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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-15T15:34:07+02:00</updated>
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   <title>"Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits</title>
   <updated>2024-02-13T16:44:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Ombres-portees-Famille-je-vous-hai-me-mise-en-lumiere-poetique-des-non-dits_a3817.html</id>
   <category term="Danse" />
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   <published>2024-02-13T15:50:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au vindicatif "Familles, je vous hais !" d'André Gide, répondait en écho le vengeur "Familles, je vous ai" d'Hervé Bazin. Avec l'écriture qu'est la sienne, un délié d'arabesques aériennes nimbées de clairs-obscurs lumineux, Raphaëlle Boitel apporte ici sa touche personnelle au dévoilement du problématique édifice parental. Transcendant les non-dits familiaux, sans rien édulcorer de leurs nuisances, elle les "projette" en ombres portées jusqu'à nous dans des jeux de montrer-cacher hypnotiques saisissants de vérité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78341553-56867272.jpg?v=1707838760" alt=""Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits" title=""Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits" />
     </div>
     <div>
      On se souvient encore d'avoir été subjugué par les très beaux tableaux de camaïeux de noirs – échos de l'outrenoir de Pierre Soulages – que la chorégraphe nous avait offerts dans &quot;La Chute des Anges&quot;. Accompagnée du même talentueux maître des lumières et toujours avec la subtilité comme marque de fabrique, Raphaëlle Boitel convoque les ressources de son art pour nous introduire au cœur d'une famille… ordinaire.       <br />
              <br />
       Une jeune femme, assise sur un trapèze où elle se balance sereinement, déroule les souvenirs d'une enfance heureuse… du moins le devine-t-on, car sa voix affaiblie nous parvient par bribes. Ses mouvements de va-et-vient conjuguent sa disparition, dans l'arrière-plan plongé dans le noir du fond de scène, et son apparition, sous les lumières de l'avant-scène.       <br />
              <br />
       Puis, succédant au tableau liminaire tout en contrastes, le pendule d'un métronome est brusquement stoppé par un homme à la carrure massive, un homme drapé dans un silence assourdissant. Figure hiératique d'un pater familias vu de dos dont certains actes – on pourrait déjà le supposer – semblent avoir pour effets délétères de figer le temps comme le gel solidifie l'eau. Ce temps qui depuis n'arrête pas de bégayer, comme un disque rayé, lancinant et cruel, dans la tête de la jeune femme en furie qui l'instant d'avant encore se balançait innocemment.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78341553-56867311.jpg?v=1707838791" alt=""Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits" title=""Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits" />
     </div>
     <div>
      La musique saccadée et les lumières stéréoscopiques découpent les mouvements de personnages courant en tous sens à la recherche d'un je-ne-sais-quoi, enchaînant des acrobaties au sol, donnant à voir une agitation frénétique. Quand le calme revient, comme une pause dans un scénario qui s'emballerait, une table tombe des cintres. Un silence de plomb règne alors autour d'une tablée nuptiale où prennent place les membres du clan familial.       <br />
              <br />
       Tableaux hypnotiques sculptés par les jeux de lumières et d'ombres qui, comme dans un rêve éveillé ou un cauchemar en devenir, enchainent sans transition les scènes… La mariée en longue robe blanche, son élu (avouant n'être pas insensible au galbe des jambes de la jeune sœur), la troisième sœur au bord de la crise de nerfs, le frère et le père &quot;ré-unis&quot; comme pour une photo de famille… ponctuée par un bras d'honneur magistral !       <br />
              <br />
       Ou encore… Le silence plombant, déchiré par les cris de la jeune femme se jetant, hors d'elle, sur le père avant de se statufier, puis de se retirer en coulisses, hébétée comme le fantôme d'elle-même. Les deux sœurs et le frère s'interposant pour éviter l'affrontement physique, pour tenter coûte que coûte de faire taire… d'&quot;entairer&quot; ce qui ne peut, ne doit être dit. D'autres scènes, plus &quot;légères&quot; elles, verront un psychanalyste hors champ (freudien) tendant ses bras démesurés pour atteindre à l'extrémité opposée du plateau la mariée en proie à ses mots intranquilles. Ou bien le marié, suspendu au bout du fil d'un téléphone en lévitation, prononçant des paroles se perdant joliment en l'air.       <br />
              <br />
       Cette mosaïque de vues stéréoscopiques, alternant figures acrobatiques de haut vol et bribes de conversations terre à terre, nous immerge de plain-pied dans l'univers des non-dits à forte charge explosive. La sœur, malade de sa famille, jeune femme symptôme d'un lourd secret recouvert d'une chape de plomb – dont le patriarche, allié tacitement à ses autres enfants, détient la clé – se présente comme l'archétype de la sacrifiée sur l'autel d'une concorde familiale à défendre coûte que coûte. Et pourtant, ce sera grâce à elle, le grain de sable erratique, la perturbée pétant les plombs, que la famille mortifère pourra (en fin de compte à régler) échapper à la compulsion répétitive d'une boucle éminemment toxique.       <br />
              <br />
       Et s'il serait hasardeux d'émettre une hypothèse (attitude incestuelle voire incestueuse ? mystère inavouable autour de l'absence de la mère ?) sur ce que recouvre la demande de pardon que le patriarche adresse à sa grande fille, cette incertitude – propice à toutes les interprétations – permet à chacune et chacun de se projeter dans les zones &quot;défendues&quot; de son propre roman familial.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78341553-56867312.jpg?v=1707838811" alt=""Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits" title=""Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, si cette forme de haut vol – s'appuyant sur des éclairages et musiques organiques et sur le jeu subtilement étudié des contrastes entre ombres sépulcrales et lumières éclatantes – présente à l'évidence des vertus esthétiques enivrantes, elle est tout autant porteuse dans ses plis d'une invitation au dévoilement cathartique.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 2 février 2024 au Carré de Saint-Médard (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ombres portées"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78341553-56867313.jpg?v=1707838841" alt=""Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits" title=""Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène et chorégraphie : Raphaëlle Boitel.       <br />
       Collaboration artistique, lumière, scénographie, conception spider : Tristan Baudoin.       <br />
       Musique originale : Arthur Bison.       <br />
       Machinerie, accroches, plateau : Nicolas Lourdelle.       <br />
       Espace sonore : Nicolas Gardel.       <br />
       Avec : Tia Balacey, Mohamed Rarhib, Nicolas Lourdelle, Raphaëlle Boitel, Vassiliki Rossillion, Alain Anglaret.       <br />
       Régie son : Thomas Delot.       <br />
       Régie plateau : Tristan Baudoin.       <br />
       Régie lumière : Sébastien Pirmet.       <br />
       Constructions, accessoires : Anthony Nicolas.       <br />
       Complice à la technique en création : Thomas Delot.       <br />
       Par la Cie L'Oublié(e) - Raphaëlle Boitel.       <br />
       Tout public dès 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du vendredi 2 au samedi 3 février 2024 à la Scène Nationale Carré-Colonnes de Saint-Médard (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78341553-56867488.jpg?v=1707839465" alt=""Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits" title=""Ombres portées" Famille je vous hai… me, mise en lumière poétique des non-dits" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">29 février et 1ᵉʳ mars 2024 :</span> Maison des Arts, Créteil (94).       <br />
       5 au 7 mars 2024 : Théâtre-Sénart - Scène nationale, Lieusaint (77).       <br />
       21 et 22 mars 2024 : Théâtre des Deux Rives - CDN de Normandie-Rouen, Rouen (76).       <br />
       29 et 30 mars 2024 : Le Tangram - Scène nationale, Evreux (27).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>FLA.CO.MEN… Galván tape du pied et fait musique !</title>
   <updated>2016-11-24T19:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/FLA-CO-MEN-Galvan-tape-du-pied-et-fait-musique-_a1539.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/8916561-14133557.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-02-08T15:16:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Galván est un chorégraphe qui aime bousculer le flamenco, toujours le reprendre pour en amplifier les traits ou les détourner. Dans ce spectacle, il marie musique et danse sans que l'un n'ait priorité sur l'autre. Ils s'accompagnent, se portent ou se doublent sans jamais se télescoper.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8916561-14133557.jpg?v=1454942474" alt="FLA.CO.MEN… Galván tape du pied et fait musique !" title="FLA.CO.MEN… Galván tape du pied et fait musique !" />
     </div>
     <div>
      Le titre du spectacle est une inversion de syllabes, avec un jeu de mots, montrant le désir du chorégraphe de bousculer le flamenco. Et c'est ce que fait Galván à la fois musicalement, même si ce n'est pas le seul à l'avoir fait, et dans le geste, comme à son accoutumé.       <br />
              <br />
       Le chorégraphe-danseur met la musique en avant avec, au centre de la scène, deux grosses caisses. C'est la danse qui débute avec une deuxième phase où la musique, très présente, rythme le spectacle. Saxophone, violon, flûte, guitare et percussions, accompagnés de chants, font entendre leurs partitions ensemble ou à tour de rôle.       <br />
              <br />
       Galván décentre le flamenco. Il va voir ailleurs en faisant un pied-de-nez à la représentativité de cette danse où il joue à mimer les attitudes du danseur spécialiste dont il envoie paître les partitions, celles, peut-être, de ses précédents spectacles. Il s'agit de se réinventer et de réinventer le flamenco.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8916561-14133566.jpg?v=1454942516" alt="FLA.CO.MEN… Galván tape du pied et fait musique !" title="FLA.CO.MEN… Galván tape du pied et fait musique !" />
     </div>
     <div>
      Car l'expression gestuelle de Galván est composé de mouvements à la fois longilignes et anguleux comme pour casser une courbe dans ses élans ou à l'inverse l'arrondir quand il attaque ses mouvements de façon anguleuse. Le pied part en courbe pour ensuite se rabattre ou s'étendre. Ce sont sur ces finitions que la surprise peut apparaître avec un geste qui peut partir plus haut, plus fort ou bien se relâcher en pointe.       <br />
              <br />
       Il va chercher le flamenco dans sa théâtralité, dans sa noblesse, dans son aspect &quot;mâle&quot; pour le détourner, l'enjoliver, s'en amuser. Il en ajoute. Sauf que l'art sur l'art reste de l'art, voire du grand art. C'est sa marque, son empreinte. Il fait partie de ses danseurs dont le langage artistique est dans le corps, le maintien, la posture et la théâtralité. Assez banal pour un danseur flamenco sauf qu'avec lui, le tout est décuplé.        <br />
              <br />
       Techniquement, les solos sont riches avec des taconeos* rapides et très serrés. Ils sont soutenus, changent rarement de rythme, celui-ci étant porté par le haut du corps et la gestuelle des bras.       <br />
              <br />
       Quand Galván disparaît dans la nuit des projecteurs, il fait entendre sa présence durant plusieurs minutes par ses taconeos. Le talon parle quand le corps disparaît. Le danseur s'éclipse ainsi dans sa danse. Elle se fait entendre et non plus voir.       <br />
              <br />
       En pleine lumière, il revient nu-pieds. La danse devient maintenant muette avec comme unique représentation, le corps. Elle parle par mouvements, soutenue par une musique où le rythme des taconeos disparaît derrière elle. C'est Galván. Une attitude, une posture, un maintien. Quitte à disparaître derrière la musique. Puis, ce sont les autres musiciens, dont un plutôt bon danseur, qui prennent le relais. Les percussions sont très présentes. Le spectacle se prête parfois à quelques facilités, comme le jeu des grosses caisses qui apporte peu de valeur artistique.       <br />
              <br />
       Le spectacle se découpe ainsi en différents segments autour d'apparition et de disparition de Galván, de ses jeux théâtraux et de son retrait en plaçant les musiciens en avant, de la gestuelle de son corps et de son éclipse autour d'une musique l'accompagnant ou lui emboîtant le pas.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Tout est en clair-obscur avec une face à la Janus où le corps renvoie son écho dans la musique, une musique aux différentes tonalités comme l'expression corporelle du chorégraphe. Le corps du danseur se revendique masculin pour disparaître et revenir habillé à la fin dans une robe flamenca, éminemment féminine.        <br />
       Bref, un vrai mélange des genres artistiques !       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Les taconeos sont les mouvements des talons sur le sol. Ils sont faits sur les deux pieds et sont caractéristiques du Flamenco. Ils peuvent avoir différentes modulations.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"FLA.CO.MEN"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8916561-14133721.jpg?v=1454943718" alt="FLA.CO.MEN… Galván tape du pied et fait musique !" title="FLA.CO.MEN… Galván tape du pied et fait musique !" />
     </div>
     <div>
      Direction, chorégraphie et danse : Israel Galván.       <br />
       Musiciens : David Lagos, Tomás de Perrate, Eloisa Canton, Caracafe, Proyecto Lorca (Juan Jimenez Alba &amp; Antonio Moreno).       <br />
       Direction artistique et chorégraphie de Sevillanas : Pedro G. Romero.       <br />
       Mise en scène et chorégraphie de Alegrías : Patricia Caballero.       <br />
       Lumières : Rubén Camacho.       <br />
       Son : Pedro León.       <br />
       Costumes : Concha Rodríguez.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 11 février 2016.</span>       <br />
       Du lundi au samedi à 20 h 30.       <br />
       <b>En raison d'une blessure d'Israël Galvan, la représentation du lundi 8 février à 20 h 30 est annulée.</b>       <br />
       Théâtre de la Ville, Paris 4e, 01 42 74 22 77.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredelaville-paris.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredelaville-paris.com</a>       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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