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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-22T23:06:21+02:00</updated>
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   <title>"Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance</title>
   <updated>2025-09-24T17:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Tres-Bas-Une-profonde-adaptation-entre-epure-et-brillance_a4363.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-09-25T07:47:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Christian Bobin nous conte de façon très poétique l'histoire de François d'Assise qui, à la suite du Christ, a tout quitté pour vivre une vie de pauvreté et d'humilité. Pour l'auteur, il s'agit plutôt de rechercher Dieu dans le "Très-Bas" plutôt que le Dieu très "Haut" et protecteur, en apprenant à admirer la nature, la beauté du monde, la richesse et la simplicité des choses de la vie, laquelle est son maître-mot. Mais cette quête doit-elle être spirituelle ? Matérielle ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64209318.jpg?v=1758727987" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      Publié en 1992, Prix des Deux Magots en 1993, ainsi que Grand Prix de la littérature catholique, ce roman de Bobin, malheureusement récemment disparu, est un hymne à la parole, à bien y regarder, cette parole qui nous échappe bien souvent, ou qui est tronquée, fourvoyée, hurlante ou bien trop silencieuse. Hymne à la propre parole de l'auteur, surtout… Celle de ses mots généralement sibyllins qui, parfois, ne sont pas les nôtres, mais qui nous parlent pourtant tellement.       <br />
              <br />
       On peut s'interroger d'ailleurs sur le genre littéraire de cet ouvrage qui a fait découvrir cet auteur aux nuls autres pareils : un essai, un roman à la frontière entre fiction et réflexion ? Une autobiographie ? Il semblerait que ce questionnement n'ait pas interpellé outre mesure Emmanuel Ray de la Compagnie du Théâtre en Pièces, en coréalisation avec le Théâtre de Chartres, car il nous offre là, en plein cœur de la capitale, une création du plus bel effet.       <br />
              <br />
       Ici, les spectateurs et spectatrices ne sont plus dans la crypte de la cathédrale de Chartres – qui a vu la création du spectacle en 2024 – où les bruits bourdonnants de la ville devaient être moins présents qu'à Paris… Mais dès les premiers instants, pourtant, dans cette Église Saint-Leu autour de laquelle tout grouille et se bouscule, le silence se fait et, très vite, les mots de Bobin résonnent avec grande poésie. Le Saint est là, tout de suite présent par la force de la parole, assis à nos côtés, tout comme les comédiennes et comédiens, sur les chaises disposées en bi-frontal, et il se fraye un chemin en nous invitant à l'emprunter avec lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64209320.jpg?v=1758728018" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      On nous parle tout près, on nous scrute avec intensité dans un désir d'éveil et d'écoute essentiel face au <span style="font-style:italic">&quot;tourbillon de notre époque qui nous submerge&quot;.</span> Sous les traits du comédien Fabien Moiny, François d'Assise s'incarne de façon toute méditative et contemplative, laquelle requiert du public une disposition d'écoute toute particulière et nécessaire. Ses mots s'entrechoquent entre force et douceur, son corps se meut et galope sur un corridor de terre, étroit et longiligne, et ses pieds nus remettent en éveil nos certitudes. Ou les bousculent.       <br />
              <br />
       La partition du texte choisie par Emmanuel Ray a resserré fort justement ce dernier, comme dans son essentielle substantifique moelle. Qui connaît ce texte pourra le mesurer et en apprécier encore davantage la teneur exceptionnelle et les choix pertinents du metteur en scène. Saluons-les particulièrement, car, à nos yeux, cela n'a pas dû être si simple.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Le Très-Bas de Bobin nous pousse à prendre conscience de notre intégration à la nature et de la nécessité de nous respecter mutuellement ainsi que notre environnement. Tout est si fragile, éphémère, et chaque instant doit être valorisé. Plutôt que de viser la lune, apprenons à savourer l'eau que nous buvons, le fruit que nous dégustons, en fermant les yeux&quot;,</span> commente Emmanuel Ray.       <br />
              <br />
       Saluons également cette entreprise créatrice particulièrement féminine du metteur en scène par la présence de deux comédiennes talentueuses, Stéphanie Lanier et Mélanie Pichot au jeu, et Léa Bertogliati au violoncelle. Faire porter la parole de &quot;Bobin d'Assise&quot; de la sorte est, à nos yeux, une entreprise sensiblement fine à la portée symbolique notoire. Gageons que ce choix est délibéré, et si tel n'est pas le cas, c'est encore bien mieux !       <br />
              <br />
       C'est en effet avec grand talent que les deux comédiennes interprètent le texte. Leur fougue verbale habilement tempérée rayonne avec chaleur entre les murs de pierre, et le choix contemporain de leur tenue respective apporte à l'ensemble une aura à la fois universelle et vertigineuse. Sans oublier leur grâce gestuelle qui confère aux mots de Bobin une élégance indéniable. Stéphanie Lanier ayant été danseuse à la Royal Shakespeare Compagnie d'Eindhoven avant de se consacrer à la comédie, et Mélanie Pichot faisant preuve, aussi, d'une belle aisance corporelle tout en discrétion.       <br />
              <br />
       Peut-être aurait-il été possible d'accorder davantage de place aux notes justes et mélodieuses du violoncelle de Léa Bertogliati, ce qui aurait pu, de la sorte, sublimer encore davantage la partition d'ensemble des deux comédiennes et des deux comédiens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64211141.jpg?v=1758728083" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Le Théâtre ne se vit pleinement que dans l'instant présent. Il y a besoin de si peu pour mettre en scène. Ne l'oublie pas. Il n'y a besoin que d'une vie, si pauvre que personne n'en veut… C'est cette abondance de rien que tu dois saisir. Écrire… Voir… C'est pareil. Pour voir, il faut la lumière, mais on peut la trouver dans le noir de l'encre.&quot;</span>       <br />
              <br />
       Merci, à vous, Emmanuel Ray, de vous être interrogé de la sorte et d'avoir ainsi porté au sommet de l'affiche du Bobin… et plus particulièrement ce texte majeur d'un écrivain dont il n'est pas certain du tout qu'il puisse être jamais remplacé ni égalé.       <br />
              <br />
       Certes, l'humanité toute entière ne se dépouillera jamais comme François d'Assise l'a fait, mais elle devrait déjà commencer sa potentielle &quot;reconversion&quot; en allant assister à cette brillante adaptation théâtrale et musicale et/ou faire le choix aussi de quelques expériences de retraite assumée pour se recentrer et tenter d'oublier la laideur du monde ambiant… Pour découvrir… la joie… &quot;Comprendra qui pourra…&quot;       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Très-Bas - François d'Assise"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91296226-64211146.jpg?v=1758728118" alt=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" title=""Le Très-Bas" Une profonde adaptation entre épure et brillance" />
     </div>
     <div>
      Texte : Christian Bobin       <br />
       Mise en scène Emmanuel Ray       <br />
       Avec : Stéphanie Lanier, Fabien Moiny, Mélanie Pichot et Emmanuel Ray.       <br />
       Création musicale et interprétation au violoncelle : Léa Bertogliati.       <br />
       Lumières : Natacha Boulet Räber.       <br />
       Création sonore : Tony Bruneau.       <br />
       Compagnie du Théâtre en Pièces.       <br />
       Pour tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 septembre au 20 décembre 2025.</span>       <br />
       Jeudi, vendredi et samedi à 20 h 30.       <br />
       Relâches exceptionnelles du 29 septembre au 3 octobre, du 13 octobre au 15 octobre et du 27 novembre au 3 décembre.       <br />
       Église Saint Leu - Saint Gilles, 92, rue Saint-Denis Paris 1er.       <br />
       <a class="link" href="https://www.helloasso.com/associations/theatre-en-pieces" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Samedi 4 octobre 2025 : Église Saint-Pierre - Saint- Paul, Lille(59).       <br />
       Dimanche 12 octobre 2025 : Forum 104 - Crypte de la Chapelle de Notre-Dame des Anges, Paris 6e.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
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   <title>•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?</title>
   <updated>2025-07-29T11:29:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Le-Soulier-de-Satin-Jeux-et-enjeux-d-une-representation-dantesque-Et-Dieu-dans-tout-ca_a4335.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-07-27T19:44:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand le jour pointe sur la Cour d'Honneur après quelque huit heures de représentation, un sentiment de libération explose dans des salves successives d'applaudissements nourris… Libération du plaisir intense ressenti lors de cette profusion de tableaux dantesques, s'enchaînant les uns aux autres sans que leur intensité dramatique ne faiblisse. Libération physique de la tension requise pour absorber, une longue nuit durant, ce déluge si enivrant soit-il. Libération enfin d'un discours daté par l'écriture de Paul Claudel qui, même si elle est ici revisitée avec humour et présentée sous un angle contemporain, n'en reste pas moins pesante tant la foi structurelle de ce catholique fervent (al)ourdit "Le Soulier".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63634958.jpg?v=1753640292" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Éric Ruf, avec le talent que l'on lui reconnaît, ne pouvait pas ne pas avoir conscience de ces difficultés en s'attaquant à ce monument de la littérature et du théâtre. Non seulement l'ombre d'Antoine Vitez planait sur la Cour comme un mythe indéboulonnable, mais plus encore le côté lyrique de l'écriture &quot;passionnelle&quot; de l'auteur de référence posait un problème dramaturgique à résoudre. En effet, comment pouvoir mettre en jeu sur un plateau contemporain &quot;la passion&quot; (au sens christique) de Doña Prouhèze, passion vissée au corps et l'accompagnant jusqu'à la mort ? Le miracle (laïc) étant que le défi semble relevé…       <br />
              <br />
       Pour gagner d'emblée le public, en le mettant dans des conditions optimales de réception – un marathon éprouvant l'attend… –, les comédiens ont à cœur de déambuler dans la salle en prenant soin d'eux. En suivant, cette fois sur scène, l'annonceur commentera avec humour le sous-titre donné par Paul Claudel à la présente œuvre : &quot;Le pire n'est pas toujours sûr&quot;… Le détournant, non sans gourmandise, de son sens initial : annoncer aux pécheurs potentiels qu'eux aussi, à l'image de l'héroïne, pouvaient résister à la tentation de la chair en restant fidèles aux sacrements du mariage contracté devant Dieu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63634963.jpg?v=1753640332" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Quatre &quot;journées&quot; pour balayer une trentaine d'années faisant voyager dans plusieurs villes (Madrid, Barcelone, Cadix, Prague, Mogador…), plusieurs pays (Espagne, Maroc, Japon…), plusieurs continents (Europe, Afrique, Amérique, Asie…) et océans à mi-distance entre l'ancien et le nouveau continent (on est au XVIe - XVIIe siècle, à l'époque des Conquistadors), un monde-univers qui va trouver en l'espace du gigantesque plateau de la Cour son cadre rêvé. Et pour traverser cet espace-temps aux allures phénoménales, deux annonceurs (Serge Bagdassorian et Florence Viala, tous deux débordant d'humour) vont proposer leurs services de guides éclairés et éclairant.       <br />
              <br />
       De décor fixe, point… si ce n'est la façade implacable trouée par les fenêtres du Palais où apparaitra Doña Prouhèze criant à tue-tête le nom de son bien-aimé (&quot;pour qu'il revienne&quot;). Mais des installations hautes en couleur accompagneront les nombreux déplacements des personnages habillés fabuleusement par le couturier Christian Lacroix. Un vrai régal pour les yeux que la robe de Doña Prouhèze, ou encore le costume de Don Balthazar, le transformant en bibendum débonnaire chargé de préserver l'héroïne des élans travaillant sa chair.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635012.jpg?v=1753640967" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      L'intrigue principale met au centre Doña Prouhèze, aimée follement par trois hommes. Don Pelage (le Juge austère), Don Camille (qui la poursuit de ses avances empressées et auquel elle cèdera… en l'épousant après le décès de son vieux mari) et Don Rodrigue (qu'elle aime d'un amour brûlant à jamais non consommé). Ouf… la morale chrétienne est sauve, y compris lorsque Paul Claudel, en &quot;catholique contrarié&quot;, écrit &quot;Le Soulier&quot; afin de tenter de se délivrer de ses propres amours illicites. D'autres intrigues viendront s'inviter. Comme celle des amours passionnées de Doña Musique avec le Roi de Naples, ou encore celle de &quot;la fille&quot; de Don Rodrigue (en fait l'enfant que Doña Prouhèze aura avec Don Camille, son deuxième époux) avec le très catholique Jean d'Autriche.       <br />
              <br />
       Les péripéties savoureuses donneront lieu à des morceaux dignes d'entrer dans une anthologie théâtrale… Parmi elles, on citera les affrontements entre le torturé et magnétique Don Camille (Christophe Montenez, d'une inquiétante étrangeté fascinante) et le séduisant, éthéré et illuminé Don Rodrigue (Baptiste Chabauty). Celles entre Doña Honoria (Danièle Lebrun, impertinente à souhait), mère de Don Rodrigue, et Don Pelage (Didier Sandre, hiératique), raide comme un i dans la foi qui le corsète. Celles qui mettent aux prises la truculente Doña Prouhèze (Marina Hands, rien moins que sublime, y compris dans ses excès), en &quot;femme au bord de la crise de nerfs&quot;, au bord de l'hystérie, avec les deux hommes qui la désirent chacun à sa manière.       <br />
              <br />
       Celles colorées par un humour assumé montrant Don Balthazar (Laurent Stocker, inénarrable) et l'ange gardien de Doña Prouhèze (Sefa Yeboah) s'échinant l'un et l'autre à protéger de ses élans vers le mal l'infortunée créature de Dieu dont ils ont reçu la charge. Ou cette rencontre improbable entre deux savants, discourant doctement à propos d'œuvres picturales mises en concurrence. Ou ce second chancelier (Dominique Sandre, dans un rôle opposé à celui du juge) bafouillant une bouillie de mots en appui de son roi.       <br />
              <br />
       Ou, plus grave, l'échange entre Don Camille et Le Chinois (Birana Ba, très convaincant) devisant, allongés au centre du plateau Ou le monologue inaugural du Père Jésuite (Alain Lenglet, fascinant lui aussi) arrimé à sa croix, dérivant tragiquement au gré des vagues en furie en déclamant sa tirade. Sans oublier l'ascension jubilatoire du ballon gonflé à l'hélium, faisant disparaître au-dessus des murailles du Palais le fameux Soulier donné à La Vierge… afin qu'elle ne puisse que claudiquer si la tentation prenait Doña Prouhèze d'aller vers le Mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635022.jpg?v=1753641101" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      La réécriture alerte du texte, la mise en jeu des plus dynamiques, les costumes et décors envoûtants, l'interprétation flamboyante des actrices et acteurs de la Comédie Française (tous seraient à citer), autant de composantes de cette adaptation de nature à nous communiquer un plaisir palpable, nous conduisant avec ivresse et intérêt jusqu'au bout de la nuit…       <br />
              <br />
       … cependant, le trop-plein de considérations religieuses du texte originel, même si, ici, il a été délibérément &quot;revisité&quot;, finit par saturer l'espace de cerveau disponible en débordant sur le plaisir ressenti. À l'image de Doña Prouhèze et de ses amants potentiels, ravagés, elle comme eux, par la toxicité de préceptes religieux les empêchant d'aimer &quot;naturellement&quot;. À l'image encore de ce malheureux Don Rodrigue qui, après avoir été Vice-roi des Indes, se retrouve avec une jambe de bois suite à un séjour en prison au Japon, seul et sans le sou, condamné à vendre des images pieuses pour survivre. La chute (!) fixera le regard extatique du Saint qu'il est devenu, suppliant d'être donné à une religieuse en quête d'objets pour une vente charitable. Son deal ? Pouvoir contempler la Sainte Vierge dans la chapelle de sa communauté (Amen).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635128.jpg?v=1753642548" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Paul Claudel serait-il, malgré le génie artistique de ceux qui s'y attaquent, un auteur devenu infréquentable, tant ses préoccupations apparaissent obsolètes dans un monde contemporain travaillé par des interrogations humaines d'une toute autre importance ?       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 24 juillet 2025 à la Cour d'honneur du palais des Papes d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Soulier des Satin"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635179.jpg?v=1753642579" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Texte : Paul Claudel.       <br />
       Version scénique, mise en scène et scénographie : Éric Ruf (de la Comédie-Française).       <br />
       Assistants à la mise en scène : Alison Hornus, Ruth Orthmann, Aristeo Tordesillas.       <br />
       Assistant à la scénographie : Anaïs Levieil.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Alain Lenglet, Florence Viala, Coraly Zahonero, Laurent Stocker, Christian Gonon, Serge Bagdassarian, Suliane Brahim, Didier Sandre, Christophe Montenez, Marina Hands, Danièle Lebrun, Birane Ba, Sefa Yeboah, Baptiste Chabauty, Édith Proust et Fanny Barthod, Rachel Collignon, Gabriel Draper.       <br />
       Musiciens : Vincent Leterme, Aurélia Bonaque Ferrat, Ingrid Schoenlaub, Anna Woloszyn.       <br />
       Costumes : Christian Lacroix.       <br />
       Assistants aux costumes : Jean-Philippe Pons, Jennifer Morangier, Aurélia Bonaque Ferrat.       <br />
       Lumière : Bertrand Couderc.       <br />
       Direction musicale : Vincent Leterme.       <br />
       Son : Samuel Robineau.       <br />
       Travail chorégraphique : Glysleïn Lefever.       <br />
       Collaboration artistique : Léonidas Strapatsakis.       <br />
       Durée : 8 h avec entractes (quatre parties avec trois entractes).       <br />
              <br />
       Spectacle créé le 21 décembre 2024 à la Comédie-Française, Salle Richelieu, à Paris.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été joué les 19, 20, 22, 23, 24, 25 juillet 2025.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635180.jpg?v=1753642623" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Le-Soulier-de-Satin-Jeux-et-enjeux-d-une-representation-dantesque-Et-Dieu-dans-tout-ca_a4335.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2025• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"</title>
   <updated>2025-05-25T18:54:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Le-Mythe-de-Sisyphe-C-est-le-chemin-qui-mene-aux-visages-de-l-homme-qu-il-s-agit-de-trouver_a4228.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/88794445-62833511.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-05-27T07:50:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un jour, Sisyphe a osé défier les dieux grecs et, de ce fait, il est condamné pour l'éternité à pousser un rocher jusqu'au sommet d'une montagne. Mais lorsque ce rocher atteint le sommet et que Sisyphe atteint son objectif, le rocher dévale tout en bas et Sisyphe doit à nouveau recommencer l'ascension. Encore et encore… Inlassablement ! Mais, comme le clame Camus, il faut malgré tout "imaginer Sisyphe heureux" !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88794445-62833511.jpg?v=1697389740" alt="•Off 2025• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" title="•Off 2025• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" />
     </div>
     <div>
      C'était la première fois que &quot;Le Mythe de Sisyphe&quot; d'Albert Camus était porté au théâtre lors de sa création au Lavoir Moderne Parisien. Dans l'adaptation de ce célèbre essai de la littérature française par Pierre Martot de la compagnie Pierre Martot, chaque pensée, chaque phrase, chaque mot est totalement extrait de l'œuvre originelle.       <br />
              <br />
       À l'annonce d'une adaptation théâtrale de ce célèbre essai philosophique, écriture de jeunesse parallèle à &quot;L'Étranger&quot; – non moins célèbre roman publié quelques mois après ce dernier, en 1942 –, une question nous a taraudée d'emblée : comment adapter sur les planches un tel monument de la littérature ? Mais aussi, pour quelles raisons intrinsèques le faire véritablement ?       <br />
              <br />
       Nous étions alors impatiente de le découvrir et attendions impatiemment la première en octobre 2023 au Lavoir Moderne Parisien… Profondément &quot;camusienne&quot; dans l'âme et en perpétuelle interrogation, nous aussi, sur la condition humaine et la nécessité toute relative d'exister, ce spectacle allait de toute évidence nous interpeller. C'est ainsi, bardée de ces interrogations toutes personnelles que nous avons assisté à cette adaptation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88794445-62833512.jpg?v=1697389792" alt="•Off 2025• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" title="•Off 2025• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" />
     </div>
     <div>
      C'est une bien belle surprise que nous avons eue en assistant à cette adaptation menée de main de maître par Pierre Martot qui, en 1986, a décidé de quitter ses fonctions de psychologue clinicien pour devenir comédien.       <br />
              <br />
       Sur la scène du LMP, le comédien était bien loin de son rôle du capitaine de police Léo Castelli, dans la série télévisée &quot;Plus belle la vie&quot;, interprété pendant quatorze ans, mais sans avoir pour autant arrêté le théâtre. C'est un comédien investi, à la forte présence sur scène, qui nous accueille à travers les mots de Camus, lesquels s'inscrivent dans le bien connu &quot;cycle de l'absurde&quot; de la pensée littéraire du XXe siècle.       <br />
              <br />
       Vêtu d'un simple pardessus sombre au col relevé rappelant indéniablement la silhouette connue d'Albert Camus, Pierre Martot entre au début du spectacle calmement par l'entrée des spectateurs, une liasse de feuillets dans la main, et s'adresse au public de sa voix grave et posée. En convoquant d'emblée le sens de la vie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Vivre naturellement, ce n'est pas facile parce que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue&quot;.</span> Le cheminement de la réflexion de l'auteur, dans ce spectacle, est hautement magnifié et respecte à la lettre les trois figures distinctes de l'essai : celle de l'acteur, de &quot;l'homme révolté&quot; et de l'écrivain.       <br />
              <br />
       Le décor épuré du plateau aux murs en briques et en pierres du LMP, au-dessus duquel pendent seulement huit petites ampoules vintage aux lueurs jaunâtres, renforce les propos philosophiques de Camus et le comédien parvient à transcender sa parole philosophique en faisant en sorte, par son charisme et sa seule présence, que chaque spectateur (trice) prenne conscience que d'une certaine manière, c'est de lui (d'elle) qu'il parle.       <br />
              <br />
       Car Camus évoque dans cet essai notre condition humaine, notre mort et notre finitude. Mais aussi le rôle du créateur, la création romanesque, ou encore l'acteur. Tout interpelle nécessairement, d'une manière ou d'une autre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Cet homme au téléphone que j'entrevois à travers la vitre, pourquoi m'est-il autant étranger et absurde ?       <br />
       Que faire du visage de cette femme aimée pendant des années et qui nous devient soudainement étrangère ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       Sisyphe, c'est chacun et chacune d'entre nous portant notre destin tant bien que mal ! Après &quot;Plus belle la vie&quot; et ce magnifique seul-en-scène de cette rentrée 2023-2024, la vie de Pierre Martot sera-t-elle plus belle ? Et la nôtre ? Sera-t-elle aussi philosophiquement plus élargie et reconsidérée ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88794445-62833513.jpg?v=1697390422" alt="•Off 2025• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" title="•Off 2025• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" />
     </div>
     <div>
      Aurons-nous davantage d'espoir en la vie et en notre condition humaine ?       <br />
              <br />
       Pour le savoir, rendez-vous maintenant au Théâtre Transversal, mais faites vite… car la fin du festival est proche !       <br />
              <br />
       &quot;Le Mythe de Sisyphe&quot; interprété par Pierre Martot est une remarquable performance, ambitieuse et, à sa manière, &quot;révoltée&quot;. Le comédien donne chair et corps au texte magistral de Camus et parvient à en extraire la substantifique moelle. Les pantomimes sobres et justes du Penseur de Rodin ou de Sisyphe poussant son rocher convoquent des images fortes et nécessaires.       <br />
              <br />
       Puisse ce très beau spectacle aider les spectatrices et spectateurs à se barder face aux tumultes du monde et à les aider à croire encore et encore en la puissance de l'humain.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Mythe de Sisyphe"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/88794445-62833514.jpg?v=1697390487" alt="•Off 2025• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" title="•Off 2025• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" />
     </div>
     <div>
      D'après l'œuvre d'Albert Camus publié aux Éditions Gallimard.       <br />
       Adaptation et interprétation : Pierre Martot.       <br />
       Assistant : Basile Meilleurat.       <br />
       Collaboration artistique et lumières : Jean-Claude Fall.       <br />
       Régie générale : Mathieu Rodride.       <br />
       Compagnie Pierre Martot - Théâtre de Sisyphe.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 12 h 10. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Transversal, Salle 1, 10-12, rue d'Amphoux, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 17 12.       <br />
       Courriel : <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@theatretransversal.com')" >contact@theatretransversal.com</a>       <br />
       <a class="link" href="https://theatretransversal.com/" target="_blank">>> theatretransversal.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-Le-Mythe-de-Sisyphe-C-est-le-chemin-qui-mene-aux-visages-de-l-homme-qu-il-s-agit-de-trouver_a4228.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2024• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"</title>
   <updated>2024-07-16T17:31:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Le-Mythe-de-Sisyphe-C-est-le-chemin-qui-mene-aux-visages-de-l-homme-qu-il-s-agit-de-trouver_a4007.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81588746-58743754.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-07-16T17:05:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un jour, Sisyphe a osé défier les dieux grecs et, de ce fait, il est condamné pour l'éternité à pousser un rocher jusqu'au sommet d'une montagne. Mais lorsque ce rocher atteint le sommet et que Sisyphe atteint son objectif, le rocher dévale tout en bas et Sisyphe doit à nouveau recommencer l'ascension. Encore et encore… Inlassablement ! Mais, comme le clame Camus, il faut malgré tout "imaginer Sisyphe heureux" !     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81588746-58743754.jpg?v=1697389740" alt="•Off 2024• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" title="•Off 2024• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" />
     </div>
     <div>
      C'était la première fois que &quot;Le Mythe de Sisyphe&quot; d'Albert Camus était porté au théâtre lors de sa création au Lavoir Moderne Parisien. Dans l'adaptation de ce célèbre essai de la littérature française par Pierre Martot de la compagnie Pierre Martot, chaque pensée, chaque phrase, chaque mot est totalement extrait de l'œuvre originelle.       <br />
              <br />
       À l'annonce d'une adaptation théâtrale de ce célèbre essai philosophique, écriture de jeunesse parallèle à &quot;L'Étranger&quot; – non moins célèbre roman publié quelques mois après ce dernier, en 1942 –, une question nous a taraudée d'emblée : comment adapter sur les planches un tel monument de la littérature ? Mais aussi, pour quelles raisons intrinsèques le faire véritablement ?       <br />
              <br />
       Nous étions alors impatiente de le découvrir et attendions impatiemment la première en octobre 2023 au Lavoir Moderne Parisien… Profondément &quot;camusienne&quot; dans l'âme et en perpétuelle interrogation, nous aussi, sur la condition humaine et la nécessité toute relative d'exister, ce spectacle allait de toute évidence nous interpeller. C'est ainsi, bardée de ces interrogations toutes personnelles que nous avons assisté à cette adaptation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81588746-58743755.jpg?v=1697389792" alt="•Off 2024• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" title="•Off 2024• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" />
     </div>
     <div>
      C'est une bien belle surprise que nous avons eue en assistant à cette adaptation menée de main de maître par Pierre Martot qui, en 1986, a décidé de quitter ses fonctions de psychologue clinicien pour devenir comédien.       <br />
              <br />
       Sur la scène du LMP, le comédien était bien loin de son rôle du capitaine de police Léo Castelli, dans la série télévisée &quot;Plus belle la vie&quot;, interprété pendant quatorze ans, mais sans avoir pour autant arrêté le théâtre. C'est un comédien investi, à la forte présence sur scène, qui nous accueille à travers les mots de Camus, lesquels s'inscrivent dans le bien connu &quot;cycle de l'absurde&quot; de la pensée littéraire du XXe siècle.       <br />
              <br />
       Vêtu d'un simple pardessus sombre au col relevé rappelant indéniablement la silhouette connue d'Albert Camus, Pierre Martot entre au début du spectacle calmement par l'entrée des spectateurs, une liasse de feuillets dans la main, et s'adresse au public de sa voix grave et posée. En convoquant d'emblée le sens de la vie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Vivre naturellement, ce n'est pas facile parce que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue&quot;.</span> Le cheminement de la réflexion de l'auteur, dans ce spectacle, est hautement magnifié et respecte à la lettre les trois figures distinctes de l'essai : celle de l'acteur, de &quot;l'homme révolté&quot; et de l'écrivain.       <br />
              <br />
       Le décor épuré du plateau aux murs en briques et en pierres du LMP, au-dessus duquel pendent seulement huit petites ampoules vintage aux lueurs jaunâtres, renforce les propos philosophiques de Camus et le comédien parvient à transcender sa parole philosophique en faisant en sorte, par son charisme et sa seule présence, que chaque spectateur (trice) prenne conscience que d'une certaine manière, c'est de lui (d'elle) qu'il parle.       <br />
              <br />
       Car Camus évoque dans cet essai notre condition humaine, notre mort et notre finitude. Mais aussi le rôle du créateur, la création romanesque, ou encore l'acteur. Tout interpelle nécessairement, d'une manière ou d'une autre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Cet homme au téléphone que j'entrevois à travers la vitre, pourquoi m'est-il autant étranger et absurde ?       <br />
       Que faire du visage de cette femme aimée pendant des années et qui nous devient soudainement étrangère ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       Sisyphe, c'est chacun et chacune d'entre nous portant notre destin tant bien que mal ! Après &quot;Plus belle la vie&quot; et ce magnifique seul-en-scène de cette rentrée 2023-2024, la vie de Pierre Martot sera-t-elle plus belle ? Et la nôtre ? Sera-t-elle aussi philosophiquement plus élargie et reconsidérée ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81588746-58743756.jpg?v=1697390422" alt="•Off 2024• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" title="•Off 2024• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" />
     </div>
     <div>
      Aurons-nous davantage d'espoir en la vie et en notre condition humaine ?       <br />
              <br />
       Pour le savoir, rendez-vous maintenant au Théâtre Transversal, mais faites vite… car la fin du festival est proche !       <br />
              <br />
       &quot;Le Mythe de Sisyphe&quot; interprété par Pierre Martot est une remarquable performance, ambitieuse et, à sa manière, &quot;révoltée&quot;. Le comédien donne chair et corps au texte magistral de Camus et parvient à en extraire la substantifique moelle. Les pantomimes sobres et justes du Penseur de Rodin ou de Sisyphe poussant son rocher convoquent des images fortes et nécessaires.       <br />
              <br />
       Puisse ce très beau spectacle aider les spectatrices et spectateurs à se barder face aux tumultes du monde et à les aider à croire encore et encore en la puissance de l'humain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Mythe de Sisyphe"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81588746-58743757.jpg?v=1697390487" alt="•Off 2024• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" title="•Off 2024• "Le Mythe de Sisyphe" "C'est le chemin qui mène aux visages de l'homme qu'il s'agit de trouver"" />
     </div>
     <div>
      D'après l'œuvre d'Albert Camus publié aux Éditions Gallimard.       <br />
       Adaptation et interprétation : Pierre Martot.       <br />
       Assistant : Basile Meilleurat.       <br />
       Collaboration artistique et lumières : Jean-Claude Fall.       <br />
       Régie générale : Mathieu Rodride.       <br />
       Compagnie Pierre Martot - Théâtre de Sisyphe.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre Transversal, Salle 2, 10-12, rue d'Amphoux, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 17 12.       <br />
       <a class="link" href="https://theatretransversal.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatretransversal.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Le-Mythe-de-Sisyphe-C-est-le-chemin-qui-mene-aux-visages-de-l-homme-qu-il-s-agit-de-trouver_a4007.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…</title>
   <updated>2024-06-11T13:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Echappee-belle-Quand-une-scene-nationale-se-met-au-vert_a3939.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80880661-58317630.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-06-11T07:24:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour sa trente-deuxième édition, le Festival du Carré-Colonnes prend ses quartiers dans le cadre verdoyant du Parc Fongravey à Blanquefort. Durant quatre jours (les deux premiers étant consacrés au public scolaire) et après une inauguration circassienne de haut vol ("Clan Cabane" de la Cie La Contrebande), les festivaliers sont invités à découvrir des formes balayant un large spectre de la création. Toutes ces propositions se conjuguent pour faire entendre la petite musique festive des arts partagés en familles et groupes d'amis. Parmi les vingt-trois performances, quelques-unes vues au hasard de la déambulation…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58310307.jpg?v=1718045504" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"PSG4EVER"</strong></span> de la Cie du Terrain (de foot). Un one man show footballistique mettant en jeu les rapports d'une famille ordinaire avec l'équipe star parisienne rachetée par le Qatar en 2011. Au travers de la mémoire vive de ce supporter lambda, se rejouent (maillot et short enfilés) les heurs et malheurs de ce club mythique ayant brillé dans toutes les épreuves, sportives et autres… et se joue parallèlement leur impact sur un clan familial, soudé à la vie à la mort autour du destin de ses idoles, objets d'un culte inconditionnel. Quelques moments (Sócrates, le capitaine brésilien qui n'hésita pas à tacler la dictature militaire de son pays… mais a-t-il joué au PSG ? ) échappent aux attendus d'un récit qui s'essouffle trop vite, les passes – téléguidées à notre goût – manquant d'inventivité dramaturgique pour pouvoir susciter "for ever" la ferveur.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58310308.jpg?v=1718045554" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Couleur bitume"</strong></span> de la Cie La tendresse du Gravier, la bien nommée tant sa performance théâtrale allie la douceur des sentiments à l'aspect rugueux d'une critique sans concession… Deux pauvres hères aux allures clownesques nous font partager de manière joyeusement colorée leurs anecdotes de vie passée à la rue… La rue, leur territoire peuplé d'inventions de survie où se laver, faire ses besoins, mobilise des trésors d'imagination… Ainsi abrités par un parapluie faisant office de toit et d'un caddy servant de carriole, drapés dans leurs costumes en haillons et accompagnés de leur fidèle chien monté sur roulettes, ils vont parcourir de manière immobile leur rêve le plus fou : Aller voir la mer !       <br />
              <br />
       Un "sur place" émaillé d'épisodes hauts en couleur composés de tubes entonnés gaiement et de sacs plastiques attachés les uns aux autres afin de créer une robe d'Ariel haute couture… Mais aussi un voyage statique traversé par des remarques (im)pertinentes sur l'accueil réservé aux SDF : <span style="font-style:italic">"Pour faire disparaître la misère, il suffit de ne pas la regarder… ou de la déplacer"</span> (commentaire résonnant avec l'actualité av. J-O annonçant le "nettoyage social" de l'Île-de-France). D'autres réflexions, empreintes, elles aussi, de bonne humeur clownesque, fusent comme des balles à blanc : <span style="font-style:italic">"Je remercie ma mère qui se battait pour l'avortement, alors qu'elle me portait"</span>, ou encore des jeux de rôle où le couple de déshérités s'amuse à singer les mimiques maniérées, le phrasé pointu et les réflexions hors sol des gens ordinaires.       <br />
              <br />
       Et puis, foin de la bêtise environnante, la colère rentrée de ces deux illuminés sans domicile finira par éclater au grand jour, libérant le trop-plein accumulé face à la superbe affichée par "le monde qui va bien". Emprunter les codes du grotesque clownesque pour, en déclenchant les rires, percuter sans en avoir l'air nos (bonnes) consciences de gens (bien) installés… tel est le ressort dramaturgique de cet éblouissant numéro d'artistes accomplis.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58310443.jpg?v=1718045610" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Ce que les dieux nous ont laissé"</strong></span> du Collectif Kahraba propose une parenthèse enchantée… Celle où deux hommes, l'un jouant divinement de la flûte libanaise, l'autre dansant au rythme des notes suaves libérées par son complice, s'adonnent à une cérémonie envoûtante… Un hymne à l'apesanteur des corps et des âmes. Un éloge de la lenteur… Transportés loin de nous-mêmes dans un espace-temps animé par le seul bruit du vent ou de la mer, bercés par la douceur enivrante qui en émane, nous vivons une expérience sensible de nature à nous faire oublier – un instant – l'agitation du monde.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58317613.jpg?v=1718097995" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les conférences de poche/Les mondes possibles"</strong></span> de la Cie Nokill. Un drôle de conférencier, Léo Lenclos, échappe à son nom pour libérer, de la manière la plus sérieuse qui soit (donc hilarante), ses visions du monde sous-tendues par des logiques implacables. Telle l'illusion de l'impossible générée par la célèbre lithographie "Relativité" de l'artiste néerlandais Escher, crayon à la main, le conférencier nous embarque dans des "dé-lires" du monde réel propres à faire vaciller notre raison biberonnée au cartésianisme réducteur de sens.       <br />
              <br />
       Construire des ponts entre mondes possibles et impossibles, réinterroger le concept de mensonge à la lumière de celui de vérité est pour le moins aussi déboussolant… qu'exaltant ! Sous nos yeux écarquillés, un empilement de traits donne ainsi naissance à la locomotive des frères Lumière déboulant en gare de La Ciotat sans pour autant effrayer les badauds (ça c'est du cinéma et ils le savaient les bougres de 1895 !), tout le reste étant une légende urbaine transformée en vérité consensuelle…       <br />
              <br />
       De même de la Guerre des mondes racontée en direct sur les ondes en 1938 par un certain Orson Welles à partir d'une adaptation du roman éponyme de l'écrivain H. G. Wells. Pour savourer en frissonnant ce canular génial, une suspension de l'incrédulité s'impose tout en sachant que ce que l'on entend n'est pas réel. Et ainsi de suite… À l'heure de l'IA fabriquant des vraies fake news, une immersion hilarante dans les dédales d'une logique apparemment absurde est plus que rafraichissante… pour ne pas dire salutaire !
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58317630.jpg?v=1718098142" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Mirage (Un jour de fête)"</strong></span> de la Cie Dyptik. Huit danseurs (quatre hommes et quatre femmes) animés d'une énergie fulgurante vont au rythme de musiques, toutes autant débridées, occuper le centre de l'espace circulaire à la périphérie duquel se presse un public captif… et captivé. Adeptes d'un hip-hop acrobatique, les artistes de haut vol parcourent en 3D l'espace, utilisant les agrès comme des tremplins les soustrayant à la loi de la pesanteur. Quant aux musiques électroniques à fond la caisse, elles prennent corps au travers des soubresauts transperçant de part en part. Un moment super énergisant, tissé autour d'une narration extraite de l'univers festif. À recommander aux adeptes, sans modération aucune.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58317635.jpg?v=1718098182" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les Misérables"</strong></span> de la Cie Les Batteurs de Pavés. Brandissant à bout de bras deux épais volumes de la collection Folio regroupant l'intégrale de l'œuvre de Victor Hugo, l'un des acteurs de rue interpelle malicieusement le public massé à ses pieds… <span style="font-style:italic">"Tous les personnages sont là, mis à plat dans les pages. Au début on est deux, après…"</span>. Après, effectivement, au fur et à mesure du déroulement de l'action, des spectateurs judicieusement choisis sont invités à les rejoindre. Figurants d'un casting improvisé, ils viendront compléter avec grand bonheur la "distribution"…       <br />
              <br />
       L'épopée des "Misérables" prend ainsi corps de manière totalement débridée… Une adorable petite fille toute frêle deviendra l'affreux garde national, tirant le bras dressé devant elle sur les insurgés lors des barricades de juin 1832. Un motard en combinaison noire incarnera lui l'affreux inspecteur Javert disposant de deux seuls mots répétés à l'envi : <span style="font-style:italic">"Police ! Prison !"</span>. Le tout aussi affreux tenancier Thénardier grognera lui dès que son nom sera cité…       <br />
              <br />
       Ainsi incarné par des figurants en liesse et passé à la moulinette par les deux complices très en verve, le récit progresse jusqu'à l'épiphanie de son dénouement, voyant Jean Valjean rendre l'âme (qu'il a bonne) sous le regard empli de bonté filiale de Cosette et de Marius unis grâce à lui… Cette fin mélodramatique en diable nous étant délivrée par la lecture d'une spectatrice ayant récupéré au passage le folio du début… Une fête des sens, ludique et intelligente, dynamitant l'idée répandue par certains que la saga monumentale de près de mille cinq cent pages serait de nos jours indigeste… Les deux compères suisses nous ont fait la démonstration in vivo que ces misérables-là se fourrent le doigt dans l'œil jusqu'au coude…       <br />
              <br />
       <b>Vu samedi 1er juin 2024 lors du festival Échappée Belle, dans le Parc de Fongravey à Blanquefort (33).</b>
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58318678.jpg?v=1718105242" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"PSG4EVER"</strong></span>       <br />
       La Compagnie du Terrain - Île-de-France.       <br />
       Écriture et jeu : Julien Prevost.       <br />
       Co-mise en scène : Mathilde Carreau.       <br />
       Aide à l’écriture : Alexis Nys.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Couleur bitume"</strong></span>       <br />
       La Tendresse du Gravier - Nouvelle-Aquitaine (Blanquefort).       <br />
       De et avec : Eve Martin et Luc Auriol.       <br />
       Regard extérieur, écriture et mise en scène : Louis Grison, Cie L'Arbre à Vache.       <br />
       Création costumes : Anne Vergeron.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Ce que les dieux nous ont laissé"</strong></span>       <br />
       Le Collectif Kahraba - Liban.       <br />
       Conçu et interprété par Aurélien Zouki et Éric Deniaud.       <br />
       Durée : 15 minutes.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les conférences de poche/Les mondes possibles"</strong></span>       <br />
       Nokill - Occitanie.       <br />
       Auteur et interprète : Léon Lenclos       <br />
       Production NOKILL       <br />
       Créations : "Comment ça va", créée en octobre 2023 sur invitation du Trédunion (GEM de Gaillac) et de la ville de Gaillac dans le cadre des SISM ;       <br />
       "De ce qui provoque l’étonnement à ce que l’étonnement provoque", créée en septembre 2023 sur invitation des Scènes Croisées de Lozère ;       <br />
       "Le changement climatique", créée en mai 2024 sur invitation du PNR Millevaches.       <br />
       Durée : 20 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80880661-58319077.jpg?v=1718105303" alt="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" title="Festival Échappée belle Quand une scène nationale se met au vert…" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Mirage (Un jour de fête)"</strong></span>       <br />
       Compagnie Dyptik - Auvergne-Rhône-Alpes.       <br />
       Direction artistique et chorégraphie : Souhail Marchiche et Mehdi Meghari.       <br />
       Interprétation : Anabella Pirosanto, Alexandra Jezouin, Carla Munier, Yohann Daher, Charly Bouges, Camilla Melani, Konh Ming Xiong, Santiago Codon Gras.       <br />
       Création musicale : Patrick De Oliveira.       <br />
       Scénographie : Charles Boinot.       <br />
       Costumes et univers visuel : Julie Cherki.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Les Misérables"</strong></span>       <br />
       Les Batteurs de Pavés - Suisse.       <br />
       D'après Victor Hugo.       <br />
       Conception et jeu : Emmanuel Moser et Laurent Lecoultre       <br />
       Production, administration : Julie Bloch.       <br />
       Graphisme : Alex-B.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Festival Échappée Belle</b>       <br />
       A eu lieu du 30 mai au 2 juin 2024 à Blanquefort Bordeaux Métropole (33).       <br />
       <a class="link" href="https://www.carrecolonnes.fr/festivals/programme.htm" target="_blank">>> carrecolonnes.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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