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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-17T15:37:45+02:00</updated>
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   <title>"Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !</title>
   <updated>2024-09-10T17:05:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Racine-carree-du-verbe-etre-Demonstration-magistrale-_a4038.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-09-04T10:06:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une superbe création où le dramaturge, metteur en scène et comédien Wajdi Mouawad marie imagination et vécu, nous nous retrouvons dans une chronologie de près de 75 ans dans des lieux aussi différents que Beyrouth, Montréal, Paris, Rome et Livingstone avec, au cœur de celle-ci, la double explosion tragique du port de Beyrouth en 2020. Dans ces épisodes bousculés, le dramaturge pose un regard aussi lucide, poétique que scientifique sur ces impondérables qui ponctuent et peuvent influer toute une vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82586994-59220937.jpg?v=1667980515" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
     </div>
     <div>
      Lumières sur une scénographie sombre balayée par des clartés blanches dans un jeu de clairs-obscurs. Elle est mouvante durant toute la représentation et laisse découvrir, selon les moments, des salles construites en forme de triangle toujours ouvertes pour inviter le regard du public à entrer dans celles-ci, tout autant que dans l'intimité des protagonistes. Cette dernière est verbalisée aussi par des mots, des colères et des silences. Tout est à nu. On se livre au travers de souffrances parfois tues, mais toujours dites.       <br />
              <br />
       Ce sont plusieurs générations de familles qui se rencontrent ou se retrouvent à des endroits et des époques différents. Paris, Montréal, Livingstone, Beyrouth, les scènes s'échelonnent dans un espace-temps et dans des lieux géographiques étendus. Celui-ci s'étire d'août 1978 où Talyani a 10 ans jusqu'en août 2052 où il a 74 ans avec un centre dramatique démarrant le 4 août 2020, avec la double explosion dans le port de Beyrouth, jusqu'au 8 août 2020. Le bilan a été de 215 morts et 6 500 blessés. Cet espace-temps s'étale sur une durée dramaturgique d'une semaine, la pièce étant découpée du lundi au dimanche avec, pour chacun des jours, une action, une date et plusieurs lieux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82586994-59220938.jpg?v=1667980552" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
     </div>
     <div>
      Dans cette étendue autant temporelle, psychologique que culturelle, reste accrochée la souffrance des caractères qui s'exprime autour de la colère, de l'incompréhension, du manque d'amour, du mépris, de la violence, de l'amour non exprimé, de l'amour qui s'exprime. Ce que montre Mouawad est qu'au travers des événements, souvent marqués par l'impondérable même quand la tragédie ne s'y mêle pas, fait que l'histoire d'une vie ou d'une famille peut être changée, voire transfigurée complètement. Une maladie qu'on pourrait croire cancéreuse alors que c'est un simple furoncle où l'horaire d'un vol pour Paris ou Rome a transformé la vie de nos personnages ainsi que celle de Wajdi Mouawad qui se raconte aussi dans cette création.       <br />
               <br />
       Le jeu des comédiens est très physique et est axé sur la voix qui est souvent projetée, lancée. On se crie dessus, on se bouscule, on s'ignore ou on s'aime. Talyani (Wajdi Mouawad, Jérôme Kircher) est incarnée par deux protagonistes aussi différents l'un de l'autre comme le blanc l'est du noir ou le coton de la soie. Et donc nous sommes à la croisée de deux histoires. Quand l'un est calme, serein, l'autre est violent, méprisant, divorçant de la vie quand le premier en est attaché. L'histoire de chacun, leur rapport à soi et aux autres sont marqués de coups, de béquilles, d'entorses à leur vie avec un rapport au père, fréquemment absent physiquement ou symboliquement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82586994-59220939.jpg?v=1667980654" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
     </div>
     <div>
      Le hasard, une rencontre, un instant font que les ruisseaux se séparent pour se jeter dans un autre fleuve. C'est dans ce tournoiement des événements que la création prend de l'épaisseur avec son voile de mystère. Tout tourne autour de la souffrance et d'amours non dites ou échouées dans les écueils du mutisme.       <br />
              <br />
       &quot;L'important n'est pas de guérir mais de vivre avec ses maux&quot;, ces mots de Camus (1913-1960) peuvent être l'écho de la trame dramaturgique de la seconde partie, car, dans celle-ci, les personnages font face à leurs problèmes là où la première partie les faisait voir comme les subissant et en souffrant sans que ceux-là ne disparaissent pour autant. Autre moment est ce cours donné sur la relativité restreinte d'Einstein (1879-1955) par Joane (Julie Julien) qui donne un éclairage au titre de cette œuvre avec le chiffre irrationnel, √2, comme tout irrationnel qui recouvre toute une infinité de nombres dans un espace mathématique extrêmement réduit entre deux décimales. L'infiniment grand logé dans l'infiniment petit comme le cours d'une vie influé par un petit hasard.       <br />
              <br />
       La voix est l'aiguillon des émotions et s'apparente à un baromètre de celles-ci, des sentiments tiraillés par des conflits internes qui traversent continuellement la vie de tous les protagonistes. Les planches deviennent, au travers de déplacements importants et de rares pauses, le lieu de figuration et de transformation de ces conflits où, autour de courts solos de trompettes qui accompagnent avec beaucoup de suavité certaines fins de scènes, ils closent la pièce dans un rare, voire le seul, moment d'espoir et de gaité.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Racine carrée du verbe être"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82586994-59220940.jpg?v=1667980687" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistante et assistant à la mise en scène : Valérie Nègre et Cyril Anrep.       <br />
       Avec : Maïté Bufala, Madalina Constantin, Jade Fortineau, Jérémie Galiana, Delphine Gilquin, Julie Julien, Jérôme Kircher, Norah Krief, Maxime Le Gac Olanié, Wajdi Mouawad, Lucile Roche et Anna Sanchez en alternance, Nathanaël Rutter, Richard Thériault, Raphael Weinstock.       <br />
       Et les enfants en alternance : Colin Jolivet, Meaulnes Lacoste, Théodore Levesque, Balthazar Mas-Baglione, Ulysse Mouawad, Adrien Raynal, Noham Touhtouh.       <br />
       Dramaturgie : Charlotte Farcet et Stéphanie Jasmin.       <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus.       <br />
       Lumières : Éric Champoux.       <br />
       Costumes : Emmanuelle Thomas assistée de Léa Delmas.       <br />
       Couture : Anne-Emmanuelle Pradier.       <br />
       Maquillages et coiffures : Cécile Kretschmar.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82586994-59220941.jpg?v=1667980722" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
     </div>
     <div>
      Conception vidéo : Stéphane Pougnand.       <br />
       Dessins : Wajdi Mouawad et Jérémy Secco.       <br />
       Musique : Pawel Mykietyn.       <br />
       Conception sonore : Michel Maurer, assisté de Sylvère Caton et Julien Lafosse.       <br />
       Accompagnement des enfants : Achille di Zazzo.       <br />
       Fabrication des accessoires, costumes et décor : ateliers de La Colline.       <br />
       Durée : 6 h, soit trois parties ponctuées de deux entractes.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">13 et 14 septembre 2024 :</span> Festival La Bâtie, Château Rouge - Scène conventionnée, Annemasse (74).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 septembre au 22 décembre 2024.</span>       <br />
       Jeudi et vendredi à 17 h 30, samedi à 16 h et dimanche à 13 h 30.       <br />
       • Durée 6h incluant 2 entractes.       <br />
       La Colline - Théâtre national, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82586994-59220942.jpg?v=1725465858" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl</title>
   <updated>2024-07-15T09:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-La-Supplication--suite-infinie-du-drame-humain-de-Tchernobyl_a4005.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81560515-58725237.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-15T08:57:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans moins de deux petites années, on fêtera les quarante ans de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl survenue le 26 avril 1986. Peut-être qu'alors, on se demandera ce que sont devenues les victimes de la catastrophe. Ceux qui sont morts très rapidement à cause des radiations, ceux qui sont morts quelque temps plus tard à cause des conséquences des irradiations, ceux, encore plus tard qui sont nés difformes ou atteints de maladies graves, leucémies ou autres et qui ne vécurent pas assez pour voir le monde s'en foutre, et puis les survivants, ceux que l'on a expulsés de force de leur maison, ceux qu'on a exilés et ceux qui sont revenus vivre dans la "zone interdite".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81560515-58725237.jpg?v=1721029232" alt="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" title="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" />
     </div>
     <div>
      Svetlana Alexievitch interroge ces survivants, les force à raconter parfois, leur donne toujours la parole pour que leur histoire devienne partie intégrante de l'Histoire mondiale, et plus particulièrement l'histoire des carnages et des massacres cachés de l'ère industrielle, du progrès et de la science. Sans ces témoignages qu'elle a regroupés au sein de plusieurs livres, le grand bâillon des états aurait enterré ce pan de l'histoire mondiale, comme elle a cru le faire avec le sarcophage de béton dont ils ont recouvert Tchernobyl.       <br />
              <br />
       Cette parole individuelle du drame collectif est comme un petit chalumeau brandi contre la chape de béton dont nos sociétés recouvrent ce drame. Elle brûle cette fois sur la scène de la Chapelle du Verbe Incarné grâce aux bouches de Lolita Monga et d'Olivier Corista pour lutter contre cet oubli. Les deux interprètes témoignent, en se glissant chacun son tour dans la peau des différents personnages du texte de Svetlana Alexievitch.       <br />
              <br />
       Au sol, un grand cercle obscur, fait de granulats, symbolise la terre brûlée, les cendres, la vie tuée de la zone interdite. Les deux interprètes vont évoluer dans et autour de ce cercle dans une atmosphère lumineuse dure, qui dessine les traits au scalpel.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81560515-58725238.jpg?v=1721029284" alt="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" title="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" />
     </div>
     <div>
      Chacun scande ses témoignages, sans concession à l'apitoiement, avec la précision de flèches filant droit vers la cible. Des témoignages qui, tous, rendent compte de l'inhumain traitement qui a été infligé aux humains des environs de Tchernobyl et au sort définitif des ouvriers et des pompiers qui intervinrent pour circonscrire la catastrophe.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Guy-Pierre Couleau met tout en œuvre pour que cette parole dure, mais nécessaire, fasse sens. L'interprétation est privilégiée et le metteur en scène s'appuie sur les qualités d'incarnation, de jeu et d'élocution de Lolita Monga et d'Olivier Corista qui sont ainsi mis en avant. À cela, il y ajoute une violoncelliste qui suit mot à mot, respiration après respiration les deux interprètes, insistant parfois sur le drame, donnant parfois des temps de pure musique qui permet au public de prolonger l'imaginaire provoqué par les récits, et parfois, le tempo marqué, le rythme saccadé, rend compte de la marche implacable du malheur.       <br />
              <br />
       Pourtant, rien n'est triste. C'est la vie, et sa tragédie, qui brille dans ce spectacle. La vie blessée, bafouée, mais aussi la résistance au pouvoir et à l'oubli.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Supplication"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81560515-58725240.jpg?v=1721029301" alt="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" title="•Off 2024• "La Supplication", suite infinie du drame humain de Tchernobyl" />
     </div>
     <div>
      Texte : Svetlana Alexievitch, prix Nobel de Littérature 2015.       <br />
       Traduction : Galia Ackerman et Pierre Lorrain.       <br />
       Adaptation : Lolita Monga.        <br />
       Mise en scène : Guy-Pierre Couleau.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Julie R'Bibo.       <br />
       Avec : Olivier Corista, Lolita Monga, Mélanie Badal ou Elsa Guiet.       <br />
       Violoncelle : Elsa Guiet.       <br />
       Scénographie : Valérie Foury.        <br />
       Lumière : Laurent Schneegans.        <br />
       Musique : Mélanie Badal.       <br />
       Vidéo : Johann Fournier.Johann.       <br />
       Compagnie Lolita Monga.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 21 h 35. Relâche le lundi.       <br />
       Chapelle du Verbe Incarné, Salle Édouard Glissant, 21, rue des Lices, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 07 49.       <br />
       <a class="link" href="https://www.verbeincarne.fr/" target="_blank">&gt;&gt; verbeincarne.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"</title>
   <updated>2023-03-29T17:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Explosion-La-deflagration-du-popping-au-temps-de-Revolution_a3544.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/71792276-50011616.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-03-30T07:21:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La fort bien nommée Compagnie "Rêvolution" d'Anthony Egéa a choisi pour son tout nouveau spectacle d'explorer les arcanes du popping, cette danse "spectaculaire" où les mouvements incessants des contractions des muscles des danseurs battent littéralement au rythme des musiques qui les déclenchent. Que l'Auditorium du prestigieux Opéra National de Bordeaux accueille cette création vaut adoubement : le Hip-hop, intégré fort "naturellement" dans la programmation de l'ONB, trouve là ses lettres de noblesse dans une reconnaissance d'ouverture aux cultures citoyennes contemporaines.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71792276-50011616.jpg?v=1680105137" alt=""Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"" title=""Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"" />
     </div>
     <div>
      Si, au centre du &quot;Cercle de craie caucasien&quot;, Bertolt Brecht plaçait un enfant, enjeu d'une &quot;dispute&quot; pour son appropriation entre une mère naturelle et une nourricière, Anthony Egea remet en jeu le Cercle, propre à la tradition des &quot;battles&quot; du hip-hop, afin d'explorer les origines de ce mouvement riche des diversités qui le nourrissent. Le Cercle, c'est là en effet où se joue et rejoue une étrange cérémonie dansée : chaque participant à son tour va se détacher de la ligne courbe pour livrer en son centre une interprétation à nulle autre pareille, rivalisant avec celle de ses complices attentifs.       <br />
              <br />
       Faire corps avec le groupe tout en s'en détachant… Mobiliser l'attention de l'autre, ce semblable différent, afin d'offrir un précipité de soi dans des figures singulières balayant toute la gamme des émotions sensibles. Ainsi, les corps des danseurs de popping, s'affranchissant tour à tour du cercle pour en occuper le point central, battent-ils fabuleusement. Branchés sur les beats organiques de DJ Mofak, point d'incandescence du dispositif, ils explosent littéralement. Prenant appui sur ses musiques qui les traversent, se désarticulant à l'envi, hésitant ou fulgurant, se figeant à l'arrêt ou se disloquant sous l'effet des salves musicales les atteignant en plein vol, ils se donnent à voir dans des figures investies qui disent d'eux ce qu'ils ignorent souvent d'elles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71792276-50011617.jpg?v=1680105165" alt=""Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"" title=""Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"" />
     </div>
     <div>
      Sorte d'ethno-psychanalyse corporelle où le corps transcendé délivre des secrets lovés au creux d'une histoire collective vécue de manière singulière, le popping réunit dans le même espace-temps une diversité d'âges, de sexes et de couleurs. Ainsi, enrichie des différences qui la composent, cette palette générationnelle et culturelle balaye les strates successives du hip-hop, faisant voler en éclats toute tentative de l'assujettir à une histoire fossilisée, à une forme gravée dans le marbre, pour donner à voir la complexité de cet art vivant s'il en est.       <br />
              <br />
       De cette ouverture sur tous les possibles, ainsi parle le créateur du projet : <span style="font-style:italic">&quot;C'est la lenteur d'un slow motion proche du Buto dans un pop minimaliste guidé par un Tayeb Benamara pionnier du mouvement hip-hop. C'est un pop lourd et revendicatif d'un Aziz Ben Hemdane adepte des Battles qui ne fait pas oublier que c'est une danse de confrontation et d'impact visuel. C'est une danse théâtrale d'Iliass Mjouti, surprenant, qui pop ses mots&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71792276-50011639.jpg?v=1680105201" alt=""Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"" title=""Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"" />
     </div>
     <div>
      À la recherche du temps perdu du hip-hop, s'inscrivant délibérément dans une créativité radicale aux antipodes des attendus communs, Anthony Egea et ses interprètes nous invitent à partager les sensations et transes qui ne cessent de les traverser. Cette immersion dans un mixte savamment concocté - alliant les flashs visuels des poppeurs aux impacts sonores délivrés en live par le Prince marseillais du G-Funk - a pour effet jusqu'aux signatures finales de nous transporter magnétiquement au centre du Cercle… pour n'être plus simples observants mais parties prenantes de cette célébration des &quot;sens&quot; éminemment explosive.        <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 17 mars 2023 à l'Auditorium de Bordeaux (ONB).</b>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Explosion"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71792276-50011680.jpg?v=1680105235" alt=""Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"" title=""Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"" />
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      Directeur artistique et chorégraphie : Anthony Egéa.       <br />
       Création musicale : Mofak El Jouini dit &quot;DJ Mofak&quot;.       <br />
       Avec : Marie Maleine, Hamza Biyaye, Juliette Lefauconnier, Jimmy Duriès, Tayeb Benamara, Aziz Ben Hemdane, Iliass Mjouti, Dimitri Vandal.       <br />
       Scénographie : Florent Blanchon.       <br />
       Regard extérieur : Fred Hocké.       <br />
       Lumières : José Victorien.       <br />
       Environnement sonore : Eddy Da Costa.       <br />
       Décors fabriqués par les Ateliers de l'Opéra National de Bordeaux.       <br />
       Par la Compagnie Rêvolution.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Première de création le 10 janvier 2023 au Théâtre Auditorium de Poitiers (86).       <br />
       A été représenté du 14 au 17 mars 2023 à l'Auditorium de Bordeaux (ONB).</b>
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71792276-50011701.jpg?v=1680105263" alt=""Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"" title=""Explosion" La déflagration du popping au temps de "Rêvolution"" />
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      <b>Tournée</b>        <br />
       <span class="fluo_jaune">16 mai 2023 :</span> Théâtre Jean Gagnant, Limoges (87).       <br />
       septembre 2023 : Festival Cadences, Théâtre Olympia, Arcachon (33).       <br />
       septembre 2023 : Festival Le Temps d'Aimer la Danse, Biarritz (64).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Explosion-La-deflagration-du-popping-au-temps-de-Revolution_a3544.html" />
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   <title>"Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !</title>
   <updated>2022-11-09T08:45:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Racine-carree-du-verbe-etre-Demonstration-magistrale-_a3439.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/68632101-48240361.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-11-09T08:25:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une superbe création où le dramaturge, metteur en scène et comédien Wajdi Mouawad marie imagination et vécu, nous nous retrouvons dans une chronologie de près de 75 ans dans des lieux aussi différents que Beyrouth, Montréal, Paris, Rome et Livingstone avec, au cœur de celle-ci, la double explosion tragique du port de Beyrouth en 2020. Dans ces épisodes bousculés, le dramaturge pose un regard aussi lucide, poétique que scientifique sur ces impondérables qui ponctuent et peuvent influer toute une vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68632101-48240361.jpg?v=1667980515" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
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      Lumières sur une scénographie sombre balayée par des clartés blanches dans un jeu de clairs-obscurs. Elle est mouvante durant toute la représentation et laisse découvrir, selon les moments, des salles construites en forme de triangle toujours ouvertes pour inviter le regard du public à entrer dans celles-ci, tout autant que dans l'intimité des protagonistes. Cette dernière est verbalisée aussi par des mots, des colères et des silences. Tout est à nu. On se livre au travers de souffrances parfois tues, mais toujours dites.       <br />
              <br />
       Ce sont plusieurs générations de familles qui se rencontrent ou se retrouvent à des endroits et des époques différents. Paris, Montréal, Livingstone, Beyrouth, les scènes s'échelonnent dans un espace-temps et dans des lieux géographiques étendus. Celui-ci s'étire d'août 1978 où Talyani a 10 ans jusqu'en août 2052 où il a 74 ans avec un centre dramatique démarrant le 4 août 2020, avec la double explosion dans le port de Beyrouth, jusqu'au 8 août 2020. Le bilan a été de 215 morts et 6 500 blessés. Cet espace-temps s'étale sur une durée dramaturgique d'une semaine, la pièce étant découpée du lundi au dimanche avec, pour chacun des jours, une action, une date et plusieurs lieux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68632101-48240362.jpg?v=1667980552" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
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      Dans cette étendue autant temporelle, psychologique que culturelle, reste accrochée la souffrance des caractères qui s'exprime autour de la colère, de l'incompréhension, du manque d'amour, du mépris, de la violence, de l'amour non exprimé, de l'amour qui s'exprime. Ce que montre Mouawad est qu'au travers des événements, souvent marqués par l'impondérable même quand la tragédie ne s'y mêle pas, fait que l'histoire d'une vie ou d'une famille peut être changée, voire transfigurée complètement. Une maladie qu'on pourrait croire cancéreuse alors que c'est un simple furoncle où l'horaire d'un vol pour Paris ou Rome a transformé la vie de nos personnages ainsi que celle de Wajdi Mouawad qui se raconte aussi dans cette création.       <br />
               <br />
       Le jeu des comédiens est très physique et est axé sur la voix qui est souvent projetée, lancée. On se crie dessus, on se bouscule, on s'ignore ou on s'aime. Talyani (Wajdi Mouawad, Jérôme Kircher) est incarnée par deux protagonistes aussi différents l'un de l'autre comme le blanc l'est du noir ou le coton de la soie. Et donc nous sommes à la croisée de deux histoires. Quand l'un est calme, serein, l'autre est violent, méprisant, divorçant de la vie quand le premier en est attaché. L'histoire de chacun, leur rapport à soi et aux autres sont marqués de coups, de béquilles, d'entorses à leur vie avec un rapport au père, fréquemment absent physiquement ou symboliquement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68632101-48240364.jpg?v=1667980654" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
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     <div>
      Le hasard, une rencontre, un instant font que les ruisseaux se séparent pour se jeter dans un autre fleuve. C'est dans ce tournoiement des événements que la création prend de l'épaisseur avec son voile de mystère. Tout tourne autour de la souffrance et d'amours non dites ou échouées dans les écueils du mutisme.       <br />
              <br />
       &quot;L'important n'est pas de guérir mais de vivre avec ses maux&quot;, ces mots de Camus (1913-1960) peuvent être l'écho de la trame dramaturgique de la seconde partie, car, dans celle-ci, les personnages font face à leurs problèmes là où la première partie les faisait voir comme les subissant et en souffrant sans que ceux-là ne disparaissent pour autant. Autre moment est ce cours donné sur la relativité restreinte d'Einstein (1879-1955) par Joane (Julie Julien) qui donne un éclairage au titre de cette œuvre avec le chiffre irrationnel, √2, comme tout irrationnel qui recouvre toute une infinité de nombres dans un espace mathématique extrêmement réduit entre deux décimales. L'infiniment grand logé dans l'infiniment petit comme le cours d'une vie influé par un petit hasard.       <br />
              <br />
       La voix est l'aiguillon des émotions et s'apparente à un baromètre de celles-ci, des sentiments tiraillés par des conflits internes qui traversent continuellement la vie de tous les protagonistes. Les planches deviennent, au travers de déplacements importants et de rares pauses, le lieu de figuration et de transformation de ces conflits où, autour de courts solos de trompettes qui accompagnent avec beaucoup de suavité certaines fins de scènes, ils closent la pièce dans un rare, voire le seul, moment d'espoir et de gaité.
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     <div><b>"Racine carrée du verbe être"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68632101-48240365.jpg?v=1667980687" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
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     <div>
      Texte et mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistante et assistant à la mise en scène : Valérie Nègre et Cyril Anrep.       <br />
       Avec : Madalina Constantin, Jade Fortineau, Jérémie Galiana, Julie Julien, Jérôme Kircher, Norah Krief, Maxime Le Gac Olanié, Wajdi Mouawad, Richard Thériault, Raphael Weinstock ; et Maïté Bufala, Delphine Gilquin, Anna Sanchez, Merwane Tajouiti de la Jeune troupe de La Colline ;       <br />
       et Adam Boukhadda, Colin Jolivet, Meaulnes Lacoste, Théodore Levesque, Balthazar Mas-Baglione, Ulysse Mouawad, Adrien Raynal, Noham Touhtouh ; et les voix de Juliette Bayi, Maïté Bufala, Julien Gaillard, Jackie Ido, Valérie Nègre.       <br />
       Dramaturgie : Stéphanie Jasmin.       <br />
       Scénographie : Emmanuel Clolus.       <br />
       Lumières : Éric Champoux.       <br />
       Costumes : Emmanuelle Thomas assistée de Léa Delmas et Isabelle Flosi.       <br />
       Couture : Anne-Emmanuelle Pradier.       <br />
       Maquillages et coiffures : Cécile Kretschmar.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68632101-48240412.jpg?v=1667980722" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
     </div>
     <div>
      Conception vidéo : Stéphane Pougnand.       <br />
       Musique originale : Paweł Mykietyn.       <br />
       Interprète polonais : Maciej Krysz       <br />
       Conception sonore : Michel Maurer, assisté de Sylvère Caton et Julien Lafosse .       <br />
       Avec la participation en répétitions de Yuriy Zavalnyouk.       <br />
       Suivi du texte et accompagnement des enfants : Achille di Zazzo.       <br />
       Coach trompette : Roman Didier.       <br />
       Répétiteur : Barney Cohen.       <br />
       Construction du décor par l'atelier de La Colline.       <br />
       Durée : 6 h incluant 2 entractes (parties I et II).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 octobre au 30 décembre 2022.</span>       <br />
       Partie I mercredi à 19 h 30 et Partie II jeudi à 20 h 30       <br />
       Intégrale samedi à 16 h, dimanche à 13 h 30 ; vendredis 4 et 18 novembre, 2 et 16 décembre à 17 h 30.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 21 au 30 décembre 2022.</span>       <br />
       Intégrale à 17 h. Relâche du 24 au 27 décembre.       <br />
       La Colline - Théâtre national, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/68632101-48240413.jpg?v=1667980771" alt=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" title=""Racine carrée du verbe être"… Démonstration magistrale !" />
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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