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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-19T18:27:11+02:00</updated>
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   <title>•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif</title>
   <updated>2025-07-02T17:09:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Leviathan-Quand-l-evocation-du-mal-et-de-la-cruaute-se-metamorphose-en-un-vibrant-joyau-creatif_a4282.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89688632-63376699.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-07-03T06:19:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Ceci n'est pas l'histoire de Cassandre", précise l'affiche du spectacle à de nombreuses reprises, en toile de fond du titre écrit en gros caractères rouges. Il s'agira donc, peut-être, de celle du Léviathan, ou de ce qui s'en approche ? "Léviathan" questionne la binarité de notre époque contemporaine où l'on peut tout aussi bien entendre : "cette femme est une menteuse et cet homme un héros". Ou, à l'opposé : "cet homme est un monstre et cette femme une victime. On aimerait que les choses soient simples. Vraiment ! On aimerait être légitime de détruire ceux qui nous ont blessés, violés, tués".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89688632-63376699.jpg?v=1715334701" alt="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
     </div>
     <div>
      &quot;Léviathan&quot; est la seconde création de la Cie &quot;L'Eau qui Dort&quot;, dirigée par Gwendoline Destremau, connue du public et des professionnels depuis 2021. Avec, comme ligne directrice, &quot;la réécriture de personnages fictionnels dans un objectif de libération de la parole&quot; (sic), le travail de Gwendoline Destremau s'est à nouveau centré sur une figure mythologique : celle de Cassandre. Dans son spectacle précédent, c'est Eurydice qui était à l'honneur, mise en scène avec brio, et dont nous nous souvenons encore des aventures finement revisitées dans sa recherche aux enfers d'Orphée, son mari décédé.       <br />
              <br />
       Place à nouveau à la figure féminine dans ce second spectacle, bien au centre des préoccupations de l'autrice et metteuse en scène, comme une sorte de marche libératoire créatrice, hautement nécessaire et vitale pour elle.       <br />
              <br />
       Et si Cassandre et Gwendoline Destremau n'étaient qu'une seule et même femme, à bien y regarder ! Des princesses à leur manière. Quelle frontière sensible établir au juste entre ces deux femmes : la figure mythologique troyenne qui possède un don de prophétie, mais que personne ne cautionne dans ses présages, et cette jeune femme artiste contemporaine, investie jusqu'au bout des ongles, vivante, bien vivante, ses yeux bleus grands ouverts sur les choses de la sphère féminine qui vacille lourdement ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89688632-63376700.jpg?v=1715334727" alt="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Je ne suis pas une femme politique et mon but n'est pas de trouver des &quot;solutions&quot;. On n'endigue pas la violence comme on endigue une épidémie (…) Chercher une forme d'extrême dans mon processus créatif, c'est pour moi un moyen d'éloigner la colère. La mienne et celle du public&quot;,</span> précise Gwendoline Derstremau.       <br />
              <br />
       Le pari est largement gagné, car la colère est là, bien là, sur le plateau du &quot;Léviathan&quot;, grâce à l'interprétation magistrale de Clara Koskas et à la qualité de son jeu qui plonge le spectateur en plein cœur des violences faites aux femmes. Depuis toujours. Depuis l'aube des temps.       <br />
              <br />
       L'écriture est crue, souvent violente, obscène par moments, ne laissant rien au hasard dans l'évocation de la cruauté. Mais l'interprétation fulgurante de la comédienne y pallie, en lui octroyant un angle paradoxalement poétique. C'est impressionnant… C'est un râle qui vient de l'intérieur, de très loin. Celui de toutes ces femmes violées, mutilées, éventrées, brûlées vives sur la place publique, ou pire, bien pire, peut-être, ne pouvant que chuchoter, parce que leurs cris ne peuvent pas sortir de leurs gorges étriquées et étranglées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89688632-63376701.jpg?v=1715334768" alt="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
     </div>
     <div>
      D'ailleurs, ces derniers suffisent-ils seulement à les sauver ? L'ont-ils déjà fait ? L'actualité n'abonde pas dans ce sens, apparemment. L'acquittement d'Harvey Weinstein annulé en appel à New York en est la preuve. Entre autres !       <br />
              <br />
       Clara Koskas excelle dans sa capacité à faire vibrer nos émotions malgré son corps frêle et menu ! Ou grâce à lui, peut-être… À travers elle, à travers lui, ce sont toutes les femmes de la Terre qui sont convoquées dans la violence qui leur est faite au quotidien, depuis la guerre de Troie jusqu'à nos jours.       <br />
              <br />
       Le moment du spectacle autour de l'évocation de Jean-Marie est d'une puissance inégalée, tant dans l'écriture scandée – qui nous rappelle par moments celle d'une Marguerite Duras –, que dans l'interprétation bouleversante de Clara Koskas.       <br />
              <br />
       Cassandre a juste accepté de faire un baiser à Apollon pour obtenir de sa part le don de prophétie qu'elle convoitait tant. Mais elle a refusé de coucher avec lui ! Elle s'est enfuie et, de ce fait, sera punie : personne ne croira en ses dons de voyance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89688632-63376702.jpg?v=1715335342" alt="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
     </div>
     <div>
      C'est tout l'inverse qui se passe dans ce remarquable spectacle, conçu, écrit et interprété de manière vertigineuse. On la croit Cassandre, on l'entend, on imagine l'horreur, on frissonne, et ça interpelle. Forcément. Ça bouleverse. Ça déconcerte. Et c'est bien !       <br />
              <br />
       C'est un témoignage bouleversant et une caution totale à l'identité féminine qui sont présentés dans cette nouvelle création, à ses droits d'existence, de défense, de parole, au sein de notre monde géré par un éternel mâle prédateur dépourvu de morale, un Léviathan bien droit dans ses baskets.       <br />
              <br />
       Clara Koskas – dont on se souvient de la mise en scène magistrale dans l'adaptation des &quot;Aveugles&quot; de Maeterlinck –, par son jeu d'une sobriété vertigineuse, Arianne Issartel, en symbiose presque charnelle avec son violoncelle baigné de lumières chaudes, couleur feu, et Gwendoline Destremau à l'écriture puissante et organique, propulsent littéralement le spectateur en plein cœur du processus créatif théâtral dans ce qu'il a de plus viscéral.       <br />
              <br />
       Cassandre dit la vérité ! Il faut la croire. <span style="font-style:italic">&quot;(…). Elle porte sa parole de victime de la guerre de Troie (…), celle d'un prêtre pédophile, d'un soldat meurtrier, d'une femme violée par les soldats. Et elle écoute toutes les voix, sans exception, à la recherche d'une rationalisation qui ne vient pas. Celle des bourreaux comme des victimes&quot;,</span> Gwendoline Destremau.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89688632-63376703.jpg?v=1715335388" alt="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
     </div>
     <div>
      Albert Camus a dit que <span style="font-style:italic">&quot;mal nommer les choses, c'était participer aux malheurs de ce monde&quot;</span>. &quot;Léviathan&quot; ne les nomme pas de travers, ces choses… Loin de là. Le spectacle les extirpe brillamment des silences, des non-dits et de la langue de bois récurrente, pour les hurler avec délicatesse et grand talent. Gageons que ce second spectacle de la Cie de L'Eau qui Dort ne passera pas inaperçu sur la scène avignonnaise.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Léviathan"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89688632-63376704.jpg?v=1715339254" alt="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2025• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
     </div>
     <div>
      Texte : Gwendoline Destremau.       <br />
       Mise en scène : Gwendoline Destremau.       <br />
       Avec : Clara Koskas.       <br />
       Violoncelliste : Ariane Issartel.       <br />
       Création lumières : Titiane Barthel.       <br />
       Costume : Claire Fayel.       <br />
       Régie : Audric Reynaud.       <br />
       Par la Compagnie de L'Eau qui Dort.       <br />
       Tout publlic à partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 21 h 14. Relâche le dimanche.       <br />
       Théâtre Artéphile, 7 rue Bourg Neuf, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 32 70 14 02.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@artephile.com')" >contact@artephile.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.artephile.com/" target="_blank">>> artephile.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…</title>
   <updated>2024-07-09T09:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Un-homme-qui-dort-Voyage-au-bout-du-silence_a3989.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81398691-58637888.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-06T15:48:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand la voix du dedans se dédouble pour trouver un écho féminin s'adressant – sous le régime du tutoiement – à l'antihéros de cette non-histoire, les pensées erratiques traversant cet homme au bord de la rupture fusent comme une logorrhée intarissable… Un matin apparemment en tous points semblable aux autres, "l'homme qui dort" (il ne sera jamais nommé, ce qui permettra toutes les projections) s'extrait instinctivement des obligations du monde en élisant "sa chambre à lui" comme refuge existentiel. Là, dans ce boyau de quelques mètres carré, à l'abri des obligations et servitudes (étudiant, il n'ira pas passer ses examens), il devient une sorte d'entité flottante. Une entité "parlée" de l'extérieur par un double de lui-même.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81398691-58637888.jpg?v=1720275271" alt="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" title="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" />
     </div>
     <div>
      Georges Pérec (l'auteur des &quot;Choses&quot; et de &quot;La disparition&quot;) n'avait pas son pareil pour inventer une écriture mimétique collant au plus près aux thèmes qui l'obsédaient. De même que l'on parle de parole performative, l'écriture ici devient à elle seule &quot;porte-parole&quot; de la non-activité qui s'empare du personnage. En effet, déconnecté du monde environnant vu au travers d'une indifférence tranquille, il semble flotter dans une enveloppe déréalisée, repassant en boucle les mêmes litanies.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Tu ne bouges pas. Tu fermes les yeux. Tu ne penses à rien…. Tu ne finiras pas ta licence&quot;.</span> La femme debout, postée à la tête du lit de fortune qui avec d'autres pauvres objets constituent son cadre de vie, commente à la deuxième personne ce qui se passe dans la tête en friche du dormeur solitaire. Tout au long de cette immersion dans le huis clos de cette mansarde sous les toits, elle s'adressera à lui – et à nous – comme un double de lui-même pourrait le faire entendre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;La vie te fait défaut. Tu restes ici sans manger, sans bouger, sans lire. Tu ne veux qu'attendre jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien&quot;.</span> Il a suffi de si peu de chose – un texte dont il avait perdu le fil – pour que le fil de sa vie se brise, pour que ses souvenirs estompent leurs couleurs vives et que les photographies qui en portaient traces virent au blanc. L'oubli et le manque de désir, non pas la tristesse, mais l'indifférence à tout. L'ataraxie des Grecs anciens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81398691-58637889.jpg?v=1720275302" alt="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" title="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Le temps passe, tu ne sais jamais l'heure. Attendre jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à attendre&quot;.</span> La répétition du même, un temps suspendu qui bégaie jusque dans la reprise des mêmes mots. Et lorsque &quot;l'homme qui dort&quot;, abandonnant la contemplation des fissures du plafond, s'aventure à franchir le seuil de son repaire, c'est pour marcher jusqu'à se perdre, dénombrer autant les églises que les pissotières, sortir la nuit venue pour se retrouver au comptoir d'un bar, seul devant un café, une bière, un verre de rouge ou alors, assis les jambes ballantes au-dessus de la Seine…       <br />
              <br />
       Aucune souffrance ou même amertume à côtoyer les bannis, parias, exclus errant comme lui dans une ville sans âme. Les vieilles à fourrure sifflant leur Marie Brizard, les solitaires qui parlent tout seuls, les milliers de monstres agglutinés aux feux rouges, rien ne semble pouvoir l'émouvoir.       <br />
              <br />
       Et le tic-tac des aiguilles couvert par la sonnerie qui retentit à nouveau… &quot;Ton réveil sonne, et tu n'es pas mort. Tu n'as rien appris, sinon la solitude qui n'apprend rien&quot;. Le monde n'a pas changé, lui non plus. Un autre jour commence. Attendre Place Clichy que la pluie cesse de tomber pour… À suivre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81398691-58637906.jpg?v=1720275351" alt="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" title="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" />
     </div>
     <div>
      Dans ce décor pouvant renvoyer aux &quot;Carnets du sous-sol&quot; de Dostoïevski (sauf que là le protagoniste est dénué de toute velléité de révolte ou de haine envers ses semblables), la comédienne &quot;incorpore&quot; mimétiquement le flux psychique de son alter ego emmuré en lui-même afin de nous le donner à voir et à entendre. De même les dispositifs scénographique et dramaturgique ne font qu'un, convergeant avec bonheur pour distiller l'inquiétante étrangeté que cette dissociation du même ne manque pas de créer en nous. Littérature et théâtre, unis dans le même voyage au bout du silence… tonitruant.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le mercredi 3 juillet au Théâtre Transversal, scène d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Un homme qui dort"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81398691-58637909.jpg?v=1720275330" alt="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" title="•Off 2024• "Un homme qui dort" Voyage au bout du silence…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Georges Perec.       <br />
       Mis en scène : Stéphane Daurat.       <br />
       Conception et jeu : Richard Arselin &amp; Véronique Boutonnet.       <br />
       Scénographie : Richard Arselin.       <br />
       Lumières : Mathias Bauret.       <br />
       Compagnie Les Âmes Libres.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.        <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 19 h 45. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre Transversal, Salle 2, 10, rue d'Amphoux, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 17 12.       <br />
       <a class="link" href="https://theatretransversal.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatretransversal.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif</title>
   <updated>2024-05-10T13:50:00+02:00</updated>
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   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80162905-57914774.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-05-10T11:13:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Ceci n'est pas l'histoire de Cassandre", précise l'affiche du spectacle à de nombreuses reprises, en toile de fond du titre écrit en gros caractères rouges. Il s'agira donc, peut-être, de celle du Léviathan, ou de ce qui s'en approche ? "Léviathan" questionne la binarité de notre époque contemporaine où l'on peut tout aussi bien entendre : "cette femme est une menteuse et cet homme un héros". Ou, à l'opposé : "cet homme est un monstre et cette femme une victime. On aimerait que les choses soient simples. Vraiment ! On aimerait être légitime de détruire ceux qui nous ont blessés, violés, tués".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80162905-57914774.jpg?v=1715334701" alt="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
     </div>
     <div>
      &quot;Léviathan&quot; est la seconde création de la Cie &quot;L'Eau qui Dort&quot;, dirigée par Gwendoline Destremau, connue du public et des professionnels depuis 2021. Avec, comme ligne directrice, &quot;la réécriture de personnages fictionnels dans un objectif de libération de la parole&quot; (sic), le travail de Gwendoline Destremau s'est à nouveau centré sur une figure mythologique : celle de Cassandre. Dans son spectacle précédent, c'est Eurydice qui était à l'honneur, mise en scène avec brio, et dont nous nous souvenons encore des aventures finement revisitées dans sa recherche aux enfers d'Orphée, son mari décédé.       <br />
              <br />
       Place à nouveau à la figure féminine dans ce second spectacle, bien au centre des préoccupations de l'autrice et metteuse en scène, comme une sorte de marche libératoire créatrice, hautement nécessaire et vitale pour elle.       <br />
              <br />
       Et si Cassandre et Gwendoline Destremau n'étaient qu'une seule et même femme, à bien y regarder ! Des princesses à leur manière. Quelle frontière sensible établir au juste entre ces deux femmes : la figure mythologique troyenne qui possède un don de prophétie, mais que personne ne cautionne dans ses présages, et cette jeune femme artiste contemporaine, investie jusqu'au bout des ongles, vivante, bien vivante, ses yeux bleus grands ouverts sur les choses de la sphère féminine qui vacille lourdement ?
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80162905-57914775.jpg?v=1715334727" alt="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
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      <span style="font-style:italic">&quot;Je ne suis pas une femme politique et mon but n'est pas de trouver des &quot;solutions&quot;. On n'endigue pas la violence comme on endigue une épidémie (…) Chercher une forme d'extrême dans mon processus créatif, c'est pour moi un moyen d'éloigner la colère. La mienne et celle du public&quot;,</span> précise Gwendoline Derstremau.       <br />
              <br />
       Le pari est largement gagné, car la colère est là, bien là, sur le plateau du &quot;Léviathan&quot;, grâce à l'interprétation magistrale de Clara Koskas et à la qualité de son jeu qui plonge le spectateur en plein cœur des violences faites aux femmes. Depuis toujours. Depuis l'aube des temps.       <br />
              <br />
       L'écriture est crue, souvent violente, obscène par moments, ne laissant rien au hasard dans l'évocation de la cruauté. Mais l'interprétation fulgurante de la comédienne y pallie, en lui octroyant un angle paradoxalement poétique. C'est impressionnant… C'est un râle qui vient de l'intérieur, de très loin. Celui de toutes ces femmes violées, mutilées, éventrées, brûlées vives sur la place publique, ou pire, bien pire, peut-être, ne pouvant que chuchoter, parce que leurs cris ne peuvent pas sortir de leurs gorges étriquées et étranglées.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80162905-57914890.jpg?v=1715334768" alt="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
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      D'ailleurs, ces derniers suffisent-ils seulement à les sauver ? L'ont-ils déjà fait ? L'actualité n'abonde pas dans ce sens, apparemment. L'acquittement d'Harvey Weinstein annulé en appel à New York en est la preuve. Entre autres !       <br />
              <br />
       Clara Koskas excelle dans sa capacité à faire vibrer nos émotions malgré son corps frêle et menu ! Ou grâce à lui, peut-être… À travers elle, à travers lui, ce sont toutes les femmes de la Terre qui sont convoquées dans la violence qui leur est faite au quotidien, depuis la guerre de Troie jusqu'à nos jours.       <br />
              <br />
       Le moment du spectacle autour de l'évocation de Jean-Marie est d'une puissance inégalée, tant dans l'écriture scandée – qui nous rappelle par moments celle d'une Marguerite Duras –, que dans l'interprétation bouleversante de Clara Koskas.       <br />
              <br />
       Cassandre a juste accepté de faire un baiser à Apollon pour obtenir de sa part le don de prophétie qu'elle convoitait tant. Mais elle a refusé de coucher avec lui ! Elle s'est enfuie et, de ce fait, sera punie : personne ne croira en ses dons de voyance.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80162905-57915018.jpg?v=1715335342" alt="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
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      C'est tout l'inverse qui se passe dans ce remarquable spectacle, conçu, écrit et interprété de manière vertigineuse. On la croit Cassandre, on l'entend, on imagine l'horreur, on frissonne, et ça interpelle. Forcément. Ça bouleverse. Ça déconcerte. Et c'est bien !       <br />
              <br />
       C'est un témoignage bouleversant et une caution totale à l'identité féminine qui sont présentés dans cette nouvelle création, à ses droits d'existence, de défense, de parole, au sein de notre monde géré par un éternel mâle prédateur dépourvu de morale, un Léviathan bien droit dans ses baskets.       <br />
              <br />
       Clara Koskas – dont on se souvient de la mise en scène magistrale dans l'adaptation des &quot;Aveugles&quot; de Maeterlinck –, par son jeu d'une sobriété vertigineuse, Arianne Issartel, en symbiose presque charnelle avec son violoncelle baigné de lumières chaudes, couleur feu, et Gwendoline Destremau à l'écriture puissante et organique, propulsent littéralement le spectateur en plein cœur du processus créatif théâtral dans ce qu'il a de plus viscéral.       <br />
              <br />
       Cassandre dit la vérité ! Il faut la croire. <span style="font-style:italic">&quot;(…). Elle porte sa parole de victime de la guerre de Troie (…), celle d'un prêtre pédophile, d'un soldat meurtrier, d'une femme violée par les soldats. Et elle écoute toutes les voix, sans exception, à la recherche d'une rationalisation qui ne vient pas. Celle des bourreaux comme des victimes&quot;,</span> Gwendoline Destremau.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80162905-57915019.jpg?v=1715335388" alt="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
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      Albert Camus a dit que <span style="font-style:italic">&quot;mal nommer les choses, c'était participer aux malheurs de ce monde&quot;</span>. &quot;Léviathan&quot; ne les nomme pas de travers, ces choses… Loin de là. Le spectacle les extirpe brillamment des silences, des non-dits et de la langue de bois récurrente, pour les hurler avec délicatesse et grand talent.       <br />
              <br />
       Gageons que ce second spectacle de la Cie L'Eau qui Dort ne passera pas inaperçu sur la scène avignonnaise 2024, tout comme l'a été le premier.
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     <div><b>"Léviathan"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80162905-57916125.jpg?v=1715339254" alt="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" title="•Off 2024• "Léviathan" Quand l'évocation du mal et de la cruauté se métamorphose en un vibrant joyau créatif" />
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      Texte : Gwendoline Destremau.       <br />
       Mise en scène : Gwendoline Destremau.       <br />
       Avec : Clara Koskas.       <br />
       Violoncelle : Ariane Issartel.       <br />
       Par la Compagnie L'Eau qui Dort.       <br />
       Durée : une heure.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours impairs à 14 h 50. Relâche le 9.       <br />
       Théâtre Arthéphile, 5, rue du Bourg Neuf, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 03 01 90.       <br />
       <a class="link" href="https://artephile.com/" target="_blank">&gt;&gt; https://artephile.com/</a>       <br />
              <br />
       Le spectacle a été créé au Quai des Rêves à Lamballe (Côtes-d'Armor) le 9 février 2024.       <br />
       Il s'est joué du 24 au 28 avril 2024 au LMP (Lavoir Moderne Parisien), Paris 18ᵉ.
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