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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-03-12T15:45:21+01:00</updated>
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   <title>"La petite histoire qui va te faire flipper…" Un remake d'un conte horriblissime des frères Grimm, une histoire à l'eau de rose… couleur hémoglobine</title>
   <updated>2026-01-28T18:49:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-petite-histoire-qui-va-te-faire-flipper-Un-remake-d-un-conte-horriblissime-des-freres-Grimm-une-histoire-a-l-eau-de_a4464.html</id>
   <category term="Cirque &amp; Rue" />
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   <published>2026-01-28T09:16:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand Emmanuel Gil – alias Typhus Bronx, le clown qu'il s'est trouvé pour dire sur scène le monde sans filtre – s'empare du "Conte du Genévrier" des frères Grimm, l'un des plus cruels du répertoire, on peut s'attendre à tout… Et – effectivement – on n'est pas déçus… Florilège de situations grand-guignolesques, sanguinolentes à souhait, présentées avec une candeur enfantine désarmante et exhibant, sous le couvert du rire, les atrocités pulsionnelles d'adultes dotés d'un pète au casque extra-ordinaire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93939126-65563896.jpg?v=1769588830" alt=""La petite histoire qui va te faire flipper…" Un remake d'un conte horriblissime des frères Grimm, une histoire à l'eau de rose… couleur hémoglobine" title=""La petite histoire qui va te faire flipper…" Un remake d'un conte horriblissime des frères Grimm, une histoire à l'eau de rose… couleur hémoglobine" />
     </div>
     <div>
      NDLR (1) à destination de celles et ceux que leur gentil papa ou leur gentille maman auraient omis naguère d'en faire état en oubliant de la glisser au creux de leurs oreilles d'adorables bambins réclamant avant de s'endormir une petite histoire, un bref rappel du conte des origines… Le substrat de ce roman familial freudien (sic) pourrait être résumé en quelques mots : Ma (belle) mère m'a tué, mon père m'a mangé, je me suis vengé… et tout va bien.       <br />
              <br />
       Affublée d'une paire de bottes prolongeant des jambes nues émergeant sous une chemise de nuit de collection, visage passé au blanc (de clown) surplombé d'une crête rouge, l'étrange créature – mi-effrayante, mi-hilarante – fait son apparition en empruntant tout naturellement le chemin des poutres métalliques surplombant le théâtre… Un espace que le clown en verve va s'employer à habiter en toute (in)conscience en faisant d'emblée éclater le quatrième mur afin d'inclure la salle et son public dans son délirium (cf. &quot;Le délirium du papillon&quot;, l'un des volets du triptyque) aux allures débonnaires et aux résonances tragi-comiques. Lui et ses fantômes – deux en un pour dire la complexité inhérente à la nature humaine – ne vont alors avoir de cesse de présenter in situ la version remastérisée à leur sauce (c'est-à-dire à base d'hémoglobine concentrée) du fameux conte de Grimm.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93939126-65563902.jpg?v=1769588878" alt=""La petite histoire qui va te faire flipper…" Un remake d'un conte horriblissime des frères Grimm, une histoire à l'eau de rose… couleur hémoglobine" title=""La petite histoire qui va te faire flipper…" Un remake d'un conte horriblissime des frères Grimm, une histoire à l'eau de rose… couleur hémoglobine" />
     </div>
     <div>
      Ames sensibles s'abstenir… D'ailleurs le programme de salle mentionne, non sans prudence, &quot;déconseillé au moins de douze ans&quot;… On ne &quot;contera&quot; pas, près de deux heures durant, le nombre de doudous sacrifiés sur l'autel de la dramaturgie fabulatrice… Innocents doudous décapités, explosés au couteau, exhibant leurs viscères à l'air et leur jugulaire tranchée avant d'être projetés dans le public comme des offrandes sacrées… NDLR (2) cependant, si d'aventure, sous l'effet d'une dénonciation de très mauvais goût, elle avait connaissance de ce carnage, rassurons l'honorable société protectrice des doudous : aucun de ceux présents sur scène ce soir-là n'a été maltraité… sans que n'ait été recueilli au préalable son consentement.       <br />
              <br />
       La &quot;soirée pyjama&quot;, inaugurée par un premier jet de doudous, se poursuivra par la mise en actes sanguinolents du synopsis des frères Grimm, revus et corrigés.… Le sang des doigts coupés (pour de vrai… enfin pour de faux) de la première jeune femme très belle du père… La césarienne au couteau… La boule vagissante et sanguinolente du petit garçon naissant… Le chagrin du père pleurant la mort en couches de son épouse très belle et aux viscères à l'air avant d'être enterrées sous le genévrier, lui, priant de désespoir Dieu &quot;personne ne lui ayant dit que ça ne servait à rien&quot;… Le remariage du père (consolé) avec une marâtre qui, si elle aimait leur fille, détestait le petit garçon du premier mariage, mis dans une machine à laver et repassé à vif avec sa chemise…       <br />
              <br />
       Les tribulations du pauvre petit garçon mal aimé et autres péripéties hautes en couleur rouge écarlate se précipiteront, toujours exposées à deux voix se recouvrant, en s'étayant l'une l'autre ; paroles lénifiantes énoncées sur un ton enfantin contrastant avec la cruauté décomplexée qu'elles véhiculent. Double voix comme haut-parleur des tensions contradictoires traversant tout un chacun, tensions ici mises en lumière (surexposée) pour rendre hilarant le syndrome Docteur Jekill - Mister Hyde.       <br />
              <br />
       Gore c'est gore – ainsi de la blague (suisse…) de l'immolation par le feu du public, blague d'actualité incandescente aussitôt annulée que tentée – comme ligne directrice d'un projet artistique soigneusement &quot;pansé&quot; (cf. les trois volets de &quot;Full Bronx&quot;) incluant les spectateurs comme complices consentants (ou pas…) de ce jeu iconoclaste à résonances plus qu'humaines. Le dernier quart d'heure de la performance – c'en est une, même si ses fils pourraient parfois faire figure de cordes – amplifie à l'envi les ressorts de la dramaturgie en nous réservant là une très, très belle surprise (que l'on ne révélera pas), clôturant en beauté ce délire d'hémoglobine… à déguster à plus soif.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 22 janvier 2026 aux Colonnes de Blanquefort (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La petite histoire qui va te faire flipper (tellement qu'elle fait peur)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93939126-65563974.jpg?v=1769589628" alt=""La petite histoire qui va te faire flipper…" Un remake d'un conte horriblissime des frères Grimm, une histoire à l'eau de rose… couleur hémoglobine" title=""La petite histoire qui va te faire flipper…" Un remake d'un conte horriblissime des frères Grimm, une histoire à l'eau de rose… couleur hémoglobine" />
     </div>
     <div>
      Conte à frémir debout d'à(peu)près les frères Grimm.        <br />
       Écriture et jeu : Emmanuel Gil (alias Typhus Bronx).       <br />
       Mise en scène : Marek Kastelnik, assisté de Lisa Peyron.       <br />
       Collaboration artistique : Lisa Peyron, Marek Kastelnik, Agnès Tihov.       <br />
       Technique : Ludovic Pédoussaud.       <br />
       Déconseillé aux moins de 12 ans.        <br />
       Durée : 1 h 45.       <br />
              <br />
       <b>La trilogie &quot;Full Bronx&quot; – &quot;Le Delirium du papillon&quot;, &quot;La petite histoire qui va te faire flipper&quot; et &quot;Trop près du mur&quot; – a été représenté du 21 au 23 janvier 2026 aux Colonnes de Blanquefort, Scène Nationale Carré-Colonnes Saint-Médard-Blanquefort (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée &quot;La petite histoire qui va te faire flipper&quot;</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">4 mars 2026 :</span> Théâtre de Gascogne, Mont de Marsan (40).       <br />
       8 mars 2026 : Maison de la Culture et des Loisirs, Beaucouzé (49).       <br />
       14 mars 2026 : Espace Beausoleil - Centre Culturel, Pont Péan (35).       <br />
       Du 7 au 16 mai 2026 : CDN de Normandie-Rouen, Rouen (76).       <br />
              <br />
       <b>Tournée &quot;Le delirium du Papillon&quot;</b>       <br />
       28 janvier 2026 : Théâtre de Gascogne, Mont de Marsan (40).       <br />
       <span class="fluo_jaune">6 février 2026 :</span> Centre Culturel Jean Carmet, Mûrs-Erigné (49).       <br />
       13 mars 2026 : Centre culturel, Noyal-sur-Vilaine (35).       <br />
       15 mars 2026 : Théâtre Victor Hugo, Fougères (35).       <br />
       19 mars 2026 : Centre Culturel Mosaïque, Le Mené (22).       <br />
       20 mars 2026 : Centre Henri Queffélec, Gouesnou (29).       <br />
       21 mars 2026 : Le Grain de Sel, Séné (56).       <br />
       7 avril 2026 : L'Avant Seine, Colombes (92).       <br />
       18 et 19 avril 2026 : Festival des Arts de la Rue, Huy (Belgique).       <br />
       25 avril 2026 : Espace Simone Signoret, Cenon (33).       <br />
       26 mai 2026 : Langres (52).       <br />
       27 et 28 juin 2026 : ACB - Scène Nationale, à Bar-le-Duc (55).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93939126-65564032.jpg?v=1769589816" alt=""La petite histoire qui va te faire flipper…" Un remake d'un conte horriblissime des frères Grimm, une histoire à l'eau de rose… couleur hémoglobine" title=""La petite histoire qui va te faire flipper…" Un remake d'un conte horriblissime des frères Grimm, une histoire à l'eau de rose… couleur hémoglobine" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée &quot;Trop près du mur&quot;</b>       <br />
       27 janvier 2026 : Un Chapiteau en Hiver, Bègles (33).       <br />
       <span class="fluo_jaune">6 mars 2026 :</span> La Palène, Rouillac (16).       <br />
       7 mars 2026 : La Canopée, Ruffec (16).       <br />
       10 mars 2026 : Espace Festif et Culturel Les Pierres Blanches, Saint-Jean-de-Boiseau (44).       <br />
       12 mars 2026 : Espace Culturel Saint-Clément, Craon (53).       <br />
       17 mars 2026 : Le Dôme - Centre Culturel, Saint-Avé (56).       <br />
       18 mars 2026 : Centre Culturel Bleu Pluriel, Trégueux (22).       <br />
       24 mars 2026 : L'Odyssée, Orvault (44).       <br />
       25 mars 2026 : La Pléiade, La Riche (37).       <br />
       27 mars 2026 : Sous les Pylônes (Cie Dodeka), Coutances (50).       <br />
       8 avril 2026 : L'Avant Seine, Colombes (92).       <br />
       22 avril 2026 : Le Péglé, Mont de Marsan (40).       <br />
       24 avril 2026 : La Manufacture Médocaine, Pauillac (33).       <br />
       30 et 31 mai 2026 : Demandez nous la lune, Meisenthal (57).       <br />
       2 juin 2026 : L'étincelle - scène de la communauté d'agglomération, Saint-Dié-des-Vosges (88).       <br />
       4 juin 2026 : Centre Culturel La Ricamarie, La Ricamarie (42).       <br />
              <br />
       Du 15 au 17 avril 2026 : Full Bronx (les trois spectacles), Salle Le Monty, Genappe (Belgique).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante</title>
   <updated>2025-05-29T19:01:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Jeune-fille-cherche-maison-douce-ou-pratiquer-son-piano-Quand-la-subtilite-d-une-ecriture-entre-en-osmose-avec_a4230.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/88896077-62924278.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-05-29T18:26:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans un salon bourgeois, aux meubles recouverts de draps blancs, Myrtille, une jeune femme enceinte, fait son entrée. Elle a habité ce lieu quelque temps auparavant, car elle cherchait un endroit au calme pour pouvoir répéter son piano et le pratiquer souvent afin de préparer le concours du Conservatoire. C'est ce lieu qu'elle a trouvé, occupé à l'époque par Framboise, femme bourgeoise par mariage, plutôt fantasque, mélomane contrariée, qui l'accueille avec enthousiasme.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88896077-62924278.jpg?v=1748536225" alt="•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante" title="•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante" />
     </div>
     <div>
      Mais Framboise est morte à présent. Toutefois, dans cet espace empreint désormais de silences et de mystères, elle ne s'est pas tout à fait éteinte. Son fantôme surgit et, avec lui, son histoire se révèle, entre récits, musiques et chansons. Mais pourquoi ce fantôme revient-il ainsi hanter les lieux ?       <br />
              <br />
       C'est une question qui nous interpelle bien souvent : où les auteurs et les autrices vont-ils puiser leurs inspirations et comment choisissent-ils leur(s) thème(s) de prédilection pour en construire un texte achevé, finement ciselé et agencé ? Le résultat seul compte-t-il uniquement, à leurs yeux, ou la genèse a-t-elle aussi une grande importance dans cet acte créateur ? Vaste débat passionnant dans lequel nous n'entrerons pas ici, car là n'est pas notre sujet !       <br />
              <br />
       C'est tout de même la question que l'on peut particulièrement se poser pour cette pièce au titre déjà peu commun, pièce écrite et mise en scène par Amandine Sroussi, dans laquelle les thèmes sont nombreux tels que l'amitié féminine, intergénérationnelle notamment, plutôt rare au théâtre, les secrets, les violences faites aux femmes, via notamment la chanson avant-gardiste &quot;Quand on vous aime comme ça&quot; d'Yvette Guilbert qui fait douloureusement résonner l'histoire, l'éducation, la mort et le vide de l'autre, la sexualité, etc.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88896077-62924279.jpg?v=1748536317" alt="•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante" title="•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante" />
     </div>
     <div>
      Passionnée par l'écriture contemporaine, éditrice à l'Avant-scène pendant trois ans, Amandine Sroussi a déjà roulé sa bosse, à la fois en tant que comédienne auprès de Pierre Notte, metteuse en scène pour la Compagnie amateure les Dilettantes dans &quot;Le Suicidé&quot; de Nicolas Erdman et &quot;Les Amours de Cass Mac Guire&quot; de Brian Field, co-fondatrice du Festival de Théâtre contemporain à Loches en Touraine et, bien entendu, autrice-dramaturge à la tête de sa propre compagnie.       <br />
              <br />
       Tout ce brillant parcours se ressent subtilement dans notre pièce. Saluons notamment la mise en scène originale qui accorde une large place au fantôme et <span style="font-style:italic">&quot;aux entités qui s'accrochent à leurs parquets tant qu'il y a une œuvre inachevée qui les concerne…&quot;</span> (sic). Rien de moins simple à ce titre, mais le pari est largement gagné autour de ce thème particulier, assez rarement évoqué au théâtre, lui aussi.       <br />
              <br />
       Les deux comédiennes, musiciennes, chanteuses, Susanna Tiertant et Claire Mazard, soutiennent l'écriture virevoltante de l'autrice grâce à leurs interprétations brillantes et très convaincantes, doublement convaincantes, car elles ne sont pas comédiennes à la base, mais musiciennes !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88896077-62924289.jpg?v=1748536340" alt="•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante" title="•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante" />
     </div>
     <div>
      Autour d'un choix de chansons écrites exclusivement par des femmes, les deux artistes ponctuent l'histoire en réelle osmose musicale avec l'écriture, entre Barbara, Brigitte Fontaine, Yvette Guilbert, déjà citée, Juliette, Dalida ou encore Anne Sylvestre, interprète essentielle dans la cause féminine à son époque, déjà.       <br />
              <br />
       Mais attention… Rien d'austère ni de sombre dans cette pièce, car <span style="font-style:italic">&quot;c'est plein d'émotions, de gaieté, de moments soirées pyjamas, de folie douce et de bonne humeur&quot;,</span> comme le fait remarquer la metteuse en scène. L'humour décalé y est bien présent, pour la plus grande joie du public.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ce n'est pas parce qu'on était riche et qu'on n'était pas juif que ce n'était pas difficile !&quot; &quot;Moi, ma fille, ce sera éducation positive. Je la laisserai dans une crèche Montessori. Je ne dirai jamais non. Et on ne mangera que des légumes&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le décor et la scénographie de Claire Jouet-Pastré en collaboration avec Nadège Bourmaud, plutôt chargés et encombrés – à l'image, peut-être, de ce qui bouillonne dans la psyché des deux protagonistes –, convoquent fort justement l'écriture d'Amandine Sroussi, et les chansons, judicieusement intégrées, font de cette représentation un bien joli moment de théâtre-musical, profond, émouvant et poétique aussi, aux messages souvent subtils.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Un jour, à un mariage, un vieil oncle te mettra une tape sur les fesses et tout le monde rigolera. Toi, tu auras les larmes aux yeux, mais c'est ça, ma chérie ! Nous sommes toutes des côtes. Non, non, tu n’as pas de nom. Non, tu n'as pas d'existence. Tu n'es que ce qu'on en pense&quot;,</span> Anne Sylvestre.       <br />
              <br />
       Alors, si vous côtoyez parfois un fantôme dans votre demeure, vous savez à présent qu'il faut l'aider à résoudre son énigme afin qu'il disparaisse à tout jamais, à moins qu'il vous soit de sympathique compagnie et que vous ne souhaitiez pas vous en débarrasser…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88896077-62924304.jpg?v=1748536365" alt="•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante" title="•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante" />
     </div>
     <div>
      Texte : Amandine Sroussi.       <br />
       Mise en scène : Amandine Sroussi.       <br />
       Avec : Claire Mazard (jeu, chant, contrebasse) et Susanna Tiertant (jeu, chant, piano).       <br />
       Scénographie : Claire Jouet-Pastré.       <br />
       Composition et arrangements : Susanna Tiertant.       <br />
       Costumes et accessoires : Nadège Bourmaud.       <br />
       Son : Aurélien Dalmasso.       <br />
       Lumières : Sébastien Lebert.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 45. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre la Luna, Salle 2, 1, rue Sévérine, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 96 28.       <br />
       Courriel : <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@quartier-luna.fr')" >contact@quartier-luna.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatres-luna.fr/theatre-la-luna" target="_blank">>> theatres-luna.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88896077-62924326.jpg?v=1748536563" alt="•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante" title="•Off 2025• "Jeune fille cherche maison douce où pratiquer son piano" Quand la subtilité d'une écriture entre en osmose avec une dramaturgie intense et émouvante" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       Novembre 2025 : L'Escabeau, Rivotte, Briare (45).       <br />
       6 mars 2026 : Sénas (13).       <br />
       7 et 8 mars 2026 : La Colle-sur-Loup (06).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Jeune-fille-cherche-maison-douce-ou-pratiquer-son-piano-Quand-la-subtilite-d-une-ecriture-entre-en-osmose-avec_a4230.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique</title>
   <updated>2024-10-19T10:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Sorcieres-Titre-provisoire-Histoire-de-sorcellerie-conjuguee-au-feminin-pour-parler-de-transmission-d-amitie-et-d-une_a4064.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83584030-59814655.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-10-18T16:40:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quitter l'urbaine capitale pour prendre possession d'une vieillotte maison familiale, héritage d'une existence passée campagnarde et néanmoins normande, c'est le choix qu'a fait Sonia. Très vite, à l'évidence, le souvenir de l'aïeule, la grand-mère, dernière résidente, imprègne les lieux par quelques vêtements et objets, peut-être même par une présence fantomatique. Un soir de pluie, une femme mystérieuse passe avant de reprendre son chemin. De cette rencontre imprévue, Sonia développe des dons et se retrouve connectée à la maison qui prend vie, l’envahie et l’amène à remuer le passé. Soutenue par une amie, elle démêlera l’histoire de cette habitation supposée maudite.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83584030-59814655.jpg?v=1729264006" alt=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" title=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" />
     </div>
     <div>
      Au départ furent les travaux de Jeanne Favret-Saada, figure centrale de l’ethnographie française, sur la sorcellerie paysanne dans le bocage mayennais. Jugés atypiques à l'époque (fin des années soixante-dix), du fait notamment d'une immersion totale pendant deux ans où elle sera considérée par les habitants comme désenvouteuse puis comme ensorcelée. Cette enquête peu banale aboutira à un premier ouvrage, &quot;Les mots, la mort, les sorts&quot; (1977), suivi d'une approche plus psychanalytique intitulée &quot;Corps pour Corps - Enquêtes sur la sorcellerie dans le bocage&quot; (1981), coécrit avec la psychanalyste Josée Contreras.       <br />
              <br />
       De cette étude particulière est né le désir d'un état des lieux cinquante ans plus tard. C'est ainsi que Lucie Berelowitsch et Penda Diouf ont parcouru, en février et mars 2023, la campagne viroise pour rencontrer rebouteux et coupeurs de feu (guérisseurs), opérant ainsi un collectage de témoignages variés, de faits divers, de légendes encore vivaces, tous questionnements ayant trait aux bons et mauvais sorts, aux différents rituels païens ou pas, aux croyances perdurant dans l'imaginaire de la gent campagnarde et néanmoins normande. De cette quête aux accents mystérieux et magiques est née le féminin spectacle &quot;Sorcières (Titre provisoire)&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83584030-59814665.jpg?v=1729264036" alt=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" title=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" />
     </div>
     <div>
      Dans un décor savamment imaginé (par Valentine Lê et François Fauvel), modulaire et mobile, laissant paraître l'intimité rassurante d'un intérieur et l'insécurité latente de l'extérieur – grâce à une pièce principale dont l'un des angles est coupé, offrant ainsi de multiples porosités entre le cocon et son environnement &quot;sauvage&quot; – vont être convoqués de multiples étrangetés : bruissements inexplicables, voix d'outre-tombe, ombres mystérieuses, etc. ; mais aussi des anomalies événementielles telles que des accidents de la route à répétition ou d'énigmatiques rencontres.       <br />
              <br />
       Sonia, dès son installation dans la demeure de famille, plongée dans le tri d'une garde-robe d'un autre temps (celle de son ancêtre), accueille une victime tombée en panne de voiture… de manière suspecte (réalité ou allégorie). Ainsi, les autrices posent dès le début les éléments d'une fiction fantastique qui va s'élaborer crescendo dans l'expression d'événements extraordinaires ou bizarres.       <br />
              <br />
       Puis, une amie arrive, rompant la solitude de Sonia, l'accompagnant pour une brocante pour vendre, sans succès, les affaires (vêtements et objets) qu'elle a triées. Le bruit court que la maison est hantée... et on n'achète pas les objets d'une maison hantée. Les histoires anciennes ressurgissent et déstabilisent. Sonia (excellente Sonia Bonny) décide alors d'effectuer des recherches dans les archives de la presse locale pour lire de vieux articles sur les phénomènes paranormaux. Au fur et à mesure, une subtile ambiance en clair obscur s'installe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83584030-59814674.jpg?v=1729264353" alt=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" title=""Sorcières (Titre provisoire)" Histoire de sorcellerie conjuguée au féminin pour parler de transmission, d'amitié et d'une certaine réalité du fantastique" />
     </div>
     <div>
      Dans ces méandres ensorcelés, la présence de l'amie (convaincante Clara Lama Schmit) alimente une certaine complicité bienveillante et les fantômes – sorciers, sorcières ou pas – (Natalka Halanevych, habitant avec talent plusieurs rôles) esquissent une compagnie appropriée à l'atmosphère générale. Ne dit-on pas que seules les ensorcelés parlent de sorcières ou de sorcellerie ? Et, ici, Sonia n'est-elle pas simplement une passeuse d'âme... un être doté d'une incroyable capacité à aimer et à pardonner sans juger, cherchant à agir comme pour concrétiser une libéralisation des lieux, des âmes tourmentées.       <br />
              <br />
       Si l'enquête et la collecte de témoignages initiales effectuées par Lucie Berelowitsch et Penda Diouf apportent un état des lieux actuel de la sorcellerie en Normandie, leur propos porte au-delà, vers une autre facette de l'ethnologie moderne, questionnant la structure et l'évolution (ou non-évolution) de notre société rurale sur le terrain des relations humaines où se jouent les connections intergénérationnelles, la transmission des valeurs, des modes de vie et des connaissances passées, mais aussi la force de l'éducation, de l'amitié, de la tolérance et de l'acceptation des différences.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sorcières (Titre provisoire)"</b></div>
     <div>
      Texte : Penda Diouf.       <br />
       Mise en scène : Lucie Berelowitsch.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Baptiste Mayoraz.       <br />
       Avec : Sonia Bonny et Clara Lama-Schmit (comédiennes permanentes), Natalka Halanevych (membre des Dakh Daughters, artistes associées).       <br />
       Lumières : Kelig Le Bars.       <br />
       Musique :  Sylvain Jacques.       <br />
       Scénographie : François Fauvel et Valentine Lê.       <br />
       Costumes : Elizabeth Saint-Jalmes et Ève Le Corre-Le Trévédic.       <br />
       Décors : les Ateliers du Préau.       <br />
       Production Le Préau - CDN de Normandie-Vire.       <br />
       Coproduction La Criée - Théâtre National de Marseille.       <br />
       Avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <b>Spectacle créé au Préau - CDN de Normandie-Vire du 1ᵉʳ  au 4 octobre 2024.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">18 octobre 2024 :</span> Théâtre des Halles, Tessy-Bocage (50).       <br />
       <span class="fluo_jaune">14 novembre 2024 :</span> Théâtre municipal, Domfront-en-Poiraie (61).       <br />
       28 novembre 2024 : La Halle ô Grains, Bayeux (14).       <br />
       21 et 22 janvier 25 : Théâtre du Point du Jour, Lyo (69).       <br />
       28 janvier 2025 : Salle des fêtes, Barenton (50).       <br />
       4 février 2025 : Théâtre de l’Arsenal, Val-de-Reuil (76).       <br />
       27 et 28 fév. 25 : Les Franciscaines, Deauville (14).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Sorcieres-Titre-provisoire-Histoire-de-sorcellerie-conjuguee-au-feminin-pour-parler-de-transmission-d-amitie-et-d-une_a4064.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…</title>
   <updated>2024-06-19T12:18:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Chahuts-Quand-ceux-que-l-on-a-voulu-faire-taire-donnent-de-la-voix_a3960.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81074542-58452138.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-06-20T07:58:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour sa trente-troisième édition, le festival bordelais des arts et de la parole du "quartier de Saint-Michel et au-delà", s'est fixé un fil rouge… "Hors normes", un beau sous-titre qui résonne comme la promesse salutaire d'un pas de côté mettant en perspective les héritages qui nous façonnent. Qu'elle trouve ses racines dans notre passé individuel, familial, sociétal, ou colonial, la norme héritée agit comme une camisole dont on ne peut se défaire qu'en partageant les mots, qu'en les frottant à ceux des autres. Faire circuler la parole, la mettre dans un pot commun, telle semble l'ambition émancipatrice de cette semaine où cultures populaires et performances artistiques s'allient pour faire résonner la voix des invisibles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452138.jpg?v=1718785451" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      Sur la rive droite de la Garonne, le Parc Pinçon de la Benauge est tout désigné pour accueillir les festivités inaugurales… Un ciné-concert immersif sous la forme d'un film d'animation en 3D – </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fantôme"</strong></span> (Collectif La Méandre) – est projeté sur une scène rehaussée et aussi sur les immenses façades années soixante-dix surplombantes. Les deux musiciens en live et les personnages de l'histoire se détacheront de la scène pour venir à la rencontre des habitants de la cité populaire, créant ainsi un pont de sens entre fiction et réalité. Quant à l'histoire contée, elle se présente comme le récit d'un soulèvement poétique, celui d'un enfant détonateur de rébellion contre une société asservissante et artisan innocent de son extinction. Toute ressemblance avec la réalité vécue ne pouvant être que fortuite (ou pas…).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452139.jpg?v=1718786053" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      Parmi les trente-huit autres rendez-vous… </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Géographie de la survie"</strong></span>, conçue par l'auteur de théâtre et de romans Lancelot Hamelin, immerge dans un espace urbain identifié jusque dans les îles des territoires d'outre-mer pour être le refuge de personnes sans domicile fixe. Ce territoire, connu des habitants du quartier pour abriter des personnes en rupture, alcoolisées ou pas, chacun va l'arpenter en "tous sens". En effet, seul pour mieux s'imprégner du contexte, "livret des pensées de Sandra" (personnage fictionnel), jeu de cartes et pièce de monnaie en mains, on part à la recherche du secret du père décédé quelque part, à l'encoignure de deux ruelles… Une énigme à résoudre incluant de plain-pied dans l'univers bien réel des exclus… Expérience immersive troublante, s'appuyant sur une fiction comme pour mieux lever le voile sur les drames conduisant à la dure réalité de la vie à la rue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452197.jpg?v=1718786834" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Portraits fantômes"</strong></span>, imaginé par le chorégraphe plasticien Mickaël Phelippeau, propose la visite guidée de trois appartements du quartier Saint-Michel "désertés" pour l'instant. À partir des objets, de la décoration, des livres et disques peuplant les lieux, il se livre à une recomposition fantasmée de ses occupants : qui sont celles et ceux qui vivent "pour de vrai" entre ces murs ? Commentant, dessinant, lisant, dansant, il s'appuie sur la gamme des moyens d'expression à sa disposition pour nous embarquer à sa suite dans ce voyage exploratoire… Si le concept (on pense au roman "Les Choses" de Georges Pérec) est sans conteste séduisant, sa réalisation nous convainc moins, "l'ouvroir de littérature potentielle" restant ici fermé sur lui-même et nous perdant dans des performances artistiques… "hors sol".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452426.jpg?v=1718787289" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Charge"</strong></span>, de Treize, propose une "lecture-rencontre" émaillée de poèmes slamés, dont on ne sort pas tout à fait indemne. En effet, pour l'autrice de "Charge" (Éditons La Découverte, 2023), campée devant nous, le mot "rencontre" collé à celui de "lecture" délivre à lui seul l'essence de son dessein : le désir impérieux de faire résonner en nous, ses "frères humains" (cf. François Villon), sa traversée en milieu psychiatrique.       <br />
              <br />
       Transmettre dix ans passés entre les murs troués de fenêtres verrouillées est ressenti comme une urgence palpable. Faisant corps avec ses mots tranchants, crus pour coller avec son propos, la romancière dit la déshumanisation humiliante infligée aux patients internés dans une unité psychiatrique… Ces regards portés sur son cas, elle, réduite à l'état d'objet clinique lors des visites organisées pour le personnel médical… Sa pesée hebdomadaire obligatoire, au vu de tous, sur une balance inadaptée à son poids… Ou encore ces ordonnances d'une dizaine de lignes prescrivant les pilules à avaler, sans qu'aucun mot jamais ne vienne accompagner l'emprise sur son corps et sa tête… Pour elle, un moment de libération par la parole. Pour nous, un témoignage coup de poing sur certaines violences psychiatriques.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452427.jpg?v=1718787803" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Née le 8 mars 1977"</strong></span> de la conteuse et danseuse Céline Ripoll fait figure d'événement trouant le plafond de verre des normes prisées par les conservateurs de tous poils… "Mettre en jeu", au sens théâtral, la toxicité du machisme mis à nu pour déjouer son emprise morbide. Dire la vérité "exemplaire" du destin d'une femme ordinaire qui, après avoir subi dans sa jeunesse l'extrême violence d'un père, s'est précipité à l'autre bout du monde… dans les bras d'un séduisant "sauvage" dans une compulsion de répétitions échappant à toute raison.       <br />
              <br />
       Celle que l'on connaissait pour ses talents de conteuse du légendaire océanien (cf. les albums de sa maison d'édition, Moai Éditions) lui ayant ouvert les portes du Musée du Quai Branly afin d'assurer des visites ethno-artistiques, revient sur l'avant-scène pour dévoiler cette fois l'arrière-fond des beautés du Pacifique… L'île de Pâques, un paradis à ciel ouvert où elle a vécu l'enfermement avec un séduisant guerrier s'étant avéré être une parfaite brute alcoolisée.       <br />
              <br />
       Face à nous, entre les murs du petit jardin urbain Dorignac, elle apparaît fragile et forte. Dotée d'un bel humour, elle fait corps avec son récit qui lui colle à la peau tout en s'en distanciant avec bonheur. Son récit, c'est celui de toutes les femmes battues "à mort", d'anciennes amoureuses qui sont tombées dans les rets du prince viril arrivé sur son fier destrier. "Intermittent" (magnifique !) de la colère, il l'injurie, la terrorise, la menace pour tout et rien, "se vide en elle" et repart à ses affaires. Treize ans d'asservissement au sens plein du terme sans pouvoir échapper à son emprise… Un récit d'une banalité effrayante dans lequel la tragédie du quotidien féminin livré à la maltraitance machiste explose à chaque syllabe.       <br />
              <br />
       Ne plus sentir son corps, devenir vase… la vase dont les tortionnaires sont faits. Trouver la force de mettre son passé devant soi pour s'en délivrer… Démêler l'enchevêtrement de traumas… Être née morte dans un hôpital militaire, avoir vécu sous les diktats d'un père effrayant, avoir voulu se sauver de son enfance en se précipitant à l'autre bout de la planète… et être tombée dans les bras d'un homme l'ayant carbonisée sur place, comme la petite fille vietnamienne hurlant de douleur sous les brûlures du napalm…       <br />
              <br />
       Un "crash texte" époustouflant d'humanité à vif. Dans cette performance encore en devenir, Céline Ripoll échappe artistiquement à sa nuit personnelle en faisant magistralement danser les mots de la liberté recouvrée… <span style="font-style:italic">"Et sa douleur s'est brisée comme un éclat de rire",</span> serait-on tenté d'ajouter en plagiant "Nuit rhénane" de Guillaume Apollinaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452776.jpg?v=1718788079" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival Chahuts       <br />
       Du 7 au 15 juin 2024.       <br />
       Quartier Saint-Michel et au-delà, Bordeaux (33).</b>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/" target="_blank">>> chahuts.net</a>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fantôme"</strong></span>       <br />
       <b>Vendredi 7 juin à 22 h, Parc Pinçon, Bordeaux.</b>       <br />
       Par le Collectif la Méandre.       <br />
       Direction artistique, musique, interprétation : Arthur Delaval.       <br />
       Direction technique, régie générale, création lumière, interprétation : Jordan Bonnot.       <br />
       Musique et interprétation : Charlie Doublet.       <br />
       Regard extérieur, mise en scène, accueil et transmission complices, interprétation : Lucie Paquet.       <br />
       Animation et mapping, régie vidéo et interprétation : Guillaume Bertrand.       <br />
       Régie vidéo et interprétation : Agnieszka Juszczak.       <br />
       Régie son et interprétation : Pierre Lacour, Loan Gatto et Isia Delemer.       <br />
       Accueil et transmission complices, interprétation, regard extérieur à la mise en scène : Anaïs Blanchard.       <br />
       Accueil et transmission complices, interprétation : Zaïna Zouheyri.       <br />
       Création costume : Julie Honoré.       <br />
       Écriture : Maëlle Ghulam Nabi.       <br />
       Construction : Marie Dupasquier.       <br />
       Construction des totems : Gaël Richard.       <br />
       Construction des carrousels : Clément Lapalus.       <br />
       Construction, machiniste : Mathieu Fernandez.       <br />
       Regard extérieur à la mise en scène : Laura Dahan, Manuel Marcos.       <br />
       Regard extérieur à la manipulation : Olivier Rannou.       <br />
       Regard extérieur au jeu : Marc Prépus.       <br />
       Regard extérieur : Clémence Lambey, Mélissa Azé.       <br />
       Avec la participation de 25 complices. En partenariat avec la MDS Saint-Michel.       <br />
       Durée : 1 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58452994.jpg?v=1718789488" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Géographie de la survie"</strong></span>       <br />
       <b>Samedi 8 juin (de 14 h à 20 h 30) et dimanche 9 juin (de 10 h à 18 h), en déambulation, Marché des Douves, Bordeaux.</b>       <br />
       Par Lancelot Hamelin       <br />
       Conception et écriture : Lancelot Hamelin.        <br />
       Scénographie : CALK.        <br />
       Regard extérieur et bienveillant : Élise Rochet.        <br />
       Recherche action et causerie : Agnès Villechaise.        <br />
       Avec la participation de : Gwendoline Gross, Hélène Fretigne, Christian Calvet, Marion Sarrailh, Natacha Nottin, Brownie Valette, Esteban Ansorena, Sylvie Guyzerix, Joanie Kneppers, Lili Weyl, Jeanne Petit, Denis Blanc, Isabel Vincent Pereira, Justine Rocheteau, Sandrine Jeanneau, Vanessa Vallee, Marie Braux, Odile Nublat, Delphine Ledru, Camille Lemoine, Élise Rochet.        <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58453139.jpg?v=1718789608" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Charge"</strong></span>       <br />
       <b>Samedi 8 juin à 18 h à la Bibliothèque Capucins, Quartier Saint-Michel, Bordeaux.</b>       <br />
       Par Treize.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Portraits Fantômes"</strong></span>       <br />
       <b>Jeudi 6 juin (19 h), samedi 8 juin (14h et 17 h 30) et dimanche 9 juin (14 h et 17 h 30) dans trois appartements du Quartier Saint-Michel, Bordeaux.</b>       <br />
       Par BI-P/Mickaël Phelippeau       <br />
       Conception et interprétation : Mickaël Phelippeau.       <br />
       En coréalisation avec la Manufacture CDCN Nouvelle-Aquitaine Bordeaux – La Rochelle.       <br />
       En complicité avec des habitantes et habitants de Saint-Michel.       <br />
       Durée : 1 h 30.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81074542-58453161.jpg?v=1718789672" alt=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" title=""Chahuts" Quand ceux que l'on a voulu faire taire donnent de la voix…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Née le 8 mars 1977"</strong></span>       <br />
       <b>Dimanche 9 juin à 18 h dans le Jardin Dorignac, Bordeaux.</b>       <br />
       Par Céline Ripoll.       <br />
       Texte et narration : Céline Ripoll.       <br />
       Mise en scène : Valérie Puech.       <br />
       Regard chorégraphique : Mourad Merzouki.       <br />
       Parrain artistique : Yannick Jaulin.       <br />
       Durée : 1 h 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Chahuts-Quand-ceux-que-l-on-a-voulu-faire-taire-donnent-de-la-voix_a3960.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi</title>
   <updated>2021-07-23T12:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Pupo-di-Zucchero-La-Festa-dei-Morti-Ode-a-la-joie-a-la-celebration-de-la-vie-devant-soi_a3026.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57875101-42823702.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-07-23T12:13:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Emma Dante revient à Avignon pour gratifier les festivaliers d'un étrange et envoûtant cérémonial prenant possession d'un plateau peuplé d'impressionnantes sculptures grandeur nature qu'accompagnent des acteurs tout aussi fascinants. Ce rituel de la Fête des Morts, tradition de l'Italie du Sud pérennisant chaque 2 novembre le désir des humains de faire perdurer la vie au-delà de la mort, la metteuse en scène de Palerme le transfigure superbement en "regroupement familial" festif débordant de vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823702.jpg?v=1627036735" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Les apparitions d'Emma Dante dans la Cité des Papes (&quot;Le Sorelle Macaluso&quot; et plus récemment &quot;Bestie di scena&quot;) sont toujours attendues &quot;religieusement&quot;, avec grande fébrilité tant elle allie à une créativité unique une humanité hors normes insufflant de l'oxygène revivifiant dans un monde au bord de l'asphyxie. Tout chez elle semble surgissement du bonheur de la représentation. De création en création, mettant en pièces les attendus sur lesquels d'autres pourraient paresseusement surfer, elle nous &quot;surprend&quot; pour nous entraîner dans des mondes fabuleux parlant intimement à notre sensibilité.       <br />
              <br />
       Et &quot;La Statuette de Sucre - La Fête Des Morts&quot;, créé au Teatro Grande à Pompéi ce début juillet, en est la preuve… vivante. Au centre du plateau, lumière est faite sur un homme seul, coincé dans ses vêtements endimanchés, assis sur un petit tabouret de paille, et dont le poids des ans fait pencher ostensiblement la tête vers la terre qui l'attend. Devant lui, sur un autre tabouret, une pâte à lever concentre toute son attention : elle est la matière vivante d'où émergera la statuette en pain de sucre placée au centre de la cérémonie qui se prépare… Derrière lui, ses trois jeunes sœurs, mortes depuis des lustres, agitent déjà gaiement des clochettes en psalmodiant des mélodies. Le ton est donné, la messe va pouvoir être dite…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823744.jpg?v=1627036767" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Un à un, puis tous ensemble, les membres de la &quot;familia grande&quot; vont surgir de l'épaisse nuit qui les enveloppait pour peupler facétieusement le plateau de leurs existences disparues. Chacun est porteur de son double mort - stupéfiantes sculptures articulées de Cesare Inzerillo - l'accompagnant comme son ombre dans ce retour vers la vie. Ils ont différents âges, dont celui de leur mort, les frontières spatio-temporelles n'ont plus lieu d'être… C'est la fête des retrouvailles, sous l'œil attendri du vieil homme solitaire retrouvant enfin ceux qu'il aimait.       <br />
              <br />
       Qu'elles étaient belles ses sœurs, la mère les couvait de son regard attendri… Elles sont là, devant nous pétillantes de fantaisie, jusqu'à ce qu'on les voie jetées au sol, leurs corps pris de convulsions, victimes du typhus les ayant emportées dans la fleur de l'âge - pas étonnant, elles dormaient toutes les trois tête-bêche, dans le même lit, ne se quittant jamais… Et lui le frère noir adopté, feu follet à la faim insatiable, bondissant en tous sens comme un lutin monté sur ressorts, que de jeux endiablés tous les quatre n'ont-ils pas vécus… Et cet oncle et cette tante n'ayant rien de plus urgent en se retrouvant qu'à se chevaucher fougueusement, avant que ça dégénère, cheveux tirés et coups de pied à l'appui dans le corps sans vie projeté au sol…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823753.jpg?v=1627036808" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Et sa mère, si belle et si jeune, attendant au bout de la jetée pendant plus de cinquante ans le retour de son mari parti en mer… Ce père aimant, jeune marin fringant à côté de lui dans ses vêtements le mettant en valeur, ému, il lui donne tendrement l'accolade… Quand il revenait le père de ses traversées au long cours, c'était la fête ! Et tous alors de mettre le feu au plateau, la mère redevenue instantanément jeune, redressant son corps courbé par les ans et ôtant sa robe de vieille femme pour exhiber une tenue branchée, sa mère s'éclatant dans des figures de danses électriques faisant vibrer la scène transformée en gigantesque dancefloor.       <br />
              <br />
       Le vieil homme semble visiblement aux anges en voyant ses chers disparus revivre sous ses yeux, chacun n'ayant rien perdu de ce qui de son vivant faisait qu'il était un être unique, défauts et qualités comprises. Et quand viendra au bout de la nuit, le moment pour les morts de regagner leurs pénates d'outre-tombe et le temps pour le vieil homme de retourner à sa solitude, ils repartiront en procession lumineuse portant chacun sa sculpture sur l'épaule. Les chants religieux viendront couvrir la voix de leur hôte d'un soir et le dernier tableau, d'une beauté sculpturale à faire défaillir, sera à prendre comme une apothéose musicale et visuelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823759.jpg?v=1627036853" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Célébrer de manière joyeuse les morts afin de ne pas les tuer une seconde fois en les incarcérant dans l'oubli, les exhumer pour les représenter doublement au plateau (artistes bien vivants et leurs répliques sculptées mangées en partie par la décomposition &quot;à l'œuvre&quot;) dans une mise en jeu d'une beauté plastique insoupçonnée, est à prendre comme un moment de grâce accordé aux vivants par une metteuse en scène mécréante développant vis-à-vis de l'humaine condition une foi inconditionnelle.       <br />
              <br />
       Plaisir sensuel de voir se rencontrer vivants et morts dans le même espace onirique orchestré par des musiques et des danses énergisantes, c'est peu de dire que, dans le droit fil de cette tradition italienne dont elle revendique l'héritage, Emma Dante réussit sous nos yeux émerveillés l'exploit peu ordinaire de répondre à notre besoin abyssal de consolation.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Gymnase du Lycée Mistral à Avignon, le mercredi 21 juillet 2021 à 19 h.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti/La Statuette de Sucre - La Fête des Morts"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823763.jpg?v=1627036884" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Création le 8 juillet 2021 au Teatro Grande (Pompéi, Italie).       <br />
       Spectacle en dialecte napolitain surtitré en français.       <br />
       Texte et mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Librement inspiré du &quot;Conte des Contes&quot; de Giambattista Basile.       <br />
       Avec : Tiebeu Marc-Henry Brissy Ghadout, Sandro Maria Campagna, Martina Caracappa, Federica Greco, Giuseppe Lino, Carmine Maringola, Valter Sarzi Sartori, Maria Sgro, Stéphanie Taillandier, Nancy Trabona.       <br />
       Sculpture : Cesare Inzerillo.       <br />
       Lumière : Cristian Zucaro.       <br />
       Costumes : Emma Dante.       <br />
       Assistante costumes : Italia Carroccio.       <br />
       Traduction en français pour le surtitrage : Juliane Regler.       <br />
       Surtitrage : Franco Vena.       <br />
       Compagnie SudCostaOccidentale       <br />
       Durée 1 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823803.jpg?v=1627037319" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 23 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 19 h, relâche le 20 juillet.       <br />
       Gymnase du Lycée Mistral, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       7 au 17 octobre 2021 : Teatro Biondo Palermo, Palerme (Italie).       <br />
       10 au 12 mars 2022 : Châteauvallon - Le Liberté - Scène nationale, Toulon (83).       <br />
       15 mars 2022 : Théâtre Durance, Château-Arnoux-Saint-Auban (04).       <br />
       18 au 20 mars 2022 : La Criée, Marseille (13).       <br />
       25 au 26 mars 2022 : Anthéa - Antipolis, Antibes (06).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823805.jpg?v=1627037380" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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