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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-14T15:25:10+02:00</updated>
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   <title>•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse</title>
   <updated>2025-07-30T10:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Les-Rossignols-du-Carnage-Un-spectacle-plaidoyer-et-engage-a-la-parole-artistiquement-vertigineuse_a4339.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-07-30T10:15:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Deux hommes, plutôt jeunes encore, se rencontrent dans un monde post-apocalyptique, au bord du gouffre, et tout semble perdu. À vrai dire, on ne sait pas si le personnage principal, Léon, n'est pas en train de délirer tandis qu'il vit ses dernières heures. Sal, le deuxième homme, est bien là, lui aussi. Mais est-il une projection de l'esprit de Léon, une sorte d'entité entre deux ? Toujours est-il que chacun deux sait que la fin est proche, et que nécessairement, l'un mourra.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90220976-63661762.jpg?v=1753864407" alt="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" title="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" />
     </div>
     <div>
      La compagnie belge &quot;Les Chevals de Trois&quot;, créée en 2021 par Dimitri Lepage, nous l'avions déjà découverte lors du festival Off 2023 avec &quot;Des Chèvres en Corrèze&quot; (succès à Avignon cette année-là et l'année suivante). Nous n'avions d'attaches particulières d'aucune sorte avec cette compagnie théâtrale basée en Belgique… Seul le titre nous avait interpellé, tout comme le nom pour le moins original de la compagnie en question, car nous aimons les mots et ce qui s'y cache…       <br />
              <br />
       Puis, en entrant dans la grotte métaphorique du plateau dans laquelle le comédien s'était réfugié dans ce spectacle, nous n'avions eu qu'une envie à la fin : rester à ses côtés et chercher avec lui le dernier endroit où l'humanisme était encore vivant, dans l'espoir peut-être de le trouver, encore bien debout, les pieds dans le sol et la tête haute. Inenvisageable, bien entendu, de ne pas courir à jambes déployées pour découvrir leur nouvelle création.       <br />
              <br />
       Mais de quoi allait-il être question, cette fois-ci dans ce nouvel opus ? Nous ne voulions pas être déçues ! À nouveau un titre énigmatique aux allures d'oxymore qui ne nous laisse pas indifférente. Mais qui sont-ils ces &quot;rossignols&quot; délétères qui sèment la terreur, ces oiseaux d'ordinaire si poétiques, mélodieux et source de joie ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90220976-63661763.jpg?v=1753864448" alt="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" title="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" />
     </div>
     <div>
      Comme dans &quot;Des Chèvres en Corrèze&quot;, un seul en scène interprété par Dimitri Lepage – pièce qu'il interprète encore cette année à l'Épiscène –, les thèmes des &quot;Rossignols&quot; sont encore pour le moins anxiogènes, mais malheureusement bien réels : les crises climatiques et sociales, la masculinité et son oreille sourde aux changements qu'elle pourrait opérer pour que les &quot;choses&quot; soient plus fluides, les <span style="font-style:italic">&quot;petits échecs de nos vies chaotiques&quot;</span>, la place de l'Art de toutes évidences trop peu suffisante dans nos vies, nos fragilités, nos vulnérabilités, nos doutes, nos lenteurs…       <br />
              <br />
       Rien de simple que de convoquer de telles thématiques sur les planches d'un théâtre ! Mais c'était sans compter sur le talent de Jérôme Jacob-Paquay à la mise en scène, sur la musique originale, <span style="font-style:italic">&quot;mais pas que&quot;</span> d'Agathe Lavarel, offrant aux oreilles des spectateurs des sonorités récurrentes aux symboles profonds.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'or dans les mains&quot;</span> d'Anne-Frédérique Bailly, aux décors, enveloppe ce spectacle d'une aura à la frontière du naturalisme et de l'abstraction, entre réalité et rêve, tout en étant pourtant de moyens économes, mais néanmoins efficaces. Quasi claustrophobique, l'espace scénique participe à intensifier la dramaturgie de ce huis clos ainsi que la montée en tension entre les personnages.       <br />
              <br />
       La force du spectacle tient aussi, en très grande partie, à l'interprétation très charismatique, et comme par moments presque hallucinée, de Mathieu Laviolette. Son interprétation basée sur une logorrhée aux allures de plaidoyer incantatoire à la tribune emporte littéralement le spectateur : <span style="font-style:italic">&quot;Tout le monde dans sa petite bulle dit que c'est normal. Ça passera. Cela aussi, ça passera !&quot;. &quot;Alors, on danse ?&quot;</span>.       <br />
              <br />
       À ses côtés, Dimitri Lepage n'en est pas moins convaincant dans ses interrogations sur le sens de l'existence, sur la conscience, ou encore la mémoire. Deux comédiens, deux auteurs, deux âmes distinctes à plusieurs égards, tellement complémentaires. Car possédant au plateau et dans la vraie vie des attaches et des liens très complices.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90220976-63661810.jpg?v=1753864490" alt="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" title="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" />
     </div>
     <div>
      C'est en partie dans un travail de recherches et d'improvisations que les deux comédiens ont creusé, peaufiné, poncé, enrobé leurs propos jusqu'à donner naissance à un nouveau bijou créatif, vertigineusement beau malgré le bruit de bottes.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;(…) Nous avons souhaité trouver d'autres approches que celles de la confrontation permanente, de la haine de la différence, du chacun-pour-soi, et privilégier le partage avec des histoires individuelles, sans oublier l'Art ! Nous pensons qu'il existe, comme à l'orée de la Grande Guerre, des rossignols du carnage qui, voyant arriver la catastrophe, l'accueillent avec bonheur. Ils chantent même plus fort et projettent en chacun et chacune de nous dans le mur en nous coupant de nous-mêmes, en nous rendant étrangers les uns aux autres, et en corrompant nos récits&quot;</span>, souligne d'un commun accord les trois co-fondateurs de la compagnie.       <br />
              <br />
       Aux origines dramaturgiques des &quot;Rossignols&quot;, il y a eu aussi tout un travail autour d'ouvrages distincts, scientifiques, politiques ou romanesques dont ceux de Jonathan Chapoulot, historien, Alain Damasio – et probablement son roman vertigineux et époustouflant, &quot;La Horde du Contrevent&quot; –, ou encore Simone Veil.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90220976-63661819.jpg?v=1753864570" alt="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" title="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" />
     </div>
     <div>
      À l'image du roman de Damasio déjà cité plus haut, œuvre majeure de la science-fiction française grâce à son ambition philosophique et stylistique, ce nouvel opus 2025 des &quot;Chevals de Trois&quot; plonge le spectateur dans un univers métaphysico-existentiel de la plus belle teneur !       <br />
       Juste un tout, tout petit questionnement : les femmes auraient-elles déjà sombré dans le gouffre ?       <br />
              <br />
       Gageons, malgré tout, que le public sera au rendez-vous de cette création théâtrale à la quête de sens et de transcendance ostentatoire que, parfois, seul le théâtre peut convier. Si tel n'est pas le cas, nous serons, nous aussi, au bord du gouffre d'une humanité qui s'écroule… Mais ça ne le sera pas !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Rossignols du Carnage"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90220976-63661876.jpg?v=1753865099" alt="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" title="•Off 2025• "Les Rossignols du Carnage" Un spectacle plaidoyer et engagé à la parole artistiquement vertigineuse" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       Texte : Mathieu Laviolette et Dimitri Lepage.       <br />
       Mise en scène : Jérôme Jacob-Paquay.       <br />
       Avec : Mathieu Laviolette et Dimitri Lepage.       <br />
       Chorégraphie : Virginie Benoist.       <br />
       Décors et costumes : Anne-Frédérique Bailly.       <br />
       Musique : Agathe Lavarel.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Compagnie Les Chevals de Trois.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <b>A été joué du 4 au 26 juillet 2025.</b>       <br />
       Tous les jours à 14 h 28. Relâche le lundi.       <br />
       Théâtre Épiscène, 5, Rue Ninon Vallin, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 01 90 54.       <br />
       <a class="link" href="https://www.episcene.be/" target="_blank">>> episcene.be</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2025• "Happy Apocalypse", une fable métaphysique aux airs électro-pop d'une folle inventivité</title>
   <updated>2025-06-11T16:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Happy-Apocalypse--une-fable-metaphysique-aux-airs-electro-pop-d-une-folle-inventivite_a4249.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-06-11T16:02:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Autour du personnage de Perle, premier enfant hybride de l'histoire de l'humanité, issu d'un croisement avec le Varan de Komodo, la nouvelle pièce de Jean-Christophe Dollé questionne la normalité et la place de l'humain dans notre monde standardisé. Une ode à la fragilité, portée avec maestria par six comédiens et trois musiciens, où se croisent êtres composés et personnages fantasques dans un tourbillon psychédélique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89213618-63116483.jpg?v=1749650768" alt="•Off 2025• "Happy Apocalypse", une fable métaphysique aux airs électro-pop d'une folle inventivité" title="•Off 2025• "Happy Apocalypse", une fable métaphysique aux airs électro-pop d'une folle inventivité" />
     </div>
     <div>
      &quot;Happy Apocalypse&quot;, quel bel oxymore ! En quoi la fin du monde pourrait-elle nous réjouir ? À moins que nous envisagions le terme d'Apocalypse dans le sens de &quot;révélation&quot;, du grec ancien &quot;apokálupsis&quot; ? Tel est l'axiome proféré d'entrée de jeu par l'un des personnages principaux, Michael Crawling. Cet homme en fauteuil roulant, atteint d'une maladie neurodégénérative, est astrophysicien. Le 17 juin 1991 a marqué un tournant dans son existence. Il a été témoin d'un phénomène, mathématiquement impossible, qui a bouleversé sa conception du monde : une boule de flipper effectuant exactement le même trajet complexe deux fois de suite. Quid alors des probabilités ?       <br />
              <br />
       Michael a une grande théorie : <span style="font-style:italic">&quot;Le monde est arrivé au bout de son expansion. Désormais, l'univers rétrécit&quot;.</span> L'univers tout entier est en décroissance, même sa maladie décroît, en arrivera-t-il à constater. Tout s'est inversé. Nous en avons fini avec la croissance. La loi d'anthropie, du chaos… est désormais obsolète. Ce n'est pas une fin, mais un nouveau départ. Dans ce monde en décroissance cosmique, l'être mute, se transforme et redéfinit ses contours. C'est la définition même de la protopie : ni utopique, ni dystopique, la société progresse graduellement grâce aux avancées technologiques qui améliorent le processus naturel d'évolution.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89213618-63116486.jpg?v=1749650745" alt="•Off 2025• "Happy Apocalypse", une fable métaphysique aux airs électro-pop d'une folle inventivité" title="•Off 2025• "Happy Apocalypse", une fable métaphysique aux airs électro-pop d'une folle inventivité" />
     </div>
     <div>
      Michael Crawling a deux sœurs, Natasha et Betty. Natasha, 50 ans, chercheuse en génétique, passionnée de physique quantique, a créé un groupe de recherche pour guérir son frère. Grâce à ses travaux, une voix &quot;intelligente&quot; retransmet les pensées de Michael et permet au malade de communiquer avec le monde extérieur. Betty, la cadette, vit avec Natasha. Mal dans sa peau, elle ne supporte pas les injonctions que la société fait à son corps de femme et s'accroche à sa sœur comme à une bouée. Une chirurgie génitale viendra régler une partie de ses problèmes. Natasha, elle aussi célibataire, a une fille, Perle, premier enfant hybride de l'histoire de l'humanité, issu d'un croisement avec le Varan de Komodo.       <br />
              <br />
       Cette hybridation ayant quelques conséquences fâcheuses (une salive mortelle et une peau semblable à une cotte de mailles), Natasha lui a administré un traitement hormonal dès l'enfance, après qu'elle ait tué son chien en le mordant. Aujourd'hui adulte, Perle a décidé d'arrêter son traitement – source de conflit avec sa mère – et veut assumer pleinement ce qu'elle est, habiter le monde à sa façon : <span style="font-style:italic">&quot;J'suis pas anormale. En fait, y a pas d'anormalité. Tout n'est qu'affaire de classification, n'existe que ce qui est classable, n'existe que ce qui est nommable. Alors puisqu'il faut en passer par là pour exister, je vais me nommer moi-même pour que personne ne cherche à le faire à ma place…&quot;</span>       <br />
              <br />
       Ludovic Martin, un agent de chambre mortuaire fasciné par Natasha, lui, désire se transformer en papillon. <span style="font-style:italic">&quot;Je voudrais devenir un papillon. Je ne pense pas qu'être humain soit la meilleure option.&quot;</span> Pour mener à bien sa transformation, il suit un traitement hormonal et se fait greffer l'un des plus beaux papillons du monde, un uranie de Madagascar. S'il faut vivre, autant que ce soit en beauté, même si ce n'est qu'un seul jour…       <br />
       À ce microcosme en mutation viennent s'ajouter une &quot;plasticienne&quot;, des personnages à têtes d'animaux, une sage-femme à tête d'oiseau, un passager d'avion à tête de chien…, ou un homme à tête de bœuf très content d'avoir trouvé une appellation à sa nouvelle constitution : &quot;bomme&quot; (bœuf-homme).       <br />
              <br />
       À la croisée du théâtre, du concert électro-pop, du conte philosophique et de la fable animale, ce spectacle est tout aussi inclassable que ses personnages. D'une inventivité folle, la poésie et l'humour y côtoient la complexité du réel. C'est visuellement très réussi. Dans un grand ensemble uniformément bleu, de petits espaces colorés surgissent, comme par magie, au fil du récit, révélant des petits mondes : une cuisine jaune citron, une baignoire assortie suspendue dans les airs, une chambre mortuaire, un intérieur d'avion, un wagon de métro, un vestiaire de piscine, un escalier à sous-pente… Les costumes, perruques et masques contribuent à cette beauté visuelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89213618-63116504.jpg?v=1749650713" alt="•Off 2025• "Happy Apocalypse", une fable métaphysique aux airs électro-pop d'une folle inventivité" title="•Off 2025• "Happy Apocalypse", une fable métaphysique aux airs électro-pop d'une folle inventivité" />
     </div>
     <div>
      La musique, interprétée en live par un claviériste, un guitariste/bassiste et un percussionniste, et les chansons font partie intégrante du spectacle. Saluons les compositions musicales de Jean-Christophe Dollé, Noé Dollé, Laurent Guillet et Georges Hubert avec, en point d'orgue, ce très beau moment choral sur la chanson pop &quot;Happy Apocalypse&quot;, avec femme en bleu et personnages dansant à tête d'animaux, ou encore l'entêtant refrain &quot;super men&quot; (car, il est dit que &quot;notre fragilité fera de nous des super héros&quot;).       <br />
              <br />
       Le texte, très bien écrit, est d'une grande intelligence, exigeant et engagé, avec situations cocasses, grands moments d'émotion et expressions savoureuses (&quot;je m'en congèle les ovaires&quot;, bien plus rigolote que son pendant masculin). Le tout porté par une troupe talentueuse et merveilleusement au diapason.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le monde se dirige vers l'harmonie&quot;</span>, s'exclame Michael en se levant de son fauteuil. <span style="font-style:italic">&quot;Nous ne faisons qu'un. Il faudra faire table rase de tous les systèmes, déclasser le monde. L'algorithme est une pensée morte et nous sommes vivants.&quot;</span> Un monde peut-être pas parfait, mais vivant, et où l'art a indéniablement sa place !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89213618-63116511.jpg?v=1749650790" alt="•Off 2025• "Happy Apocalypse", une fable métaphysique aux airs électro-pop d'une folle inventivité" title="•Off 2025• "Happy Apocalypse", une fable métaphysique aux airs électro-pop d'une folle inventivité" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean-Christophe Dollé.       <br />
       Mise en scène : Clotilde Morgiève et Jean-Christophe Dollé.       <br />
       Scénographie et costumes : Marie Hervé.        <br />
       Avec : Jean-Christophe Dollé, Clotilde Morgiève, Sol Espeche, Yann de Monterno, Géraldine Roguez, Noé Dollé, Rodrigo Viana, Pierre Martin, Simon Demeslay et la voix de Solenn Denis.       <br />
       Création lumières, création machinerie plateau, régie générale : Simon Demeslay.        <br />
       Musiques : Jean-Christophe Dollé, Noé Dollé, Laurent Guillet et Georges Hubert.       <br />
       Mise en son : Georges Hubert.       <br />
       Chorégraphie : Aurélie Mouihade.       <br />
       Masques : Olga Reis.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 24 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 22 h 35. Relâche le vendredi.       <br />
       Le 11•Avignon, Salle 1, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@11avignon.com')" >contact@11avignon.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">>> 11avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre</title>
   <updated>2025-05-30T10:23:00+02:00</updated>
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   <published>2025-05-30T10:10:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Du 20 au 25 mai s'est tenue la 3e édition du Festival confit ! à La Garance, Scène Nationale de Cavaillon (84). Un théâtre comestible qui met, avec beaucoup de talent et d'intelligence, l'alimentation partagée au cœur de la création artistique. Lors de cette nouvelle édition, "confit !" s'est frotté à de multiples questions : historiques, familiales, sociétales, environnementales… D'un rituel culinaire libanais ("Freekeh"), pour célébrer les personnes disparues, à la confection d'un dîner insolite ("Repas de mer"), en vue de se préparer à la fin du monde, les propositions artistiques se sont avérées aussi passionnantes que savoureuses.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88908168-62930161.jpg?v=1748592823" alt="Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre" title="Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre" />
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      Le Festival confit ! a vu le jour, il y a trois ans, avec l'arrivée de sa nouvelle directrice, Chloé Tournier, auparavant en charge de la programmation du MAIF Social Club, à Paris. Passionnée par le sujet, Chloé Tournier travaille depuis une vingtaine d'années sur les liens entre le théâtre et la cuisine. Ce fut d'ailleurs le sujet de son mémoire de fin d'études à Sciences-Po et également la thématique d'une exposition au MAIF Social Club, &quot;Matières à mijoter&quot;. Si la directrice de la Scène Nationale de Cavaillon reconnaît la gourmandise comme l'une de ses qualités, il faut dire que ce projet artistico-culinaire a toute sa légitimité sur le territoire de Cavaillon.        <br />
              <br />
       Situé dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, entre le Lubéron et les Alpilles, celui-ci est particulièrement marqué par les questions agricoles, historiquement, dans sa richesse passée, mais aussi dans ses infrastructures, ses paysages marqués par l'agriculture (oliviers, vignes, etc.). C'est encore aujourd'hui un territoire qui produit beaucoup. Cavaillon, capitale du melon, ça vous dit quelque chose ?
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88908168-62930163.jpg?v=1748592848" alt="Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre" title="Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre" />
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      Pour Chloé Tournier, la matière alimentaire, en tant que matière artistique, permet de nouvelles dramaturgies, mais aussi des récits politiques autres et des esthétiques relationnelles différentes, ce que viennent confirmer les deux spectacles vus ce jour-là. L'alimentation n'est pas un temps convivial offert avant, pendant ou après la représentation, mais constitue ici l'essence même du spectacle.       <br />
              <br />
       Après "Lentilles au fenouil" et "Chaussons aux tomates", Hiba Najem signe, avec </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Freekeh"</strong></span>, la troisième performance de sa série culinaire. Accompagnée d'un accordéoniste, l'artiste raconte l'histoire de Souad, sa tante disparue, à travers le Freekeh, le plat préféré de la défunte. Quarante spectateurs sont ainsi conviés à explorer les traditions et le rituel entourant les quarante jours après la mort d'un proche. Ensemble, ils dressent la table et cuisinent le fameux Freekeh, ce plat traditionnel à base de blé vert auquel s'ajoutent des légumes, diverses épices, du fromage blanc, de la menthe sèche et de l'ail.       <br />
              <br />
       Ce blé, issu d'une variété très ancienne, possède un goût délicieusement fumé, car il a été récolté avant maturité et brûlé dans son écorce. Entre les effluves de blé, d'oignons, les mélodies orientales et la voix enregistrée de la défunte sur un répondeur téléphonique se tissent des liens entre passé et présent, mémoire et partage, artistes et spectateurs. L'expérience partagée devient support de rencontre.       <br />
              <br />
       La scénographie accompagne les trois temps du spectacle, un premier temps où, répartis en deux rangées, les spectateurs se font face, découvrant le récit d'Hiba ; un deuxième dans lequel chacun s'affaire en petits groupes dans les préparatifs (garnir la table de fleurs et de bougies, couper les légumes, préparer le fromage blanc, mettre le couvert…) ; et un troisième où le public, attablé, savoure le repas, riche de récits et de symboles.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">"En partageant un plat qui était cher à ma tante,</span> confie Hiba, <span style="font-style:italic">j'espère lui rendre hommage ainsi qu'à toutes les personnes qui ne sont plus présentes avec nous depuis quarante jours, quarante semaines ou quarante ans. Ma tante était une femme joyeuse qui aimait la vie et aimait profiter de sa beauté plutôt que de se concentrer sur sa tragédie. Je m'inspire d'elle pour célébrer sa mort en une fête."</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88908168-62930189.jpg?v=1748592873" alt="Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre" title="Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre" />
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      Avec </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Repas de mer"</strong></span>, l'alimentation véhicule les questions environnementales sous un angle inclusif. Cuisiner pour se préparer à la fin du monde, ou plutôt pour prendre soin du monde de demain, telle est l'invitation de la compagnie belge Laika. "Peut-on sauver la planète depuis sa cuisine ?", Se demande la narratrice-comédienne. Atteinte d'écoanxiété, alors qu'elle s'apprête à devenir mère, elle cherche des solutions pour juguler ses préoccupations planétaires. Sa quête commence par la mer, un paysage qui lui est familier et dont elle est originaire. Fuyant la vie urbaine, elle nous emmène, dans un voyage sensoriel, le long des plages et des falaises, nous raconte ses rencontres avec des cueilleuses d'algues…       <br />
              <br />
       Installés autour d'elle, sur deux niveaux, dans une structure circulaire, quelque quatre-vingt spectateurs écoutent son récit (en néerlandais, surtitré en français), expérimentent différents types d'algues et des recettes innovantes entièrement végétales : du beurre marin, des chips de chêne de mer, de la mousse de poisson sans poisson, des coquilles de pleurotes de panicaut, des sushis farcis de tapenade de betteraves rouges, de riz de quinoa et de courgette jaune… le tout accompagné d'un kéfir marin (à base de spiruline forcément). En dessert, de délicieux brownies de patates douces, de baies d'argousier et de pépites de chocolat pur – les recettes de Laika sont à retrouver sur le site de <a class="link" href="https://www.laika.be/FR/cuisine" target="_blank">la compagnie.</a>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88908168-62930193.jpg?v=1748592906" alt="Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre" title="Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre" />
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      Le repas est tout sauf passif, car la future mère nous invite à sentir, toucher, goûter, couper, broyer, malaxer… C'est une véritable expérience culinaire que la jeune femme dispense avec humour et une pointe de suspense. Ses plats s'avèrent incroyables et sans doute bien plus efficaces qu'un discours sur l'avenir de la planète.       <br />
              <br />
       Cette édition du festival confit ! a également vu le lancement du projet de recherche &quot;A tavola !&quot; (&quot;À table !&quot; en italien, NDLR), porté par l'artiste complice Floriane Facchini. L'idée de ce projet est de croiser les regards de chercheurs, d'artistes, d'agriculteurs et d'élus des collectivités territoriales pour transformer les pratiques des uns et des autres, agriculteurs et consommateurs, afin de préserver la biodiversité. Tout au long du processus qui s'étalera sur deux ans, des performances culinaires (&quot;les Mises en Bouche&quot;) seront proposées et un banquet artistico-culinaire-scientifique parachèvera l'aventure en mai 2027.       <br />
              <br />
       Rendez-vous donc en mai 2026 pour la 4e édition du festival confit ! et pour un premier point sur le projet &quot;A tavola !&quot;.       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88908168-62930231.jpg?v=1748593143" alt="Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre" title="Festival confit ! Les rituels culinaires intimement associés aux problématiques questionnées par le théâtre" />
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      <b>Festival confit !</b>       <br />
       Cette 3e édition s'est déroulé du 20 au 25 mai 2025.       <br />
       Proposé par La Garance - Scène nationale, Cavaillon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://www.lagarance.com/" target="_blank">>> lagarance.com</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Freekeh"</strong></span>       <br />
       Conception : Hiba Najem.       <br />
       Mise en scène et performance : Hiba Najem.        <br />
       Création musicale et musique sur scène : Samah Boulmouna.       <br />
       Coproduction La Garance.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Repas de mer"</strong></span>       <br />
       Texte : Sien Vanmaele.       <br />
       Mise en scène : Jo Roets.       <br />
       Avec : Annelotte van Aarst.       <br />
       Concept sensoriel : Peter De Bie et Sien Vanmaele,        <br />
       Musique : Jason Dousselaere.       <br />
       Scénographie : Studio Kuurjeus et Peter De Bie.       <br />
       Costumes : Manuela Lauwers.       <br />
       Dramaturgie Mieke Versyp.       <br />
       Cuisine : Sara Sampelayo Helena Verbeeck et Annelotte Van Aarst.       <br />
       Éclairage : Thomas Stevens.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 40.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-confit--Les-rituels-culinaires-intimement-associes-aux-problematiques-questionnees-par-le-theatre_a4231.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure</title>
   <updated>2025-04-09T09:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-vie-secrete-des-vieux-Aimer-meme-trop-meme-mal-Aimer-jusqu-a-la-dechirure_a4035.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/82501017-59174767.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-08-30T19:41:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Telle est ma quête", ainsi parlait l'Homme de la Mancha de Jacques Brel au Théâtre des Champs-Élysées en 1968… Une quête qu'ont fait leur cette troupe de vieux messieurs et vieilles dames "indignes" (cf. "La vieille dame indigne" de René Allio, 1965, véritable ode à la liberté) avides de vivre "jusqu'au bout" (ouaf… la crudité revendiquée de leur langue émancipée y autorise) ce qui constitue, n'en déplaise aux catholiques conservateurs, le sel de l'existence. Autour de leur metteur en scène, Mohamed El Khatib, ils vont bousculer les règles de la bienséance apprise pour dire sereinement l'amour chevillé au corps des vieux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82501017-59174767.jpg?v=1721202178" alt=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      Votre ticket n'est plus valable. Prenez vos pilules, jouez au Monopoly, au Scrabble, regardez la télé… des jeux de votre âge quoi ! Et surtout, ayez la dignité d'attendre la mort en silence, on ne veut pas entendre vos jérémiades et – encore moins ! – vos chuchotements de plaisir et vos cris d'amour… Mohamed El Khatib, fin observateur des us et coutumes de nos sociétés occidentales, a documenté son projet théâtral par une série d'entretiens pris sur le vif en Ehpad au moment de la Covid, des mouroirs avec eau et électricité à tous les étages. Autour de lui et d'une aide-soignante, artiste professionnelle pétillante de malice, vont exister pleinement huit vieux et vieilles revendiquant avec une belle tranquillité leur droit au sexe et à l'amour (ce sont, aussi, des sentimentaux, pas que des addicts de la baise).       <br />
              <br />
       Un fauteuil roulant poussé par un vieux très guilleret fait son entrée… On nous avertit alors qu'en fonction du grand âge des participant(e)s au plateau, et malgré les deux défibrillateurs à disposition, certain(e)s sont susceptibles de mourir sur scène, ce qui – on l'admettra aisément – est un meilleur destin que mourir en Ehpad… Humour noir et vieilles dentelles, le ton est donné. De son fauteuil, la doyenne de la troupe, 91 ans, Belge et ancienne présentatrice du journal TV, va ar-ti-cu-ler son texte, elle qui a renoncé à son abonnement à la Comédie-Française car &quot;ils&quot; ne savent plus scander, un vrai scandale ! Confiant plus sérieusement que, ce qui lui manque aujourd'hui – elle qui a eu la chance d'avoir beaucoup d'hommes –, c'est d'embrasser quelqu'un sur la bouche et de manquer à quelqu'un.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82501017-59174768.jpg?v=1721202208" alt=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      Elle enchaîne en ar-ti-cu-lant le texte d'un autre, un certain Alfred de Musset dont elle déclame l'éclatant manifeste de l'amour (sans badiner) qu'elle a fait sien… <span style="font-style:italic">&quot;On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière et on se dit : j'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois ; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui&quot;.</span>       <br />
              <br />
       En facilitateur des échanges, le metteur en scène présent sur scène rappellera la préoccupation récurrente énoncée par les résidents âgés s'étant très librement confiés… <span style="font-style:italic">&quot;Faites ce que vous voulez de nos histoires, mais surtout n'en dites rien à nos enfants&quot;</span>. Et lorsque chacun et chacune prendra ensuite la parole, on comprendra pour quelles raisons cette demande lui a été adressée… La peur de choquer le &quot;sens moral&quot; de leurs progénitures victimes du conditionnement sociétal… mais, plus encore, de se voir eux interdits d'amour.       <br />
              <br />
       Elle, médecin chirurgien, ayant hérité de magnifiques cormes qu'elle doit à son défunt mari, éprouvant toujours à son âge avancé (82 ans) les pulsions sexuelles de ses vingt ans… mais plus de rapports pour les satisfaire… Alors ? La masturbation ! Retour à ses pratiques des débuts, ainsi en va-t-il d'un cycle parfait. L'occasion de confesser, en tant que chirurgien ayant eu à &quot;opérer&quot;, les trésors d'imagination des masturbateurs en série. Le crucifix à extirper d'un fidèle vagin, le vase japonais décoré de belles fleurs à retirer d'un rectum accueillant… Et lorsque, se retournant vers ses camarades, elle les interroge sur leurs pratiques personnelles, l'une, hilare, de confier l'attraction irrésistible qui l'a conduite à se saisir en cuisine d'une carotte avenante, avant de la tremper dans le potage.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82501017-59174769.jpg?v=1721202235" alt=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      Lui, 85 ans, raconte son dépucelage dans la rue des putes à Tunis dans les années 57 par des dames au grand cœur qu'il a pu rétribuer grâce à sa soudaine vocation d'enfant de chœur, les enterrements, qu'ils en soient ici laïquement remerciés, offrant, et de loin, les meilleurs pourboires.       <br />
              <br />
       Lui, bel homme, prenant appui droit comme un &quot;i&quot; sur sa canne et confiant que son père, 86 ans, avait accepté son invitation de l'accompagner à la Gay Pride. Toujours aussi désirant des hommes, même s'il ne partage plus son appartement pour se garder les moments compliqués. Quant aux faiblesses érectiles, il a trouvé la parade viagra. Et, en plus, il est aujourd'hui amoureux d'une femme.       <br />
              <br />
       Et bien d'autres témoignages encore, tous n'étant pas, à l'image de la vie, heureux… Ainsi de l'amour passionnel partagé entre une résidente et un résident, amour explosant dans une émouvante lettre lue, missive à la tonalité vibrante d'accents adolescents. L'autrice, à qui on a formellement interdit de retrouver son amoureux, a préféré se donner la mort, seule dans sa chambre. Et là, le cri de colère d'un résident : <span style="font-style:italic">&quot;Non seulement, petits, nos enfants, il a fallu les torcher, et maintenant ils nous font chier en se mêlant de notre sexualité…&quot;.</span> Problème éminemment politique et crucial que celui d'une société qui infantilise le grand âge sous prétexte de veiller sur lui. La dérive s'étendant des proches (dérangés par quoi ?) aux institutions (l'ordre social en dépendrait-il ?) qui, dans le même élan, veillent au grain de l'interdit sexuel des vieux érigé en tabou non transgressable.       <br />
              <br />
       Mais la vie, inaliénable par nature pour les êtres désirants quels que soient les âges, reprend le dessus au travers d'une bombe désinhibée, c'est-à-dire magnifiquement libre. Elle, après avoir constaté que les Ehpad ce n'est pas la scène ballroom, c'est par SMS qu'elle a rencontré sa partenaire qu'elle a aimé… avec son cœur, avec son cul, avant de découvrir les ressources inépuisables du clitoris. Quant au rêve nocturne où elle s'est écriée <span style="font-style:italic">&quot;Enculez-moi !&quot;</span>, elle ne l'interprétera pas, laissant à Dieu et à la psychanalyse le soin de le faire.       <br />
              <br />
       Fédérant ces personnes, personnages éminemment vivants en quête de plaisir amoureux et charnel, une actrice professionnelle jouant le rôle d'une aide-soignante délivre toujours avec humour le ressenti des femmes d'origine magrébine, vouées aux tâches les plus ingrates et confrontées régulièrement à des remarques racistes sous couvert de plaisanteries anodines. C'est elle aussi qui, en guise de tableau final, se lancera dans un numéro théâtral des plus toniques, patchwork de tout ce que les résidents ont pu apporter d'artistique (scènes de &quot;Roméo et Juliette&quot;, de &quot;Bérénice&quot;, Chant lyrique, chants populaires…). Numéro salué par les gerbes de feux d'artifice, les applaudissements nourris des résidents… et des spectateurs inclus.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82501017-59174770.jpg?v=1721202259" alt=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      Au-delà du plaisir sensuel lié à l'humanité à fleur de peau de ses vieux et vieilles mus par les désirs sexuels qui les transcendent, la force de la proposition artistique de Mohamed El Khatib tient à son bel engagement politique. En effet, apporter sur un plateau la preuve concrète que le désir est – et sans date aucune de péremption – le moteur de ce qui maintient en vie l'animal humain libéré des structures aliénantes de domination, est stricto sensu révolutionnaire.       <br />
              <br />
       Un certain Wilhelm Reich, psychiatre et psychanalyste autrichien, appartenant au courant analytique antifasciste, n'a-t-il pas écrit, en 1936, &quot;La Révolution sexuelle&quot;… Essai où il accréditait la thèse que la sexualité est une utopie nécessaire… Qu'elle était de nature à mettre à bas les carcans du capitalisme et du patriarcat. Une utopie devenant devant nous, spectateurs des théâtres de la 78ᵉ édition du Festival d'Avignon, une réalité vivante.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le lundi 15 juillet 2024 à La Chartreuse-CNES de Villeneuve-lez-Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La vie secrète des vieux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82501017-59174771.jpg?v=1721202288" alt=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" title=""La vie secrète des vieux" Aimer même trop, même mal… Aimer jusqu'à la déchirure" />
     </div>
     <div>
      &quot;La vie secrète des vieux&quot;       <br />
       France - Création 2024.       <br />
       Spectacle en français surtitré en anglais.       <br />
       Conception : Mohamed El Khatib.       <br />
       Avec (en alternance) : Annie Boisdenghien, Micheline Boussaingault, Marie-Louise Carlier, Chille Deman, Martine Devries, Jean-Pierre Dupuy, Yasmine Hadj Ali, Salimata Kamaté, Jacqueline Juin, Jean Paul Sidolle, Gaby Suffrin.       <br />
       Dramaturgie : Camille Nauffray.       <br />
       Scénographie : Frédéric Hocké.       <br />
       Vidéo : Emmanuel Manzano.       <br />
       Son : Arnaud Léger.       <br />
       Collaboration : Mathilde Chadeau, Vassia Chavaroche.       <br />
       Vie médicale : Paul Ceulenaere, Virginie Tanda, Vinciane Watrin.       <br />
       Entretiens : Marie Desgranges, Zacharie Dutertre, Vanessa Larré.       <br />
       Régie générale : Jonathan Douchet.       <br />
       Photographie : Yohanne Lamoulère.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Babel Subtitling (anglais).       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       Du 12 au 26 septembre 2024.       <br />
       jeudi 12 au samedi 14 à 20 h, lundi 16 au mercredi 18 à 20 h, vendredi 20 et samedi 21 à 20 h, dimanche 22 à 15 h, mardi 24 au jeudi 26 à 20 h.       <br />
       Théâtre de la Ville Les Abbesses (dans le cadre du Festival d'Automne), Paris 18ᵉ, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredelaville-paris.com/fr/lieux/les-abbesses" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       5 octobre 2024 : Festival Internazionale del Teatr, Lugano (Suisse).       <br />
       8 et 9 octobre 2024 : Espace 1789 - Scène conventionnée pour la danse, Saint-Ouen (93).       <br />
       11 octobre 2024 : Théâtre Cinéma - Scène conventionnée pour la diversité linguistique,  Choisy-le-Roi (94).       <br />
       9 et 10 novembre 2024 : Romaeuropa Festival, Rome (Italie).       <br />
       Du 27 au 29 novembre 2024 : Centre dramatique national Orléans Centre-Val de Loire, Orrléans (45).       <br />
       Du 12 au 15 décembre 2024 : La Comédie, Genève (Suisse)       <br />
       18 et 19 décembre 2024 : Points communs - Nouvelle Scène nationale, Cergy-Pontoise (95).       <br />
       9 et 10 janvier 2025 : Théâtre du Bois de l'Aune, Aix-en-Provence(13).       <br />
       Du 13 au 15 janvier 2025 : Tandem - Scène nationale d'Arras-Douai, Arras (62).       <br />
       17 et 18 janvier 2025 : Le Channel - Scène nationale, de Calais       <br />
       28 janvier 2025 : Équinoxe - Scène nationale, Châteauroux (36).       <br />
       30 janvier 2025 : Halle aux grains - Scène nationale, Blois (41).       <br />
       Du 12 au 15 février 2025 : La Comédie Scène nationale, Clermont-Ferrand (63).       <br />
       Du 11 au 15 mars 2025 : Théâtre national de Bretagne, Rennes (35).       <br />
       28 et 29 mars 2025 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).       <br />
       <span class="fluo_jaune">8 et 9 avril 2025 :</span> Espace Malraux Scène nationale, Chambéry (73).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 15 au 17 avril 2025 :</span> MC2 - Scène nationale,  Grenoble (38).       <br />
       <span class="fluo_jaune">27 et 28 mai 2025 : </span>L'Espal - Scène nationale, Le Mans (72).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-vie-secrete-des-vieux-Aimer-meme-trop-meme-mal-Aimer-jusqu-a-la-dechirure_a4035.html" />
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  <entry>
   <title>•In 2024• "Terminal (L'État du Monde)" Quand tout est fini… tout recommence, une histoire encore et toujours à inventer</title>
   <updated>2024-07-24T11:05:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Terminal-L-Etat-du-Monde-Quand-tout-est-fini-tout-recommence-une-histoire-encore-et-toujours-a-inventer_a4017.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81750394-58829716.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-24T10:50:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Shéhérazade, la conteuse des "Mille et Une Nuits", échappa, dit-on, à la mort promise grâce à son pouvoir fabuleux (!) de raconter des histoires si palpitantes que le sultan des Indes, voulant connaître la suite, renonça à son projet de l'occire… Et si, dans ce monde de début du troisième millénaire, le nôtre, croulant sous les signes d'une mort annoncée de la planète bleue, notre capacité à nous raconter encore et encore des histoires, nous sauvait nous aussi de l'extinction programmée ? Quand le réel est sombre comme une nuit noire, l'imaginaire ne peut-il l'éclairer, le remodeler selon des désirs plus "aimables" ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81750394-58829716.jpg?v=1721812551" alt="•In 2024• "Terminal (L'État du Monde)" Quand tout est fini… tout recommence, une histoire encore et toujours à inventer" title="•In 2024• "Terminal (L'État du Monde)" Quand tout est fini… tout recommence, une histoire encore et toujours à inventer" />
     </div>
     <div>
      Telle est la question… posée en filigrane par la proposition poétique et théâtrale d'Inês Barahona et Miguel Barahona, deux utopistes engagés dans les arts &quot;vivants&quot;… Dans la cour au pouvoir magnétique du Cloître des Célestins sur laquelle veillent deux platanes séculaires, des racines géantes ont pris possession des lieux, enserrant de leurs excroissances vigoureuses un piano branlant et quelques sièges survivant au Théâtre national de Sao Joao de Porto. Un paysage de fin du monde, un peu comme celui entourant la centrale nucléaire de Tchernobyl quand les zones irradiées se sont mises à produire une nature et une faune monstrueuses.       <br />
              <br />
       Sous des lumières savamment (dé)composées, les six personnages (quatre acteurs et deux musiciens), en quête d'une humanité qui se dérobe sous leurs pas, vont seuls ou en chœur (beaux tableaux d'eux groupés, leurs chants incantatoires s'élevant dans la nuit avignonnaise) raconter le monde d'avant, ce monde perdu d'où ils viennent… Une ville, Era, au nom prophétique, où un fleuve obstiné n'avait de cesse de vouloir échapper à la loi des hommes, construisant des digues pour le dompter, en pure perte. Et puis cette odeur pestilentielle de cadavres charriés, de mort régnante. Seul un boa constricteur survécut à la catastrophe annoncée, il avala l'enfant, un être hybride entre l'homme et le boa en naquit…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81750394-58829717.jpg?v=1721812639" alt="•In 2024• "Terminal (L'État du Monde)" Quand tout est fini… tout recommence, une histoire encore et toujours à inventer" title="•In 2024• "Terminal (L'État du Monde)" Quand tout est fini… tout recommence, une histoire encore et toujours à inventer" />
     </div>
     <div>
      Une histoire étrange, métaphorique, une sorte de mythe à multiples entrées cristallisant le rêve éveillé dont les peuples sont friands pour se raconter des histoires, sur eux et leur existence. Sinon, comment expliquer le succès du plus grand récit qui soit, la Bible, forte de deux versions qui s'enchainent ?       <br />
              <br />
       Trouver une échappatoire au désastre, une porte de sortie vers un ailleurs plus aimable… Naufragés de l'arche perdue, vagabonds terriens, ils atterrissent dans ce lieu de la représentation, où, devant nous, ils vont explorer dans un voyage immobile les issues de secours, le monde des possibles… Étrange communauté que la leur…       <br />
              <br />
       Un homme-valise transportant sa maison avec lui et les valeurs mercantiles qui s'y sont précieusement déposées. Une femme éperdument nostalgique de la vie d'avant, celle où le temps passait dans une répétition cyclique aussi immuable que la succession des saisons, un monde mettant à l'abri de tout stress aventureux. Une femme sans racine, affichant elle fièrement son indépendance, son regard critique sur les agissements de l'homme-valise. Et ce miraculé ayant traversé les immenses champs de bataille, les animaux guerriers, les plantes géantes aux odeurs fétides, les grizzlis terrifiants, les écureuils tueurs, bref la guerre généralisée, et ayant pu échapper au général qui faisait la chasse aux étrangers, leur cousant la bouche pour les réduire au silence.       <br />
              <br />
       Seul l'instinct animal déposé en l'homme depuis les temps farouches pourra le sauver d'un présent sans avenir. Inventer le futur pour donner un sens au présent dystopique… En chœur, leurs voix chantées s'élèvent comme des incantations douces : <span style="font-style:italic">&quot;Nous sommes de la graine des révoltés. Tout faire sauter pour inventer notre futur&quot;.</span> Ouvrir les portes donnant sur les trous du temps… L'homme-valise, en marchand d'illusions, dira avoir vu un monde paradisiaque, sans souffrances, sans heurts, sans pauvreté. Là, tout n'est qu'ordre et beauté, calme et volupté. Le climat est contrôlé à distance par d'énormes centrales, et tout est vert… La femme sans racines confiera, elle, avoir reconnu la voix de sa grand-mère, nichée dans les fruits, les légumes. La terre ne nourrira personne avant que l'on la nourrisse… Des enfants rencontrés rapporteront les autoroutes désertes, les terres calcinées, le silence de mort recouvrant les étendues vides de toute vie, si c'est ça l'avenir…       <br />
              <br />
       Alors quelle issue pour cette communauté composite retranchée ici face à nous ? Faisant corps les uns avec les autres, dans une nouvelle cohésion porteuse d'espoir, ils… Mais ceci est une autre histoire, une autre histoire à raconter, car, si le théâtre ne peut pas sauver le monde, &quot;se raconter des histoires&quot; c'est débrider l'imaginaire, le laisser libre d'inventer d'autres voies conduisant sur d'autres rives. Une fable, l'une encore dira-t-on, riche en métaphores nichées dans ses plis. Une histoire permettant de reculer les limites du réel pour inventer – comme on invente un trésor – un &quot;à-venir&quot; enviable.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 21 juillet 2024 au Cloître Saint-Louis à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Terminal (L'État du Monde)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81750394-58829774.jpg?v=1721812857" alt="•In 2024• "Terminal (L'État du Monde)" Quand tout est fini… tout recommence, une histoire encore et toujours à inventer" title="•In 2024• "Terminal (L'État du Monde)" Quand tout est fini… tout recommence, une histoire encore et toujours à inventer" />
     </div>
     <div>
      Portugal - Création 2024       <br />
       Spectacle en Portugais surtitré en français et anglais.       <br />
       Mise en scène : Miguel Fragata.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Beatriz Brito.       <br />
       Avec : Anabela Almeida, Vasco Barroso, Miguel Fragata, Carla Galvão et Manuela Azevedo, Hélder Gonçalves (musiciens).       <br />
       Scénographie : Eric da Costa.       <br />
       Musique : Hélder Gonçalves.       <br />
       Lumière : Rui Monteiro.       <br />
       Costumes : José António Tenente.       <br />
       Aide au mouvement : Victor Hugo Pontes.       <br />
       Construction des décors : Eric da Costa, Paula Hespanha, João Salgado, José Pedro Sousa.       <br />
       Régie générale : Nuno Figueira, Luís Ribeiro.       <br />
       Régie son : Nelson Carvalho, Tiago Correia.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Madalena Caramona (anglais), Thomas Resendes (français).       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été joué du 15 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cloître Saint-Louis, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       5 octobre 2024 : Milhas, Fábrica Ideias (avec le Teatro Nacional D. Maria II de Lisbonne), Ílhavo (Portugal).       <br />
       Du 24 au 27 octobre 2024 : Teatro Nacional São João, Porto (Portugal).       <br />
       15 novembre 2024 : Acert, Tondela (Portugal).       <br />
       Du 20 au 23 novembre 2024 : Théâtre du Point du Jour, Lyon 5e.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81750394-58829784.jpg?v=1721812914" alt="•In 2024• "Terminal (L'État du Monde)" Quand tout est fini… tout recommence, une histoire encore et toujours à inventer" title="•In 2024• "Terminal (L'État du Monde)" Quand tout est fini… tout recommence, une histoire encore et toujours à inventer" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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