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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-07T05:56:35+02:00</updated>
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   <title>Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable</title>
   <updated>2026-01-19T18:02:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-L-Ange-du-foyer--Emma-Dante-sans-pincettes-et-sans-pitie-et-reussi-a-rire-de-l-intolerable_a4454.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-01-19T17:38:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'ange du foyer, c'est la mère, la mama, "L'Angelo del Focolare" dans le titre original de cette pièce en dialecte des Pouilles, c'est elle qu'on nomme la maîtresse de maison qui est plutôt l'esclave de tous ceux qui y habitent pour la cuisine, la vaisselle, le linge, les courses et le ménage, entre autres, mais aussi pour recevoir les insultes et les coups d'un mari en "mâle" de pouvoir.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93780150-65485362.jpg?v=1768840899" alt="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" title="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" />
     </div>
     <div>
      C'est le cas dans l'histoire racontée ici : une famille traditionnelle sicilienne comme on les imagine. La belle-mère, le fils, la belle-fille qui fait tout et le mari qui ne fait rien, sinon dominer ce petit monde avec ses muscles et sa grande gueule, son ivrognerie et sa violence. Avec cette nouvelle création, Emma Dante s'intéresse au petit cercle familial, la cellule familiale, celle qui, multipliée par milliers, forme les pays et leurs cultures et qui, multipliée par millions, forme quasiment l'humanité entière et sa civilisation. Une cellule qui fait partie d'un tout, mais qui, dans un autre sens, est un lieu clos, d'enfermement, de punition.       <br />
               <br />
       Pour la mama, l'ange du foyer, c'est bien d'une sorte de punition que cette cellule familiale où elle est une sorte de poupée de chiffon ballotée entre tous les membres de la famille. Elle est piégée comme beaucoup de mères sans autonomie financière, désireuse de protéger son enfant, son fils de l'influence brutale de son père et de la complaisance de sa grand-mère. Elle fait écran, elle prend les coups.       <br />
               <br />
       Pour s'attaquer au thème radicalement cru et brutal des féminicides, Emma Dante ne prend aucun gant. Tout est extrême dans la conception de cette pièce. Brut comme de la matière taillée à la pioche. Rugueux et décapant comme de l'acide. Les personnages d'abord : la mère du mari, vieille bourrique qui passe son temps à grommeler, défendre son fils, assise dans son fauteuil avec sa boîte à couture pleine de sucrerie et de cash. Le fils, une vingtaine d'années, couché, endormi, geignard, incapable de tout, même de se faire réchauffer une tasse de lait. Le mari, arrogant, chômeur, coureur, masculiniste dans toute son horreur. Et la femme, la mama, soumise, mais volontaire, sans espoir sinon de voir son fils s'en sortir, bafouée, mariée par devoir, parce qu'enceinte après la première sortie en boîte de sa jeunesse, mariée avec son violeur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93780150-65485363.jpg?v=1768840930" alt="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" title="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" />
     </div>
     <div>
      Les costumes aussi sont d'un réalisme crasse, presque inquiétant. Costumes du père et du fils, identiques. Tee-shirt marcel blanc sur slip kangourou blanc. Cela dépasse la caricature, comme si la metteuse en scène se refusait de donner une once de délicatesse, de manières, de nuances pour montrer la vulgarité, la laideur, la bêtise et la violence qui préside toujours aux drames des féminicides.       <br />
              <br />
       Ici, l'homme semble être le fils direct du Néandertal (pardon pour les hommes de bien de cette période préhistorique). Le premier mammifère venu possède plus de sensibilité, d'affectivité et de douceur que le personnage incarné avec une énergie incroyable par Ivano Picciallo. Il se résume lui-même comme n'étant que des muscles et une minchia (une bite).       <br />
               <br />
       Il est vrai que les âmes délicates, les spectatrices et spectateurs précieux du théâtre, et les intellectuels et intellectuelles de la culture risquent d'être rebutés par le rire gras populaire auquel le spectacle fait référence. Il n'empêche, la force mise en place ici, aussi brutale, incisive et sans fard soit-elle, conserve un esprit de farce et de grotesque qui est une filiation assumée du théâtre et de la culture italienne.       <br />
               <br />
       Reste à saluer les belles performances des quatre interprètes qui donnent autant de corps que de voix à la création de leurs personnages, parvenant pour chacune et chacun à si bien caricaturer ces fantômes qu'ils deviennent source, soit d'effroi, soit de rire, tant le parti pris de l'exagération est poussé à son maximum.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu à Châteauvallon- Liberté le 15 janvier 2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Ange du foyer"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93780150-65485364.jpg?v=1768840956" alt="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" title="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en dialecte des Pouilles surtitré en français.       <br />
       Texte et mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Avec : Leonarda Saffi, Giuditta Perriera, Ivano Picciallo et Davide Leone.       <br />
       Scénographie et costumes : Emma Dante.       <br />
       Lumières : Cristian Zucaro.       <br />
       Coordination et distribution : Aldo Miguel Grompone, Rome.       <br />
       Organisation Daniela Gusmano       <br />
       Surtitrage : Franco Vena.       <br />
       Traduction du texte en français : Juliane Regler       <br />
       Technique : Marco Guarrera.       <br />
       Compagnie Sud Costa Occidentale.       <br />
       Tout public à partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Certaines scènes du spectacle peuvent affecter les personnes photosensibles.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 24 janvier 2026.</span>       <br />
       Mardi, jeudi et vendredi à 20 h, mercredi à 19 h, samedi à 18 h.       <br />
       Théâtre des Deux Rives - CDN de Normandie - Rouen, 48, rue Louis Ricard, Rouen (76).       <br />
       Téléphone : 02 35 70 22 82.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0679/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0679&amp;EventId=184&amp;request=QcE+w0WHSuAdDB7h0xmRSndI2eKv8D80fmVgAkqerjwX+9fgL8qfiBqYAFOrUJNuRoEz6hKfuYA=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.cdn-normandierouen.fr/" target="_blank">&gt;&gt; cdn-normandierouen.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 6 au 11 octobre 2026 : Théâtre des Célestins, Lyon (69).       <br />
       13, 14 et 15 octobre : Clermont-Ferrand  (63).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>L'Histoire d'une femme, comme une approche d'une danse rituelle caressant le danger</title>
   <updated>2017-03-27T08:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Histoire-d-une-femme-comme-une-approche-d-une-danse-rituelle-caressant-le-danger_a1773.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/11466025-19151466.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-03-27T08:25:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Harcelé, bousculé, assommé par les préjugés, le personnage de Pierre Notte est une femme qui aimerait bien comprendre et n'en peut plus. Une femme qui a la rage. Une femme qui est en bordure de la crise de nerfs et a encore la force d'exposer ses demandes de pourquoi.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11466025-19151466.jpg?v=1490537528" alt="L'Histoire d'une femme, comme une approche d'une danse rituelle caressant le danger" title="L'Histoire d'une femme, comme une approche d'une danse rituelle caressant le danger" />
     </div>
     <div>
      Les vexations anodines , les sous-entendus, les violences verbales, les insultes, les rires gras qui composent le socle des paillardises et autres regard archétypaux sur les femmes. Dans la rue, au bureau, dans la ville. Le machisme ordinaire et les tracas, les souffrances, l'usure qui en découlent.       <br />
              <br />
       Dans cette histoire, les anecdotes se succèdent, entrent en résonance et alimentent, par leur flux continu, une conscience de plus en plus excitée et fragilisée. Les épisodes s'enchevêtrent. Leur violence, leur exubérance croissent. Le cumul des faits s'agglutine jusqu'à produire des hallucinations.       <br />
              <br />
       Le spectateur est happé par le récit de cette femme qui aimerait bien comprendre le rôle que lui imposent (à elle et à ses consœurs) les hommes. Le pourquoi de ce qui les anime quand ils parlent d'elles. Mère ou putain ou princesse. La conception qu'ils se font de leurs devoirs envers elle, leur manière de pouvoir qui leur fait les assujettir par le geste et le langage, et qui révèle pourtant à la réflexion comme une impuissance chronique à rencontrer l'autre sexe.       <br />
              <br />
       Une incapacité à faire des découvertes mutuelles, à se répartir des fonctions de manière naturelle et des compétences.       <br />
              <br />
       La femme de Pierre Notte voit la vie côté rude et rêve de douceur. Quelque chose comme l'amour.       <br />
              <br />
       Muriel Gaudin endosse le personnage et porte le rôle à un haut niveau d'intensité et de précision. La comédienne rend sensible les phénomènes d'obsession, les troubles qui agitent la conscience. Elle atteint des paroxysmes. La pièce se voit à la fois comme une épopée picaresque avec sa part d'humour et de fantaisie et comme une approche d'une danse rituelle qui caresse le danger.       <br />
              <br />
       Le spectateur et la spectatrice applaudissent de concert cette histoire d'une Fille du feu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Histoire d'une femme"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11466025-19151733.jpg?v=1490537583" alt="L'Histoire d'une femme, comme une approche d'une danse rituelle caressant le danger" title="L'Histoire d'une femme, comme une approche d'une danse rituelle caressant le danger" />
     </div>
     <div>
      Texte : Pierre Notte (texte publié aux éditions Quatre-Vents/L'avant-scène théâtre).       <br />
       Mise en scène : Pierre Notte.       <br />
       Avec : Muriel Gaudin.       <br />
       Lumières : Antonio de Carvalho.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 mars au 7 mai 2017.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 19 h, dimanche à 17 h 30.       <br />
       Théâtre de Poche-Montparnasse, Paris 6e, 01 45 44 50 21.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredepoche-montparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredepoche-montparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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