<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-09-06T23:04:18+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert</title>
   <updated>2026-01-24T18:08:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Contemporaine-et-admirablement-dirigee-Les-Femmes-savantes-de-Moliere-mis-en-scene-par-Benoit-Lambert_a4460.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93871364-65531265.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-26T17:27:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Benoît Lambert revient régulièrement vers l'œuvre de Molière. Après "Les Fourberies de Scapin", "Le Misanthrope", "Tartuffe", "L'Avare", cette relation intime de plus de trente ans entre l'auteur et le metteur en scène continue avec "Les Femmes Savantes". Une pièce qui, encore de nos jours et peut-être plus encore que précédemment, fait polémique autour de la misogynie qu'elle paraît véhiculer en mettant au centre de la pièce l'espace réservé aux femmes dans la société du XVIIᵉ siècle, et les espaces dont elles sont bannies.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531265.jpg?v=1769272279" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Cet espace destiné aux femmes, c'est le foyer, la maternité et l'adoration réciproque (si cela se peut) avec son époux qui, lui seul, détient le pouvoir du savoir, autre que celui des comptes du ménage, des habits et de la gestion des domestiques qu'elles sont si contentes d'avoir en charge. Un avenir résolument réduit et dominé par l'homme. Mais, dans une quête d'émancipation féminine, voici les femmes savantes, lectrices cultivées, philosophes, poétesses et dédaigneuses de tout ce qui renvoie l'humain à sa condition animale et ses instincts vulgaires.        <br />
              <br />
       La pièce de Molière développe cette opposition entre &quot;la tradition&quot; et cette révolte au sein d'une famille prise en étau entre la volonté toute-puissante de la mère et son désir littéraire et scientifique, et le pouvoir vacillant du père, nostalgique d'un ordre plus intéressé par la bonne bouffe et la satisfaction des sens que par le spirituel.       <br />
              <br />
       L'équilibre est délicat entre les ridicules estampillés Molière : risible père lâche et velléitaire, risible mère sur-exaltée par l'art et la science, et les discours radicaux qu'ils alignent tous les deux. Le comique devient alors parfois acide, âpre et cru. Benoît Lambert ne tente pas de tordre la pièce dans un sens ou dans l'autre. Il dirige ses comédiennes et ses comédiens en écartant la plupart des caricatures de jeu, des tics, des grandiloquences que certaines scènes et que la plupart des personnages suggèrent d'habitude pour pousser le comique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531266.jpg?v=1769272330" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Même le personnage de Trissotin, pédant ridicule aux traits de caractère si souvent amplifiés qu'il est entré dans le langage courant, est ici interprété avec un réalisme qui n'exagère pas le ridicule du personnage, ce qui donne à son discours des moments d'admirable bêtise et de splendide mauvaise foi.       <br />
              <br />
       Cette volonté réaliste ne nuit pas au comique de la pièce et des situations, mais elle fait qu'on ressent avec beaucoup plus de sérieux les propos de chacun des partis : celui, rétrograde, de Chrysale, le père, de sa fille cadette, Henriette, et celui de Martine, la bonne, ainsi que de Clitandre, le fiancé. En face, le parti émancipateur de Philaminte, la mère, de sa fille aînée, Armande, de sa sœur Bélise et de Trissotin, le coq spirituel de ce cercle de femmes lettrées, une assemblée active à créer une université et produire des œuvres intellectuelles, scientifiques, artistiques.       <br />
              <br />
       Il s'agit bien de deux partis, opposés, deux clans dans la même famille. Pour rendre encore plus perceptible cette guerre intime, les uns sont habillés de couleurs, de broderies, de brocards et de boucles, quand le clan des savantes est tout vêtu de noir et de blanc, comme une représentation de l'esprit de rigueur qui les anime et de l'ascétisme des sens qu'elles revendiquent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531286.jpg?v=1769272370" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Benoît Lambert parvient ainsi à fabriquer une machine de scénographie, de son, de jeu et de profération des alexandrins qui avance sans chaos, implacablement, rythmée. Elle rend sans atténuation les aspects rugueux de certaines répliques qui sonnent de nos jours extraordinairement rétrogrades et misogynes, mais le but de Molière était peut-être de provoquer ainsi le public en montrant, comme il le fait dans d'autres pièces, les vices à la mode qui passent pour vertu, les radicalisant, les exagérant pour en montrer tous les ridicules.       <br />
              <br />
       Il y a quelque chose de fondamentalement contemporain dans cette création qui, pourtant, ne tente pas de transposer la pièce à notre époque. Au contraire. Les costumes de robes à volants et de pourpoints chamarrés, la scénographie faite d'une dizaine de bibliothèques emplies de livres, d'instruments scientifiques anciens et de sculptures en plâtre (bustes et reproduction de la Victoire de Samothrace), tout renvoie au temps passé, de même que les alexandrins. La musique elle-même, qui intervient lors des quelques changements de décors, dirigés comme des ballets vifs et rythmés des dix bibliothèques, dessinant pour chaque acte les contours divers des différents lieux de la maison.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531288.jpg?v=1769272415" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      La distribution, faite aux deux tiers de comédiennes et de comédiens fraîchement sortis de l'École de la Comédie de Saint-Étienne, donne l'occasion à ces jeunes artistes de montrer toutes leurs qualités acquises ou innées. La formidable présence de Christian Franz dans le rôle de Clitandre, le sens aigu du comique de Marie Le Masson dans le rôle d'Henriette, l'énergie et les facéties communicatives de Raphaël Deshogues dans le personnage d'Ariste et de Vadius, savant maladroit nimbé d'une impressionnante hargne.       <br />
              <br />
       Lara Raymond, elle, se glisse dans la peau de Martine, la bonne, pieds plantés dans le sol et verbe haut, elle est une bouffée de fraîcheur et de naturel ; quant à Armande, la sœur aînée, Lina Alsayed lui donne toutes les facettes que le caractère entre chaleur et froideur possède et, &quot;last but not least&quot;, comme on dit outre-manche, Bélise, personnage dont le haut comique ressort magnifiquement dans l’interprétation hilarante de Marion Astorg : et puis, Trissotin, superbement interprété par Ludovic Bou qui donne pour une fois au personnage un bel éclat de jeunesse, gommant un peu le factice du personnage contre plus de sincérité, plus de fragilité, même dans l’hypocrisie la plus criante.       <br />
              <br />
       Anne Cuisenier, Emmanuel Vérité et Colin Rey &quot;chaperonnent&quot; avec art et talent cette nouvelle génération de comédiens.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531289.jpg?v=1769272441" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène : Benoît Lambert       <br />
       Assistant à la mise en scène : Colin Rey.       <br />
       Avec : Lina Alsayed, Marion Astorg, Ludovic Bou, Anne Cuisenier, Raphaël Deshogues, Christian Franz, Marie Le Masson, Lara Raymond, Colin Rey, Emmanuel Vérité.       <br />
       Scénographie et création lumière : Antoine Franchet.       <br />
       Costumes : Violaine L. Chartier.       <br />
       Création son : Fabrice Drevet.       <br />
       Coiffures et perruques : Pascal Jehan.       <br />
       Maquillage : Caroline Cacciatore-Faure.       <br />
       Construction décor et costumes : Ateliers de la Comédie de Saint-Étienne.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée estimée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 31 janvier 2026.</span>       <br />
       Du lundi au vendredi à 20 h, samedi 31 janvier à 17 h.       <br />
       La Comédie - CDN, place Jean Dasté, Saint-Étienne (42).       <br />
       Téléphone : 04 77 25 14 14.       <br />
       <a class="link" href="https://lacomedie.notre-billetterie.fr/formulaire?dial=sommaire25" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lacomedie.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lacomedie.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93871364-65531292.jpg?v=1769272471" alt="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" title="Contemporaine et admirablement dirigée… "Les Femmes savantes" de Molière mis en scène par Benoît Lambert" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       Du 5 au 7 février 2026 : Comédie de Colmar - CDN Grand Est Alsace, Colmar (68).       <br />
       17 et 18 février 2026 : Théâtre de Nîmes - Scène conventionnée ;, Nîmes (30).       <br />
       10 &gt; 11 mars 2026 : La Coursive - Scène nationale de La Rochelle       <br />
       17 &gt; 18 mars 2026 : Le Bateau Feu - Scène nationale de Dunkerque       <br />
       26 &gt; 27 mars 2026 : L'Odyssée - Scène conventionnée de Périgueux       <br />
       31 mars 2026 et 1ᵉʳ avril 2026 : Théâtre d'Angoulême - Scène nationale, Angoulême (16).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Contemporaine-et-admirablement-dirigee-Les-Femmes-savantes-de-Moliere-mis-en-scene-par-Benoit-Lambert_a4460.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2025• "L'Ouvrir" Un petit écrin féminin, militant, soft et poétique, au message universel tout en filigrane</title>
   <updated>2025-06-26T09:33:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-L-Ouvrir-Un-petit-ecrin-feminin-militant-soft-et-poetique-au-message-universel-tout-en-filigrane_a4271.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89549682-63302565.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-06-25T17:18:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est l'histoire d'un coming-out, ou plutôt d'un "coming-in". Elles sont trois au plateau pour accompagner pas à pas le dévoilement d'Alex, jeune fille à la vie bien rangée qui, au seuil de sa vie d'adulte, se découvre lesbienne.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89549682-63302565.jpg?v=1750864800" alt="•Off 2025• "L'Ouvrir" Un petit écrin féminin, militant, soft et poétique, au message universel tout en filigrane" title="•Off 2025• "L'Ouvrir" Un petit écrin féminin, militant, soft et poétique, au message universel tout en filigrane" />
     </div>
     <div>
      &quot;L'ouvrir&quot; ! Oui, mais quoi exactement ? Le cœur ? L'âme ? Sa conscience ? La bouche, pour dire, pour &quot;SE&quot; dire et se reconnaître enfin ? Un peu de tout cela probablement à travers cette pièce resserrée de Morgan•e Janoir, dans laquelle le récit unique, auto-fictionnel, se déploie tout en finesse et douce sobriété, non sans convoquer, en filigrane, une portée universelle bien plus large.       <br />
              <br />
       Sur le plateau, c'est militant, certes, mais d'un militantisme soft et profondément humain, via un cheminement intérieur vers l'homosexualité bien souvent invisibilisée. Pourtant, au cours de ses recherches, Morgan•e Janoir dit avoir rencontré des lesbiennes très militantes portant aussi leur différence à hauteur politique.       <br />
              <br />
       Sur scène, le choix artistique de l'écriture s'est porté ailleurs que vers cet angle unique, et s'est étiré bien davantage vers le prisme d'une prise de conscience face à une normalisation (petit copain, diplômes, CDI, etc.) avec quelques voix off documentaires intergénérationnelles savamment dosées.       <br />
              <br />
       Comment faire pour transgresser la norme ? Pour aimer une femme et en être fière ?       <br />
       La comédienne principale à la silhouette frêle et au regard perçant, Pauline Legoëdec, incarne ces questionnements avec une grande aura toute féminine et raffinée, non dépourvue d'une force persuasive hautement juste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89549682-63302566.jpg?v=1750864830" alt="•Off 2025• "L'Ouvrir" Un petit écrin féminin, militant, soft et poétique, au message universel tout en filigrane" title="•Off 2025• "L'Ouvrir" Un petit écrin féminin, militant, soft et poétique, au message universel tout en filigrane" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;La communauté queer, et en particulier lesbienne, est une communauté dont la mémoire a souvent été effacée. Ma découverte de récits d'autres personnes (…), la recherche d'archives et de travaux artistiques a été une étape essentielle dans mon parcours intime (…) dont l'un des objectifs est de se sentir moins seul(e) et de se reconnaître&quot;,</span> souligne Morgan•e Janoir.       <br />
              <br />
       Rien de simple de porter sur les planches certains thèmes sociétaux, quand bien même Iel est un fossé gigantesque entre l'acte créateur et la réception… Et après tout, pourquoi se poser cette question plutôt en marge alors que le &quot;seul&quot; résultat compte ! L'envie de créer, de dire, de &quot;l'ouvrir&quot; se suffit souvent à elle-même !       <br />
              <br />
       Avec cette bien jolie pièce aux allures d'écrin ouaté, satiné et éclairé, Morgan•e Janoir a su créer avec virtuosité.  <span style="font-style:italic">&quot;Iel y est parvenu haut la main et les mots, en se demandant, dans un murmure à nos oreilles, s'il faut que cette émancipation soit un basculement ? Et si c'est le cas, qu'il soit magique ou cruel, pourquoi faut-il nécessairement chercher des indices ?&quot;</span> (Sic).       <br />
              <br />
       Pour tenter d'y répondre, c'est une scénographie épurée qui a été pensée, avec des bocaux éclairés disposés au sol, ainsi qu'une longue guirlande évoquant les étapes intimes du cheminement de Pauline Legoëdec dans le rôle d'Alex.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Les lanternes lumineuses rejoindront les cintres du Théâtre Le  11 Avignon et seront suspendues&quot;,</span> précise Morgan•e, car au Beau Lavoir de Montreuil, cela n'a pas été possible. Ce détail scénique apportera certainement un supplément au propos, et pas seulement esthétique : comme le symbole d'une libération intérieure ou d'une forme d'élévation toute personnelle probablement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89549682-63302580.jpg?v=1750864862" alt="•Off 2025• "L'Ouvrir" Un petit écrin féminin, militant, soft et poétique, au message universel tout en filigrane" title="•Off 2025• "L'Ouvrir" Un petit écrin féminin, militant, soft et poétique, au message universel tout en filigrane" />
     </div>
     <div>
      La musique en live interprétée par Valentine Gérinière, à la flûte et au piano virtuel, apporte à la parole de ses deux partenaires de jeu une douce atmosphère féminine et poétique, alors que d'autres passages de musique électronique et acoustique donnent écho à l'émancipation d'Alex.       <br />
              <br />
       Les moments chantés en binôme par Morgan•e Janoire et Pauline Legoëdec, ou simplement déclamés – qui ne sont pas sans rappeler par moments, mais de façons très fine et délicate, &quot;Les Demoiselles de Rochefort&quot; ou encore le phrasé d'Abd al Malik proche du &quot;spoken-word&quot; – se tuilent à merveille et harmonieusement.       <br />
              <br />
       Au début du spectacle, des coups de baguette obsédants précisent que &quot;les choses&quot; commencent, puis une voix s'y greffe. Le ton est donné ! À la fin, ces coups de baguette ont fait leur office autour du &quot;grand congrès de la cacophonie intérieure&quot; d'Alex et se taisent.       <br />
       Comme pour mieux résonner aux oreilles des spectateurs !       <br />
       Le festival Off d'Avignon existe aussi pour que des productions semblables puissent avoir lieu.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Ouvrir"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89549682-63302581.jpg?v=1750864894" alt="•Off 2025• "L'Ouvrir" Un petit écrin féminin, militant, soft et poétique, au message universel tout en filigrane" title="•Off 2025• "L'Ouvrir" Un petit écrin féminin, militant, soft et poétique, au message universel tout en filigrane" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Morgan•e Janoir.       <br />
       Avec : Morgan•e Janoir, Valentine Gérinière et Pauline Legoëdec.       <br />
       Création musicale : Valentine Gérinière.       <br />
       Création lumières : Titiane Barthel.       <br />
       Par la Cie Sorcières et Cie/Le Bureau des filles.       <br />
       Tout public dès 12 ans.       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
              <br />
       Spectacle vu en avant-première le vendredi 20 juin 2025 au Studio d'enregistrement le Beau Labo à Montreuil.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 24 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 45. Relâche le vendredi.       <br />
       Théâtre Le 11 Avignon, Salle 3, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@11avignon.com')" >contact@11avignon.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/programmation#mosaique" target="_blank">>> 11avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-L-Ouvrir-Un-petit-ecrin-feminin-militant-soft-et-poetique-au-message-universel-tout-en-filigrane_a4271.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Aimez-vous Brahms" Une adaptation sensible et toute en mesure à la hauteur des enjeux du roman</title>
   <updated>2025-03-11T16:51:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Aimez-vous-Brahms-Une-adaptation-sensible-et-toute-en-mesure-a-la-hauteur-des-enjeux-du-roman_a4167.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87085133-61837383.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-03-11T07:47:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Paula, une femme élégante et indépendante à l'aube de la quarantaine, est divorcée et exerce le métier d'architecte-décoratrice d'intérieur. Elle partage sa vie entre deux hommes : Roger, son amant fidèle, et Simon, un jeune homme sincèrement épris d'elle. Dans ce trio amoureux, chacun tente de trouver sa place tandis que Paula s'interroge sur le sens de l'amour et la fuite du temps. Ce roman de Françoise Sagan explore avec finesse les thèmes de la solitude, du désir et des illusions, offrant un regard à la fois tendre et lucide sur les relations humaines.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87085133-61837381.jpg?v=1741625484" alt=""Aimez-vous Brahms" Une adaptation sensible et toute en mesure à la hauteur des enjeux du roman" title=""Aimez-vous Brahms" Une adaptation sensible et toute en mesure à la hauteur des enjeux du roman" />
     </div>
     <div>
      Il n'est jamais simple d'assister à une adaptation théâtrale lorsque l'ouvrage concerné par elle nous a profondément emballés à sa lecture, et qu'il fait partie de celles, essentielles, qui nous ont fait grandir.       <br />
              <br />
       &quot;Aimez-vous Brahms&quot; a été écrit par Françoise Sagan alors qu'elle n'avait que 24 ans et il fait partie de ces ouvrages révélateurs pour nous. Nous avions sensiblement le même âge que la romancière à sa découverte, mais nous nous en souvenons comme si c'était hier… &quot;La petite musique&quot; de Françoise Sagan nous avait déjà happés, tout comme celle de &quot;Bonjour Tristesse&quot;, forcément.       <br />
              <br />
       Dans cette adaptation du roman par Martin Gros, la valse des amours éphémères, entraînante et étourdissante, régie par le cœur et les sens, est très justement retransposée grâce au jeu investi et très juste des deux comédiennes et des deux comédiens.       <br />
              <br />
       Notamment celui de Paula, interprété par Rosa Ruiz, personnage obnubilé par la fuite du temps et le sens de l'amour. L'actrice, sensible et comme enveloppée d'une aura toute particulière, rayonne tout au long de la pièce. Ceci avait déjà été palpable pour nous dans son interprétation très incarnée de George Sand, il y a quelques années dans la pièce &quot;George Sand. Confidences de la dame de Nohant&quot;, et son jeu très incarné nous avait déjà largement conquis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87085133-61837383.jpg?v=1741625502" alt=""Aimez-vous Brahms" Une adaptation sensible et toute en mesure à la hauteur des enjeux du roman" title=""Aimez-vous Brahms" Une adaptation sensible et toute en mesure à la hauteur des enjeux du roman" />
     </div>
     <div>
      C'est avec une grande élégance que la comédienne parvient à interpréter la solitude de son personnage, le sourire aux lèvres malgré tout. Une femme entre deux hommes et entre deux âges. En cette journée du 8 mars dédiée aux droits des femmes, ceci a pris une ampleur toute particulière… On sent la comédienne comme enveloppée d'un voile de douceur conjugué à quelque chose d'un peu fragile qui, pourtant, irradie le plateau.       <br />
              <br />
       Peut-être aurait-il été possible, du point de vue de la dramaturgie, que la fuite du temps qui imprègne le roman de Sagan et obnubile constamment l'héroïne soit davantage mise en exergue. <span style="font-style:italic">&quot;Paula contemplait son visage dans la glace et en détaillait les défauts accumulés en trente-neuf ans, une par une, non point avec affolement, mais avec une tranquillité à peine attentive (…). Elle se reconnaissait à peine, et s'était mise devant son miroir pour tuer le temps, et elle découvrait que c'était lui qui la tuait à petit feu (…).&quot;</span>       <br />
              <br />
       La relation amoureuse triangulaire, fort justement interprétée cela dit, prend probablement un peu trop en mains les rênes de la pièce. La salle du TNO dans laquelle se joue la pièce jusqu'au 28 mars se prête totalement aux allées et venues des comédiens, leur permettant d'entrer souvent en coulisses, d'en ressortir sans cesse, virevoltants, pressés, en recherche d'eux-mêmes ou d'autres choses : la fuite du temps, l'amour complexe et antagoniste éparpillant la conscience même de l'héroïne, l'affront de la fatalité, l'ambivalence masculine.       <br />
              <br />
       Le quatuor des comédiens, sous la houlette scénographique de Nicole Gros, propose ici un spectacle de qualité qui résonne encore très largement plus de soixante ans après l'écriture du roman.       <br />
              <br />
       Rien de moins simple dans les relations amoureuses, ni dans la fuite du temps, inexorable.       <br />
       Si vous n'aimez pas Brahms, vous apprécierez malgré tout cette adaptation théâtrale de qualité.        <br />
       Courez-y : il ne reste que quelques dates…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Aimez-vous Brahms… La valse des amours éphémères"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87085133-61837436.jpg?v=1741625543" alt=""Aimez-vous Brahms" Une adaptation sensible et toute en mesure à la hauteur des enjeux du roman" title=""Aimez-vous Brahms" Une adaptation sensible et toute en mesure à la hauteur des enjeux du roman" />
     </div>
     <div>
      D'après &quot;Aimez-vous Brahms&quot; (1959) de Françoise Sagan.       <br />
       Adapation : Nicole Gros.       <br />
       Mise en scène : Nicole Gros.       <br />
       Assistante mise en scène : Élise Vega Beron.       <br />
       Distribution : Muriel Adam, Rosa Ruiz, Pascal Perraudin, Guillaume Millet.       <br />
       Costumes : Frédéric Morel.       <br />
       Conseiller musical : Marc Laurette.       <br />
       Lumières : Alexandre de Pardaillan.       <br />
       Durée 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Spectacle ayant obtenu le soutien de l'Association Françoise Sagan et l'assentiment de son fils, Denis Westhoff.</span>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du samedi 22 février au vendredi 28 mars 2025.</span>       <br />
       Mardi 11 mars à 20 h 30, jeudi 27 février 18 h 30, vendredis 28 février et 28 mars à 18 h 30, vendredi 7 mars à 20 h 30, samedi à 16 h 30 sauf samedi 22 mars à 14 h, dimanche à 14 h 30 sauf dimanche 9 mars à 16 h 30.       <br />
       Théâtre du Nord-Ouest, Paris 9e, 01 47 70 32 75.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredunordouest.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredunordouest.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Aimez-vous-Brahms-Une-adaptation-sensible-et-toute-en-mesure-a-la-hauteur-des-enjeux-du-roman_a4167.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La Trouée - road-trip rural" Un spectacle d'une rare intensité agencé avec brio et maestria par une comédienne investie</title>
   <updated>2024-12-18T15:28:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Trouee-road-trip-rural-Un-spectacle-d-une-rare-intensite-agence-avec-brio-et-maestria-par-une-comedienne-investie_a4108.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/85027237-60667533.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-18T14:16:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Faire son trou, mais où ? Pour les femmes, en zone rurale, rien de simple à ce titre. "La Trouée", seule en scène de la comédienne Cécile Morelle, interroge la place de ces dernières dans cet univers sous forme d'une carte postale tragi-comique des corps de ferme et de culture, là où la Culture est une denrée rare… Ce spectacle, c'est son histoire, à Cécile Morelle, d'origine picarde, et qui cherche encore où se trouve son "chez-soi". Mais c'est l'histoire d'autres femmes aussi qui décident de dialoguer autour de cet univers rural. Dans cet échange se déploient témoignages et souvenirs qui vont constituer une image à la fois sensible et complexe de la ruralité. Pour elles, les femmes…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85027237-60667533.jpg?v=1734529502" alt=""La Trouée - road-trip rural" Un spectacle d'une rare intensité agencé avec brio et maestria par une comédienne investie" title=""La Trouée - road-trip rural" Un spectacle d'une rare intensité agencé avec brio et maestria par une comédienne investie" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Il était une fois une tiot picarde qui voulait travailler dans la &quot;culture&quot; comme sa grand-mère paysanne, mais pas dans un champ de patates, non, plutôt sur un plateau de théâtre. Bottes aux pieds, elle file à la Capitale (…), et de main terreuse, main trayeuse, elle devient main conteuse, main signante, main autrice, main cherchant l'horizon parmi les hautes tours des immeubles citadins.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(…) Mais, assez vite, les bottes s'usent et les talons hauts des escarpins claquent trop bruyamment sur le bitume parisien ; elles veulent rebrousser chemin, retourner dans le pays de l'enfance, pour faire du théâtre pour ceux d'là-bas, ceux d'chez moi (…).</span>       <br />
              <br />
       Alors la Compagnie Le Compost voit le jour ainsi que le spectacle &quot;La Trouée - Road-Trip rural&quot;.       <br />
       Ces paroles sont celles de Cécile Morelle, comédienne et petite fille d'agricultrice en Picardie qui, de toute évidence, n'a pas supporté le vacarme citadin et lui a préféré les silences de la campagne et, d'une certaine manière, celui des femmes qui y vivent, mais qu'elle trouvera le moyen de faire parler. Toutes ces femmes qui travaillent bien souvent à la ferme dans l'ombre de leurs maris, des &quot;secondes&quot; en fait, des petites mains parallèles, mais toujours là pourtant…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85027237-60667583.jpg?v=1734529563" alt=""La Trouée - road-trip rural" Un spectacle d'une rare intensité agencé avec brio et maestria par une comédienne investie" title=""La Trouée - road-trip rural" Un spectacle d'une rare intensité agencé avec brio et maestria par une comédienne investie" />
     </div>
     <div>
      Le parcours de Cécile Morelle, déjà bien rempli, s'est partagé entre sa participation à &quot;Morbid&quot; de Paravidini en 2010, son statut d'élève comédienne à la Comédie-Française en 2011-2012 où elle côtoie Catherine Hiegel, Jérôme Deschamps, Éric Ruf ou encore Anne Kessler, son assistanat aux côtés de Chloé Duong pour le spectacle &quot;Peau d'âne, la chasse à la Loge&quot;, ou encore une formation de masques en bois auprès d'Étienne Champion et du jeu masqué avec Christophe Patty.       <br />
       Sans omettre son jeu régulier dans plusieurs spectacles, un diplôme de l'École de clown &quot;Le Samovar&quot; à Bagnolet, et un titre de professeure de Théâtre.       <br />
              <br />
       Il va sans dire qu'à un moment, Cécile Morelle a ressenti le besoin de retrouver ses racines paysannes, et, peut-être, de peaufiner différemment son statut de femme, sa sphère féminine, pour découvrir qui elle est véritablement.       <br />
              <br />
       Qui d'entre nous n'a pas cherché à savoir exactement d'où nous venons ? Quelles sont nos racines ? Nos origines ? Celles et ceux qui s'interrogent à ce titre, celles et ceux qui chaussent leurs bottes aussi, ou à l'inverse leurs escarpins ou leurs &quot;Derby&quot;, ou empruntent encore d'autres voies alternatives, tentent toujours de trouver une réponse.       <br />
              <br />
       Parce qu'il s'agit là d'une question essentiellement existentielle. Cécile Morelle fait partie de ces gens-là qui pensent que le rapport à nos racines joue un rôle majeur dans le fondement de notre identité.       <br />
              <br />
       Pour ce faire, elle a sillonné le territoire picard pour récolter une quarantaine de témoignages divers dont, en premier, celui de sa grand-mère, Mado : <span style="font-style:italic">&quot;Je ne suis pas agricultrice. Pour la société, je ne suis rien. Je ne suis même pas considérée comme une mère au foyer. Je suis femme de paysan.&quot;</span>       <br />
              <br />
       Comme Madeleine, bon nombre de ces femmes étaient dépourvues de statut et étaient juste, en effet, femmes d'agriculteurs ! Qu'en est-il aujourd'hui ? Les choses pour elles ont-elles progressé ?       <br />
       Avant même le début du spectacle – à moins que, bien entendu, ce dernier ne soit commencé… –, munie d'une longue perche micro, la comédienne arpente la salle et interroge certains spectateurs et certaines spectatrices sur leurs origines, leurs souvenirs qui y sont liés, des odeurs, ou encore des sons qui leur restent en mémoire.       <br />
              <br />
       D'emblée, le &quot;naturel&quot; de la comédienne, associé à l'ingénuité de la chose, plonge immédiatement le public dans un propos dont l'authenticité transparaît. Certaines réponses émeuvent ou font sourire. En tout cas, chacun et chacune se sent concerné(e). Ce fut incontestablement notre cas et, à notre tour, des images surgissent et nous émeuvent aussi : celle de la mécanique bruyante de la traite des vaches, du papier à mouches dans la cuisine, de l'odeur du café et du fumier qui, même rentrés à la ville, était toujours présente… La boue sur les chaussures, et puis surtout, la terre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85027237-60667590.jpg?v=1734529621" alt=""La Trouée - road-trip rural" Un spectacle d'une rare intensité agencé avec brio et maestria par une comédienne investie" title=""La Trouée - road-trip rural" Un spectacle d'une rare intensité agencé avec brio et maestria par une comédienne investie" />
     </div>
     <div>
      La terre, présente sur le plateau, sous forme d'une motte imposante, brune et comme sensuelle, dans laquelle la comédienne plonge littéralement son corps, l'embrasse, à sa manière, ou, encore, la jette violemment sur un grand panneau blanc, et en fait surgir des mots simples et puissants à la fois. &quot;Au commencement, il y a les routes, et au bout des routes, il y a les grandes fermes&quot;, Raymond Depardon.       <br />
              <br />
       Puis, dans le reste du spectacle, la comédienne s'empare avec une dextérité remarquable du plateau, sur lequel la scénographie d'Albert Morelle, d'une originalité hyper-réaliste à l'Edgar Hopper, emporte le public. La mise en scène oscille, grâce à des trouvailles exceptionnelles, entre grande poésie et autres moments plus engagés et revendicateurs.       <br />
              <br />
       Mais rien d'ostentatoire dans ce brillant road-trip, l'écueil du tragique eût pourtant été possible. Rien ne relève du registre de la colère affichée, non plus, dans cette carte postale hautement émouvante. Tout est finement évoqué, et apporté à nos oreilles attentives avec intelligence, poésie brillamment interprétée par Cécile Morelle.       <br />
              <br />
       Un très beau moment d'inventivité dramaturgique est à relever particulièrement : celui où, dos au public, la comédienne baisse délicatement son tee-shirt et son body, dans une sorte de mise à nu tangible, et où des vidéos créatives sont projetées à même la plaine charnelle de son dos qu'elle nous offre pudiquement.       <br />
              <br />
       Les multiples talents de la comédienne, pour celles et ceux qui pratiquent, un tant soit peu, l'art de la comédie, relèvent d'une performance, à nos yeux, rarement égalée, comme l'imitation de Pépé ou celle de Natacha Négliani !       <br />
              <br />
       &quot;La Trouée, Road-Trip rural&quot;, c'est une seule en scène, certes, mais c'est du théâtre vrai, charnel et comme organique à certains moments.       <br />
       &quot;Les plaines sont gorgées de plein qu'on ignore !&quot;       <br />
       À la fin du spectacle, debout sur cette motte de terre, à bien y regarder &quot;universelle&quot;, Cécile Morelle se jette corps et âme dans une logorrhée de &quot;paroles-images&quot; dont on se demande si elle s'arrêtera à un moment ! Quelque chose de presque hypnotique émerge d'elle. Un besoin de dire.       <br />
       Elle dit, et nous, nous l'entendons à sa juste valeur. Une réelle performance de comédienne.       <br />
              <br />
       Ce plein de choses à dire sur nos racines, nous l'avons toutes et tous en nous. Il y a celles et ceux qui ont le talent de pouvoir les partager… Qui ont appris à le faire. Pour les autres, conservez-les en vous, brossez-les dans le sens de leurs poils, parce que ce sont elles qui nous font tenir debout, et garder la tête haute.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Trouée - road-trip rural"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85027237-60667594.jpg?v=1734529686" alt=""La Trouée - road-trip rural" Un spectacle d'une rare intensité agencé avec brio et maestria par une comédienne investie" title=""La Trouée - road-trip rural" Un spectacle d'une rare intensité agencé avec brio et maestria par une comédienne investie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Cécile Morelle.       <br />
       Mise en scène : Cécile Morelle.        <br />
       Avec : Cécile Morelle.       <br />
       Collaboration dramaturgique et technique de collectage : Anne Marcel et Fred Billy.       <br />
       Regard dramaturgique : Marie Vayssière, Chloé Duong, Zelda Bourquin et Anne-Christine Tinel.       <br />
       Collaboration à la mise en scène : Chloé Duong et Édouard Peurichard.       <br />
       Collaboration chorégraphique : Édouard Peurichard, Valérie Oberleithner et Marie- Pierre Pirson.       <br />
       Création vidéo animée : Édouard Peurichard.       <br />
       Création photographique : Lucile Corbeille.       <br />
       Illustration : Philippine Brenac.       <br />
       Conception scénographie : Albert Morelle.       <br />
       Composition musicale : Arthur de Bary.       <br />
       Régie son : Tristan Chaillou et Rémi Ghestin.       <br />
       Création Lumière et régie : Leslie Sozansky et Luc Degassart.       <br />
       Collaboration à la mise en rue : Christophe Châtelain.       <br />
       Regards et conseils précieux : Paola Rizza, Alexandre Del Perugia, Annabelle Sergent, Olivier Tirmarche.       <br />
       Compagnie Le Compost.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle vu le mercredi 11 décembre 2024 dans le cadre de la 16ᵉ édition du Festival Impatience 2024 ayant eu lieu au théâtre 13 à Paris.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">4 février 2025 :</span> Ville de Méru (60).       <br />
       <span class="fluo_jaune">8 février 2025 :</span> Théâtre de la Genette Verte, Florac (48).       <br />
       <span class="fluo_jaune">11 février 2025 :</span> Théâtre, Cusset (03).       <br />
       6 mars 2025 : MLC, Gauchy (02).       <br />
       8 mars 2025 : CC des 7 Vallées, Hesdin (62).       <br />
       Du 24 au 29 mars 2025 : L'Ernée (53).       <br />
       1ᵉʳ et 2 avril 2025 : Théâtre le Rayon Vert, Saint-Valéry-en-Caux (76).       <br />
       13 mai 2025 : Théâtre le Strapontin (version rue), Pont Scorff (56).       <br />
       15 mai : CC du Mont-Saint-Michel, Avranches (50).       <br />
       23 et 24 mai 2024 Le Safran (en itinérance sur le territoire), Amiens (80).       <br />
       Du 20 au 25 août 2025 : Festival des arts de la rue (version rue), Aurillac (15).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Trouee-road-trip-rural-Un-spectacle-d-une-rare-intensite-agence-avec-brio-et-maestria-par-une-comedienne-investie_a4108.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2024• "Sur le cœur" Au commencement était le verbe phallocrate… vu la cacophonie qui s'ensuivit, le silence advint, et avec lui une illumination… peu encline à nous illuminer</title>
   <updated>2024-08-09T11:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Sur-le-coeur-Au-commencement-etait-le-verbe-phallocrate-vu-la-cacophonie-qui-s-ensuivit-le-silence-advint-et_a4025.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82070539-58982966.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-08-09T10:40:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pièce chorale convoquant allégrement musiques éclectiques, danses et mots dits, "Sur le cœur" a quelques raisons de dé-concer-ter. En effet, la profusion des propositions artistiques aurait tendance à faire passer au second plan le propos plus qu'à ne le servir… Cette comédie musicale, au ton se voulant léger, se proposait de questionner la libération tous azimuts de la parole des femmes (un seul homme sur le plateau assumant tous les rôles masculins) au travers du mutisme de l'une d'entre elles faisant symptôme.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82070539-58982966.jpg?v=1723194275" alt="•Off 2024• "Sur le cœur" Au commencement était le verbe phallocrate… vu la cacophonie qui s'ensuivit, le silence advint, et avec lui une illumination… peu encline à nous illuminer" title="•Off 2024• "Sur le cœur" Au commencement était le verbe phallocrate… vu la cacophonie qui s'ensuivit, le silence advint, et avec lui une illumination… peu encline à nous illuminer" />
     </div>
     <div>
      Emmurée dans un silence total suite à une randonnée incluant la visite de grottes, &quot;elle&quot; ne consentait à dire mot… Le mystère de son mutisme ne sera révélé que dans l'épiphanie finale, permettant entre temps à chacune et chacun – tel un test de Rorschach – de projeter ses propres fantasmes sur cette énigme existentielle.       <br />
              <br />
       L'univers aseptisé d'une salle d'hôpital servira de &quot;lieu repaire&quot; pour le développement de l'intrigue. Une neuropsychiatre, actant l'évolution des plus positives de la prise en compte de la parole féminine, mènera la danse en prenant en charge la patiente mutique flanquée de sa sœur qui, elle, en a gros sur le cœur, des mots ravalés des siècles durant. Chorégraphies et chants relaieront la parole dans sa phase impuissante pour s'enchainer sans répit dans des saynètes toniques où le réalisme sera vite supplanté par un vent de fantaisie déferlant sur le plateau. Une tornade enjouée en ces temps d'angoisses existentielles généralisées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82070539-58982969.jpg?v=1723194304" alt="•Off 2024• "Sur le cœur" Au commencement était le verbe phallocrate… vu la cacophonie qui s'ensuivit, le silence advint, et avec lui une illumination… peu encline à nous illuminer" title="•Off 2024• "Sur le cœur" Au commencement était le verbe phallocrate… vu la cacophonie qui s'ensuivit, le silence advint, et avec lui une illumination… peu encline à nous illuminer" />
     </div>
     <div>
      Les examens radiologiques et autres ne décèleront aucune anomalie physiologique, aucun signe de lésion cérébrale. Quant à la misogynie ambiante, le microbiote intestinal, logé dans les limbes de notre second cerveau, en serait la cause. L'orthophoniste, un homme chargé de la femme à rééduquer, aura beau chanter les syllabes, rien n'y fera, d'où la sentence tombant comme un couperet : <span style="font-style:italic">&quot;Je n'en peux plus des femmes qui souffrent des hommes. Je n'en peux plus des hommes, des hommes et des femmes&quot;.</span> Accoucher de l'homme nouveau, telle est la question… Le recours aux électrochocs et autres traitements expérimentaux, n'auront pas plus de succès. La musicothérapie, elle, réglée sur des fréquences de bien-être, entrainera une levée du mutisme et avec elle une &quot;explication&quot; de nature très inspirée, vraiment très inspirée…       <br />
              <br />
       Autant nous avions été conquis par l'intensité sensible de &quot;Plus grand que moi&quot; (présenté en 2018 au Théâtre des Halles), par sa grande finesse d'écriture utilisant alors avec bonheur toute la gamme des registres de langue propres à rendre compte du flux des pensées traversant la protagoniste, autant nous sommes restés ici en retrait, pour ne pas dire sans voix, face à cette fantasmagorie empilant tous les savoir-faire avérés de l'autrice metteuse en scène au risque de la surcharge. Peut-être n'avons-nous pas su décrypter toutes les intentions dramaturgiques de cette fantaisie théâtrale certes rafraîchissante, mais le sentiment dominant reste celui d'une confusion… elle, très &quot;parlante&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 6 juillet 2024 au Théâtre du Train Bleu à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sur le cœur. Fantasmagorie du siècle 21"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82070539-58982976.jpg?v=1723194330" alt="•Off 2024• "Sur le cœur" Au commencement était le verbe phallocrate… vu la cacophonie qui s'ensuivit, le silence advint, et avec lui une illumination… peu encline à nous illuminer" title="•Off 2024• "Sur le cœur" Au commencement était le verbe phallocrate… vu la cacophonie qui s'ensuivit, le silence advint, et avec lui une illumination… peu encline à nous illuminer" />
     </div>
     <div>
      Texte : Nathalie Fillion.       <br />
       Mise en scène : Nathalie Fillion.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Mélissa Irma.       <br />
       Avec : Marieva Jaime-Cortez, Rafaela Jirkovsky, Manon Kneusé, Damien Sobieraff.       <br />
       Chorégraphie : Jean-Marc Hoolbecq.       <br />
       Scénographie : costumes, Charlotte Villermet.       <br />
       Création lumière : Denis Desanglois.       <br />
       Création sonore, régie son et vidéo : Estelle Lembert.       <br />
       Création vidéo : Dimitri Klockenbring.       <br />
       Enregistrement guitare : Hervé Legeay.       <br />
       Harpe : Laurence Bancaud.       <br />
       Régie générale et régie lumière : Sam Dineen ou Thierry Capéran.       <br />
       Citations musicales : Stéfano Landi, Christophe, Velvet underground, B52's, Nathalie Fillion.       <br />
       Cie Théâtre du Baldaquin.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82070539-58982978.jpg?v=1723194352" alt="•Off 2024• "Sur le cœur" Au commencement était le verbe phallocrate… vu la cacophonie qui s'ensuivit, le silence advint, et avec lui une illumination… peu encline à nous illuminer" title="•Off 2024• "Sur le cœur" Au commencement était le verbe phallocrate… vu la cacophonie qui s'ensuivit, le silence advint, et avec lui une illumination… peu encline à nous illuminer" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 3 au 21 juillet 2024.</b>       <br />
       Tous les jours à 20 h 20. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre du Train Bleu, Salle 1, 40, rue Paul Saïn, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredutrainbleu.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredutrainbleu.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">23 août 2024 :</span> Festival La mousson d'été, Pont-à-Mousson (54).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Sur-le-coeur-Au-commencement-etait-le-verbe-phallocrate-vu-la-cacophonie-qui-s-ensuivit-le-silence-advint-et_a4025.html" />
  </entry>
</feed>
