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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-18T03:31:24+02:00</updated>
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   <title>Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois</title>
   <updated>2016-09-19T09:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Rendre-sensible-le-reve-insaisissable-d-un-bonheur-paisible-petit-bourgeois_a1676.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2016-09-19T08:51:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le passage du plein air à la salle constitue pour une mise en scène une véritable épreuve de vérité. Assurément le spectacle de Didier Bezace, qui rassemble trois pièces courtes de Feydeau, renforce à l'Aquarium son unité et atteint une puissance renouvelée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10228593-16697816.jpg?v=1474268668" alt="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" title="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" />
     </div>
     <div>
      Le spectacle stabilise en une fable unique trois histoires qui pointent la guérilla domestique entre époux et qui s'exacerbe à l'arrivée inopinée d'un tiers. Celui-ci parce qu'il rompt l'intimité transforme la perception des événements et révèle les ridicules en imposant une vérité des apparences. Tous, mari et épouse, sage-femme, beaux parents, enfant tyran, serviteurs, tous cherchent à s'extirper d'une mauvaise farce dans laquelle ils sont englués à leur corps défendant.       <br />
              <br />
       L'action se transforme vite en montée au calvaire. À ce jeu le farci, le mari, le pauvre homme, atteint un stade où un rien supplémentaire lui ferait casser la comédie, le ferait plonger en tragédie, entrer en crucifixion.       <br />
              <br />
       En inventant comme fil conducteur un deux ex machina malin, en trouvant un diabolus sortant de la boîte, un Méphistophélès dont les cornes percent sous le front et qui se métamorphose au gré de ses méchancetés, la pièce donne du sens au mot enfer et rend sensible le rêve insaisissable du bonheur paisible d'un cocon petit bourgeois. La réalité se révèle toujours bien trop triviale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10228593-16697825.jpg?v=1474269688" alt="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" title="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" />
     </div>
     <div>
      En sage-femme, en messager de la mort, en enfant tyran Philippe Berodot fournit un éblouissant et monstrueux travail de mise en réalisme de son personnage transgressant tous les codes. Dans le même mouvement les autres comédiens partent du vaudeville et montent en direction de leur part de vérité : la scène atteint un point de concentration et d'ébullition rare au théâtre.       <br />
              <br />
       Les comédiens vont en toute liberté jusqu'au cœur de l'expression. Touchent, dans la proximité avec le public, une part d'évidence (que seul l'Art sait rendre évidente). Dans la traversée du spectacle et du plaisir qui est le leur ils atteignent ce point limite, ce point d'équilibre où les traits appuyés deviennent des éléments de caractères et non des caricatures, où sont précisés et individualisés le personnage et son universalité.       <br />
              <br />
       C'est comme cela que, par ce travail moliéresque minutieux et spectaculaire, le public reconnaît dans le miroir tendu, tous les siens et rit de bon cœur. Sans méchanceté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Quand le diable s’en mêle"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10228593-16697965.jpg?v=1474269709" alt="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" title="Rendre sensible le rêve insaisissable d'un bonheur paisible petit bourgeois" />
     </div>
     <div>
      D’après trois courtes pièces de Georges Feydeau : &quot;Léonie est en avance&quot;, &quot;Feu la mère de madame&quot;, &quot;On purge Bébé&quot;.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Didier Bezace.       <br />
       Avec : Philippe Bérodot, Jean-Claude Bolle-reddat, Thierry Gibault, Clotilde Mollet, Océane Mozas, Lisa Schuster et Luc Tremblais.       <br />
       Collaboratrice artistique, son et accessoires : Dyssia Loubatière.       <br />
       Chorégraphie : Cécile Bon.       <br />
       Scénographie : Jean Haas et Didier Bezace.       <br />
       Lumière : Dominique Fortin.       <br />
       Costumes : Cidalia da Costa.       <br />
       Maquillage et coiffure : Cécile Kretschmar.       <br />
       Durée : 2 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 septembre au 1er octobre 2016.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de l’Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Rendre-sensible-le-reve-insaisissable-d-un-bonheur-paisible-petit-bourgeois_a1676.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité</title>
   <updated>2016-09-14T09:31:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Don-Quichotte-Merveilleux-et-trivial-dans-un-chaos-etincelant-d-illusion-et-de-realite_a1672.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10200778-16641865.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-09-14T06:06:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jérémie Le Louët met en scène "Don Quichotte". D'entrée tout est visible. La régie est à jardin. La présence de rails de travelling, d'une caméra girafe, d'un micro-perche, un bric-à-brac de décors en carton-pâte et à roulettes, les portants de vêtements... Tout est à vue.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10200778-16641865.jpg?v=1473796546" alt=""Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité" title=""Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité" />
     </div>
     <div>
      Le spectateur ne peut ignorer qu'il se trouve dans une mise en scène contemporaine, plus précisément sur un plateau de tournage dont il vit, en effet, en direct, l'agitation, le cahot, la vitalité, les tics et les tocs. Les pitreries et les contre pitreries.       <br />
              <br />
       L'action se situe dans un monde de cinéma, de ce burlesque qui lui-même doit tout au music-hall et au théâtre. Le déroulement du récit, qui dans l'original fait près de deux mille pages, est ainsi haché, tronqué. La mise en scène, dans une auto-ironie continue, à l'esprit farcesque évident, plonge le spectateur dans une bien belle mise en abyme.       <br />
              <br />
       Il y a la conférence de presse désastreuse, l'interviewé médiocre et vaniteux, la direction d'acteur tâtonnante, la remise d'un prix de la profession. Les scènes mal réglées, bricolées, les ratages, déconstruisent toute illusion et élaborent comme une critique de la société du spectacle qui dévore ses enfants.       <br />
              <br />
       Mais force du Théâtre, Art de tous les arts, jaillit, dans une trajectoire rigoureuse, comme un phénix, l'histoire du chevalier à la triste figure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10200778-16641885.jpg?v=1473796595" alt=""Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité" title=""Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité" />
     </div>
     <div>
      Celle d'un certain Quijada ou Quesada ? Ou bien Quijana ? Ou plutôt Alonso Quijano le Bon, robuste hidalgo, communément appelé Don Quichotte, &quot;dont la mort ne put triompher de sa vie lors de son trépas, […] tirant son crédit et sa gloire de mourir sage et vivre fou&quot;.        <br />
              <br />
       L'aventure tourne en rond mais d'épisodes en épisodes, portée par la vitalité des comédiens, elle prend l'allure d'une épopée de chevaliers errants. Don Quichotte envahit, par surprises successives, l'espace et le temps de la représentation, et avec lui tous ses avatars. Le chevalier au casque de plat de barbier revêt le heaume et la cotte de mailles qui jette des éclairs. Qu'il soit Roland, Amadis ou Siegfried. À cet égard, la scène des moulins (des géants) (qu'il faut savoir ne pas décrire) est une apothéose.       <br />
              <br />
       Le merveilleux et le trivial se heurtent dans le chaos étincelant de l'illusion et de la réalité. Tant et tant qu'à la fin homme à la triste figure et chevalier de rêve tout à la fois, Don Quichotte devient une Légende Vivante, rattrapée (au grand étonnement de la personne) par la réalité de sa propre fiction. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10200778-16641893.jpg?v=1473796652" alt=""Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité" title=""Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité" />
     </div>
     <div>
      Légende certes jouée, farcie par les puissants mais bien plus forte que la satire et la dérision qui veulent l'accabler. Car Don Quichotte court au-devant de lui-même. À la fois sujet et objet d'étonnement et d'admiration. Objet de conscience et de divertissement.       <br />
              <br />
       Et le spectateur, par ce qu'il est spectateur de Théâtre, se découvre compagnon d'un vagabond des chimères, d'un lecteur fou de romans de chevalerie à l'imagination elle aussi folle. Et c'est en serviteur d'un chevalier errant dans la province de la Mancha qu'il pérégrine avec plaisir dans l'espace du théâtre. Comme un certain Sancho Pança son voisin, lui aussi valet en délire et ami fidèle.       <br />
              <br />
       Dans cette proposition l'humour est constant, le rythme élastique et, dans son apparente trahison, la fidélité à l'œuvre est totale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Don Quichotte"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10200778-16641936.jpg?v=1473796850" alt=""Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité" title=""Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité" />
     </div>
     <div>
      D'après Miguel de Cervantès.       <br />
       Mise en scène : Jérémie Le Louët.       <br />
       Adaptation : Jérémie Le Louët.       <br />
       Avec : Julien Buchy, Anthony Courret, Jonathan Frajenberg, Jérémie Le Louët, David Maison, Dominique Massat.       <br />
       Avec la participation des régisseurs : Thomas Chrétien, Simon Denis, Xavier Hulot et Tom Ménigault.       <br />
       Collaboration : artistique Noémie Guedj.       <br />
       Scénographie : Blandine Vieillot.       <br />
       Construction : Guéwen Maigner.       <br />
       Costumes : Barbara Gassier.       <br />
       Couture : Lydie Lalaux.       <br />
       Vidéo : Thomas Chrétien, Simon Denis et Jérémie Le Louët.       <br />
       Lumière : Thomas Chrétien, Son Simon Denis.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10200778-16641951.jpg?v=1473796895" alt=""Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité" title=""Don Quichotte"… Merveilleux et trivial dans un chaos étincelant d'illusion et de réalité" />
     </div>
     <div>
      Par la Compagnie des Dramaticules.       <br />
       Durée : 2 h 05 sans entracte.       <br />
       Conseillé à partir de 13 ans.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 septembre au 9 octobre 2016.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre 13/Seine, Paris 13e, 01 45 88 62 22.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre13.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre13.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Don-Quichotte-Merveilleux-et-trivial-dans-un-chaos-etincelant-d-illusion-et-de-realite_a1672.html" />
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  <entry>
   <title>Quand le diable s'en mêle, Feydeau devient délicieusement jouissif et méphistophélique</title>
   <updated>2016-09-12T12:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Quand-le-diable-s-en-mele-Feydeau-devient-delicieusement-jouissif-et-mephistophelique_a1669.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10189555-16618955.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-09-12T06:16:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De trappes en farces, de chausse-trappes en péripéties douces-amères, la judicieuse association de trois pièces de Feydeau par Didier Bezace nous offre une plongée hilarante dans la vie conjugale, dans une forme de description ethnologique où des animaux appelés humains seraient en tentative improbable de résolution d'une guerre des sexes sans fin.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10189555-16618955.jpg?v=1473625930" alt="Quand le diable s'en mêle, Feydeau devient délicieusement jouissif et méphistophélique" title="Quand le diable s'en mêle, Feydeau devient délicieusement jouissif et méphistophélique" />
     </div>
     <div>
      Créé en juillet 2015, dans le cadre des Fêtes Nocturnes du Château de Grignan, &quot;Quand le diable s'en mêle&quot; rassemble trois pièces courtes de Feydeau - &quot;Léonie est en avance&quot;, &quot;Feu la mère de Madame&quot; et &quot;On purge bébé&quot; -, trois textes pouvant entrer dans une logique chronologique quasi naturelle. C'est la troisième fois que Didier Bezace met en scène ce triptyque mais à chaque fois avec une approche différente.       <br />
              <br />
       Cette fois-ci, Didier Bezace nous rappelle que Georges Feydeau fut le démonstrateur facétieux d'une guerre sans fin entre les sexes. Il en tire une essence épique et burlesque où le Malin manipule telles des marionnettes, avec une jouissance non feinte, maris et épouses englués dans d'ennuyeuses, conjugales et quotidiennes péripéties. L'élaboration de ces recettes machiavéliques dans la marmite maritale des couples Toudoux, Yvonne et Lucien, Follavoine, n'a pour but que de mettre en exergue la bêtise, l'égoïsme, le conformisme et la misogynie ordinaires latents.       <br />
              <br />
       La contemporanéité de l'écriture et de ses situations grotesques mais cocasses est possible grâce à une mise en scène centrée sur un décor pivot caméléon et notamment au jeu truculent de Philippe Bérodot, interprétant un diable grimaçant, malicieux, aux expressions espiègles et ses avatars démoniaques (accoucheuse rusée, domestique  sombre, quasi funèbre et morveux despotique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10189555-16618976.jpg?v=1473626150" alt="Quand le diable s'en mêle, Feydeau devient délicieusement jouissif et méphistophélique" title="Quand le diable s'en mêle, Feydeau devient délicieusement jouissif et méphistophélique" />
     </div>
     <div>
      Dans une jubilation non feinte et dans la même énergie, Jean-Claude Bolle-reddat, Lisa Schuster (délicieuse Léonie en phase terminale d'accouchement), Thierry Gibault, Clotilde Mollet, entre autres, lui donnent la réplique dans des plans-séquences à la ligne claire, presque façon BD, grinçant mais en demi-teinte, rappelant les tonalités douces-amères d'un Régis Franc effectuant une critique sociale douce où l'on retrouve ces personnages, au milieu d'une foule socialement correcte ou en couple, mais solitaires et désabusés.       <br />
              <br />
       L'ensemble revêt une désinvolture sucrée avec une petite pointe d'acidité qui convenait fort bien aux soirées théâtrales aoûtiennes (à Grignan lors de la création en 2015), à l'heure où tintent dans le verre les glaçons, entouré du rideau sonore tissé par le chant des cigales... Et cela sera de même, dans le vert et boisé cadre de la Cartoucherie de Vincennes où sévit encore la complainte du grillon parisien le soir en septembre, à la lisière de quelques roulottes de saltimbanques.       <br />
              <br />
       Ce travail sobre mais efficace de Didier Bezace met en valeur d'une manière des plus concises mais avec beaucoup de tempérament, tout en nudité naturiste, ces trois textes de Feydeau où se jouent les éternelles angoisses, solitudes et faux-semblants d'un théâtre conjugal qui n'a pas résolu sa toujours contemporaine discrimination sexiste.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu à la création au Château de Grignan en 2015.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Quand le diable s’en mêle"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10189555-16618992.jpg?v=1473626194" alt="Quand le diable s'en mêle, Feydeau devient délicieusement jouissif et méphistophélique" title="Quand le diable s'en mêle, Feydeau devient délicieusement jouissif et méphistophélique" />
     </div>
     <div>
      D’après trois courtes pièces de Georges Feydeau : &quot;Léonie est en avance&quot;, &quot;Feu la mère de madame&quot;, &quot;On purge Bébé&quot;.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Didier Bezace.       <br />
       Avec : Philippe Bérodot, Jean-Claude Bolle-reddat, Thierry Gibault, Clotilde Mollet, Océane Mozas, Lisa Schuster et Luc Tremblais.       <br />
       Collaboratrice artistique, son et accessoires : Dyssia Loubatière.       <br />
       Chorégraphie : Cécile Bon.       <br />
       Scénographie : Jean Haas et Didier Bezace.       <br />
       Lumière : Dominique Fortin.       <br />
       Costumes : Cidalia da Costa.       <br />
       Maquillage et coiffure : Cécile Kretschmar.       <br />
       Durée 2 h 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10189555-16618995.jpg?v=1473626263" alt="Quand le diable s'en mêle, Feydeau devient délicieusement jouissif et méphistophélique" title="Quand le diable s'en mêle, Feydeau devient délicieusement jouissif et méphistophélique" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 9 septembre au 1er octobre 2016.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de l’Aquarium, La Cartoucherie, Paris 12e, 01 43 74 99 61.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaquarium.net/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaquarium.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Quand-le-diable-s-en-mele-Feydeau-devient-delicieusement-jouissif-et-mephistophelique_a1669.html" />
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  <entry>
   <title>Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant</title>
   <updated>2014-08-08T10:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Beatrice-Dalle-est-Lucrece-Borgia-Naissance-d-une-Pasionaria-au-lyrisme-baroque-et-envoutant_a1178.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/6879781-10516371.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2014-08-08T10:16:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour son premier rôle au théâtre, Béatrice Dalle bouscule les codes du genre et donne à voir, dans une mise en scène de David Bobée, une Lucrèce Borgia pasionaria, entière et guerrière, baroque voire gothique... mais étonnamment généreuse et empreinte d'une sincérité bouleversante. Une première qui fleure bon la réussite grâce également à une distribution pleinement engagée dans le pari de Bobée d'un spectacle plus esthétisant et imagé que purement littéraire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6879781-10516371.jpg?v=1407399375" alt="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" title="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" />
     </div>
     <div>
      Chaque année depuis vingt-six ans, le château de Grignan - qui fût un temps la magnifique et épistolaire résidence de Madame de Sévigné - offre son architecture Renaissance pour majestueux décor à une création théâtrale produite par le Département de la Drôme. Cette action départementale originale s'inscrit dans la droite ligne du théâtre populaire et de la culture pour tous... Les élus semblent avoir compris ici que le développement culturel est un puissant levier de développement social, économique et touristique.       <br />
              <br />
       Après les succès répétés des précédentes mises en scène, dont &quot;Les femmes savantes&quot; de Molière par le québécois Denis Marleau (2012) et d'une &quot;Chatte sur un toit brûlant&quot; de Tennessee Williams par Claudia Stavisky (2013), c'est au tour de David Bobée d’apposer sa signature sur l'imposante façade de la prestigieuse demeure de plaisance de la famille des Adhémar.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6879781-10516372.jpg?v=1407399484" alt="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" title="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" />
     </div>
     <div>
      Celui-ci a choisi Lucrèce Borgia qui, depuis plus d'un an, a posé à nouveau sa sombre silhouette sur les scènes hexagonales. De la gracieuse Marina Hands au Théâtre de l'Athénée à l'original Guillaume Galienne sur le plateau de l'illustre Comédie Française, en passant par la gentille Nathalie Richard au Théâtre de la Commune, toutes s'essayent à la sulfureuse empoisonneuse. Mais l'interprétation la plus rock'n roll est sans aucun doute celle de l'égérie gothique, passionnante et passionnée du cinéma français : Béatrice Dalle.       <br />
              <br />
       Quel étonnant pari - réussi ! - que celui de David Bobée proposant à la flambée et flamboyante actrice de monter - à quarante-neuf ans - pour la première fois sur scène. La belle et insoumise inclassable ne rate pas son baptême scénique en se jetant à corps perdu dans cette relecture du personnage de Lucrèce Borgia... Puissante... Mais curieusement pleine de fraîcheur aussi, entourée qu'elle est d'une horde de jeunes loups acrobates, danseurs et talentueux comédiens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6879781-10520316.jpg?v=1407400262" alt="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" title="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" />
     </div>
     <div>
      Telle une pasionaria, vouant ici un culte tantôt à la rédemption, tantôt à la plus violente des cruautés, Béatrice Dalle emporte le public dans sa démence dramatique... mais telle une louve, entre mère et amante, avec une incroyable grâce et une sincérité non feinte. Droite dans sa robe noire aux reflets de ténèbres, reine hydre face à la plèbe, fragile et aimante face à son fils Gennaro, elle irradie, magnétique, ses désordres et ses passions. Béatrice Dalle impose avec talent sa présence en permanent contraste à la fringante et tempétueuse jeunesse des amis de Gennaro.       <br />
              <br />
       Dans une mise en scène millimétrée, aux élans théâtraux plus picturaux et imagées que purement littéraires, David Bobée dessine des images en eaux-fortes, tableaux esthétiques gravant ainsi la stature de cette femme fière et forte dans un monde d'hommes et correspondant à chaque grande situation séquençant le texte de Victor Hugo. Il offre à notre comédienne novice un écrin couleur flamme et sang posée dans un bassin à l'eau noire, entre <span style="font-style:italic">acqua alta</span> toute vénitienne et <span style="font-style:italic">acquaforte</span> toute dantesque.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6879781-10520317.jpg?v=1407485345" alt="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" title="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" />
     </div>
     <div>
      La troupe accompagnant Béatrice Dalle est à la hauteur, entre rock et hip hop - accompagnée par les chants &quot;pop-folk-grunge&quot; de Butch McKoy - ; déchaînée, à l'énergie juvénile et insolente en diable, avec Pierre Cartonnet (l'une des révélations de ce spectacle) dans le rôle de Gennaro, fils de Lucrèce, et la bande très urbaine d'acteurs-voltigeurs virtuoses interprétants la jeunesse vénitienne.       <br />
              <br />
       Dans les trois rôles plus &quot;matures&quot; - Gubetta, l'âme maudite de Lucrèce ; La Negroni, princesse croqueuse d'hommes et Don Alfonse, mari de la belle cruelle -, Catherine Dewitt, Jérôme Bidaux et  Alain D’Haeyer joue avec une grande précision une partition &quot;enlevée&quot; à la juste note sur la portée tragique de la libre, belle, fière et impétueuse Lucrèce Borgia/Béatrice Dalle.       <br />
              <br />
       La pièce soulève l'enthousiasme du public provençal trop heureux de voir ainsi Victor Hugo insolemment rajeuni et Béatrice Dalle faire monter les fièvres nocturnes drômoises... bien au-delà des 37°2 syndicaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Lucrèce Borgia"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/6879781-10520322.jpg?v=1407485392" alt="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" title="Béatrice Dalle est Lucrèce Borgia... Naissance d'une Pasionaria au lyrisme baroque et envoûtant" />
     </div>
     <div>
      &quot;Lucrèce Borgia&quot;       <br />
       Texte : Victor Hugo.       <br />
       Mise en scène et scénographie : David Bobée.       <br />
       Assistanat à la mise en scène et dramaturgie : Catherine Dewitt.       <br />
       Avec : Béatrice Dalle (Lucrèce Borgia), Pierre Cartonnet (Gennaro), Alain D’Haeyer (Don Alfonse d’Este), Radouan Leflahi (Jeppo), Marc Agbedjidji (Oloferno), Mickaël Houllebrecque (Ascanio), Juan Rueda (Apostolo), Pierre Bolo (Maffio), Jérôme Bidaux (Gubetta), Marius Moguiba (Rustighello), Catherine Dewitt (La Negroni).       <br />
       Composition musicale et chant : Butch McKoy.       <br />
       Régie générale : Thomas Turpin.       <br />
       Création lumière : Stéphane Babi Aubert.       <br />
       Création musique : Jean-Noël Françoise.       <br />
       Création vidéo (en tournée seulement) : José Gherrak.       <br />
       Conception et construction des décors : Salem Ben Belkacem.       <br />
              <br />
       <b>Les Fêtes Nocturnes - Château de Grignan.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 26 juin au 23 août 2014.</span>       <br />
       Les 26, 28, 30 juin et les 7, 8, 9, 10, 11, 12, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 22, 23, 24, 25, 29, 30, 31 juillet et les 1er, 2, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 12, 13, 14, 15, 16, 19, 20, 21, 22, 23 août.       <br />
       Ouverture du château et des jardins à 19 h 30. Accès aux gradins à partir de 20 h 30. Début du spectacle à 21 h.       <br />
       Château de Grignan, Grignan (26), 04 75 91 83 65.       <br />
       <a class="link" href="http://chateaux.ladrome.fr/" target="_blank">&gt;&gt; chateaux.ladrome.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée octobre 2014 - mai 2015.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Reprise du 15 au 18 octobre 2014, Maison des Arts, Créteil (94).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Beatrice-Dalle-est-Lucrece-Borgia-Naissance-d-une-Pasionaria-au-lyrisme-baroque-et-envoutant_a1178.html" />
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  <entry>
   <title>Billet n°10 : Welcome to the Village</title>
   <updated>2011-09-14T17:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Billet-n-10-Welcome-to-the-Village_a267.html</id>
   <category term="Pièce du boucher" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/3153734-4508147.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-07-20T17:02:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Je n’ai rien vu venir. C’est arrivé alors que j’étais encore sous le choc des émotions ressenties au château de Grignan. Comment s’y attendre d’ailleurs ? Alors que j’étais en mission pour le compte de la Revue du Spectacle… J’en suis presque certaine à présent, j’ai été chloroformée. Ou quelque chose dans le genre. Du moins, c’est ce que je crois. Une chose de sûre, j’ai été démasquée !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/3153734-4508147.jpg?v=1311520065" alt="Billet n°10 : Welcome to the Village" title="Billet n°10 : Welcome to the Village" />
     </div>
     <div>
      Quand je suis revenue à moi, j’apercevais toujours le château de Grignan dans les hauteurs, mais le décor qui m’entourait était diamétralement opposé. Un autochtone m’expliqua que je me trouvais au village de Grignan, mais que tout le monde appelait l’endroit le &quot;Village&quot;.       <br />
       Imaginez un instant ma stupeur. Au château, le &quot;Hamlet&quot; de Torreton était vibrant, les décors tremblaient, les acteurs bondissaient, on y sentait la joie et les odeurs de nourriture. Au Village, pas un bruit. Le sentiment de déambuler dans un décor parfait, surfait même, presque insaisissable. Dans ces rues sans odeur, j’ai dû passer dix bonnes minutes à chercher un mégot par terre. En vain ! L’immaculé propreté faite village.        <br />
              <br />
       Avais-je été télétransportée ? Une sorte de retour dans le passé ? Ici, en effet, nul Maure, nul Sarrasin. Je n’ai même pas entr’aperçu de jeunes ou de pauvres, c’est vous dire. Hors du temps. Et de la réalité. Tout comme les passants d’ailleurs. Des clones, aux étranges sourires et aux visages lissés. Un peu comme ces gens que l’on voit dans le J.T. de Jean-Pierre Pernaud.        <br />
       Avais-je donc été capturée ? Et si oui, par qui ? Et pour quelle raison ? Je me dirigeai vers la grand-place, quadrillée par une foule impeccablement alignée, qui applaudissait comme il fallait et quand il le fallait les orateurs en face d’eux. Ces derniers étaient-ils donc des acteurs ? Bizarre, tout de même… Passer une demi-heure à se remercier et à se congratuler.        <br />
              <br />
       Était-ce afin de rendre compte de leurs spectacles que l’on m’avait transportée ici ? Il me fallait en avoir le cœur net et rencontrer le chef du Village. Un passant – un exemplaire du Figaro soigneusement plié sous le coude – me renseigna fort aimablement, m’indiquant du doigt une dame élégante, dont le visage me disait quelque chose... Fouillant dans mes souvenirs, je me souvins l’avoir vu présenter le journal télévisé sur une grande chaîne nationale.        <br />
              <br />
       - C’est elle qui parraine le festival, me dit-il. C’est la numéro 2, en quelque sorte.        <br />
       Je m’avançai et l’interpellai :       <br />
       - Pardon Madame, mais quel est cet endroit, qui sont ces gens, et pourquoi tout est encore plus propre que dans les rêves les plus fous d’un cantonnier suisse ?       <br />
       - Comment, vous ne connaissiez donc pas le Festival de la Correspondance ? Voyons, c’est LE Festival où il faut être.        <br />
       - Ah... Oui. La programmation est de qualité, certaines lectures sont superbes et émouvantes, je vous l’accorde. Mais je suis étonnée du lieu si fermé et de l’ambiance qui y règne…        <br />
       - Justement, croyez-vous donc que le commun des mortels ait la capacité de pouvoir apprécier de tels chefs-d'œuvre ? Nous ne visons pas à divertir les gueux, mais au beau, au subtil, au profond... Le spectateur est trié sur le volet : il doit être d’un certain âge et d’une certaine classe sociale. D’ailleurs, l’année prochaine, notre programmation sera toute entière axée sur la correspondance des philosophes. Vous pensez bien que ce choix n’est pas tout à fait anodin !       <br />
       - Vous êtes la numéro 2, m’a-t-on dit, mais qui est le numéro 1 ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Elle me dévisagea un instant avant de répondre :       <br />
       - Et vous êtes...? dit-elle simplement.       <br />
       Je me présentai. Sur quoi elle éclata de rire.        <br />
       - Mais non, voyons, nous savons qui vous êtes. Vous êtes la numéro 6 !        <br />
       - ??? Qu’est-ce que vous racontez ? Je ne suis pas un numéro. Il n’y a que les prisonniers qui ont des numéros. Moi, je suis une personne libre.       <br />
       - Libre ? Au Village ?        <br />
       Comme elle éclatait de rire, surgit soudain un énorme ballon, blanc et menaçant. Il roula dans ma direction, comme pour m’envelopper. Il me semblait avoir déjà vu ça, je ne sais plus où…       <br />
              <br />
       Je poussai un grand cri et me réveillai soudain. Autour de moi, les remparts, la poussière et les bruits, éclectiques parfois même incongrus, d’Avignon. Tout cela n’avait-il été qu’un affreux cauchemar ? Mais oui, quelle sotte je fais ! Un festival coincé dans un décor propret et aseptisé, des gens aux sourires convenus et inquiétants. Un événement culturel réservé uniquement à une certaine classe sociale. Comment ai-je pu y croire un seul instant ?        <br />
       Hein ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Billet-n-10-Welcome-to-the-Village_a267.html" />
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