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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-18T13:06:16+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire</title>
   <updated>2026-06-03T13:21:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Festin-Un-huis-clos-improvise-au-realisme-cru-mais-necessaire_a4574.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-06-03T13:07:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au cours d'un dîner de famille bourgeois organisé à l'occasion de l'anniversaire du père, alors qu'on évoque des souvenirs, que l'on rit, qu'on se sert et ressert du champagne, et que les coupes s'entrechoquent, l'un des personnages révèle un secret qui provoque une immense déflagration. Mais ce secret l'était-il vraiment pour chacun et chacune des convives ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96830240-67496015.jpg?v=1780485055" alt="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" title="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" />
     </div>
     <div>
      La Compagnie de l'Esquive, basée à Bordeaux et créée en 2024 à l'initiative d'Aymeric Desjardins et Charlotte Ménière, œuvre autour du théâtre d'improvisation et d'intention. Quiconque possède quelque expérience des planches, et plus particulièrement de ce genre théâtral, saura en jauger la dimension toute particulière. Rien de simple dans le Théâtre d'impro, à nos yeux, à moins d'en maîtriser rigoureusement les codes : production immédiate de sens, écoute radicale, énergie intérieure, intention psychologique.       <br />
              <br />
       De vrais atouts que bien des comédiens et comédiennes devraient s'approprier davantage plutôt que de se dissimuler derrière un simple texte, car l'improvisation est une véritable école de l'exigence, de l'énergie maîtrisée, du respect du collectif et de l'autre.       <br />
              <br />
       Tout ceci est largement convoqué dans &quot;Festin&quot;, la deuxième pièce d'Aymeric Desjardins, inspirée du film culte du réalisateur danois Thomas Vinterberg, &quot;Festen&quot;, sorti en 1998. Ici, aussi, tout commence comme un élégant dîner bourgeois d'anniversaire. Sur scène, une longue table recouverte d'une nappe blanche, un seau à champagne et des comédiens assis côte à côte, la mère au centre. La scénographie n'est pas sans rappeler très largement les illustrations de &quot;la Cène&quot; de Léonard de Vinci évoquant le dernier repas que Jésus-Christ a pris avec ses douze apôtres le soir du Jeudi Saint.       <br />
              <br />
       Ici, pas de Christ ni de Pâque juive, mais un espace anonyme aux allures de huis clos dans lequel les mots fusent gaiement de façon totalement improvisée entre les neuf comédiens et comédiennes, jusqu'au moment où les mots des maux surgissent, violents et fracassants. Dans &quot;La Cène&quot;, on prête à Léonard de Vinci d'avoir imaginé pour Jésus de Nazareth la parole suivante : <span style="font-style:italic">&quot;La vérité, je vous le dis, un de vous me la livrera&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96830240-67496029.jpg?v=1780485165" alt="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" title="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" />
     </div>
     <div>
      Dans cette nouvelle création d'Aymeric Desjardins, la vérité surgit également, brute, transparente, crue et cruelle dans la bouche de la fille à l'encontre du père, jusqu'à alors bien présent et bien assis à l'extrémité de la table.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Pensé au départ comme une unique représentation, notre spectacle a trouvé un écho inespéré auprès du public lors de sa représentation au Théâtre de l'Inox.&quot;</span> Disons que le public connaisseur de l'Inox, ce soir-là, a eu du goût en reconnaissant rapidement le travail et le talent d'improvisation des neuf comédiens et comédiennes de l'Esquive, complices et très incarnés(es). Bien lui en a pris de manifester son enthousiasme.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le travail en répétition a été majoritairement orienté vers la notion de culture du viol et de l'inceste au sein de notre société. De nombreux mécanismes s'enclenchent lorsqu'une dénonciation est prononcée afin de protéger le coupable. Au sein de notre format, d'autres sujets peuvent interférer tels que la violence familiale, la soumission chimique, les idées suicidaires, la manipulation psychologique ou encore les discriminations&quot;.</span> Oui, le thème de l'inceste. Encore et encore évoqué. Mais ceci est une évidence, n'est-ce pas !       <br />
              <br />
       À la tête de la compagnie, Aymeric Desjardin, comédien et improvisateur bordelais qui a découvert le Théâtre d'improvisation en 2014 – et qui n'a jamais arrêté depuis –, a su mener de mains de maître le présent projet. Le fait qu'il ait roulé sa bosse à l'international, notamment en Islande, en Norvège ou encore en Roumanie, explique probablement cela. Dans son jeu, les émotions et les relations prédominent sur l'action, et sa vision de l'impro est de plus en plus foisonnante.       <br />
              <br />
       Le Théâtre d'impro nous surprendra décidément toujours et &quot;Festin&quot; – qui n'est effectivement pas &quot;Festen&quot; – ne manquera pas de nous conforter sur le fait qu'il s'agit là d'une magnifique école de discipline au service de l'art tout entier. Bon Festival Off à l'Esquive. Sous le soleil et le talent, exactement !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Festin"</b></div>
     <div>
      Mise en scène : Aymeric Desjardin.       <br />
       Avec : Frédéric Dupeyron, Arsène Godet, Mathieu Marmié, Louna Toussaint, Emma Van de Maele.       <br />
       Par la Compagnie de l'Esquive.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 35. Relâche le jeudi.       <br />
       La Factory, Collège/Hors-Piste, Chapiteau, rue Vernet, Avignon.       <br />
       Réservation : 09 74 74 64 90.       <br />
       <a class="link" href="https://lafactory.vosbillets.fr/billetterie/representation/31892/festin" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.la-factory.org/" target="_blank">>> la-factory.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité</title>
   <updated>2024-11-27T10:50:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Britannicus-Tragic-Circus-Une-tragedie-revisitee-d-ou-surgit-monstres-et-monstruosites-d-une-inquietante-modernite_a4090.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/84538067-60361142.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-11-27T16:59:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une forme de narration chamarrée, joyeusement déjantée et tonitruante, les Épis Noirs nous offrent un Britannicus revisité en une tragédie féroce et jubilatoire fondée sur l'art des saltimbanques, circassiens et autres bateleurs. De cette création aux accents désespérément tragiques sont révélés monstres et monstruosités. Et si l'âme romaine voulut par Racine est préservée, se fait jour néanmoins l'imparable modernité des propos nous rappelant qu'un hideux serpent sommeille toujours en chacun de nous, que notre face obscure est toujours prompte à faire œuvre dans certains moments de notre vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361142.jpg?v=1657975965" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Les tragiques rouages de cette mécanique implacable et féroce – qui font passer nos héros de la lumière à la noirceur et de vie à trépas pour l'inconsistant frère de Néron, ci-devant Britannicus, à l'innocence amoureuse – sont, comme chacun sait, un vol qualifié d'amante, d'ignominieuses trahisons assumées nourrissant moult complots et poisons, un inceste consommé, un emprisonnement avec cage à l'ancienne, un harcèlement minutieux et d'une moderne lourdeur… et autres cruelles réjouissances, initialement à la sauce romaine, mais ici transformés en un consommé riche et bariolé, burlesque et impertinent, grâce à la mise en scène audacieuse et inventive de Pierre Lericq et le jeu énergique, voire impétueux des comédiennes et comédiens de ce théâtre ambulant sous la férule despotique de Monsieur Loyal.       <br />
              <br />
       Chaque scène déterminante de la pièce est exprimée et construite comme un numéro de cirque, de dressage, sous l'emprise tyrannique de Monsieur Loyal – dresseur de fauves ? Qui sait ! –, ce dernier assénant un tonitruant &quot;Admirez le dressage !&quot;, fier et satisfait, à la foule spectatrice et repris à l'envi à chaque séquence. Celui-ci, fouet en main, toujours prêt à bondir, rappelle aux protagonistes qui est le patron, orchestrant cette tragédie revisitée en cirque et fête foraine et, en adresse au public, jetant de temps en temps un bouquet imagé de commentaires moqueurs ou d'injonctions acérées, comme une expression existentialiste, un besoin d'affirmation du chef, harangue provocatrice du forain attirant le client.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361143.jpg?v=1657976209" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Premier numéro annoncé : &quot;L'innocence, entre le divin et le néant&quot;. Sur la piste poussiéreuse, paraissent Britannicus et la douce, innocente, Junie, inéluctables amants contrariés. Puis tout s'enchaîne rapidement, l'une des grandes réussites de la mise en scène étant d'insuffler un rythme endiablé à la succession des différentes situations dramatiques, porté par dix chansons (compositions originales de Pierre Lericq) qui illustrent avec efficacité et pertinence la tragédie ainsi déroulée en une partition rock and roll, coloré et enthousiaste.       <br />
              <br />
       Suivent le discours d'Agrippine, les remarques des serviteurs de Néron, Narcisse et Albin, prônant pour l'un l'honnêteté, pour l'autre la tyrannie, le message du messager - &quot;le mariage est compromis&quot; -, le coup de foudre de Néron pour la compagne de Britannicus et Junie kidnappée par le despote, envoyée aux enfers. Ici sont le crime contre la vertu, la ruse et la dissimulation contre la sincérité, le pouvoir par la force, sans la justice, dans l'abjection et dans la honte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361144.jpg?v=1657976539" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Agrippine annonce à Britannicus que Néron lui a piqué sa douce amante. Pendant ce temps, Néron met en place son chantage, poussant la belle innocente à l'aimer sinon il tue Britannicus. La tragédie se joue, inexorablement, et, au passage, l'inceste s'affirme entre Agrippine, toujours aussi branchée sur sa libido, et Néron. Elle : &quot;aujourd'hui, tu n'as pas fait l'amour à ta mère&quot; et lui rappelle que c'est elle qui l'a mis sur le trône. Puis vient, les retrouvailles de Britannicus et Junie, tous deux ignorant que déjà le complot se trame et que la mort frappera bientôt à sa porte.       <br />
              <br />
       Chaque seconde est inattendue et la mise en scène laisse une impression permanente d'imprévue, riche de surprises. Il en est de même pour l'interprétation des personnages, chaque comédienne et comédien donnant une énergie, une densité tragique à chaque protagoniste, tout en y imprimant un &quot;cachet&quot; burlesque, parfois clownesque du meilleur effet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361145.jpg?v=1658041854" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Cette histoire est avant tout l'histoire de Néron, le &quot;monstre naissant&quot; et, sous des dehors de tragédie foraine, empreinte d'humour décalé et un rien trash dans la force de l'expression musicale notamment, il est donné <span style="font-style:italic">&quot;à voir et à entendre le monstre qui est en chacun de nous que nous enfermons dans notre cage thoracique et notre for intérieur à coup d'éducation et de culture&quot;.</span>       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Britannicus Tragic Circus"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361146.jpg?v=1658041898" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Texte et musique originale : Pierre Lericq.       <br />
       Mise en scène : Pierre Lericq.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Bérangère Magnani.       <br />
       Avec : Jules Fabre, Pierre Lericq, Gilles Nicolas, Marie Reache, Juliette de Ribaucourt et Tchavdar.       <br />
       Scénographie : Yves Kuperberg.       <br />
       Lumière : François Alapetite.       <br />
       Costumes : Chantal Hocdé Del Pappas.       <br />
       Production Atelier Théâtre Actuel, Louis D'or production et Arts et Spectacles production       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Par les Épis Noirs.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 27 novembre 2024 au 9 février 2025.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 18 h.       <br />
       Relâche : 25 décembre 2024, 1ᵉʳ, 17 et 18 janvier 2025.       <br />
       Le Lucernaire, Théâtre Rouge, Paris 6ᵉ, 01 45 44 57 34.        <br />
       <a class="link" href="https://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>       <br />
              <br />
       Rencontre avec l’équipe artistique le vendredi 13 décembre à l’issue de la représentation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361147.jpg?v=1658041926" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       17 et 18 janvier 2025 : Thonon-les-Bains (74).       <br />
       6 mars 2025 : Issoudun (36).       <br />
       23 mars 2025 : Le Malherbois (45).       <br />
       29 mars 2025 : Fresnes (94).       <br />
       2 avril 2025 : Saint-Malo (35).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Britannicus-Tragic-Circus-Une-tragedie-revisitee-d-ou-surgit-monstres-et-monstruosites-d-une-inquietante-modernite_a4090.html" />
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   <title>"Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité</title>
   <updated>2024-10-17T20:58:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Peau-d-ane-la-fete-est-finie--un-titre-fort-et-determine-pour-un-spectacle-epoustouflant-de-grace-et-d-intensite_a4063.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83565637-59804480.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-10-17T19:36:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Perrault, Grimm et bien d'autres, jusqu'à Jacques Demy et Catherine Deneuve, se sont emparés de l'histoire de ce roi qui, après que sa femme ait été emportée par la mort, décide de se marier avec sa propre fille. La princesse est alors obligée de se cacher sous une peau d'âne, devenir souillon, pour échapper à cet inceste, fuir dans la forêt des années durant, et finir par épouser un prince dans un mariage à tout casser avec son père, le roi, à qui elle a gentiment demandé le consentement comme une bonne fille respectueuse…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804480.jpg?v=1729188099" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      La version écrite à quatre mains par Marie Dilasser et Hélène Soulié, qui signe également la mise en scène, reprend le schéma de l'histoire originale tout en recadrant totalement les circonstances en les plaçant dans des repères contemporains. Le roi, la reine et la princesse sont devenus une famille bourgeoise actuelle, tout ce qu'il y a d'ordinaire et de patriarcale puisque le père travaille tandis que la mère aime chanter et s'occuper de leur fille unique.       <br />
              <br />
       Toute la suite de l'histoire est aussi replacée habilement dans notre époque. Mais si l'imagerie romanesque des rois, reines et fées a laissé place à un réalisme plus à même de provoquer une identification des spectateurs, toute une partie féérique a été développée dans la deuxième moitié du spectacle. Réalisme et fictions ne cessent de se chahuter, de rentrer parfois en collision à en faire des étincelles, et ce faisant de devenir révélateur des vérités tues et des silences pleins de cris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804482.jpg?v=1729188129" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      Car c'est là que se niche tout l'objet de &quot;Peau d'âne - La fête est finie&quot;, dans ce que l'on cache, ce que l'on tait. Ce qui se déroule dans le cercle familial, qui brise des vies par milliers et qui reste le plus souvent impuni, l'inceste. Pour parler de l'inceste à des enfants de 10, 11 ans, il faut posséder une belle délicatesse, c'est ce que fait ce spectacle. Le mot lui-même n'est prononcé qu'à la toute fin. Mais le public avec lequel j'ai assisté à la représentation, des scolaires de 6ᵉ et 5ᵉ, a compris de quoi il s'agissait depuis bien longtemps.       <br />
              <br />
       Ils étaient plus de 300 enfants de Montreuil et alentour à cette représentation. Et pourtant, il régnait dans la salle une écoute attentive, intense. Et soudain, comme un frisson qui parcourait cette foule dans une réaction instantanée à un mot, un geste au plateau. Puis à nouveau une profonde concentration, pour cette fois une rumeur forte, lorsque le père dit à sa fille à propos d'une robe : <span style="font-style:italic">&quot;Je veux que tu la portes pour notre nuit de noce&quot;</span>. Et plus tard, une ébullition encore plus forte lorsque la fille dit : <span style="font-style:italic">&quot;Il met partout ses mains sur mon corps&quot;.</span> On ressentait dans ce public si jeune une belle fascination pour le spectacle qui se déroulait, mais également une compréhension très vive du drame qu'il racontait.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804508.jpg?v=1729188182" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      Aussi, je n'ai parlé pour l'instant que du fond de la pièce, mais les créatrices de ce spectacle ont imaginé un style de jeu, une mise en image, pleine de fantaisie, de lumières et même d'illusions. Perruques, maquillages, habits et accessoires, ainsi que jeux de lumières, sont complètement délirants pour certains personnages, certaines scènes. Dès le début, dans cette famille tout ce qu'il y a d'ordinaire, le jeu des interprètes tire par moment vers la gestuelle des automates pour rendre compte de toute l'artificialité de cette vie. Ensuite, lorsque la jeune fille s'enfuit, décors, costumes et personnages semblent tous sortis d'un entre-monde Tim Burtonien et Lewis Carrollesque. Hauts en couleur, hauts en parole, vivants et extrêmes, des personnages pleins de fantaisie, de grandeur et de traits marqués.       <br />
              <br />
       Et encore faut-il parler de la scénographie d'Emmanuelle Debeusscher et Hélène Soulié qui ne cesse pas d'évoluer, de se transformer, alternant les ambiances par des jeux d'éclairages et des projections qui font découvrir les parts cachées de certains personnages. Ce sont également des tombées de rideaux qui agissent comme des deus ex machina, des meubles qui se déplacent seuls et des perspectives qui s'ouvrent ou se resserrent suivant les sensations de liberté ou d'oppression générées par l'histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804509.jpg?v=1729188156" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      Un mot également sur les interprètes dont beaucoup jouent plusieurs rôles, habilement méconnaissables à chaque fois, qui, toutes et le père, sont extrêmement précises dans leurs jeux sans jamais, à aucun moment, infantiliser les spectateurs.       <br />
              <br />
       Cette version du conte, modernisée, plus rugueuse et plus âpre, permet de donner à entendre plus concrètement ce dont il est question. Sans perdre pourtant la fantaisie initiale, elle débouche sur une autre fin, une fin dans laquelle le roi, ce père, finit questionné, finit jugé pour le mal qu'il a fait subir à son enfant. Tandis que l'enfant, Peau d'âne, qui n'a pas plus de nom ici que dans les autres versions, sinon qu'on l'appelle &quot;mon cœur&quot;, &quot;mon canard&quot; ou &quot;mon bouchon&quot;, retrouve grâce à ses rencontres, grâce à ce jugement, la parole, l'appétit de vivre, la liberté.       <br />
              <br />
       Le but d'Hélène Soulier et de Marie Dilasser, dans ce projet, est bien de donner aux enfants qui verront ce spectacle des clés pour leur permettre de déceler ces violences chez leurs camarades, pour leur permettre aussi de briser le silence qui enferme celles et ceux qui les subissent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804529.jpg?v=1729188271" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      Il y a aussi cette juste envie de revenir questionner les sources de l'éducation romanesque enfantine pour en arracher, comme de la mauvaise herbe, toutes les racines de ce patriarcat qui exempte les rois de toutes punitions alors que les victimes de leurs mauvais désirs sont punies par elles-mêmes ou par la société. Le père n'est-il pas qualifié par la juge du triste syndrome de &quot;patriarcatite&quot; ?        <br />
              <br />
       Le joli but de ces deux créatrices est de tenter l'émergence de nouveaux récits à destination des futures générations, <span style="font-style:italic">&quot;pour tenter d'inventer un avenir désirable&quot;.</span>       <br />
       Un beau spectacle pour une belle quête. Et vice versa.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Peau d'âne - la fête est finie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83565637-59804957.jpg?v=1729190628" alt=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" title=""Peau d'âne - la fête est finie", un titre fort et déterminé pour un spectacle époustouflant de grâce et d'intensité" />
     </div>
     <div>
      Conception et mise en scène : Hélène Soulié.       <br />
       Texte : Marie Dilasser en collaboration avec Hélène Soulié (texte publié aux Éditions Les solitaires intempestifs).       <br />
       Assistante mise en scène : Chloé Bégou.       <br />
       Avec : Lorry Hardel, Claire Engel, Lenka Luptakova, Nathan Jousni, Fanny Kervarec, Julien Testard.       <br />
       Scénographie : Emmanuelle Debeusscher et Hélène Soulié.       <br />
       Création vidéo : Maïa Fastinger.       <br />
       Création lumière : Juliette Besançon.       <br />
       Composition musicale : Jean Christophe Sirven.       <br />
       Création costumes : Marie-Frédérique Fillion.       <br />
       Perruque et maquillage : Marie-Frédérique Fillion et Jean Ritz.       <br />
       Régie lumière - vidéo : Fanny Lacour et Émilie Fau.       <br />
       Régie son - vidéo : Guillaume Blanc.       <br />
       Régie plateau : Emmanuelle Debeusscher, Marion Koechlin.       <br />
       Régie générale : Marion Koechlin.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 au 22 octobre 2024.</span>       <br />
       Lundi 14 à 20 h, mardi 15 et vendredi 18 à 10 h et 14 h 30, jeudi 17 à 14 h 30, samedi 19 à 18 h, dimanche 20 à 17 h, lundi 21 et mardi 22 à 15 h.       <br />
       TPM - CDN, Salle Jean-Pierre Vernant, Montreuil, 01 48 70 48 90.       <br />
       <a class="link" href="https://theatrepublicmontreuil.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatrepublicmontreuil.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       27 au 29 novembre 2024 : Théâtre de Lorient - CDN, Lorient (56).       <br />
       22 au 25 janvier 2025 : MC93 - Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis, Bobigny (93).       <br />
       22 au 25 mai 2025 : Théâtre Nouvelle Génération - CDN, Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Peau-d-ane-la-fete-est-finie--un-titre-fort-et-determine-pour-un-spectacle-epoustouflant-de-grace-et-d-intensite_a4063.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler</title>
   <updated>2023-12-29T17:09:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Geli-Le-grand-amour-oublie-d-Hitler_a3784.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77529376-56343672.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-12-28T18:27:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Avec "Geli", l'auteur et metteur en scène Diastème nous fait découvrir une figure très méconnue et qui fut, d'après les propos rapportés par Hitler lui-même, son grand amour. On ignore toujours ce qui a causé son hypothétique suicide. L'incarnation qui en est faite par Aliénor de la Gorce en donne une force et une gravité qui la rendent émouvante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77529376-56343672.jpg?v=1703787273" alt=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" title=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" />
     </div>
     <div>
      Lumières sur un plateau sombre composé d'une table et d'un bocal de bonbons. Apparaît une jeune femme (Aliénor de la Gorce) dont une forte luminosité sur son visage fait apparaître des traits tirés. La voix est grave, profonde, comme marquée par les années et un drame. Autour de cette table, il y a une chaise et un ordinateur portable appartenant à un homme (Frédéric Andrau) dont nous ignorons tout de son état civil. La scène est baignée d'une lueur tamisée et les rares autres lumières sont celles de l'écran de l'ordinateur et de ces bonbons aux couleurs vives.       <br />
              <br />
       Les rapports entre l'homme et la femme sont à la fois proches et distants. Proche dans le soutien et la narration des faits qu'en donne parfois l'homme ; et distant physiquement, les deux protagonistes ne se touchant pas, sauf à un seul moment, et ne se regardant pas. L'homme est parfois devant son ordinateur portable où il lit et regarde des photos exposées aussi en arrière scène. Il est l'écrivain qui écrit un livre sur celle présente à côté de lui, Geli.       <br />
              <br />
       De son véritable nom, Angela Maria Raubal (1904-1931), elle est la nièce d'Adolf Hitler (1889-1945). Morte à 23 ans, amoureuse d'un homme qui était son oncle et qui allait devenir Führer en 1933, elle a vécu dans son ombre dont sa folie haineuse, raciste et antisémite allait causer 64 millions de morts selon le nombre lugubre avancé un moment dans la représentation. Elle serait possiblement l'une des premières victimes de cette folie macabre d'après l'homme. Sa présence est discrète, silencieuse, avec quelques interventions dont une où il fait quelques pas de danse légèrement esquissés avec elle. Seul bémol à la représentation, ce tableau est un peu étrange, car l'objectivité d'un auteur doit nécessairement passer par une distance mise au personnage qu'il étudie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77529376-56343699.jpg?v=1703787305" alt=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" title=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" />
     </div>
     <div>
      De 1925 jusqu'à sa mort le 18 septembre 1931, elle a habité dans l'appartement d'Hitler et fut retrouvée morte d'une balle dans le poumon avec le pistolet appartenant au futur Führer. Les causes de sa mort restent toujours un mystère. À l'époque, avait été conclu un meurtre, possiblement dicté par un contexte social et politique, Hitler étant depuis plusieurs années une figure marquante et montante de la scène nationale allemande. Elle se serait aussi suicidée par jalousie pour d'autres, car elle aurait découvert une lettre d'Eva Braun (1912-1945), maîtresse puis épouse le dernier jour d'Hitler, dans le manteau de celui-ci. On sait peu de choses des relations de Geli avec son oncle. Différentes hypothèses circulent, comme celle du célèbre historien britannique du IIIe Reich, Ian Kershaw, qui parle d'une dépendance sexuelle importante, consommée ou non, d'Hitler vis-à-vis de sa nièce.       <br />
              <br />
       Toutes ses hypothèses sont présentées pendant la représentation sans qu'un avis soit tranché pour l'une ou l'autre de ces hypothèses. Nous sommes ainsi avec un écrivain face au personnage qu'il étudie, mais déjà civilement morte. Le rapport entre les deux est entremêlé d'une liberté d'approche et de ton que réalise avec doigté le dramaturge et metteur en scène Diastème. Geli se questionne elle-même sur sa propre mort et les événements qui y ont possiblement concouru. Elle incarne autant sa position que celle d'un historien en recherche de la vérité. Dans cette approche autant objective que subjective, Diastème donne alternativement la parole à la victime de ce drame comme à celui qui y travaille dessus. Les deux se font écho de leurs doutes respectifs face à une vérité qui leur échappe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77529376-56343701.jpg?v=1703787332" alt=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" title=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" />
     </div>
     <div>
      Trois axes de temps s'échelonnent avec, en toile de fond, donc des interrogations sur la mort de Geli. L'attitude et les propos de celle-ci oscillent entre un destin indélébile marqué au fer rouge d'événements qui ne peuvent être réécrits et une présence scénique qui établit, dans un positionnement futur à ces mêmes événements passés, une réécriture hypothétique de ce qui a pu se passer. Entre le devoir de l'historien et celui du chercheur qui en découle, la pièce mélange ces deux genres, apportant un intérêt croisé entre la re-découverte d'une personne dont Hitler a déclaré qu'elle restera son grand amour et la vie intime et cachée d'un dictateur dont l'identité sexuelle, comme pour tout tyran, reste un grand cas d'études psychanalytiques.       <br />
               <br />
       Il y a peu de déplacements scéniques et ceux qui le sont tournent essentiellement autour du bureau de notre auteur, symbolisant un chemin historique peu avancé sur le cas Geli.       <br />
              <br />
       Toutes les répliques sont corsetées par du silence comme porteuses d'une tragédie. Car on le sait. Il n'est pas là, mais le Führer qui apparaît dans les propos de nos personnages donne un intérêt lugubre, historique et tragique à ce qui est raconté. La mort rôde dans la couleur obscure de la scénographie, dans les phrases qui sont dites dans une allure de gravité, comme des copeaux de bois qui flottent dans un courant qui les mène de façon à la fois détachée et inexorable dans la même direction, celle d'un rocher dans lequel ils viendraient se briser.       <br />
              <br />
       Les mots sortent à pas lents comme baromètre d'un amour lourd de ses secrets. Geli ne sourit pas. La voix profonde, les traits tirés, elle est dans la nostalgie et le souvenir d'un passé qui ne passe pas. On ignore autant le lieu et l'échelle du temps où se déroulent les scènes. La seule indication est qu'elle est déjà morte, symbolisant une époque qui l'était tout autant dans sa furie dévastatrice de fanatisme. Une très belle pièce.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Geli"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77529376-56343702.jpg?v=1703787359" alt=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" title=""Geli"… Le grand amour oublié d'Hitler" />
     </div>
     <div>
      Texte : Diastème.       <br />
       Mise en scène : Diastème.       <br />
       Avec Frédéric Andrau et Aliénor de la Gorce.       <br />
       Lumières : Stéphane Baquet.       <br />
       Musique : Mathieu Morelle.       <br />
       Production : Mine de prod.       <br />
       Spectacle créé au Théâtre du Chêne Noir à Avignon.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 26 novembre 2023 au 16 janvier 2024.</span>       <br />
       Lundi, mardi, mercredi à 21 h et dimanche à 20 h.       <br />
       Manufacture des Abbesses, Paris 18e, 01 42 33 42 03.       <br />
       <a class="link" href="https://www.manufacturedesabbesses.com/" target="_blank">&gt;&gt; manufacturedesabbesses.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Geli-Le-grand-amour-oublie-d-Hitler_a3784.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité</title>
   <updated>2022-07-17T09:00:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Britannicus-Tragic-Circus-Une-tragedie-revisitee-d-ou-surgit-monstres-et-monstruosites-d-une-inquietante_a3349.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66089842-47027864.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-07-17T07:19:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une forme de narration chamarrée, joyeusement déjantée et tonitruante, les Épis Noirs nous offrent un Britannicus revisité en une tragédie féroce et jubilatoire fondée sur l'art des saltimbanques, circassiens et autres bateleurs. De cette création aux accents désespérément tragiques sont révélés monstres et monstruosités. Et si l'âme romaine voulut par Racine est préservée, se fait jour néanmoins l'imparable modernité des propos nous rappelant que - oui ! - un hideux serpent sommeille toujours en chacun de nous, que notre face obscure est toujours prompte à faire œuvre dans certains moments de notre vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66089842-47027864.jpg?v=1657975965" alt="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Les tragiques rouages de cette mécanique implacable et féroce - qui font passer nos héros de la lumière à la noirceur et de vie à trépas pour l'inconsistant frère de Néron, ci-devant Britannicus, à l'innocence amoureuse - sont, comme chacun sait, un vol qualifié d'amante, d'ignominieuses trahisons assumées nourrissant moult complots et poisons, un inceste consommé, un emprisonnement avec cage à l'ancienne, un harcèlement minutieux et d'une moderne lourdeur… et autres cruelles réjouissances, initialement à la sauce romaine, mais ici transformés en un consommé riche et bariolé, burlesque et impertinent, grâce à la mise en scène audacieuse et inventive de Pierre Lericq et le jeu énergique, voire impétueux des comédiennes et comédiens de ce théâtre ambulant sous la férule despotique de Monsieur Loyal.       <br />
              <br />
       Chaque scène déterminante de la pièce est exprimée et construite comme un numéro de cirque, de dressage, sous l'emprise tyrannique de Monsieur Loyal - dresseur de fauves ? Qui sait ! -, ce dernier assénant un tonitruant &quot;Admirez le dressage !&quot;, fier et satisfait, à la foule spectatrice et repris à l'envi à chaque séquence. Celui-ci, fouet en main, toujours prêt à bondir, rappelle aux protagonistes qui est le patron, qui orchestre cette tragédie revisitée en cirque et fête foraine et, en adresse au public, jette de temps en temps un bouquet imagé de commentaires moqueurs ou d'injonctions acérées, comme une expression existentialiste, un besoin d'affirmation du chef, harangue provocatrice du forain attirant le client.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66089842-47027865.jpg?v=1657976209" alt="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Premier numéro annoncé : &quot;L'innocence, entre le divin et le néant&quot;. Sur la piste poussiéreuse, paraissent Britannicus et la douce, innocente, Junie, inéluctables amants contrariés. Puis tout s'enchaîne rapidement, l'une des grandes réussites de la mise en scène étant d'insuffler un rythme endiablé à la succession des différentes situations dramatiques, porté par dix chansons (compositions originales de Pierre Lericq) qui illustrent avec efficacité et pertinence la tragédie ainsi déroulée en une partition rock'n'roll coloré et enthousiaste.       <br />
              <br />
       Suivent le discours d'Agrippine, les remarques des serviteurs de Néron, Narcisse et Albin, prônant pour l'un l'honnêteté, pour l'autre la tyrannie, le message du messager - &quot;le mariage est compromis&quot; -, le coup de foudre de Néron pour la meuf de Britannicus et Junie kidnappée par le despote, envoyée aux enfers. Ici sont le crime contre la vertu, la ruse et la dissimulation contre la sincérité, le pouvoir par la force, sans la justice, dans l'abjection et dans la honte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66089842-47027950.jpg?v=1657976539" alt="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
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      Agrippine annonce à Britannicus que Néron lui a piqué sa douce amante. Pendant ce temps, Néron met en place son chantage, poussant la belle innocente à l'aimer sinon il tue Britannicus. La tragédie se joue, inexorablement, et, au passage, l'inceste s'affirme entre Agrippine, toujours aussi branchée sur sa libido, et Néron. Elle : &quot;aujourd'hui, tu n'as pas fait l'amour à ta mère&quot; et lui rappelle que c'est elle qui l'a mis sur le trône. Puis vient, les retrouvailles de Britannicus et Junie, tous deux ignorant que déjà le complot se trame et que la mort frappera bientôt à sa porte.       <br />
              <br />
       Chaque seconde est inattendue et la mise en scène laisse une impression permanente d'imprévue, riche de surprises. Il en est de même pour l'interprétation des personnages, chaque comédienne et comédien donnant une énergie, une densité tragique à chaque protagoniste, tout en y imprimant un &quot;cachet&quot; burlesque, parfois clownesque du meilleur effet.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66089842-47032123.jpg?v=1658041854" alt="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
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      Cette histoire est avant tout l'histoire de Néron, le &quot;monstre naissant&quot; et, sous des dehors de tragédie foraine, empreinte d'humour décalé et un rien trash dans la force de l'expression musicale notamment, il est donné <span style="font-style:italic">&quot;à voir et à entendre le monstre qui est en chacun de nous que nous enfermons dans notre cage thoracique et notre for intérieur à coup d'éducation et de culture&quot;.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Attention, mesdames, mesdemoiselles, messieurs, les monstres que vous allez voir ce soir sont des monstres aussi monstrueux que... vous !&quot;</span>       <br />
              <br />
       <b>Vu en juin 2022 dans le cadre du Phénix Festival.</b>
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     <div><b>"Britannicus Tragic Circus"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66089842-47032124.jpg?v=1658041898" alt="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
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      Une nouvelle création des Épis Noirs.       <br />
       Texte et musique originale : Pierre Lericq.       <br />
       Mise en scène : Pierre Lericq.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Bérangère Magnani.       <br />
       Avec : Jules Fabre, Pierre Lericq, Gilles Nicolas, Tchavdar Pentchev, Marie Reache, Juliette de Ribaucourt.       <br />
       Scénographie : Yves Kuperberg.       <br />
       Lumière : François Alapetite.       <br />
       Son ; Jules Fernagut.       <br />
       Costumes : Chantal Hocdé Del Pappas.       <br />
       Une codiffusion Atelier Théâtre Actuel et Arts &amp; Spectacles Production.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 19 h 55, relâche le mardi.       <br />
       Théâtre du Balcon, 38, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 85 00 80.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredubalcon.org/" target="_blank">&gt;&gt; theatredubalcon.org</a>
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66089842-47032130.jpg?v=1658041926" alt="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title="•Off 2022• "Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Britannicus-Tragic-Circus-Une-tragedie-revisitee-d-ou-surgit-monstres-et-monstruosites-d-une-inquietante_a3349.html" />
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