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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-17T03:15:07+02:00</updated>
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   <title>•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui</title>
   <updated>2024-07-20T08:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Elizabeth-Costello-Sept-lecons-et-cinq-contes-moraux-et-au-bout-de-la-nuit-l-ennui_a4011.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
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   <published>2024-07-19T16:49:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Plein les yeux (époustouflantes vidéos défilant sur l'écran panoramique occupant tout le bas de la façade monumentale du Palais des Papes), plein les oreilles (nappes de musiques déferlantes), une belle idée (un personnage de fiction menant la danse en bousculant la marche d'une humanité par trop assoupie) et à 2 h du matin ("durée quatre heures avec entracte")… un bel ennui. Comme si la débauche de moyens convoqués (scénographie coûteuse, scénario se voulant complexe comme pour mieux afficher que l'on n'est pas là dans la facilité aliénante, ah non !) était inversement proportionnelle à l'effet produit. Un raté, certes splendide, salué respectueusement (la Cour a perdu beaucoup de sa pétulance originelle) par l'hémorragie silencieuse de spectateurs abandonnant le navire avant le naufrage annoncé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779427.jpg?v=1721403136" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Certes, convenons tout de suite que ce chapeau manque un peu (doux euphémisme) de nuances… Mais quand &quot;le roi est nu&quot;, il est salutaire de lui faire savoir, sans allégeance, n'en déplaise à la doxa des irréductibles, afficionados s'applaudissant autant qu'ils applaudissent. Sans remettre nullement en cause la puissance de l'œuvre monumentale initiale de John Maxwell Coetzee, l'auteur d'origine sud-africaine nobélisé en 2003 et figure de proue de la lutte pour la désaliénation tous azimuts, on se doit de reconnaitre que le metteur en scène polonais, Krzysztof Warlikowski, sous l'emprise du personnage de l'autrice Elizabeth Costello, sortie de l'imaginaire flamboyant de Coetzee, en a perdu le contrôle dans la durée d'un spectacle qui s'étire, s'étire, à n'en plus finir.       <br />
              <br />
       Lorsque le personnage de papier ayant pour nom Elizabeth Costello naît en 1999 sous la plume de J. M. Coetzee (présent ce soir sur le plateau sous les traits d'un acteur), &quot;elle&quot; ne pouvait pas se douter qu'en 2024 elle serait l'invitée d'honneur d'un festival, l'exposant sous toutes les coutures (et elle en est riche…) sur la prestigieuse scène de La Cour d'honneur du Palais des papes. L'auteur (ou son fac-similé) avouant tout de go <span style="font-style:italic">&quot;Je n'ai plus de contrôle sur elle, elle s'invite dans mes romans et dans ma propre vie&quot;</span> – rajoutons, et sur un plateau de théâtre – décline (heureuse intuition…) par avance toute responsabilité sur la récupération à laquelle elle pourrait donner lieu… dont celle présente. Dont acte (… théâtral).       <br />
              <br />
       Et effectivement on la découvre par vidéo interposée dans la chambre de l'hôtel où elle est logée avec son fils avant de recevoir le prix (en l'occurrence un gros chèque..) littéraire qui lui a été décerné. En chair et en os, bien vivante quoique déjà abimée par les excès, dépassant le clivage homme-femme, peut-être chien elle-même, elle s'affale sur un divan, regrettant de ne pas avoir renoncé à la cérémonie… mais pas au chèque qui va avec, chèque que l'on aurait pu très bien lui envoyer par la poste… Ainsi, le personnage fictif (qui sera interprété successivement par plusieurs actrices), devenue personne, colle parfaitement à l'idée que l'on s'en faisait au travers du roman : un être iconoclaste à souhait.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779439.jpg?v=1721403167" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Alors que sur un écran la journaliste ayant interviewé Elizabeth Costello visionne l'enregistrement en compagnie du fils de l'autrice primée, assis tous deux confortablement dans un canapé faisant dos à la salle, une caméra vidéo duplique la scène en projetant de face leur conversation &quot;agrandie&quot; sur la façade du Palais. L'effet est troublant. Saisis par l'ambiguïté dupliquée, on ne sait plus faire le distinguo entre les acteurs réels jouant leurs personnages… et leurs images projetées. Belle mise en abyme des frontières labiles entre réalités et fictions, &quot;à l'image&quot; de cette retransmission télévisuelle où le personnage d'Elizabeth Costello, devenue personne à part entière, nous revient via le support… d'une image télévisée. Quant aux relations de proximité rapprochée qui se nouent entre la journaliste et le fils, les deux &quot;très sexe&quot; à la faveur de cette conversation sur canapé, elles témoignent que la chair, elle, est bel et bien vivante.       <br />
              <br />
       Pas étonné alors que le sujet de la conférence donnée par Elizabeth Costello pour recevoir son prix ait pour titre &quot;Qu'est-ce que le réalisme ?&quot;. Elle y reprend une nouvelle de Frantz Kafka (auteur vénéré par l'auteur qui l'a engendrée) mettant au premier plan un singe en habits délivrant un discours devant une société savante sans représentant. Et pressée de répondre à une question du public… sur l'absence de public… la conférencière répond tout tranquillement que le public peut être des singes… ou que, Kafka étant juif, c'est un Juif qui s'adresse aux goys, ou aux non-goys absents pour les raisons connues.       <br />
              <br />
       Jusqu'ici tout va (à peu près) bien… Suivra une conférence, blindée de portes ouvertes à défoncer, d'Elizabeth Costello convoquant à la rescousse de sa thèse féministement compatible un trio d'exception : Éros, Apollon et Aphrodite… <span style="font-style:italic">&quot;Si Apollon a des couilles et une bite, de quoi dispose Aphrodite ?&quot;.</span> Poursuivant dans cette veine en rappelant le jeu d'Éros <span style="font-style:italic">&quot;qui jouit, dégoulinant de sperme&quot;</span> sur le corps de la déesse de l'Amour n'en pouvant plus, mais elle introduit l'idée de l'absence de réversibilité de la chose : <span style="font-style:italic">&quot;Qu'en est-il des hommes chevauchés par les déesses ?&quot;.</span> Et oui grand Dieu, qu'en est-il ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779536.jpg?v=1721403220" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Sans transition, une autre conférence fera, elle, la part belle à la gent animale, méprisée par le commun de la race humaine. Alignées derrière une immense table, dix doctes personnalités dissertent sur la proximité que les représentants de la race humaine entretiennent avec leurs collègues de la race animale… <span style="font-style:italic">&quot;Nous ne sommes pas censés avoir des rapports sexuels avec eux, mais nous les ingérons avec plaisir&quot;.</span> D'où (?) une autre conférence, sur le problème du Mal (après celui des mâles, cf. plus haut). Etc. Etc. Heureusement que l'entracte sonne alors la fin de partie (du moins la première), nous délivrant pour un temps du réel sentiment d'ennui ressenti face à la juxtaposition répétitive de saynètes représentées de manière insipide.       <br />
              <br />
       À la reprise, une amélioration temporaire (on a repris des forces…) survient sous la forme d'une Elizabeth Costello vieillie. <span style="font-style:italic">&quot;Comme un personnage de Tchekhov&quot;</span>, la réalité l'a rattrapée et, avec elle, le désir humain la rapprochant de ses petits-enfants. Mais, très vite, le flux de scènes sans queue ni tête (si ce n'est celle du mutilé culbutant frénétiquement l'aveugle, un bas sur la tête) reprend, agrémenté de cette saillie à haute valeur philosophique : <span style="font-style:italic">&quot;Après l'amour, vont-ils disserter sur l'amour ?&quot;</span>, là, on reste coi (sans tréma et sans t). Quant à la chute, elle vaut son pesant de sensiblerie animaliste, heureusement vite dépassée par la dernière image de l'héroïne fictionnellement réaliste, guidée par le même singe bienveillant la conduisant sur l'autre rive. Le portrait d'elle renvoyant au &quot;Cri&quot; d'Edvard Munch est sans nul doute l'un des moments forts de cette traversée au bout de l'ennui.       <br />
              <br />
       Le déluge de moyens convoqués et l'impensable patience requise pour &quot;tenir&quot; quatre longues heures paraissant une éternité (et comme le disait ce cher Woody Allen qui, lui, avait de l'humour : <span style="font-style:italic">&quot;L'éternité, c'est long, surtout vers la fin&quot;</span>) valent bien en réponse (cf. la théorie du &quot;don/contre-don&quot; de Marcel Mauss) un aussi long article… dont le parti pris &quot;criant&quot; s'autorise de la souffrance réelle ressentie à tenir jusqu'à la chute de cette fiction à bien des égards inaudible.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 17 juillet 2024 dans la Cour d'honneur du Palais des papes.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779538.jpg?v=1721403247" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      Pologne - Création 2024.       <br />
       En polonais surtitré en français et anglais.       <br />
       D'après l'œuvre de John Maxwell Coetzee, &quot;Elizabeth Costello&quot;, &quot;L'Homme ralenti&quot;, &quot;L'Abattoir de verre&quot;.       <br />
       Mise en scène : Krzysztof Warlikowski.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Jeremi Pedowicz.       <br />
       Avec : Mariusz Bonaszewski, Andrzej Chyra, Magdalena Cielecka, Ewa Dałkowska, Bartosz Gelner, Małgorzata Hajewska-Krzysztofik, Jadwiga Jankowska-Cieślak, Maja Komorowska, Hiroaki Murakami, Maja Ostaszewska, Ewelina Pankowska, Jacek Poniedziałek, Magdalena Popławska.       <br />
       Dramaturgie : Piotr Gruszczyński.       <br />
       Collaboration artistique : Claude Bardouil.       <br />
       Collaboration au texte : Łukasz Chotkowski, Mateusz Górniak, Anna Lewandowska.       <br />
       Scénario : Piotr Gruszczyński, Krzysztof Warlikowski.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Margot Carlier (français), Artur Zapałowski (anglais).       <br />
       Surtitrage : Zofia Szymanowska.       <br />
       Lumière : Felice Ross.       <br />
       Costumes et décors : Małgorzata Szczęśniak.       <br />
       Musique : Paweł Mykietyn.       <br />
       Vidéo : Kamil Polak.       <br />
       Maquillage : Joanna Chudyk, Monika Kaleta.       <br />
       Régie générale : Paweł Kamionka       <br />
       Captation vidéo : Bartłomiej Zawiła        <br />
       Machinerie : Wojciech Sadowski, Łukasz Żukowski.       <br />
       Accessoires : Tomasz Laskowski.       <br />
       Habillage : Kajetan Korcz, Sylwia Szefer.       <br />
       Durée : 4 h (avec entracte).       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       14 septembre 2024 : Malta Festival 2024, Poznań (Pologne).       <br />
       Du 26 septembre au 6 octobre 2024 : Nowy Teatr, Varsovie (Pologne).       <br />
       Du 29 novembre au 1er décembre 2024 : Théâtre, Liège (Belgique).       <br />
       Du 13 au 15 décembre 2024 : Boska Komedia - Divine Comedy, International Theater Festival, Cracovie (Pologne).       <br />
       Du 5 au 16 février 2025 : La Colline - Théâtre national, Paris.       <br />
       21 et 22 mars 2025 : Schauspiel, Stuttgart (Allemagne).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81648257-58779553.jpg?v=1721403293" alt="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" title="•In 2024• "Elizabeth Costello. Sept leçons et cinq contes moraux"… et au bout de la nuit, l'ennui" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Elizabeth-Costello-Sept-lecons-et-cinq-contes-moraux-et-au-bout-de-la-nuit-l-ennui_a4011.html" />
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   <title>"A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !</title>
   <updated>2023-07-05T08:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/A-revue-A-revoir-pour-sa-creativite-debordante-_a3644.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73882643-51390531.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-05T08:38:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'artiste flamant Benjamin Abel Meirhaeghe, fidèle à son approche très créative bousculant les codes de perception par des extravagances les plus originales, nous invite dans un monde où l'autre, aussi fantomatique que réel, est au carrefour du rêve, de la réalité, de l'imaginaire et du fantasme. Face à des protagonistes aux frontières de ces différents champs d'appréhension, sa création se nourrit de la musique, du chant, du théâtre et d'une forte expression corporelle pour nous emmener ailleurs, dans un espace-temps dans lequel le conscient embrasse goulûment son inconscient.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73882643-51390531.jpg?v=1688540462" alt=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" title=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" />
     </div>
     <div>
      Place a une scène longitudinale avec ses supports métalliques ondulés qui la longent par intermittence autour desquelles plusieurs rangées de spectateurs sont situées les unes en face des autres. Il s'agit de face-à-face durant cette représentation, autant avec des pulsions, des désirs, qu'avec des débordements. Les artistes ont une position ambivalente en étant seuls avec eux-mêmes ou ensemble et occultant le public, ou encore directement face au public.       <br />
              <br />
       Dans cette création protéiforme datant de 2020 et qui est sa dernière œuvre actuellement, le performeur et metteur en scène flamant Benjamin Abel Meirhaeghe met le corps en média premier autour d'une approche artistique des plus déroutantes par ses figures, son rythme, sa trame et ses différentes séquences. Il nous convie à un voyage dans le futur où la courbure du temps zigzague jusqu'à l'année 4020 en embarquant avec lui du Mozart, du Vivaldi et du Schubert.       <br />
              <br />
       Rien n'est en demi-teinte, ni les costumes, ni l'interprétation, ni les répliques autour de protagonistes maquillés et habillés comme des êtres venant d'une réalité irréelle. Ce qui interpelle est le lieu où tout ceci se déroule entre rêve, réalité, imaginaire, fantasme. En anglais et en français, le texte est lancé par intermittence de bout en bout du plateau, installant, par moments, un rapport à l'autre distant. Et pourtant, même si la pudeur est absente, l'intime est l'humus du spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73882643-51390532.jpg?v=1688540494" alt=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" title=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" />
     </div>
     <div>
      La musique et le chant, avec, entre autres, la prestation a cappella d'Oriana Mangala, trouvent un allié dans ce seul piano situé à une extrémité des planches et où, à un autre moment, est engagée une douce mélodie. Tous les protagonistes sont vêtus de façon étrange et décalée avec une combinaison fine sur eux quand ils ne sont pas entièrement découverts. Les visages sont maquillés tels des personnages de mime ou de cirque.       <br />
              <br />
       Se joue aussi une partie de tennis avec, pour chacun des adversaires, de longues tiges et ses quelques feuilles en lieu et place de la raquette avec laquelle ils se renvoient une balle qui n'existe pas. Le spectacle est très physique tout du long. Ailleurs, des corps sonnent, tintent, bruitent à chaque toucher et effleurement, ce qui apporte une touche très humoristique à la séquence. Plus loin, tout passe dans des caresses sexuelles où le sexe est, pour celui de l'homme, son appendice corporel ou parfois objet plastique avec lequel on joue ou que l'on porte, et pour celui de la femme, un organe accoucheur d'objets ressemblant, par leur rondeur, à des calots ou, par leur forme et leur couleur, à un produit de défécation. Une origine d'un monde étrange où la créatrice ne ressemble en rien à ce qu'elle enfante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73882643-51390551.jpg?v=1688540524" alt=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" title=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" />
     </div>
     <div>
      Le corps devient jouet d'une expression libre de désirs bruts, d'animalité. Un moment, Maribeth Diggle court, déambule nue sur toute la scène, se lâche en portant ici ou là quelques coups violents au sol avec un instrument sonore. Elle s'exprime en gesticulant et en envahissant tout le plateau, devenant l'expression de désirs refoulés et interdits, car effectuée au-delà de toute convention sociale, les pulsions étant avant tout domestiquées au travers de la culture et de la morale d'une société.       <br />
              <br />
       Ce qui étonne dans cette représentation est cette gamme de gestiques qui s'immisce et l'alimente de bout en bout d'éléments au style étonnant. Il n'y a pas de linéarité. Tout est rupture. La musique, le chant lyrique et le théâtre sont les différents relais artistiques qui donnent à cette création une vue fantasmée d'une réalité qui semblent échapper, à dessein, à ses interprètes. Comme un pendant de l'association libre de Freud, nous assistons à une expression libre. Car qu'est-ce qui est réel dans tout ce qui se joue ? Tout se mêle, autant les arts utilisés que le fantasme, le rêve et la réalité. Les frontières n'en sont pas délimitées, ce qui donne un cachet des plus intéressants et déroutants à cette œuvre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"A revue"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73882643-51390558.jpg?v=1688540559" alt=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" title=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" />
     </div>
     <div>
      Textes : Louise van den Eede.       <br />
       Création et mise en scène : Benjamin Abel Meirhaeghe.       <br />
       Avec : Ellen Wils, Maribeth Diggle, Arnout Lems, Hanaka Hayakawa, Dolly Bing Bing, Simon Van Schuylenbergh, Jelle Haen, Bjorn Floreal, Sophia Rodriquez, Oriana Mangala, Adrien De Biasi, Eurudike De Beu, Lionel Couchard.       <br />
       Artistes visuels : Julian Weber, Sietske van Aerde, Daan Couzijn, Benjamin Abel Meirhaeghe.        <br />
       Dramaturgie : Louise van den Eede.       <br />
       Dramaturgie musicale : Katherina Lindekens, Lena Meyskens.       <br />
       Son : Laurens Mariën, Jasper Segers.       <br />
       Composition : Laurens Mariën, Jasper Segers.       <br />
       Piano : Maya Dhondt.       <br />
       Scénographie : Bart van Merode, Julian Weber.       <br />
       Lumières : Bart van Merode.       <br />
       Assistant scénographe : Zaza Dupont.       <br />
       Costumes : Benjamin Abel Meirhaeghe, Julian Weber, Sietske van Aerde.       <br />
       Maquillage : Jelle Haen.       <br />
              <br />
       <b>Le spectacle s'est joué du 28 au 30 juin 2023 à La Grande Halle de la Villette</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/A-revue-A-revoir-pour-sa-creativite-debordante-_a3644.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2021• La dernière nuit du monde Frères humains qui après nous vivez… mais où sont les neiges d'antan ?</title>
   <updated>2021-07-16T09:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-La-derniere-nuit-du-monde-Freres-humains-qui-apres-nous-vivez-mais-ou-sont-les-neiges-d-antan_a3009.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57734874-42737770.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-07-16T09:02:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Convoquer la poésie de François Villon, datée de six siècles auparavant, pour évoquer le sujet transhumaniste au cœur de la fiction envoûtante (terrifiante) de Laurent Gaudé, mise en jeu par Fabrice Murgia, pourrait paraître pur anachronisme… Et pourtant… Sur une scène enneigée soumise aux aléas d'un "temps" déréglé - les flocons artificiels se mêlent ce soir-là à la pluie tombant sur les deux platanes du cloître à ciel ouvert des Célestins -, un homme et une femme tentent de se parler… à distance. Quelle folie risque de les avoir à jamais séparés ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57734874-42737770.jpg?v=1626420581" alt="•In 2021• La dernière nuit du monde Frères humains qui après nous vivez… mais où sont les neiges d'antan ?" title="•In 2021• La dernière nuit du monde Frères humains qui après nous vivez… mais où sont les neiges d'antan ?" />
     </div>
     <div>
      Rêve fou de &quot;l'homme augmenté&quot;… Ou comment une utopie visant à vivre dans le meilleur des mondes futur - via une pilule garantissant une qualité exceptionnelle de sommeil réduit désormais à quarante-cinq minutes - pourrait se transformer potentiellement en cauchemar généralisé… Un monde où il suffirait d'avaler un somnifère puissant pour s'affranchir du temps perdu à dormir. Un temps rêvé sans cauchemar où, libéré des insomnies faisant tourner en rond autour d'obsessions récurrentes débouchant sur un réveil épuisé, chacun disposerait à sa guise d'une journée de vingt-trois heures un quart…       <br />
              <br />
       Imagine ce monde… Ça fait rêver non, ce temps libre déplié ? &quot;Imagine&quot;, destin d'un rêve fou à plus d'un titre, John Lennon assassiné pour moins. Belle inconscience que celle de sociétés qui, pour s'être coupées des mythes antiques, en ont oublié leur sagesse atemporelle. Prométhée n'a-t-il pas été condamné au supplice pour avoir voulu voler le feu sacré aux Dieux de l'Olympe ? Profiter des connaissances démultipliées de la pharmacologie associée aux avancées abyssales des neurosciences peut-il justifier la transformation de l'homme en matière première parfaite à exploiter, reléguant au second plan l'humanité imparfaite et vibrante de ses imperfections ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57734874-42737793.jpg?v=1626420628" alt="•In 2021• La dernière nuit du monde Frères humains qui après nous vivez… mais où sont les neiges d'antan ?" title="•In 2021• La dernière nuit du monde Frères humains qui après nous vivez… mais où sont les neiges d'antan ?" />
     </div>
     <div>
      Dans un dispositif minimaliste à haute valeur poétique, deux zones séparées par un écran sur lequel s'incrustent les visages travaillés comme des tableaux expressionnistes, des témoins et acteurs de ce drame défilent. L'homme, chargé de promouvoir le procédé miracle en l'habillant de slogans coups de poing visant à rendre désirables les nuits réduites à peau de chagrin, et sa compagne, l'amoureuse, abandonnée à elle-même, sacrifiée en refusant le temps accéléré, &quot;se&quot; parlent en soliloques juxtaposés. L'on va suivre leur histoire d'amour contrarié en même temps que la nuit fractionnée devient réalité.       <br />
              <br />
       Après avoir cru que l'invention allait apporter un supplément de vie, les dissidents se font de plus en plus nombreux pour déplorer qu'il n'en soit rien. Le Mouvement Nuit Noire, vent debout contre le rétrécissement des vies amputées de leur part nocturne, devient le porte-drapeau de cette résistance… Plus d'insomnies, certes, mais plus de grasse matinée non plus. Du temps supplémentaire gagné sur la nuit, certes, mais pour quel usage ? À qui profite le crime ? Le jour a mangé la nuit, et avec elle ont disparu les souvenirs des rêves laissant place désormais aux cauchemars éveillés. Et le temps retrouvé, aussitôt perdu, se trouve confisqué par les impératifs catégoriques à but productif. Libéralisme oblige.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57734874-42737806.jpg?v=1626420891" alt="•In 2021• La dernière nuit du monde Frères humains qui après nous vivez… mais où sont les neiges d'antan ?" title="•In 2021• La dernière nuit du monde Frères humains qui après nous vivez… mais où sont les neiges d'antan ?" />
     </div>
     <div>
      &quot;Mes nuits étaient plus belles que vos jours&quot;, la déprime semble s'installer. Alors, à chaque effet secondaire causé par la pilule du jour même, la solution d'une nouvelle réponse chimique est administrée. Engrenage fatal. Laver l'affront de la nuit bafouée. Seul un meurtre expiatoire pourrait mettre fin au cataclysme programmé, le sang purificateur se doit de couler.       <br />
              <br />
       Opéra visuel et langue ciselée, les deux écritures plastique et littéraire se conjuguent pour transporter dans ce monde d'après dont les prémices plongent leurs rhizomes… dans le monde d'avant, le nôtre. Peut-être, pour s'éviter ce voyage au bout de l'humanité, voyage &quot;représenté&quot; par cette fiction jouant le rôle d'une lanceuse subliminale d'alerte, est-il encore temps de se retirer loin du monde… ou bien alors d'agir de toute urgence pour éviter le grand remplacement qui pourrait avoir lieu non sous l'effet de peurs fantasmées à couleur de peau différente, mais sous l'effet du ver rongeant le fruit de l'intérieur. Ce danger non fictif mais bien réel porte le nom d'une doctrine &quot;re-connue&quot;, le transhumanisme.       <br />
              <br />
       Le transhumanisme n'est pas un humanisme. &quot;Frères humains qui après nous vivez&quot;, garantissez-nous que la neige ne viendra pas servir de linceul à la folle humanité.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Cloître des Célestins à Avignon, le lundi 12 juillet à 22 h.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La dernière nuit du monde"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57734874-42737814.jpg?v=1626420917" alt="•In 2021• La dernière nuit du monde Frères humains qui après nous vivez… mais où sont les neiges d'antan ?" title="•In 2021• La dernière nuit du monde Frères humains qui après nous vivez… mais où sont les neiges d'antan ?" />
     </div>
     <div>
      <b>Spectacle créé le 7 juillet 2021 au Festival d'Avignon.</b>       <br />
       Texte : Laurent Gaudé.       <br />
       Mise en scène : Fabrice Murgia.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Véronique Leroy.       <br />
       Avec : Fabrice Murgia, Nancy Nkusi.       <br />
       Scénographie : Vincent Lemaire.       <br />
       Création vidéo : Giacinto Caponio assisté de Dimitri Petrovi.       <br />
       Lumière : Emily Brassier.       <br />
       Son : Brecht Beuselinck.       <br />
       Traduction anglaise : Sue Rose.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
       &quot;La Dernière Nuit du monde&quot; de Laurent Gaudé est publié aux éditions Actes Sud Papiers.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       Du 7 au 13 juillet 2021.       <br />
       Tous les jours à 22 h, relâche le 11 juillet.       <br />
       Cloître des Célestins, Avignon (84).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 17 au 20 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 22 h.       <br />
       Cloître des Carmes, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       31 août au 1er septembre 2021 : Théâtre de Liège, Liège (Belgique).       <br />
       11 septembre 2021 : Centre culturel de Soumagne, Soumagne (Belgique).       <br />
       14 au 18 septembre 2021 : Théâtre National Wallonie-Bruxelles, Bruxelles (Belgique).       <br />
       6 au 8 octobre 2021 : L'Ancre, Charleroi (Belgique).       <br />
       12 au 13 octobre 2021 : Toneelhuis, Anvers (Belgique).       <br />
       21 au 24 octobre 2021 : Centro Dramático Nacional, Madrid (Espagne).       <br />
       1er mars 2022 : Théâtres en Dracénie, Draguignan (83).       <br />
       8 mars 2022 : Cultuurcentrum Brugge, Brugge (Belgique).       <br />
       11 au 12 mars 2022 : Central - Le Théâtre, La Louvière (Belgique).       <br />
       16 au 17 mars 2022 : Scène Nationale d'Albi, Albi (81).       <br />
       22 mars 2022 : Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine (94).       <br />
       24 au 26 mars 2022 : Théâtre de Namur, Namur (Belgique).       <br />
       10 au 14 mai 2022 : Théâtre National Wallonie-Bruxelles, Bruxelles (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-La-derniere-nuit-du-monde-Freres-humains-qui-apres-nous-vivez-mais-ou-sont-les-neiges-d-antan_a3009.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves</title>
   <updated>2020-07-21T09:17:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Nos-films-Faire-vibrer-le-cinema-meme-absent-au-coeur-de-nos-reves_a2759.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/48325953-37963248.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-07-21T09:11:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Cendre Chassanne, femme de théâtre amoureuse de cinéma, rend hommage au 7e art. À sa manière. En mettant en scène "Nos films" sur un plateau de théâtre quasi vide. Le spectateur est face à un acteur seul sur le plateau éclairé chichement. Un micro et, au lointain, quelques légendes filmiques peu visibles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963248.jpg?v=1595260949" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      Il n'y a pas de ces images animées en contrepoint du jeu. De celles qui fascinent et dispersent l'attention. Ce qui est rare de nos jours… L'acteur se trouve dans la situation commune du spectateur qui, à la sortie de la séance de cinéma, conserve la vivacité de son émotion, son plaisir. Comme un trop-plein de sensations à transmettre.       <br />
              <br />
       Sur scène, l'acteur se trouve au point focal, au point neutre, face au public, mis en position de raconter. Sommé en quelque sorte de raconter. La représentation proposée par Cendre Chassanne est celle de la prise de parole. Après coup, après la représentation. Comme si celle-ci devait être réitérée pour mieux exister. Des fragments, des bribes, comme extraites de la projection.       <br />
              <br />
       Le projet de Cendre Chassanne prévoit neuf films portés par neuf comédiens en trois trilogies successives qui seront achevées en 2020. La première porte sur la &quot;nouvelle vague&quot; - François Truffaut, Jacques Doillon, Agnès Varda. Trois monologues distincts. Trois témoignages. Trois comédiens différents. Trois pépites théâtrales.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963249.jpg?v=1595260975" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      Sur le plateau, les premiers gestes sont un peu gauches, avec des hésitations, des maladresses d'expression, une volubilité du verbe qui signalent la progression de l'émotion, la vivacité du plaisir éprouvé. Dans &quot;Nos films&quot;, peu à peu, il est fait recours à l'accessoire, au mime, à l'attitude. Être le héros fugace et temporaire du récit que l'on campe et auquel, pour mieux en fixer la mémoire, y entremêler les souvenirs personnels, les circonstances. Et, trouver un fil conducteur, et la manière d'émotion, non maîtrisée ou pas !       <br />
              <br />
       Elle peut être une image, un rythme, un grain de plaisir corrélé à l'icône filmique que l'on décrit, au souvenir que l'on veut en garder. C'est une chanson souvent car le paradoxe, c'est que l'émotion, quand elle habite un corps et une conscience, peut se réduire à un petit air, un refrain ou bien un simple geste, ébauche d'une gestuelle typée. Des mains dans les poches d'un imperméable. Une cigarette dans le jeu d'un poignet… Un accessoire, un habit et c'est la confiance trouvée. L'élaboration d'un caractère. L'apparition du film.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963250.jpg?v=1595261386" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      Paradoxalement, plus Cendre Chassanne approfondit le plateau théâtral et le jeu, plus le spectateur de théâtre devient un spectateur pris sous l'emprise du cinéma. En quête de prise de vues.       <br />
               <br />
       Assurément, le spectateur entre dans le viseur et assiste à ces instants coupés au montage qui fondent les rushs. Captés, piégés par la caméra. Au spectateur de monter, de rêver le film dont il s'agit. Il n'est pas nécessaire qu'il ait vu l'ensemble pour le comprendre.       <br />
              <br />
       Dans ce spectacle, le spectateur est confronté au mot et à la chose, cette &quot;matière à contes et récits&quot; que l'on nomme &quot;cinéma&quot;. Il Imagine. Et officie dans cette cérémonie populaire inventée par les frères Lumière par laquelle le spectateur, après s'être imprégné en solitaire de sons d'images et de voix, éprouve des émotions, les raconte, les partage avec qui est supposé les avoir aussi ressenties. Et composer entre chaque spectateur comme un concerto le va-et-vient d'une génération, d'une époque. LE film. SON film. &quot;Nos films&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963251.jpg?v=1595261428" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      Il est fait par ce mode théâtral une mise en abyme de ce qui nous habite tous. Le souvenir de la chambre noire. Cette prise de conscience de l'ombre qui nous accompagne et de son reflet qui nous poursuit. Cet objet évanescent qui, depuis l'apparition de la lumière et de la chambre noire, peut être dès la caverne, assurément à la première flaque d'eau, assurément dès la première journée immobile quand seule l'ombre s'allonge et se raccourcit. Cet autre, ce semblable dédoublé entre soi et un support devant soi, ou par devers soi.L'ombre qui concrétise l'imaginaire… L'écran.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Nos films&quot;, le cinéma, pour une fois absent de l'écran, vibre intensément au cœur de nos rêves vécus en direct. Dans &quot;Nos films&quot;, il est aussi question de théâtre. Ce qui accroît le plaisir.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">P.S. : Le spectacle a été créé au printemps, en résidence du 25 février au 7 mars 2019, à l'Atheneum de Dijon. Cendre Chassanne est maintenant artiste associée au Volcan, au Havre, mais elle renforce en même temps l'ancrage de sa compagnie au Cinéma de Tonnerre (devenu Cinéma-Théâtre) où elle vient de terminer un événement avec les habitants.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu en octobre au Théâtre municipal Berthelot - Jean Guerrin à Montreuil (93).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nos films"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963252.jpg?v=1595261473" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      9 solos       <br />
       Conception, mise en scène, lumières et costumes : Cendre Chassanne.       <br />
       Musique originale Roudoudou.       <br />
       Création sonore, lumières et régie générale : Edouard Alanio.       <br />
       De et avec : Nathalie Bitan, Pauline Bolcatto, Simon Bourgade, Cendre Chassanne, Isabelle Fournier, Jean-Baptiste Gillet, Carole Guittat, Cécile Leterme, Stéphane Szestak.       <br />
       Durée : 2 h avec 2 entractes et pop-corn !       <br />
       Production : Cie Barbès 35.       <br />
       Coproduction : Le Volcan, Scène nationale du Havre, L'atheneum (Dijon).       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Saison #1</strong></span>       <br />
       <span style="font-style:italic">Les enfants ils en savent plus que nous > Enfance et transmission.</span>       <br />
       "L'argent de poche" de François Truffaut par Carole Guittat.       <br />
       "Ponette" de Jacques Doillon par Isabelle Fournier.       <br />
       "Sans toit ni loi" d'Agnès Varda par Nathalie Bitan.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963442.jpg?v=1595261529" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Saison #2</strong></span>       <br />
       <span style="font-style:italic">La maison explose > Figures féminines et domination.</span>       <br />
       "Une femme sous influence" de John Cassavettes par Pauline Bolcatto.       <br />
       "Le mariage de Maria Braun" de Rainer Werner Fassbinder par Cécile Leterme.       <br />
       "Shining" de Stanley Kubrick par Cendre Chassanne.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Saison #3</strong></span>        <br />
       <span style="font-style:italic">To be or not to be...a man ? > Les hommes et la libération.</span>       <br />
       "Dupont Lajoie" d'Yves Boisset par Jean Baptiste Gillet.       <br />
       "La meilleure façon de marcher" de Claude Miller par Simon Bourgade.       <br />
       "La mort aux trousses" d'Alfred Hitchcock par Stéphane Szestak.       <br />
              <br />
       <b>Tournée estivale</b>       <br />
       17 et 18 juillet 2020 : Zone i - Image et Environnement (en extérieur), Thoré La Rochette.       <br />
       <span class="fluo_jaune">25 juillet 2020 :</span> Château de Chateauneuf-en-Auxois (plateau en extérieur), entrée gratuite sur réservation (L'argent de poche, Le mariage de Maria Braun, La mort aux trousses), Châteauneuf (21).       <br />
       <span class="fluo_jaune">29, 30, 31 juillet et 1er août 2020 :</span> 15e Rencontres de Monthelon (L'argent de poche, Sans toit ni loi, Shining), Château de Monthelon, Route de Montbard, Montréal (89).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Nos-films-Faire-vibrer-le-cinema-meme-absent-au-coeur-de-nos-reves_a2759.html" />
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  <entry>
   <title>"Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves</title>
   <updated>2019-11-12T16:37:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Nos-films-Faire-vibrer-le-cinema-meme-absent-au-coeur-de-nos-reves_a2594.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/39426754-33937724.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-11-12T15:46:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Cendre Chassanne, femme de théâtre amoureuse de cinéma, rend hommage au 7e art. À sa manière. En mettant en scène "Nos films" sur un plateau de théâtre quasi vide. Le spectateur est face à un acteur seul sur le plateau éclairé chichement. Un micro et, au lointain, quelques légendes filmiques peu visibles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39426754-33937724.jpg?v=1573571359" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
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      Il n'y a pas de ces images animées en contrepoint du jeu. De celles qui fascinent et dispersent l'attention. Ce qui est rare de nos jours… L'acteur se trouve dans la situation commune du spectateur qui, à la sortie de la séance de cinéma, conserve la vivacité de son émotion, son plaisir. Comme un trop-plein de sensations à transmettre.       <br />
              <br />
       Sur scène, l'acteur se trouve au point focal, au point neutre, face au public, mis en position de raconter. Sommé en quelque sorte de raconter. La représentation proposée par Cendre Chassanne est celle de la prise de parole. Après coup, après la représentation. Comme si celle-ci devait être réitérée pour mieux exister. Des fragments, des bribes, comme extraites de la projection.       <br />
              <br />
       Le projet de Cendre Chassanne prévoit neuf films portés par neuf comédiens en trois trilogies successives qui seront achevées en 2020. La première porte sur la &quot;nouvelle vague&quot; - François Truffaut, Jacques Doillon, Agnès Varda. Trois monologues distincts. Trois témoignages. Trois comédiens différents. Trois pépites théâtrales.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39426754-33937740.jpg?v=1573571418" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
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      Sur le plateau, les premiers gestes sont un peu gauches, avec des hésitations, des maladresses d'expression, une volubilité du verbe qui signalent la progression de l'émotion, la vivacité du plaisir éprouvé. Dans &quot;Nos films&quot;, peu à peu, il est fait recours à l'accessoire, au mime, à l'attitude. Être le héros fugace et temporaire du récit que l'on campe et auquel, pour mieux en fixer la mémoire, y entremêler les souvenirs personnels, les circonstances. Et, trouver un fil conducteur, et la manière d'émotion, non maîtrisée ou pas !       <br />
              <br />
       Elle peut être une image, un rythme, un grain de plaisir corrélé à l'icône filmique que l'on décrit, au souvenir que l'on veut en garder. C'est une chanson souvent car le paradoxe, c'est que l'émotion, quand elle habite un corps et une conscience, peut se réduire à un petit air, un refrain ou bien un simple geste, ébauche d'une gestuelle typée. Des mains dans les poches d'un imperméable. Une cigarette dans le jeu d'un poignet… Un accessoire, un habit et c'est la confiance trouvée. L'élaboration d'un caractère. L'apparition du film.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39426754-33937762.jpg?v=1573571489" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
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      Paradoxalement, plus Cendre Chassanne approfondit le plateau théâtral et le jeu, plus le spectateur de théâtre devient un spectateur pris sous l'emprise du cinéma. En quête de prise de vues.       <br />
               <br />
       Assurément, le spectateur entre dans le viseur et assiste à ces instants coupés au montage qui fondent les rushs. Captés, piégés par la caméra. Au spectateur de monter, de rêver le film dont il s'agit. Il n'est pas nécessaire qu'il ait vu l'ensemble pour le comprendre.       <br />
              <br />
       Dans ce spectacle, le spectateur est confronté au mot et à la chose, cette &quot;matière à contes et récits&quot; que l'on nomme &quot;cinéma&quot;. Il Imagine. Et officie dans cette cérémonie populaire inventée par les frères Lumière par laquelle le spectateur, après s'être imprégné en solitaire de sons d'images et de voix, éprouve des émotions, les raconte, les partage avec qui est supposé les avoir aussi ressenties. Et composer entre chaque spectateur comme un concerto le va-et-vient d'une génération, d'une époque. LE film. SON film. &quot;Nos films&quot;.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39426754-33937769.jpg?v=1573571517" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
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      Il est fait par ce mode théâtral une mise en abyme de ce qui nous habite tous. Le souvenir de la chambre noire. Cette prise de conscience de l'ombre qui nous accompagne et de son reflet qui nous poursuit. Cet objet évanescent qui, depuis l'apparition de la lumière et de la chambre noire, peut être dès la caverne, assurément à la première flaque d'eau, assurément dès la première journée immobile quand seule l'ombre s'allonge et se raccourcit. Cet autre, ce semblable dédoublé entre soi et un support devant soi, ou par devers soi.L'ombre qui concrétise l'imaginaire… L'écran.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Nos films&quot;, le cinéma, pour une fois absent de l'écran, vibre intensément au cœur de nos rêves vécus en direct. Dans &quot;Nos films&quot;, il est aussi question de théâtre. Ce qui accroît le plaisir.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">P.S. : Le spectacle a été créé au printemps, en résidence du 25 février au 7 mars 2019, à l'Atheneum de Dijon. Cendre Chassanne est maintenant artiste associée au Volcan, au Havre, mais elle renforce en même temps l'ancrage de sa compagnie au Cinéma de Tonnerre (devenu Cinéma-Théâtre) où elle vient de terminer un événement avec les habitants.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu en octobre au Théâtre municipal Berthelot - Jean Guerrin à Montreuil (93).</span>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nos films"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39426754-33937792.jpg?v=1573571563" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
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      <b>Trois récits de films d'après : </b>       <br />
       &quot;L'argent de poche&quot; de François Truffaut ;       <br />
       &quot;Ponette&quot; de Jacques Doillon ;        <br />
       &quot;Sans toit ni loi&quot; d'Agnès Varda.       <br />
       Conception, mise en scène et direction d'acteur : Cendre Chassanne.       <br />
       Création sonore : Roudoudou.       <br />
       De et avec : Nathalie Bitan, Carole Guittat, Isabelle Fournier.       <br />
       Durée : 2 h 10, avec 2 entractes buvette et pop-corn !       <br />
       Production : Compagnie Barbès 35.       <br />
       Coproduction : Le Volcan, Scène nationale du Havre, L'atheneum (Dijon).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Mardi 19 novembre à 20 h 30.</span>       <br />
       Théâtre des Sources, Fontenay-aux-Roses (92), 01 71 10 73 70.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredessources.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredessources.fr</a>       <br />
              <br />
       Tournée à venir.
     </div>
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    ]]>
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