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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-14T14:13:09+02:00</updated>
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   <title>La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais</title>
   <updated>2025-08-28T16:21:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Cie-Nomad-Nomad-a-deroule-son-Ethno-Machine-sur-les-quais-paimpolais_a4347.html</id>
   <category term="Cirque &amp; Rue" />
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   <published>2025-08-28T14:57:00+02:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si le festival du Chant de Marin de Paimpol est dédié à une pratique vocale fort prisée des pêcheurs bretons ainsi qu'aux groupes musicaux accompagnant cette "activité chansonnière", le festival programme aussi à chaque édition, avec réussite, une grande variété de musiques du monde. Et, afin de générer une ambiance festive dans tout l'espace clos (pendant trois jours) de la manifestation, elle réserve une part belle aux prestations artistiques sur les quais de la cité des Islandais. Parmi les compagnies des arts de la rue présentes, la compagnie Nomad Nomad créait l'attroupement des festivaliers, curieux et attentifs, lors de ses différentes déambulations.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90754756-63940880.jpg?v=1756386108" alt="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" title="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" />
     </div>
     <div>
      Nomad Nomad est un projet artistique original qui associe la création de machines en acier rouillé à force humaine, coiffées de dentelles, et des spectacles de rue porteurs de sens. Tout droit sorti de l'Imaginarium des artistes Quentin Prysbyla et Alexis Pinheiro qui se définissent &quot;… comme plutôt nomades dans l'âme. Passionnés de création, d'innovation, de rythme et de voyage !&quot; Leur univers propice à la création est composé de dessin, de conception inventive et de fabrication experte, d'objets de récupération, de bricolage assorti d'huile de coude, de musique et de rythmes endiablés, de scénographie bucolique, de danse, le tout agrémenté d'art visuel et onirique…       <br />
              <br />
       Leurs engins fantastiques sont des mécaniques hautes en poésie, mélanges de matériaux comme mélange des cultures. Avec des looks de vieux tracteurs, de vieilles bécanes ou d'insectes, elles évoquent des mondes fantasmagoriques… tout droit sortis de bandes dessinées ou de films de science-fiction. Un subtil mélange de métal rouillé, de dentelles, de couleurs et de lampes de grand-mère qui leur donnent tout leur charme et nous plongent dans le souvenir des intérieurs d'antan… Entretien avec Quentin Prysbyla, cofondateur de Nomad Nomad.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90754756-63940881.jpg?v=1756386145" alt="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" title="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" />
     </div>
     <div>
      <b>Gil Chauveau : Pour commencer, pouvez-vous me faire une rapide &quot;fiche d'identité&quot; de ce qu'est aujourd'hui la compagnie Nomad Nomad, ex &quot;Nomad Men&quot; ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Quentin Prysbyla :</b> Oui, bien sûr. Nous sommes une compagnie de quatorze personnes, maintenant, qui a démarré il y a dix ans. Celle-ci est composée de deux constructeurs de machines, de musiciens et musiciennes, de danseurs et danseuses, ainsi que d'un plasticien qui crée tous les masques, d'une costumière et d'un ingénieur en structure métallique… Alexis Pinheiro… avec qui j'ai créé ce projet artistique en 2015 qui se nommait au départ Nomad Men. C'est devenu une compagnie au fil des années et des rencontres. Nous avons débuté avec une toute petite machine, la première version de la &quot;Batt Mobile&quot; qui a évolué depuis. À présent, nous en avons cinq et quatre spectacles qui tournent en France et en Europe.       <br />
              <br />
       <b>G. C. : Ce fut donc l'Ethno Machine qui anima de sa présence les quais du port de Paimpol. Pouvez-vous me parler de la création, de l'origine, de cette machine ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Q. P. :</b> L'Ethno Machine est née il y a quelques années, uniquement avec Cécile Douchet. Cécile au saxophone et moi à la batterie sur une toute petite machine. Nous avons commencé à faire de la musique ensemble, à partir de ses influences venant plutôt des Balkans, de la musique tsigane, et des miennes qui sont plus basées sur les percussions d'Amérique du Sud. Cela a commencé comme ça, avec également notre costumière Mina Pilet qui imagina nos costumes.       <br />
              <br />
       En rencontrant ensuite Priscilla Galvan, au didgeridoo, et Léa N'Kaoua, à la danse, c'est vraiment devenu l'Ethno Machine telle qu'on la connaît maintenant, une grande machine avec quatre artistes dessus. Et, du point de vue du nom, c'est ethno pour ethnique, machine pour la machine.       <br />
       Nous avons donc inclus la culture et les pratiques chamaniques de Priscilla Galvan, les sons vibratoires du didgeridoo et la danse de Léa pour créer ce spectacle, avec nos animaux totems représentés dans nos costumes.       <br />
              <br />
       C'est ainsi devenu un voyage que nous racontons aux gens, en utilisant une autre langue que nous avons inventée. Nous voulons créer du partage et dire aux gens qu'il faut réussir à vivre ensemble.        <br />
       À la création, la compagnie se nommait Nomad Men. Nous avons changé pour Nomad Nomad pour une question de parité. Et derrière Nomad Nomad, on peut placer plein de choses et faire voyager les gens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90754756-63940917.jpg?v=1756386317" alt="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" title="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" />
     </div>
     <div>
      <b>G. C. : Quels sont les objets qui vous inspirent, qui vous permettent d'imaginer et de construire vos machines ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Q. P. :</b> La base de nos créations part sur de la récupération, souvent de roues. Avec de jolis diamètres, de belles courbures. À partir de là, nous dessinons une courbe… Et nous partons des créations métalliques, avec du cintrage et du soudage. C'est très brut. Il n'y a pas de carrosseries. Ce sont vraiment des squelettes inspirés du végétal et de l'animal. Et pour éclairer tout ça, nous ajoutons des lampes des années trente et quelques ombrelles… Pour amener un peu de tissu, d'autres matières, un peu de douceur… un peu de hauteur et de légèreté aussi.       <br />
              <br />
       Nous sommes à la fois ancrés dans le sol avec le métal et également aériens grâce aux lampes et aux ombrelles. C'est comme cela que nous fabriquons à peu près toutes les machines. Tout est mécanique. Il n'y a jamais de moteur.       <br />
              <br />
       <b>G. C. : Avez-vous des références, cinématographiques ou théâtrales, des compagnies ou des créateurs qui vous influencent dans la réalisation de vos constructions ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Q. P. :</b> Au début de la compagnie, non, mais maintenant, oui. Au début, je ne voulais rien voir. Même pendant mes études d'art, je ne voulais pas regarder ce qui se faisait pour ne pas m'inspirer. Je pense aujourd'hui que c'était une erreur. En réalité, on voit quand même toujours des choses et il y en a qui, toujours, reviennent. Sinon, pour nous, l'inspiration de base, c'est le végétal et l'animal.       <br />
              <br />
       Sur la dernière création de la compagnie, qui s'appelle &quot;Ora&quot; (2024), nous nous sommes tout de même inspirés un peu de Mad Max, notamment sur les hauteurs et les perches qui sont utilisés pour leurs célèbres combats. Sauf que nous, nous les utilisons sans aucune souplesse, avec un contrepoids de six cents kilos… plus comme un mât de bateau avec une certaine raideur et une extrême lenteur dans la descente. Comme il n'y a pas de souplesse, il n'y a pas de remontée rapide et le but, c'est vraiment d'avoir la lenteur dans quelque chose de très grand.       <br />
              <br />
       <b>G. C. : Vous avez effectué plusieurs déambulations sur les quais de Paimpol avec, en plus de l'aspect spectaculaire de l'Ethno Machine, un jeu théâtral et chorégraphique d'un personnage au sol. Quels sont les retours du public, composé notamment de familles, que vous avez reçus, quelles sont vos impressions par rapport à cet émerveillement suscité ?</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90754756-63941007.jpg?v=1756387029" alt="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" title="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" />
     </div>
     <div>
      <b>Q. P. :</b> J'ai effectivement ressenti cet émerveillement. Ce qui est génial, c'est que les enfants – et les parents qui ont gardé leur âme d'enfant – restent bouche-bée. Ils sont bloqués devant l'Ethno et on a beau leur faire signe, il n'y a plus rien qui bouge et ils regardent comme ça… en faisant &quot;waouh&quot; devant la machine qui passe… et ils ne peuvent plus parler.       <br />
              <br />
       Il y a beaucoup de réactions, de peur et de joie quand il y a un personnage qui descend seul et qui d'un coup surprend. Ceux qui se posent des questions se demandent : qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qu'ils disent ? Et ceux qui ne se posent pas de questions vivent simplement le moment. Et nous percevons tout ça. C'est hyper intéressant. On n'est pas dans de l'animation. Nous préférons laisser les gens aller dans leur imaginaire, se construire leur propre histoire. J'aime bien ça, j'aime bien ce côté justement théâtral et spectaculaire.       <br />
              <br />
       <b>G. C. : Pouvez-vous nous décrire ce qu'est votre nouvelle création ? Qu'est-ce qui définit ce nouveau projet initié en 2024 ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Q. P. :</b> &quot;Ora&quot; est un spectacle qui va sortir en trois étapes. La première sortie a eu lieu avec la première machine. Deux autres machines vont suivre. Chacune d'entre elles est composée d'éléments différents : la terre, l'eau, le feu, l'air. Celle qui est sortie représente l'air. À bord, en haut, se trouve le prophète du ciel et, en bas, c'est l'esprit de la terre. Une communication s'établit entre le ciel et la terre, c'est le fil du spectacle. La finalité, ce sera de pouvoir créer une horde de quatorze danseurs et danseuses, au sol.       <br />
              <br />
       Nous prévoyons également quatorze personnes à bord des machines, ce qui fait que nous serons vingt-huit au total. Il s'agira d'une création dont l'objectif est d'aller chercher les gens avec trois machines et vingt-huit artistes pour leur redonner la possibilité de communiquer… véritablement, profondément. À l'heure des réseaux sociaux, cela nous semble important. Tout le monde communique, mais tout le monde communique de manière superficielle… Plus personne ne le fait en profondeur. Il y aura une traduction du spectacle en langage des signes et de la musique live, entièrement chorégraphiée. Nous allons vraiment faire le lien entre le sol, la terre et le ciel. Essayer de &quot;rétablir&quot; la communication.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90754756-63941666.jpg?v=1756390493" alt="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" title="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" />
     </div>
     <div>
      <b>G. C. : Pour conclure, sachant que, pour les compagnies des arts de la rue, le financement n'est pas facile, pouvez-vous me dire quel est votre type de fonctionnement ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Q. P. :</b> La chance que nous avons, c'est que, depuis le début, nous sommes autonomes. Dans le sens où nous ne touchons pas directement de subvention. Nous n'en avons jamais bénéficié. En réalité, nous vivons bien sûr grâce aux subventions données aux différents festivals qui nous programment. Si celles-ci sont coupées, cela veut dire que nous n'avons pas de dates. Actuellement, nos spectacles sont bien et suffisamment payés, cela nous permettant de créer nos machines derrière, entretenir le matériel. Cela est une vraie chance, car nous avons un équipement lourd : une semi-remorque, un camion, des remorques, les costumes, etc.       <br />
              <br />
       Pour 2025, nous avons établi le statut d'intermittent du spectacle à six personnes au total, qui sont fixes sur la compagnie. Les autres travaillent en même temps sur leurs projets personnels. Le but est maintenant d'avoir un peu de mécénat. Cela nous permettrait d'avoir un peu plus de souplesse, notamment au niveau des charges qui sont toujours plus importantes.       <br />
              <br />
       Finalement, si l'on considère la situation de la culture en ce moment, nous sommes encore chanceux et nous sommes conscients des grosses difficultés que traversent les compagnies subventionnées, dont certaines, nous le savons, risquent de disparaître.       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>       <br />
              <br />
       <b>Cie Nomad Nomad</b>       <br />
       233, La Faye, 16600 Mornac       <br />
       Téléphone : 06 34 14 55 02.       <br />
       <a class="link" href="https://www.nomadnomad.fr/" target="_blank">&gt;&gt; nomadnomad.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       29 août : Saint-Nazaire (44).       <br />
       6 septembre : Balzac (16).       <br />
       14 septembre : Grandchamp-des-Fontaines (44).       <br />
       20 septembre : Montpellier (34).       <br />
       5 octobre : Muneville-sur-Mer (50).       <br />
       5 décembre : Lens (62).       <br />
       6 décembre : Bar-le-Duc (55).       <br />
       13 décembre : Thillois (51).       <br />
       13 décembre : Auray (56).       <br />
       19 et 20 décembre : (option) Rennes (35).       <br />
       21 décembre : Fontenay-le-Comte (85).       <br />
       22 décembre : Niort (79).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90754756-63941720.jpg?v=1756390749" alt="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" title="La Cie Nomad Nomad a déroulé son Ethno Machine sur les quais paimpolais" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>, •Off 2024• "Dom Juan… et les clowns" Un Molière vu à travers le regard hilare de Mario Gonzalez et la maîtrise complice d'Irina Brook</title>
   <updated>2024-07-12T22:33:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/-Off-2024-Dom-Juan-et-les-clowns-Un-Moliere-vu-a-travers-le-regard-hilare-de-Mario-Gonzalez-et-la-maitrise-complice-d_a4000.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
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   <published>2024-07-13T07:17:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les clowns, tels que nous les connaissons, n'existaient pas vraiment du temps de Molière. Ce sont des personnages qui ne lui auraient certainement pas servi puisque les caractères de Molière, tous excessifs et caricaturaux qu'ils puissent être, sont avant tout pris dans la réalité. Les clowns ont une dimension onirique qui nuirait, on peut le penser, au projet de l'auteur comique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81525565-58712718.jpg?v=1720816955" alt=", •Off 2024• "Dom Juan… et les clowns" Un Molière vu à travers le regard hilare de Mario Gonzalez et la maîtrise complice d'Irina Brook" title=", •Off 2024• "Dom Juan… et les clowns" Un Molière vu à travers le regard hilare de Mario Gonzalez et la maîtrise complice d'Irina Brook" />
     </div>
     <div>
      Et pourtant, le travail, effectué dans un premier temps par Mario Gonzalez (réputé pour son talent dans l'art du masque) puis, par la suite, par Irina Brook qui a repris la mise en scène du spectacle, est par moments sidérant de vérité, de sens.        <br />
              <br />
       Autour de Dom Juan, toute une ribambelle de personnages se croisent et se positionnent au sujet du seigneur méchant homme. La pièce de Molière est construite comme une déambulation des deux personnages principaux, Dom Juan et Sganarelle, son fidèle serviteur, une déambulation durant laquelle ils vont rencontrer toutes sortes de gens qui vont du noble aux paysans en passant par les pieux ermites, les usuriers et les spectres. Bref, toute une société respectueuse de lois divines et humaines qui leur ôte, aux yeux du libertin, toute liberté d'agir et de penser.       <br />
              <br />
       Dans cette pièce, Dom Juan traverse un monde de clowns tous un peu ridicules. C'est un peu comme si toute la pièce était focalisée sur le point de vue de Dom Juan, comme si, effectivement, ce dernier voyait tous ses contemporains comme des clowns ridicules. Clown, Sganarelle, clowns le commandeur et les vengeurs de celui-ci, clowns les paysannes, les paysans, clown son père, clowns, Elvire. Seul au milieu des clowns.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81525565-58712719.jpg?v=1720816988" alt=", •Off 2024• "Dom Juan… et les clowns" Un Molière vu à travers le regard hilare de Mario Gonzalez et la maîtrise complice d'Irina Brook" title=", •Off 2024• "Dom Juan… et les clowns" Un Molière vu à travers le regard hilare de Mario Gonzalez et la maîtrise complice d'Irina Brook" />
     </div>
     <div>
      Et cela marche. Sganarelle est le meilleur client pour un Auguste naïf, bavard et agité. Son personnage raisonneur, lâche et maladroit est à peine changé par le port d'un nez rouge (nez qu'on imagine aisément comme rougeur dû à l'excès de boisson alcoolisée). Les paysannes, Charlotte et Mathurine, et le paysan Piarrot, sont aussi plus vraies que nature dans les excès clownesques où ils sont, soudain, surdimensionnés. Les autres, à l'avenant. Cela fonctionne à merveille. Cela donne des moments de rires et de fous rires formidables. Cela donne également parfois des fulgurances qui apportent encore plus de sens à la pièce.       <br />
              <br />
       On rit beaucoup. Les sept interprètes qui (sauf pour les deux principaux rôles) jouent plusieurs personnages chacun ont fait un travail rigoureux, précis et parlant du corps, de la voix et du geste. On y reconnaît la patte de Mario Gonzalez. La mise en scène d'Irina Brook, qui installe toute l'aventure au centre d'un cercle, symbole de la piste de chapiteaux, donne un rythme haletant au spectacle. Elle y ajoute des moments chantés et une liberté de parole aux comédiens qui instaurent un vrai dialogue avec le public, quitte à chambouler les alexandrins du texte original.       <br />
              <br />
       Alors les puristes de l'œuvre de Molière seront peut-être choqués, mais, à y bien regarder, l'esprit de ce dernier est bien vivant, là, dans cette farce qu'est la vie pour le personnage de Dom Juan. Une farce faite d'hypocrisie, de lâcheté, de bêtise, de naïveté, de faux honneurs. Oh oui, le texte de Molière reste bien corrosif ici lorsque tous ceux qui croient au Ciel, à la Vertu, et à tous les principes moraux édictés par l'Église et les lois sont des clowns.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81525565-58712745.jpg?v=1720817025" alt=", •Off 2024• "Dom Juan… et les clowns" Un Molière vu à travers le regard hilare de Mario Gonzalez et la maîtrise complice d'Irina Brook" title=", •Off 2024• "Dom Juan… et les clowns" Un Molière vu à travers le regard hilare de Mario Gonzalez et la maîtrise complice d'Irina Brook" />
     </div>
     <div>
      Je n'ai qu'un seul pincement au cœur, pour le personnage d'Elvire, dont le clown, ici, n'est ni poétique, ni fragile comme il aurait pu être, mais grotesque. Vu un peu comme une désagréable mégère. Mais on peut imaginer Dom Juan la voir ainsi.       <br />
              <br />
       Quoi qu'il en soit, rien ne manque de ce que Molière a voulu mettre dans sa pièce : des intentions provocatrices, politiques et grinçantes. La mise en scène d'Irina Brook et le travail de Mario Gonzalez y ajoutant encore plus d'humour, de dérision, de loufoquerie. Et il faut rendre hommage au jeu des comédiennes et des comédiens qui portent ce projet, tous excellents, tous effroyablement drôles.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dom Juan… et les clowns"</b></div>
     <div>
      Texte : Molière.       <br />
       Mise en scène : Irina Brook, à partir d'un premier travail de Mario Gonzalez.        <br />
       Avec : Thierry Surace, Jérôme Schoof, Sylvia Scantamburlo, Jessica Astier, Julien Faure, Cécile Guichard/Armony Bellanger en alternance, Thomas Santarelli.       <br />
       Décor et costumes : Théâtre National de Nice - CDN Nice Côte d'Azur.       <br />
       Compagnie Miranda.       <br />
       Coproduction : Théâtre de la Cité/Nice.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
       À partir de 8 ans.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h 25. Relâche le mardi.       <br />
       Espace Roseau Teinturiers, 45, rue des Teinturiers, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 84 51 26 44.       <br />
       <a class="link" href="https://espaceroseauteinturiers.fr/off-2024/" target="_blank">&gt;&gt; espaceroseauteinturiers.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/-Off-2024-Dom-Juan-et-les-clowns-Un-Moliere-vu-a-travers-le-regard-hilare-de-Mario-Gonzalez-et-la-maitrise-complice-d_a4000.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !</title>
   <updated>2023-07-05T08:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/A-revue-A-revoir-pour-sa-creativite-debordante-_a3644.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73882643-51390531.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-05T08:38:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'artiste flamant Benjamin Abel Meirhaeghe, fidèle à son approche très créative bousculant les codes de perception par des extravagances les plus originales, nous invite dans un monde où l'autre, aussi fantomatique que réel, est au carrefour du rêve, de la réalité, de l'imaginaire et du fantasme. Face à des protagonistes aux frontières de ces différents champs d'appréhension, sa création se nourrit de la musique, du chant, du théâtre et d'une forte expression corporelle pour nous emmener ailleurs, dans un espace-temps dans lequel le conscient embrasse goulûment son inconscient.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73882643-51390531.jpg?v=1688540462" alt=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" title=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" />
     </div>
     <div>
      Place a une scène longitudinale avec ses supports métalliques ondulés qui la longent par intermittence autour desquelles plusieurs rangées de spectateurs sont situées les unes en face des autres. Il s'agit de face-à-face durant cette représentation, autant avec des pulsions, des désirs, qu'avec des débordements. Les artistes ont une position ambivalente en étant seuls avec eux-mêmes ou ensemble et occultant le public, ou encore directement face au public.       <br />
              <br />
       Dans cette création protéiforme datant de 2020 et qui est sa dernière œuvre actuellement, le performeur et metteur en scène flamant Benjamin Abel Meirhaeghe met le corps en média premier autour d'une approche artistique des plus déroutantes par ses figures, son rythme, sa trame et ses différentes séquences. Il nous convie à un voyage dans le futur où la courbure du temps zigzague jusqu'à l'année 4020 en embarquant avec lui du Mozart, du Vivaldi et du Schubert.       <br />
              <br />
       Rien n'est en demi-teinte, ni les costumes, ni l'interprétation, ni les répliques autour de protagonistes maquillés et habillés comme des êtres venant d'une réalité irréelle. Ce qui interpelle est le lieu où tout ceci se déroule entre rêve, réalité, imaginaire, fantasme. En anglais et en français, le texte est lancé par intermittence de bout en bout du plateau, installant, par moments, un rapport à l'autre distant. Et pourtant, même si la pudeur est absente, l'intime est l'humus du spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73882643-51390532.jpg?v=1688540494" alt=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" title=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" />
     </div>
     <div>
      La musique et le chant, avec, entre autres, la prestation a cappella d'Oriana Mangala, trouvent un allié dans ce seul piano situé à une extrémité des planches et où, à un autre moment, est engagée une douce mélodie. Tous les protagonistes sont vêtus de façon étrange et décalée avec une combinaison fine sur eux quand ils ne sont pas entièrement découverts. Les visages sont maquillés tels des personnages de mime ou de cirque.       <br />
              <br />
       Se joue aussi une partie de tennis avec, pour chacun des adversaires, de longues tiges et ses quelques feuilles en lieu et place de la raquette avec laquelle ils se renvoient une balle qui n'existe pas. Le spectacle est très physique tout du long. Ailleurs, des corps sonnent, tintent, bruitent à chaque toucher et effleurement, ce qui apporte une touche très humoristique à la séquence. Plus loin, tout passe dans des caresses sexuelles où le sexe est, pour celui de l'homme, son appendice corporel ou parfois objet plastique avec lequel on joue ou que l'on porte, et pour celui de la femme, un organe accoucheur d'objets ressemblant, par leur rondeur, à des calots ou, par leur forme et leur couleur, à un produit de défécation. Une origine d'un monde étrange où la créatrice ne ressemble en rien à ce qu'elle enfante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73882643-51390551.jpg?v=1688540524" alt=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" title=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" />
     </div>
     <div>
      Le corps devient jouet d'une expression libre de désirs bruts, d'animalité. Un moment, Maribeth Diggle court, déambule nue sur toute la scène, se lâche en portant ici ou là quelques coups violents au sol avec un instrument sonore. Elle s'exprime en gesticulant et en envahissant tout le plateau, devenant l'expression de désirs refoulés et interdits, car effectuée au-delà de toute convention sociale, les pulsions étant avant tout domestiquées au travers de la culture et de la morale d'une société.       <br />
              <br />
       Ce qui étonne dans cette représentation est cette gamme de gestiques qui s'immisce et l'alimente de bout en bout d'éléments au style étonnant. Il n'y a pas de linéarité. Tout est rupture. La musique, le chant lyrique et le théâtre sont les différents relais artistiques qui donnent à cette création une vue fantasmée d'une réalité qui semblent échapper, à dessein, à ses interprètes. Comme un pendant de l'association libre de Freud, nous assistons à une expression libre. Car qu'est-ce qui est réel dans tout ce qui se joue ? Tout se mêle, autant les arts utilisés que le fantasme, le rêve et la réalité. Les frontières n'en sont pas délimitées, ce qui donne un cachet des plus intéressants et déroutants à cette œuvre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"A revue"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73882643-51390558.jpg?v=1688540559" alt=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" title=""A revue"… À revoir pour sa créativité débordante !" />
     </div>
     <div>
      Textes : Louise van den Eede.       <br />
       Création et mise en scène : Benjamin Abel Meirhaeghe.       <br />
       Avec : Ellen Wils, Maribeth Diggle, Arnout Lems, Hanaka Hayakawa, Dolly Bing Bing, Simon Van Schuylenbergh, Jelle Haen, Bjorn Floreal, Sophia Rodriquez, Oriana Mangala, Adrien De Biasi, Eurudike De Beu, Lionel Couchard.       <br />
       Artistes visuels : Julian Weber, Sietske van Aerde, Daan Couzijn, Benjamin Abel Meirhaeghe.        <br />
       Dramaturgie : Louise van den Eede.       <br />
       Dramaturgie musicale : Katherina Lindekens, Lena Meyskens.       <br />
       Son : Laurens Mariën, Jasper Segers.       <br />
       Composition : Laurens Mariën, Jasper Segers.       <br />
       Piano : Maya Dhondt.       <br />
       Scénographie : Bart van Merode, Julian Weber.       <br />
       Lumières : Bart van Merode.       <br />
       Assistant scénographe : Zaza Dupont.       <br />
       Costumes : Benjamin Abel Meirhaeghe, Julian Weber, Sietske van Aerde.       <br />
       Maquillage : Jelle Haen.       <br />
              <br />
       <b>Le spectacle s'est joué du 28 au 30 juin 2023 à La Grande Halle de la Villette</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/A-revue-A-revoir-pour-sa-creativite-debordante-_a3644.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville</title>
   <updated>2022-06-20T15:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/B-Mon-amour-Entre-fictions-et-realites-voyage-au-bout-de-la-ville_a3294.html</id>
   <category term="Cirque &amp; Rue" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65511500-46724356.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-06-20T10:04:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si, dans "Hiroshima mon amour", Alain Resnais (pour les images) et Marguerite Duras (pour le scénario) contaient une fiction propre à lier l'amour et la mort réelle dans la même Histoire filmée, le Collectif Monts et Merveilles nous embarque corps et âme dans un petit train "touristique" sillonnant les quartiers Saint-Michel, Bercier et Carles Vernet, à la rencontre d'un Bordeaux transfiguré, défiguré… Avec là encore pour fil rouge une histoire d'amour "pré-texte" à la traversée du temps, le paysage urbain s'anime de tableaux vivants aussi saisissants artistiquement que percutants d'un point de vue anthropologique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46724356.jpg?v=1655713751" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Casque audio rivé aux oreilles, chaque passager de ce train retour dans le passé - conduisant vers un présent sans retour possible - découvre la ville peuplée de scènes interprétées par deux acteurs, accompagnés de danseurs, auxquels, par effraction, s'invitent parfois des figurants improvisés. L'histoire - mâtinée de néo-romantisme et de naturalisme - commence au moment où lui, &quot;le fils conducteur&quot;, se souvient du quartier du Marché des Capucins des années trente, là où tout jeune il baignait dans cette atmosphère foisonnante ; &quot;ça buvait, ça se bagarrait fort&quot; mais la vie était là, palpitante. Ses parents avaient fui le franquisme et, comme beaucoup de républicains, ils s'étaient réfugiés ici dans ce quartier de Bordeaux rebaptisé &quot;La Petite Espagne&quot;.       <br />
              <br />
       Paco et Louise, magnifiques dans leurs vêtements rouges se détachant sur la pierre blonde (ou noire) des bâtiments. Une histoire d'amour passionnel dont il est le fruit. Une histoire de feu et de sang s'inscrivant dans la grande Histoire, celle de la réquisition par les Allemands occupants des jeunes hommes employés à la construction des bunkers de la base sous-marine, au nord de Bordeaux, engloutissant nombre d'ouvriers, enivrés pour pouvoir tenir jusqu'à épuisement, titubant, avant de disparaître dans le béton qu'ils coulaient. Les drapeaux hitlériens humiliants, les arrestations et exécutions sommaires en réponse au débarquement allié. Mais aussi, leur bel amour et les lettres déchirantes qu'ils s'échangeaient…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46724408.jpg?v=1655713872" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Archives personnelles confiées par les habitants du quartier, réécrites pour faire spectacle à partir d'histoires vraies. Scène vivante &quot;tournée au ralenti&quot; de l'enterrement du frère abattu par les Nazis, cortège d'endeuillés tout de noir vêtus, précédé de Paco et Louise aux tenues d'un rouge éclatant, elle la tête couverte d'un châle noir, se détachant sur le parvis immaculé de La Méca. Groupe de danseuses et danseurs dessinant l'espace urbain, surgissant le long du trajet. Arrachés à notre présent, nous devenons spectateurs d'un film en trois dimensions.       <br />
              <br />
       Arrêt des wagons place Ferdinand Buisson, là où se réunissaient les habitants dans les années soixante-dix. Chacun y jouait son rôle, les prostituées surveillaient les enfants alors que les mères étaient occupées ailleurs. On y faisait la fête pour oublier les fumées toxiques de la fonderie faisant vivre (et mourir) les ouvriers. Présentement, une jeune femme apparaît, casque aux oreilles, elle se démène fougueusement sur l'air de &quot;Alors on danse&quot; de Stromae, chanson aussi belle que sans illusion. La fête pour fuir le réel en s'étourdissant. Réalité et fiction confondues dans le même espace-temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728354.jpg?v=1655730538" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Le train s'enfonce alors dans les entrailles du quartier Belcier - immense chantier à cœur ouvert - lequel, depuis les années quatre-vingt-dix, a vu ses manufactures et usines une à une se fermer, le chômage apparaître à sa suite et les habitants disparaître, contraints de laisser leur place à une population plus favorisée. Des exclus fantômes, une valise à chaque main, apparaissent le long des lignes du tramway design. Des murs de maisons récemment écroulées sous les coups de boutoir des excavateurs dévoilent des pans d'existences délogées. Les surplombant de leur arrogance décomplexée, des tours géantes, symboles du progrès en marche, &quot;accueillent&quot; des appartements sans âme, mais avec baie vitrée.       <br />
              <br />
       Destin commun des territoires &quot;à requalifier&quot;, la prose officielle accompagnant la restructuration du quartier revient en mémoire… Des éléments de langage parfaitement rodés - <span style="font-style:italic">&quot;Engagé dans l'opération d'intérêt national Euratlantique, Belcier promet de devenir un quartier incontournable avec son centre d'affaires, ses équipements culturels et ses nouvelles manières d'habiter. Son passé industriel et ouvrier se laisse encore deviner au détour d'une rue&quot;</span> - sont mis à mal par le réel tonitruant. Face à ces habitats glaçants, construits sur les ruines d'un quartier vivant, les paroles de Léo Ferré trouent le silence de mon casque un instant débranché : <span style="font-style:italic">&quot;Est-ce ainsi que les hommes vivent ? Tout est affaire de décor…&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728359.jpg?v=1655730569" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Sur fond de cette ville mutante, terrain de jeux des architectes rivalisant dans une compétition effrénée, la saga humaine de Louise et Paco - figures devenues familières - traverse les époques. Après le temps des amours, vient celui des crises et des ruptures. Ainsi passe la vie prise dans un mouvement échappant pour beaucoup aux protagonistes. Celui qui avait refusé la guerre, mais avait passé son temps dans les abattoirs - abattus depuis et remplacés par le Min de Brienne, Marché de Gros de Bordeaux - à tuer des animaux hurlant d'effroi, portant sur lui l'odeur insupportable de la mort, n'est plus apte à enchanter l'amour.       <br />
               <br />
       Quai de Paludate, à quelques encablures des anciens abattoirs où Paco naguère s'échinait, s'élève maintenant La Méca (Maison de l'économie créative et de la culture) et son monumental bâtiment hors norme de trente-sept mètres de hauteur. Apparaissent alors, sur les marches immaculées, coiffés de têtes d'animaux (ceux des abattoirs disparus…), les nouveaux arrivants que la LGV déverse quotidiennement. Les &quot;paysages visages&quot; ont décidément changé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728361.jpg?v=1655730609" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Ainsi accompagnée par l'histoire recomposée de Paco et Louise, &quot;B&quot; se dévoile-t-elle à nos regards, attendris… et critiques. Cette traversée du temps, ponctuée de tableaux vivants, soutenue par une bande sonore mixant à l'envi des extraits de films mythiques (&quot;Out of Africa&quot;, &quot;Les Parapluies de Cherbourg&quot;, &quot;Un homme et une femme&quot;, &quot;In the mood for love&quot;, etc.) à une histoire singulière, réunit les ingrédients d'un rêve éveillé propre à enchanter le réel… tout en le questionnant, sans nostalgie aucune.       <br />
              <br />
       <b>Départ du road-movie au marché des Douves de Bordeaux, vu le samedi 11 juin 2022, dans le cadre de &quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public&quot; qui s'est déroulé du 8 au 18 juin 2022, Quartier Saint-Michel et au-delà de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"B. Mon amour"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65511500-46728362.jpg?v=1655730650" alt=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" title=""B. Mon amour" Entre fictions et réalités… voyage au bout de la ville" />
     </div>
     <div>
      Création originale, conception réalisation : Collectif Monts et Merveilles et ses complices       <br />
       Avec, Nolwenn Leclerc (Louise), Jonathan Macias (Paco), des habitants(es) et des complices.       <br />
       Les images dans la ville : Serge Barets, Venise Bernard, Élie Bordron, Mélody Césaire, Sonia Chassagne, Yolande Detez, Romain Farré, Lison Latournerie, Louise Meyer, Gaëlle Panel, Carole Papin, Jean-Luc Pozzo, Alice Rivière, Pauline Visentin, Séverine Zabré.       <br />
       Les moments chorégraphiés : Virginie Biraud, Amandine Da Costa et Columba del Corso de la Compagnie Tchaka, les danseuses de Clafoutis&amp;Cie.       <br />
       Avec les voix de : Bénédicte Chevallereau, Emmanuel Labails, Sébastien Sampietro.       <br />
       Collage sonore et mixage : Esther Cée.       <br />
       Montage sonore et technique : Emmanuel Labails.       <br />
       Regard extérieur : Caroline Melon.       <br />
       À partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>&quot;CHAHUTS - arts de la parole et espace public       <br />
       A eu lieu du 8 au 18 juin 2022.</b>       <br />
       Association CHAHUTS       <br />
       25, rue Permentade, Bordeaux (33).       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@chahuts.net')" >contact@chahuts.net</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chahuts.net/festival/programmation-2022/" target="_blank">&gt;&gt; chahuts.net</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/B-Mon-amour-Entre-fictions-et-realites-voyage-au-bout-de-la-ville_a3294.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Une itinérance entre imaginaire et perceptions rares… Le temps de laisser naître ses propres illusions</title>
   <updated>2017-06-22T15:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-itinerance-entre-imaginaire-et-perceptions-rares-Le-temps-de-laisser-naitre-ses-propres-illusions_a1837.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/14974589-20540026.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2017-06-22T13:01:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Promenade, paysages, lieux rares, découvertes de parties secrètes, cachées, sous-sols, souterrains, portes dérobées, ce spectacle transforme les spectateurs en explorateurs néophytes, ouvre des espaces rarement accessibles au public, fait voir le décor sous des angles nouveaux et ré-aiguise les regards et les visions.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/14974589-20540026.jpg?v=1498129448" alt="Une itinérance entre imaginaire et perceptions rares… Le temps de laisser naître ses propres illusions" title="Une itinérance entre imaginaire et perceptions rares… Le temps de laisser naître ses propres illusions" />
     </div>
     <div>
      Le collectif l’art au quotidien investit ainsi différents lieux pour mettre en place sa pérégrination. Une ballade artistique et sensuelle, où les textes rythment les étapes, toujours avec le même thème. Un thème imposé pour cette demande d’écriture faite à cinq auteurs : le paysage. Mieux que cela : qu’est-ce qui pour vous fait paysage ? Une formulation qui pourrait sembler un peu précieuse mais qui en fait laisse ouvertes les portes à l’imaginaire, sans cantonner la demande au simple réel, au figuratif, au réfléchi.       <br />
              <br />
       Et tout le spectacle, tout ce moment, semble chercher à ouvrir les portes. Celles des lieux investis par le collectif (les portes dérobées, les en trompe-l’œil et les solides) et les clôtures qui parfois, même inconsciemment, enferment nos imaginaires. C’est ainsi que par petits groupes, les oreilles couvertes par des casques HF, l’exploration commence. Sensation de sécurité. Une voix murmure le texte de Kitsous Dubois… son paysage se glisse dans les esprits pendant que l’œil découvre des escaliers de pierre en spirale, les tunnels antiques et des salles remplies de rayonnages de livres ; et que nous avançons sur le parcours, guidés par des colliers de pommes plus rouges que celles des contes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/14974589-20541607.jpg?v=1498135943" alt="Une itinérance entre imaginaire et perceptions rares… Le temps de laisser naître ses propres illusions" title="Une itinérance entre imaginaire et perceptions rares… Le temps de laisser naître ses propres illusions" />
     </div>
     <div>
      Pour cette représentation, nous sommes à la bibliothèque Forney, Hôtel de Sens, Paris 4e. D’où les rayonnages de livres qui emplissent les caves anciennement pleines de barriques et de denrées. Tout se mêle alors : l’architecture ancienne, l’usage moderne qui en est fait, la sensation d’être un intrus dans cet univers et la dimension poétique et visionnaire du texte qui s’égrène dans les casques pour créer une sorte de bulle où l’on s’isole, où l’on se sent bien.       <br />
              <br />
       Puis d’autres sensations, d’autres univers, d’autres découvertes, d’autres étapes, d’autres manières d’entendre et de voir, même les yeux fermés, nous emportent ailleurs. On abandonne les casques, les comédiennes s’emparent des autres textes, sortes d’essais poétiques qui s’accordent aux lieux visités où les transcendent. On entend les mots de Jean-Charles Massena, de Jacques Rebotier, de Jean-Paul Curnier.        <br />
              <br />
       Le collectif parvient ainsi à faire s’entrechoquer les sensations, à susciter les sensualités liées à cette thématique du paysage : celui que l’on voit, celui où l’on est, celui que l’on entend raconter. Car la grâce est bien d’être soudain partie intégrante nous aussi d’un paysage, qui porte son histoire, ses plaies, ses beautés et qui nous accueille en lui comme un grain de vie.       <br />
              <br />
       Le spectacle sera proposé dans différents lieux cet été et cet automne.
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     <div><b>"Insolite comme toute chose ordinaire"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/14974589-20541778.jpg?v=1498136623" alt="Une itinérance entre imaginaire et perceptions rares… Le temps de laisser naître ses propres illusions" title="Une itinérance entre imaginaire et perceptions rares… Le temps de laisser naître ses propres illusions" />
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      Installation/lecture dans le paysage.       <br />
       Textes de : Jean-Paul Curnier, Kitsou Dubois, Jean-Charles Massera, Jacques Rebotier, Cécile Wajsbrot.       <br />
       Conception et mise en espace : Sylvie Cavacciuti et Sophie Maillard.       <br />
       Artistes Interprètes : Caroline Espargilière, Patricia Morejon et Sophie Maillard.       <br />
       Compositeur : Ronan Maillard.       <br />
       Régie générale et création lumière : Pierre Bergan.       <br />
       Régie Son : Enzo di Meo.       <br />
       Conception du dispositif sonore : Ben-Jamin Karamehmedovic.       <br />
       Accompagnement à la mise en espace et coordination : AnSo Raybaut-Pérès.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
       40 personnes par parcours/promenade.       <br />
       Par le Collectif l’art au quotidien.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Samedi 16 et dimanche 17 septembre 2017</span> à 11 h et 16 h 30 (deux représentations par jour) : sur le pont - Centre national des arts de la rue en Aquitaine - Limousin - Poitou-Charentes, La Rochelle (17).       <br />
       <span class="fluo_jaune">5, 6, 7 et 8 octobre 2017</span> (dates à préciser, à raison de deux représentations/parcours par jour) : Art'R - Lieu de fabrique itinérant pour les arts de la rue à Paris et en Île-de-France, sur la Petite Ceinture dans le 12e et 20e arrondissement, Paris.        <br />
       <span class="fluo_jaune">Entre septembre et novembre 2017</span>, une installation plastique et sonore sera aussi proposée dans différents lieux du 12e, 18e et 20e arrondissement de Paris (librairies, cafés, jardins, ateliers d'artistes, etc. Programme en cours d'élaboration.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://collectiflartauquotidien.blogspot.fr/" target="_blank">&gt;&gt; collectiflartauquotidien.blogspot.fr</a>
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    ]]>
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Une-itinerance-entre-imaginaire-et-perceptions-rares-Le-temps-de-laisser-naitre-ses-propres-illusions_a1837.html" />
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