mise en scène : Michel Allemandou.       <br />
       Avec, Colette Sardet (Marie), Muriel Machefer (Françoise), Michel Allemandou (Georges).       <br />
       Espace sonore : Jean Rousseau.       <br />
       Scénographie et lumières : Elvis Artur.       <br />
       Costumes : Estelle Couturier-Chatellain.       <br />
       Création du Gai saVoir !!! théâtre.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://www.theatreponttournant.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatreponttournant.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Loin-d-Hagondange-Lorsque-le-travail-phagocyte-les-vies-minuscules_a3195.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières</title>
   <updated>2018-09-28T10:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Etabli-Chronique-d-un-avant-mai-68-Quand-des-intellectuels-militants-cotoyerent-les-masses-ouvrieres_a2248.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/25939170-26945944.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-09-28T10:35:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il y a 50 ans éclatait mai 68, il y a 40 ans paraissant "L'Établi", il y a 25 ans naissait la Cie du Berger. Et en 2018, retour sur une expérience ouvrière peu ordinaire, oublié, mais à l'intérêt documentaire pertinent - et plein d'enseignement - en ces temps de dislocation syndicale, de désagrégation sociale sur fond de libéralisme exacerbé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945880.jpg?v=1530374307" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      C'est la proposition de la compagnie du Berger, troupe à l'expression militante récurrente, à la permanente combativité artistique et pourvue d'un engagement générateur d'une créativité ambitieuse, imprégnée de collectif, soucieuse d'authenticité. Tout en ayant gardé un esprit festif… et populaire… au sens où le peuple aime vraiment à l'entendre !       <br />
              <br />
       &quot;L’Établi&quot; est l'histoire d'une immersion, celle de Robert Linhart, sociologue et écrivain, qui entre en 67, dans le cadre du mouvement des &quot;établis&quot;, comme ouvrier spécialisé dans l'usine Citroën de la porte de Choisy à Paris. L'intention est ici de vivre le quotidien des ouvriers dans une grande entreprise industrielle parisienne. Assimiler les gestes sans cesse répétés, découvrir les cadences infernales des chaînes de production déshumanisées, apprendre la notion de rentabilité souveraine au détriment des conditions de travail, les relations faussées avec le patron, où la supériorité hiérarchique assène insidieusement sa violence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945881.jpg?v=1530374353" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      Rarement une expérience aussi inhabituelle - des centaines de militants intellectuels iront travailler dans les usines - aura été tentée dans cette bonne vieille Europe, et en France en particulier où une révolution &quot;moderne&quot; modifia pour des décennies non pas les modes de pensée mais le cadre dans lequel celles-ci s'inscrivaient, offrant ainsi plus de liberté à certaines d'entre elles.       <br />
              <br />
       Sur scène, une dizaine d'artistes accompagnés par la musique - jouée en direct - pour restituer la véracité de la lutte des classes dans un univers industriel sonore et bruyant, métallique et rude. Un immense montage &quot;tôles et ferrailles&quot; cadre un décor où l'acier semble suer de l'huile ; où les carcasses automobiles - vidéos dévoilant les différentes chaînes de fabrication dont l'infernale presse d'emboutissage - attendent le début de leur vie mécanique.       <br />
              <br />
       Musiques et bruitages imposent leur présence, entre sirènes stridentes, entrechocs de métaux et riffs guerriers de guitare émanant d'un second plan vitré et enfumé, atelier imaginaire d'un probable enfer sonore et musicale. Chacun vaque à ses occupations laborieuses dans une manière de chronique prolétarienne qui démarre par le jour d'embauche de &quot;l'établi&quot;… Et se poursuit jusqu'aux premières grèves qui détermineront le destin de nos protagonistes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945882.jpg?v=1530374382" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      On est ici dans un mix réussi de formes théâtrales documentaire, historique et politique, où différentes situations ou attitudes - dramatiques, sociales, sociétales, idéologiques - apparaissent ouvertement ou en filigrane : le communautarisme et la variété des nationalités représentative des vagues d'émigration des années cinquante, le syndicalisme et sa légitimité, le pouvoir des cadres, la justification du militantisme quel qu'il soit, les relations ouvrières, le choix des revendications, etc.       <br />
              <br />
       La mise en scène d'Olivier Mellor vise la reconstitution manufacturière, d'où émane la sueur travailleuse, les fumées et les poussières industrieuses et le brouhaha des machines-outils vomissant leurs tonitruantes partitions. En appui de cette astucieuse mise en espace, immense atelier où s'exercent, simultanément ou successivement, les diverses activités voués à l'assemblage de la &quot;deudeuche&quot;, des vidéos montrent, dans un réalisme documentaire, des déambulations humaines et d'autres, plus monstrueuses, de pièces sur les chaînes d'assemblage ou de façonnage. Les comédiens, interprètent, avec précision, avec une réelle énergie, une densité dévoilant une forte implication, une reconstitution qui n'en est pas une mais dont la puissance de jeu ne trahit aucune prise de position, si ce n'est celle collective, connue, de la Cie du Berger.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945883.jpg?v=1530374415" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      Celle-ci n'use pas de prise de recul analytique sur une période riche en multiples interprétations, ne voulant pas dogmatiser le propos, mais aborde les dix mois d'immersion de Robert Linhart comme un terrain, une friche, toujours à explorer, à questionner, source d'étonnement mais aussi d'espoirs à renouveler. Le livre de Linhart, la création de la compagnie du Berger sont une représentation d'un fait nécessaire, pertinente, utile, entrant dans leur engagement artistique et humain, ce qui est également peut-être encore le cas pour certains d'entre nous.       <br />
              <br />
       N'oublions jamais qu'un jour, un peuple (du moins une partie de celui-ci) essaya de prendre son destin en main. Et créa mille infimes espoirs, mille petits décalages idéologiques, mille petites joyeuses vibrations pour changer notre société, mille petits riens qui changèrent le quotidien… et perdurent encore… parfois. Il serait peut-être temps de renouveler cette espérance !       <br />
              <br />
       Encore aujourd'hui, la négation de mai 68, ou la volonté d'en effacer l'héritage, est le résultat - comme un effet de bombe à retardement révolutionnaire - de l'importance de ce qui s'est produit il y a cinquante ans. Cette réfutation, cette volonté d'effacement sont les meilleures preuves de son inexorable empreinte.       <br />
              <br />
       Spectacle vu au Théâtre de Théâtre de l'Épée de Bois à Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Établi"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945884.jpg?v=1530462003" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      Auteur : Robert Linhart.       <br />
       Mise en scène : Olivier Mellor.       <br />
       Avec : Aurélien Ambach-Albertini, Mahrane Ben Haj Khalifa, François Decayeux, Hugues Delamarlière, Romain Dubuis, Éric Hémon, Séverin “Toskano” Jeanniard, Olivier Mellor, Stephen Szekely, Vadim Vernay et la voix de Robert Linhart.       <br />
       Musiciens, musique originale : Séverin &quot;Toskano&quot; Jeanniard, Romain Dubuis, Olivier Mellor, Vadim Vernay.       <br />
       Son : Séverin Jeanniard, Benoit Moreau, Vadim Vernay.       <br />
       Lumière : Olivier Mellor.       <br />
       Scénographie : Séverin Jeanniard, Olivier Mellor, François Decayeux.       <br />
       Vidéo : Mickael Titrent, Ludo Leleu.       <br />
       Par la Compagnie du Berger.       <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26945944.jpg?v=1538125719" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      <b>A été représenté du 7 juin au 1er juillet 2018.</b>       <br />
       Au Théâtre de l'Épée de Bois, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e.       <br />
       <b>A été représenté du 6 au 29 juillet 2018.</b>       <br />
       À Présence Pasteur, Grande Salle, dans le cadre d'Avignon Off.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 12 octobre 2018.</span>       <br />
       Mercredi à 19 h 30, jeudi et venderdi à 20 h 30.       <br />
       Comédie de Picardie, Amiens (80), 03 22 22 20 20.       <br />
       <a class="link" href="http://www.comdepic.com/" target="_blank">&gt;&gt; comdepic.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/25939170-26946129.jpg?v=1538125739" alt=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title=""L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
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     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/L-Etabli-Chronique-d-un-avant-mai-68-Quand-des-intellectuels-militants-cotoyerent-les-masses-ouvrieres_a2248.html" />
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   <title>•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières</title>
   <updated>2018-07-01T18:19:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avignon-Off-2018-L-Etabli-Chronique-d-un-avant-mai-68-ou-des-intellectuels-militants-cotoyerent-les-masses-ouvrieres_a2176.html</id>
   <category term="Avignon 2018" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/23391339-25688729.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-06-30T17:38:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il y a 50 ans éclatait mai 68, il y a 40 ans paraissant "L'Établi", il y a 25 ans naissait la Cie du Berger. Et en 2018, retour sur une expérience ouvrière peu ordinaire, oublié, mais à l'intérêt documentaire pertinent - et plein d'enseignement - en ces temps de dislocation syndicale, de désagrégation sociale sur fond de libéralisme exacerbé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23391339-25688729.jpg?v=1530374307" alt="•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title="•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
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     <div>
      C'est la proposition de la compagnie du Berger, troupe à l'expression militante récurrente, à la permanente combativité artistique et pourvue d'un engagement générateur d'une créativité ambitieuse, imprégnée de collectif, soucieuse d'authenticité. Tout en ayant gardé un esprit festif… et populaire… au sens où le peuple aime vraiment à l'entendre !       <br />
              <br />
       &quot;L’Établi&quot; est l'histoire d'une immersion, celle de Robert Linhart, sociologue et écrivain, qui entre en 67, dans le cadre du mouvement des &quot;établis&quot;, comme ouvrier spécialisé dans l'usine Citroën de la porte de Choisy à Paris. L'intention est ici de vivre le quotidien des ouvriers dans une grande entreprise industrielle parisienne. Assimiler les gestes sans cesse répétés, découvrir les cadences infernales des chaînes de production déshumanisées, apprendre la notion de rentabilité souveraine au détriment des conditions de travail, les relations faussées avec le patron, où la supériorité hiérarchique assène insidieusement sa violence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23391339-25688738.jpg?v=1530374353" alt="•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title="•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      Rarement une expérience aussi inhabituelle - des centaines de militants intellectuels iront travailler dans les usines - aura été tentée dans cette bonne vieille Europe, et en France en particulier où une révolution &quot;moderne&quot; modifia pour des décennies non pas les modes de pensée mais le cadre dans lequel celles-ci s'inscrivaient, offrant ainsi plus de liberté à certaines d'entre elles.       <br />
              <br />
       Sur scène, une dizaine d'artistes accompagnés par la musique - jouée en direct - pour restituer la véracité de la lutte des classes dans un univers industriel sonore et bruyant, métallique et rude. Un immense montage &quot;tôles et ferrailles&quot; cadre un décor où l'acier semble suer de l'huile ; où les carcasses automobiles - vidéos dévoilant les différentes chaînes de fabrication dont l'infernale presse d'emboutissage - attendent le début de leur vie mécanique.       <br />
              <br />
       Musiques et bruitages imposent leur présence, entre sirènes stridentes, entrechocs de métaux et riffs guerriers de guitare émanant d'un second plan vitré et enfumé, atelier imaginaire d'un probable enfer sonore et musicale. Chacun vaque à ses occupations laborieuses dans une manière de chronique prolétarienne qui démarre par le jour d'embauche de &quot;l'établi&quot;… Et se poursuit jusqu'aux premières grèves qui détermineront le destin de nos protagonistes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23391339-25688741.jpg?v=1530374382" alt="•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title="•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      On est ici dans un mix réussi de formes théâtrales documentaire, historique et politique, où différentes situations ou attitudes - dramatiques, sociales, sociétales, idéologiques - apparaissent ouvertement ou en filigrane : le communautarisme et la variété des nationalités représentative des vagues d'émigration des années cinquante, le syndicalisme et sa légitimité, le pouvoir des cadres, la justification du militantisme quel qu'il soit, les relations ouvrières, le choix des revendications, etc.       <br />
              <br />
       La mise en scène d'Olivier Mellor vise la reconstitution manufacturière, d'où émane la sueur travailleuse, les fumées et les poussières industrieuses et le brouhaha des machines-outils vomissant leurs tonitruantes partitions. En appui de cette astucieuse mise en espace, immense atelier où s'exercent, simultanément ou successivement, les diverses activités voués à l'assemblage de la &quot;deudeuche&quot;, des vidéos montrent, dans un réalisme documentaire, des déambulations humaines et d'autres, plus monstrueuses, de pièces sur les chaînes d'assemblage ou de façonnage. Les comédiens, interprètent, avec précision, avec une réelle énergie, une densité dévoilant une forte implication, une reconstitution qui n'en est pas une mais dont la puissance de jeu ne trahit aucune prise de position, si ce n'est celle collective, connue, de la Cie du Berger.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23391339-25688744.jpg?v=1530374415" alt="•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title="•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      Celle-ci n'use pas de prise de recul analytique sur une période riche en multiples interprétations, ne voulant pas dogmatiser le propos, mais aborde les dix mois d'immersion de Robert Linhart comme un terrain, une friche, toujours à explorer, à questionner, source d'étonnement mais aussi d'espoirs à renouveler. Le livre de Linhart, la création de la compagnie du Berger sont une représentation d'un fait nécessaire, pertinente, utile, entrant dans leur engagement artistique et humain, ce qui est également peut-être encore le cas pour certains d'entre nous.       <br />
              <br />
       N'oublions jamais qu'un jour, un peuple (du moins une partie de celui-ci) essaya de prendre son destin en main. Et créa mille infimes espoirs, mille petits décalages idéologiques, mille petites joyeuses vibrations pour changer notre société, mille petits riens qui changèrent le quotidien… et perdurent encore… parfois. Il serait peut-être temps de renouveler cette espérance !       <br />
              <br />
       Encore aujourd'hui, la négation de mai 68, ou la volonté d'en effacer l'héritage, est le résultat - comme un effet de bombe à retardement révolutionnaire - de l'importance de ce qui s'est produit il y a cinquante ans. Cette réfutation, cette volonté d'effacement sont les meilleures preuves de son inexorable empreinte.       <br />
              <br />
       Spectacle vu au Théâtre de Théâtre de l'Épée de Bois à Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Établi"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23391339-25695270.jpg?v=1530462003" alt="•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" title="•Avignon Off 2018• "L'Établi"…  Chronique d'un avant mai 68 où des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières" />
     </div>
     <div>
      Auteur : Robert Linhart.       <br />
       Mise en scène : Olivier Mellor.       <br />
       Avec : Aurélien Ambach-Albertini, Mahrane Ben Haj Khalifa, François Decayeux, Hugues Delamarlière, Romain Dubuis, Éric Hémon, Séverin “Toskano” Jeanniard, Olivier Mellor, Stephen Szekely, Vadim Vernay et la voix de Robert Linhart.       <br />
       Musiciens, musique originale : Séverin &quot;Toskano&quot; Jeanniard, Romain Dubuis, Olivier Mellor, Vadim Vernay.       <br />
       Son : Séverin Jeanniard, Benoit Moreau, Vadim Vernay.       <br />
       Lumière : Olivier Mellor.       <br />
       Scénographie : Séverin Jeanniard, Olivier Mellor, François Decayeux.       <br />
       Vidéo : Mickael Titrent, Ludo Leleu.       <br />
       Par la Compagnie du Berger.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 7 juin au 1er juillet 2018.</b>       <br />
       Au Théâtre de l'Épée de Bois, Cartoucherie de Vincennes, Paris 12e.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2018•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 29 juillet 2018.</span>       <br />
       Tous les jours à 12 h 50, relâche le lundi.       <br />
       Présence Pasteur, Grande Salle,       <br />
       Lycée Pasteur, 13, rue du Pont Trouca, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 74 18 54.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-espoir.fr/presence-pasteur/programmation/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-espoir.fr/presence-pasteur</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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