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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-20T08:11:48+02:00</updated>
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   <title>"À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental</title>
   <updated>2026-02-06T09:58:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/A-condition-d-avoir-une-table-dans-un-jardin-etrille-et-disseque-avec-un-humour-sans-concession-l-heritage-colonial-et_a4411.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-11-24T07:35:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une table, c'est une table. Une table en bois. Un bois exotique parce que c'est à la mode chez les petits bourgeois de banlieue. D'ailleurs, tous les voisins dans tous leurs jardinets ont la même table ou presque sous l'arbre étriqué qui survit à peine au milieu d'une pelouse qui peine, sous la jolie guirlande électrique qui donne comme un air de guinguette au lopin de terre entouré de mur qui fait la fierté de ce couple de quadra qui veut le meilleur pour ses trois enfants : de l'air, un endroit sûr où s'ébattre, un pavillon chèrement désiré et acquis, et au milieu donc du jardinet, une table qui fait l'envie de tous, une table solide, massive et surtout authentique puisqu'elle a été taillée dans le tronc d'un iroko, un arbre subsaharien, inestimable pour sa qualité, mais victime de la déforestation, hélas.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92729558-64946598.jpg?v=1763743134" alt=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" title=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" />
     </div>
     <div>
      Voici donc une toute petite partie du continent africain posée sur le bout de pelouse de Fabienne et Arnaud Parquet (que de bois !) en voie de réalisation du bonheur pavillonnaire à Bougival. Gérard Watkins, auteur et metteur en scène de la pièce, a l'idée de faire surgir de ce bout de continent, un peu à la manière des contes orientaux, une clause. Une clause minuscule quasi magique que le couple a signée dans les conditions générales de vente de cette table en iroko, il y a dix ans jour pour jour. Une clause qui stipule qu'au bout de dix ans, les acheteurs de la table devront accueillir un habitant d'une forêt équatoriale pendant onze nuits et dix jours.       <br />
              <br />
       C'est ainsi que de cette table qui est l'emblème de la réussite admirable de la famille Parquet, dont ils peuvent être fiers, comme de leurs trois bambins nourris au grain, va, on peut dire, surgir Darius Wengue, Bambuti de la République Démocratique du Congo, qui vient réclamer la réalisation de la clause. Et cela va être un bouleversement total de cette cellule familiale si conventionnelle et stéréotypée. Avec deux faits remarquables : primo, en bon citoyen soumis à l'ordre de la société, ils acceptent de réaliser la clause, secundo, ils prennent peur à l'arrivée de cet étranger dans leur maison au point de cacher leurs enfants pour qu'ils ne le voient pas…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92729558-64946601.jpg?v=1763743190" alt=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" title=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" />
     </div>
     <div>
      Et pour finir avec les détails de l'histoire, l'hôte attendu, Darius Wengue, du peuple Bambuti (que les premiers colons européens ont appelé Pygmée – information révélée au Parquet), n'est ni en tenue tribale ni n'est petit, mais au contraire grand, habillé d'un costume trois-pièces excellemment taillé et typiquement occidental. Son apparence défie immédiatement tous les préjugés du couple. Sa personnalité également puisque loin de ses ancêtres cueilleurs chasseurs, celui-ci est reporter pour Radio Okapi (radio congolaise) dont le but est d'observer, tel un ethnologue sans préjugés, les mœurs, les coutumes et la culture de ces bourgeois du XXIe siècle installés à Bougival, banlieue de Paris, France.       <br />
              <br />
       Grâce à cette intrigue, Gérard Watkins va inverser en quelque sorte les rôles de colons et de sauvages. Mais il ne réalise pas là un simple effet de miroir, même s'il utilise ce procédé commode et drôle dans quelques scènes, comme lorsque le reporter observe la dentition de Fabienne pour y chercher les milliers d'euros qu'elle y a mis en implants – une image qui renvoie immédiatement à la traite des noirs.       <br />
              <br />
       Son propos est beaucoup plus recherché et fin, tentant de nous faire ressentir non seulement la violence que les colons blancs du XIXe siècle ont infligé aux peuples autochtones d'Afrique et d'ailleurs, ne serait-ce que par l'invasion de l'espace vital que ces peuples ont subie, mais aussi quelque chose qui demande un peu plus de souplesse d'esprit à nos cerveaux formatés, occidentaux et bourgeois, une tentative de donner à comprendre le point de vue de Darius qui ne copie pas les analyses que ferait un colon face à un autre peuple, mais utilise d'autres références culturelles et scientifiques.       <br />
              <br />
       Ce but est pleinement réussi, car il est fait dans une extrême délicatesse, presque dans les silences, rythmé par les interventions radiophoniques hors-scène du reporter et par la juxtaposition de deux temporalités (celle de Fabienne et Arnaud, tendue, et celle de Darius, posée) qui rebondissent l'une sur l'autre au plateau, inventant une troisième temporalité qui met face à face des allongements et des précipités.       <br />
              <br />
       Il reste enfin toute la symbolique qui est à la fois dans le récit et sur scène : celle qui fait que l'arbre abattu pour construire cette table vient demander quelques comptes aux bourgeois de Bougival, comme si l'âme de cette végétation ancestrale vivait encore. Symbole si fort de la nécessité d'ouvrir les yeux sur les dommages faits à la planète, aux humains et à l'histoire par la prétention et l'impunité de l'Occident.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"À condition d'avoir une table dans un jardin"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92729558-64946604.jpg?v=1763743225" alt=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" title=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" />
     </div>
     <div>
      Texte : Gérard Watkins.       <br />
       Mise en scène : Gérard Watkins.       <br />
       Avec : Gaël Baron, Julie Denisse, David Gouhier.       <br />
       Collaboration artistique : Lola Roy.       <br />
       Scénographie : Francois Gauthier-Lafaye.       <br />
       Lumières Anne Vaglio       <br />
       Scénographie François Gauthier-Lafaye       <br />
       Son : François Vatin.       <br />
       Régie générale et régie lumière : Julie Bardin.       <br />
       Travail vocal : Jeanne-Sarah Deledicq.       <br />
       Construction décors : Ateliers de La Comédie.       <br />
       Par la Cie Perdita Ensemble.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 55.       <br />
       Le texte est publié chez Esse que Éditions.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 7 au 15 octobre 2025 à La Comédie – CDN, Saint-Étienne (42).</b>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 15 février 2026.</span>       <br />
       Lundi au vendredi à 19 h 30, samedi à 17 h et dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre Gérard Philipe - CDN, Salle Delphine Seyrig, Saint-Denis (93).       <br />
       Téléphone : 01 48 13 70 00.       <br />
       <a class="link" href="https://theatregerardphilipe.notre-billetterie.com/billets?spec=1200" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://tgp.theatregerardphilipe.com/" target="_blank">&gt;&gt; tgp.theatregerardphilipe.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée</title>
   <updated>2025-10-15T13:08:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Moi-Jacob-Une-evocation-de-l-esclavage-sobrement-mais-intensement-incarnee_a4383.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/91777525-64429522.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-10-17T10:02:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sous la forme d'un témoignage monologue dramatique, "Moi Jacob, l'esclave d'Agbodrafo Wood Home" de Jacques Bruyas raconte l'histoire de Jacob, un jeune homme du XVIIIe siècle, originaire du Togo, en Afrique de l'Ouest, rescapé d'un village réduit en esclavage. Wood est le propriétaire anglais de ce village appelé "Wood Home", un lieu historique réel et l'un des points de transit de la traite négrière sur la Côte des Esclaves. C'est un commerçant négrier dont on ignore précisément si l'auteur lui attribue des vérités historiques… un certain John Henry Wood ayant effectivement existé.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91777525-64429522.jpg?v=1760515864" alt=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" title=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" />
     </div>
     <div>
      Peu importe, à vrai dire, car l'adaptation de la pièce par Fernand Prince se concentre exclusivement sur le récit de Jacob, esclave survivant devenu comptable du nombre de victimes de l'entreprise de Wood. <span style="font-style:italic">&quot;Comment ai-je pu échapper à cette invitation de la mort ?&quot;,</span> se demande celui-ci, en s'interrogeant sur le fait d'avoir survécu, alors que tant d'autres ont péri, jetés dans le puits, entassés sur les bateaux, ou emportés par les flots.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;J'ai voulu représenter ce texte au théâtre parce qu'il m'est apparu nécessaire et évident, et que son pouvoir de résonance est grand, au-delà du carcan théâtral (…). J'y invite le public à un devoir de mémoire, et l'encourage à une forme de résistance et à un combat contre l'exploitation de l'homme par ses semblables. Il est temps d'aborder cette monstruosité avec sérénité et d'interpeller les peuples en devenir sur les méfaits d'une colonisation abusive&quot;,</span> précise Fernand Prince.       <br />
              <br />
       Adapter ce monologue de Jacques Bruyas sur les planches et parvenir à en faire ressentir l'horreur que fut celle de l'esclavage, et de façon plus &quot;indirecte&quot; de la colonisation, n'a pas dû être chose simple ! Mais c'était sans compter sur la détermination et l'ambition toute créative de Fernand Prince qui a opté pour un seul monologue, alors que le texte original donne à entendre d'autres perspectives. Adapter, c'est choisir…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91777525-64429566.jpg?v=1760515896" alt=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" title=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" />
     </div>
     <div>
      Sur le petit plateau du Théo Théâtre, au sol, une grande toile wax aux couleurs chaudes, un livre discrètement posé et le corps du comédien – vision très intense dès le départ – qui, dès les premiers instants, incarne avec force et émotions palpables tous ces millions d'esclaves que la Terre a pu porter. Puis s'ensuit une adaptation immersive et sensorielle à travers laquelle le comédien endosse en priorité le rôle d'un passeur de mémoire. À bien y regarder, il y adopte aussi celui d'un griot-messager en portant haut et fort les mots de maux passés, pourtant encore bien présents dans certaines consciences consciencieuses ! À la manière d'un Oxmo Puccino, par exemple, ou d'un Souleyman Diamanka, même si leurs motifs d'écriture sont autres.       <br />
              <br />
       Son jeu, à la fois sobre et intense, est ponctué par des bruitages récurrents et autres notes de musique savamment agencés par Mossy Amidi Fard, présent sur le plateau, mais dissimulé par un voile, comme pour mieux privilégier la parole. À ce titre, elle est intense, cette parole, peut-être un peu trop, comme si le comédien cherchait encore tout ce qu'il a envie de nous dire, dans un foisonnement d'envies et de désirs. Une parole un peu trop &quot;éclatée&quot; à nos yeux et qui demanderait à être resserrée autour du motif de base. De ce fait, la dramaturgie en souffre un peu, elle aussi.       <br />
              <br />
       Fernand Prince ne ménage pas ses intentions de transmission, mais les différentes évocations que le comédien a choisi d'endosser perdent le public par moments. Certes, ce jeudi 9 octobre, c'était la première, et gageons, aussi, que le phrasé un peu trop monocorde, manquant d'amplitude à divers moments, sauront être peaufinés !       <br />
              <br />
       En revanche, des éléments du théâtre africain comme les tambours, la danse ou encore le silence sacré des anciens donnent à cette adaptation une portée quasi cérémonielle du plus bel effet. Le comédien devenant ainsi un archétype de la mémoire des opprimés(es) et le public un réceptacle de la mémoire commune.       <br />
              <br />
       L'incarnation de Fernand Prince est telle, qu'à certains moments, il semble ancré dans une forme d'improvisation toute maîtrisée, mais que nous ne parvenons pas à véritablement expliquer… Serait-ce son adaptabilité aux réactions du public, gage d'un savoir-faire remarquable, ou alors d'une maîtrise très professionnelle de ses émotions ? Interrogation qui soulève tout l'art de l'investissement du comédien, et la subtile frontière entre sa fusion et sa distance. Débat ici hors sujet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91777525-64429585.jpg?v=1760515926" alt=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" title=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" />
     </div>
     <div>
      Qui est Jacob dans son expérience de la douleur ? Qui est Fernand Prince dans sa conscience artistique du &quot;dire&quot; ? Qui est Jacques Bruyas dans son approche quasi biologique à l'esclavage ? Comment recevoir ou entendre tous les témoignages des anciens esclaves encore en vie sous les plumes de Pascal Galodé, Serge Bilié ou Daniel Sainte-Rose ?       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Les vieillards ont parlé la langue du silence&quot;</span>, est-il dit à un moment du spectacle. Gageons que Fernand Prince, à l'occasion de cette nouvelle création 2025 de ce seul en scène, saura ne pas la perpétuer, cette langue du silence, mais qu'il saura largement ouvrir les portes du Théo Théâtre, pendant dix représentations essentielles, pour dire, dire, encore et encore !       <br />
              <br />
       La petite scène de ce lieu un peu dissimulé qu'est le &quot;Théo&quot; risque de générer en vous des espaces de réflexions inévitables, pour le plus grand bien universel de la mémoire et de la transmission. <span style="font-style:italic">&quot;La conséquence majeure de la méconnaissance de l'histoire de l'esclavage est de fait le racisme flagrant ou pernicieux qui perdure de nos jours à travers le monde&quot;,</span> commente le comédien.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Moi, Jacob, le dernier des esclaves"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91777525-64429653.jpg?v=1760526224" alt=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" title=""Moi, Jacob" Une évocation de l'esclavage sobrement, mais intensément, incarnée" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jacques Bruyas.       <br />
       Mise en scène : Fernand Prince.       <br />
       Collaboration artistique : Bénédicte Rivière.       <br />
       Avec : Fernand Prince.       <br />
       Scénographie : Fernand Prince et Marion Leduc.       <br />
       Chorégraphie : David Kouakou Konan.       <br />
       Musicien : MossyAmidi Fard.       <br />
       Création lumières : Thomas Liégeard.       <br />
       Compagnie Ideal Nova.       <br />
       À partir de 11 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 octobre au 18 décembre 2025.</span>       <br />
       Jeudi à 21 h 15.       <br />
       Théo Théâtre, 20, rue Théodore Deck, Paris 15e.       <br />
       Réservations : 01 45 54 00 16.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theotheatre.com/billetterie#detail-1112" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theotheatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; theotheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Fuck me" Art, désir et volupté !</title>
   <updated>2023-07-26T07:51:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Fuck-me-Art-desir-et-volupte-_a3702.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74255220-51657991.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-26T06:40:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est la 34e édition du festival Paris l'été. Créé en 1990 par Patrice Martinet et anciennement nommé "festival Paris quartier l'été", il tient toujours le haut du pavé avec une programmation qui compte à ce jour plus de 2 000 représentations dans 150 lieux différents de la capitale. Riche de 18 propositions cette année, brassant toujours des œuvres internationales, focus est fait sur "Fuck me", création de l'artiste argentine Martina Otera qui bouscule à bien des égards plusieurs codes autant artistiques que sociétaux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51657991.jpg?v=1690308610" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      &quot;Fuck me&quot;, c'est d'abord une histoire vécue, le récit d'un bout de vie, et aussi une invitation dans les coulisses d'une création. Au démarrage de celle-ci, un danseur dévêtu sort du public avant d'entrer sur scène. Il saute sur le plateau en faisant plusieurs fois le grand écart et en se relevant par la force des adducteurs. Quatre autres interprètes, nus également, le rejoignent dans une chorégraphie des plus physiques nourrie d'une gestuelle où les membres inférieurs et supérieurs ont un contact des plus marqués aux planches. La gravité est largement habitée du poids des danseurs et la grâce, à dessein, n'est pas au rendez-vous. Dans une même synchronisation, tous les membres inférieurs et supérieurs alternent des bascules de bas en haut et de droite à gauche donnant une allure géométrique aux mouvements.       <br />
              <br />
       La place de Marina Otero au bord du plateau interpelle. Elle joue le rôle autant de metteure en scène que de comédienne. Micro à la bouche, elle se raconte face à six hommes que celle-ci dirige telle une gouvernante. Idem pour la régie où, par sa voix, elle montre ce qu'elle veut. S'insinuent ainsi, durant la représentation, les coulisses du spectacle où, au travers des directives qu'elle lance parfois, des vidéos s'enchaînent montrant les répétitions ou elle, plus jeune, en train de danser. Un accident, lors de l'une d'elles, la contraint à ne plus pouvoir le faire aujourd'hui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51657995.jpg?v=1690308504" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      C'est une affaire de corps comme le dit Marina Otero, mais pas que. Certes, le choix esthétique de six hommes grands et bien dessinés n'est pas le fruit du hasard. Bien consciente de mettre en focal son propos, sa personne dans une semi-confession, elle bouscule les codes patriarcaux d'une société où seul l'homme, bien que la voix féministe soit de plus en plus présente, peut montrer sans vergogne ses envies sexuelles sans qu'aucun reproche ne puisse lui en être fait.       <br />
              <br />
       Aussi, la revendication de son désir sexuel, c'est artistiquement et verbalement qu'elle l'exprime. De but en blanc, Marina Otero explique le pourquoi du titre de son spectacle afin qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur sa truculence. Oui, celle-ci aurait bien aimé &quot;baiser&quot; depuis les répétitions s'il n'y avait pas eu cet accident corporel qui la cloue aujourd'hui au sol. Rien n'est de trop, car tout est dévoilé dans une œuvre montrant le préconscient de son auteure au travers de ses dits verbaux et d'actes scéniques. La relation entre les deux est dûment entretenue. Et s'il y a fantasme, il est joué sur les planches.       <br />
              <br />
       Les hommes sont entièrement dévêtus, à l'opposé d'habitude de femmes déshabillées pour le plaisir des hommes. Les interprètes s'appellent tous Pablo avec, pour chacun, un nombre pour les distinguer. Marina dit ouvertement qu'elle a une préférence pour le numéro cinq. Et surtout face aux autres artistes qui ne s'en émeuvent pas pour autant. Hommes objets, ils n'ont pour rôle que de se prêter au désir de la créatrice argentine.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51658028.jpg?v=1690308633" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      L'humour a aussi ses entrées dans une chorégraphie où un danseur l'incarne en jouant son rôle. Affublé d'une perruque sur la tête, l'un des Pablo abandonne son côté viril pour emprunter, avec brio le temps de cette séquence, des manières efféminées. Un homme prend ainsi ponctuellement la place d'une femme, telle une doublure. Un beau tableau en clair-obscur apparaît également où, la tête recouverte d'un bas noir, les interprètes dessinent une chaîne les faisant apparaître chacun comme un maillon. Leurs corps sont représentés comme des éléments matériels, leur occultant toute identité, tels des jouets silencieux et sans visage à la bonne marche de désirs à la chaîne.       <br />
              <br />
       En parallèle d'une autre vidéo où l'on voit Martina Otero danser durant les répétitions, le même tableau s'exécute en même temps sur scène, le seul avec un acte sexuel. Le choix n'est pas non plus anodin. Ainsi, trois vues se juxtaposent, à savoir théâtrale, dansée et vidéo, où le jeu se prête à une réalité, celui d'un désir autant artistique que sexuel.       <br />
              <br />
       Les corps étant omniprésents, c'est toute leur force physique qui est montrée. Dans les gestuelles se mêle un effort musculaire allié à une souplesse donnant lieu à des gestiques dans lesquelles les troncs, jambes et bras, ont pour axe une présence au sol et un rapport à l'autre appuyés. Par leur beauté musculaire, chacun a sa propre identité corporelle désignée toutefois par un seul et même prénom. Artistiquement, ils existent donc. Socialement, ils ne sont qu'un numéro. La synchronisation des mouvements est aussi de mise, les danses étant toutes de groupe même si, pour certaines, la gestique diffère selon les interprètes.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51658060.jpg?v=1690308684" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      Dire son propos en considérant les hommes comme un fantasme, c'est inversé la focale de notre société qui fait souvent des femmes un objet de désir. Ainsi, le rapport de Marina Otero avec ses danseurs est certes artistique, mais de soumission. Elle dit, décide et ils font. Rien de très normal pour une créatrice. Ça l'est un peu moins quand cela est aussi montré explicitement sur les planches. Elle parle, ils ne disent mot. La sacro-sainte formule <span style="font-style:italic">&quot;Sois belle et tais-toi&quot;</span> est cette fois-ci déclinée au masculin. Sauf une fois, lorsque le Pablo préféré de Martina Otero considéré comme tel d'un point de vue esthétique, prend la parole pour expliquer sa beauté et son rapport à la société à travers celle-là, le désignant de ce fait comme objet de désir.       <br />
              <br />
       Ça bouscule toutes les évidences sociales. La représentation masculine est calquée sur celle féminine. Les hommes deviennent objets de libido assumés et revendiqués par une femme. Souvent au bord des planches, Martina Otero en est toujours le centre et autour d'elle, ceux-là gravitent. L'idée qu'elle serait une nymphomane n'effleure même pas l'esprit. Elle réussit ainsi le tour de force d'abolir toute vue patriarcale, faisant de sa libido une évidence même, éteignant ainsi tout préjugé. Créé en janvier 2020 au festival international de Buenos Aires, son propos artistique, le dernier d'une trilogie autofictionnelle, est à la fois abouti et politique.        <br />
              <br />
       À la fin de la représentation, et tout du long sur une musique de plus en plus rythmée de Julián Rodríguez Rona, elle court seule autour de la scène et convie les spectateurs à partir quand ils le souhaitent. Celle-ci court jusqu'à ce que tout le monde disparaisse, jusqu'à la fin de la nuit, de son souffle, du monde, de sa libido, de sa vie. Ou autour de tout ça à la fois. Libre à chacun de donner sa propre interprétation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fuck me"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51658061.jpg?v=1690308714" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      Dramaturgie et mise en scène : Marina Otero.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Lucrecia Pierpaoli.       <br />
       Avec : Augusto Chiappe, Juan Francisco Lopez Bubica, Marina Otero, Fred Raposo, Matías Rebossio, Miguel Valdivieso et Cristian Vega.       <br />
       Assistante à la chorégraphie : Lucía Giannoni.       <br />
       Conseil dramaturgique : Martín Flores Cárdenas.       <br />
       Régie générale en tournée : David Seldes, Facundo David.       <br />
       Création lumière et scénographie : Adrián Grimozzi.       <br />
       Costumes : Uriel Cistaro.       <br />
       Montage numérique et musique originale : Julián Rodríguez Rona.       <br />
       Stylisme de costumes : Chu Riperto.       <br />
       Confection de costumes : Adriana Baldani.       <br />
       Artiste visuel : Lucio Bazzalo.       <br />
       Photographie : Matías Kedak.       <br />
       Assistant en art visuel : Javier González Tuñón.       <br />
       Durée : 1 h 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74255220-51658062.jpg?v=1690308755" alt=""Fuck me" Art, désir et volupté !" title=""Fuck me" Art, désir et volupté !" />
     </div>
     <div>
      <b>Festival Paris l'été</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 30 juillet 2023.</span>       <br />
       <a class="link" href="https://www.parislete.fr/" target="_blank">&gt;&gt; parislete.fr</a>       <br />
       <b>Le spectacle s'est joué du 19 au 22 juillet 2023 au Lycée Jacques-Decour, Paris 9e.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 au 27 juillet 2023</span> : Vienne (Autriche).       <br />
       14 septembre 2023 : Varsovie (Pologne).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Fuck-me-Art-desir-et-volupte-_a3702.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?</title>
   <updated>2023-07-25T13:54:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Carte-noire-nommee-desir-La-femme-noire-est-elle-nee-noire-ou-l-est-elle-devenue-au-travers-de-l-objet-du_a3701.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74247194-51651246.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-25T13:01:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sur le plateau, huit performeuses adeptes des beaux-arts, du cirque, de l'art lyrique ou encore du théâtre. De toutes générations, de toutes morphologies et d'origines différentes, sociales ou géographiques. Ce qui les réunit au-delà de leur couleur de peau métisse ou ébène, c'est leur désir – cristallisé par Rébecca Chaillon, metteuse en scène afro-militante – de faire éclater le carcan des représentations que le blanc dominant véhicule à leur égard, représentations qui les enferment par un effet boomerang là où elles ne sont décidément pas.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651246.jpg?v=1690284726" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Une annonce, diffusée au micro à intervalles réguliers, accueille avec humour les spectateurs avant leur entrée en salle : <span style="font-style:italic">&quot;Des canapés, réservés aux femmes noires et métisses ou autres personnes trans non binaires ayant un vécu matériel de femme, vous attendent de l'autre côté du plateau, si vous le désirez… Adressez-vous à notre hôtesse, une vingtaine de places sont disponibles. Et si vous êtes accompagnée de personnes ne répondant pas aux critères ci-dessus, la séparation de quelques heures pourrait vous réserver le plaisir de les retrouver…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Deux femmes occupent le plateau bien avant que ne débute la représentation ou, plus exactement, elle débute dans ce que l'on pourrait appeler &quot;les coulisses&quot;, là où ces femmes &quot;invisibles&quot; travaillent habituellement. L'une, à quatre pattes, s'échine à nettoyer le sol, avec une serpillère d'abord, tâche pénible et répétitive qui mobilise toute son énergie. Une autre, attelée à son tour de potière, s'applique à réaliser des tasses.       <br />
              <br />
       Pendant un temps qui paraît ne jamais devoir s'achever, alors que, dans la salle, l'obscurité s'est faite depuis près d'un quart d'heure, on assistera à la même tâche répétée sans répit, comme si on avait voulu nous transmettre l'ennui implacable généré par la répétition des gestes de nettoyage, ceux que les invisibles, à l'instar de l'actrice, effectuent des jours, des mois, des années durant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651280.jpg?v=1690284763" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      L'âpreté de la besogne est si grande que la performeuse finira par se défaire de ses vêtements pour les utiliser comme serpillère, payant ainsi de son corps, allant même jusqu'à se servir de lui comme ultime guenille. L'artiste potière viendra à son secours pour la laver très longuement (de cet affront) et prendre soin d'elle afin qu'elle reprenne allure humaine.       <br />
              <br />
       Et lorsque, sa charlotte retirée libérera ses magnifiques rastas, qu'elle aura recouvré la vue, assise fièrement nue comme une magnifique Vénus dont les dreadlocks ont été augmentées par les cordes tressées après avoir été arrachées aux cintres (tout un symbole de chaînes brisées), elle aura retrouvé le plein usage de la parole. Écho de la Vénus de Willendorf, adoptée comme symbole du pouvoir féminin par le mouvement artistique féministe des années soixante, elle va désormais trôner en maîtresse femme.       <br />
              <br />
       Des petites annonces passées dans les magazines aussi bien par des hommes blancs à la recherche de la &quot;perle noire&quot;, que par des femmes noires ou métisses à la recherche du blanc, donnent lieu à un florilège de fantasmes, interprétés avec drôlerie. Elles seraient effectivement drôles ces annonces décomplexées, traduisant un lâcher prise total avec la décence, si elles n'exprimaient pas la place exacte réservée aux femmes noires dans l'imaginaire des hommes.       <br />
              <br />
       De même du tableau suivant où les artistes imitent les jeunes femmes blanches heureuses comme tout d'avoir une Fatou pour nounou, c'est exotique et puis ça ramène du marché des tissus colorés qui plaisent beaucoup comme doudous, comme les comptines africaines qu'elles chantent à leurs petits trésors. Et puis, n'est-ce pas grâce à elles, ces jeunes femmes blanches très occupées par ailleurs, que Fatou peut apprendre un bon français ? Le jeu des trémoussements et jacassements de ces cruches sur talons ont valeur de commentaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651338.jpg?v=1690284945" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Et quand la vraie Fatou s'adresse à nous, c'est pour nous confier de manière plus grave son parcours de petite fille victime du père et du patriarcat, pour nous dire aussi la belle solidarité des femmes noires entre elles, et pour clamer haut et fort que ce qu'elle voudrait… c'est qu'on la prenne simplement pour ce qu'elle est, une femme… Au passage, elle glissera que le livre qu'elle a écrit sur sa vie – &quot;Fragments&quot; de Fatou S. – est disponible à la librairie du festival. Un cliché s'écroule, s'écrase sur la face des pimbêches précédentes : la Fatou sait écrire, même qu'elle publie un livre !       <br />
              <br />
       Dans un repas &quot;gastro-nomique&quot; assimilable à un jeu de rôles, les femmes du plateau très excitées vont réitérer au second degré les plaisanteries scatologiques qui circulent, tous ces &quot;bons mots&quot; dont on ne se prive pas entre bons copains… <span style="font-style:italic">&quot;Le caca-meroun… Tu pourrais me passer la selle ? Je vais finir alco-colique… Le Cul-Cul-Klan…&quot;</span> Et d'autres, et meilleures encore…. Signifieraient-elles à ces femmes, sous couvert d'une franchouillarde rigolade, qu'on les cantonne à &quot;une vie de merde&quot; ? Alors, dans une dérision totale, la Vénus, assise sur son trône, engloutira à pleine bouche moult nourriture, avant que, sous les lumières stroboscopiques, les convives ne s'abandonnent aux transes d'une orgie démentielle faisant voler en éclats toutes les constructions : n'être plus parlée par les autres, mais parler soi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651340.jpg?v=1690284984" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Un autre jeu (délirant), celui des mimes à décrypter, est proposé avec la participation du public. De courtes saynètes sont interprétées par les actrices, mettant en jeu le mot noir dans tous ses états, au public de proposer une réponse… Ainsi fallait-il trouver la Mer noire, la tête de nègre (toujours en vente en boulangerie), le nue-tella (Joséphine Baker avec une banane), etc., clôt par un commentaire ironique de l'animatrice : <span style="font-style:italic">&quot;Mais qu'est-ce qu'on se marre !&quot;</span>. Saillie salutaire remettant en perspective la débilité assumée de la proposition… Ce qui n'était peut-être pas tout à fait inutile au vu de l'enthousiasme réel suscité chez certains spectateurs par ce quiz. N'osons même pas imaginer le &quot;Y'a bon Banania&quot;, s'il avait été proposé… Comme si le tout sauf banal racisme latent était toujours prêt à pointer son nez.       <br />
              <br />
       Enfin, le tableau de la performeuse circassienne grimpée dans les cintres, alors que reliée à elle par ses tresses gigantesques la Vénus sculpturale accueillera les autres actrices regroupées autour d'elle, pourrait fait figure d'apothéose. Si les femmes noires trouvent là l'occasion d'être unies hors des représentations des dominants, l'essentiel de leurs aspirations à chacune sera &quot;délivré&quot; par une roue Cyr s'immobilisant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651345.jpg?v=1690285080" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Incontestablement, la force de ces propositions réside dans le superbe engagement des actrices qui parlent et agissent de là où elles sont dans leur existence. Pour se construire en tant que femmes libres, comme les y invitait leur metteuse en scène faisant corps avec elles, il leur a fallu déconstruire un à un les clichés éculés les emprisonnant…        <br />
       (Une réserve, la longueur de certains tableaux).       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 23 juillet 2023 au Gymnase du Lycée Aubanel à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Carte noire nommée désir"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651346.jpg?v=1690285116" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      Spectacle créé le 9 novembre 2021 au Théâtre de la Manufacture - CDN de Nancy.       <br />
       En français surtitré en anglais.       <br />
       Traduction pour le surtitrage : Kate Brown.       <br />
       Texte : Rébecca Chaillon (&quot;Boudin Biguine Best of Banane&quot; est publié aux éditions L'Arche, juin 2023).       <br />
       Mise en scène : Rébecca Chaillon.       <br />
       Assistant et assistante à la mise en scène : Jojo Armaing, Olivia Mabounga.       <br />
       Avec : Estelle Borel, Rébecca Chaillon, Aurore Déon, Maëva Husband (en alternance avec Olivia Mabounga), Ophélie Mac, Makeda Monnet, Davide-Christelle Sanvee, Fatou Siby.       <br />
       Dramaturgie : Céline Champinot.       <br />
       Collaboration artistique : Aurore Déon, Suzanne Péchenart.       <br />
       Scénographie : Camille Riquier, Shehrazad Dermé.       <br />
       Régie son : Issa Gouchène, Élisa Monteil.       <br />
       Régie lumière : Myriam Adjalle.       <br />
       Création du rôle : Bebe, Melkor-Kadior        <br />
       Régie générale et plateau : Suzanne Péchenart        <br />
       Production : Cie Dans Le Ventre.       <br />
       Durée : 2 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74247194-51651688.jpg?v=1690286557" alt="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" title="•In 2023• "Carte noire nommée désir" La femme noire est-elle née noire… ou l'est-elle devenue au travers de l'objet du fantasme des blancs ?" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 20 et 21 et du 23 au 25 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 19 h.       <br />
       Gymnase du Lycée Aubanel, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 28 novembre au 17 décembre 2023 (relâches les 3, 4, 7, 11, 14 décembre) : Odéon-Théâtre de l'Europe, Paris.       <br />
       2 et 3 février 2024 : Le Volcan - Scène nationale, Le Havre (76).       <br />
       25 et 26 avril 2024 : Théâtre 71 - Scène nationale, Malakoff (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Carte-noire-nommee-desir-La-femme-noire-est-elle-nee-noire-ou-l-est-elle-devenue-au-travers-de-l-objet-du_a3701.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2023• "Marguerite : le Feu" Itinéraire d'une autochtone québécoise, une lutte exemplaire pour s'affranchir des fers</title>
   <updated>2023-07-15T08:53:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2023-Marguerite-le-Feu-Itineraire-d-une-autochtone-quebecoise-une-lutte-exemplaire-pour-s-affranchir-des-fers_a3671.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
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   <published>2023-07-15T07:32:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Du Mont-Royal à Montréal à la montagne Pelée en Martinique, comme brûlée par la lave souterraine des deux volcans endormis, la trace de Marguerite Duplessis se perd… Première femme d'origine autochtone à avoir osé intenter un procès pour contester sa mise en esclavage par une personnalité québécoise – ayant pignon sur rue – de la traite des Noirs, elle ne pouvait laisser indifférente une autrice canadienne d'origine anichinabée. Émilie Monnet "invente" ici (comme on invente un trésor) une mise en jeu flamboyante, faisant vibrer les corps et les âmes, afin de célébrer sur un plateau de théâtre l'énergie exemplaire de cette jeune femme du XVIIIe siècle férue de liberté.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74050266-51502997.jpg?v=1689347271" alt="•In 2023• "Marguerite : le Feu" Itinéraire d'une autochtone québécoise, une lutte exemplaire pour s'affranchir des fers" title="•In 2023• "Marguerite : le Feu" Itinéraire d'une autochtone québécoise, une lutte exemplaire pour s'affranchir des fers" />
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      D'emblée, le décor &quot;parle&quot;… Une étrave de bateau comme un dégradé de noirs – digne des outrenoirs de Pierre Soulages – occupe tout l'arrière-plan de la scène. Figure de proue gigantesque d'un navire renvoyant aux embarcations négrières engloutissant leur cargaison humaine, mais aussi, de manière certes plus subliminale, figure de proue d'une jeune femme, exaltant la pionnière de la lutte anti-esclavagiste qu'a été Marguerite Duplessis, une héroïne dont le nom se doit de ne pas sombrer dans les cales de l'Histoire.       <br />
              <br />
       Quatre comédiennes (dont Émilie Monnet) pour donner corps et voix au combat incarné par Marguerite, quatre femmes imprégnées de la culture autochtone, dont elles portent la vêture colorée, vont faire entendre une heure durant l'impensable de la discrimination raciale, celle d'hier et d'aujourd'hui. Au travers de chants et de cris dansés, de paroles s'élevant comme des incantations, de mots crus évoquant sans concession leur sort passé et présent (<span style="font-style:italic">&quot;Dis-moi d'être une femme indienne docile et chaude. Si je résiste, je serai jetée par-dessus bord… Empoigne-moi, déchire ma robe… Agrippe-moi par les cheveux pour que j'enfourne ta queue.&quot;</span>), elles portent haut la révolte des insoumises de toutes les époques, insoumises dont Marguerite est l'étendard.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74050266-51502998.jpg?v=1689347318" alt="•In 2023• "Marguerite : le Feu" Itinéraire d'une autochtone québécoise, une lutte exemplaire pour s'affranchir des fers" title="•In 2023• "Marguerite : le Feu" Itinéraire d'une autochtone québécoise, une lutte exemplaire pour s'affranchir des fers" />
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      Les quatre actrices faisant chorus renvoient au chœur grec chargé d'initier la tragédie à l'œuvre en la commentant. Elles ne forment qu'une seule et même entité dont les voix en écho s'emploient à sculpter le portrait de Marguerite au travers de traces présentes. Ainsi de cette discrète plaque apposée rue Saint-Paul à Montréal – rue des propriétés des Juges dont les ancêtres ont bâti leur fortune sur la traite humaine – commémorant l'emplacement où a été brûlée vive Angélique, l'amie de Marguerite, en l'an de grâce 1734. Quelques années plus tard, Marguerite sera la suppliante tenue dans les fers, présentant à l'Intendant de la Nouvelle France – par l'intermédiaire de son défenseur plaidant qu'elle est la fille naturelle du sieur Duplessis – sa requête de mise en liberté…       <br />
              <br />
       Des ahanements de souffrance alternent, dans de très beaux tableaux vivants, avec les danses toniques exorcisant l'entrave des fers. Les questions fusent concernant l'endroit du cachot où elle fut enfermée, l'origine de la balafre qui couvrait son œil, la destination qui a été la sienne suite au verdict. Les voix s'élèvent, mêlant leurs accents plaintifs et/ou tranchants aux corps accablés s'avançant en bord de plateau.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74050266-51503037.jpg?v=1689347352" alt="•In 2023• "Marguerite : le Feu" Itinéraire d'une autochtone québécoise, une lutte exemplaire pour s'affranchir des fers" title="•In 2023• "Marguerite : le Feu" Itinéraire d'une autochtone québécoise, une lutte exemplaire pour s'affranchir des fers" />
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      Chorégraphies saisissantes de l'effondrement progressif du corps de Marguerite au fur et à mesure de l'énonciation des noms des esclaves embarquées comme elle à destination des plantations martiniquaises… Le bruit des voix s'enfle jusqu'à atteindre un degré de saturation insupportable, jusqu'à épuisement, jusqu'à l'anéantissement… Là-bas comme ici, esclaves déportées de la rue Saint-Paul de Montréal à Saint-Pierre de l'île de la Martinique, l'Histoire se rappelle à la mémoire labile… <span style="font-style:italic">&quot;Ne jamais oublier, les morts aiment nous entendre chanter&quot;…</span>       <br />
              <br />
       Immersion &quot;artistique&quot; dans le monde des peuples autochtones soumis au bon vouloir de maîtres négriers drapés dans leur (in)dignité de classe. Sculptures vivantes de corps féminins mis à l'épreuve des fers. Voix troublantes d'un chœur faisant revivre devant nous une certaine Marguerite Duplessis, figure de proue de la lutte anti-esclavagiste. Un spectacle profondément humain.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 11 juillet 2023 au Théâtre Benoît XII à Avignon.</b>
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     <div><b>"Marguerite : le Feu"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74050266-51503040.jpg?v=1689347379" alt="•In 2023• "Marguerite : le Feu" Itinéraire d'une autochtone québécoise, une lutte exemplaire pour s'affranchir des fers" title="•In 2023• "Marguerite : le Feu" Itinéraire d'une autochtone québécoise, une lutte exemplaire pour s'affranchir des fers" />
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      Spectacle créé le 15 mars 2022 au Théâtre Espace Go, Montréal, Québec.       <br />
       En français surtitré en anglais.       <br />
       Texte : Émilie Monnet.       <br />
       Mise en scène : Émilie Monnet, Angélique Willkie.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Érika Maheu-Chapman.       <br />
       Avec : Anna Beaupré Moulounda, Catherine Dagenais-Savard, Émilie Monnet, Tatiana Zinga Botao.       <br />
       Dramaturgie : Marilou Craft.       <br />
       Scénographie : Max-Otto Fauteux.       <br />
       Musique : Laura Ortman, Frédéric Auger       <br />
       Lumière : Julie Basse.       <br />
       Vidéo : Caroline Monnet.       <br />
       Son : Frédéric Auger.       <br />
       Costumes : Ange Blédja.       <br />
       Voix : Dominique Cyrille.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 11 juillet 2023.</span>       <br />
       Représenté à 19 h.       <br />
       Théâtre Benoît XII, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14 tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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