<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-06-09T16:17:16+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>"Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…</title>
   <updated>2026-03-27T10:49:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Specimen-Sola-Gratia-Agnus-dei-Gloria-mundi-Portrait-en-3D-d-un-homme-artiste-Urgent-creer-Urgent-crier_a4514.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95629132-66819962.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-28T14:48:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Urgent crier", titre d'un recueil de poèmes d'André Benedetto fondateur du Festival OFF d'Avignon, pourrait s'appliquer à ce triptyque d'une force insoupçonnable, tant Yacine Sif El Islam - auteur, metteur en scène et acteur - habite le plateau avec une grâce (poétique) et un engagement hors norme. Faisant théâtre de vécus personnels à résonance universelle, il transcende ses expériences intimes et autres (dont celles des violences ordinaires) pour en libérer l'essence dans une anthologie de tableaux percutants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66819962.jpg?v=1774533368" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
     </div>
     <div>
      Convoquer trois références bibliques quand on est soi-même <span style="font-style:italic">&quot;musulman par son père, catholique par sa mère, juif par amour et athée par conviction ou par habitude&quot;</span> pourrait à plus d'un titre résonner comme une sacrée provocation… si ce n'est que les trois stations de &quot;Spécimen&quot; leur font écho pour dire le corps (le sien) dans tous ses états, un &quot;corps forum&quot;, fait de chair et d'esprit, un corps porte-paroles des horreurs et beautés du monde.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ceci est mon corps…&quot;.</span> Un corps mis à mal la nuit du 2 septembre 2020, dans le quartier Saint-Jean de Bordeaux, où lui et son copain Benjamin furent victimes de la lame déchirant le visage de l'un et l'épaule de l'autre. <span style="font-style:italic">&quot;Deux pédés viennent de se faire poignarder&quot;…</span> Ainsi s'ouvre, avec une précision quasi chirurgicale, &quot;Sola Gratia&quot; premier volet de &quot;Spécimen&quot; qui, tout au long de son déroulé, verra Benjamin de dos tisser les perles rouge-sang de sa déclaration inscrite virtuellement sur le blanc d'un tableau où se détachent les questions décomplexées du brigadier-chef chargé de prendre sa déposition.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66819982.jpg?v=1774533414" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
     </div>
     <div>
      Plaies à vif déchirant la chair de deux homos au faciès basané (double peine), blessures précédées et suivies par d'autres. Blessures morales à répétition infligées par ceux qui, victimes eux-mêmes du racisme ordinaire et/ou du rejet de classe, transforment la violence subie en agressivité dirigée vers des cibles toutes désignées pour les conservatismes ambiants. Ou encore blessures morales (quand elles ne sont pas physiques…) infligées par ceux qui, revêtus de l'uniforme des forces de l'Ordre et confortés par le fantasme d'éduquer, s'autorisent en toute impunité les humiliations et vexations de tous ordres, comme le tutoiement ou l'imitation grotesque des youyous… <span style="font-style:italic">&quot;On va t'apprendre ce qu'est la France&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Quelle que soit l'intensité de la violence encapsulée dans ces faits divers vécus, elle est transcendée ici par l'interprétation de l'homme-acteur, qui, tout en l'incarnant sans frein, la distancie pour en faire un lieu ouvrant sur des horizons plus vastes… <span style="font-style:italic">&quot;Les flics et nos agresseurs se ressemblent. La même haine larvée. Dans leurs regards, la même hostilité. Dans ma tête, un vrai bordel&quot;…</span> Un remue-méninge chargé de multiples ramifications qui l'amèneront à parcourir en cauchemar éveillé les sévices subis par ceux qui finissent leur existence de &quot;sous-hommes&quot; dans le charnier-Méditerranée, mais aussi un remue-méninge qui le reconduira entre autres à ce matin, dans Barbès désert, où il fut la cible d'un contrôle d'identité particulièrement musclé.       <br />
              <br />
       Quand on est viscéralement acteur sur scène, mais aussi de son existence, la mémoire est ainsi faite que, pour libérer les traumatismes qu'elle retient accrochée dans ses mailles, elle a recours à la poésie des mythes. Yacine se revêtira alors de la pelure de Cassandre, devenant l'être violenté par Ajax… Sous les notes aériennes s'échappant du clavier de Benjamin Ducroq, Cassandre offrant un baiser au bel Apollon attiré lui aussi par sa beauté… Cassandre se refusant ensuite à lui, avec au bout l'éternelle et même peine, l'abandon et le refus d'être crue, l'errance parmi les siens… Et puis, comme une plongée en apnée, l'atmosphère brûlante d'une nuit d'été madrilène… Ou encore, dix années auparavant – il venait d'avoir quinze ans – quelque part dans le sud de la France, ce bar à bières qui scella son destin, et dont il ne peut, ni ne veut, livrer le parfum entêtant… Un itinéraire complexe, d'où surgira la question existentielle et sa réponse englobant la complexité du monde qu'il porte en lui, victime et bourreau tour à tour. Ainsi se conclut &quot;Sola Gratia&quot; et son écriture irradiante.       <br />
              <br />
       &quot;Agnus dei&quot;, deuxième volet, élargit l'expérience de la violence à l'ensemble du corps social. Se remémorant un premier fait divers vécu dans son enfance, il raconte comment cet idiot du village de la Haute-Saône – paysage tranquille de champs de pommes de terre – avait été tué d'un coup de couteau par un honnête villageois l'ayant surpris à commettre l'un de ses innocents larcins. Et comment tout le village, au procès du tueur, était venu soutenir d'une seule voix le tueur en chargeant la victime de tous les maux… Et Yacine, yeux dans les yeux, face à nous, d'énoncer avec une force tranquille détonnant avec la violence du message délivré : <span style="font-style:italic">&quot;Voilà d'où je viens, voilà d'où nous venons. Nous avons tué et nous tuons. Nous brûlons des femmes sur les trottoirs de Mérignac. Nous sommes tueries…&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66820106.jpg?v=1774533805" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
     </div>
     <div>
      Se dépouillant alors de tous vêtements, apparaissant dans la vulnérabilité de celui qu'aucun habit ne protège, l'acteur nu va livrer avec une armure dissimulant l'adversaire invisible, un étrange ballet, celui du colonisateur armé et du colonisé offert à sa cruauté… Le mal et sa banalité, l'acte sacrificiel où le mouton (noir… lui) est promis aux pires outrages avant d'être promu en symbole de paix.       <br />
              <br />
       Quand, il &quot;quittera ses habits d'acteur&quot; – déjà nu – pour s'adresser au public sur le ton de la confidence personnelle (l'épisode de l'Aïd où l'une de ses grands-mères cuisinait &quot;l'agneau de la paix&quot;, plat qui sera offert au public), l'intensité dramatique s'en trouvera altérée, tant, jusque-là, elle était à son summum… pour très vite rebondir au travers d'un autre épisode historique, celui d'un homosexuel déporté ayant eu à subir devant les autres prisonniers impuissants, nu et seau de fer blanc sur la tête, l'assaut des bergers allemands le mordant à mort et lacérant ses chairs. Une victime sacrificielle dont les cris de douleur résonnent jusqu'à nous… comme ceux encore des victimes innocentes du 7 octobre, <span style="font-style:italic">&quot;corps massacrés, corps humiliés, corps désintégrés&quot;</span> (répétés en boucle).       <br />
              <br />
       &quot;Gloria mundi&quot;, troisième volet du triptyque, rend – en décalé – un hommage à l'art éphémère par nature, car si &quot;tout est vanité&quot; à quoi bon persister dans cette voie sans issue… Tout de blanc vêtu, suspendu à un filin et juché sur un petit escabeau, l'artiste faisant – non sans humour – référence à l'Ecclésiaste offre son corps promis à la décomposition. Faisant œuvre de ce corps artistique en sursis, il convoque la dérision pour exorciser la violence de cette situation dans des références à l'Ecclésiaste, revues et corrigées. Ainsi de la harangue rageuse qu'il s'adresse, se conspuant en termes de bas étage, lui l'artiste sous l'emprise de la vanité.       <br />
              <br />
       Suivra une douleur originelle, inscrite dans son corps d'homme, qu'il confiera en remettant en jeu la mort de ses deux petites sœurs, noyées avant d'être nées dans le ventre de leur mère. Convoquant la chanson de variété, il va – à tue-tête – chanter la mort qui les a assassinées provoquant à jamais la douleur de sa mère et la sienne. Dans le même temps, viendra le moment de remonter aux origines de son prénom, à ce prénom qui lui a été attribué et qui fait corps avec lui – le nom d'un village martyr palestinien massacré le 9 avril 1948 – et d'entendre, ici et maintenant, au travers de ses paroles présentes, résonner la douleur insupportable des femmes de Gaza, de Marioupol ou de Téhéran, nous qui, comme lui, n'avons pas à mourir ce soir, protégé par le dôme de la salle de spectacle.       <br />
              <br />
       Traversée fulgurante des violences ordinaires et/ou systémiques, &quot;Spécimen&quot; résonne comme un chant tragique où l'artiste et l'homme ne faisant qu'un unissent leur voix pour faire entendre l'indicible. Celui des violences endémiques détruisant les existences, individuelles et collectives, dans l'indifférence partagée. Il en résulte un choc… éblouissant.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 17 mars 2026 au Studio de création du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Spécimen"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95629132-66820262.jpg?v=1774534743" alt=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" title=""Spécimen - Sola Gratia, Agnus dei, Gloria mundi" Portrait en 3D d'un homme-artiste… Urgent créer… Urgent crier…" />
     </div>
     <div>
      <b>Création de &quot;Sola Gratia&quot; en 2021, &quot;Agnus dei&quot; en 2025, &quot;Gloria mundi&quot; en 2026.</b>       <br />
       Représentation des trois ensemble pour la première fois au tnba.       <br />
       Conception et texte : Yacine Sif El Islam.       <br />
       Mise en scène : Yacine Sif El Islam.       <br />
       Avec : Yacine Sif El Islam, Stan Briche, Mario De Miguel Conde, Benjamin Yousfi et Benjamin Ducroq.       <br />
       Avec la voix de Stéphanie Moussu.       <br />
       Création sonore : Benjamin Ducroq.       <br />
       Création lumière : Chloé Agag.       <br />
       Production : Groupe Apache, tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Maison Maria Casarès.       <br />
       Durée : 2 h (3 x 40 minutes).       <br />
       À partir 16 ans (présence de nudité au plateau).       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 17 au 20 mars 2026 au Studio de création du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine (33).</b>       <br />
       Le texte &quot;sola gratia&quot; est publié aux Éditions Komos Structura.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Specimen-Sola-Gratia-Agnus-dei-Gloria-mundi-Portrait-en-3D-d-un-homme-artiste-Urgent-creer-Urgent-crier_a4514.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes</title>
   <updated>2026-03-05T11:27:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Rien-n-a-jamais-empeche-l-histoire-de-bifurquer-Appel-revolutionnaire-poetique-et-acere-pour-la-douceur-du-monde-et_a4492.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95066656-66588789.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-04T18:46:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De cet inédit de Virginie Despentes, la mise en scène d'Anne Conti, avec la complicité de Phia Ménard, en fait une superbe seule-en-scène qu'elle incarne, à la croisée de la musique et de la poésie qui appelle au réveil contre tout extrémisme afin d'opérer une révolution avec douceur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588789.jpg?v=1772560097" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      Des projecteurs sur le public cachent la scène avant le démarrage de la représentation. À son entame, les lumières éclairent le plateau où apparaissent, côté jardin, deux musiciens que sont le percussionniste Vincent Le Noan et le violoncelliste et guitariste Rémy Chatton.        <br />
              <br />
       Au centre de la scène, dos au public, est assise derrière un mur blanc détruit, la protagoniste (Anne Conti). Sauf les musiciens, c'est une seule-en-scène. Durant tout le spectacle, le jeu d'Anne Conti est à la fois très physique et très vocal. Elle chante d'une belle voix à trois reprises, accompagnée par le guitariste Rémy Chatton pour l'une d'entre elles.       <br />
              <br />
       Qui est ce personnage ? L'auteure ? La metteure en scène et comédienne ? Nous ? Vous ? Moi ? Toi ? Tout ensemble à la fois, car n'importe qui, du moins hors ceux épousant des idées racistes et extrémistes, peut se reconnaître dans les propos de Virginie Despentes qui se prête volontiers à ce type de spectacle en solo.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588796.jpg?v=1772560148" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      La musique propose différents rythmes. Elle apporte une couleur et un accent particuliers en créant plusieurs ambiances qui sont rythmées par les percussions, accompagnées par la guitare qui est souvent mélodique. Elle est une dynamique composée de temps forts et de silences, en décentrant le texte de Virginie Despentes dans une atmosphère et un contexte qui oscillent entre gravité, réflexions et pointes acérées. Ce décentrement le met en exergue aussi bien au travers du chant que d'une oralité à la fois incarnée et sobre. Le large timbre vocal d'Anne Conti crée des inflexions autant déclaratives que confidentielles, autant graves que solennelles. Sa tessiture est comme un baromètre qui aurait prise sur le ciel en le faisant osciller entre pluie et soleil, tonnerre et brise, orage et éclaircie.       <br />
              <br />
       Le buste droit, le corps quelques fois de biais, souvent debout, parfois allongé, la protagoniste est principalement face au public en ayant des moments de réflexion où elle se remémore sa jeunesse, avec ses espoirs et ses envies révolutionnaires. Ciselé dans un verbe fort et rugueux aux envolées lyriques, &quot;Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer&quot; est comme une plage de sable chaud avec ses rochers dans laquelle les tourments politiques viennent briser leurs courants en déposant leurs écumes. De ceux-ci, l'autrice en fait un matériau où elle délivre ses réflexions et un cri d'alerte.       <br />
              <br />
       La symbolique du mur détruit représente un monde dévasté, dont le constat d'échec des politiques amène à devoir le reconstruire. Ce champ de ruines représente avant tout celui du résultat d'idées mortifères du rejet et de la peur de l'autre, du sexisme et du masculinisme, du monde avec sa furie xénophobe et raciste qui sème ses mauvaises graines dans trop de discours et de postures politiques actuels. Bref, l'extrémisme s'habille de ses habits mortuaires, flanqué de ses mocassins, de son col blanc ou de son tailleur, pour donner un semblant urbain et policé à des idées courtes, rances… et marchant à cloche-pied vers une crevasse.       <br />
              <br />
       La protagoniste s'emploie à commencer à reconstruire ce mur en y déposant des bancs de pierre en avant-scène et en y vissant quelques panneaux blancs déchiquetés, étalés au sol, faisant écho au texte salvateur de Virginie Despentes. Anne Conti l'incarne autant vocalement que corporellement. Elle en fait vivre les phrases, les mots, la ponctuation et les silences. Il vit, parle, hurle, sue, respire, tousse, éternue et gronde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588806.jpg?v=1772560343" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      L'inédit de l'écrivaine est puissant dans son propos, dans ses interpellations et dans ses questionnements. Elle l'a écrit et lu lors d'un séminaire le 16 octobre 2020 organisé par le philosophe Paul B. Preciado et intitulé &quot;Corps révolutionnaire&quot;. Cet écrit est une caisse de résonance de ce que nous vivons aujourd'hui. Il combat les violences du capitalisme, du colonialisme, du patriarcat, du racisme et de l'homophobie. L'auteure appelle à une révolution qu'elle souhaiterait douce, douceur qui manque dans l'espace public, et qui n'existe, de ce qu'elle dit, que dans un cadre privé.       <br />
              <br />
       C'est un appel au réveil, à la révolte dans une société dont les repères deviennent de plus en plus extrémistes, c'est-à-dire racistes, où l'étranger, celui qui ne ressemble pas au modèle fantasmé d'être un mâle blanc et &quot;pur&quot; de toute hybridation, est exclu, car, avec une énumération sans priorité, une femme, un homosexuel, une lesbienne, un noir, un arabe, un jaune, un gris, un rouge, un roux, un chauve ou un blanc un peu trop halé ne peuvent exister pour ce qu'ils sont. Bref, un combat long et sans pause à mener sans ambiguïté.       <br />
              <br />
       C'est un très beau spectacle où la poésie, la musique et le chant se rejoignent pour porter un message de révolte bienvenu et bienheureux contre tout extrémisme. Responsabilité de chacun, que cela advienne au plus vite.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588822.jpg?v=1772560380" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      Texte : Virginie Despentes       <br />
       Mise en scène et scénographie : Anne Conti, avec la complicité de Phia Ménard.       <br />
       Assistante mise en scène : Isabelle Richard.       <br />
       Avec : Anne Conti, Rémy Chatton (violoncelle, guitare) et Vincent Le Noan (percussions).       <br />
       Conseillère dramaturgique : Géraldine Serbourdin.       <br />
       Création musicale et sonore : Rémy Chatton et Vincent Le Noan.       <br />
       Création peinture et vidéo : Cléo Sarrazin.       <br />
       Création et régie son : Phédric Potier.       <br />
       Création lumière : Laurent Fallot.       <br />
       Création costumes : Léa Drouault.       <br />
       Constructions : Paul Étienne Voreux.       <br />
       Patines décor : Frédérique Bertrand.       <br />
       Régie Lumière-vidéo : Caroline Carliez.       <br />
       Production : In Extremis.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 10 au 21 février 2026 au Théâtre 14, Paris 14ᵉ .</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">13 au 19 mars 2026 :</span> Théâtre Garonne, Toulouse (31).       <br />
       26 au 26 mars 2026 : Le Théâtre - Scène nationale, Mâcon (71).       <br />
       5 au 6 mai 2026 : La Passerelle, Saint-Brieuc (22). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95066656-66588846.jpg?v=1772560601" alt=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" title=""Rien n'a jamais empêché l'histoire de bifurquer" Appel révolutionnaire poétique et acéré pour la douceur du monde et contre les extrêmes" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Rien-n-a-jamais-empeche-l-histoire-de-bifurquer-Appel-revolutionnaire-poetique-et-acere-pour-la-douceur-du-monde-et_a4492.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique</title>
   <updated>2026-01-08T21:07:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Nuit-de-Valognes-Une-version-revisitee-de-Don-Juan-pour-un-regard-plus-contemporain-mais-aussi-plus-vif-et-plus_a4447.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93596443-65389612.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-08T17:57:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Première pièce d'Éric-Emmanuel Schmitt, écrite en 1991, "La nuit de Valognes" est le procès d'un invétéré séducteur, le ci-devant Don Juan, se retrouvant confronté à cinq anciennes victimes au cours d'une nuit mouvementée. C'est ce texte, pas forcément aisé à monter, dont s'est emparée la jeune compagnie Les Enfants du Hibou, basée à Saint-Brieuc dans les Côtes-d'Armor, qui commence avec rigueur et enthousiasme sa toute nouvelle existence.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389612.jpg?v=1767892185" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Une nuit, cinq femmes se retrouvent dans un manoir perdu de la lande normande pour instruire le procès de Don Juan. Celles-ci sont toutes d'anciennes victimes qui veulent l'obliger à épouser la dernière de ses conquêtes, ultime sentence pour un incorrigible enjôleur volage qui devra ainsi subir une paradoxale permanence maritale. Mais curieusement, Don Juan accepte. Est-ce une forme de lassitude qui alors l'envahit ? Qu'est exactement ce procès ? Celui de la séduction et de son unique objectif qu'est sa finalité sexuelle ? Est-ce celui sur le jeu de l'amour et ses abus ?       <br />
              <br />
       Dans &quot;La Nuit de Valognes&quot;, Éric-Emmanuel Schmitt propose une vision personnelle de Don Juan. Même s'il s'attache à reprendre d'anciens traits empruntés à d'autres auteurs, se référant en particulier à Molière, il revisite à sa manière le célèbre mythe et il place son héros dans une situation nouvelle, portant sur une forme plus moderne de spiritualité et posant des questions plus en relation avec des interrogations contemporaines…       <br />
              <br />
       Pourquoi y aurait-il d'un côté que des êtres en quête de l'amour absolu et, de l'autre, les méchants séducteurs ? Les choses ne seraient pas, en réalité, plus complexes ? Connaissons-nous vraiment ces femmes séduites par Don Juan, anciennes victimes ou fraîche victime – Angélique – aux apparences presque trop pures et fragiles, devenues, le temps d'une nuit, des juges ? Il est impossible qu'elles n'aient eu que ce rôle passif…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389615.jpg?v=1767892253" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Dans la vie, on ne peut pas être que victime. Pendant cette longue nuit, nos certitudes se craquellent. Et c'est justement ce que nous allons découvrir à travers les &quot;nouveautés et ruses&quot; dramaturgiques que l'auteur utilise pour faire surgir de nouvelles significations. C’est cela que nous voulons voir : ce qu’il y a derrière.       <br />
              <br />
       Certes, Don Juan raisonne comme un soldat, en perpétuel mouvement, conquérant et seulement conquérant. Dans cette course sans fin, il semble n'éprouver rien d'orgasmique dans l'orgasme, juste la délivrance d'une tension. Et chacune des femmes présentes ce soir-là demandent à Don Juan de les épouser pour expier sa faute et ses crimes passés ? Toutes ou presque toutes raccrocheraient bien à la joute amoureuse… L'art du compliment amoureux, même s'il est pernicieux, ravit les oreilles et les cœurs. Et l’amour dans tout ça ? Enfin, quel est le véritable visage de l’objet amoureux qui suscita, un jour, le plus grand émoi de Don Juan ? Femme ou homme ?       <br />
              <br />
       Tout cela est contenu dans cette version contemporaine de Don Juan. Ce sont les choix d'Éric-Emmanuel Schmitt qu'a très bien retranscrits la Compagnie Les Enfants du Hibou. Appuyée par une mise en scène souvent dynamique, mais toujours précise, d'Émeline Dupuis, les comédiennes, très bien distribuées, donnent à chaque amante séduite et abandonnée, la bonne mesure, la bonne tonalité de leur personnalité. Leurs interprétations éclairent parfaitement les caractères et les humeurs de chacune. Exubérance pour certaines, retenue pour d'autres, envie de récidive marquée pour les unes, plus timides pour les autres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389647.jpg?v=1767892363" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Ces jeux, bien différenciés par une bonne direction d'acteurs et une mise en espace intelligente, nous permettent d'assister à quelques belles scènes très réussies, dont celle où trois d'entre elles racontent l'histoire de leur rencontre avec le séducteur. Chacune, successivement, continue la phrase de l'autre. Mise en scène au point et interprétation parfaite. Très bonne diction et phrasé fluide, une séquence &quot;aux petits oignons&quot; très agréable.       <br />
              <br />
       De son côté, Don Juan varie les plaisirs et nous offre un large éventail d'émotions et de sentiments, parfois très fougueux, parfois à la frontière d'une lassitude suicidaire. Oui, Don Juan est las… La belle, la douce Angélique en profiterait-elle ? Elle opère, au moins, à minima une réelle prise en main de la situation. Cela vaudra de beaux échanges, à la dramaturgie maîtrisée entre Don Juan et Angélique… Finalement, &quot;Le paon est mort&quot; ! Don Juan a-t-il changé ? Sans aucun doute, et la belle rencontre amoureuse ne sera pas forcément là où on s'y attend.       <br />
              <br />
       La proposition de la Compagnie Les Enfants du Hibou révèle une grande fidélité au texte d'Éric-Emmanuel Schmitt. Toute la troupe, metteuse en scène, comédiennes et comédiens, font montre d'une véritable et enthousiaste implication dans cette création théâtrale. Bien sûr, quelques faiblesses apparaissent parfois dans l'intensité de jeu, on peut ressentir parfois un petit manque d'énergie, mais cela est dû, à mon sens, à la longueur de certains passages du texte. D'une manière générale, cette première pièce de la compagnie de Saint-Brieuc est prometteuse et nous attendons avec impatience leur prochain spectacle.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La nuit de Valognes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93596443-65389656.jpg?v=1767892397" alt=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" title=""La Nuit de Valognes" Une version revisitée de Don Juan pour un regard plus contemporain, mais aussi plus vif et plus caustique" />
     </div>
     <div>
      Texte : Éric-Emmanuel Schmitt.       <br />
       Mise en scène : Émeline Dupuis.       <br />
       Avec : François Pianetti, Marie-Annick Siméon, Émeline Dupuis, Michel Gaboriau, Hélène Lebouché, Annabel Kerjan, Aurélie Rodrigue, Élodie Le Corvaisier, David Tronel, Anne Verdier.       <br />
       Regard extérieur : Ludovic Pestan.       <br />
       Costumes : Laurent Désille       <br />
       Technique : Frédéric Bouillin et Tom.       <br />
       Par la Compagnie Les Enfants du Hibou.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">17 et 18 janvier 2026.</span>        <br />
       Théâtre de Poche, 6, rue de la Tullaye, Saint-Brieuc (22).       <br />
       Téléphone : 02 56 44 68 68       <br />
       <a class="link" href="https://cie-quaiouest.fr/saison-2025-2026/" target="_blank">&gt;&gt; Théâtre de Poche</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Nuit-de-Valognes-Une-version-revisitee-de-Don-Juan-pour-un-regard-plus-contemporain-mais-aussi-plus-vif-et-plus_a4447.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !</title>
   <updated>2025-12-27T14:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Cage-aux-folles-Vif-drole-fantasque-et-toujours-terriblement-d-actualite-_a4436.html</id>
   <category term="Paroles &amp; Musique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93366598-65279493.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-12-25T11:53:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"La Cage aux folles" est une fable devenue presque mythique. Olivier Py propose une mise en scène où la comédie musicale resplendit dans ses ornements autant lumineux et pailletés qu'intimes et politiques. Dans une distribution très talentueuse, Laurent Lafitte réalise un tour de force dans le chant, la danse, le mime et le théâtre.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279495.jpg?v=1766660331" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      Voici une fable des plus célèbres dont le titre est devenu une expression et où la figure de ceux qui lui ont donné vie sur les planches, Jean Poiret et Michel Serrault, reste aussi mémorable dans l'histoire de la comédie que les trois coups mythiques qui ouvriraient un rideau théâtral.       <br />
              <br />
       L'histoire de &quot;La Cage aux folles&quot;, écrite par Jean Poiret (1926-1992), a eu plusieurs destinées artistiques : théâtrale à ses origines en 1973, cinématographique à partir de 1978, puis comédie musicale en 1983 pour Broadway avec Jerry Herman pour les paroles et les chansons sur un livret d'Harvey Fierstein. Une version française a été créée par Alain Marcel en 1999 au Théâtre Mogador.        <br />
              <br />
       Damien Bigourdan (Georges), ténor et comédien, démarre la représentation en costume blanc. Couleur lumineuse comme celle-ci, où tous les temps sont forts, avec peu de relâche dans le rythme et toujours une tension dans le jeu. C'est un feu d'artifice de talents, comme un monstre fantastique bien huilé, monté au cordeau et pour lequel les rares silences sont habillés d'un rire, d'une gestique comique ou d'un bon mot. La comédie musicale respire d'amour et de musique par tous ses pores, avec le chant, la comédie et la danse en points cardinaux. Cet amour est multiple et divers. C'est celui d'un père, Zaza (Laurent Lafitte), pour son fils Jean-Michel (Harold Simon), comme celui du clinquant et la passion de la scène.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279493.jpg?v=1766660285" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      Se mêlent de l'humour, des chansons, des paillettes telles un tégument au spectacle avec des chorégraphies de Ivo Bauchiero et d'autres en claquettes d'Aurélien Lehmann. C'est vif, joyeux, truculent, pertinent, gouailleur, sensuel et provocateur avec malice. Laurent Lafitte campe un personnage haut en couleurs dans une performance faite de multiples contours artistiques et brassant une kyrielle de talents. Comme pour tous les protagonistes, son jeu est très physique, mais les ruptures de jeu avec lesquelles il doit composer pour basculer très rapidement de la danse, à l'imitation, au chant et au théâtre sont un véritable tour de force.        <br />
              <br />
       À la fois danseur, chanteur et comédien, il décline différentes facettes d'un personnage vif, fantasque, drôle en créant une connexion espiègle avec le public autant sur les planches que dans l'assistance. Dans cette interconnexion, ce n'est pas uniquement le protagoniste qui devient un moment proche physiquement du public, c'est aussi une figure LGBTQI+ qui se mélange au monde et porteur d'un combat pour exister. C'est un éternel recommencement à une époque où les virilistes s'essaiment pour marquer leur présence et consacrer une infériorité fantasmée et névrotique de leur sexe sur l'autre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279504.jpg?v=1766660392" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène d'Olivier Py est pleine de rebondissements, avec des pieds de nez théâtraux qui donnent du rythme et où le propos et la posture deviennent des étendards politiques sous un vernis comique et fantasque. Il s'agit de quoi après tout ? D'exister par soi-même, avec les autres.       <br />
              <br />
       La cage aux folles, on la voit, on la découvre réellement sur les planches dans sa symbolique la plus nue. Elle apparaît en début de représentation, côté jardin. C'est un simple rangement, un vestiaire de couleur grise où, ouverte, apparaissent physiquement une jambe puis le corps d'un danseur travesti avec ses collants lumineux. Dans cette cache qui s'ouvre, se découvre ce qui fait la trame du spectacle, ou du moins l'une de ses composantes, à savoir les LGBTIQ+ au travers du monde de la comédie musicale avec ses couleurs et parfois ses caricatures. Ce qui avait valu de nombreuses critiques à la création de la pièce en 1973, mais elle est porteuse d'un message revendicatif d'une façon d'être non pas exclusivement genrée, mais aussi existentielle. On est ce que l'on est au-delà de nos orientations sexuelles, de nos habillements et de notre manière d'être.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279505.jpg?v=1766660509" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      La comédie musicale est lumineuse face au public. Et un peu plus sombre côté coulisse, en écho à la scénographie. Ce qui est visible sur les planches est parfois un peu antinomique de ce qui est dans les coulisses. C'est aussi et surtout le double visage du monde de la comédie musicale, dans son expressivité joviale et souriante afin de gommer de tristes désaccords de la vie de tous. Nous avons ainsi l'envers et l'endroit du spectacle, de ce que vit personnellement, un moment, Zaza (Laurent Lafitte) et ce qu'il montre aux spectateurs. On le découvre ainsi avant de monter sur scène, dans une vue plongeante dans les coulisses, très chagriné, et ensuite arborant un large sourire sur le plateau.       <br />
              <br />
       La scénographie de Pierre-André Weitz est tournante et laisse découvrir alternativement une scène avec son escalier lumineux, ses loges, ses coulisses et ses escaliers de secours, un coin de bar avec ses tables et ses chaises, et le restaurant &quot;Chez Jacqueline&quot;. L'orchestre &quot;Les Frivolités Parisiennes&quot; accompagne tous les événements de la fable. Il est situé dans une fausse juste devant la scène et sous la hauteur de celle-ci.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279606.jpg?v=1766661971" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      La trame a aussi son aspect politique, celle de revendiquer son identité et de l'acceptation de l'autre avec ses différences. On y voit monsieur Dindon, une figure politique d'extrême droite avec des convictions à l'opposé de ce qui a pour figures les LGBTQI+ et le transformisme. Dans ses relations multiples entre hommes et femmes, entre mari et épouse, c'est aussi un entrelacement relationnel dans ses multiples identités qui se croisent, chacun sachant où il est et où il va sans qu'un mouton avec des cornes, sauf le couple Dindon, puisse bêler son mécontentement.       <br />
              <br />
       &quot;La Cage aux folles&quot; est un superbe spectacle qui a plus de soixante ans d'existence et qui est resté sans âge. Il est porté par une très belle distribution où Olivier Py a réussi à donner un agencement au cordeau pour investir les différentes facettes de la comédie musicale, en faisant résonner avec éclat un combat politique toujours d'actualité.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Cage aux folles"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279616.jpg?v=1766662003" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      D'après la pièce &quot;La Cage aux folles&quot; de Jean Poiret.       <br />
       Français, double surtitrage : anglais pour les dialogues et chansons, français pour les chansons.       <br />
       Musique et paroles : Jerry Herman.       <br />
       Livret : Harvey Fierstein.       <br />
       Traduction française : Olivier Py.       <br />
       Mise en scène : Olivier Py.       <br />
       Avec : Laurent Lafitte, Damien Bigourdan, Émeric Payet, Harold Simon, Gilles Vajou, Émeline Bayart, Lara Neumann, Maë-Lingh Nguyen, Édouard Thiébaut.       <br />
       Direction musicale : Christophe Grapperon, Stéphane Petitjean.       <br />
       Décors et costumes : Pierre-André Weitz.       <br />
       Chorégraphie : Ivo Bauchiero.       <br />
       Chorégraphie (claquettes) : Aurélien Lehmann.       <br />
       Lumières : Bertrand Killy.       <br />
       Sound design : Unisson Design.       <br />
       Orchestre : Les Frivolités Parisiennes.       <br />
       Durée : 2 h 35 avec entracte.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 décembre 2025 au 10 janvier 2026.</span>       <br />
       Du mardi au vendredi à 20 h, samedi et dimanche à 15 h et 20 h.       <br />
       Théâtre du Châtelet, 1, place du Châtelet, Paris 1ᵉʳ.       <br />
       Téléphone : 01 40 28 28 40.       <br />
       <a class="link" href="https://www.chatelet.com/programmation/25-26/la-cage-aux-folles/#event-date" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chatelet.com/" target="_blank">&gt;&gt; chatelet.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93366598-65279621.jpg?v=1766662040" alt=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" title=""La Cage aux folles" Vif, drôle, fantasque et toujours terriblement d'actualité !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Cage-aux-folles-Vif-drole-fantasque-et-toujours-terriblement-d-actualite-_a4436.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie</title>
   <updated>2025-12-22T10:34:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Gouineraie-Une-maison-sans-murs-avec-un-toi-un-moi-et-un-nous-s-en-donnant-a-corps-joie_a4434.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93321765-65259648.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-12-23T07:59:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Fay ce que vouldras", inscrit au frontispice de l'Abbaye de Thélème – "désir" en grec – de l'humaniste François Rabelais, propulsait à La Renaissance l'utopie du désir comme règle incontournable de la communauté d'un certain Gargantua. Depuis les eaux de la Garonne ont coulé sous le Pont de Pierre jusqu'à ce que deux artistes associées à la scène comme dans la vie – les fabuleuses "sales connes" Sandra Calderan et Rébecca Chaillon – recomposent une maison sans murs régie par les lois enivrantes du désir. Non une bauge de mœurs dites dissolues, mais un lieu exaltant ouvert sur la vraie vie, un phalanstère offrant le baume d'existences désincarcérées des injonctions de tous poils.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93321765-65259648.jpg?v=1766394548" alt=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" title=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" />
     </div>
     <div>
      Les Avant-Postes, en lien étroit avec le tnba (Théâtre national de Bordeaux Aquitaine), nous invitent à franchir le seuil de leur théâtre niché au cœur du quartier Saint-Michel de Bordeaux pour rencontrer la nouvelle création de l'autrice, metteuse en scène et interprète de &quot;Carte noire nommée désir&quot;. Dans cette forme intimiste – éloignée de celle spectaculaire pour huit actrices noires ayant défrayé la chronique du Festival IN d'Avignon 2023, tant la pertinence impertinente de son propos était sans appel – l'expression joyeuse est de mise, mâtinée d'une touche savoureuse de complicité avec le public pris pour allié.       <br />
              <br />
       Après un prélude savoureux où la voix off de Rébecca parodie la présentation sirupeuse d'une quelconque série – <span style="font-style:italic">&quot;Tout est calme… Les lois de la nature sont respectées… La Sainte Famille se reproduit… Rien ne bouge… Tout est sous contrôle&quot;</span> – les enjeux sont précisés sous une forme à forte connotation humoristique… <span style="font-style:italic">&quot;Mais Sandra rêve de créer une gouineraie. Elle rêve que Rébecca la rejoigne ; mais elle a théâtre…&quot;.</span> Le ton est donné et l'arrivée improbable des deux gouines sur un attelage de tracteur tout droit extrait d'un catalogue de Jouéclub confirme que ce soir on ne va pas être à court de surprises décalées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93321765-65259734.jpg?v=1766394797" alt=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" title=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, pendant que Sandra – la gouine des champs – s'affairera à la construction d'étagères pour accueillir Rébecca – sa bienaimée d'un 50 m² parisien –, l'extravagante gouine des villes, revêtue d'une robe motif peau de vache, rehaussée d'un vert à lèvres et de boucles d'oreille que &quot;La Vache qui rit&quot; aurait enviées, va s'employer à défaire ses cartons étiquetés &quot;Fleurs, Plants de gouines&quot;, tout en faisant crier à tue-tête, sur un électrophone vintage, un 33 tours de Joe Dassin. Très vite, elle troquera sa robe pour une chemise (trop courte) de Sandra, dévoilant là son imposant fessier n'ayant d'égal en dimensions que celui de son QI imposant…       <br />
              <br />
       Juchée en haut d'un escabeau offrant une perspective de premier plan sur les arrières de sa généreuse anatomie exhibée avec fierté, Rébecca s'emploiera longuement, très longuement, à enduire le mur de colle afin d'y apposer des lés de tapisserie échouant dans la salle… reliée ainsi au plateau pour &quot;faire communauté&quot;. L'opération dure, dure, jusqu'à créer un sentiment d'ennui vite réévalué… Et s'il s'agissait là d'un sas offert pour se déconditionner de nos existences réglées comme du papier à musique, nous corsetant dans un temps qui n'est pas le nôtre, mais celui d'une société consumériste faisant profit de nos vies ?       <br />
              <br />
       Les prises de paroles – à résonances poétiques et politiques – autant de Rébecca que de Sandra au micro mettront magistralement en abyme l'humour assumé de la représentation scénique et la profondeur de la réflexion induite par les choix humanistes de ces deux femmes hors normes. Promouvant une liberté incluant leurs sœurs et frères humains sans distinction de genre, de couleur de peau ou autres différences à relents identitaires, elles apparaissent comme les adeptes (généreuses et modestes…) d'un art de vivre expurgé de tous diktats, que ce soient ceux imposés par un patriarcat gardien immémorial d'un ordre inique ou ceux, plus branchés, d'injonctions new-âge porteuses dans leurs plis séduisants de dérives liberticides.       <br />
              <br />
       Sandra disposant religieusement des vierges de plastique autour d'une église miniature et s'aspergeant d'eau bénite à sa sauce, Rébecca s'enduisant le corps entier de colle avant d'y apposer des morceaux de tapisserie la faisant se confondre magnifiquement avec le décor, ou encore Rébecca recevant entre ses cuisses puissantes le collier trophée tête de cerf offert en cadeau par sa compagne… Autant de péripéties surréalistes au service d'une cause elle bien réelle : seule une maison bancale et bruyante, composée de pièces qui s'enfilent, et peuplée de visiteuses et visiteurs de tous genres – &quot;les brebis égarées de l'hétérosexualité&quot; sont conviées, elles aussi – est de nature à combler le besoin vital de désirs authentiques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93321765-65259737.jpg?v=1766394874" alt=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" title=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" />
     </div>
     <div>
      Des confidences de l'une et de l'autre se succéderont, confidences où il sera question sans fard – avec parfois gravité et souvent humour – de leur parcours personnel marqué par les heurs et malheurs d'existences vécues pleinement. Comment l'une a eu affaire à un père afro-américain policier gueulard, comment l'autre issue d'une classe moyenne conforme sous tous rapports est devenue une &quot;lesbienne à gosses&quot; (qu'elle aime)… Il ressortira de leurs témoignages – en plagiant Pierre Bourdieu – que &quot;la vie est un sport de combat&quot;. Et même si son issue est par avance connue, la seule option offerte est de mener cette traversée terrestre en accord avec nos désirs profonds.       <br />
              <br />
       Quant à la chute – à découvrir ! –, elle constitue, au-delà de la tendresse palpable, un tableau de maître(sses)… à ne pas mettre peut-être (ou si justement !) sous les yeux des unes et des uns coincés du cul… Vivre sans temps mort, vivre ses désirs dans le respect du consentement… Mantra précieux d'un théâtre généreux mettant en jeu – avec intelligence, finesse et humour débridé – &quot;le dur désir&quot; (Paul Éluard)… d'être.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le vendredi 12 décembre 2025 aux &quot;Avant-Postes&quot;, en relation avec le tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Gouineraie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93321765-65259738.jpg?v=1766394828" alt=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" title=""La Gouineraie" Une maison sans murs… avec un toi, un moi et un nous s'en donnant à corps joie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Sandra Calderan et Rébecca Chaillon, artiste associée au tnba.       <br />
       Mise en scène : Sandra Calderan et Rébecca Chaillon.       <br />
       Avec : Sandra Calderan et Rébecca Chaillon.       <br />
       Régies : Suzanne Péchenart.       <br />
       Collaboration artistique et aide à la dramaturgie : Céline Champinot.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Camille Riquier.       <br />
       Traduction, surtitrage : Lisa Wegener.       <br />
       Déconseillé aux moins de 15 ans.       <br />
       Compagnie des Hauts Parleurs et Compagnie dans le Ventre.       <br />
       Durée version française : 1 h 40.       <br />
       Durée version avec surtitres : 1 h 50.       <br />
       Contient des scènes de nudité.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 9 au 13 décembre 2025 aux &quot;Avant-Postes&quot; de Bordeaux, en collaboration avec le tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 12 au 21 mars 2026 : T2G, Gennevilliers (92).       <br />
       Du 25 au 28 mars 2026 : Théâtre Sorano, Toulouse (31).       <br />
       Spectacle disponible en tournée sur la saison 26/27.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-Gouineraie-Une-maison-sans-murs-avec-un-toi-un-moi-et-un-nous-s-en-donnant-a-corps-joie_a4434.html" />
  </entry>
</feed>
