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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-13T11:22:04+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "Le Circuit ordinaire" Un huis clos austère et parfois angoissant autour du thème de la délation et des mécanismes du pouvoir</title>
   <updated>2026-07-06T19:57:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Le-Circuit-ordinaire-Un-huis-clos-austere-et-parfois-angoissant-autour-du-theme-de-la-delation-et-des_a4606.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-07-06T19:44:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Deux hommes dans un bar. Une serveuse étrange et mutique les observe. L'un des deux hommes est commissaire de police. Il a convoqué un indic et l'interroge. L'indic, c'est celui qui dénonce les citoyens, quels qu'en soient les motifs. Mais cet interrogatoire va rapidement tourner à la confrontation, et la confrontation à l'affrontement.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97254017-67751013.jpg?v=1783360016" alt="•Off 2026• "Le Circuit ordinaire" Un huis clos austère et parfois angoissant autour du thème de la délation et des mécanismes du pouvoir" title="•Off 2026• "Le Circuit ordinaire" Un huis clos austère et parfois angoissant autour du thème de la délation et des mécanismes du pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Il fallait un metteur en scène hors pair et des comédiens à la hauteur de l'écriture de Jean-Claude Carrière pour mettre en scène cette pièce si singulière. Yann Collette et Stéphane Bierry font partie de ces comédiens expérimentés, d'une grande maîtrise technique et hautement aguerris qui ont su se l'approprier, sans tomber dans l'écueil de la grande éloquence théâtrale.       <br />
              <br />
       Pour ce qui est du metteur en scène, c'est Alexandre Tchobanoff qui les a dirigés avec maestria : homme de théâtre de renom, artiste multiculturel et multidisciplinaire, à la fois artisan et grand professionnel dont la carrière compte plus de soixante mises en scène dans le monde : opéra classique et contemporain, comédie musicale, théâtre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le Circuit ordinaire&quot; est une pièce que je souhaite mettre en scène depuis un moment déjà. Et pour plusieurs raisons : l'écriture si fine de Jean-Claude Carrière, ma légitimité autour du sujet traité – j'ai vécu les trente-six premières années de ma vie en Bulgarie sous régime communiste – et la montée des extrêmes inquiétante un peu partout&quot;,</span> précise le metteur en scène.       <br />
              <br />
       Elle est en effet très précise, cette écriture de Carrière où chaque réplique apparemment anodine déplace subtilement le rapport de force. Le texte avance par questions, sous-entendus, pièges verbaux et rien de simple à appréhender la chose sur les planches. Rien de simple, non plus, que de mettre en scène une pièce et de faire des choix dans la geste créatrice. Il s'agit là d'un pan réflexif qui nous interpellera toujours…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97254017-67751014.jpg?v=1783360046" alt="•Off 2026• "Le Circuit ordinaire" Un huis clos austère et parfois angoissant autour du thème de la délation et des mécanismes du pouvoir" title="•Off 2026• "Le Circuit ordinaire" Un huis clos austère et parfois angoissant autour du thème de la délation et des mécanismes du pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Comme ici, par exemple, où Tchobanoff, assisté de Prisca Lona à la mise en scène depuis 2019, a choisi de situer la pièce dans un bar et de rajouter un troisième personnage : une serveuse énigmatique interprétée par Prisca Lona elle-même que nous avions déjà applaudie dans &quot;Cendres sur les mains&quot; de Laurent Gaudé. Son interprétation bouleversante nous avait littéralement subjuguées.       <br />
              <br />
       Ici, pas de mots dans la geste théâtrale de la comédienne, mais juste une attitude comme une pantomime mystérieuse et hautement angoissante. Qui est-elle cette serveuse blonde qui s'active devant un cahier, y note &quot;des choses&quot; tout au long de la pièce, et se débarrasse de sa perruque à la fin ?  Et si c'était vous et moi ?       <br />
              <br />
       Le personnage n'est pas sans nous rappeler la Jillian Guiler du film &quot;Rencontre du troisième type&quot; avec ses gestes mécaniques et cadencés face au phénomène extraterrestre tout aussi inexplicable que le propos de la pièce, à bien y regarder…       <br />
              <br />
       &quot;Le Circuit ordinaire&quot; de Jean-Claude Carrière est une pièce déroutante, pour le moins difficile, âpre, très peu souvent jouée sur les planches. Félicitons Alexandre Tchobanoff et Prisca Lona d'avoir fait ce pari. Nos souvenirs de lecture étaient très lointains, et nous n'avons pas souhaité la relire avant de venir y assister, comme pour mieux nous imprégner de l'atmosphère, sans filtre ni réminiscences. Bien nous en a pris, parce que tout est remonté très vite à la surface.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97254017-67751022.jpg?v=1783360069" alt="•Off 2026• "Le Circuit ordinaire" Un huis clos austère et parfois angoissant autour du thème de la délation et des mécanismes du pouvoir" title="•Off 2026• "Le Circuit ordinaire" Un huis clos austère et parfois angoissant autour du thème de la délation et des mécanismes du pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Ce huis clos austère autour du thème de la délation et des mécanismes du pouvoir est particulièrement bien retranscrit ici via une mise en scène minimaliste, fonctionnelle et efficace : un bar ordinaire intemporel, un lieu banal dans lequel, pourtant, rien de banal ne se joue, mais où tout est subtilement maîtrisé, jusqu'au miroir placé au-dessus du comptoir ou le balai de la serveuse qui tombe comme par hasard…       <br />
              <br />
       Yann Collette et Stéphane Bierry sont comme transcendés par leur jeu respectif, particulièrement efficaces dans l'interprétation du renversement des rôles. Tout particulièrement Collette qui parvient magistralement à traduire le fait que dans un système fondé sur la délation, personne n'est jamais durablement du côté du pouvoir, son jeu donnant l'impression de naturel, mais révélant une grande maîtrise technique. Son costume trois pièces étriqué et austère ne l'emprisonnera plus longtemps.       <br />
              <br />
       Stéphane Bierry n'est pas en reste à ce titre, loin de là, via sa grande présence scénique tout en nuances dans laquelle il porte au sommet le duel verbal autour de la délation. Alexandre Tchobanoff, assisté de Prisca Lona, ont subtilement su rendre palpable le titre de cette pièce et remarquablement mettre en scène ce mécanisme cyclique qu'il sous-entend.       <br />
              <br />
       Ne vous laissez pas assoupir par le début de la pièce à l'atmosphère angoissante et quelque peu soporifique. Le talent de Tchobanoff s'y trouve, qui saura par la suite vous emporter et largement vous convoquer…       <br />
              <br />
       Sous la canicule festivalière de ce 80ᵉ Festival d'Avignon et 60ᵉ Off, gageons qu'au Théâtre du Girasole, &quot;Le Circuit ordinaire&quot; saura vous refroidir quelque peu, mais aucunement ne vous laissera de marbre. Tout semble ordinaire, mais rien ne l'est jamais vraiment.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Circuit ordinaire" </b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97254017-67751023.jpg?v=1783360095" alt="•Off 2026• "Le Circuit ordinaire" Un huis clos austère et parfois angoissant autour du thème de la délation et des mécanismes du pouvoir" title="•Off 2026• "Le Circuit ordinaire" Un huis clos austère et parfois angoissant autour du thème de la délation et des mécanismes du pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean-Claude Carrière (Éditions Actes Sud).       <br />
       Mise en scène : Alexandre Tchobanoff, assisté de Prisca Lona.       <br />
       Avec Yann Collette, Stéphane Bierry et Prisca Lona.       <br />
       Lumière et costumes : Alexandre Tchobanoff et Prisca Lona.       <br />
       Par Le Théâtre de Demain.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 35. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre du Girasole, 24 bis, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 82 74 42.       <br />
       <a class="link" href="https://legirasole.vosbillets.fr/billetterie/representation/190/le-circuit-ordinaire" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatredugirasole.fr/" target="_blank">>> theatredugirasole.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Le-Circuit-ordinaire-Un-huis-clos-austere-et-parfois-angoissant-autour-du-theme-de-la-delation-et-des_a4606.html" />
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   <title>•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire</title>
   <updated>2026-06-03T13:21:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Festin-Un-huis-clos-improvise-au-realisme-cru-mais-necessaire_a4574.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96830240-67496015.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-06-03T13:07:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au cours d'un dîner de famille bourgeois organisé à l'occasion de l'anniversaire du père, alors qu'on évoque des souvenirs, que l'on rit, qu'on se sert et ressert du champagne, et que les coupes s'entrechoquent, l'un des personnages révèle un secret qui provoque une immense déflagration. Mais ce secret l'était-il vraiment pour chacun et chacune des convives ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96830240-67496015.jpg?v=1780485055" alt="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" title="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" />
     </div>
     <div>
      La Compagnie de l'Esquive, basée à Bordeaux et créée en 2024 à l'initiative d'Aymeric Desjardins et Charlotte Ménière, œuvre autour du théâtre d'improvisation et d'intention. Quiconque possède quelque expérience des planches, et plus particulièrement de ce genre théâtral, saura en jauger la dimension toute particulière. Rien de simple dans le Théâtre d'impro, à nos yeux, à moins d'en maîtriser rigoureusement les codes : production immédiate de sens, écoute radicale, énergie intérieure, intention psychologique.       <br />
              <br />
       De vrais atouts que bien des comédiens et comédiennes devraient s'approprier davantage plutôt que de se dissimuler derrière un simple texte, car l'improvisation est une véritable école de l'exigence, de l'énergie maîtrisée, du respect du collectif et de l'autre.       <br />
              <br />
       Tout ceci est largement convoqué dans &quot;Festin&quot;, la deuxième pièce d'Aymeric Desjardins, inspirée du film culte du réalisateur danois Thomas Vinterberg, &quot;Festen&quot;, sorti en 1998. Ici, aussi, tout commence comme un élégant dîner bourgeois d'anniversaire. Sur scène, une longue table recouverte d'une nappe blanche, un seau à champagne et des comédiens assis côte à côte, la mère au centre. La scénographie n'est pas sans rappeler très largement les illustrations de &quot;la Cène&quot; de Léonard de Vinci évoquant le dernier repas que Jésus-Christ a pris avec ses douze apôtres le soir du Jeudi Saint.       <br />
              <br />
       Ici, pas de Christ ni de Pâque juive, mais un espace anonyme aux allures de huis clos dans lequel les mots fusent gaiement de façon totalement improvisée entre les neuf comédiens et comédiennes, jusqu'au moment où les mots des maux surgissent, violents et fracassants. Dans &quot;La Cène&quot;, on prête à Léonard de Vinci d'avoir imaginé pour Jésus de Nazareth la parole suivante : <span style="font-style:italic">&quot;La vérité, je vous le dis, un de vous me la livrera&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96830240-67496029.jpg?v=1780485165" alt="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" title="•Off 2026• "Festin" Un huis clos improvisé au réalisme cru mais nécessaire" />
     </div>
     <div>
      Dans cette nouvelle création d'Aymeric Desjardins, la vérité surgit également, brute, transparente, crue et cruelle dans la bouche de la fille à l'encontre du père, jusqu'à alors bien présent et bien assis à l'extrémité de la table.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Pensé au départ comme une unique représentation, notre spectacle a trouvé un écho inespéré auprès du public lors de sa représentation au Théâtre de l'Inox.&quot;</span> Disons que le public connaisseur de l'Inox, ce soir-là, a eu du goût en reconnaissant rapidement le travail et le talent d'improvisation des neuf comédiens et comédiennes de l'Esquive, complices et très incarnés(es). Bien lui en a pris de manifester son enthousiasme.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le travail en répétition a été majoritairement orienté vers la notion de culture du viol et de l'inceste au sein de notre société. De nombreux mécanismes s'enclenchent lorsqu'une dénonciation est prononcée afin de protéger le coupable. Au sein de notre format, d'autres sujets peuvent interférer tels que la violence familiale, la soumission chimique, les idées suicidaires, la manipulation psychologique ou encore les discriminations&quot;.</span> Oui, le thème de l'inceste. Encore et encore évoqué. Mais ceci est une évidence, n'est-ce pas !       <br />
              <br />
       À la tête de la compagnie, Aymeric Desjardin, comédien et improvisateur bordelais qui a découvert le Théâtre d'improvisation en 2014 – et qui n'a jamais arrêté depuis –, a su mener de mains de maître le présent projet. Le fait qu'il ait roulé sa bosse à l'international, notamment en Islande, en Norvège ou encore en Roumanie, explique probablement cela. Dans son jeu, les émotions et les relations prédominent sur l'action, et sa vision de l'impro est de plus en plus foisonnante.       <br />
              <br />
       Le Théâtre d'impro nous surprendra décidément toujours et &quot;Festin&quot; – qui n'est effectivement pas &quot;Festen&quot; – ne manquera pas de nous conforter sur le fait qu'il s'agit là d'une magnifique école de discipline au service de l'art tout entier. Bon Festival Off à l'Esquive. Sous le soleil et le talent, exactement !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Festin"</b></div>
     <div>
      Mise en scène : Aymeric Desjardin.       <br />
       Avec : Frédéric Dupeyron, Arsène Godet, Mathieu Marmié, Louna Toussaint, Emma Van de Maele.       <br />
       Par la Compagnie de l'Esquive.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 35. Relâche le jeudi.       <br />
       La Factory, Collège/Hors-Piste, Chapiteau, rue Vernet, Avignon.       <br />
       Réservation : 09 74 74 64 90.       <br />
       <a class="link" href="https://lafactory.vosbillets.fr/billetterie/representation/31892/festin" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.la-factory.org/" target="_blank">>> la-factory.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"C'est comme ça (si vous voulez)" Un Pirandello diaboliquement en équilibre entre vrai et faux</title>
   <updated>2022-04-19T12:43:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/C-est-comme-ca-si-vous-voulez-Un-Pirandello-diaboliquement-en-equilibre-entre-vrai-et-faux_a3226.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/63872709-45955629.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-04-19T12:34:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans cette pièce mal connue, Pirandello pose son regard ironique et inquiet sur la rumeur, les rumeurs. Celles qui courent un peu partout, de tout temps, qui naissent on ne sait où, se répandent comme une peste, sèment le mal qu'elles doivent semer et disparaissent aussi vite qu'elles sont venues. Pour cela, il invente l'arrivée d'un couple accompagné de la belle-mère dans une petite ville.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63872709-45955629.jpg?v=1650365762" alt=""C'est comme ça (si vous voulez)" Un Pirandello diaboliquement en équilibre entre vrai et faux" title=""C'est comme ça (si vous voulez)" Un Pirandello diaboliquement en équilibre entre vrai et faux" />
     </div>
     <div>
      Les trois étrangers viennent du sud du pays, rescapés d'un village détruit par un tremblement de terre (Pirandello, Sicilien, connaît les colères du sous-sol). Le mari est secrétaire de la préfecture et, dès leur arrivée, les regards de toute la ville se posent sur ces nouveaux arrivants et s'étonnent de leur manière de vivre. Curiosité. Suivi d'hypothèses. Qui développent des interrogations, puis des soupçons, puis la nécessité de savoir ce qu'il en est réellement de ce couple et de cette belle-mère, à la fin !       <br />
               <br />
       Tout le monde s'en mêle donc. Et l'on suit la quête de ces bruits de couloir depuis la cage d'escalier qui sépare l'appartement de la belle-mère de celui de la famille de l'adjoint au préfet. Toute la pièce va se dérouler dans cet espace ingénieusement pensé par Thibaut Fack, un entremêlement d'escaliers sans fin qui ressemble aux escaliers infinis de Penrose. Le lieu de passage est magnifié et pousse les mouvements scéniques vers une sensation de vertige et d'absurde qui correspond bien à la folie qui s'empare de toute la société dans cette traque de la vérité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63872709-45955630.jpg?v=1650365794" alt=""C'est comme ça (si vous voulez)" Un Pirandello diaboliquement en équilibre entre vrai et faux" title=""C'est comme ça (si vous voulez)" Un Pirandello diaboliquement en équilibre entre vrai et faux" />
     </div>
     <div>
      Mais le but de Pirandello, en écrivant cette comédie vive et acide, n'est pas simplement de dénoncer cette avidité des humains à regarder dans l'assiette et dans le lit des autres. Il s'agit de pointer du doigt et de la langue le besoin de vérité. De la Vérité. Et, en face de cette &quot;vérité&quot; tant désirée par tous, l'horreur du &quot;doute&quot;. Cette gangrène de rumeur des plus comiques au départ, transforme tous les personnages de la pièce, qu'ils soient simples citoyens ou notables, en inquisiteurs. Comme si ce doute entretenu par les déclarations contradictoires des trois étrangers provoquait chez eux des démangeaisons insupportables.       <br />
               <br />
       L'écriture grossit les traits des personnages, la mise en scène de Julia Vidit accentue encore cette surenchère caricaturale. Le comique explose tant le ridicule de ces personnages est poussé. Un ridicule qui est sous-tendu de tragique. En particulier pour un des personnages, le beau-frère de la famille de notables, spectateur amusé (sorte d'esprit d'Arlequin) qui ironise sur la frénésie de savoir dont tous sont infectés. Il n'y a pas qu'une vérité, prône-t-il. Pourquoi ne pas laisser le doute vivre tranquillement ? La belle idée de mise en scène pour ce personnage qui défend la liberté des apparences est d'avoir vêtu le comédien en femme : une femme avec tous ses atours qu'aucun autre personnage ne semble voir tel qu'il est, comme la preuve en acte que la vérité n'est pas forcément dans le visible.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63872709-45955659.jpg?v=1650365840" alt=""C'est comme ça (si vous voulez)" Un Pirandello diaboliquement en équilibre entre vrai et faux" title=""C'est comme ça (si vous voulez)" Un Pirandello diaboliquement en équilibre entre vrai et faux" />
     </div>
     <div>
      Aux trois actes écrits par Pirandello, Guillaume Cayet ajoute un quatrième chapitre qui fait table rase du décor et nous propulse dans un &quot;après&quot; où cette quête de &quot;vérité&quot; pousse le peuple à la révolte, la recherche d'un coupable, d'un bouc émissaire (et quels meilleurs coupables que ces étrangers aux habitudes différentes venus du Sud comme aujourd'hui ceux que l'on nomme migrants ?). Alors tombent en poussière les apparentes règles sociales, transformant notables en pourceaux sauvages. Une façon de propulser la pensée corrosive de Pirandello dans le chaos futur des fake news, des dictatures du conformisme et des dangers de l'absolutisme et de l'intolérance.       <br />
              <br />
       Un développement qui fonctionne bien visuellement car il met en lumière le tragique souterrain de la pièce et rattache le propos de la pièce écrite il y a un siècle de nos préoccupations actuelles. Le huis clos éclate alors, on se retrouve dans une cave entouré par la révolte du peuple. Mais ce supplément, très pertinent, est affaibli par le côté un peu répétitif des thèmes que l'on avait déjà perçus dans les trois premiers actes.       <br />
               <br />
       Malgré cette petite lourdeur, ce spectacle fonctionne bien et toutes les comédiennes, tous les comédiens campent magnifiquement ces personnages ciselés dans l'absurde qui courent à perdre haleine dans une dynamique de pure comédie avec tempérament, talent et une bonne humeur communicative.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"C'est comme ça (si vous voulez)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/63872709-45955661.jpg?v=1650365866" alt=""C'est comme ça (si vous voulez)" Un Pirandello diaboliquement en équilibre entre vrai et faux" title=""C'est comme ça (si vous voulez)" Un Pirandello diaboliquement en équilibre entre vrai et faux" />
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      &quot;C'est comme ça (si vous voulez)&quot;       <br />
       Comédie d'après Luigi Pirandello.       <br />
       Nouvelle traduction : Emanuela Pace.       <br />
       Adaptation et écriture : Guillaume Cayet.       <br />
       Mise en scène : Julia Vidit.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Maryse Estier.       <br />
       Avec : Marie-Sohna Condé, Erwan Daouphars, Philippe Frécon, Étienne Guillot, Adil Laboudi, Olivia Mabounga, Véronique Mangenot, Barthélémy Meridjen, Lisa Pajon.       <br />
       Dramaturgie : Guillaume Cayet.       <br />
       Scénographie : Thibaut Fack.       <br />
       Lumières : Thomas Cottereau.       <br />
       Son : Bernard Valléry.       <br />
       Costumes : Valérie Ranchoux-Carta, assistée de Rose-Catherine Mariani, Alix Descieux Read, Ophélie Reiller, Jennifer Ball.       <br />
       Perruques et maquillages : Catherine Saint-Sever.       <br />
       Accessoires : Antonin Bouvret.       <br />
       Construction décor : Bureau d'études Studio Cèdre, atelier de décor du Théâtre de la Manufacture de Nancy.       <br />
       Durée : 2 h 20.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 24 avril 2022.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de la Tempête, Salle Serreau, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 28 36 36.       <br />
       <a class="link" href="https://www.la-tempete.fr" target="_blank">&gt;&gt; la-tempete.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/C-est-comme-ca-si-vous-voulez-Un-Pirandello-diaboliquement-en-equilibre-entre-vrai-et-faux_a3226.html" />
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   <title>Danser à la Lughnasa… Atmosphère, atmosphère, c'est une vraie belle gueule d'atmosphère !</title>
   <updated>2015-11-09T22:21:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Danser-a-la-Lughnasa-Atmosphere-atmosphere-c-est-une-vraie-belle-gueule-d-atmosphere-_a1479.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/8495237-13355472.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-11-09T12:50:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une mise en scène inspirée de Didier Long et une très belle scénographie, les comédiennes font revivre avec tact et talent l'œuvre de Brian Friel. Autour du récit, de la parole et de la danse, elles insufflent différents rythmes, légers et délicats, au texte, faisant de la pièce un beau moment de vérité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8495237-13355472.jpg?v=1447070359" alt="Danser à la Lughnasa… Atmosphère, atmosphère, c'est une vraie belle gueule d'atmosphère !" title="Danser à la Lughnasa… Atmosphère, atmosphère, c'est une vraie belle gueule d'atmosphère !" />
     </div>
     <div>
      C'est un endroit où il ne se passe rien ou si peu. L'action trop expressive n'est pas au rendez-vous. Ni cascade, ni acrobatie. Seul une forme d'ennui étreint cinq sœurs dans leur logis. Pourtant, dans ce huis clos, où l'amour est abîmé et où la maladie rôde, une belle énergie se dégage dans les dialogues comme si chacune de ces femmes était un continent à découvrir. Notre guide est Michaël (Philippe Nahon), le narrateur, devenu âgé, qui remontent dans ses souvenirs de gamin de sept ans.       <br />
              <br />
       C'est ce passé du narrateur qui tisse la trame où les femmes, sa mère et ses tantes jouent les rôles principaux et où les hommes sont les personnages secondaires. C'est un drame du quotidien avec ses misères et ses joies, ses rires et ses colères. Ça parle, ça s'engueule, ça rigole et ça danse !       <br />
              <br />
       Rose (Lola Naymark), Maggie (Florence Thomassin), Kate (Claire Nebout), Chris (Lola de Laâge) et Agnès (Léna Breban) sont le socle d'un foyer où l'homme est défaillant ou absent, atteint par la maladie ou la légèreté, comme vacciné par un manque de responsabilité. Elles sont fortes chacune de leur individualité, rêvant d'espaces, d'étendues, d'Ailleurs, de porte ouverte et d'inconnu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8495237-13357440.jpg?v=1447077461" alt="Danser à la Lughnasa… Atmosphère, atmosphère, c'est une vraie belle gueule d'atmosphère !" title="Danser à la Lughnasa… Atmosphère, atmosphère, c'est une vraie belle gueule d'atmosphère !" />
     </div>
     <div>
      Le décor laisse voir un intérieur où trône un poste TSF, de marque Marconi s'il vous plaît, qui les transportent, quand elles tournent le bouton, dans un rêve où leurs corps parlent, où leurs jambes s'élancent, où leurs pieds tapent le sol et où le rythme les transforme, pour un moment, en femmes accomplies. La danse devient une pulsion de vie qui met sous cloche leur ennui, ce faux miroir d'elles-mêmes. Parole et corps sont parties liées, comme l'arbre à sa feuille ou l'abeille à son miel.       <br />
              <br />
       La scénographie de Didier Long et Bernard Fau est superbement picturale et plante une atmosphère nourrie d'une lumière un peu ocre mettant en exergue les personnages, le temps qui passe et cet ennui tué à bout de répliques et de danse. La mise en scène de Didier Long est d'un étonnant équilibre car elle réussit à faire cohabiter le calme avec l'énergie, la parole avec le corps, les cris avec les rires, la narration avec les dialogues.       <br />
              <br />
       Le jeu est vif, rapide, singulier de sobriété et de violence contenue. La vie est aimée mais bridée par un contexte social et économique qui ferme ses portes à nos cinq sœurs. Que faire quand le futur est recroquevillé dans un &quot;dix mètres carrés&quot; ? Il s'agit pour elles de se lever, de faire d'un poste TSF un compagnon de vie avec qui elles peuvent danser… danser… et rêver. Et à nous faire rêver aussi !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Danser à la Lughnasa"</b></div>
     <div>
      Texte : Brian Friel.       <br />
       Traduction française : Alain Delahaye.       <br />
       Mise en scène : Didier Long, assisté de Jeoffrey Bourdenet.       <br />
       Avec : Léna Bréban, Philippe Nahon, Claire Nebout, Bruno Wolkowitch, Lou de Laâge, Lola Naymark, Florence Thomassin, Alexandre Zambeaux.       <br />
       Scénographie : Didier Long et Bernard Fau.       <br />
       Costumes : Pascaline Suty.       <br />
       Lumières : Patrick Clitus.       <br />
       Musique : François Peyrony.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">À partir du 22 septembre 2015.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, matinée dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de l'Atelier, Paris 18e, 01 46 06 49 24.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-atelier.com" target="_blank">&gt;&gt; theatre-atelier.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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