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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-12T22:45:49+02:00</updated>
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   <title>"Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir</title>
   <updated>2023-12-14T15:34:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Richard-II-Un-Richard-II-qui-disseque-a-coeur-les-guerres-de-pouvoir_a3779.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2023-12-14T09:04:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De toutes les pièces de Shakespeare, "Richard II" fait partie des moins connues. En un siècle, il n'y eut qu'une poignée de mises en scène en France. Pourquoi ? Peut-être du fait que son propos avance en ligne droite, presque sans intrigue secondaire, presque sans une scène qui laisse le spectateur respirer, rire ou se retrouver un temps pour mieux reprendre le fil de l'histoire ? Probablement parce que le personnage titre n'a pas reçu l'incarnation des "Hamlet", des "Iago", des "Richard III" ou des "lady Macbeth" et qu'il reste du coup un caractère difficile à cerner, à imaginer ? Peut-être parce que ce personnage n'a pas de réelle vocation de méchant, de monstre, qu'il n'a pas la conscience ni les remords d'un meurtrier, d'un vil traître ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77335486-56200857.jpg?v=1702542471" alt=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" title=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Dans cette pièce, ce roi d'Angleterre de la fin du XIXe semble d'un caractère étranger aux caractères qui remplissent les lieux de pouvoir de son siècle. Fluet, presque léger, élégant et gracieux, sans arme et sans garde, il est entouré de toutes parts par des guerriers solides comme des chênes, batailleurs et braillards.       <br />
              <br />
       Toute cette démesure virile est exposée crûment dès l'ouverture de la pièce et le ton de l'histoire est immédiatement donné. Il s'agit de politique, de pouvoir et de tous les corollaires qu'on imagine aller de pair, les calomnies, les corruptions, les abus, les alliances et les traîtrises. Dans cette première scène s'affrontent deux nobles, Henri de Bolingbroke et le duc de Norfolk. Ils sont tous deux massifs, virulents, harangueur et chacun accuse l'autre de trahison. Mais dans cette joute, ce sont surtout les insultes et les provocations qui servent d'arguments.       <br />
              <br />
       Comme deux coqs, ou plutôt deux taureaux furieux l'un contre l'autre, ils se défient, en appellent au duel. C'est un ring. Chaque personnage est confiné dans l'espace d'un rond de lumière, isolé, les poings ne pouvant parler, les mots fusent comme des balles.       <br />
              <br />
       Ce sont des chevaliers, des hommes du Moyen Âge avec l'honneur en œillère et l'épée en guise de langage. Dans l'ombre de cette joute verbale, une autre ombre circule. C'est Richard II, c'est à lui que ce litige est exposé. Dans l'ombre, il semble tirer les ficelles de la scène. Semble hésiter sur le verdict à rendre. Semble ne pas vouloir trancher. Décide finalement de laisser la force, le destin ou dieu sait quoi décider du sort de l'un d'eux dans un duel à l'épée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77335486-56200858.jpg?v=1702542504" alt=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" title=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Un duel qu'il interrompra avant que le sang ne coule pour finalement condamner les deux zélés dénonciateurs à l'exil, comme s'il voulait débarrasser le royaume de ces sauvageries moyenâgeuses en se débarrassant d'eux. C'est ainsi que tout au long de la pièce, &quot;Richard II&quot;, dans la mise en scène de Christophe Rauck, apparaîtra comme d'une autre sphère que le monde qui l'entoure. Tout de blanc vêtu, de la pointe des cheveux jusqu'au bout de ses bottines, il est presque angélique, à la fois lumineux et fragile, parmi une cour aux habits stricts, sombres ou parés de mailles de fer comme pièces rapportées d'un monde en guerre.       <br />
              <br />
       On comprend que ce personnage ne va pas gagner sa place dans le monde par la violence, la force. Il est une liane, capable d'étrangler sans doute, de fouetter, mais il n'est pas un colosse de pierre attendant la tempête du destin. On le voit ainsi manœuvrer pour établir son règne, mais aussi faire l'erreur de croire que tout lui est permis. Lorsqu'il décide de s'emparer de manière inique des possessions du père d'un des deux exilés, Bolinbroke, pour renflouer son trésor et financer une guerre contre l'Irlande, il déclenche la grande machinerie du destin qui lui fera perdre son règne et la vie.       <br />
              <br />
       La lecture de Christophe Rauck décrypte tout le côté politique de la pièce. &quot;Richard II&quot; est l'incarnation d'un passage du règne de la force et des vieilles valeurs à celui du pragmatisme. On peut se laisser aller à le voir comme un ancêtre du libéralisme sans foi ni loi, capable de spolier, de siphonner les richesses sans penser aux conséquences. Mais Micha Lescot qui l'incarne lui apporte également un côté Dandy à la Brumel avant l'heure ou à la Oscar Wild. Son costume étincelant de rock star lui donne cet éclat, mais aussi une interprétation presque dansante de son personnage quand ceux qui l'entourent sont des piliers aux allures immuables. Si bien qu'il paraît en fuite en avant constante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77335486-56200886.jpg?v=1702542537" alt=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" title=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Parmi ceux qui l'entourent, il y a Thierry Bosc qui réalise ici une double magnifique interprétation. Il distille à merveille le texte dense de la traduction de Jean-Michel Déprat duquel il extrait sens et rythme et pointes d'humour et de dérision lorsque la langue de Shakespeare s'emballe comme une machine en roue libre. Il y a également Éric Challier dont la présence scénique et la puissance vocale forment un contraste vertigineux avec les volutes de son adversaire Richard II. Cécile Garcia Fogel qui incarne la reine est, elle, d'une autre irréalité, telle une grande bourgeoise plus qu'une reine ivre de pouvoir, elle traverse la pièce comme une grâce supérieure à toutes ces forces viriles qui la cernent. Toute la distribution est aussi grande, précise et investie dans le but de faire parvenir autant de poésie que de réflexion qui parsèment la pièce.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Christophe Rauck évoque la modernité par les &quot;costumes cravates&quot; qu'arborent les hommes et une jolie jonglerie de scènes rapides qui passent sans perdre une seconde d'un lieu à l'autre. Elle s'appuie également sur la qualité de ses comédiens, mais aussi sur une scénographie signée Alain Lagarde et des lumières d'Olivier Oudiou très précises, elles aussi. L'image joue avec des tulles, des projections qui démultiplient la scène et transportent de lieux en lieux, des vidéos repris sur le jeu direct qui agissent comme des zooms puissants sur les quelques scènes de comédies où les comédiens se donnent à fond.       <br />
              <br />
       À ces grands effets, ainsi qu'à une bande son fluctuante qui n'empiète jamais sur le jeu, s'ajoutent les mouvements de deux grands gradins qui transforment l'espace. Par contraste, les lumières serrées sur des inserts de scènes précis permettent à l'obscurité de vivre, de ramper parfois en nappes et de s'emparer par moments de presque tout le plateau, comme une vague imprécise, mais têtue menace.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Richard II"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77335486-56200892.jpg?v=1702542569" alt=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" title=""Richard II" Un Richard II qui dissèque à cœur les guerres de pouvoir" />
     </div>
     <div>
      Texte : William Shakespeare.       <br />
       Traduction : Jean-Michel Déprats (aux Éditions Gallimard, collection Folio Théâtre).       <br />
       Mise en scène : Christophe Rauck.       <br />
       Avec : Louis Albertosi, Thierry Bosc, Éric Challier, Murielle Colvez, Cécile Garcia Fogel, Pierre-Thomas Jourdan, Guillaume Lévêque, Micha Lescot, Emmanuel Noblet, Pierre-Henri Puente, Adrien Rouyard.       <br />
       Dramaturgie : Lucas Samain.       <br />
       Musique : Sylvain Jacques.       <br />
       Scénographie : Alain Lagarde.       <br />
       Maître d'armes : Florence Leguy.       <br />
       Lumière : Olivier Oudiou.       <br />
       Vidéo : Étienne Guiol.       <br />
       Costumes : Coralie Sanvoisin.       <br />
       Masques : Atelier 69.       <br />
       Maquillages et coiffures : Cécile Kretschmar.       <br />
       Production Théâtre Nanterre-Amandiers.       <br />
       Durée : 3 h 15 (entracte 20 minutes compris).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 22 décembre 2023.</span>       <br />
       Mardi au vendredi à 19 h 30, samedi à 18 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre Nanterre-Amandiers, Nanterre (92), 01 46 14 70 00.       <br />
       <a class="link" href="https://nanterre-amandiers.com/" target="_blank">&gt;&gt; nanterre-amandiers.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Richard-II-Un-Richard-II-qui-disseque-a-coeur-les-guerres-de-pouvoir_a3779.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats", une prose existentielle portée par un jeu riche de pleins et de déliés</title>
   <updated>2018-04-11T11:21:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Shaman-et-Shadoc-Ou-l-imposture-des-rats--une-prose-existentielle-portee-par-un-jeu-riche-de-pleins-et-de-delies_a2095.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/21479269-24504140.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-04-11T10:56:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Deux hommes et une femme, l'un bien sapé, l'autre dépenaillé... et elle, surgissant, comme une ombre, chantonnant en vers, par intermèdes, la chronique des deux. En compagnons d'infortune : des rats, à destination de compagnie ou d'expériences. Assis sur un banc, les deux "s" - comme solitude - tentent le tête-à-tête…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21479269-24504139.jpg?v=1490782990" alt=""Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats", une prose existentielle portée par un jeu riche de pleins et de déliés" title=""Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats", une prose existentielle portée par un jeu riche de pleins et de déliés" />
     </div>
     <div>
      En attendant la mort ou la résilience… Shaman et Shadoc dissertent, dans une forme de dualité où les rapports de force ne sont pas ce qu'ils paraissent être, où l'équilibre mental des êtres semble déterminer les règles ludiques de cet affrontement verbal ayant pour trame un passé commun volontairement oublié.       <br />
              <br />
       Entre eux, une femme, sœur de l'un, femme de l'autre, carbonisée, incinérée dans le feu des souvenirs, perdue dans les flammes de la mémoire, mais toujours brûlante de possibles règlements de comptes, de vengeance, d'absolution ou de renaissance… la fin en donnera la solution.       <br />
              <br />
       En attendant, dans un habit d'absurde faisant parfois songer à Godot, nos zigues, pas toujours débonnaires, usent de joutes oratoires et de convenances dînatoires. Dans une recherche de mainmise de l'un sur l'autre, et vice-versa, se jouent tentatives de manipulations ou de connivences. Au bout du compte, après l'épuration du cynisme et la révélation de la noire vérité se posera la question finale :       <br />
       <span style="font-style:italic">Shaman : Shadoc ! Et Dieu dans tout ça ?       <br />
       Shadoc : Le brave homme.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21479269-24504140.jpg?v=1490783031" alt=""Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats", une prose existentielle portée par un jeu riche de pleins et de déliés" title=""Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats", une prose existentielle portée par un jeu riche de pleins et de déliés" />
     </div>
     <div>
      Rarement un texte aura été une aussi belle partition pour deux comédiens, sachant que la &quot;musique&quot; fut composée par l'un, Pierre Margot, pour l'autre, Guillaume Orsat. Car ici la parole, le verbe sont musicaux par l'utilisation fine de différentes tonalités, parfois graves et dense, d'autres fois plus hautes, aériennes, et par l'étonnante qualité sonore des silences.       <br />
              <br />
       Leurs jeux, riches successivement de pleins et de déliés, sont ceux d'instrumentistes à la pratique virtuose, usant des gestes comme d'archets aux amplitudes généreuses, parfois rythmées d'envolées excessives mais parfaitement dominées.       <br />
              <br />
       Un concert théâtral destiné aux gourmets d'une prose mélodieuse et du jeu émérite de comédiens et comédienne possesseurs d'un talent porté ici à la quintessence, de par la qualité de l'écriture de Pierre Margot.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21479269-24504141.jpg?v=1490783085" alt=""Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats", une prose existentielle portée par un jeu riche de pleins et de déliés" title=""Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats", une prose existentielle portée par un jeu riche de pleins et de déliés" />
     </div>
     <div>
      Texte : Pierre Margot.       <br />
       Mise en scène : Pierre Margot.       <br />
       Avec : Guillaume Orsat, Pierre Margot, Céline Legendre-Herda ou Julie Allainmat.       <br />
       Collaboration artistique : Claire Guyot.       <br />
       Dramaturgie : Anne Massoteau.       <br />
       Musique : Nathalie Miravette.       <br />
       Lumière : Charly Thicot.       <br />
       Cie Clair de Lune.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       [Reprise en soutien au Lavoir Moderne Parisien.]b       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 mars au 6 mai 2018.</span>       <br />
       Vendredi à 21 h 30 et dimanches à 17 h 30.       <br />
       Lavoir Moderne Parisien, Paris 18e, 01 46 06 08 05.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lavoirmoderneparisien.com" target="_blank">&gt;&gt; lavoirmoderneparisien.com</a>       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@lavoirmoderneparisien.com')" >contact@lavoirmoderneparisien.com</a>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Première publication : 29 mars 2017.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Shaman et Shadoc", une prose mélodieuse portée par un jeu riche de pleins et de déliés</title>
   <updated>2017-03-29T16:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Shaman-et-Shadoc--une-prose-melodieuse-portee-par-un-jeu-riche-de-pleins-et-de-delies_a1775.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/11490748-19198235.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-03-29T12:13:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Deux hommes et une femme, l'un bien sapé, l'autre dépenaillé... et elle, surgissant, comme une ombre, chantonnant en vers, par intermèdes, la chronique des deux. En compagnons d'infortune : des rats, à destination de compagnie ou d'expériences. Assis sur un banc, les deux "s" - comme solitude - tentent le tête-à-tête…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11490748-19198235.jpg?v=1490782990" alt=""Shaman et Shadoc", une prose mélodieuse portée par un jeu riche de pleins et de déliés" title=""Shaman et Shadoc", une prose mélodieuse portée par un jeu riche de pleins et de déliés" />
     </div>
     <div>
      En attendant la mort ou la résilience… Shaman et Shadoc dissertent, dans une forme de dualité où les rapports de force ne sont pas ce qu'ils paraissent être, où l'équilibre mental des êtres semble déterminer les règles ludiques de cet affrontement verbal ayant pour trame un passé commun volontairement oublié.       <br />
              <br />
       Entre eux, une femme, sœur de l'un, femme de l'autre, carbonisée, incinérée dans le feu des souvenirs, perdue dans les flammes de la mémoire, mais toujours brûlante de possibles règlements de comptes, de vengeance, d'absolution ou de renaissance… la fin en donnera la solution.       <br />
              <br />
       En attendant, dans un habit d'absurde faisant parfois songer à Godot, nos zigues, pas toujours débonnaires, usent de joutes oratoires et de convenances dînatoires. Dans une recherche de mainmise de l'un sur l'autre, et vice-versa, se jouent tentatives de manipulations ou de connivences. Au bout du compte, après l'épuration du cynisme et la révélation de la noire vérité se posera la question finale :       <br />
       <span style="font-style:italic">Shaman : Shadoc ! Et Dieu dans tout ça ?       <br />
       Shadoc : Le brave homme.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/11490748-19198245.jpg?v=1490783031" alt=""Shaman et Shadoc", une prose mélodieuse portée par un jeu riche de pleins et de déliés" title=""Shaman et Shadoc", une prose mélodieuse portée par un jeu riche de pleins et de déliés" />
     </div>
     <div>
      Rarement un texte aura été une aussi belle partition pour deux comédiens, sachant que la &quot;musique&quot; fut composée par l'un, Pierre Margot, pour l'autre, Guillaume Orsat. Car ici la parole, le verbe sont musicaux par l'utilisation fine de différentes tonalités, parfois graves et dense, d'autres fois plus hautes, aériennes, et par l'étonnante qualité sonore des silences.       <br />
              <br />
       Leurs jeux, riches successivement de pleins et de déliés, sont ceux d'instrumentistes à la pratique virtuose, usant des gestes comme d'archets aux amplitudes généreuses, parfois rythmées d'envolées excessives mais parfaitement dominées.       <br />
              <br />
       Un concert théâtral destiné aux gourmets d'une prose mélodieuse et du jeu émérite de comédiens et comédienne possesseurs d'un talent porté ici à la quintessence, de par la qualité de l'écriture de Pierre Margot.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Shaman et Shadoc… Ou l'imposture des rats"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      Texte : Pierre Margot.       <br />
       Mise en scène : Pierre Margot.       <br />
       Avec : Guillaume Orsat et, en alternance, Xavier Béja ou Pierre Margot, Céline Legendre-Herda ou Julie Allainmat.       <br />
       Collaboration artistique : Claire Guyot.       <br />
       Dramaturgie : Anne Massoteau.       <br />
       Musique : Nathalie Miravette.       <br />
       Lumière : Charly Thicot.       <br />
       Cie des Pas Perdus.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 mars au 13 mai 2017.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 21 h 30.       <br />
       Théâtre Essaïon, salle Cabaret, Paris 4e, 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="http://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Shaman-et-Shadoc--une-prose-melodieuse-portee-par-un-jeu-riche-de-pleins-et-de-delies_a1775.html" />
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   <title>Un esprit de troupe avérée et la passion de l'alexandrin</title>
   <updated>2016-12-17T12:50:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-esprit-de-troupe-averee-et-la-passion-de-l-alexandrin_a1722.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/10794352-17826563.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-12-16T12:26:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une forme de récidive, car coutumier du fait, la Cie Le Grenier de Babouchka représente un classique en Alexandrin, le bien nommé "Cid", au Théâtre le Ranelagh dans une mise en scène de Jean-Philippe Daguerre et dans une manière de troupe devenue rare dans le privé avec une dizaine de comédiens et deux musiciens sur scène. Et, chose plaisante, la réussite est au rendez-vous.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10794352-17826563.jpg?v=1481887887" alt="Un esprit de troupe avérée et la passion de l'alexandrin" title="Un esprit de troupe avérée et la passion de l'alexandrin" />
     </div>
     <div>
      Depuis quelques années, Jean-Philippe Daguerre et sa compagnie décortiquent avec talent et enthousiasme, mais sans brusquerie aucune, les grands classiques (en alexandrin ou pas) du répertoire français. Les récents succès de &quot;Cyrano de Bergerac&quot; (toujours à l'affiche du même Ranelagh) et du &quot;Bourgeois gentilhomme&quot; (au Théâtre Michel, lieu de résidence de la compagnie) ont mis en évidence cette capacité particulière qu'ils ont à donner à ces pièces une cure de jouvence sans en dénaturer le texte et son écriture codifiée, et sans en déplacer l'intrigue dans des temps plus contemporains.       <br />
              <br />
       Dans le cas où vos souvenirs estudiantins vous feraient défaut, en voici brièvement l'intrigue. Chimène et Rodrigue s'aiment d'un amour fougueux aux accents sévillans. Mais quelques circonstances taquines, du genre &quot;empêcheuses de tourner en rond&quot;, vont quelque peu diviser leurs familles respectives. Fort heureusement, s'agissant d'une tragi-comédie et l'happy end ayant déjà été inventé, nos amoureux pourront au final de l'acte V convolé en justes noces.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10794352-17826568.jpg?v=1481887912" alt="Un esprit de troupe avérée et la passion de l'alexandrin" title="Un esprit de troupe avérée et la passion de l'alexandrin" />
     </div>
     <div>
      L'affaire pourrait sembler banale et d'une dramaturgie somme toute traditionnelle. Mais c'est là qu'intervient tout le talent de Jean-Philippe Daguerre et la concrétisation de son amour pour les vers en Alexandrin. Avec la ferveur ludique du compétiteur face à l'adversité, il fait de l'exercice un jeu et communique à ses comédiens la passion de cette musicalité si particulière de la versification.       <br />
              <br />
       La fougue est là, le verbe fuse et le phrasé est virtuose, enlevé et rythmé. Dans une diction flirtant avec l'excellence, même dans l'élocution chaotique du roi, à la tentative burlesque réussie, les tirades et dialogues en vers sont une réelle et douce friandise pour l'oreille. Douceurs associées, les mélodies hispanisantes de Petr Ruzicka accompagnent, dans leurs émotions les plus intimes comme dans leurs plus extravagants ou colériques discours et assauts, les protagonistes. Celles-ci sont exécutées sur scène par le compositeur lui-même au violon et Antonio Matias à la guitare.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10794352-17826574.jpg?v=1481887968" alt="Un esprit de troupe avérée et la passion de l'alexandrin" title="Un esprit de troupe avérée et la passion de l'alexandrin" />
     </div>
     <div>
      Tout cela est complété, pour la gourmandise de l’œil, par de magnifiques échanges à l'épée chorégraphiés (par Christophe Mie, ex-membre de l'équipe de France) comme des envolées lyriques, des ballets langoureux à l'érotisme suggérée… espérée par nos deux héros. Tout prend à ce moment précis une dimension aérienne, légère et gracile, en opposition aux duels à la violence sportive mais tout aussi bien composés, dans une aisance inattendue et spectaculaire.       <br />
              <br />
       L'art de donner un souffle nouveau à un classique est de ceux difficiles qui exigent une aptitude particulière à la relecture imaginative, tout en étant doté d'une volonté de compréhension du texte, respectueuse mais impertinente, et de la faculté à la créativité un brin insolente.  C'est ce vent frais et revigorant qu'insuffle Jean-Philippe Daguerre en mettant en scène &quot;Le Cid&quot;. Au final, un cocktail jouissif et lumineux composé de joyeuse folie associée à une vivacité pleine de fraîcheur, initié par une distribution de très grande qualité offrant leur impétuosité dans un bonheur théâtral communicatif. Prescription conseillée à l'adolescence, à consommer sans modération !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Cid"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/10794352-17826577.jpg?v=1481888004" alt="Un esprit de troupe avérée et la passion de l'alexandrin" title="Un esprit de troupe avérée et la passion de l'alexandrin" />
     </div>
     <div>
      Texte : Pierre Corneille.       <br />
       Mise en scène : Jean-Philippe Daguerre.       <br />
       Assistant mise en scène : Nicolas Le Guyader.       <br />
       Avec : Manon Gilbert, Kamel Isker ou Thibault Pinson, Charlotte Matzneff ou Flore Vannier-Moreau, Alexandre Bonstein ou Didier Lafaye, Stéphane Dauch, Edouard Rouland ou Johann Dionnet, Christophe Mie, Sophie Raynaud, Yves Roux, Mona Thanaël ou Maïlis Jeunesse.       <br />
       Musiciens : Petr Ruzicka et Antonio Matias.       <br />
       Musique original : Petr Ruzicka.       <br />
       Combats : Christophe Mie.       <br />
       Costumes : Virginie Houdinière.       <br />
       Décors : Frank Viscardi.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
       Cie Le Grenier de Babouchka.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 15 janvier 2017.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 45, samedi à 15 h et dimanche à 17 h.       <br />
       Supplémentaire le lundi 9 janvier à 2 0h. Relâche : 24 et 25 décembre, 1er janvier.       <br />
       Théâtre le Ranelagh, Paris 16e,  01 42 88 64 44.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-ranelagh.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-ranelagh.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Un-esprit-de-troupe-averee-et-la-passion-de-l-alexandrin_a1722.html" />
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