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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-05T17:15:07+02:00</updated>
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   <title>Intégrale des "Valses" de Frédéric Chopin par Emmanuelle Swiercz</title>
   <updated>2022-09-04T17:55:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Integrale-des-Valses-de-Frederic-Chopin-par-Emmanuelle-Swiercz_a1975.html</id>
   <category term="CédéDévédé" />
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   <published>2017-11-14T08:15:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Parution du nouvel enregistrement de la pianiste Emmanuelle Swiercz avec les vingt "Valses" de Frédéric Chopin. Un enregistrement qui constitue donc une nouvelle intégrale de cette forme qu'a pratiquée avec un talent irrésistible le compositeur franco-polonais, et dont huit seulement furent publiées durant sa (brève) vie.     <div>
      Les Intégrales des &quot;Valses&quot; de Chopin s'enrichissent peu à peu au cours des années, au fur et à mesure que des partitions sont découvertes, qui dans des bibliothèques qui dans des collections privées. Certains manuscrits offrent aussi parfois plusieurs versions d'une même valse, suivant le niveau de celui de ses élèves à qui le compositeur pouvait éventuellement la destiner. Ce qui rend plutôt problématique la recension d'un catalogue en perpétuelle évolution. Emmanuelle Swiercz en propose vingt dans son dernier enregistrement, dont onze au moins constituent des opus posthumes.       <br />
              <br />
       De la &quot;Grand Valse brillante&quot; opus 18 à la &quot;Valse en mi mineur&quot; (KKIVa/15), il permet de mesurer en plus d'une heure de musique l'évolution de cette forme pratiquée de loin en loin pendant une vingtaine d'années (probablement de 1829 à 1848 - ou 1849 ? année de la mort de Chopin) dans l'œuvre et la vie de l'artiste. Selon Alfred Cortot lui-même, ces &quot;Valses&quot; d'abord conçues comme des &quot;danses pour le corps&quot; devinrent rapidement &quot;des danses de l'âme&quot;. Elles présentent des longueurs qui varient d'une minute trente à six minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Icône du piano romantique (avec Schumann et Liszt), Frédéric Chopin a marqué de son empreinte unique le répertoire de cet instrument ; un révolutionnaire ouvrant la voie à d'autres pour l'avenir. Les &quot;Valses&quot; n'ont pas échappé à ce destin. Longtemps considérées comme mineures dans l'œuvre, les analyses se sont multipliées depuis pour reconnaître la complexité et la richesse de leur inspiration, se développant dans le cadre formel et (normalement) contraint de la valse - à l'origine une danse, avec son rythme donné à trois temps - destinée aux salons aristocratiques plutôt qu'au récital.        <br />
              <br />
       Le rythme faisant la basse, l'enjeu de tout pianiste voulant imprimer sa marque à ce répertoire est de délivrer son interprétation en se faisant un chemin dans la forme rhapsodique qu'invente le compositeur. À savoir, faire briller les contrastes et savoir varier les coloris entre les deux mains pour rendre justice à l'imagination, à la poésie et à l'éloquence d'un discours musical qui fait se succéder de petites séquences aux climats très divers. Un pari réussi ici. Emmanuelle Swiercz sait indéniablement faire surgir la beauté de la phrase, privilégiant la finesse du détail (et les fameux passages en &quot;petites notes&quot;, telle cette &quot;Valse n° 2 en si mineur&quot; extraite des &quot;Deux Valses&quot; opus posthume 69) et l'introspection sans pathos.       <br />
              <br />
       L'élégance et la clarté du discours se manifestent souvent, comme dans les &quot;Trois Valses&quot; opus 34, mais elles ne prennent pas le pas sur la confidence élégiaque si nécessaire : par exemple dans la &quot;Valse n° 2 en ut mineur&quot; (opus 64), à l'insondable tristesse que ne peut chasser un bref interlude en ré majeur. La pianiste confie cependant avoir voulu éclairer par son jeu cette aérienne architecture telles ces &quot;Cathédrales&quot; de Monet, aux couleurs évoluant suivant les moments du jour. Révélation d'importance d'un art qui se voudrait impressionniste, c'est-à-dire éminemment français. Finesse et sentiment pudique se révèlent aussi dans la &quot;Valse n° 1 en la bémol majeur&quot; (dite &quot;L'Adieu&quot; offerte à l'amour impossible de Maria Wodzinska) ou dans la &quot;Valse en fa mineur&quot; (ou &quot;Valse mélancolique&quot;), vrai poème de la psyché d'un compositeur à la sensibilité ogresse.       <br />
              <br />
       Avec son art tout en délicatesse, Emmanuelle Swiercz livre donc un enregistrement des plus intéressants sur un répertoire dont le charme ne se dément pas et qui - comme toutes les grandes œuvres - reste ouvert à la multiplicité des interprétations. On pourra le vérifier le 17 novembre à Gaveau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/18200382-22455371.jpg?v=1510643962" alt="Intégrale des "Valses" de Frédéric Chopin par Emmanuelle Swiercz" title="Intégrale des "Valses" de Frédéric Chopin par Emmanuelle Swiercz" />
     </div>
     <div>
      <b>Prochains concerts</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">17 novembre 2017 à 20 h 30.</span>       <br />
       Salle Gaveau.       <br />
       45/47 rue La Boétie, Paris 8e.       <br />
       Tél. : 01 49 53 05 07.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">22 novembre 2017 à 18 h.</span>       <br />
       Festival L'Esprit du Piano (du 16 novembre au 2 décembre 2017), Bordeaux (33).        <br />
              <br />
       <b>● Emmanuelle Swiercz-Lamoure, piano &quot;Chopin - Valses&quot;.</b>       <br />
       Label : La Musica.        <br />
       Distribution : harmonia mundi.       <br />
       Durée totale : 71 min 18.       <br />
       Sortie : 3 novembre 2017.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Ilya Rashkovskiy, peintre fantastique des "Tableaux" de Moussorgski</title>
   <updated>2017-01-12T16:59:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Ilya-Rashkovskiy-peintre-fantastique-des-Tableaux-de-Moussorgski_a1728.html</id>
   <category term="CédéDévédé" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10947249-18121154.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-01-12T14:13:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À l'automne 2016, un CD et un concert sont venus rappeler que le plus parisien des pianistes russes, Ilya Rashkovskiy, est un artiste passionnant dont on guette avec bonheur chaque événement. Ses "Tableaux d'une exposition", composés par Modeste Moussorgski en 1874, encadrés par des œuvres de Tchaïkovski et Rachmaninov, composent un envoûtant portrait du pianiste parvenu à la maturité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10947249-18121154.jpg?v=1484227011" alt="Ilya Rashkovskiy, peintre fantastique des "Tableaux" de Moussorgski" title="Ilya Rashkovskiy, peintre fantastique des "Tableaux" de Moussorgski" />
     </div>
     <div>
      Ilya Rashkovskiy, né à Irkoutsk, vit à Paris depuis quelques années - une circonstance d'importance avec ce dépaysement propice à la réévaluation d'un répertoire du pays qu'on porte en soi, chéri dans l'âme. Le jeune prodige, célèbre pour avoir raflé quelques-uns des plus grands prix internationaux, est devenu un artiste très attachant, dont les qualités sont exhaussées tant par la science de la maturité que par une sensibilité rare. Avec ce nouvel enregistrement, il peut ainsi établir un premier bilan de son parcours artistique.       <br />
              <br />
       Un bilan sous forme de programme dans son excellent et nouveau CD autour des &quot;Tableaux d'une exposition&quot;, joués par lui depuis 2009. Le pianiste russe a choisi de les encadrer avec deux pièces de Tchaïkovski en guise d'introduction, l'élégiaque &quot;Doumka&quot; et &quot;Romance&quot; connus dès l'enfance, avec l'&quot;Élégie n°1&quot; opus 3 suivie de la &quot;Sonate n°2&quot; de Rachmaninov en conclusion, jouées depuis l'adolescence : bref, un parcours de vie et la volonté de partager une vision de ce qui se fonde encore et toujours dans l'héritage du grand piano russe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Des œuvres écrites entre 1874 et 1913 (avec la version de la sonate de Rachmaninov révisée en 1931) qui donnent à voir le vaste paysage de l'âme russe en de tantôt brillantes, tantôt émouvantes toiles sonores. Toiles que le jeune pianiste enlumine de magnifiques couleurs grâce à un jeu subtil, et un dialogue superbe des mains gauche et droite. Climats et humeurs, de la mélancolie à la jouissance expressive la plus débridée, se succèdent, se mêlent, se répondent avec une sonorité ronde, poétique, artiste en un mot.       <br />
              <br />
       La virtuosité réelle, jamais envahissante, nourrit le grand théâtre des passions romantiques (chez Tchaïkovski et encore chez Rachmaninov), mais aussi celui de cette visite d'une exposition des œuvres de l'ami de Moussorgski, trop tôt disparu, le peintre et décorateur Victor Hartmann, avec ses scènes quotidiennes, ses légendes fantastiques slaves et son humoresque incursion européenne. Un voyage en France (&quot;Limoges - le marché&quot;), en Italie (&quot;Cum mortuis in lingua mortua&quot;) qui s'achève par le défilé maestoso de &quot;La Grande Porte de Kiev&quot;, ponctué par de sublimes &quot;Promenade(s)&quot;, si belles ici.       <br />
              <br />
       Dix tableaux qui puisent leur énergie et leurs atmosphères dans la tradition folklorique (la Pologne de &quot;Bydlo&quot;), dans la musique de scène (&quot;Ballet des Poussins dans leurs coques&quot;), dans le grotesque des aperçus de la vie (&quot;La Cabane sur des pattes de poule&quot;) mais aussi dans l'imaginaire avec la sorcière &quot;Baba Yagà&quot;, personnage qui avait déjà irrigué l'inspiration du sabbat d'&quot;Une nuit sur le Mont Chauve&quot; en 1867.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Avec son sens inné de la complexité des détails mais aussi une indéniable maîtrise des architectures (confirmée avec cette superbe sonate n°29 &quot;Hammerklavier&quot; en concert, en novembre, salle Gaveau), Ilya Rashkovskiy se révèle maître en clarté comme en surprises dans ces miniatures aux teintes changeantes, ne faisant qu'un avec ce Steinway qui sonne magnifiquement à l'enregistrement. Un pianiste au parcours passionnant, dont on n'a pas fini d'aimer la ferveur et l'exigence.        <br />
              <br />
       <b>● Ilya Rashkovskiy &quot;Moussorgski, Tchaïkovski, Rachmaninov&quot;.</b>       <br />
       Label : La Mùsica.       <br />
       Distribution : harmonia mundi.        <br />
       Sortie : octobre 2016.       <br />
              <br />
       Ilya Rashkovskiy, piano.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>La superbe "Invitation au Voyage" de Stéphanie d'Oustrac</title>
   <updated>2014-11-28T09:05:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-superbe-Invitation-au-Voyage-de-Stephanie-d-Oustrac_a1242.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7217468-11078741.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2014-11-28T08:32:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La mezzo-soprano Stéphanie d'Oustrac et son complice le pianiste Pascal Jourdan nous offrent un très beau cadeau avant Noël avec un troisième opus chez Ambronay dédié cette fois à la mélodie française au mitan des dix-neuvième et vingtième siècles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7217468-11078741.jpg?v=1417161069" alt="La superbe "Invitation au Voyage" de Stéphanie d'Oustrac" title="La superbe "Invitation au Voyage" de Stéphanie d'Oustrac" />
     </div>
     <div>
      Ces mélodies de Henri Duparc à Reynaldo Hahn en passant par Jacques de la Presle, Claude Debussy et Lili Boulanger proposent un dialogue unique entre poèmes (Baudelaire se taillant la part du lion - mais aussi Mallarmé ou le baroque Théophile de Viau) et musique. Un dialogue magnifié par l'admirable interprétation de Stéphanie d'Oustrac et de son pianiste.        <br />
              <br />
       Nous avons eu envie d'entendre la mezzo nous parler de son amour pour ce répertoire et son enthousiasme pour l'aventure humaine et artistique que représente cet enregistrement. Simple, rieuse et généreuse à son habitude elle a bien voulu nous accorder cet entretien.        <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq pour La Revue du Spectacle - Comment est né ce projet d'un enregistrement de mélodies françaises ? </b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Nous avons été sollicités avec Pascal Jourdan pour un récital autour de 1913 en 2009 à la Cité de la Musique. Suite à cette invitation, nous nous sommes lancés dans des recherches dont le résultat constitue ce programme. Nous nous sommes ainsi intéressés à Jacques de la Presle, un de mes grands oncles ! Je suis fière de le faire découvrir d'autant plus qu'il a obtenu en 1921 le Prix de Rome pour la composition. Ce qui n'est pas rien ! Pour Lili Boulanger (Prix de Rome 1913 Ndlr), son œuvre vocale n'est pas souvent chantée mais un peu plus que celle de Jacques de la Presle. On redécouvre ce dernier grâce aux travaux de sa petite fille Alix Evesque. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7217468-11078772.jpg?v=1417161128" alt="La superbe "Invitation au Voyage" de Stéphanie d'Oustrac" title="La superbe "Invitation au Voyage" de Stéphanie d'Oustrac" />
     </div>
     <div>
      <b>Ce rapprochement entre ces compositeurs reconnus ou pas est très fécond.</b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Oui, nous avons organisé ce &quot;voyage&quot; dans un certain ordre. Dans cet ordre que nous avons choisi, je crois qu'on peut constater de vrais rapprochements. Ces compositeurs se connaissaient en général et ils avaient des admirations en commun. Une admiration pour Richard Wagner qui a souvent été leur point commun et aussi de poètes tels Charles Baudelaire, Henri de Régnier ou Stéphane Mallarmé. Voilà, il existait entre eux une véritable émulation à cette époque grâce aux salons. Une émulation incroyable entre les artistes. C'est passionnant. J'ai fait d'autres récitals autour des salons.        <br />
              <br />
       <b>On retrouve une communauté artistique très École Française.</b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Ah oui ! Davantage Debussy peut-être qui a essayé une autre voie, qui a beaucoup cherché. Quoi qu'on dise, l'École Française est quand même très admirative de Wagner. C'est amusant comme tous ces compositeurs ont été très fascinés par lui. C'est le cas de Jacques de la Presle chez qui on retrouve quelques couleurs wagnériennes. On en a aussi dans les Baudelaire de Debussy. Chez Henri Duparc, on remarque une certaine écriture assez dense, riche et en même temps très française. Comme Berlioz qui fait montre de cette richesse de couleurs. Mais il s'agit bien chez nos compositeurs d'une couleur française puisqu'il y a bien une certaine clarté. Cela est dû à la langue française - une clarté de prononciation et de couleurs. Même si cette écriture est très dense, elle se caractérise toujours par cette clarté. C'est cela la spécificité française selon moi.        <br />
              <br />
       <b>Vous défendez admirablement ce répertoire.</b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> (riant) En tout cas avec tout mon amour !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7217468-11078814.jpg?v=1417161394" alt="La superbe "Invitation au Voyage" de Stéphanie d'Oustrac" title="La superbe "Invitation au Voyage" de Stéphanie d'Oustrac" />
     </div>
     <div>
      <b>Vous travaillez depuis longtemps avec le pianiste Pascal Jourdan. </b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Cela fait vingt ans. Je suis entrée au Conservatoire à Lyon en 1994 et Pascal m'a proposé de faire une tournée de récitals en Alsace-Lorraine ! Nous avons chanté un répertoire allemand - Liszt, Schumann, Brahms, Schubert. Un répertoire romantique.        <br />
              <br />
       <b>C'est votre troisième CD avec le label Ambronay. </b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Cet enregistrement et cette collaboration ressemblent à ce que je suis - la fidélité, le travail dans le temps. C'est cette complicité qui compte. Bien sûr, il peut exister des rencontres fulgurantes. Mais pour le récital avec Pascal, c'est comme si nous formions un couple de musique. Nous travaillons ce répertoire depuis très longtemps. Je le chante et le travaille depuis mes seize ou dix-sept ans. Il est des œuvres comme cela qui nécessite de la maturité. Parce qu'elles sont tellement difficiles ! Les Baudelaire de Debussy sont d'une difficulté redoutable. Pour passer outre cela et qu'elle ne s'entende pas, il faut une vraie maturation de l'interprétation. Et c'est cela qui est possible avec Pascal. D'ailleurs, c'est un répertoire aussi difficile pour le piano que pour la voix. Ce n'est pas du simple accompagnement. Et cela s'entend je crois.        <br />
              <br />
       <b>On peut parler d'un vrai dialogue. </b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Un vrai dialogue, voilà ! Pascal a énormément de personnalité. Moi aussi. Nous nous comprenons tous les deux. C'est extraordinaire ! Un vrai bonheur !        <br />
       De temps en temps, j'entends dire à propos de la mélodie que c'est un répertoire trop difficile pour le public. La mélodie qu'elle soit française ou pas n'a malheureusement pas assez d'audience. Je le sais et je le déplore. Avec Pascal, nous faisons des récitals mais peut-être pas assez parce que l'opéra me prend beaucoup. J'adore cependant le récital et je crois que le public peut suivre - ma fille de treize ans a écouté le CD et à sa grande surprise elle a beaucoup aimé !       <br />
              <br />
       <b>Il faut donc continuer à défendre ce répertoire ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Évidemment. Il faut avant tout l'aimer et on ne défend bien que ce que l'on aime ! Outre l‘amitié avec Pascal, le récital permet une complicité avec le public car nous présentons toujours les œuvres. Le récital est vraiment une affaire d'amitié pour moi. Le texte du livret qui accompagne le disque est dû à un ami, un écrivain Cesare Liverani. Lui adore la musique baroque et n'est a priori pas du tout fan de ce répertoire ! Il est venu avec ses idées se confronter à notre travail et cela a donné ce beau texte. Nous formons vraiment un cercle d'amis désireux de partager nos doutes, notre amour de la mélodie avec cette expérience artistique. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7217468-11078827.jpg?v=1417161809" alt="La superbe "Invitation au Voyage" de Stéphanie d'Oustrac" title="La superbe "Invitation au Voyage" de Stéphanie d'Oustrac" />
     </div>
     <div>
      <b>Un salon moderne en quelque sorte ?</b>        <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> (riant) Oui, c'est vrai ! C'est joli. J'aimerais assez recréer cet esprit !       <br />
              <br />
       <b>Allez-vous reprendre ce récital en tournée ? </b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Oui, nous allons le reprendre en Angleterre puisque j'y travaille à l'été 2015. À l'étranger, le public apprécie la mélodie française. J'ai défendu la musique française à Moscou et j'y ai senti un véritable engouement pour elle. Peut-être même plus à l'étranger qu'en France parfois !       <br />
              <br />
       <b>Vous enchaînez les rôles à Stuttgart, Bruxelles et Strasbourg.</b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Pour Stuttgart et Bruxelles en décembre, ce sont des versions concert (&quot;L'Heure Espagnole&quot; et &quot;L'Enfance du Christ&quot; Ndlr). Ce sont des engagements courts. Fin décembre commencent les répétitions à Strasbourg de &quot;La Clémence de Titus&quot; (Mozart Ndlr) et nous aurons un bon mois et demi de travail avant la première en février 2015.        <br />
              <br />
       <b>Vous retournez également à Glyndebourne cet été. Vous aimez ce festival ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Je l'adore ! D'abord c'est la belle campagne anglaise et cela j'y suis très sensible ! Nous avons en outre de très bonnes conditions de travail. Il s'agira d'une reprise de &quot;Carmen&quot;. J'y retournerai aussi à l'été 2016 pour Berlioz. Si je puis être une ambassadrice de la culture française je suis ravie !       <br />
              <br />
       <b>Pour &quot;La Clémence de Titus&quot; en février 2015, vous reprenez le rôle de Sesto. </b>       <br />
              <br />
       <b>Stéphanie d'Oustrac -</b> Sesto (un rôle de travesti Ndlr) est un de mes rôles préférés parce qu'il défend des choses extraordinaires. J'ai l'habitude des rôles de tragédiennes et ce rôle l'est aussi tragique. C'est un rôle intense, un personnage entier. C'est cela que j'aime. Sesto est toujours bouleversé par ses sentiments et ceux-ci sont toujours entiers et sincères. Et puis vocalement, c'est du Mozart ! Il nous ouvre des portes et dans sa musique quelque chose nous dépasse. Cela fait du bien et chanter du Mozart fait un bien fou ! Ce rôle de Sesto permet de défendre de belles valeurs, de belles idées et de beaux sentiments. Quand je le chante je suis au paradis !       <br />
              <br />
       <b>● &quot;Invitation au Voyage - Mélodies françaises&quot;.</b>       <br />
       Label : Ambronay.       <br />
       Distribution : harmonia mundi.       <br />
       Sortie : 21 octobre 2014.        <br />
       Durée - 71'10.       <br />
              <br />
       Stéphanie d'Oustrac, mezzo-soprano.       <br />
       Pascal Jourdan, piano.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-superbe-Invitation-au-Voyage-de-Stephanie-d-Oustrac_a1242.html" />
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   <title>Le choc de la rentrée : Philippe Bianconi joue Chopin</title>
   <updated>2022-09-03T15:37:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-choc-de-la-rentree-Philippe-Bianconi-joue-Chopin_a1193.html</id>
   <category term="CédéDévédé" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/6963367-10647876.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2014-09-06T22:58:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Après le triomphe remporté par son CD consacré à Debussy en 2012, le pianiste français revient sous le même label, La Dolce Volta, avec les quatre premières Ballades et trois autres pièces de grand intérêt de Frédéric Chopin. C'est le choc de cette rentrée : pluie de récompenses à prévoir cette fois encore pour Philippe Bianconi.     <div>
      C'est une Victoire de la Musique classique obtenue en 2012 (entre autres récompenses) qui a permis au public français de faire connaissance avec un de ses plus grands interprètes jusque-là curieusement méconnu. Philippe Bianconi a donné la plupart de ses concerts Outre-Atlantique pendant la première partie de sa carrière, comme le prédisposait son statut de lauréat au Concours Van Cliburn à la fin des années quatre-vingts.        <br />
              <br />
       Ce pur produit de l'école française de piano formé à Nice par une élève de Marguerite Long et Robert Casadesus a suivi un chemin non commun, récoltant une pluie de prix à de nombreux concours et la confiance du grand baryton Hermann Prey de 1983 à 1990. C'est en tant que collaborateur et accompagnateur qu'il avait été choisi à l‘époque pour le concert et pour enregistrer les trois cycles de lieds de Schubert.       <br />
              <br />
       Ce nouvel enregistrement du pianiste (redevenu soliste évidemment) dédié à Chopin est un enchantement et mérite au-delà des louanges convenues son second titre &quot;Le piano poète&quot;. Parce qu'il a d'abord cultivé son tropisme pour Ravel, Debussy et les Romantiques allemands, Philippe Bianconi peut nous présenter aujourd'hui le compositeur franco-polonais sous un jour inédit. L'œuvre de Frédéric Chopin dans cette proposition résonne dans toute sa modernité, son esprit d'aventure, son inventivité inspiratrice pour les maîtres français qui lui succèderont.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6963367-10647876.jpg?v=1410073667" alt="Le choc de la rentrée : Philippe Bianconi joue Chopin" title="Le choc de la rentrée : Philippe Bianconi joue Chopin" />
     </div>
     <div>
      Les quatre Ballades sont composées entre 1835 et 1842. Cette forme venue de la poésie romantique, dont le compositeur invente la version musicale - alors qu'il est exilé depuis 1831 à Paris à la suite de l'écrasement de la Révolution polonaise -, est frappée au coin de son génie propre (comme le Nocturne ou l'Impromptu). La Ballade n°1 (celle du &quot;Pianiste&quot; de Roman Polanski) d'une inspiration encore toute romantique bruisse encore des révoltes et des tourments de l'âme. Et c'est merveille que d'écouter Philippe Bianconi dont le jeu habité tour à tour court la poste des élans lyriques ou nous plonge dans les abîmes de la psyché.       <br />
              <br />
       Son jeu legato, les suspensions hypnotiques du rythme, les ruptures inspirées (par exemple dans la deuxième Ballade), les variations incroyables d'états de conscience rendues dans une belle sonorité et toujours susceptibles d'évoluer dans un discours musical dont on découvre sans cesse les méandres inattendus (même dans la forme beethovénienne du scherzo opus 54) font de l'interprétation un régal de nuances et d'expression, à mille lieux de l'effusion banale.        <br />
              <br />
       Une sensibilité pleine de retenue, parfois plus folle et libérée, s'exprime dans un phrasé des plus nobles mais le clavier à l'occasion ne manque pas d'une puissance d'acier (et cette maîtrise des pédales !). Philippe Bianconi, qui accentue les articulations comme peu, a choisi d'intercaler au milieu des quatre Ballades le Prélude opus 45 dont Chopin fait une pièce instrumentale indépendante. Méditation fructueuse dans la conception du programme qui rend évidente l'étonnante nouveauté de l'écriture de Chopin, à laquelle nous n'avions pas forcément pensé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Le CD se termine par la Barcarolle opus 60. Se confirment alors la maîtrise d'improvisation du compositeur et la virtuosité envoûtante du pianiste qui définitivement emporte notre cœur et notre esprit. Cet opus de Philippe Bianconi est mon coup de cœur de la rentrée : à écouter absolument ! Et ne ratez pas les dates de la tournée 2014-2015.       <br />
              <br />
       <b>● &quot;Chopin_Philippe Bianconi. Le piano poète&quot;.</b>       <br />
       Philippe Bianconi, piano.       <br />
       Label : La Dolce Volta.        <br />
       Distribution : harmonia mundi.       <br />
       Sorti : 26 août 2014.       <br />
              <br />
       Frédéric Chopin (1810-1849).       <br />
       Les 4 Ballades.       <br />
       Prélude en Ut dièse mineur, opus 45.       <br />
       Scherzo n°4 en Mi majeur, opus54.       <br />
       Barcarolle en Fa dièse majeur, opus 60.       <br />
              <br />
       <b>Concerts :</b>       <br />
       9 septembre 2014 : Piano aux Jacobins, Toulouse (31).       <br />
       21 septembre 2014 : Monte Carlo, Principauté de Monaco.       <br />
       5 octobre 2014 : Cabourg (14).       <br />
       7 octobre 2014 : Salle Gaveau, Paris.       <br />
       5 décembre 2014 : Périgueux (24).        <br />
       12 décembre 2014 : Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Un tendre Bach pour Olivier Baumont et son clavecin-luth</title>
   <updated>2014-04-15T19:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-tendre-Bach-pour-Olivier-Baumont-et-son-clavecin-luth_a1090.html</id>
   <category term="CédéDévédé" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/6477373-9768687.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2014-03-29T14:14:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le claveciniste Olivier Baumont a enregistré pour le label Loreley les "Œuvres pour clavecin-luth" de Jean-Sébastien Bach et vient d’assurer la codirection artistique d’une série de vingt concerts (consacrée au clavecin), à la Cité de la Musique, "Les Tempéraments". Le même label vient de rééditer également à cette occasion son Intégrale des œuvres de Jean-Philippe Rameau qui a fait date.     <div>
      Mais qu’est-ce donc que le clavecin-luth ? C’est un clavecin, c’est-à-dire un instrument à cordes pincées (et non frappées comme le piano) dont les cordes sont en boyau et non en métal. Inventé pendant la période baroque, il évoque le son du luth ou du théorbe et a fait les beaux jours de compositeurs surtout allemands au XVIIIe siècle. À la mort de Johann Sebastian Bach en 1750, on en retrouve deux exemplaires appelés &quot;Lautenwerck&quot; dans l’inventaire de ses biens. Le Cantor de Leipzig avait pu les acquérir chez ses cousins qui en fabriquaient.        <br />
              <br />
       Johann Sebastian Bach écrit deux préludes, quelques suites, et son fils Johann Christian transcrit sa Polonaise pour le clavecin-luth ; toutes pièces qu’a choisies le soliste Olivier Baumont pour ce CD, plus une &quot;Fantaisie chromatique et Fugue&quot; (écrite pour le clavecin traditionnel). Ce programme est pure merveille grâce au virtuose qui livre un opus à la sonorité veloutée, au toucher soyeux et électrique, d’une sensualité inégalable grâce à l’instrument le plus injustement méconnu (puisqu’il avait disparu). Homme de lettres, savant auteur d’ouvrages salués sur Vivaldi, Couperin (et bientôt en 2015 une étude sur la musique dans les &quot;Mémoires&quot; du duc de Saint-Simon), Olivier Baumont est le digne héritier d’un Gustav Leonhardt, à qui a été dédié son ultime concert des &quot;Tempéraments&quot; à Paris. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6477373-9768687.jpg?v=1396181898" alt="Un tendre Bach pour Olivier Baumont et son clavecin-luth" title="Un tendre Bach pour Olivier Baumont et son clavecin-luth" />
     </div>
     <div>
      <b>● &quot;Johann Sebastian Bach - Œuvres pour clavecin-luth&quot;.</b>       <br />
       Olivier Baumont, clavecin-luth (Willard Martin).       <br />
       Label : Loreley/HM.       <br />
       Distribution : harmonia mundi.       <br />
       Sortie : 25 février 2014.       <br />
       <a class="link" href="http://www.olivierbaumont.fr" target="_blank">&gt;&gt; olivierbaumont.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>● &quot;Jean-Philippe Rameau - Intégrale de l’œuvre pour clavecin&quot;.</b>       <br />
       Olivier Baumont, clavecin.       <br />
       Coffret 3 CD.       <br />
       Label : Loreley/HM.       <br />
       Distribution : harmonia mundi.       <br />
       Sortie : 25 février 2014.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6477373-9768689.jpg?v=1396181899" alt="Un tendre Bach pour Olivier Baumont et son clavecin-luth" title="Un tendre Bach pour Olivier Baumont et son clavecin-luth" />
     </div>
     <div>
      <b>Prochains concerts :</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">12 mai 2014 à l’Auditorium du Musée d’Orsay.</span>       <br />
       &quot;Dans l’univers de Gustave Doré&quot;.       <br />
       <a class="link" href="http://www.musee-orsay.fr/" target="_blank">&gt;&gt; musee-orsay.fr</a>        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">30 mai 2014 au Château de Chambord.</span>       <br />
       Festival de Chambord.        <br />
       <a class="link" href="http://chambord.org/" target="_blank">&gt;&gt; chambord.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Un-tendre-Bach-pour-Olivier-Baumont-et-son-clavecin-luth_a1090.html" />
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