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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-09T19:04:33+02:00</updated>
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   <title>•Off 2025• "Solitude d'un ange gardien" Un seul en scène puissant et brillamment incarné</title>
   <updated>2025-07-03T09:39:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Solitude-d-un-ange-gardien-Un-seul-en-scene-puissant-et-brillamment-incarne_a4284.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-07-04T06:59:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il est gardien d'immeuble depuis des décennies et l'heure d'une retraite bien méritée a sonné. Mais Tony, l'âme de la cité, n'est pas prêt à quitter ses locataires. Alors, pour conjurer le chagrin d'une inévitable séparation, il les raconte, ses locataires... Et, à travers eux, il se raconte aussi. Dans la cité, il y a Héléna, "cette bombe de petite vieille", Samira en prise avec le radicalisme de son père, la Mamie aux carottes, Titus "à la glotte miraculeuse", Luna, son ex qu'il a quittée, et quelques autres aussi.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89700137-63382232.jpg?v=1751526358" alt="•Off 2025• "Solitude d'un ange gardien" Un seul en scène puissant et brillamment incarné" title="•Off 2025• "Solitude d'un ange gardien" Un seul en scène puissant et brillamment incarné" />
     </div>
     <div>
      C'est le comédien Pierre Forest qui incarne ce rôle de gardien d'immeuble. En 2017, le comédien remporte le Molière du meilleur second rôle pour son interprétation dans &quot;Edmond&quot; d'Alexis Michalik et, en 2020, est nommé pour le Molière du meilleur second rôle pour &quot;Madame Zola&quot;. Gageons qu'aux Molières 2026, il pourrait remporter celui du meilleur premier rôle pour la présente pièce, même si ceci n'engage que nous !       <br />
              <br />
       Un ami breton, très cher, Pierre, lui aussi – mais pas &quot;Forest&quot; –, gardien de notre immeuble de nombreuses années – celui de la cité Arago à Paris dans le 13ᵉ – n'a jamais connu ni les planches ni les fauteuils en velours rouge des salles de théâtre ! Mais c'était pourtant un grand comédien, à ses heures, fraternel avec ses locataires, le cœur sur la main, l'âme et le corps plutôt cabossés, aux verres de rosé dès 10 h le matin, et qui ont décidé de lui qu'il nous quitte bien trop tôt !       <br />
              <br />
       Des &quot;Tony et Pierre le finistérien&quot;, il y a en pléthore dans le monde, trop souvent anonymisés, faisant partie des murs de leurs immeubles qu'ils gèrent bien souvent contre vents et marée, exerçant un métier &quot;rude, parfois tragique&quot;. Mais ce ne sont pas de simples marionnettes coincées entre les quatre murs de leur loge &quot;sanctuaire&quot; (sic), apparaissant tels des poissons rouges derrière la vitre de l'espace &quot;dédié au public&quot;. Ce sont des femmes et des hommes, investis(es) et impliqués(es) corps et âme dans leurs tâches quotidiennes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89700137-63382253.jpg?v=1751526429" alt="•Off 2025• "Solitude d'un ange gardien" Un seul en scène puissant et brillamment incarné" title="•Off 2025• "Solitude d'un ange gardien" Un seul en scène puissant et brillamment incarné" />
     </div>
     <div>
      À l'écriture de cette pièce, Aude de Tocqueville s'est inspirée de témoignages d'une quarantaine de gardiens d'immeuble pour créer ce personnage (étrange coïncidence, ici, que ces deux &quot;Pierre&quot; autour d'une réalité commune…). Elle aurait peut-être pu croiser notre ex-grand ami et faire état de son témoignage dans son ouvrage paru en 2023 chez Flammarion, &quot;Éloges des loges&quot;.       <br />
              <br />
       Mais c'est à Pierre Forest que l'autrice et la metteuse en scène ont décidé de confier ce &quot;rôle témoignage&quot; via un monologue fulgurant et intense brillamment incarné. <span style="font-style:italic">&quot;La première image que je garde de Pierre Forest est celle d'un ange-gardien ! Il ne s'en souvient certainement pas. Nous étions à Prague où nous tournions un Maigret. J'étais une jeune comédienne un peu perdue (…) et c'est Pierre qui m'a prise sous son aile avec une chaleur spontanée et une complicité de grand frère fantasque&quot;,</span> précise la metteuse en scène, en rajoutant que ses propos débordent apparemment du cadre de son implication dans la pièce ! Eh bien non !       <br />
              <br />
       Le Pierre d'il y a trente ans en arrière est resté le même ange gardien, selon elle, éprouvant <span style="font-style:italic">&quot;les mêmes sensations pures qu'elle a ressenties la première fois face à cet homme troublant de générosité&quot;</span> (sic).       <br />
              <br />
       Il semblerait alors que ce Tony universel ne pouvait être incarné que par ce comédien, lui qui a étudié avec Antoine Vitez au Conservatoire, qui a joué autant de rôles du répertoire que de pièces contemporaines, qui a partagé trois spectacles avec Michel Bouquet et dont le nombre de participations à des fictions pour la TV et le cinéma sont incalculables.       <br />
              <br />
       La mise en scène dépouillée de Séverine Vincent s'est centrée exclusivement sur les émotions de Tony au crépuscule de sa carrière, oscillant entre grande tendresse, humour feutré et mélancolie. Pour lui, c'est bientôt l'abandon, le vide, la perte, l'exil ! Mais il ne hurle pourtant pas la solitude qui fut la sienne durant toutes ses années auprès de ses locataires, ni celle qui va être bientôt la sienne ! Bien au contraire, il la murmure du bout de ses mots, de ses cocottes en papier, de son courrier qu'il dépose dans les boîtes aux lettres, calmement, poétiquement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89700137-63382257.jpg?v=1751526458" alt="•Off 2025• "Solitude d'un ange gardien" Un seul en scène puissant et brillamment incarné" title="•Off 2025• "Solitude d'un ange gardien" Un seul en scène puissant et brillamment incarné" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Il n'y a pas de rôle dans lequel on entre réellement (…). Il faut juste être calme et avoir suffisamment travaillé en amont (…). Et puis, il y a des textes que je défends passionnément parce qu'ils résonnent en moi, et qu'ils me parlent d'aujourd'hui. Je ne sais pas faire autrement !&quot;,</span> souligne le comédien.       <br />
              <br />
       C'est en distribuant le courrier dans nos boîtes aux lettres, un certain jour de mai 2017, que Pierre, mon grand ami du Finistère, nous a quitté. Tony est au rez-de-chaussée de votre immeuble. Lui aussi a ses failles, ses emmerdes, ses folies, ses démons, ses moments d'exaltation ou de simples petites joies, comme vous. Comme nous. Regardez-le ! Saluez-le ! C'est à vous que vous rendez hommage.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Solitude d'un ange gardien"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89700137-63382258.jpg?v=1751526484" alt="•Off 2025• "Solitude d'un ange gardien" Un seul en scène puissant et brillamment incarné" title="•Off 2025• "Solitude d'un ange gardien" Un seul en scène puissant et brillamment incarné" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       Texte : Aude de Tocqueville.       <br />
        Avec : Pierre Forest.       <br />
        Mise en scène : Séverine Vincent.       <br />
        Scénographie : Jean-Michel Adam, assisté de Rosalie Adam.       <br />
        Lumières : Jean-Marie Prouvèze.       <br />
        Costume : Léa Forest.       <br />
        Musique : Félicien Adam.       <br />
        Par la Compagnie Pourpre.       <br />
        Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre l'Oriflamme, 3-5, rue Portail Matheron, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 88 61 17 75.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie-oriflamme.mapado.com/event/520402-solitude-dun-ange-gardien" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://loriflamme-avignon.fr/" target="_blank">>> loriflamme-avignon.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"</title>
   <updated>2022-04-20T15:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/J-habite-ici-Une-farce-et-attrape-qui-laisse-dubitatif-le-doute-m-habite_a3227.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2022-04-20T08:59:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Dubitatif, en un seul mot…", comme tenait à le préciser Pierre Desproges, humoriste à l'esprit acéré. Après avoir subi le flot de saynètes à la mords-moi le nœud, le doute suscité par ces morceaux choisis effectivement "m'habite"… En fait, non… Aucun doute à avoir : "J'habite ici" de Jean-Michel Ribes est à classer au rang des mièvres et sans intérêt productions boulevardières, voulant péter encore plus haut que les flatulences de l'un des personnages-clefs peuplant cet immeuble de lieux communs caricaturés à l'envi. Affligeant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45965967.jpg?v=1650439545" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Et pourtant cette soirée théâtrale avait fort bien commencé… En lever de rideau, deux comédiens du Collectif OS'O, compagnonne et compagnon du TnBA, interprètent un écrit incisif disant le drame vécu par les naufragés de &quot;Mare nostrum&quot;, notre mer, la mer Méditerranée, tombeau liquide de celles et ceux qui pour fuir l'horreur et la mort ont tenté dans des embarcations de fortune de rejoindre les côtes européennes. Texte percutant, bannissant tout usage de langue de bois, qui prend soin d'énoncer un à un les noms des peuples martyrs pour se conclure par l'obligation politique d'&quot;accueillir d'où qu'ils viennent, quelles que soient leurs couleurs de peau ou leurs religions, toutes celles et ceux qui subissent guerres, répressions, tortures, discriminations, misères, famines, viols, mariages forcés&quot;.       <br />
              <br />
       Certains s'étonneront peut-être d'un long paragraphe consacré ici à une intervention initiale n'ayant rien à voir avec le spectacle… Certes. Mais à l'aune de l'intérêt de cette soirée, il aurait été plus équitable de consacrer un espace plus important encore à la mobilisation pour les réfugiés de tous les pays qui, du 2 avril au 3 mai à Bordeaux et en Gironde, se traduit par nombre de performances regroupées sous l'étendard de &quot;Bienvenue&quot;… activisme humaniste qui s'est invité avec bonheur ce soir sur le plateau du CDN, en plein accord avec sa direction.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45965968.jpg?v=1650439577" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Aux antipodes de cet engagement sans fard, le spectacle faussement engagé prétendant - l'auteur-metteur en scène se présente lui-même comme &quot;fantaisiste subversif&quot; - &quot;faire rire quand même !&quot; des obscénités de notre époque en les projetant sur scène dans un chassé-croisé de saynètes pimentées (ersatz de la série &quot;Scènes de ménages&quot;, vu à la télé…). En effet, n'est pas Feydeau ou Molière qui veut… Si le fondateur de L'illustre Théâtre avait le don de réfléchir les travers de son temps en mettant en jeu une typologie de personnages porteurs de travers singuliers, il le faisait avec un art consommé de l'écriture dramaturgique et de l'humour infusé. Tout comme d'ailleurs Jérôme Deschamps quand il crée son &quot;Bourgeois gentilhomme&quot;, la comédie-ballet de Molière et de Jean-Baptiste Lully, comédie-mascarade du Grand Siècle faisant grand effet dans ses habits neufs retissés par le truculent ex-Deschiens, dont la verve haute en couleur réjouit par ses saillies.       <br />
              <br />
       Ici, rien de cela… Tout n'est que resucée de clichés lourdingues se complaisant à extraire du fonds de commerce des idées reçues, du racisme ordinaire, des orientations sexuelles, une réserve toute trouvée à ce qui peut prêter à s'esclaffer où, du bourgeois installé dans ses certitudes, en passant par le bobo satisfait, jusqu'au beauf à l'esprit épais, tout ce petit monde enfin réuni sous le patronage du rire à bon compte pourra délicieusement se gausser des travers communs… sans aucunement les remettre en cause, se remettre en cause. Le second degré - revendiqué implicitement par les appartenances de leur auteur valant à ses yeux caution - n'est qu'une farce… et attrape. Rien de ce qui est présenté sur le plateau n'est de nature à créer les conditions d'un humour &quot;issue de secours&quot;. L'Empereur est, magnifiquement, mis à nu… par lui-même.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45966009.jpg?v=1650439609" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Aucun risque n'est pris. On est loin de l'engagement corrosif des Chiens de Navarre ou encore d'un Rodrigo García, artiste libre s'il en est, qui, inspiré par Nietzche, donna à son CDN le nom d'&quot;Humain trop humain&quot;. Ici l'humain prend triste figure, non pas celle du &quot;Chevalier à la Triste Figure&quot;, &quot;L'Homme de La Mancha&quot; de Cervantès, mais celle qui nourrit les news people de &quot;Voici !&quot;, images du monde selon Jean-Michel Ribes.       <br />
              <br />
       Qu'on en juge sur pièces… Un brave flic, raciste, black et gay, tombera raide amoureux d'un jeune homme de bonne famille rencontré - forcément - au cœur d'une manif. Dans une scène d'anthologie érotique, chacun juché sur une trottinette et ailes de libellule accrochées au dos, unira sa langue gourmande à celle de son amant, exercice plein d'émotions ayant pour bel effet de faire dresser tout droit le corps caverneux des deux demoiselles libellules. Auparavant, on aura assisté au numéro tout aussi hilarant du beauf à la casquette rouge anti-vert déclarant sa haine pour les arbres urbains. Il n'a tout de même pas quitté la campagne, eh ben non, pour être emmerdé maintenant par les chiures d'oiseaux ! Quant aux vaches, s'il venait aux écolos de les réintroduire en ville, il les tuerait sur le champ et les ferait manger à des végans (très drôle…), du persil dans les narines pour qu'ils respirent encore plus bio (encore plus drôle !).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45966010.jpg?v=1650439651" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Un père de famille fort respectable et plein de flatulences aux détonations flagrantes dès que le nom de &quot;gauche&quot; est prononcé, sera viscéralement chamboulé par le changement de nom d'une rue à la gloire du Général Bugeaud, héros de l'Algérie française, rebaptisée du nom de Jean Cocteau (pets sonores en ponctuation, humour à la hauteur de l'organe qui le produit). Son épouse, une belle blonde aux horizons d'attente allant jusqu'au sommet de sa chevelure, pouffera de joie à l'idée que son cher fils contestataire ait rompu avec un dénommé Jean-Robert pour filer le parfait amour… avec le représentant de l'ordre (cf. plus haut).       <br />
              <br />
       Mais le comble du comble de l'humour reste à venir… Un obscur employé de Ministère, triste comme un scribouillard de Maupassant, prendra soudain la lumière en excellant dans l'art du cunnilingus appliqué d'abord à Madame La Responsable de l'Europe de l'Est, avant que ses talents ébruités l'amènent à &quot;branler&quot;, non pas du chef mais Le Directeur en personne. Un succès vite apprécié par tout le Ministère qui lui vaudra la promesse de la médaille du Meilleur Ouvrier de France… Pour s'esclaffer encore et encore… Le même employé, dévoué corps et âme à son ministère, partant à son bureau attaché-case fièrement à la main, ouvrira les pans de son imperméable pour dévoiler à la concierge éblouie sa tenue de travail : nu comme un ver sous sa panoplie en latex noir, l'équipement SM Bondage à faire rêver. No comment.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45968347.jpg?v=1650452404" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Passons sur le plombier et le bourgeois au racisme très primate, ou encore les deux couples d'intellectuels snobs à la bouche emplie de Proust, les bouddhistes sanctuarisant leur anus comme &quot;bouche arrière&quot; et élevant leurs intestins à la hauteur de leur cerveau… Autant de caricatures au trait gras comme le sont les rires faussement dénonciateurs qu'elles prétendent susciter. Seul échapperait peut-être à cette galerie Musée Grévin du mauvais goût érigé en art le personnage de la tragédienne-autrice contrariée - n'ayant pu écrire du théâtre, elle écrit sur le théâtre (mais là encore le poncif se renifle à plein nez) - se pâmant en entendant les alexandrins raciniens la faisant littéralement s'envoler au septième ciel (délire poétique à la Chagall)… avant de s'aplatir sur le plateau, comme un oiseau blessé, dégommée en plein vol par l'hurluberlu anti-nature flanqué de l'auteur outragé par la critique &quot;alexandrine&quot;.       <br />
              <br />
       Est-ce à dire que la marque de fabrique du magazine créé naguère par Cavanna et le Professeur Choron - l'iconoclaste &quot;Hara-kiri&quot; - qui se targuait d'être &quot;bête et méchant&quot;, puisse s'appliquer ici ? Non, ce serait là &quot;totalement&quot; injuste… La cruauté manque.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 13 avril au TnBA - Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine. Les représentations se sont déroulées du 13 au 16 avril 2022.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"J'habite ici"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63894718-45968348.jpg?v=1650452498" alt=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" title=""J'habite ici" Une farce (et attrape) qui laisse dubitatif, "le doute m'habite"" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean-Michel Ribes (publié aux Éditions Actes Sud-Papier).       <br />
       Mise en scène : Jean-Michel Ribes.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Olivier Brillet.       <br />
       Avec : Didier Benureau, Manon Chircen, Romain Cottard, Charly Fournier, Annie Grégorio, Jean Joudé, Alice de Lencquesaing, Philippe Magnan, Marie-Christine Orry, Stéphane Soo Mongo.       <br />
       Scénographie : Emmanuelle Favre.       <br />
       Costumes : Juliette Chanaud.       <br />
       Lumière : Hervé Coudert.       <br />
       Son : Guillaume Duguet.       <br />
       Maquillage et coiffure : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Construction accessoires : Antoine Plischke.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">21 avril 2022 :</span> Monaco (98).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>"Les voisins"… Ne pas ne pas déranger !</title>
   <updated>2015-09-28T06:14:00+02:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2015-09-28T06:14:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
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    <![CDATA[
Dans une subtile mise en scène de Marc Paquien où la gestuelle des acteurs rythme le jeu, Vinaver nous invite à explorer les relations de voisinage qui oscillent entre amour, amitié, colère et repli sur soi.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8315654-13021719.jpg?v=1443346788" alt=""Les voisins"… Ne pas ne pas déranger !" title=""Les voisins"… Ne pas ne pas déranger !" />
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     <div>
      Des voisins, sauf à habiter sur une dune ou à jouer le troglodyte dans une caverne fermée à double tour, il est difficile de ne pas faire avec. Côtoyés assurément, aimés parfois, engueulés sans aucun doute, ils font partie de notre univers social*.       <br />
              <br />
       Avec Vinaver, le regard est nuancé. Il fait cohabiter, dans les relations de voisinage, une mosaïque sentimentale où amitié, amour et colère se passent le témoin. La vie de voisinage est tout sauf un long fleuve tranquille. Appuyée par une intelligente mise en scène de Marc Paquien où le corps prime sur la parole, l’écriture de Vinaver s’immisce entre les deux univers de Laheu (Lionel Abelanski) et Blason (Patrick Catalifo), autour respectivement de leur fils Ulysse (Loïc Mobihan) et de leur fille Alice (Alice Berger).       <br />
              <br />
       La scénographie laisse apparaître deux maisons jumelles, l’une miroir de l’autre. Cette mixité des univers, aussi complice que soleil et ombre, va devenir au fil de la pièce deux univers séparés. Le fils et la fille ont un jeu retenu, comme contraint dans le geste et la voix. Ils sont comme enfermés dans leurs rapports paternels.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8315654-13021804.jpg?v=1443348224" alt=""Les voisins"… Ne pas ne pas déranger !" title=""Les voisins"… Ne pas ne pas déranger !" />
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     <div>
      Les relations entre Blason et Laheu évoluent sous des dehors chaleureux, légers, graves, distants ou colériques. Ils ont le verbe haut avec des accents &quot;cyclothymiques&quot; dans lequel le phrasé est souvent bousculé. À l’inverse, Alice et Ulysse ont une homogénéité dans leur comportement et dans leur timbre vocal.       <br />
              <br />
       Ce qui est remarquable dans le théâtre de Vinaver n’est pas uniquement les répliques des personnages. C’est aussi le rapport du dit et du non-dit qui oscille, change, évolue entre des personnages qui font entrer dans leur vie, les bruits d’une société qu’il semblait ignorer, jaloux auparavant de leurs habitudes et de leur pré-carré confortable. Blason et Laheu se sont envisagées au début pour finir par se dévisager.       <br />
              <br />
       C’est une pièce qui prend tout son sens aujourd’hui où les discours politiques sont marqués de plus en plus par le repli identitaire et la peur de l’autre, cet étranger, ce &quot;migrant&quot;, ce &quot;venu-d’ailleurs&quot; qui a pourtant, par vagues successives, fait notre France. Et qui aujourd’hui, quand les bruits de guerre viennent frapper à nos portes, peine à trouver une main amie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Pour que mes propos ne prêtent pas à confusion, l’auteur de cette chronique tient à préciser qu’il n’a aucun problème avec ses voisins :-).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les voisins"</b></div>
     <div>
      Texte : Michel Vinaver.       <br />
       Mise en scène : Marc Paquien.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Antony Cochin.       <br />
       Avec : Lionel Abelanski, Alice Berger, Patrick Catalifo, Loïc Mobihan.       <br />
       Scénographie : Gérard Didier et Ophélie Mettais-Cartier.       <br />
       Lumières : Pierre Gaillardot.       <br />
       Costumes : Claire Risterucci.       <br />
       Son : Xavier Jacquot.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">À partir du 4 septembre 2015.</span>       <br />
       Du mardi au samedi 21h, dimanche 15 h.       <br />
       Théâtre de Poche-Montparnasse, Paris 6e, 01 45 44 50 21.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredepoche-montparnasse.com" target="_blank">&gt;&gt; theatredepoche-montparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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