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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-15T09:18:37+02:00</updated>
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   <title>"La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle</title>
   <updated>2025-02-06T16:57:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Grace-de-la-Tortue-Une-seule-en-scene-d-une-justesse-emouvante-a-la-portee-universelle_a4148.html</id>
   <category term="Pitchouns" />
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   <published>2025-02-07T07:49:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tita est une petite fille, puis deviendra une femme très complexée, mais aussi rebelle, cherchant par tous les moyens à se décomplexer et à se décomplexifier. Depuis l'enfance, elle voudrait ressembler à tout ce qu'elle n'est pas, se pose des questions sur tout et elle réfléchit !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86258987-61387949.jpg?v=1738858387" alt=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" title=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" />
     </div>
     <div>
      Comment faire pour croire au Père-Noël ? Comment faire pour devenir comédienne quand on a une &quot;tronche impossible&quot; ? Comment faire pour trouver sa place quand on naît dans une famille juive d'Afrique du Nord, qu'on rêve d'être comme tout le monde et de laisser ses origines au placard ? Comment négocier avec ses différences et son identité ?       <br />
              <br />
       Bien sûr, les thèmes abordés dans ce seule en scène, interprétée par Anne Touati, ont déjà été maintes fois traités : le déracinement, les origines, le physique, la construction de soi, âpre souvent quand tout semble bancal et différent pour soi. Les spectacles de théâtre sont pléthore à ce titre, notamment depuis ce fichu covid qui a revisité notre place sur la planète, notre rapport à nous-mêmes ou, encore, notre regard sur les autres…       <br />
              <br />
       Alors, pourquoi faire à nouveau ce choix aux connotations très contemporaines, au risque de ressasser des propos déjà évoqués ? Surtout quand il s'agit là d'une dimension autobiographique, dans laquelle les prises de risque sont encore plus grandes ! Ne pas poser la question à la principale intéressée, c'est laisser la porte ouverte à de nombreuses réponses possibles. Ou pas !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86258987-61387950.jpg?v=1738858425" alt=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" title=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" />
     </div>
     <div>
      &quot;La Grâce de la Tortue&quot; est une auto-fiction humoristiquement tendre, amère, parfois mélancolique et souvent très émouvante, dans laquelle le public se reconnaîtra certainement à différents égards.       <br />
              <br />
       Anne Touati y partage différents rôles avec aisance et fluidité en incarnant tour à tour sa propre mère, juive ashkénaze d'Afrique du Nord, très soucieuse de l'avenir de sa fille, Tita, elle-même, qui tente de se libérer de ce joug maternel incontournable, ainsi qu'une galerie de personnages qu'elle interprète brillamment, tout en finesse de jeu et d'incarnation : le docteur de famille, grand réceptacle des angoisses de sa mère, son père qui vendrait ses chemises pour ses filles, Gaëtan, l'amoureux qui s'endort quand il a quelque chose d'important à lui dire, sa metteuse en scène, sans oublier bien sûr la psychanalyste de Tita.       <br />
              <br />
       C'est d'ailleurs dans son cabinet que s'ouvre le spectacle, et il s'agit là d'un choix dramaturgique tout à fait pertinent, qui séduit d'emblée le spectateur grâce au jeu sensible et investi de la comédienne, et à un humour tout en filigrane fort bien dosé.       <br />
              <br />
       Tout au long du spectacle, sa gestuelle proche de la pantomime, appuyée par un phrasé haché et comme martelé à l'excès, un visage &quot;particulier&quot; aux yeux bruns proéminents et à la bouche démesurée, font de Tita un clown au nez rouge attendrissant.       <br />
              <br />
       La féminité n'est pas au centre du propos, en revanche. Gageons qu'une petite dose supplémentaire accordée à cette dernière pourrait apporter un supplément &quot;d'âme artistique&quot; au propos, laquelle élèverait encore davantage l'ensemble de ce seule-en-scène joliment pensé et élaboré. Même si, à bien y regarder, le cœur de la pièce n'est pas là.       <br />
              <br />
       Tout au long du spectacle, tout &quot;ce petit monde de la vie d'Anne-Tita&quot; est brossé avec subtilité et les différentes scènes s'enchaînent sans aucun artifice scénographique, mais avec une grande poésie dans le choix des jeux des lumières, des trois vidéos et, notamment, via un dispositif de quatre panneaux mobiles harmonieusement décorés symbolisant peut-être les tiroirs de nos vies, ou les portes qu'il nous faut souvent ouvrir pour comprendre qui on est… Qui s'ouvrent toutes seules, parfois, ou, au contraire, plus récalcitrantes, qui refusent de rester à leur place !       <br />
              <br />
       Si la légende de la tortue est celle d'une pierre qui a décidé, un jour, de se mettre en marche, laissons-la poursuivre avec grâce son chemin aux côtés de Tita. Tita qui est myope, mais qui bizarrement voit pourtant les choses de façon fort clairvoyante ! Toutes deux, elles continueront à avancer, pour continuer à ne pas rater leur vie.       <br />
       Si ce n'est pas déjà fait…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Grâce de la Tortue ou comment je n'ai pas réussi à râter ma vie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86258987-61387970.jpg?v=1738858456" alt=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" title=""La Grâce de la Tortue" Une seule en scène d'une justesse émouvante, à la portée universelle" />
     </div>
     <div>
      Texte : Anne Touati.       <br />
       Mise en scène : Laurence Labrouche.       <br />
       Avec : Anne Touati.       <br />
       Scénographie et lumières : Henri-Emmanel Doublier.       <br />
       Création musiques et sons : Gilles Cadoret.       <br />
       Vidéos d'ambiance : Christophe Salles.       <br />
       Vidéos scènes : Miriam Chamekh.       <br />
       Costumes : Edwige Latrille.       <br />
       Création visuel de la tortue : Marc Cogno.       <br />
       Graphisme décors : Martin Doublier.       <br />
       Régie lumière, son et vidéo : Igor Galabovski.       <br />
       Voix : Marie Laure Despessailles.       <br />
       Spectacle tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 au 22 février 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h.       <br />
       Le 100ECS (Établissement  Culturel Solidaire), Paris 12ᵉ, 01 46 28 80 94.       <br />
       <a class="link" href="https://100ecs.fr/" target="_blank">&gt;&gt; 100ecs.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent</title>
   <updated>2023-11-29T19:50:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Sur-le-fil-Un-temps-suspendu-ou-tous-les-contraires-s-unissent_a3770.html</id>
   <category term="Danse" />
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   <published>2023-11-29T17:44:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans le cadre du Festival d'Automne 2023, créé en 1972 et se déroulant jusqu'au 11 février 2024, nous retrouvons Nacera Belaza, artiste associée à Chaillot. La chorégraphe et danseuse franco-algérienne a posé ses ballerines pour deux spectacles dans ce lieu. Dans "Sur le fil", lumière, noir et espace nu délimitent une aire de jeu où le manque de prise à une réalité, porté par une répétition à vitesse forcée, met en exergue une dépossession au rythme d'une musique enivrante. Spectacle créé en 2016 par Nacera Belaza, celle-ci vient d'en faire une reprise avec des enfants de Bobigny et de Paris les 15 et 16 novembre derniers.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77059715-55902792.jpg?v=1701277628" alt=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" title=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" />
     </div>
     <div>
      Un noir sur scène délimite un cercle baigné d'une lumière blanche. Une musique rythmée, qui devient, au fil de l'eau, entêtante et envoûtante, accompagne tout le spectacle. L'obscurité devient aussi parfois compagnon de route en baignant les planches de sa noirceur. Celle-là devient pause et rupture de jeu avec un flou lumineux qui s'en dégage scéniquement. Les artistes jaillissent à tour de rôle de l'obscurité pour traverser rapidement le plateau de sa longueur. Du noir à la lumière, leurs apparitions sont furtives, rapides et au pas de course.       <br />
              <br />
       Durant leur traversée scénique, les danseurs, chacun à tour de rôle, tournent sur eux-mêmes, les bras et les jambes un peu lâches. Ils sont pris d'un tournoiement sans fin et animés d'une quête effrénée de fuites. Seuls, toujours seuls, ils sont de temps en temps en groupe, répartis autour du cercle éclairé, mais chacun dans leur solitude. Ils ne se regardent pas et ne s'appréhendent pas, bien qu'ils puissent être ensemble à la lisière de la scène, attendant parfois autour d'elle.       <br />
              <br />
       Leurs jambes tiennent lieu d'appui flageolant où les plantes des pieds ont des directions en biais, jamais rectilignes, même si la trajectoire l'est. Les troncs et les membres inférieurs et supérieurs participent à cette dynamique en adoptant de petites gestiques jamais fixes, au périmètre réduit. Leur latitude est toujours près du tronc. Le déséquilibre est toujours présent, les interprètes se laissant porter par un mouvement dont, à dessein, ils ne semblent maîtriser ni la trajectoire, ni l'intention.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77059715-55902802.jpg?v=1701277659" alt=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" title=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" />
     </div>
     <div>
      Durant toute la représentation, la course devient infinie et indéfinie. Elle s'arrête uniquement quand le noir s'installe par intermittence. À tour de rôle, ces courses s'enchaînent sans qu'il soit aisé de savoir ce qui les amène. Cela part d'un point d'on ne sait le lieu vers une destination dont on ne peut deviner la trajectoire, celle-ci disparaissant dans l'obscurité. Seule la musique entêtante, rythmée et enivrante devient un repère, un axe, un phare dans une scénographie à la lumière tamisée où se dessinent des corps mis en relief par celle-ci. Les muscles sont relâchés, les bras restant un peu flasques, finis par des mains arrondies et des poings fermés qui tombent des poignets en angle droit. Les mouvements et les attitudes semblent être ceux d'une pantomime embarquée dans une course malgré elle.       <br />
              <br />
       Les artistes sont à tour de rôle des réceptacles d'une force intérieure ou extérieure qui les pousse et dont ils n'ont pas de prise, ayant une faible consistance musculaire. Ou une faiblesse psychique qui les désarme. Ils sont poussés vers des non-lieux symbolisés par l'extérieur du cercle. L'esthétique et la grâce n'ont pas droit de cité. Ce n'est pas l'objet de la chorégraphie qui est celui de la dépossession d'une volition comme emportée, balayée par le souffle d'éléments invisibles. Nul vent, nulle force n'est incarné. On ne sait pas ce qui pousse nos danseurs à traverser ce cercle de lumière, mettant en exergue ainsi un caractère de perte de soi. Peut-être eux-mêmes embarqués dans celle-ci malgré eux.       <br />
              <br />
       Ceci peut faire écho à une course effrénée vers l'avant dans laquelle plonge parfois notre société quand le manque d'imagination met en arrêt nos capacités inventives de réflexion et de rébellion. Ou quand trop de gens sont happés à perdre leur vie à la gagner. La musique en donne un aspect très rythmé dont on aime à suivre le tempo pour s'en trouver embarqué malgré nous.       <br />
              <br />
       La danse est dans un rapport répétitif à la scénographie et à la musique. Tout n'est que passage et vitesse. Quelques arrêts ponctuent la chorégraphie. Aucune bifurcation, aucun pas de côté n'est effectué pour sortir de ce cercle vicieux de dépossession. Aller jusqu'à sa perte pour oublier son enveloppe corporelle qui nous le rappelle trop bien quand les limites en sont dépassées.        <br />
              <br />
       Le propos de Rousseau, &quot;Plus le corps est faible, plus il commande, plus il est fort, plus il obéit&quot;, ne fait pas écho à ce qui se joue sur les planches. Car le corps est faible et n'obéit pas chez Nacera Belaza dont le propos artistique, intéressant et interrogatif, m'a laissé toutefois un peu sur la réserve.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sur le fil"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77059715-55902804.jpg?v=1701277680" alt=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" title=""Sur le fil"… Un temps suspendu où tous les contraires s'unissent" />
     </div>
     <div>
      Chorégraphie : Nacera Belaza.       <br />
       Conception son et lumière : Nacera Belaza.       <br />
       Régie son et lumière : Christophe Renaud.       <br />
       Avec : Nacera Belaza, Dalila Belaza, Aurélie Berland, Paulin Blanc.       <br />
       Et la participation de : Bouramou Coulibaly, Marc Ethane Olandzobo Ndr Ikogni, Arindra Rakotobe et Miranto Rakotobe, Chaïa Malécot.       <br />
       Production : Compagnie Nacera Belaza.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle ayant eu lieu les 15 et 16 novembre 2023 dans le cadre du du Festival d'Automne 2023.</b>       <br />
       Théâtre national de Chaillot, Salle Firmin Gemier, Paris 16e.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festival-automne.com/programme" target="_blank">Programme du Festival d'Automne</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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