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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-11-05T05:44:04+01:00</updated>
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   <title>FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige</title>
   <updated>2026-10-23T12:53:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/FAB-2026-Le-Grand-Defile--Follow-me--Fading--festival-d-inventivites-debridees-a-donner-le-vertige_a4690.html</id>
   <category term="Festivals" />
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   <published>2026-10-23T10:40:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On touche ici – dans deux registres très différents – à la quintessence d'un art "vivant" faisant joyeusement la nique à l'idée même de pesanteur. Le premier nous entrainant dans le backstage d'un défilé de mode regroupant, autour d'un trio de professionnelles averties, neuf jeunes femmes résolues ; le second incluant le public par le biais d'un duo escaladant en pleine légèreté les hautes façades du quartier. Une compagnie française, une autre belge, toutes deux mues par une énergie contagieuse.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98467397-68670392.jpg?v=1792747767" alt="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" title="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Grand Défilé"</strong></span>, de la Cie ERd'O créée par Edith Amsellem, nous propulse dans un contre-défilé réunissant les adeptes d'une mode "haute couture", faite de matériaux hétéroclites recyclés pour la circonstance et… garantie cousue main. Si l'on ajoute que leur prestation performative va se dérouler dans le tiers-lieu du "Garage Moderne" de Bordeaux, là où bateaux, trains et avions ont été jadis conçus par des familles d'ouvriers, on aura une première idée de l'atmosphère régnante.       <br />
              <br />
       La metteuse en scène, dans une adresse au micro, annoncera alors que chaque participante a rédigé librement son texte à partir d'archétypes féminins distribués par tirage au sort. Ceci précisé, la fête – "en l'honneur de toutes celles qui font fleurir le monde à coup de doigts d'honneur" – va pouvoir commencer…       <br />
              <br />
       Se succéderont sur le podium, démarche chaloupée accompagnée d'une musique adéquate, les archétypes de la Femme Éternelle, revus et corrigés pour en dynamiter les sous-entendus machistes… Ainsi de La Vierge (robe blanche, cœur rouge cousu au niveau du sexe), de La Lolita (fraicheur du bonbon acidulé), de La Bimbo (paires de ballons de baudruche rehaussant ses rondeurs naturelles), de La Sorcière (tout de noir vêtue, ustensiles de cuisine plantés dans son épaisse chevelure grisâtre), de La Pute (tétons à l'air), de La Veuve (voilée, pleurs à gogo), de La Ménagère (petit tablier seyant), de La Folle (langue pendante), de La Vieille (rebondissant sur le miroir du temps), et de La Mariée (affublée de ses deux jupons latéraux).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98467397-68670401.jpg?v=1792745346" alt="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" title="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" />
     </div>
     <div>
      Mais cette présentation, pourtant haute en couleur, n'est que pâle aperçu de ce qui va suivre dans les backstages où nous sommes ensuite conviés. Là, nous pressant autour des top-modèles d'un soir grimpées chacune sur un cube piédestal, nous allons recueillir leur histoire personnelle, l'histoire de jeunes femmes ayant toutes à dire de leur parcours de femme… dans une société d'hommes.       <br />
              <br />
       D'abord, avec un humour corrosif à souhait… La Ménagère rêvant de repasser son mari et de mettre ses enfants au tri sélectif. La Sorcière rêvant elle de brûler d'amour. La Folle de se balader nue dans les travées de l'Assemblée nationale. Quant à La Lolita, elle, son rêve, ce serait de manger autant de bonbons qu'il y a de cons. Alors que pour La Pute le Graal serait d'ériger un Monument à la gloire des Travailleuses du Sexe…       <br />
              <br />
       Ensuite, plus graves se feront les confidences, lorsque, s'étant &quot;mise à nu&quot; en se débarrassant des oripeaux qui lui collaient à la peau, chacune va entonner son propre récit après avoir en chœur martelé les injonctions du patriarcat (cf. Le Bingo du Patriarcat)… Et chacune de confier ses stratégies de survie dans un monde d'hommes où le corps féminin, jeune en particulier, est &quot;dés-sujetti&quot;, surexposé qu'il est aux désirs prédateurs de représentants masculins en (qué)quête d'objet de jouissance. Quand une autre se plaira à redéfinir la féminité non comme un genre à part entière, mais comme <span style="font-style:italic">&quot;une fiction en équilibre sur nos têtes et qui influent sur nos vies&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Émus par la fascination exercée par la mannequin transgenre au visage angélique et au parler bille en tête, bouleversés par tous ces témoignages à vif transcendés par l'écrin du cabaret subversif qui les fait éclore in situ, nous ressortons de ce &quot;Grand Défilé&quot; avec le sentiment que ce que nous croyions savoir de la condition féminine était en deçà de la réalité vécue. Comme quoi l'art, et ce n'est pas là sa moindre vertu, peut transcender le réel pour le donner à vivre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98467397-68670490.jpg?v=1792746025" alt="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" title="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Follow me"</strong></span>, du collectif belge Be Flat, nous transporte dans une autre dimension tout aussi "vertigineuse"… celle de l'abolition de toutes gravités terrestres sous la forme de deux artistes acrobates s'élançant à la conquête verticale (et horizontale) du quartier Saint-Pierre de Bordeaux. Mais leurs escalades à mains nues des façades, leurs bondissements de gouttières en balcons, leurs sauts périlleux au-dessus des pavés moyenâgeux, ne seraient que purs exploits physiques s'ils n'étaient accompagnés d'une dramaturgie en actes incluant les habitantes et habitants, les entrainant à leur suite dans un trip au centre du dépassement de soi.       <br />
              <br />
       Quand, dans la cour de la résidence Alsace-Lorraine surplombée de gigantesques façades aux structures métalliques, on découvre deux hommes ordinaires à l'agilité peu commune leur permettant d'adhérer aux surfaces verticales, on se demande un instant s'ils n'ont pas été mordus par une araignée radioactive renvoyant aux vestiaires de l'Histoire leur ancêtre Spiderman. Mais on s'aperçoit vite qu'aucune hallucination ne s'est interposée entre eux, voltigeurs soutenus par un humour aérien, et nous, spectateurs terriens arrimés au sol, tant leur générosité à nous inclure dans leur voyage ascensionnel est sans limite. Ainsi, vont-ils dans un délire orchestré de pliants distribués ludiquement à chacun, nous entrainer dans une folle farandole traversant le quartier sous les yeux médusés des touristes attablés en terrasses.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98467397-68670571.jpg?v=1792746054" alt="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" title="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" />
     </div>
     <div>
      Dans ce Bordeaux médiéval, après avoir poursuivi avec la même allégresse jouissive leurs explorations à la verticale des immeubles de la place du Palais, les deux géniaux saltimbanques inviteront les participants, reliés les uns aux autres par leur pliant passé autour de la taille, à constituer une gigantesque chenille humaine. Se déployant ainsi de chaque côté d'une des ruelles les plus anciennes du quartier, les &quot;habitants&quot;, assis côte à côte, délimiteront l'espace central d'une battle… qui verra s'affronter les deux bateleurs à coups de sauts périlleux enchevêtrés, planant littéralement au-dessus des pavés d'époque.       <br />
              <br />
       Et lorsque la batterie installée au pied de la porte Cailhau reprendra en écho le son des baguettes frappant un couvercle de poubelle, l'heure sera venue d'assister à une ultime joute. On se demandera alors où ces diables d'hommes peuvent-ils encore trouver l'énergie incroyable qui les (trans)porte… Au-delà du vertige envoûtant provoqué par les exploits de ces circassiens s'affranchissant des pesanteurs terrestres, c'est le naturel désarçonnant de ces deux artistes d'exception, prenant grand soin de nous inclure avec humour (belge) dans leur narration de haut vol, qui nous touche… au plus haut point.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98467397-68670580.jpg?v=1792746094" alt="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" title="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" />
     </div>
     <div>
      Enfin, </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fading"</strong></span>… Pour clore ces regards fragmentaires portés sur la 11ᵉ édition du FAB, nous ne résisterons pas au plaisir de rajouter en guise de bonus une "re-création" renversante à tous points de vue… l'installation in situ de Sophie Laly. Imaginez, à la nuit tombante, voir surgir au coin de deux ruelles, à une encablure du tnba dédié au surgissement des fictions théâtrales, une maison fantôme qui n'existait pas quelques minutes auparavant…        <br />
              <br />
       Passé le temps de l'éblouissement, vous réalisez que cette apparition, on la doit à l'artiste vidéaste mettant en lumières une maison isolée entraperçue naguère dans les fjords d'Islande peuplés d'elfes. En la projetant ici sur la végétation tapissant le mur d'un bar de la place Renaudel, elle lui (re)donne une existence éphémère propre à nous transporter dans le monde des rêves… dont le FAB s'est voulu le "porte-voix" engagé.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Spectacles vus les 9 et 10 octobre 2026, dans le cadre de la 11ᵉ édition du FAB - Festival international des Arts de Bordeaux métropole.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>FAB 2026</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98467397-68670695.jpg?v=1792747176" alt="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" title="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Le Grand Défilé"</strong></span>       <br />
       Cie Erd'O – France - Création 2026.       <br />
       Co-écriture : Édith Amsellem, Marianne Houspie, Léo Landon Barret, Myriam Lehman,       <br />
       Anna Longvixay.       <br />
       Mise en scène : Édith Amsellem.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Noémie Deux.       <br />
       Avec : Léo Landon Barret, Myriam Lehman, Anna Longvixay, et 9 amatrices.       <br />
       Scénographie, création musicale : Francis Ruggirello.       <br />
       Costumes : Colombe Lauriot Prévost assistée de Thelma di Marco Bourgeon.       <br />
       Collaboration chorégraphique : Arthur Perole.       <br />
       Collaboration artistique : Marianne Houspie.       <br />
       Coach vocal ; Patricia Cefaï.       <br />
       Régie générale : Jean-Marie Bergey.       <br />
       Régie son : Christophe Cartier.       <br />
       Régie costumes : Silvia Romanelli.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Représenté le 9 octobre 2026 à 19 h et 22 h au Garage Moderne de Bordeaux (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98467397-68670723.jpg?v=1792747397" alt="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" title="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Follow me"</strong></span>       <br />
       Belgique       <br />
       De et avec : Ward Mortier, Thomas Decaesstecker.       <br />
       Dramaturgie : Craig Weston.       <br />
       Écoute extérieure, composition : Karen Van Shaik.       <br />
       Regard extérieur : Sander De Cuyper.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Représenté du 6 au 10 octobre 2026 à 18 h, RDV donné à la résidence autonomie Alsace Lorraine à Bordeaux (33).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/98467397-68670744.jpg?v=1792747436" alt="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" title="FAB 2026 "Le Grand Défilé", "Follow me", (&amp; "Fading"), festival d'inventivités débridées… à donner le vertige" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Fading"</strong></span>       <br />
       France       <br />
       Installation vidéo : Sophie Laly.       <br />
       Durée : 4 h 30.       <br />
       Représenté du 1er au 10 octobre de 19 h 30 à minuit, place Renaudel à Bordeaux (33).       <br />
              <br />
       <b>FAB - 11ᵉ Festival International des Arts de Bordeaux Métropole.</b>       <br />
       <b>A eu lieu du 26 septembre au 10 octobre 2026.</b>       <br />
       9, rue des Capérans, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="https://fab.festivalbordeaux.com/" target="_blank">>> fab.festivalbordeaux.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final</title>
   <updated>2023-02-08T10:48:00+01:00</updated>
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   <category term="Festivals" />
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   <published>2023-02-08T07:01:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Du "Défilé performances et curiosités" organisé par La Maison de La (première maison pluridisciplinaire Drag) aux performances chorégraphiées de "Discipline in disorder", "Outrar" et "Mouhawala Oula", s'exhale un enivrant parfum de liberté, artistique comme humaine, propre à réenchanter les plus blasés. En offrant ce bouquet d'émotions salutaires à un public à la recherche d'authentiques découvertes, le Festival affirme sa griffe : une poétique politique de nature à "révolutionner" les arts vivants.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70644269-49247516.jpg?v=1675794948" alt="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" title="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Défilé performances et curiosités"</strong></span>, avec comme maîtres maîtresses de cérémonie d'étonnantes créatures, De La Beuhchaire, De La Saboté(e), accompagné(e)s de cinq artistes drag et queer, aux noms de rêve de Soa de Muse, Elips, Otopsie, Gioffré, Nathan Selighini, et d'une dizaine d'aficionados, invite à une soirée cousue d'un imaginaire flamboyant. Une fête des sens où couleurs de tenues haute couture, déambulations explosant de liberté et shows musicaux ouvrent grand les portes d'une nuit extravagante et lumineuse.       <br />
              <br />
       Confondant les genres pour libérer l'humain en chacun et chacune, les défilés successifs donneront à voir coiffures à cornes, cheveux en cascade, chignons gigantesques, dreadlocks, cagoules, visages et corps grimés, ongles somptueux, tenues ajustées, amples robes à capuchon, habits de plumes, corsets à lacets, strings cousus mains, et encore pléthore de chaussures, des cuissardes rutilantes aux créations à bascules défiant les lois de "la gravité" terrestre.       <br />
              <br />
       Ainsi dans ce lieu bordelais des "Vivres de l'art" - qui n'a jamais ce soir aussi bien porté son nom - "entre kermesse pour adultes et striptease pour enfants", les codes volent gaiement en éclats pour célébrer, dans un esprit de bienveillance partagé, la beauté essentielle de l'humain libéré de ses pelures héritées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70644269-49247625.jpg?v=1675795193" alt="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" title="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Discipline in disorder", d'Annabelle Chambon,</strong></span> propulse dans un maelström de sensations bousculant les certitudes établies. Ce lapin géant habité par la performeuse faisant corps avec lui au point d'en transmettre les moindres frémissements, ce mammifère à douce fourrure - avant d'être dépiauté… - qui adore interagir avec ses frères humains et dont on va suivre les tribulations intranquilles, de qui est-il le nom ?       <br />
              <br />
       Annabelle Chambon se souvient des patients de l'asile de San Clemente, cette île près de Venise, filmés par la caméra de Raymond Depardon. Si ce lieu d'enfermement a été depuis réhabilité en palace, effaçant jusqu'à sa trace au profit de son ancien statut plus politiquement correct de monastère, la performeuse garde imprimées en elle les images de cette humanité "sous contrôle". Se laissant prendre par les émotions traversées, elle se livre aux ressacs d'une "tempête sous un corps" dont l'intensité est de nature à éclabousser le public.       <br />
              <br />
       Suivant un itinéraire listé (passant par les bases "sceptre", "dépeçage", "licorne"…) sans autre cohérence que l'intensité des sentiments éprouvés, elle se lance à corps perdu dans l'exploration d'une "technologie politique du corps", celle inhérente aux lieux d'enfermement telle que Foucault l'évoque dans "Surveiller et punir".  Se transperçant l'œil, le ventre avec la hampe d'une pancarte sans revendication, croquant à pleines dents des carottes qu'elle recrache, titubant et tressautant, se dépiautant et apparaissant nue dans la vérité d'un être livré aux chasseurs prédateurs, crucifiée, elle tente… et réussit à résister à l'ordre dominant.       <br />
              <br />
       Et s'il serait hasardeux de tirer un discours articulé de cette débauche d'énergie délivrée par un corps dans tous ses états, ce qui s'impose irrésistiblement, c'est la force impérieuse de son engagement, de nature à faire rendre l'âme à nos certitudes "ordonnées".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70644269-49247702.jpg?v=1675795789" alt="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" title="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Outrar", de Volmir Cordeiro,</strong></span> entraîne dans une tornade de couleurs virevoltantes accrochées à un corps débonnaire surplombant de sa hauteur phénoménale notre bas monde. Tel un impressionnant géant de carnaval, paré d'une casquette et de longs gants rouges, revêtu d'une multitude de jupons multicolores, il va facétieusement - au gré d'une bande son réinterprétée de la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues - déambuler à la recherche de câlins. Alternant sourires béats et grimaces loufoques, sa danse multipliera les glissades… jusqu'atterrir, radieux, dans les bras ou sur la tête des spectateurs et spectatrices massés autour de la piste.       <br />
              <br />
       "Ce fut comme une apparition"… Annoncé par des grondements incessants, jaillit de nulle part, un sorcier en transes, envoûté et envoûtant, traversé par des mouvements frénétiques le propulsant jovialement vers les vivants. Libéré de toutes entraves, le corps du danseur devient lieu de régressions innocentes renouant avec le paradis perdu des fantaisies enfantines. L'énergie prodigieuse qui l'anime se répand comme une trainée de poudre aux vertus hilarantes. Un bain de jouvence aux effets hallucinatoires.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70644269-49247771.jpg?v=1675796056" alt="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" title="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Mouhawala Oula", d'Alexandre Paulikevitch,</strong></span> se donne à voir comme une parenthèse libertaire annihilant, avec grâce et finesse, les codes hérités pour les mieux travestir. Libanais, vivant à Beyrouth, porté par une vitalité "sans frontières", il se lance corps et âme dans les oscillations lascives du Baladi - danse du ventre réservée par la tradition orientale aux femmes - de nature à chavirer le(s) sens.       <br />
              <br />
       Nu de la tête aux pieds, il revêt une jupe à volants qui, au gré de ses tournoiements élancés,  laisse généreusement apparaître les attributs d'une masculinité rimant au rythme d'une fabuleuse et nébuleuse chevelure, brouillant ainsi les frontières entre virilité et féminité, transgressant allègrement ces deux catégories surfaites de la manière la plus naturelle qui soit.       <br />
              <br />
       Troquant son seul vêtement pour un jupon rouge et accompagné d'une violoniste tirant de son instrument accords et désaccords, le danseur se livre à des défilés par lesquels il traverse les états des genres entremêlés. Du torse bombé et des muscles bandés, à la sensualité d'une gestuelle empreinte d'une volupté à fleur de peau, en passant par les grimaces iconoclastes, ses "déplacements" rappellent - et il en est encore besoin… -  que l'humain est un tout indivisible, irréductible à la stigmatisation d'un sexe dédié. Un monument de liberté sereine…
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70644269-49247821.jpg?v=1675796101" alt="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" title="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Défilé performances et curiosités"</strong></span>       <br />
       Soirée avec deux défilés, de 20 h 30 à 21 h 15 et de 22 h à 22 h 45.       <br />
       Conception : Maison de La, Antoine Linsale/De La Saboté(e) X et Guillaume Collard/De La Beuhchaire.       <br />
       Avec : De La Saboté(e), De la Beuhchaire, Soa de Muse, Otopsie, Gioffré, Nathan Selighini et une dizaine de participants participantes.       <br />
       DJ : Bobbi Watson.       <br />
       Court métrage : Le manifeste de la nuit/Arthur Lacomblez.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 24 janvier aux Vivres de l'Art à Bordeaux, en coréalisation avec La Maison de La, dans le cadre du Festival Trente Trente qui s'est déroulé du 12 janvier au 2 février 2023.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70644269-49247842.jpg?v=1675796146" alt="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" title="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Discipline in disorder"</strong></span>       <br />
       Performance.       <br />
       Conception : Annabelle Chambon et Cédric Charron.       <br />
       Performance : Annabelle Chambon.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 28 janvier au Marché de Lerme à Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70644269-49247858.jpg?v=1675796184" alt="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" title="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Outrar"</strong></span>       <br />
       Danse.       <br />
       Chorégraphie, interprétation, costumes : Volmir Cordeiro.       <br />
       Assistant de création : Bruno Pace.       <br />
       Conception du projet : Lia Rodrigues en étroite collaboration avec les artistes de sa compagnie de danse (Amalia Lima, Leonardo Nunes, Carolina Repetto, Valentina Fittipaldi, Andrey Silva, Larissa Lima, Ricardo Xavier).       <br />
       Bande originale créée et jouée par : Zeca Assumpção, Henk Zwart, Mendel, Grupo Cadeira (Inês Assumpção, Jorge Potyguara, Miguel Bevilacqua, Henrique Rabello) et pièces du CD "Authentic South America 5, The Amazon".       <br />
       Montage et mixage : Alexandre Seabra.       <br />
       Durée : 25 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 28 janvier à la Halle des Chartrons à Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente.</b>
     </div>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70644269-49247871.jpg?v=1675796226" alt="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" title="Festival Trente Trente Libérez les amarres… le bouquet final" />
     </div>
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Mouhawala Oula"</strong></span>       <br />
       Danse - Beyrouth-Liban/France.       <br />
       Création et interprétation : Alexandre Paulikevitch, accompagné d'Élodie Robine.       <br />
       Durée : 20 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 28 janvier à la Halle des Chartrons à Bordeaux, dans le cadre du Festival Trente Trente.</b>       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       <b>S'est déroulé du 12 janvier au 2 février 2023.</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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