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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-05T19:58:47+02:00</updated>
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   <title>Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille</title>
   <updated>2017-03-16T15:52:00+01:00</updated>
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   <category term="Lyrique" />
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   <published>2017-03-16T15:05:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Du 10 mars au 14 avril, puis en juin et juillet, l'Opéra de Paris met à l'affiche la "Carmen" fêtée et décriée de Calixto Bieito, une production qui a fait le tour du monde en vingt ans. Si plusieurs chanteurs se partageront les rôles célébrissimes de Bizet, le mois de mars est réservé au premier Don José de notre ténor national Roberto Alagna à Paris, et aux débuts de l'impressionnante mezzo Clémentine Margaine dans la noble maison. Un couple explosif et fascinant pour une relecture tranchante d'un des opéras les plus joués au monde.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11396322-19010685.jpg?v=1489674484" alt="Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille" title="Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille" />
     </div>
     <div>
      &quot;Carmen&quot; est donné pour la première fois en 1875. Trois mois après sa création à l'Opéra Comique, Georges Bizet meurt à trente-sept ans. Il ne saura jamais que les personnages de son drame entrent dans la légende et qu'ils ne quitteront plus la scène - et que tous les airs, du premier chœur &quot;Sur la place&quot; au dernier lamento du brigadier Don José sur le cadavre de la belle gitane (&quot;Ah Carmen ! Ma Carmen adorée…&quot;), figureront parmi les plus populaires de l'histoire de l'opéra. Le plaisir d'entendre encore et toujours cette envoûtante partition ne se dément pas, comme celui que nous prenons à revivre les étapes de ce chemin de croix de la passion - tragique, forcément tragique.       <br />
              <br />
       C'est que l'invention y est géniale : Bizet sait parfaitement rehausser les airs hispanisants au parfum d'ailleurs avec des harmonies savantes. Il montre brillamment, en pleine maturité de son art, que l'invention mélodique et la richesse de l'orchestration rehaussent un drame à l'efficacité redoutable : du prélude déjà parcouru de thèmes antagonistes, menaçants ou joyeux, au déroulement implacable d'un courant passionnel qui traverse quatre actes, déroulant ses morceaux de bravoure et ses délicates stations - à la fois ancrés (pour ne pas dire datés) dans leur époque (&quot;Parle-moi de ma mère…&quot;) et universels, approfondis dans un parfait mélange de styles et de registres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11396322-19010861.jpg?v=1489674737" alt="Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille" title="Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille" />
     </div>
     <div>
      Que se passe-t-il, de surcroît, quand un metteur en scène espagnol se saisit de cette œuvre avec l'intention avérée d'en expurger tout folklore pour la dénuder jusqu'à l'os, bref la libérer de tous les clichés qui l'encombrent ? Il nous livre une proposition passionnante en choisissant d'en montrer la contemporanéité. Exit les danses pittoresques, les éventails et autres castagnettes (qu'on entendra depuis la fosse). Le livret est par ailleurs coupé de trois airs sans grand intérêt, qui ralentissent l'action.        <br />
              <br />
       Dans une Espagne que Calixto Bieito ramène à ses démons et à ses totems (taureaux géants ponctuant les bords des routes, arènes désertées et tauromachie provinciale, gitans devenus des marginaux cantonnés dans des parkings, soldats peut-être échappés du franquisme), machisme et pulsions de mort ont la part belle - comme le désir de mort qui hante toute passion. Une mise en scène de ténèbres (avec le beau travail de A. Rodriguez Vega) qui jette une lumière crue sur les personnages, écartelés entre leurs élans sexuels irrépressibles, leur culpabilité et leur désir d'affranchissement.       <br />
              <br />
       En cette première s'ajoute une autre tension : Roberto Alagna fait annoncer qu'il est souffrant mais chantera quand même. Son impossibilité à monter dans les aigus (et singulièrement jusqu'au si bémol dans l'air fameux &quot;La fleur que tu m'avais jetée&quot;), son évidente souffrance et sa vaillance vont pourtant servir le personnage : il est un Don José jusqu'au-boutiste, il brûle sur scène. Et il frôle l'accident dans un saut (pourtant prévu, mais plein de fougue) depuis le capot d'une des voitures. Le ténor donne tout - mais serait-il une star sans cette générosité ? La soirée donne l'impression rare que l'expérience intime du chanteur rejoint la fragilité de son rôle. Héroïque et déchirant, il nous bouleverse de bout en bout.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11396322-19010934.jpg?v=1489674768" alt="Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille" title="Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille" />
     </div>
     <div>
      La Carmen ténébreuse et inflammable de Clémentine Margaine n'impressionne pas moins. Voix somptueuse, présence scénique sauvage, la mezzo ne donne ni dans la joliesse, ni dans la coquinerie. Sa Carmen est un animal dangereux, poussé dans ses derniers retranchements. Trash et irrésistible, pas effrontée mais frontale. Alexandra Kurzak est, quant à elle, une superbe Micaela : son grand air (&quot;Je dis que rien ne m'épouvante&quot;) tout en émotion témoigne d'une fraîcheur et d'une passion qu'autorise un soprano agile. Tous les autres rôles sont à l'avenant, joyaux d'une équipe majoritairement française. Citons aussi Vannina Santoni (Frasquita) et Antoinette Dennefeld (Mercédès), charmeuses en diable.       <br />
              <br />
       Le chef Bertrand de Billy, qui a remplacé au pied levé Lionel Bringuier quelques jours avant la première, dirige avec une autorité complice un orchestre qui le suivrait où qu'il veuille se risquer. Mais il refuse les effets faciles et tonitruants en cohésion avec la mise en scène, en déployant un tissu aux couleurs raffinées, sachant faire briller les pupitres, singulièrement les cordes, les bois et les cuivres. C'est debout que l'orchestre tout entier le remerciera par des applaudissements mérités.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11396322-19011128.jpg?v=1489675312" alt="Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille" title="Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">25 représentations du 10 mars au 16 juillet 2017.</span>       <br />
       <b>Distributions et dates à voir sur le site de l'Opéra de Paris.</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.operadeparis.fr" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       Diffusion en léger différé le 16 juillet 2017 sur Culturebox et France 3.       <br />
       Radiodiffusion en direct le 16 juillet 2017 sur Radio Classique.       <br />
              <br />
       Opéra national de Paris.       <br />
       Place de la Bastille, Paris 12e.       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.       <br />
              <br />
       <b>&quot;Carmen&quot; (1875).</b>       <br />
       Opéra en quatre actes.       <br />
       Musique de Georges Bizet (1838-1875).       <br />
       Livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy d'après P. Mérimée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11396322-19011141.jpg?v=1489675367" alt="Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille" title="Une "Carmen" sombre et sexy à Bastille" />
     </div>
     <div>
      En français surtitré en français et anglais.       <br />
       Durée : 3 h 20 avec un entracte.       <br />
              <br />
       Bertrand de Billy, direction.        <br />
       Calixto Bieito, mise en scène.       <br />
       Alfons Flores, décors.       <br />
       Mercè Paloma, costumes.       <br />
       Alberto Rodriguez Vega, lumières.       <br />
              <br />
       Clémentine Margaine, Carmen.       <br />
       Roberto Alagna, Don José.       <br />
       Alexandra Kurzak, Micaela.       <br />
       Roberto Tagliavini, Escamillo.       <br />
       Vannina Santoni, Frasquita.       <br />
       Antoinette Dennefeld, Mercédès.       <br />
       Boris Grappe, Le Dancaïre.       <br />
       François Rougier, Le Remendado.       <br />
       François Lis, Zuniga.       <br />
       Jean-Luc Ballestra, Moralès.       <br />
       Alain Azérot, Lillas Pastia.       <br />
              <br />
       Orchestre et Chœurs de l'Opéra de Paris.       <br />
       Maîtrise des Hauts-de-Seine.       <br />
       Chœur d'enfants de l'Opéra de Paris.       <br />
       José Luis Basso, chef des chœurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte</title>
   <updated>2015-06-10T19:11:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Belle-Helene-au-Chatelet-cocus-en-stock-a-Sparte_a1361.html</id>
   <category term="Lyrique" />
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   <published>2015-06-10T13:43:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Nouvelle production au Théâtre du Châtelet de "La Belle Hélène", la pochade Second Empire de Jacques Offenbach, jusqu'au 22 juin 2015. Un spectacle très réussi grâce au duo Corsetti/Sorin à la mise en scène et à un plateau vocal en folie dominé par la grande mezzo Gaëlle Arquez.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7890822-12255458.jpg?v=1433937294" alt=""La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte" title=""La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte" />
     </div>
     <div>
      Cette &quot;Belle Hélène&quot; qui faisait au (premier) siècle dernier les délices annuelles des théâtres de nos provinces, et dont les airs comiques sont encore dans toutes les mémoires (mais si ! <span style="font-style:italic">&quot;Je suis l'époux de la reine, pou de la reine, pou de la reine&quot;</span> chanté par le cocu Ménélas - comme chacun sait depuis Homère), est une œuvre réjouissante du plus français des compositeurs allemands Jacques Offenbach, né Jacob O.  Jean-Luc Choplin y voit l'ancêtre du <span style="font-style:italic">musical</span> dont s'est fait une spécialité son théâtre. Le Châtelet l'a donc tout naturellement choisie pour clore en beauté la saison.       <br />
              <br />
       Créé en 1864 au Théâtre des Variétés pour faire se gondoler le bourgeois parvenu du Second Empire, l'opéra bouffe - voire même opérette - reprend la recette du plus gros succès d'Offenbach, &quot;Orphée aux Enfers&quot; : une musique tantôt pompière tantôt délicate sur un livret au sujet graveleux à peine voilé par la parodie mythologique. Certains critiques (et Zola dans Nana) crièrent au scandale mais le succès fut indéniable et on se rua en bandes dans le monde entier pour admirer les formes avantageuses d'Hélène/Hortense Schneider séduite par le beau Pâris déguisé en berger et la déconfiture de &quot;l'époux de la reine&quot; de Sparte, Ménélas. À Paris, on ne bouda pas non plus son plaisir : treize ans après le coup d'État de ce Jupin <span style="font-style:italic">(1)</span> de Napoléon III, on pouvait commencer à se détendre. La belle Hélène ne chante-t-elle pas <span style="font-style:italic">&quot;C'est la fatalité/Allons souper !&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7890822-12255468.jpg?v=1433938189" alt=""La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte" title=""La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte" />
     </div>
     <div>
      L'œuvre est drolatique, divertissante et parfois les beautés de la mélodie font vraiment mouche mais admettons-le complètement inepte. Heureusement, quand un duo créatif s'empare de la mise en scène et que les chanteurs ne sont pas en reste, le public moderne passe une très bonne soirée… n'était un orchestre poussif.       <br />
              <br />
       Multipliant les anachronismes loufoques et les allusions souriantes <span style="font-style:italic">&quot;queer&quot;</span>, Giorgio Barberio Corsetti et son complice Pierrick Sorin recyclent leur dispositif vidéo déjà apprécié dans &quot;Pop'péa&quot; et &quot;La Pietra del paragone&quot;, spectacles donnés au Châtelet par le passé. Au moyen de maquettes et d'incrustations vidéo, la scène est projetée sur des écrans géants donnant à voir les chanteurs dans les décors et les attitudes les plus folles. Comme si les personnages d'un tableau pompier de Thomas Couture, genre &quot;Les Romains de la décadence&quot;, s‘animaient soudain sous nos yeux en une vraie frénésie burlesque. C'est du meilleur effet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7890822-12255571.jpg?v=1433938435" alt=""La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte" title=""La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte" />
     </div>
     <div>
      Dominant la production de sa beauté torride et de sa voix royale, Gaëlle Arquez est une Hélène rêvée, autant à l'aise avec les difficultés de la partition (il en est) qu'avec le brio de son personnage - caractérisé ici quelque part entre l'Audrey Hepburn de &quot;Vacances romaines&quot; et une cocotte façon &quot;Les Feux de l'amour&quot;. Les autres chanteurs sont plutôt à l'avenant. On rit beaucoup aux facéties des grotesques Calchas, Ménélas et Agamemnon (<span style="font-style:italic">&quot;Le roi barbu qui s'avance, bu qui s'avance, bu qui s'avance&quot;</span>) - irrésistibles Jean-Philippe Lafont, Gilles Ragon et Marc Barrard. Si l'accent du ténor turc Merto Sungu gêne dans les passages parlés, son chant et son allant finissent par emporter notre adhésion (même si un zeste d'ennui pointe au milieu du second acte, la faute au livret). Seul bémol, l'Oreste du contre-ténor américain Kangmin Justin Kim - encore dans un rôle de garnement après son Orlosky à l'Opéra Comique <span style="font-style:italic">(2)</span> - qui bredouille chant et paroles dans un français plus qu'approximatif. C'est Offenbach qu'on assassine.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) Jupiter c'est &quot;Jupin&quot; dans le livret.       <br />
       (2) Dans &quot;La Chauve-Souris&quot; de Johann Strauss.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7890822-12256784.jpg?v=1433945670" alt=""La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte" title=""La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte" />
     </div>
     <div>
      Spectacle vu le 2 juin 2015.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 22 juin 2015. </span>       <br />
       Lundi, mercredi et vendredi à 20 h, dimanche 14 à 16 h, dimanche 21 à 15 h.       <br />
       Sur Arte en direct le 21 juin à 15 h et sur concert.arte.tv à partir du 22 juin.       <br />
       Retransmis sur France Musique le 27 juin à 19 h.       <br />
              <br />
       Théâtre du Châtelet, 01 40 28 28 40.       <br />
       2, rue Edouard Colonne, Paris 1er.       <br />
       <a class="link" href="http://www.chatelet-theatre.com" target="_blank">&gt;&gt; chatelet-theatre.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;La Belle Hélène&quot; (1864).</b>       <br />
       Opéra-bouffe en trois actes.       <br />
       Musique de Jacques Offenbach (1819-1880).       <br />
       Livret de H. Meilhac et L. Halévy.       <br />
       Durée : 2 h 40 avec entractes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7890822-12256876.jpg?v=1433945915" alt=""La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte" title=""La Belle Hélène" au Châtelet, cocus en stock à Sparte" />
     </div>
     <div>
      Lorenzo Viotti, direction musicale.       <br />
       Giorgio Barberio Corsetti et Pierrick Sorin, mise en scène, scénographie et vidéo.       <br />
       Cristian Taraborrelli, costumes.       <br />
       Raphaëlle Boitel, chorégraphie.       <br />
       Gianluca Cappelletti, lumières.       <br />
              <br />
       Gaëlle Arquez, Hélène reine de Sparte.       <br />
       Merto Sungu, Pâris fils de Priam.       <br />
       Gilles Ragon, Ménélas roi de Sparte.       <br />
       Marc Barrard, Agamemnon roi d'Argos.       <br />
       Jean-Philippe Lafont, Calchas grand augure de Jupiter.       <br />
       Kangmin Justin Kim, Oreste fils d'Agamemnon.       <br />
       Mark van Arsdale, Achille roi de Phtiotide.       <br />
       Raphaël Brémard, Ajax I roi de Salamine.       <br />
       Franck Lopez, Ajax II roi des Locriens.       <br />
       Jennifer Michel, Bacchis suivante d'Hélène.       <br />
       Je Ni Kim, Parthoenis courtisane.       <br />
       Rachel Redmond, Léoena courtisane.       <br />
       Olivier Podesta, Philocôme (rôle parlé).       <br />
       Renaud de Rugy, Euthyclès (rôle parlé).        <br />
              <br />
       Orchestre Prométhée.       <br />
       Chœur du Châtelet.        <br />
       Alexandre Piquion, Chef de chœur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon</title>
   <updated>2015-05-07T06:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-belles-cuisses-de-Carmen-a-l-Opera-de-Lyon_a1340.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7758265-12013909.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-05-07T06:15:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Reprise d'une production de la mythique "Carmen" de Bizet à l'Opéra de Lyon dans la vision roborative qu'en a délivré en 2012 l'incontournable Olivier Py metteur en scène chéri de nos scènes lyriques. Un spectacle qui gratte et qui pique conçu pour choquer le (supposé) bourgeois jusqu'au 17 mai 2015.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7758265-12013909.jpg?v=1430900353" alt="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" title="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" />
     </div>
     <div>
      Disons-le tout net, cette &quot;Carmen&quot; vocalement et musicalement ne restera pas dans les annales de l'histoire de ses innombrables productions - et rien de tel que la Carmencita pour sauver l'année d'une maison d'opéra en matière de remplissage de salle. Mais remplir la salle n'est pas un problème à Lyon et on peut même être reconnaissant : Serge Dorny et son équipe font le choix, d'année en année, d'une programmation originale, faisant la part belle aux artistes et aux œuvres qui secouent et donnent à penser. La saison prochaine, Dmitri Tcherniakov pour une très attendue &quot;Lady Macbeth de Mzensk&quot; et David Marton pour une &quot;Damnation de Faust&quot; en ouverture en témoigneront. Entre autres.       <br />
              <br />
       Non. Si la scène lyonnaise redonne la &quot;Carmen&quot; rêvée par Olivier Py, c'est que le spectacle mérite d'être (re)découvert. Le trublion mystique toujours attendu au tournant ne déçoit pas cette fois encore et on ressort de cette production de l'un des opéras les plus populaires - ici radicalement réinterprété avec une &quot;Carmen&quot; lubrique et meneuse de revue - à la fois heureux et quelque peu partagé. Le spectateur pris dans une frénésie visuelle perpétuelle - que deux entractes viennent à peine tempérer - en émerge agréablement lessivé et un peu hébété quoique émoustillé. La faute à près de trois heures d'un raout clinquant de peep-show - un délectable scandale auquel nous ne sommes plus habitués maintenant que Gerard Mortier nous a quittés (et que certaines stars imposent des &quot;Cid&quot; vintage et ringards à un public frileux d'octogénaires…). Voilà Olivier Py qui nous refait le coup de son &quot;Rake's Progress&quot; monté à Garnier, il y a quelques années, avec ses backrooms peuplés de (beaux) garçons à poil.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7758265-12018890.jpg?v=1430940705" alt="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" title="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" />
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      La Carmen vue par Olivier Py est donc meneuse de revue ultra sexy - en tenue d'Ève ou en culotte soutien-gorge rouge vif la plupart du temps - d'un cabaret miteux situé dans un faubourg dangereux, peut-être non loin de ces docks qui n'auraient pas déplu à un Bernard-Marie Koltès (très beaux décors dus à Pierre-André Weitz). Foin de la &quot;couche de folklore espagnol de pacotille&quot; de l'œuvre nous avertit le metteur en scène, Carmen, c'est l'héroïne nietzschéenne de la liberté, une &quot;marginale&quot; venue venger tous les exclus et opprimés de la terre. Soit.       <br />
              <br />
       S'ensuit un carnaval super drôle quoique un peu fatigant, une ronde perpétuelle où il se passe toujours quelque chose y compris dans les intervalles musicaux et préludes : danses nègres à la Joséphine Baker, pas de trois et quatre un peu partouzeurs, poses sexuelles explicites et travestissements inattendus, j'en passe et des meilleurs. Même King Kong se balade dans le décor - un vrai cirque on vous dit avec du néné, de la fesse, du muscle et du chien. La mezzo Kate Aldrich a le physique du rôle et son interprétation vocale sans nous laisser indifférents ne nous bouleverse pas non plus. Mais quelle actrice ! Le timbre un peu métallique de sa voix empêche cependant toute extase. Passons sur le Don José exécrable du ténor mexicain Arturo Chacon-Cruz qui avale une syllabe sur quatre (&quot;C'est moi qui l'ai TOU&quot;* dans un final du coup ridicule) et nous sert une incompréhensible soupe très indigeste. On aimerait lui rappeler aussi le sens des nuances puisque brailler n'est pas chanter, n'est-ce pas.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7758265-12018936.jpg?v=1430940936" alt="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" title="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" />
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      Au contraire, l'Escamillo du baryton Jean-Sébastien Bou est digne d'admiration parce que remarquablement incarné. Décidément, on adore cet élégant chanteur, son phrasé, son articulation et son beau timbre. Il forme un merveilleux couple avec notre scandaleuse Carmen - dont on comprend enfin pourquoi elle ne peut que plaquer son petit agent de police (c'est-à-dire Don José).        <br />
              <br />
       Notons aussi les belles performances du Moralès de Pierre Doyen et le duo irrésistible du Dancaïre et Remendado (Mathieu Gardon et Florian Cafiero du Studio de l'Opéra de Lyon). En revanche, on ne sera pas reconnaissant au chef Riccardo Minasi de ne nous avoir pas tenus en haleine : sa direction aux tempi exaspérants de lenteur a posé bien des problèmes aux chanteurs et affadi une partition pourtant réjouissante. Heureusement Olivier, tu nous as encore bien fait marrer !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Note : * &quot;C'est moi qui l'ai tuée !&quot; habituellement.</span>       <br />
              <br />
       Spectacle vu le 30 avril 2015.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7758265-12018973.jpg?v=1430941223" alt="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" title="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" />
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      <b>Prochaines dates : </b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Jeudi 7, samedi 9, lundi 11, mercredi 13, vendredi 15 mai 2015 à 20 h.        <br />
       Dimanche 17 mai à 16 h. </span>       <br />
              <br />
       Opéra national de Lyon, 04 69 85 54 54.       <br />
       Place de la Comédie (69).       <br />
       <a class="link" href="http://www.opera-lyon.com" target="_blank">&gt;&gt; opera-lyon.com </a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Carmen&quot; (1875).</b>       <br />
       Opéra en trois actes.       <br />
       Musique : Georges Bizet (1838-1875).       <br />
       Livret : Meilhac et Halévy.       <br />
       Durée : 2 h 50.       <br />
              <br />
       Olivier Py, mise en scène.       <br />
       Pierre-André Weitz, décors et costumes.       <br />
       Bertrand Killy, lumières.       <br />
       Daniel Izzo, chorégraphie et assistant à la mise en scène.       <br />
              <br />
       Kate Aldrich, Carmen.       <br />
       Arturo Chacon-Cruz, Don José.       <br />
       Jean-Sébastien Bou, Escamillo.       <br />
       Sophie Marin-Degor, Micaëla.       <br />
       René Schirrer, Zuniga.       <br />
       Valentine Lemercier, Mercedes.       <br />
       Laure Barras, Frasquita.       <br />
       Mathieu Gardon, Le Dancaïre.       <br />
       Florian Cafiero, Remendado.       <br />
       Pierre Doyen, Moralès.       <br />
       Cédric Cazottes, Lilas Pastia.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7758265-12019016.jpg?v=1430941528" alt="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" title="Les (belles) cuisses de Carmen à l'Opéra de Lyon" />
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      Joël Lancelot, un guide.       <br />
       Alexandra Guérinot, une marchande d'oranges.       <br />
       Kwang Soun Kim, un bohémien.        <br />
              <br />
       Riccardo Minasi, direction musicale.       <br />
       Orchestre, Chœurs et Maîtrise de l'Opéra de Lyon.       <br />
       Nicolas Krüger, Chef des Chœurs.
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