<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-07-16T01:23:53+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>"Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée</title>
   <updated>2024-10-07T17:20:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Des-gens-comme-eux-Un-fait-divers-miroir-d-une-societe-mal-mixee_a4056.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83332391-59679766.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-10-07T16:32:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est une histoire vraie dont est extraite cette pièce. Un drame qui eut lieu en 2003 au Grand-Bornand, duquel l'autrice et comédienne Samira Sedira a d'abord tiré un roman (publié aux Éditions du Rouergue), puis cette adaptation pour la scène à la demande d'Éric Massé, metteur en scène et codirecteur du Théâtre du Point du Jour. Une histoire qui glaça le sang de toute une région.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83332391-59679766.jpg?v=1728315055" alt=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" title=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" />
     </div>
     <div>
      Histoire complexe dans ses leviers d'action puisque dans ce fait divers, rien ne prédisposait le coupable à ce qu'il accomplisse le crime qu'il finit par accomplir. Pour en saisir tous les tenants et les aboutissants, Samira Sedira revient aux origines mêmes de la rencontre entre victimes et meurtrier et le spectacle va dérouler, action après action, tous les rouages qui vont mener ces gens ordinaires au drame sanguinaire.       <br />
              <br />
       Tout commence dans un petit village de montagne, Carmac, le jour où le couple Langlois et ses enfants arrivent. Ce sont des citadins, fortunés, qui font construire un immense chalet pour s'installer là et y continuer leurs activités lucratives : une société qui propose des voyages touristiques exceptionnels à une clientèle en quête d'originalité. Dans ce petit village où le quotidien sent le train-train, où tout le monde se connaît, où la vie ne semble ne faire que se répéter depuis des siècles sans jamais espérer changer d'un iota le rythme des saisons, des mariages, des naissances, des enterrements, l'arrivée de ces nouveaux habitants va vite créer des remous.       <br />
              <br />
       Leur richesse apparente, leurs grosses voitures (un Hummer, entre autres), leurs réceptions dont ils font profiter leurs nouveaux voisins font jazzer et attirent certains quand d'autres se prennent à jalouser. Mais c'est surtout l'affabilité débordante de ce couple, en particulier de cet homme, Bakari Langlois, qui attire le voisinage autant qu'il déclenche des rivalités entre les gens du village.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83332391-59679767.jpg?v=1728315084" alt=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" title=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" />
     </div>
     <div>
      Un détail qui a toute son importance dans ce schéma qui mène de la tranquillité à la tragédie sociale, Bakari est noir.       <br />
              <br />
       La pièce met en particulier l'accent sur deux couples de villageois, des voisins proches, qui finissent par devenir des intimes des nouveaux arrivants. C'est au travers du regard de la femme d'un des deux couples que l'on suit le déroulement de l'histoire. Que l'on découvre petit à petit la manière dont les relations entre ces trois couples évoluent, s'éloignent, se rapprochent, se détériorent.       <br />
              <br />
       Ce sont d'abord les différences de classe sociale qui vont empoisonner ces relations. Le mépris de classe, comme on dit, que surtout l'un des personnages va éprouver. Il s'appelle Constant. Il fut dans sa jeunesse un espoir de l'athlétisme professionnel dont la carrière fut brisée par une chute et, avec sa carrière, tous ses rêves de réussite. Sur ce ferment de rêves brisés, vite devenus meurtrissures, vite transformée en désabusement, puis en acidité, va alors pousser subitement une rage folle et meurtrière dans l'esprit de ce Constant.       <br />
              <br />
       L'analyse des ressorts de cette macération de la rancune est finement amenée par le texte de la pièce. Ponctuée, comme en contrepoints, par des fêtes, des réceptions, des réjouissances, toutes célébrations qui rythment la vie des villages. La mise en scène d'Éric Massé donne un souffle intense à ce long pourrissement des relations. On ne sait jamais trop qui, de ces six personnages, répand ces graines malsaines : les nouveaux arrivés ou les habitants de longue date ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83332391-59679784.jpg?v=1728315108" alt=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" title=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" />
     </div>
     <div>
      Comme il est annoncé dès le début du spectacle par le personnage de la femme de Constant, la tragédie finit par arriver, puis l'histoire bascule d'un coup sur le procès du meurtrier. On découvre alors la vérité sur Bakari et sa femme, ainsi que sur les derniers faits qui jetèrent Constant dans une folie meurtrière qui lui fit décimer toute la famille, enfants compris. Et l'on sent alors qu'une forme de racisme presque jamais mise au jour a bien participé au déclenchement de la haine et de la violence. Un racisme ordinaire qui fait froid dans le dos.       <br />
              <br />
       La pièce dessine ainsi le paysage d'une société observée à la loupe, une société dont certains pans obscurs sont parfois mis en lumière par des actes violents qui défraient la chronique. La mise en scène fluide et scénographie bien symbolisée, le jeu et le rythme des scènes ainsi que les changements de décors vifs et sans temps morts apportent au spectacle une dynamique de course vers l'abîme qui tient en haleine jusqu'au bout. C'est l'action, les actions qui sont mises en avant, quitte à perdre parfois un peu de profondeur dans l'analyse des personnages qui restent un peu trop symboliques, extérieurs. On aurait aimé un peu plus d'expressions de leurs tourments intimes qui se dévoilent plus par les actes que par les mots.       <br />
              <br />
       Reste que la pièce expose avec finesse les ressorts parfois ambigus des relations sociales et des clivages entre les classes, de même qu'elle fait bien entendre le fait que le racisme ordinaire rôde encore partout comme un prédateur dans la nuit, prêt à engendrer la violence.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Des gens comme eux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83332391-59679785.jpg?v=1728315133" alt=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" title=""Des gens comme eux" Un fait divers, miroir d'une société mal mixée" />
     </div>
     <div>
      Texte et adaptation : Samira Sedira.       <br />
       Mise en scène : Éric Massé.       <br />
       Avec : Laure Barida, Louis Ferrand, Étienne Galharague, Gaëtan Kondzot, Marianne Pommier, Amélie Zekri et Éric Massé/Selena Hernandez en alternance.       <br />
       Collaboration artistique : Selena Hernandez.       <br />
       Coach vocal : Myriam Djemour.       <br />
       Scénographie : Kinga Sagi.       <br />
       Création sonore : Marc Chalosse.       <br />
       Création lumière : Rodolphe Martin.       <br />
       Création costumes : Loïs Heckendorn.       <br />
       Production : Théâtre Point du Jour, Lyon ; Compagnie des Lumas.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 11 octobre 2024.</span>       <br />
       Lundi, mardi, jeudi, vendredi à 20 h, samedi à 18 h 30.       <br />
       Théâtre du Point du Jour, 7 rue des Aqueducs, Lyon 5e, 04 78 25 27 59.       <br />
       <a class="link" href="https://www.pointdujourtheatre.fr/" target="_blank">&gt;&gt; pointdujourtheatre.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Des-gens-comme-eux-Un-fait-divers-miroir-d-une-societe-mal-mixee_a4056.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…</title>
   <updated>2024-08-08T11:21:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Le-repas-des-gens-Le-theatre-presente-sur-un-plateau-a-deguster-sans-moderation_a4024.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82049422-58972602.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-08-08T10:37:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De création en création, François Cervantes creuse inlassablement la même veine. En fin explorateur qui n'en aurait jamais fini avec le sujet lui tenant à cœur, il a élu l'existence – celle des vivants dits ordinaires – comme "terrain de jeu"… Déjà dans "Le cabaret des absents" (2021), il avait poussé grand les portes d'un théâtre pour y faire vivre des êtres simples, se révélant "extra-ordinaires" au contact de la scène. Ici, il porte son dévolu sur un couple, apparemment sans histoire, invité sur un plateau (de théâtre) à dîner face à nous, spectateurs conviés… à les regarder.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82049422-58972602.jpg?v=1723108291" alt="•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…" title="•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…" />
     </div>
     <div>
      Changement de point de vue… Ce ne sont plus les spectateurs qui sont venus au théâtre pour regarder des acteurs endosser sur scène des rôles, ce sont de &quot;vrais gens&quot; (ayant confié leur rôle à des comédiens) qui prennent pour un soir possession d'un plateau de théâtre pour se raconter pour de vrai. En les découvrant, on en oublierait que le théâtre n'est qu'illusions, comme la vie quoi… C'est &quot;leur première fois&quot;. En effet, avant ce soir, ils n'avaient jamais franchi la porte d'un théâtre (comme huit personnes sur dix…), vous dire l'excitation qu'est la leur…       <br />
              <br />
       Elle et son fidèle Robert ont toujours vécu entre les murs de leur quartier et leur maison a toujours affiché &quot;portes ouvertes&quot; tant ils ont le goût des autres, des autres comme eux, sans chichi, vrais jusqu'à l'os. Et pour être vrais, ils le sont, Robert et elle. Bruts de décoffrage pourrait-on avancer si l'expression n'était pas affublée d'une connotation méprisante. Lui, avec son air de s'excuser d'être là et son langage réduit à &quot;oui&quot; ou &quot;non&quot; (aux antipodes de &quot;Pour un oui ou pour un non&quot; de la papesse du nouveau roman, Nathalie Sarraute), elle, avec sa mise en plis toute fraîche et son phrasé collant au plus près à la réalité de son vécu…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82049422-58972604.jpg?v=1723108386" alt="•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…" title="•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…" />
     </div>
     <div>
      Mais que l'on ne s'y trompe pas, il n'y a là aucun regard condescendant sur les petites gens. Tout au contraire, en projetant sur scène ces &quot;vies minuscules&quot;, ces exclus ordinaires des lieux culturels, François Cervantes renverse la vapeur en leur donnant pleinement droit de cité ; le zeste de caricature ne faisant que grossir avec humour le trait sans le déformer nullement.       <br />
              <br />
       Les réflexions (faussement) naïves sur les spectateurs venus les rencontrer, sur la confiance demandant du temps pour s'installer, sur &quot;la nappe, la bouteille, un vrai dîner&quot;, sur eux, cousins éloignés du directeur les ayant invités au théâtre ce soir, sur le quartier qui débarque chez eux à l'heure du repas, en fleurant bon &quot;la première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules&quot; nous introduisent dans leur univers, nous décentrant avec bonheur du nôtre.       <br />
              <br />
       Le traitement clownesque des situations (comme, lorsque venant de faire chabrot, elle verse le restant du vin mélangé au bouillon directement dans son sac à main transformé pour la circonstance en doggy bag ; ou encore les glissades acrobatiques du serveur-régisseur venant verser le vin directement sur la nappe) renvoie au traitement du quotidien dans les films de Charlie Chaplin : prêter à rire pour mieux donner à penser.        <br />
              <br />
       Ainsi des séquences de fantaisie pure à haute intensité &quot;dramatique&quot; où le régisseur confie avoir passé sa petite enfance dans une loge du théâtre, ou encore d'une histoire – comme on en rencontre au théâtre ou dans son double, l'existence – de petite fille noyée revenant tel un fantôme réifié (visible réellement sur scène) chercher le garçon qui lui a tenu la main et renvoyant en miroir le souvenir d'une sœur noyée de la grand-mère ou de leur propre fille sauvée des eaux in extrémis… <span style="font-style:italic">&quot;C'est ça le théâtre, le vin est bon et les émotions fortes&quot;</span>…       <br />
              <br />
       L'occasion encore et toujours de réfléchir, comme seul un miroir en a le pouvoir, le miracle du théâtre en train de se faire, en toute simplicité, devant nos yeux… au travers des leurs, médusés. Lui : <span style="font-style:italic">&quot;Toujours les mêmes phrases, les mêmes toujours ?&quot;</span>, le régisseur : <span style="font-style:italic">&quot;Demain soir, revenez demain, et on le refait pareil…&quot;.</span> Et lorsqu'elle et Robert devront se résoudre à quitter l'avant-scène où, pour la durée d'une représentation, ils ont été promus au rang d'acteurs de leur existence, elle demandera à disparaître de notre vue accompagnée d'une musique de Schubert… Ils le valaient bien ces gens &quot;extra-ordinaires&quot;, laissant le régisseur seul avec le fantôme du théâtre, et nous, avec nos propres projections.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82049422-58972817.jpg?v=1723108926" alt="•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…" title="•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…" />
     </div>
     <div>
      François Cervantes, en amoureux fou d'un théâtre populaire haut de gamme (ceci n'est pas un oxymore), redonne leur légitimité pleine et entière à ceux qui s'en sentent exclus de par leur habitus, tel qu'a pu le définir le sociologue Pierre Bourdieu. Ces adeptes de la vie toute nue, parée d'aucun fard et sans filtre, ces invisibles que l'on ne voit jamais dans un théâtre, ni dans la salle, ni sur le plateau, sauf dans des comédies de seconde zone où ils deviennent sujets de dérision destinés à faire s'esclaffer la galerie d'un entre-soi sûr de détenir les clefs du bon goût, viennent tels qu'ils sont à notre rencontre (et pas l'inverse…) pour nous montrer en toute simplicité ce que théâtre veut dire…       <br />
              <br />
       Un délicieux repas partagé en compagnie de convives ô combien vivants, incarnés par une troupe soudée autour du maître de cérémonie célébrant en toute simplicité le théâtre, sensible et intelligent. Une captivante &quot;re-présentation&quot; de nature à dessiller les yeux de ceux pour qui &quot;le théâtre pour tous&quot; reste encore à l'état de pur slogan.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 5 juillet 2024, au Théâtre des Halles d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le repas des gens"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82049422-58972819.jpg?v=1723108956" alt="•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…" title="•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…" />
     </div>
     <div>
      Créé le 16 janvier 2024 à la Criée, Théâtre National de Marseille.       <br />
       Texte et mise en scène : François Cervantes.       <br />
       Avec : Julien Cottereau, Catherine Germain, Fanny Giraud, Lisa Kramarz, Stephan Pastor.       <br />
       Régie générale et création son : Xavier Brousse.       <br />
       Création lumière : Christian Pinaud.       <br />
       Régie lumière : Nicolas Fernandez.       <br />
       Costumes et accessoires : Virginie Breger.       <br />
       Assistant à la création lumière : Tamara Badreddine.       <br />
       Compagnie &quot;L'entreprise&quot;.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 4 au 21 juillet 2024.</b>       <br />
       Tous les jours à 18 h 45. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle du Chapitre, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Téléphone : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">15 octobre 2024 :</span> Centre Arc-en-Ciel (pour Culture Commune), Liévin (62).       <br />
       21 janvier 2025 : Théâtre Le Gallia, Saintes (17).       <br />
       24 janvier 2025 : Théâtre des Quatre Saisons, Gradignan (33).       <br />
       29 janvier 2024 : Théâtre Victor Hugo, Bagneux (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82049422-58972839.jpg?v=1723109088" alt="•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…" title="•Off 2024• "Le repas des gens" Le théâtre présenté sur un plateau, à déguster sans modération…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Le-repas-des-gens-Le-theatre-presente-sur-un-plateau-a-deguster-sans-moderation_a4024.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes</title>
   <updated>2016-12-09T08:06:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Iphigenie-en-Tauride-a-Garnier-ou-le-miroir-de-nos-songes_a1718.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10745773-17728532.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-12-09T07:22:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jusqu'au 25 décembre, l'Opéra national de Paris programme le dernier succès français de Gluck avec la reprise de la belle et foisonnante mise en scène de Krzysztof Warlikowski, le scandale de la saison 2006. Encore six représentations pour aller entendre un superbe duo de chanteurs, Étienne Dupuis et Stanislas de Barbeyrac, ainsi que d'excellents seconds rôles issus de l'Académie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10745773-17728532.jpg?v=1481264979" alt=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" title=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" />
     </div>
     <div>
      Invité à Paris par la reine Marie-Antoinette depuis 1773, Christoph Willibald Gluck décide de donner une suite à son &quot;Iphigénie en Aulide&quot; (1772) en 1779. Cette &quot;Iphigénie en Tauride&quot; marque l'aboutissement de sa réforme de l'<span style="font-style:italic">opera seria</span> : vérité des sentiments et des caractères, fin des conventions à la mode et artifices du chant, choix d'une action dramatique intense et ramassée, rôle primordial de l'orchestre traduisant musicalement les passions et conflits.       <br />
              <br />
       Paul Dukas notera plus tard à son sujet qu'il est bien le premier compositeur ayant &quot;vécu le drame comme un tout organique.&quot; <span style="font-style:italic">(1)</span>. D'une pièce écrite par Guymond de la Touche, (qui n'a pas survécu pour la postérité à son inspirateur, Euripide), le compositeur allemand impose à son librettiste Guillard sa vision, inventant une nouvelle alliance entre texte et musique. Un gros succès in fine, qui enterre son (faux) rival Piccini - dans la fameuse querelle.       <br />
              <br />
       Pour sa première mise en scène à l'opéra en 2006, à l'invitation de Gerard Mortier, Krzysztof Warlikowski frappa fort et le scandale fut à la hauteur (sans doute) des espoirs du rénovateur de la scène internationale. Son &quot;Iphigénie&quot; au milieu des carreaux froids d'une salle de bains de maison de retraite, au design regietheater années soixante, n'épargnait rien ni personne <span style="font-style:italic">(2)</span>, et surtout pas le public âgé (en partie) et privilégié de l'Opéra Garnier. Ne lui tendait-il pas un miroir corrosif et peu amène ? Pourtant l'émotion était bien là, au-delà de cette nouvelle bataille d'Hernani, comme la profondeur de sa relecture.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10745773-17728538.jpg?v=1481265031" alt=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" title=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" />
     </div>
     <div>
      C'est ce qui frappe surtout, aujourd'hui : l'intelligence de cette vision radicale d'un opéra aimable et charmant, lyrique et efficace - pour cette troisième reprise de la production. Plus de déambulateurs, cette fois, mais toujours des personnages doubles voire triples, saisis à différents âges et dans différentes strates temporelles, prisonniers d'un interminable et tragique ressassement du passé dans le désert glacé du présent. Ne sont-ils pas des Atrides ?       <br />
              <br />
       Iphigénie est un de ces enfants inconsolables chers au metteur en scène, éternels otages de leur corps vieilli et d'une famille de spectres. Vieillie, certes, mais toujours vivante, jusqu'à la crise finale, quand tout est à nouveau accompli.       <br />
              <br />
       Les fantômes hantent donc celle qui erre dans la salle des pas perdus de son existence. Warlikowski organise un cauchemar qui désoriente avec intelligence le spectateur. Les changements de costumes, les échanges de rôles entre acteurs, danseurs et chanteurs, les fragmentations de la scène (avec panneaux et miroirs mobiles), la vidéo, tout concourt à mettre en évidence la puissance hallucinatoire et cauchemardesque potentiellement inscrite dans l'œuvre - dont le livret abonde en songes, visions terribles et délires funestes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10745773-17728543.jpg?v=1481265234" alt=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" title=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" />
     </div>
     <div>
      On évoque David Lynch pour cette production, pourtant elle semble témoigner de l'influence du dernier Ingmar Bergman sur le travail de Warlikowski (déjà visible dans &quot;Le Château de Barbe-Bleue&quot; en 2015). Des derniers films du cinéaste suédois, on retrouve ici le thème de l'enfance, ses traumas fondateurs et sa capacité à les transcender dans la croyance au geste créateur. Iphigénie, l'éternelle enfant née pour le sacrifice et sœur d'un parricide (Oreste), n'est-elle pas elle aussi devenue la metteure en scène de son passé ? Un passé exhumé et rejoué ad aeternam devant les autres pensionnaires de la maison de retraite.       <br />
              <br />
       Cette &quot;Iphigénie en Tauride&quot; là, au-delà de sa noirceur, se révèle un très beau spectacle, qui bouscule avec brio les vanités. La danse sauvage des Scythes n'est plus que la gesticulation extravagante d'une vieille dame, perdue dans un espace soumis à la relativité du temps <span style="font-style:italic">(3)</span>. L'ambiguïté des relations entre Oreste et Pylade est fortement mise en lumière.        <br />
              <br />
       Tous les personnages secondaires (et le chœur) sont dans la fosse, puisque c'est de rémanence des images mentales dont on nous parle, de la persistance rétinienne des scènes fondatrices de la psyché, de fait universelles dans ce dispositif spéculaire. Un tel opéra, aussi beau soit-il, nous passionnerait-il sans cela ? 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10745773-17728561.jpg?v=1481265656" alt=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" title=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" />
     </div>
     <div>
      Étienne Dupuis (Oreste) et Stanislas de Barbeyrac (Pylade) dominent superbement la distribution, en un précieux alliage de deux voix idéales : timbres, couleurs, phrasé. L'Iphigénie de Véronique Gens est émouvante, malgré un vibrato plutôt envahissant. Le regretté Franck Ferrari (le Thoas d'origine) n'est pas ici remplacé (le français de Thomas Johannes Mayer se révélant approximatif).        <br />
              <br />
       Si la direction de Bertrand de Billy rend justice à la tendresse de la partition (à défaut d'une vraie intensité parfois), les solistes de l'Académie, Adriana Gonzalez, Emanuela Pascu et Tomasz Kumiega, parfaits, enrichissent de leur talent indéniable cette inoubliable production.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) &quot;Écrits sur la musique&quot; Paul Dukas, SEFI 1948.       <br />
       (2) Le metteur en scène déclarait, il y a peu sur France Culture (&quot;La Grande Table&quot;), qu'il n'était pas là &quot;pour épargner qui que ce soit&quot; (À propos de &quot;Les Français&quot;, pièce présentée au Théâtre de l'Odéon).        <br />
       (3) Le personnage de Pylade exhibe d'ailleurs le portrait d'Einstein sur le dos de sa veste. </span>       <br />
              <br />
       Spectacle vu le 4 décembre 2016.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10745773-17728643.jpg?v=1481266371" alt=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" title=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" />
     </div>
     <div>
      6 représentations        <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 25 décembre 2016 à 19 h 30 (sauf 15/12 à 20 h 30).</span>        <br />
       9, 12, 15, 19, 22 et 25 décembre.       <br />
       Opéra national de Paris.       <br />
       Palais Garnier, Place de l'Opéra Paris 9e.       <br />
       Tel : 08 92 89 90 90.       <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Iphigénie en Tauride&quot; (1779).</b>       <br />
       Tragédie lyrique en quatre actes.       <br />
       Musique de C.W. Gluck (1714-1787).       <br />
       Livret de Nicolas-François Guillard.        <br />
       En français surtitré en français et en anglais.       <br />
       Durée : 2 h 20 avec entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10745773-17728649.jpg?v=1481266401" alt=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" title=""Iphigénie en Tauride" à Garnier ou le miroir de nos songes" />
     </div>
     <div>
      Bertrand de Billy, direction musicale.       <br />
       Krzysztof Warlikowski, mise en scène.       <br />
       Malgorzata Szczesniak, décors, costumes.       <br />
       Felice Ross, lumières.       <br />
       Denis Guéguin, vidéo.       <br />
       Claude Bardouil, chorégraphie.       <br />
       Miron Hakenbeck, dramaturgie.       <br />
              <br />
       Véronique Gens, Iphigénie.       <br />
       Étienne Dupuis, Oreste.       <br />
       Stanislas de Barbeyrac, Pylade.       <br />
       Thomas Johannes Mayer, Thoas.       <br />
       Adriana Gonzales, Diane, Première Prêtresse.       <br />
       Emanuela Pascu, Deuxième Prêtresse, Une Femme grecque.       <br />
       Tomasz Kumiega, Un Scythe, Un Ministre.       <br />
       Renate Jett, Iphigénie (rôle non chanté).       <br />
              <br />
       Orchestre et Chœurs de l'Opéra national de Paris.       <br />
       Alessandro di Stefano, chef des Chœurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Iphigenie-en-Tauride-a-Garnier-ou-le-miroir-de-nos-songes_a1718.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !</title>
   <updated>2017-10-24T23:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Cavalleria-Rusticana-et-Pagliacci-a-Bastille-Vengeance-oreille-mordue-et-soleil-sicilien-au-programme-_a612.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4181024-6343263.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-05-10T15:12:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les deux opéras sont souvent représentés ensemble en raison de leur (relative) brièveté. "Cavalleria Rusticana" est un opéra en un acte de Pietro Mascagni et son seul chef d’œuvre. Le livret est tiré d'une nouvelle de Giovanni Verga, le Zola italien. Il a été créé en 1890 et fait cette année son entrée au répertoire de l’Opéra de Paris.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4181024-6343263.jpg?v=1336658362" alt=""Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !" title=""Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !" />
     </div>
     <div>
      L’intrigue a la simplicité des tragédies grecques, et leur emprunte aussi une issue sanglante. Le &quot;chevalier rustique&quot;, c’est Turiddu, un jeune soldat amant de Lola, une femme mariée au charretier du village, Alfio. Ce n’est pas une très bonne idée : l’action se situe dans un village sicilien à la fin du dix-neuvième siècle ! Pour couronner le tout : Turiddu, décidément inconscient, a séduit et abandonné la jeune Santuzza.       <br />
              <br />
       J’ai l’air d’en rire mais c’est à une véritable cérémonie tragique que le spectateur est invité. C’est un dimanche de Pâques écrasé de soleil où les villageois - excellents chœurs de l’Opéra - ont beau chanter la gloire du Christ mis en croix et ressuscité (&quot;Inneggiamo, il Signor non e morto&quot;), le message évangélique n’a pas pénétré les hommes. Le destin est en marche, implacable. Les décors de Johannes Leiacker, dans la mise en scène de Giancarlo del Monaco, sont beaux. Le marbre éblouissant des murs soulignent les habits endeuillés des femmes. On pense aux films de Francesco Rosi. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4181024-6343720.jpg?v=1336659887" alt=""Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !" title=""Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !" />
     </div>
     <div>
      La minéralité écrasante sur scène dit bien le poids de la tradition et de la fatalité. Alfio tuera Turiddu, dénoncé par Santuzza. L’intensité des grandes séquences instrumentales et des airs soulignent avec force des situations dramatiques au cordeau. La dernière heure de la trilogie du &quot;Parrain&quot; de Francis Ford Coppola est, on s’en souvient, magnifiée par cet opéra, dont la représentation à Palerme &quot;rime&quot; en un prodigieux montage alterné avec la conclusion sanglante de l’histoire de la famille Corleone.       <br />
              <br />
       La soprano Violetta Urmana a impeccablement chanté -mais sans âme hélas - le rôle de Santuzza. On regrette que le ténor Marcello Giordani - très bon chanteur du reste - ait plus l’air dans cette production du charcutier du coin, plutôt que du jeune et séduisant Turiddu qu’il devrait incarner ! (Certes, il y aurait eu du travail mais on a assisté à d’autres miracles sur scène…). Enfin, on est toujours heureux de retrouver Franck Ferrari, notre baryton national. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4181024-6343927.jpg?v=1336660336" alt=""Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !" title=""Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !" />
     </div>
     <div>
      Cependant, l‘émotion, la vraie, celle qui vous déchire l’échine sans crier gare, c’est le Paillasse de Vladimir Galouzine qui nous en a fait cadeau. Soudain, le temps s’est arrêté, l’espace s’est déchiré aux accents de sa douleur dans le célébrissime air &quot;Vesti la giubba&quot; et son &quot;Ridi Pagliaccio&quot; déchirant.        <br />
              <br />
       Paillasse, c’est le bouffon au cœur brisé de l’opéra en deux actes de Ruggero Leoncavallo, &quot;Pagliacci&quot;, créé à Milan en 1892. Une troupe de comédiens ambulants doit donner une représentation en soirée dans une petite ville calabraise et, évidemment, la vie va se charger de copier et dépasser la fiction dans une mise en abîme célèbre. Le bouffon Paillasse est trompé sur scène par son épouse, Colombine, comme le comédien Canio/Paillasse l’est vraiment par sa Colombine/Nedda de femme. Le jour de l’Assomption n’y changera rien, car la grâce a déserté cette humanité grotesque et sublime.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4181024-6343937.jpg?v=1336660608" alt=""Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !" title=""Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !" />
     </div>
     <div>
      C’est encore dans le sang que Paillasse vengera son honneur et son amour ridiculisé. Notons une jeune Nedda très prometteuse, la hongroise - très belle et vocalement parfaite - Brigitta Kele. Il ne lui manque à 25 ans que d’avoir vécu de grandes passions - sans doute - pour l’insuffler dans son chant. Répétons-le, le ténor russe Vladimir Galouzine est exceptionnel. On se souviendra longtemps de son cri final : &quot;La commedia e finita&quot;... Et on a hâte de l’entendre encore à Paris.       <br />
              <br />
       Le chef Daniel Oren a remarquablement défendu ces deux professions de foi véristes. Il a dominé de bout en bout les partitions, la bravoure des bois et des vents faisant jeu égal avec le pathétique des cordes. Il a été acclamé à juste titre. Une belle production en ce jour d’élection présidentielle (spectacle vu le 6 mai 2012).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4181024-6343997.jpg?v=1336728499" alt=""Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !" title=""Cavalleria Rusticana" et "Pagliacci" à Bastille : Vengeance, oreille mordue et soleil sicilien au programme !" />
     </div>
     <div>
      En langue italienne.       <br />
       Direction musicale : Daniel Oren.       <br />
       Mise en scène : Giancarlo Del Monaco.       <br />
       Décors : Johannes Leiacker.       <br />
       Costumes : Birgit Wentsch.       <br />
       Lumières : Vinicio Cheli       <br />
       Chef du Chœur : Patrick Marie Aubert.       <br />
              <br />
       <b>&quot;Cavalleria Rusticana&quot;</b>       <br />
       Melodramma en un acte (1890).       <br />
       Musique de Pietro, Mascagni (1863-1945).       <br />
       Livret de Giovanni Targioni-Tozzetti et Guido Menasci d'après une nouvelle de Giovanni Verga.       <br />
       Avec : Violeta Urmana (Santuzza), Marcello Giordani (Turiddu), Stefania Toczyska (Lucia), Franck Ferrari (Alfio), Nicole Piccolomini (Lola).       <br />
              <br />
       <b>&quot;Pagliacci&quot;</b>       <br />
       Opéra en deux actes (1892).       <br />
       Musique et livret de Ruggero Leoncavallo (1858-1919)       <br />
       Avec : Brigitta Kele (Nedda), Vladimir Galouzine (Canio), Sergey Murzaev (Tonio), Florian Laconi (Beppe), Tassis Christoyannis (Silvio).        <br />
              <br />
       Orchestre et Chœur de l’Opéra national de Paris.       <br />
       Maîtrise des Hauts-de-Seine/Chœur d’Enfants de l’Opéra national de Paris .       <br />
       Production du Teatro Real, Madrid.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 avril au 11 mai 2012.</span>       <br />
       Dernière le 11 mai à 19 h 30.       <br />
       Opéra Bastille, Paris 12e, 01 73 60 26 26.       <br />
       <a class="link" href="http://www.operadeparis.fr/Saison_2011_2012/Operas/Don-Giovanni/detail/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Cavalleria-Rusticana-et-Pagliacci-a-Bastille-Vengeance-oreille-mordue-et-soleil-sicilien-au-programme-_a612.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !</title>
   <updated>2017-10-24T23:13:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Don-Giovanni-de-Michael-Haneke-l-enfer-du-cloaque-40-_a594.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4108294-6234554.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-04-18T10:02:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au dernier étage impersonnel d’un building de verre, quelque part dans une métropole moderne sans âme, Don Giovanni, jeune directeur général d’une multinationale, viole la fille de son patron, Donna Anna, avant d’être obligé de le tuer (le patron) en se sauvant. C’est alors que le séducteur va entraîner tous les personnages dans une ronde infernale et désespérée : celle des affects brutaux et des désirs insatiables de créatures emportées dans l‘hystérie consumériste d’une vie vaine, abandonnée de Dieu.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4108294-6234554.jpg?v=1334825146" alt="Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !" title="Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !" />
     </div>
     <div>
      Michael Haneke a choisi de nous parler de nous, de notre monde contemporain à travers l’opéra le plus admiré de W. A. Mozart. Cette rencontre étonnante mais fertile des deux génies autrichiens est due au précédent directeur de l’Opéra, Gérard Mortier, qui a su faire résonner la modernité de tant de chefs-d’œuvre par un choix très intelligent et parfois polémique des équipes artistiques, pendant son mandat.        <br />
              <br />
       Notre monde ? C’est celui de la désespérance métaphysique, espace raréfié où se constate le néant de nos existences, dans l’œuvre de Michael Haneke, comme sur la scène. C’est bien à l’esprit de l’opéra qu’est fidèle le metteur en scène autrichien : le livret de Lorenzo da Ponte a été écrit &quot;la nuit en lisant quelques pages de <span style="font-style:italic">L’Enfer</span> de Dante&quot;.* N’en déplaise aux quelques spectateurs qui ont sifflé l’abandon pertinent de la lettre de l’œuvre : en l’espèce, le choix de la transposition dans le monde apocalyptique de l’après-crise mondiale du XXIe siècle de l’intrigue du livret, avec des personnages que nous côtoyons dans la rue ou voyons sur nos écrans. Ce sont bien des appétits luxurieux (i.e. soif d’argent et copulation étroitement liées) dont il est question, de la violence ordinaire et sourde qui traverse les milieux les plus policés, les plus cultivés, l’élite financière et politique. Ce que dévoile la production, c’est la lutte des classes implacable et dérisoire que se livrent nos contemporains - comme les personnages. Et c’est brillant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4108294-6234728.jpg?v=1334825869" alt="Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !" title="Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !" />
     </div>
     <div>
      Don Giovanni, dans sa quête prédatrice des &quot;ragazze&quot; (des &quot;femmes&quot;, corollaire d’une féroce guerre économique donc), humilie tant et plus tous ceux et celles qu’il croise et domine, jusqu’à l’équipe de nettoyage du building. Il est aidé par son jeune complice et assistant, Leporello, animé d’un désir mimétique - au sens entendu par René Girard** - et même homosexuel pour son chef. Entres divers &quot;troussages de domestiques&quot; et autres horreurs, Don Giovanni essaie de séduire Zerline, fêtant son mariage avec Masetto (de paysans dans le livret, ils sont devenus sur la scène de Bastille de jeunes travailleurs immigrés venus des pays de l’Est), dans les ténèbres d’un plateau où les vitres de l’immeuble font miroir (mention spéciale aux lumières d’André Diot).        <br />
              <br />
       Le public plutôt bourgeois du parterre et des premières loges s’y reflètent, s’y retrouvent et se confondent avec les personnages sur scène, selon un dispositif aussi polémique que réjouissant. Les victimes de Don Juan (puisque c’est lui) se recrutent dans l’élite mais aussi dans les couches prolétariennes de la société. Des représentants des minorités - comme on dit - ont été choisis comme figurants sur le plateau, redoublant un incroyable effet de réel pour le spectateur. De ces minorités qu’on n’a pas trop l’habitude de voir à Bastille ou à Garnier. Insolence dans la manière de mettre les points sur les &quot;i&quot; bien dans la manière du sulfureux Michael Haneke.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4108294-6234869.jpg?v=1334826934" alt="Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !" title="Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !" />
     </div>
     <div>
      Et pour la représentation de ce samedi, les faits viennent confirmer la lecture qui est faite de l’œuvre, vraie métaphore de notre temps : certains spectateurs sont obligés à l’entracte d’effectuer un long détour dans la rue pour rejoindre le bar (on les met dehors !) en raison d’un cocktail offert par un mécène à certains privilégiés au rez-de-chaussée, dans un espace &quot;interdit&quot;. C’est bien à une guerre de territoire (corps, biens et lieux) que se livrent les classes sociales dans ce &quot;Don Giovanni&quot;, sur scène et hors scène ! Michael Haneke n’a pu assister à cette miraculeuse confirmation de son propos, et c’est dommage !       <br />
              <br />
       Don Giovanni, c’est le baryton suédois Peter Mattei, fatal et sexuel, dont la haute silhouette domine tous les rôles. Fascinant oiseau de proie sauvage et érotique, il a la noblesse et la morgue du &quot;héros&quot;. Il maîtrise le rôle de bout en bout, il est grandiose, il est irrésistible. Leporello - savoureux David Bizic - traîne son ironie, ses angoisses et son sac Fauchon dans les traces de son dangereux &quot;maître&quot;. Il s’agit de thésauriser, consommer, consumer dans cette vision haletante, nerveuse et postmoderne de l’opéra. Sur une scène souvent désertée, où errent des personnages narcissiques ou/et exploités, l’humiliation est la règle et l’amour vrai, l’exception. Donna Elvira - émouvante Véronique Gens -, collègue séduite et abandonnée, ne pourra ramener à la raison ce fou furieux, cet excité arrogant de Don Giovanni. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4108294-6234934.jpg?v=1334827545" alt="Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !" title="Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !" />
     </div>
     <div>
      Le Commandeur, ou fantôme du patron, ne réapparaît à la fin que pour mieux afficher son impuissance à &quot;moraliser le capitaliste&quot; séducteur, affalé qu’il est dans son fauteuil roulant. C’est l’équipe de nettoyage, prolétaires poussés à bout et en révolte, qui jette Don Giovanni par la fenêtre, révélant l’impossible châtiment transcendant de celui qui mettait un peu trop à jour la vérité des êtres : mélange de pulsions d’autodestruction et jouissance libidineuse de destruction des autres.        <br />
              <br />
       Le &quot;dramma giocoso&quot; (ou drame joyeux) de l’enfant prodige n’a jamais été si bien monté dans sa noirceur : les scènes du plus haut comique (travestissement, échange des rôles, quiproquos, etc.) se teintent d’amertume ici, se heurtent à un rythme endiablé - et sans solution de continuité - aux scènes les plus implacablement tragiques. L’allegro le plus effréné, caractérisant le rôle de Don Giovanni (et sa quête obsessionnelle du plaisir), les parties typiquement &quot;buffa&quot; (ou burlesques) de Leporello luttent contre les accords puissants, dramatiques, solennels (dans la tonalité en ré mineur du &quot;Requiem&quot;, pour la tragédie annoncée dès l’ouverture) ou encore contre les accents élégiaques des arias féminins. Musique de bout en bout passionnante.        <br />
              <br />
       On se souviendra de la Donna Anna de Patricia Petitbon, superbe prima donna colorature. On se souviendra aussi de la direction de Philippe Jordan (37 ans) dont on chante régulièrement les louanges ici (c’est vrai) mais qui est en train de s’imposer comme le chef le plus doué de sa génération. Des preuves ? Il dirige ce mois-ci le Philharmonique de Vienne (c’est-à-dire le meilleur orchestre du monde)... Et c’est la consécration en juillet... Il va diriger son premier &quot;Parsifal&quot; à Bayreuth, le temple wagnérien.       <br />
       La meilleure production de l’Opéra de Paris cette année (mais c’est une reprise de 2006…).       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">*&quot;Mémoires&quot; de Lorenzo da Ponte, 1830.       <br />
       **&quot;Mensonge romantique et vérité romanesque&quot; de René Girard, 1961.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Don Giovanni"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4108294-6234965.jpg?v=1334827827" alt="Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !" title="Le Don Giovanni de Michael Haneke : l'enfer du cloaque 40 !" />
     </div>
     <div>
      Spectacle vu le samedi 14 avril 2012.       <br />
       Dramma giocoso en deux actes.       <br />
       Musique : Wolfgang Amadeus Mozart.       <br />
       Livret : Lorenzo Da Ponte.       <br />
       Direction musicale :        <br />
       Philippe Jordan (15, 18, 21, 23, 25 mars, 3, 8, 12, 14 avril) ;       <br />
       Marius Stieghorst (16, 19, 21 avril).       <br />
       Mise en scène : Michael Haneke.       <br />
       Décors : Christoph Kanter.       <br />
       Costumes : Annette Beaufaÿs.       <br />
       Lumières : André Diot.       <br />
       Chef de chœur : Alessandro Di Stefano.       <br />
       Avec : Peter Mattei (Baron Don Giovanni), Paata Burchuladze (Il Commendatore), Patricia Petibon (Donna Anna), Bernard Richter (Don Ottavio, 15, 18, 21, 23, 25 mars, 3 avril), Saimir Pirgu (Don Ottavio, 8, 12, 14, 16, 19, 21 avril), Véronique Gens (Donna Elvira), David Bizic (Leporello), Nahuel Di Pierro (Masetto), Gaëlle Arquez (Zerlina).       <br />
       Durée : 3 h 40 avec un entracte.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 mars au 21 avril 2012.</span>       <br />
       À 19 h 30.       <br />
       Opéra Bastille, Paris 12e, 01 73 60 26 26.       <br />
       <a class="link" href="http://www.operadeparis.fr/Saison_2011_2012/Operas/Don-Giovanni/detail/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Don-Giovanni-de-Michael-Haneke-l-enfer-du-cloaque-40-_a594.html" />
  </entry>
</feed>
