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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-13T20:34:59+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• "Crystal Clear" Le handicap comme un personnage à part entière</title>
   <updated>2026-07-11T12:03:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Crystal-Clear-Le-handicap-comme-un-personnage-a-part-entiere_a4614.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-07-11T09:20:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Richard est un homme indépendant et passionné, mais sa vie bascule le jour où il apprend qu'il va perdre progressivement la vue. En couple avec Jeanne, il lutte avec ce handicap et se replie sur lui-même. Leur relation se fragilise, d'autant plus que Tomasina, une femme aveugle depuis toujours, entre dans sa vie. À travers elle, Richard découvre une autre façon d'exister, une manière d'appréhender son handicap autrement que par la peur et le rejet.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97307802-67785641.jpg?v=1783755874" alt="•Off 2026• "Crystal Clear" Le handicap comme un personnage à part entière" title="•Off 2026• "Crystal Clear" Le handicap comme un personnage à part entière" />
     </div>
     <div>
      L'accessibilité au handicap ! Vaste question qu'aux lendemains des élections municipales récentes, de nombreuses villes cherchent à résoudre, car il s'agit là d'une condition réelle de l'égalité et de la pleine participation à la vie sociale, culturelle et citoyenne. Remercions Thierry Harcourt d'avoir remonté en 2025-2026 cette pièce de Phil Young une trentaine d'années après une première adaptation au King's Head Theater à Londres, et d'avoir fait de l'accessibilité un véritable principe dramaturgique.       <br />
              <br />
       Richard, le personnage principal de la pièce, ce pourrait être vous et moi. Que ferions-nous si, comme lui, nous devenions totalement dépendants des autres ? Si notre vue venait progressivement à disparaître ? Saurions-nous réellement faire preuve de résilience ? Et comment faisons-nous aux côtés de celles et ceux qui vivent avec leur handicap ? Les considérons-nous vraiment ?        <br />
              <br />
       À bien y regarder, c'est aussi ce dont parle &quot;Crystal Clear&quot; et Thierry Harcourt a su y convoquer toutes ces questions avec grande élégance et de la plus belle manière. Quand bien même le propos de la pièce de Phil Young est centré exclusivement sur la cécité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97307802-67785642.jpg?v=1783755908" alt="•Off 2026• "Crystal Clear" Le handicap comme un personnage à part entière" title="•Off 2026• "Crystal Clear" Le handicap comme un personnage à part entière" />
     </div>
     <div>
      Élégance dans la mise en scène tout en sobriété, parce que la force du texte de Phil Young se suffit à elle-même, laissant place aux nuances, aux non-dits, aux hésitations et aux silences. Élégance dans le jeu des deux comédiennes, Rebecca Château et Clara Huet, et de Jean-Nicolas Gaitte qui parviennent à s'approprier les mots de l'auteur avec une grande finesse, entre micro-déplacements et gestuelles bien justement chorégraphiés. Élégance, enfin, dans le choix du metteur en scène d'avoir privilégié la dimension humaniste de la pièce et d'avoir laissé en coulisses le misérabilisme ou le pathos de complaisance.       <br />
              <br />
       Le sujet de la pièce est très fort. Tomasina, personnage aveugle de naissance, dit à un moment : <span style="font-style:italic">&quot;Je ne peux pas imaginer ce que c'est que de perdre la vue&quot;</span>, elle qui ne l'a jamais eue ! Cette réplique interpelle considérablement le spectateur et nous plonge dans l'horreur de l'éventualité d'une cécité galopante. La pièce n'apporte pas de réponse à la violence de la chose, mais l'aborde avec une grande sensibilité entre acceptation de l'autre dans sa différence, résilience, inclusion, colère ou encore transformation mentale.       <br />
              <br />
       Dans le choix scénographique de Thierry Harcourt, l'audiodescription réalisée en direct sur scène par les comédiennes et le comédien, plutôt que celui d'une voix off extérieure ou d'un dispositif technique, confère au propos une dimension humaine décuplée. Les artistes cessent momentanément d'être uniquement des personnages, mais deviennent des médiateurs de ce qui est en train de se passer.       <br />
              <br />
       Il est pertinent que le titre éponyme de la pièce n'ait pas été changé, car ce dernier n'aurait pu l'être que médiocrement, et aurait considérablement tranché avec le jeu tout en délicatesse des deux comédiennes et du comédien, les choix appropriés des lumières de Pascal Araque entre ombres et intensité, et la musique tout en retenue de Tazio Caputo.       <br />
              <br />
       Sous le soleil éclatant d'Avignon 2026, &quot;Crystal Clear&quot;, à l'Oriflamme, vous ouvrira les yeux de façon bien poétique en vous apprenant à écouter, et en rappelant que la véritable lumière naît aussi de la rencontre avec l'autre.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Crystal Clear"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97307802-67785646.jpg?v=1783755930" alt="•Off 2026• "Crystal Clear" Le handicap comme un personnage à part entière" title="•Off 2026• "Crystal Clear" Le handicap comme un personnage à part entière" />
     </div>
     <div>
      Texte : Phil Young.       <br />
       Traduction, adaptation : Thierry Harcourt.       <br />
       Mise en scène : Thierry Harcourt.       <br />
       Assistante mise en scène : Paloma Duchesne.       <br />
       Avec : Rebecca Château, Jean-Nicolas Gaitte, Clara Huet et Paloma Duchesne.       <br />
       Lumières : Pascal Araque et Thierry Harcourt.       <br />
       Musique : Tazio Caputo.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       Spectacle accessible aux non-voyants. Audiodescription non numérique réalisée en partie sur scène par les comédiennes et le comédien.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 16 h 05. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre l'Oriflamme, 3-5, rue Portail Matheron, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 88 61 17 75.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie-oriflamme.mapado.com/event/709433-crystal-clear" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://loriflamme-avignon.fr/" target="_blank">>> loriflamme-avignon.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2025• "Cœur à cœur" Un seul en scène où l'originalité de l'écriture cohabite brillamment avec le jeu émouvant du comédien</title>
   <updated>2025-05-15T17:09:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Coeur-a-coeur-Un-seul-en-scene-ou-l-originalite-de-l-ecriture-cohabite-brillamment-avec-le-jeu-emouvant-du_a4217.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/88572235-62723738.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-05-16T07:59:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans un corps humain, un cœur passionné, un cerveau un peu trop spontané et un tube digestif très peureux tenteront de faire équipe dans le corps de Guillaume pour que leur "hôte" soit le plus épanoui possible… Mais la route de Guillaume est sinueuse et les événements de sa vie les mettront à l'épreuve, quitte à créer des situations absurdes et décalées !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88572235-62723738.jpg?v=1747321284" alt="•Off 2025• "Cœur à cœur" Un seul en scène où l'originalité de l'écriture cohabite brillamment avec le jeu émouvant du comédien" title="•Off 2025• "Cœur à cœur" Un seul en scène où l'originalité de l'écriture cohabite brillamment avec le jeu émouvant du comédien" />
     </div>
     <div>
      Il fallait quand même y penser à écrire une pièce autour d'un thème semblable ! <span style="font-style:italic">&quot;Ce spectacle, c'est le fruit d'une incubation longue que j'ai vécue au Festival d'Avignon en 2018 (…) . Entre les remparts et au milieu de cette ébullition frénétique, une phrase tournait sans cesse dans ma tête : &quot;Cœur à cœur, le corps à corps entre un cœur et son corps&quot;. Je ne connaissais rien à l'écriture, mais quelque chose me disait qu'il fallait que je fonce&quot;</span>, précise William Rageau.       <br />
              <br />
       Bien vous en a pris, cher William, d'arpenter ainsi les ruelles d'Avignon, libre dans votre tête et votre corps, et de trouver le moyen d'échapper un temps soit peu à la chaleur et à la foule par votre pensée et vos réflexions fertiles… Le résultat est d'une grande originalité, interprété avec justesse et conviction par le comédien qui souhaitait raconter ses propres histoires en plus d'interpréter celles des autres, comme celle de Trivelin dans &quot;L'île des esclaves&quot; de Marivaux, par exemple.       <br />
              <br />
       Né à Nîmes en 1992, William est le dernier d'une fratrie de quatre enfants. On lui découvre rapidement une maladie génétique qui retarde sa croissance, et il écumera les hôpitaux du sud de la France, puis de Paris. C'est pourtant un enfant vif, téméraire et joyeux qui sera largement soutenu par sa famille et son entourage. Après des études d'infirmier, profession qu'il exercera, il décide en 2017 de <span style="font-style:italic">&quot;lever l'ancre des soins pour les rivages de la scène&quot;</span> (sic), où il découvre le virus de la scène et une nouvelle sensation de liberté toute particulière.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88572235-62723740.jpg?v=1747321309" alt="•Off 2025• "Cœur à cœur" Un seul en scène où l'originalité de l'écriture cohabite brillamment avec le jeu émouvant du comédien" title="•Off 2025• "Cœur à cœur" Un seul en scène où l'originalité de l'écriture cohabite brillamment avec le jeu émouvant du comédien" />
     </div>
     <div>
      Cela se ressent largement dans ce seul en scène qui relève d'une magnifique performance d'acteur et d'écriture, dans laquelle l'humour et les émotions sont bien présentes. Encore une fois, au risque de nous répéter, il fallait la trouver, cette idée de faire parler des organes humains à l'intérieur d'un corps…       <br />
              <br />
       Il est vrai : que serions-nous sans eux qui commandent nos vies à chaque seconde, selon leur bon vouloir ? Qui nous rendent libres et heureux, ou bien au contraire souffrants et assujettis ? Il fallait avoir envie de se raconter, de dire et, aussi, de partager au-delà de la simple introspection.       <br />
              <br />
       Dans ce seul en scène, William Rageau nous offre une pérégrination semblable à une BD : le tube digestif, le cœur et le cerveau en sont les personnages principaux, mais là où se niche la grande originalité, à bien y regarder, c'est dans le fait que chacun de ces organes, c'est un peu le comédien lui-même qui s'introspecte dans un mélange d'humour via une écriture percutante et joyeuse, et un jeu sensible, fort bien mené.       <br />
              <br />
       Sa gestuelle, à mi-chemin entre la Commedia dell'arte, la pantomime et quelques soubresauts chorégraphiques, convoque avec une grande rigueur une histoire qui pourrait être la nôtre si le sort en a décidé ainsi ! La mise en scène de Nicolas Laurent porte le tout avec mesure et élégance, en sachant aller à l'essentiel des mots et du geste.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;On a été conçus grâce à l'amour, non ? Alors, rendons-lui hommage. Voilà notre véritable but !&quot; &quot;On ne peut pas vaincre la mort, mais on peut rendre la maladie malade&quot;.</span> Henri, c'est le nom du personnage incarnant la maladie. <span style="font-style:italic">&quot;Je ne suis jamais la bienvenue, mais je suis une exception dans la vie de Guillaume. Je suis sa maladie. Je vais ralentir la croissance de ses os, mais pas sa solidité !&quot;</span>       <br />
              <br />
       Guillaume le Conquérant et William le comédien auraient bien entendu préféré ne jamais croiser son chemin, mais c'est avec une subtile dose d'auto-dérision que tous deux la convoquent pourtant, aux côtés de Coco, Popol et Tubi qui font leur possible pour anéantir cette indésirable. Comment Henri réagira-t-il quand Guillaume va rencontrer l'amour ?       <br />
              <br />
       Guillaume/William, &quot;les&quot; conquérants, balayent d'un revers de main les idées reçues sur la différence, le handicap et tous les raisonneurs bardés de certitudes sur une certaine norme. Celle qui bien souvent nous accable parce qu'elle est non-voyante et sourde. Le public les aime, ces deux-là ! Avec eux, il grimpe au sommet de la montagne d'où la vue est belle (sic). Quelle montagne ?       <br />
              <br />
       Pour le savoir, ne ratez pas &quot;Cœur à cœur&quot; de et par Willam Rageau. Un seul en scène d'une bien jolie poésie qui se boucle, rond comme une pomme, par deux séquences distinctes en voix off depuis les coulisses, rendant un magnifique hommage à la vie.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cœur à cœur"</b></div>
     <div>
      "Plongez dans un corps humain où les organes sont les personnages"       <br />
       Texte : William Rageau.       <br />
       Mise en scène : Nicolas Laurent et William Rageau.       <br />
       Avec : William Rageau.       <br />
       Voix off : Christian Hecq de la Comédie-Française et Célia Granier-Deferre.       <br />
       Manettes Productions       <br />
       Tout public à partir de 7 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h 30. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre de l'Oriflamme, 3-5, rue Portail Matheron, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 88 61 17 75.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('patrick@loriflamme-avignon.fr')" >patrick@loriflamme-avignon.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://loriflamme-avignon.fr/" target="_blank">>> loriflamme-avignon.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure</title>
   <updated>2025-04-09T09:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-vie-secrete-des-vieux-Aimer-meme-trop-meme-mal-Aimer-jusqu-a-la-dechirure_a4035.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82501017-59174767.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-08-30T19:41:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Telle est ma quête", ainsi parlait l'Homme de la Mancha de Jacques Brel au Théâtre des Champs-Élysées en 1968… Une quête qu'ont fait leur cette troupe de vieux messieurs et vieilles dames "indignes" (cf. "La vieille dame indigne" de René Allio, 1965, véritable ode à la liberté) avides de vivre "jusqu'au bout" (ouaf… la crudité revendiquée de leur langue émancipée y autorise) ce qui constitue, n'en déplaise aux catholiques conservateurs, le sel de l'existence. Autour de leur metteur en scène, Mohamed El Khatib, ils vont bousculer les règles de la bienséance apprise pour dire sereinement l'amour chevillé au corps des vieux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82501017-59174767.jpg?v=1721202178" alt=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      Votre ticket n'est plus valable. Prenez vos pilules, jouez au Monopoly, au Scrabble, regardez la télé… des jeux de votre âge quoi ! Et surtout, ayez la dignité d'attendre la mort en silence, on ne veut pas entendre vos jérémiades et – encore moins ! – vos chuchotements de plaisir et vos cris d'amour… Mohamed El Khatib, fin observateur des us et coutumes de nos sociétés occidentales, a documenté son projet théâtral par une série d'entretiens pris sur le vif en Ehpad au moment de la Covid, des mouroirs avec eau et électricité à tous les étages. Autour de lui et d'une aide-soignante, artiste professionnelle pétillante de malice, vont exister pleinement huit vieux et vieilles revendiquant avec une belle tranquillité leur droit au sexe et à l'amour (ce sont, aussi, des sentimentaux, pas que des addicts de la baise).       <br />
              <br />
       Un fauteuil roulant poussé par un vieux très guilleret fait son entrée… On nous avertit alors qu'en fonction du grand âge des participant(e)s au plateau, et malgré les deux défibrillateurs à disposition, certain(e)s sont susceptibles de mourir sur scène, ce qui – on l'admettra aisément – est un meilleur destin que mourir en Ehpad… Humour noir et vieilles dentelles, le ton est donné. De son fauteuil, la doyenne de la troupe, 91 ans, Belge et ancienne présentatrice du journal TV, va ar-ti-cu-ler son texte, elle qui a renoncé à son abonnement à la Comédie-Française car &quot;ils&quot; ne savent plus scander, un vrai scandale ! Confiant plus sérieusement que, ce qui lui manque aujourd'hui – elle qui a eu la chance d'avoir beaucoup d'hommes –, c'est d'embrasser quelqu'un sur la bouche et de manquer à quelqu'un.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82501017-59174768.jpg?v=1721202208" alt=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      Elle enchaîne en ar-ti-cu-lant le texte d'un autre, un certain Alfred de Musset dont elle déclame l'éclatant manifeste de l'amour (sans badiner) qu'elle a fait sien… <span style="font-style:italic">&quot;On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui&quot;.</span>       <br />
              <br />
       En facilitateur des échanges, le metteur en scène présent sur scène rappellera la préoccupation récurrente énoncée par les résidents âgés s'étant très librement confiés… <span style="font-style:italic">&quot;Faites ce que vous voulez de nos histoires, mais surtout n'en dites rien à nos enfants&quot;</span>. Et lorsque chacun et chacune prendra ensuite la parole, on comprendra pour quelles raisons cette demande lui a été adressée… La peur de choquer le &quot;sens moral&quot; de leurs progénitures victimes du conditionnement sociétal… mais, plus encore, de se voir eux interdits d'amour.       <br />
              <br />
       Elle, médecin chirurgien, ayant hérité de magnifiques cormes qu'elle doit à son défunt mari, éprouvant toujours à son âge avancé (82 ans) les pulsions sexuelles de ses vingt ans… mais plus de rapports pour les satisfaire… Alors ? La masturbation ! Retour à ses pratiques des débuts, ainsi en va-t-il d'un cycle parfait. L'occasion de confesser, en tant que chirurgien ayant eu à &quot;opérer&quot;, les trésors d'imagination des masturbateurs en série. Le crucifix à extirper d'un fidèle vagin, le vase japonais décoré de belles fleurs à retirer d'un rectum accueillant… Et lorsque, se retournant vers ses camarades, elle les interroge sur leurs pratiques personnelles, l'une, hilare, de confier l'attraction irrésistible qui l'a conduite à se saisir en cuisine d'une carotte avenante, avant de la tremper dans le potage.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82501017-59174769.jpg?v=1721202235" alt=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      Lui, 85 ans, raconte son dépucelage dans la rue des putes à Tunis dans les années 57 par des dames au grand cœur qu'il a pu rétribuer grâce à sa soudaine vocation d'enfant de chœur, les enterrements, qu'ils en soient ici laïquement remerciés, offrant, et de loin, les meilleurs pourboires.       <br />
              <br />
       Lui, bel homme, prenant appui droit comme un &quot;i&quot; sur sa canne et confiant que son père, 86 ans, avait accepté son invitation de l'accompagner à la Gay Pride. Toujours aussi désirant des hommes, même s'il ne partage plus son appartement pour se garder les moments compliqués. Quant aux faiblesses érectiles, il a trouvé la parade viagra. Et, en plus, il est aujourd'hui amoureux d'une femme.       <br />
              <br />
       Et bien d'autres témoignages encore, tous n'étant pas, à l'image de la vie, heureux… Ainsi de l'amour passionnel partagé entre une résidente et un résident, amour explosant dans une émouvante lettre lue, missive à la tonalité vibrante d'accents adolescents. L'autrice, à qui on a formellement interdit de retrouver son amoureux, a préféré se donner la mort, seule dans sa chambre. Et là, le cri de colère d'un résident : <span style="font-style:italic">&quot;Non seulement, petits, nos enfants, il a fallu les torcher, et maintenant ils nous font chier en se mêlant de notre sexualité…&quot;.</span> Problème éminemment politique et crucial que celui d'une société qui infantilise le grand âge sous prétexte de veiller sur lui. La dérive s'étendant des proches (dérangés par quoi ?) aux institutions (l'ordre social en dépendrait-il ?) qui, dans le même élan, veillent au grain de l'interdit sexuel des vieux érigé en tabou non transgressable.       <br />
              <br />
       Mais la vie, inaliénable par nature pour les êtres désirants quels que soient les âges, reprend le dessus au travers d'une bombe désinhibée, c'est-à-dire magnifiquement libre. Elle, après avoir constaté que les Ehpad ce n'est pas la scène ballroom, c'est par SMS qu'elle a rencontré sa partenaire qu'elle a aimé… avec son cœur, avec son cul, avant de découvrir les ressources inépuisables du clitoris. Quant au rêve nocturne où elle s'est écriée <span style="font-style:italic">&quot;Enculez-moi !&quot;</span>, elle ne l'interprétera pas, laissant à Dieu et à la psychanalyse le soin de le faire.       <br />
              <br />
       Fédérant ces personnes, personnages éminemment vivants en quête de plaisir amoureux et charnel, une actrice professionnelle jouant le rôle d'une aide-soignante délivre toujours avec humour le ressenti des femmes d'origine magrébine, vouées aux tâches les plus ingrates et confrontées régulièrement à des remarques racistes sous couvert de plaisanteries anodines. C'est elle aussi qui, en guise de tableau final, se lancera dans un numéro théâtral des plus toniques, patchwork de tout ce que les résidents ont pu apporter d'artistique (scènes de &quot;Roméo et Juliette&quot;, de &quot;Bérénice&quot;, Chant lyrique, chants populaires…). Numéro salué par les gerbes de feux d'artifice, les applaudissements nourris des résidents… et des spectateurs inclus.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82501017-59174770.jpg?v=1721202259" alt=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      Au-delà du plaisir sensuel lié à l'humanité à fleur de peau de ses vieux et vieilles mus par les désirs sexuels qui les transcendent, la force de la proposition artistique de Mohamed El Khatib tient à son bel engagement politique. En effet, apporter sur un plateau la preuve concrète que le désir est – et sans date aucune de péremption – le moteur de ce qui maintient en vie l'animal humain libéré des structures aliénantes de domination, est stricto sensu révolutionnaire.       <br />
              <br />
       Un certain Wilhelm Reich, psychiatre et psychanalyste autrichien, appartenant au courant analytique antifasciste, n'a-t-il pas écrit, en 1936, &quot;La Révolution sexuelle&quot;… Essai où il accréditait la thèse que la sexualité est une utopie nécessaire… Qu'elle était de nature à mettre à bas les carcans du capitalisme et du patriarcat. Une utopie devenant devant nous, spectateurs des théâtres de la 78ᵉ édition du Festival d'Avignon, une réalité vivante.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le lundi 15 juillet 2024 à La Chartreuse-CNES de Villeneuve-lez-Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La vie secrète des vieux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82501017-59174771.jpg?v=1721202288" alt=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      &quot;La vie secrète des vieux&quot;       <br />
       France - Création 2024.       <br />
       Spectacle en français surtitré en anglais.       <br />
       Conception : Mohamed El Khatib.       <br />
       Avec (en alternance) : Annie Boisdenghien, Micheline Boussaingault, Marie-Louise Carlier, Chille Deman, Martine Devries, Jean-Pierre Dupuy, Yasmine Hadj Ali, Salimata Kamaté, Jacqueline Juin, Jean Paul Sidolle, Gaby Suffrin.       <br />
       Dramaturgie : Camille Nauffray.       <br />
       Scénographie : Frédéric Hocké.       <br />
       Vidéo : Emmanuel Manzano.       <br />
       Son : Arnaud Léger.       <br />
       Collaboration : Mathilde Chadeau, Vassia Chavaroche.       <br />
       Vie médicale : Paul Ceulenaere, Virginie Tanda, Vinciane Watrin.       <br />
       Entretiens : Marie Desgranges, Zacharie Dutertre, Vanessa Larré.       <br />
       Régie générale : Jonathan Douchet.       <br />
       Photographie : Yohanne Lamoulère.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Babel Subtitling (anglais).       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       Du 12 au 26 septembre 2024.       <br />
       jeudi 12 au samedi 14 à 20 h, lundi 16 au mercredi 18 à 20 h, vendredi 20 et samedi 21 à 20 h, dimanche 22 à 15 h, mardi 24 au jeudi 26 à 20 h.       <br />
       Théâtre de la Ville Les Abbesses (dans le cadre du Festival d'Automne), Paris 18ᵉ, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelaville-paris.com/fr/lieux/les-abbesses" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       5 octobre 2024 : Festival Internazionale del Teatr, Lugano (Suisse).       <br />
       8 et 9 octobre 2024 : Espace 1789 - Scène conventionnée pour la danse, Saint-Ouen (93).       <br />
       11 octobre 2024 : Théâtre Cinéma - Scène conventionnée pour la diversité linguistique,  Choisy-le-Roi (94).       <br />
       9 et 10 novembre 2024 : Romaeuropa Festival, Rome (Italie).       <br />
       Du 27 au 29 novembre 2024 : Centre dramatique national Orléans Centre-Val de Loire, Orrléans (45).       <br />
       Du 12 au 15 décembre 2024 : La Comédie, Genève (Suisse)       <br />
       18 et 19 décembre 2024 : Points communs - Nouvelle Scène nationale, Cergy-Pontoise (95).       <br />
       9 et 10 janvier 2025 : Théâtre du Bois de l'Aune, Aix-en-Provence(13).       <br />
       Du 13 au 15 janvier 2025 : Tandem - Scène nationale d'Arras-Douai, Arras (62).       <br />
       17 et 18 janvier 2025 : Le Channel - Scène nationale, de Calais       <br />
       28 janvier 2025 : Équinoxe - Scène nationale, Châteauroux (36).       <br />
       30 janvier 2025 : Halle aux grains - Scène nationale, Blois (41).       <br />
       Du 12 au 15 février 2025 : La Comédie Scène nationale, Clermont-Ferrand (63).       <br />
       Du 11 au 15 mars 2025 : Théâtre national de Bretagne, Rennes (35).       <br />
       28 et 29 mars 2025 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       <span class="fluo_jaune">8 et 9 avril 2025 :</span> Espace Malraux Scène nationale, Chambéry (73).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 au 17 avril 2025 :</span> MC2 - Scène nationale,  Grenoble (38).       <br />
       <span class="fluo_jaune">27 et 28 mai 2025 : </span>L'Espal - Scène nationale, Le Mans (72).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-vie-secrete-des-vieux-Aimer-meme-trop-meme-mal-Aimer-jusqu-a-la-dechirure_a4035.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure</title>
   <updated>2024-07-18T12:23:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-La-vie-secrete-des-vieux-Aimer-meme-trop-meme-mal-Aimer-jusqu-a-la-dechirure_a4008.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81601158-58749870.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-17T09:14:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Telle est ma quête", ainsi parlait l'Homme de la Mancha de Jacques Brel au Théâtre des Champs-Élysées en 1968… Une quête qu'ont fait leur cette troupe de vieux messieurs et vieilles dames "indignes" (cf. "La vieille dame indigne" de René Allio, 1965, véritable ode à la liberté) avides de vivre "jusqu'au bout" (ouaf… la crudité revendiquée de leur langue émancipée y autorise) ce qui constitue, n'en déplaise aux catholiques conservateurs, le sel de l'existence. Autour de leur metteur en scène, Mohamed El Khatib, ils vont bousculer les règles de la bienséance apprise pour dire sereinement l'amour chevillé au corps des vieux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81601158-58749870.jpg?v=1721202178" alt="•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title="•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      Votre ticket n'est plus valable. Prenez vos pilules, jouez au Monopoly, au Scrabble, regardez la télé… des jeux de votre âge quoi ! Et surtout, ayez la dignité d'attendre la mort en silence, on ne veut pas entendre vos jérémiades et – encore moins ! – vos chuchotements de plaisir et vos cris d'amour… Mohamed El Khatib, fin observateur des us et coutumes de nos sociétés occidentales, a documenté son projet théâtral par une série d'entretiens pris sur le vif en Ehpad au moment de la Covid, des mouroirs avec eau et électricité à tous les étages. Autour de lui et d'une aide-soignante, artiste professionnelle pétillante de malice, vont exister pleinement huit vieux et vieilles revendiquant avec une belle tranquillité leur droit au sexe et à l'amour (ce sont, aussi, des sentimentaux, pas que des addicts de la baise).       <br />
              <br />
       Un fauteuil roulant poussé par un vieux très guilleret fait son entrée… On nous avertit alors qu'en fonction du grand âge des participant(e)s au plateau, et malgré les deux défibrillateurs à disposition, certain(e)s sont susceptibles de mourir sur scène, ce qui – on l'admettra aisément – est un meilleur destin que mourir en Ehpad… Humour noir et vieilles dentelles, le ton est donné. De son fauteuil, la doyenne de la troupe, 91 ans, Belge et ancienne présentatrice du journal TV, va ar-ti-cu-ler son texte, elle qui a renoncé à son abonnement à la Comédie-Française car &quot;ils&quot; ne savent plus scander, un vrai scandale ! Confiant plus sérieusement que, ce qui lui manque aujourd'hui – elle qui a eu la chance d'avoir beaucoup d'hommes –, c'est d'embrasser quelqu'un sur la bouche et de manquer à quelqu'un.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81601158-58749877.jpg?v=1721202208" alt="•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title="•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      Elle enchaîne en ar-ti-cu-lant le texte d'un autre, un certain Alfred de Musset dont elle déclame l'éclatant manifeste de l'amour (sans badiner) qu'elle a fait sien… <span style="font-style:italic">&quot;On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui&quot;.</span>       <br />
              <br />
       En facilitateur des échanges, le metteur en scène présent sur scène rappellera la préoccupation récurrente énoncée par les résidents âgés s'étant très librement confiés… <span style="font-style:italic">&quot;Faites ce que vous voulez de nos histoires, mais surtout n'en dites rien à nos enfants&quot;</span>. Et lorsque chacun et chacune prendra ensuite la parole, on comprendra pour quelles raisons cette demande lui a été adressée… La peur de choquer le &quot;sens moral&quot; de leurs progénitures victimes du conditionnement sociétal… mais, plus encore, de se voir eux interdits d'amour.       <br />
              <br />
       Elle, médecin chirurgien, ayant hérité de magnifiques cormes qu'elle doit à son défunt mari, éprouvant toujours à son âge avancé (82 ans) les pulsions sexuelles de ses vingt ans… mais plus de rapports pour les satisfaire… Alors ? La masturbation ! Retour à ses pratiques des débuts, ainsi en va-t-il d'un cycle parfait. L'occasion de confesser, en tant que chirurgien ayant eu à &quot;opérer&quot;, les trésors d'imagination des masturbateurs en série. Le crucifix à extirper d'un fidèle vagin, le vase japonais décoré de belles fleurs à retirer d'un rectum accueillant… Et lorsque, se retournant vers ses camarades, elle les interroge sur leurs pratiques personnelles, l'une, hilare, de confier l'attraction irrésistible qui l'a conduite à se saisir en cuisine d'une carotte avenante, avant de la tremper dans le potage.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81601158-58749904.jpg?v=1721202235" alt="•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title="•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
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      Lui, 85 ans, raconte son dépucelage dans la rue des putes à Tunis dans les années 57 par des dames au grand cœur qu'il a pu rétribuer grâce à sa soudaine vocation d'enfant de chœur, les enterrements, qu'ils en soient ici laïquement remerciés, offrant, et de loin, les meilleurs pourboires.       <br />
              <br />
       Lui, bel homme, prenant appui droit comme un &quot;i&quot; sur sa canne et confiant que son père, 86 ans, avait accepté son invitation de l'accompagner à la Gay Pride. Toujours aussi désirant des hommes, même s'il ne partage plus son appartement pour se garder les moments compliqués. Quant aux faiblesses érectiles, il a trouvé la parade viagra. Et, en plus, il est aujourd'hui amoureux d'une femme.       <br />
              <br />
       Et bien d'autres témoignages encore, tous n'étant pas, à l'image de la vie, heureux… Ainsi de l'amour passionnel partagé entre une résidente et un résident, amour explosant dans une émouvante lettre lue, missive à la tonalité vibrante d'accents adolescents. L'autrice, à qui on a formellement interdit de retrouver son amoureux, a préféré se donner la mort, seule dans sa chambre. Et là, le cri de colère d'un résident : <span style="font-style:italic">&quot;Non seulement, petits, nos enfants, il a fallu les torcher, et maintenant ils nous font chier en se mêlant de notre sexualité…&quot;.</span> Problème éminemment politique et crucial que celui d'une société qui infantilise le grand âge sous prétexte de veiller sur lui. La dérive s'étendant des proches (dérangés par quoi ?) aux institutions (l'ordre social en dépendrait-il ?) qui, dans le même élan, veillent au grain de l'interdit sexuel des vieux érigé en tabou non transgressable.       <br />
              <br />
       Mais la vie, inaliénable par nature pour les êtres désirants quels que soient les âges, reprend le dessus au travers d'une bombe désinhibée, c'est-à-dire magnifiquement libre. Elle, après avoir constaté que les Ehpad ce n'est pas la scène ballroom, c'est par SMS qu'elle a rencontré sa partenaire qu'elle a aimé… avec son cœur, avec son cul, avant de découvrir les ressources inépuisables du clitoris. Quant au rêve nocturne où elle s'est écriée <span style="font-style:italic">&quot;Enculez-moi !&quot;</span>, elle ne l'interprétera pas, laissant à Dieu et à la psychanalyse le soin de le faire.       <br />
              <br />
       Fédérant ces personnes, personnages éminemment vivants en quête de plaisir amoureux et charnel, une actrice professionnelle jouant le rôle d'une aide-soignante délivre toujours avec humour le ressenti des femmes d'origine magrébine, vouées aux tâches les plus ingrates et confrontées régulièrement à des remarques racistes sous couvert de plaisanteries anodines. C'est elle aussi qui, en guise de tableau final, se lancera dans un numéro théâtral des plus toniques, patchwork de tout ce que les résidents ont pu apporter d'artistique (scènes de &quot;Roméo et Juliette&quot;, de &quot;Bérénice&quot;, Chant lyrique, chants populaires…). Numéro salué par les gerbes de feux d'artifice, les applaudissements nourris des résidents… et des spectateurs inclus.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81601158-58749907.jpg?v=1721202259" alt="•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title="•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
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     <div>
      Au-delà du plaisir sensuel lié à l'humanité à fleur de peau de ses vieux et vieilles mus par les désirs sexuels qui les transcendent, la force de la proposition artistique de Mohamed El Khatib tient à son bel engagement politique. En effet, apporter sur un plateau la preuve concrète que le désir est – et sans date aucune de péremption – le moteur de ce qui maintient en vie l'animal humain libéré des structures aliénantes de domination, est stricto sensu révolutionnaire.       <br />
              <br />
       Un certain Wilhelm Reich, psychiatre et psychanalyste autrichien, appartenant au courant analytique antifasciste, n'a-t-il pas écrit, en 1936, &quot;La Révolution sexuelle&quot;… Essai où il accréditait la thèse que la sexualité est une utopie nécessaire… Qu'elle était de nature à mettre à bas les carcans du capitalisme et du patriarcat. Une utopie devenant devant nous, spectateurs des théâtres de la 78ᵉ édition du Festival d'Avignon, une réalité vivante.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le lundi 15 juillet 2024 à La Chartreuse-CNES de Villeneuve-lez-Avignon.</b>
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     <div><b>"La vie secrète des vieux"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81601158-58749910.jpg?v=1721202288" alt="•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title="•In 2024• "La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
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      &quot;La vie secrète des vieux&quot;       <br />
       France - Création 2024.       <br />
       Spectacle en français surtitré en anglais.       <br />
       Conception : Mohamed El Khatib.       <br />
       Avec (en alternance) : Annie Boisdenghien, Micheline Boussaingault, Marie-Louise Carlier, Chille Deman, Martine Devries, Jean-Pierre Dupuy, Yasmine Hadj Ali, Salimata Kamaté, Jacqueline Juin, Jean Paul Sidolle, Gaby Suffrin.       <br />
       Dramaturgie : Camille Nauffray.       <br />
       Scénographie : Frédéric Hocké.       <br />
       Vidéo : Emmanuel Manzano.       <br />
       Son : Arnaud Léger.       <br />
       Collaboration : Mathilde Chadeau, Vassia Chavaroche.       <br />
       Vie médicale : Paul Ceulenaere, Virginie Tanda, Vinciane Watrin.       <br />
       Entretiens : Marie Desgranges, Zacharie Dutertre, Vanessa Larré.       <br />
       Régie générale : Jonathan Douchet.       <br />
       Photographie : Yohanne Lamoulère.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Babel Subtitling (anglais).       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 19 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 18 h.       <br />
       La Chartreuse-CNES, Villeneuve-lez-Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 au 26 septembre 2024 :</span> Théâtre de la Ville (dans le cadre du Festival d'Automne), Paris.       <br />
       5 octobre 2024 : Festival Internazionale del Teatr, Lugano (Suisse).       <br />
       8 et 9 octobre 2024 : Espace 1789 - Scène conventionnée pour la danse, Saint-Ouen (93).       <br />
       11 octobre 2024 : Théâtre Cinéma - Scène conventionnée pour la diversité linguistique,  Choisy-le-Roi (94).       <br />
       9 et 10 novembre 2024 : Romaeuropa Festival, Rome (Italie).       <br />
       Du 27 au 29 novembre 2024 : Centre dramatique national Orléans Centre-Val de Loire, Orrléans (45).       <br />
       Du 12 au 15 décembre 2024 : La Comédie, Genève (Suisse)       <br />
       18 et 19 décembre 2024 : Points communs - Nouvelle Scène nationale, Cergy-Pontoise (95).       <br />
       9 et 10 janvier 2025 : Théâtre du Bois de l'Aune, Aix-en-Provence(13).       <br />
       Du 13 au 15 janvier 2025 : Tandem - Scène nationale d'Arras-Douai, Arras (62).       <br />
       17 et 18 janvier 2025 : Le Channel - Scène nationale, de Calais       <br />
       28 janvier 2025 : Équinoxe - Scène nationale, Châteauroux (36).       <br />
       30 janvier 2025 : Halle aux grains - Scène nationale, Blois (41).       <br />
       Du 12 au 15 février 2025 : La Comédie Scène nationale, Clermont-Ferrand (63).       <br />
       Du 11 au 15 mars 2025 : Théâtre national de Bretagne, Rennes (35).       <br />
       28 et 29 mars 2025 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       8 et 9 avril 2025 : Espace Malraux Scène nationale, Chambéry (73).       <br />
       Du 15 au 17 avril 2025 : MC2 - Scène nationale,  Grenoble (38).       <br />
       27 et 28 mai 2025 : L'Espal - Scène nationale, Le Mans (72).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-La-vie-secrete-des-vieux-Aimer-meme-trop-meme-mal-Aimer-jusqu-a-la-dechirure_a4008.html" />
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   <title>"Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)</title>
   <updated>2024-03-27T12:12:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Freres-Sagot-Normal-vous-avez-dit-normal-Comme-c-est-bizarre-Drole-de-theatre_a3856.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79160448-57370878.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-03-27T11:44:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il était deux demi-frères, Jules et Luis… L'un, Jules, était né en France et, depuis sa naissance, avait bénéficié de l'amour d'une famille que l'on s'accorderait à dire "normale". L'autre, Luis, né au Mexique, avait été confié à sa naissance à une mère adoptive à haut potentiel toxique, avant d'être adopté en France par la famille Sagot. Devenus frères comme pas deux, complices à la ville comme au plateau, leur témoignage scénarisé est le résultat de leur désir à l'un et à l'autre : faire spectacle de leur histoire d'amour fraternel.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79160448-57370878.jpg?v=1711538128" alt=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" title=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" />
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     <div>
      Sur le plateau du Studio de création du TnBA, deux hommes en costumes noirs impeccables, chemise blanches et nœuds papillons, se détachent sur fond d'un dédale de briques de béton cellulaires, vestiges erratiques d'archéologies personnelles restant à explorer. En fond de scène, un immense tableau noir révèle des inscriptions soigneusement calligraphiées par Luis. Pendant que les spectateurs s'installent, les deux en sont déjà à &quot;se renvoyer la balle&quot; joyeusement… une balle de tennis, l'un des hobbies de Luis.       <br />
              <br />
       Une annonce liminaire nous prévient que l'un des comédiens souhaite que les portables soient éteints, l'autre pas. D'autre part, à la demande du second, le terme handicap sera remplacé dans le spectacle par un mot commençant par la même lettre, &quot;h&quot; comme hélicoptère. Puis Luis prend la parole pour présenter son frère comédien. Jules lui rend la pareille en disant à son tour quelques mots sur la qualité de cuisinier de son alter ego. Communion des altérités, hors de toutes hiérarchies normatives.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79160448-57370881.jpg?v=1711538157" alt=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" title=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" />
     </div>
     <div>
      Lorsque la lumière se fait sur Jules, le micro amplifie sa voix pour faire entendre comme en voix off la genèse de l'existence de Luis… Il nous parle alors du vent chaud qui souffle sur Oaxaca, la ville mexicaine de sa naissance… De ses yeux clos sur le monde, lui qui, après avoir été abandonné, fut séquestré par une première mère adoptive le cloitrant pendant plus d'un an dans une pièce sans fenêtres… Des troubles de la personnalité dont il a hérité… Mais si, enfant, Luis ne savait pas ce qu'était un double abandon, dans sa tête, il imaginait déjà le fil d'Ariane susceptible de le guider vers la sortie du dédale où l'existence avait voulu l'enfermer. Ce soir, suspendue aux cintres, la piñata mexicaine – recouverte d'un tissu blanc enveloppant un temps révolu – ne sera garnie que de douceurs et éclairera la scène…       <br />
              <br />
       Lorsque l'aîné des Sagot s'apprête à parler encore et encore des traumatismes vécus par son jeune frère, celui-ci l'interrompt, gentiment, mais fermement, lui signifiant clairement son refus d'entendre plus longtemps cette version désespérée de son enfance. Depuis, n'a-t-il pas développé de très nombreux talents ? Et ce sont d'eux, et seulement d'eux, qu'il entend parler… Porteur d'une joie contagieuse et animé par une énergie irradiante, il oppose à la conception standardisée d'une normalité triste sa conception positive de l'existence – une norme enviable – faisant accoucher ainsi devant nous, témoins plus que spectateurs, le concept de normalité polyphonique, une normalité revue et corrigée au travers de son regard étonnamment libre.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79160448-57370922.jpg?v=1711538180" alt=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" title=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" />
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      Jules, ainsi invité par son frère à abandonner le registre ancien des &quot;pré-jugés&quot;, demandera à Luis d'évoquer ses belles compétences. D'abord une mémoire prodigieuse… si vous lui confiez votre date de naissance – et démonstration est faite en direct ! –, il peut vous en donner le jour, son cerveau étant cadastré selon le plan d'une ville postcoloniale, les quartiers anarchiques en périphérie. Puis le don d'interprétation… de la chanson de Joe Dassin au refrain éloquent <span style="font-style:italic">&quot;Et si tu n'existais pas/Je me sentirais perdu/J'aurais besoin de toi&quot;</span> ; une déclaration d'amour en live entre les deux frères, empruntant pudiquement les mots du chanteur populaire. Ce qui les lie, c'est la vie devant soi et rien ne pourra endiguer cet élan qui les relie l'un à l'autre.       <br />
              <br />
       Autre compétence avérée, l'amour de la cuisine acté par la recette, ô combien savoureuse, du jaune d'œuf cuit devant nous par coagulation sur des allumettes géantes, le tout relevé d'un morceau de piano de Chopin interprété avec tout autant de talent. On pense inévitablement à Nicolas, le cuisinier fabuleux de Colin dans &quot;L'Écume des jours&quot; de Boris Vian, et le goût de ses recettes surréalistes nous revient à la bouche. Enfin, le don unique pour la lenteur, privilège de la tortue de la fable, un talent très précieux dans ce monde de la normalité énervée fonçant droit dans le mur de sa destruction.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79160448-57370925.jpg?v=1711538203" alt=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" title=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" />
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      L'amour, l'humour… et la gravité aussi lorsque Jules, lumières éteintes, évoque dans un silence retentissant la solitude de &quot;l'Homme-Hélicoptère&quot; exposé au regard suffisant des gens affichant avec fatuité le complexe de supériorité de la normalité, échos des imbéciles aliénés par le prêt à (non) penser, bêlant à l'unisson et se déplaçant en troupeaux. Lui aussi, Jules, renferme en lui un &quot;h&quot; minuscule, celui de la haine ressentie face à Dame Bêtise, représentante de la crétinerie drapée dans son sentiment de supériorité. Rarement un manifeste pour le droit au respect inconditionnel de chacun, contre l'ignorance crasse des gens dits normaux, n'a résonné avec autant de force. Une force décuplée par la sincérité palpable de son auteur épris d'amour pour celui auquel il accorde une confiance inaliénable.       <br />
               <br />
       L'amour, toujours l'amour, l'unique objet de la quête de Luis qui lui reste encore à parachever, lui qui déplore qu'à l'école on ne lui ait pas appris à aimer, lui qui rêve à vingt-sept ans de devenir père… Aussi, quand sur l'air et les paroles de &quot;L'été Indien&quot;, Luis invite à danser une jeune femme du premier rang, on se met, nous aussi, à rêver… ravi de cette parenthèse artistique &quot;extra-ordinaire&quot; où art de la scène se conjugue avec vérité humaine.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79160448-57371015.jpg?v=1711538649" alt=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" title=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" />
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     <div>
      Jules Sagot (du Collectif &quot;Les Bâtards dorés&quot;, bel hommage à tous les bâtards du monde…), en totale complicité avec son frère Luis, nous offre là un moment théâtral &quot;hors normes&quot; où les étiquettes pré-écrites, rangeant chacune et chacun dans des cases (comme le ferait un organisateur de pilules), valsent à qui mieux mieux sous les manifestations de leur humanité joyeuse, une humanité sensée, affranchie des préjugés enfermant, éclatante de liberté… Merci à Jules et Luis d'avoir été ces passeurs de &quot;l'a-normalité normale&quot; dessillant les yeux des idiots normaux… que – à notre corps défendant – nous pouvons être parfois.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 21 mars au Studio de création du TnBA, Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Frères Sagot"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79160448-57371016.jpg?v=1711538684" alt=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" title=""Les Frères Sagot" "Normal, vous avez dit normal ? Comme c'est bizarre…" (Drôle de théâtre)" />
     </div>
     <div>
      Création 2024.       <br />
       Texte : Jules Sagot et Luis Sagot.       <br />
       Mise en scène : Jules Sagot.       <br />
       Avec : Luis Sagot et Jules Sagot.       <br />
       Collaboration à la mise en scène : Alba Gaïa Bellugi, Manuel Severi.       <br />
       Création sonore : John Kaced.       <br />
       Régie générale : Alexandre Hulak.       <br />
       Création lumière : Marine Le Vey.       <br />
       Construction : La Charpente – Amboise.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 19 au samedi 23 mars 2024 au Studio de création du TnBA à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">2 avril 2024 :</span> Chapelle des Réparatrices, Pau (64).
     </div>
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