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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-16T03:58:44+02:00</updated>
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   <title>Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (2)</title>
   <updated>2017-07-19T09:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-au-Village-Joies-de-vivre-et-Desirs-de-theatre-2_a1874.html</id>
   <category term="Festivals" />
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   <published>2017-07-19T08:31:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'était à Brioux-sur-Boutonne, un festival à la campagne qui s'est déroulé du 7 au 15 juillet. La Revue du Spectacle était présente et a pu voir, entendre... l'âme d'un village vibrer et entendre battre le cœur d'une amicale bande de passionnés.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15843708-20924622.jpg?v=1500446191" alt="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (2)" title="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (2)" />
     </div>
     <div>
      Dans une grange aménagée.        <br />
       Michel Arbatz qui, dans &quot;Desnos et merveilles&quot;, avec l'appui de sa guitare et la simplicité d'un chanteur raconteur, conte la vie d'un poète à l'âme d'enfant et au destin tragique. Entre textes et images, ce spectacle est plus qu'un émouvant hommage, c'est une transmission, une (re)découverte.       <br />
              <br />
       Dans un jardin privé.        <br />
       &quot;La Fresque &amp; La Poème&quot; (Cie Bal). Dans ce spectacle, Jeanne Mordoj montre une maîtrise de son corps qui la conduit aux marges du butô et du kathakali. À l'extrême de la performance. Dessinant, le dos collé à un mur lisse et blanc et les yeux fermés, les contours de son corps, ses mouvements, ses contorsions. Les traces laissées sont de véritables œuvres d'&quot;anthropométries&quot; au féminin.       <br />
              <br />
       Puis, comme projetée, Jeanne Mordoj avance sur un podium comme mue par une puissance supérieure. Animée, contrainte par une capacité à produire en permanence des œufs comme d'autres, dans le conte de Perrault &quot;les fées&quot;, des perles ou des couleuvres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15843708-20924653.jpg?v=1500446609" alt="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (2)" title="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (2)" />
     </div>
     <div>
      C'est une vision dynamique du corps féminin que Jeanne Mordoj, dans un juste retour des choses, affirme comme une évidence. Le droit accordé à l'Art de présenter un corps grotesque et inquiétant qui, dans sa puissance, est à égalité des masques et des rituels primitifs.       <br />
              <br />
       Dans la même cour        <br />
       Le lendemain, &quot;Le Quatuor les Trilles&quot; (Guillaume Fontanarosa), dont les cordes ont l'agilité diabolique, présente une œuvre d'Allessandro Annunziata qui pousse à leurs limites du silence les crissements et glissements de l'archet. Puis il joue avec le sens du rythme du jeune Mozart, avant de rendre un hommage romantique à la nuit qui est tombée en interprétant une œuvre de Mendelsohn. Elle-même dédiée à Beethoven.       <br />
              <br />
       Lors d'un entre-deux, au cours duquel les instrumentistes accordent leurs violons et le violoncelle, la cloche de l'église voisine donnait un &quot;La&quot; facétieux accompagnant pour un instant amical l'harmonie du lieu. Le morceau de Piazzola qui suit est concis et clair. Un &quot;calo&quot; tzigane clôt la soirée. Le public conquis montre son enthousiasme.       <br />
              <br />
       Dans un verger        <br />
       Un lâcher de clowns. Des élèves comédiens de l'école d'Évry Courcouronnes, au pied d'un pommier, foulant l'herbe, se révèlent frères humains en liberté à la découverte des sens. À la recherche &quot;de&quot; sens. À la fois étranges et inquiétants, quelquefois violents, découvrant le jeu, &quot;se&quot; découvrant. Soudés, complices. Le public est d'abord surpris, puis adore.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15843708-20924772.jpg?v=1500447699" alt="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (2)" title="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (2)" />
     </div>
     <div>
      Dans une pâture       <br />
       Au flanc d'un coteau en lisière de bois avec l'appui de quinze comédiens du Théâtre de l'Unité, Jacques Livchine met en scène &quot;Oncle Vania&quot; d'Anton Tchekhov. Le dispositif est élargi à l'extrême de l'horizon et du champ visuel, entre bergerie et clôture. Les comédiens du théâtre de l'unité jouent dans un respect absolu du texte. À ce point même que ses vérités apparaissent comme autant d'anachronismes nécessaires à la comédie (au rire et à la scène). Ce que certains ont du mal à croire.       <br />
              <br />
       Et de manière spectaculaire et silencieuse la troupe apporte une réponse simple à la querelle savante sur la nature du théâtre entre réalisme et symbolisme qui oppose Stanislavki et Meyerhold ; et que Tchékhov place au centre de son œuvre comme un défi.       <br />
              <br />
       Dans cette mise en scène et en ce lieu, avec une très grande économie de moyens, la pâture avec ses meules de paille, devient progressivement, au fur et à mesure de la progression de l'ombre, alors que le regard se porte sur les mouvements réguliers des hommes et des animaux (qui semblent suivre comme autant de sentiers invisibles et familiers), un tableau. De Poussin. Et au lever de lune, qui déchire les nuages alors que se dissipe un banc de brume, un Kaspar David Friedrich.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15843708-20924843.jpg?v=1500448190" alt="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (2)" title="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (2)" />
     </div>
     <div>
      Cette version d'Oncle Vania, avec ses rares projecteurs et ses braseros, est un pied-de-nez à tous les scénographes et éclairagistes. Et pour tous les spectateurs un moment inoubliable. Quand la nature devient paysage, il n'y a plus de réalisme, ni de symbolisme. Il suffit que des hommes la regardent pour qu'elle soit porteuse de merveilleux et de malice.       <br />
              <br />
       Assurément, l'arbre vénérable choisi comme point fixe du dispositif par Jacques Livchine restera dans la mémoire du village comme étant l'arbre de l'unité, celui qui offre de l'ombre à Vania. À tous les Vania… dont certains habitent Brioux-sur-Boutonne.       <br />
              <br />
       <b>29e Festival au Village - Brioux-sur-Boutonne (Deux-Sèvres)</b>       <br />
       A eu lieu du 7 au 15 juillet 2017.       <br />
       <a class="link" href="http://festivalauvillage.free.fr/" target="_blank">&gt;&gt; Site du festival, programmation et photos.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (1)</title>
   <updated>2017-07-19T09:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-au-Village-Joies-de-vivre-et-Desirs-de-theatre-1_a1871.html</id>
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   <published>2017-07-16T19:09:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Brioux-sur-Boutonne est un village des Deux-Sèvres qui vit bientôt depuis trente ans l'aventure d'un festival de théâtre incroyable. Organisé par le village lui-même. Et cultivant pour lui-même les joies de vivre et les désirs de théâtre. Durant une semaine folle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15759339-20886096.jpg?v=1500225221" alt="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (1)" title="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (1)" />
     </div>
     <div>
      Il y a Marie, Julie, Maryline, Fanny, Yolande… Mais aussi Romain, Christian, Gilles, les Jean-Michel, Jean-Louis, Pascal et tous les autres… Ils sont plus de cent cinquante bénévoles directement actifs dans la mise en œuvre.       <br />
              <br />
       Et puis il y a encore les autres qui s'associent, comme Cathy et Jean Pierre, trop occupés par leur ferme mais qui prêtent un enclos à moutons pour une représentation d'&quot;Oncle Vania&quot; et verront malgré tout au moins entre un et cinq spectacles.       <br />
              <br />
       Tous sont ouverts à la qualité la plus pointue, accueillant avec chaleur quiconque partage le même sens de la vie, de l'accueil et de la découverte. Le festival n'est qu'un point d'orgue et, pour obtenir ce résultat, ils œuvrent, en gens de labeur, et de manière toute démocratique toute une année. La longue et intense semaine de juillet n'est que la récompense d'une longue préparation à laquelle chacun participe, voit ses compétences être intégrées à l'ouvrage collectif : le prochain festival.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15759339-20886130.jpg?v=1500225399" alt="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (1)" title="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (1)" />
     </div>
     <div>
      Pour ce miracle de création, il faut un régisseur, un animateur ayant compris le sens du projet et ayant une manière de faire. Jean-Pierre Bodin est cet animateur qui sait harmoniser. Quant à Christophe Frèrebeau, qui est à l'origine de l'origine, c'est un médecin qui, comme dans toutes les pièces de Tchekhov, veille au grain. Il est de ces médecins qui savent que les causes de bien des maux proviennent de la solitude et de la langueur des jours. Qu'il est possible par le sens du tact et de la gaîté d'en découvrir la poésie et les comédies cachées.       <br />
              <br />
       De ces médecins qui savent qu'à défaut d'être thérapeutique le rire est thérapique. Comme avant lui son confrère François Rabelais et tous les autres médecins dissimulés dans l'histoire des Arts.       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Bodin et Christophe Frèrebeau s'entendent d'autant plus comme larrons que Jean-Louis Hourdin ajoute son grain de sel.       <br />
              <br />
       La gentillesse à Brioux est extrême. Et dans une grande sagesse, toute l'équipe veille à ce que le festival ne grandisse pas trop pour ne pas céder à l'ubris, pour éviter de perdre les liens qui se nouent. C'est que, sans cet effort collectif, sans les résidences qui les mettent au contact des artistes, la population n'aurait plus accès au service public du théâtre et n'aurait pas forcément de visiteurs venant de loin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/15759339-20886152.jpg?v=1500225630" alt="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (1)" title="Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (1)" />
     </div>
     <div>
      Tout est gradué dans la simplicité. La buvette pour le public, la cantine pour les équipes techniques et les comédiens, les chapiteaux, les ateliers de lecture, la librairie, les spectacles pour enfants, le théâtre, la musique, les petites formes, les spectacles de troupe.       <br />
              <br />
       Les artistes trouvent dans ce contact avec des &quot;personnes&quot;, matière à partage et enrichissement artistique. C'est dans un jeu de dons et de contre-dons, par le jeu de la spontanéité et du hasard objectif (cher aux surréalistes) que se nourrissent les imaginaires des uns et des autres.       <br />
              <br />
       À Brioux, un savoir-faire s'est peu à peu installé et a généré une forme de patrimoine immatériel commun. D'une certaine manière les notions de bénévolat et de bienveillance sont dépassées. Dans la gouvernance de ce festival, il faudrait peut-être parler de bénévolence.       <br />
              <br />
       C'est probablement pour cela qu'au fil des ans, la programmation de Brioux est devenue exceptionnelle avec des spectacles dignes des circuits internationaux. Paris, New York, Berlin, Avignon, Brioux…       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.larevueduspectacle.fr/Festival-au-Village-Joies-de-vivre-et-Desirs-de-theatre-2_a1874.html">Festival au Village : Joies de vivre et Désirs de théâtre (2).</a>       <br />
              <br />
       <b>29e Festival au Village - Brioux-sur-Boutonne (Deux-Sèvres)</b>       <br />
       A eu lieu du 7 au 15 juillet 2017.       <br />
       <a class="link" href="http://festivalauvillage.free.fr/" target="_blank">&gt;&gt; Site du festival, programmation et photos.</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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