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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-11T00:32:31+02:00</updated>
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   <title>•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté</title>
   <updated>2021-07-29T16:37:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Sonoma-Du-cri-primal-aux-tambours-de-Calanda-du-folklore-au-contemporain-le-charme-indiscret-d-un-monde_a3038.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
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   <published>2021-07-29T16:02:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dire les neuf danseuses vêtues des costumes traditionnels espagnols, robes-paniers et coiffes de dentelle, glissant et virevoltant tels des derviches tourneurs, ou bien les troquant pour des tenues blanches et noires sorties de l'imaginaire contemporain. Dire la croix monumentale occupant une place de choix dans la Cour d'Honneur et ses cordes auxquelles sont reliées les danseuses avant qu'elles ne s'en affranchissent. Dire les nappes sonores envoûtantes transportant des litanies psalmodiées aux tambours assourdissants. Dire enfin le charme indiscret d'un monde en continuelle rupture…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57991750-42883115.jpg?v=1627569214" alt="•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté" title="•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Beau comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie&quot;,</span> écrivait Lautréamont dans &quot;Les chants de Maldoror&quot;. Beau comme la rencontre fortuite sur le plateau mythique de la Cour d'Honneur d'univers dissemblables, réunis là par le seul &quot;dé-lire&quot; d'un homme… cet homme, Marcos Morau, s'appliquant à déconstruire frénétiquement ce que l'on nomme réalité pour la donner à lire sous forme de fragments éblouissants. Et que ceux qui voudraient trouver coûte que coûte une trame narrative dans cette profusion de tableaux vivants, en soient pour leurs frais.       <br />
              <br />
       Dans la mouvance du surréalisme et de l'un de ses géniaux inspirateurs, Luis Buñuel, le chorégraphe espagnol revendique, comme acmé créatrice, la liberté des associations libres dans les plis desquelles surgit - ou pas - un sens. Ainsi de l'ouverture et de ses danseuses montées sur patins, glissant comme des poupées de salon au mécanisme réglé n'offrant aucune liberté personnelle. Ainsi du tableau inaugural donnant à voir ses femmes ligotées à la croix gigantesque, celle de Jésus… puis portées par la grâce païenne, s'en délier, transformant leurs anciens liens en cordes d'évasion accrochées aux fenêtres hautes de la façade monumentale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57991750-42883252.jpg?v=1627569265" alt="•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté" title="•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté" />
     </div>
     <div>
      La religion a cela de positif - Marcos Morau partage avec Luis Buñuel l'expérience inscrite dans sa chair d'avoir été élève d'un collège catholique - qu'elle permet à celles et à ceux qui y survivent de développer un imaginaire sans entraves. Car, en contradiction avec ce que l'on énonçait plus haut, s'il fallait finir par trouver un sens à cette heure un quart chorégraphiée, ce serait mettre en exergue l'itinéraire libératoire suivi par ces femmes danseuses, d'abord entravées à la croix, puis habitées par une énergie effrénée, les battements de tambours ne faisant plus qu'un avec leur corps résonnant de puissance. Des liens contraignants à la libération tonitruante…       <br />
              <br />
       Les paroles psalmodiées dévidant leurs litanies de préceptes à consonances religieuses, mâtinés d'une réécriture contemporaine s'affranchissant de toute morale prête-à-porter, font écho au langage libre des corps utilisant toutes les gammes à leur disposition pour dire collectivement l'indicible des pulsions les traversant. Ainsi, derrière leur façade vernissée, les chorégraphies mises en miroir par un immense tableau blanc où les ombres décuplent leurs mouvements, expriment au-delà des prouesses montrées l'indomptable désir d'être.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57991750-42883264.jpg?v=1627569356" alt="•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté" title="•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté" />
     </div>
     <div>
      Et quand, sorties inopinément du bestiaire cinématographique du maître andalou, deux figures gigantesques de vieilles femmes apparaissent, elles seront reconduites avec douceur et détermination vers les malles à roulettes où, couvercles fermés et sans autre forme de procès, elles disparaîtront vers les coulisses. L'&quot;à-venir&quot; regorge de promesses vives transportant les danseuses au plateau vers d'autres contrées à explorer. D'autres séquences d'inspiration surréalistes viendront perturber l'ordre dès qu'établi en fournissant leur lot de parures excentriques, de rires à profusion et de formules incantatoires à décrypter.       <br />
              <br />
       De la soumission &quot;ordonnée&quot; des commencements au déchainement des tambours faisant écho à ceux du natif de Calanda, tout n'est que désordre et volupté afin que jaillisse dans la Cour d'Honneur le cri libérateur né du cri primal. Une fête des sens à valeur de bouquet final pour cette édition 2021 d'un festival enthousiasmant, riche de très belles surprises.       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 25 juillet 2021 à 22 h dans la Cour d'Honneur du Palais des Papes à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57991750-42883273.jpg?v=1627569386" alt="•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté" title="•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté" />
     </div>
     <div>
      &quot;Sonoma&quot;       <br />
       Créé le 24 juillet 2020 au Festival Grec de Barcelone (Espagne).       <br />
       Texte : El Conde de Torrefiel, La Tristura et Carmina S. Belda.       <br />
       Direction artistique : Marcos Morau.       <br />
       Chorégraphie : Marcos Morau en collaboration avec les interprètes.       <br />
       Avec : Alba Barral, Àngela Boix, Julia Cambra, Laia Duran, Ariadna Montfort, Núria Navarra, Lorena Nogal, Marina Rodríguez, Sau-Ching Wong.       <br />
       Conseil dramaturgique : Roberto Fratini.       <br />
       Répétition : Estela Merlos, Alba Barral.       <br />
       Travail vocal : Mònica Almirall, Maria Pardo.       <br />
       Scénographie : Bernat Jansà, David Pascual.       <br />
       Lumière : Bernat Jansà.       <br />
       Effets spéciaux : David Pascual.       <br />
       Son : Juan Cristóbal Saavedra.       <br />
       Costumes : Silvia Delagneau.       <br />
       Couture : Ma Carmen Soriano.       <br />
       Chapeau : Nina Pawlowski.       <br />
       Masques : Juan Serrano.       <br />
       Construction du géant : Martí Doy.       <br />
       Accessoires : Mirko Zeni.       <br />
       Par le collectif La Veronal.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 21 au 25 juillet 2021.</b>       <br />
       À 22 h, relâche le 23 juillet.       <br />
       Cour d'Honneur du Palais des Papes, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57991750-42883357.jpg?v=1627569835" alt="•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté" title="•In 2021• Sonoma Du cri primal aux tambours de Calanda, du folklore au contemporain, le charme indiscret d'un monde fragmenté" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">19 août 2021 :</span> Festival Fresca !, Alicante (Espagne).       <br />
       <span class="fluo_jaune">21 août 2021 :</span> Festival Sagunt a Escena, València (Espagne).       <br />
       <span class="fluo_jaune">28 août 2021 :</span> Festival de Verano, San Lorenzo de El Escorial (Espagne).       <br />
       13 au 14 septembre 2021 : La Bâtie - Festival de Genève, Genève (Suisse).       <br />
       8 au 9 octobre 2021 : Le Pavillon Noir, Aix-en-Provence (13).       <br />
       13 au 14 novembre 2021 : Staatstheater Darmstadt, Darmstadt (Allemagne).       <br />
       21 novembre 2021 : Festival Temporada Alta, Gérone (Espagne).       <br />
       15 janvier 2022 : Teatro Principal de Castelló de la Plana, Castelló de la Plana (Espagne).       <br />
       20 au 28 janvier 2022 : Chaillot - Théâtre national de la Danse, Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes</title>
   <updated>2017-05-10T09:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Un-art-des-peregrinations-symboliques-reliant-les-imaginaires-des-hommes-et-des-femmes_a1799.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2017-05-10T09:30:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans "Le Testament de Marie", l'auteur, Colm Toibin, restitue l'intimité d'une femme brisée. Sa raison, sa sensibilité, ses souvenirs sont travaillés par la brutalité des événements. Le spectacle de la metteure en scène Deborah Warner est débarrassé de tout sulpicianisme…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843454.jpg?v=1494401167" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      Il cerne à partir des bribes et des déchirures des récits évangéliques une manière de révélation, une authenticité de Marie très éloignée de l'enveloppe de gloire de réputation et de légende : de mythification.       <br />
              <br />
       Cette Marie, mère de son fils célèbre sauveur du Monde, est traquée dans son deuil, sa vieillesse, sa solitude par un manteau de légende et un flux de pèlerinage intéressé à son témoignage. Qui est bien fragile car Marie est restée à ce point choquée qu'elle doute même de la réalité des événements.       <br />
              <br />
       Le personnage prend un poids d'évidence. S'attachant à la personne et non à l'icône, Dominique Blanc, dans une sensibilité toute contemporaine, parcourt tous les cheminements, les errances du personnage. Elle porte parole, porte plaidoirie. Pour Marie. Mater dolorosa à jamais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843508.jpg?v=1494401209" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      En prologue, le public peut circuler sur le plateau à la découverte des éléments de décor, les coulisses, les accessoires. Le Deus ex machina, avec le pouvoir de l'illusion et de révélation qui le caractérise, montre ses trucs, montre dans leur matérialité les reliques d'une histoire à venir, passée. Avant d'agir. Magnifiquement.       <br />
              <br />
       Comme en miroir d'un pèlerinage oublié, la scénographie de Tom Pye et Jean Kalman a la légèreté d'une brise. Elle est comme une caresse de l'âme. Ou bien la dureté du métal. Elle est cruauté du destin. Dans sa respiration, elle offre un écrin renouvelé, décontextualisé et beau à l'humanité de Marie. C'est un juste retour des choses.       <br />
              <br />
       Le spectateur se trouve en pleine empathie avec le récit de cette mère et découvre une manière de sortir des rumeurs, d'un état du monde où ne s'engendrent que des récits guidés, dictés par les hommes, dont les femmes ne sont que des instruments ou des ornements.       <br />
              <br />
       C'est aussi un hommage appuyé au théâtre. Cet art des pérégrinations symboliques qui relie les imaginaires des hommes et des femmes à égalité dans la réciprocité des sensibilités et des perceptions.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Testament de Marie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843584.jpg?v=1494401242" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      Texte : Colm Tóibín.       <br />
       Traduction française : Anna Gibson.       <br />
       Mise en scène : Deborah Warner.       <br />
       Assistante mise en scène : Alison Hornus.       <br />
       Avec : Dominique Blanc, de la Comédie-Française.       <br />
       Scénographie originale : Tom Pye.       <br />
       Collaboration à la scénographie : Justin Nardella.       <br />
       Lumière : Jean Kalman.       <br />
       Costumes : Chloé Obolensky.       <br />
       Musique, son : Mel Mercier.       <br />
       Durée : 1 h 20 environ.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/13246338-19843620.jpg?v=1494401273" alt="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" title="Un art des pérégrinations symboliques reliant les imaginaires des hommes et des femmes" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 5 mai au 3 juin 2017.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, le dimanche à 15 h.       <br />
       Odéon Théâtre de l'Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatre-odeon.eu/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs</title>
   <updated>2015-10-06T14:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Bach-opus-2-D-autres-le-giflerent-par-la-Compagnie-Manque-Pas-d-Airs_a1450.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/8347035-13078692.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-10-06T08:40:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La Compagnie Manque Pas d'Airs propose le deuxième volet de son triptyque consacré aux trois Passions de Jean-Sébastien Bach, du 17 au 20 octobre 2015, au Carreau du Temple. Après "Et le coq chanta" en 2014 créé autour de l'idée de trahison, le deuxième opus "D'autres le giflèrent" entend explorer, en quatorze stations et onze artistes musiciens, acteurs et chanteurs, l'humiliation du Christ vécue par onze personnages contemporains. Rencontre avec Alexandra Lacroix et François Rougier.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13078692.jpg?v=1444019779" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
     </div>
     <div>
      Le théâtre musical conçu par la Compagnie Manque Pas d'Airs depuis 2007 se révèle très intéressant par sa volonté de vouloir réactiver notre écoute de grandes œuvres lyriques tout en nous proposant de porter un regard acéré sur le monde d'aujourd'hui. Avec ce deuxième volet &quot;Et d'autres le giflèrent&quot; (après &quot;Et le coq chanta&quot;), il s'agit de permettre de redécouvrir les trois oratorios de J. S. Bach consacrés à la Passion du Christ, tout en restituant le caractère éminemment théâtral voire physique de ces œuvres en un travail pluridisciplinaire.       <br />
              <br />
       &quot;Chacun porte sa croix&quot; : la production entend nous rappeler qu'il est possible d'incarner Bach sur scène tout en nous parlant de notre modernité. Nous avons rencontré la directrice artistique de la compagnie et metteur en scène du spectacle, Alexandra Lacroix, et le ténor François Rougier, collaborateur au projet.       <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq - Pourquoi Bach et comment avez-vous sélectionné les extraits des trois Passions pour le spectacle ?</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13078697.jpg?v=1444112078" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
     </div>
     <div>
      <b>Alexandra Lacroix -</b> C'est un choix effectué avec François. D'une part, nous nous interrogeons depuis longtemps sur les modes de production du lyrique et nous avons fait le même constat de frustration sur ce qui existe. D'autre part, les Passions de Bach sont apparues comme une évidence, une matière extrêmement dense, extrêmement riche, extrêmement difficile mais passionnante !       <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> Les extraits ont été sélectionnés selon le thème choisi par Alexandra. Pour le premier spectacle (&quot;Et le coq chanta&quot; NDLR), c'était la trahison, pour celui-ci, c'est l'humiliation. Le découpage final des trois Passions (selon Saint-Jean, selon Saint-Matthieu, selon Saint-Marc NDLR) inspire le livret autour de cet axe, tout en initiant une réflexion sur la signification globale des œuvres par rapport à l'histoire que nous racontons.       <br />
              <br />
       <b>À la répétition à laquelle j'ai assisté, j'ai vu qu'il y avait une réelle exigence vis-à-vis des artistes sur scène quant à leur implication. Cela n'a rien d'évident pour un instrumentiste ou un chanteur.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13088341.jpg?v=1444112632" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
     </div>
     <div>
      F<b>rançois Rougier -</b> Ce n'est pas si difficile puisque nous avons le temps de mettre les choses en place. Nous répétons huit à neuf semaines. C'est un vrai luxe quand on sait qu'une production d'opéra prévoit au mieux cinq semaines de répétition. Avec l'équipe nous menons un vrai travail quotidien avec différents rendez-vous, par exemple le travail corporel le matin avant les répétitions proprement dites avec Alexandra. Et rien n'est gratuit dans ce qu'elle nous demande. Tous les gestes et déplacements ont un sens par rapport aux autres personnages et à la musique.       <br />
              <br />
       <b>Alexandra Lacroix -</b> Avec le temps dont nous disposons, je peux me permettre de ne rien imposer à mes interprètes - même si j'ai forcément au départ une vision du spectacle : décors, lumières, etc. J'adapte la sensibilité des personnages à leurs interprètes et comme nous nous connaissons bien, le jeu que j'attends d'eux finit par devenir une évidence : la folie, la combativité, la violence, l'humiliation.       <br />
              <br />
       <b>J'ai été frappée par l'incroyable précision des indications d'Alexandra.</b>       <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> Elle sait vraiment où elle va. C'est confortable pour nous (même si je n'aime pas ce mot). Alexandra nous laisse l'impression que nous proposons tout. Mais il y a chez elle une grande maîtrise des chemins que nous allons emprunter - chacun avec nos personnalités différentes et selon nos sensibilités. Les gestes, les déplacements, les corps, la mise en espace sont très réglés mais au fil des semaines de répétitions quelque chose se sédimente peu à peu du travail effectué ensemble. Une vraie infusion entre elle et nous - entre sa vision et ce que nous apportons.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13088377.jpg?v=1444112918" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
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      <b>Alexandra Lacroix -</b> Les choses s'affinent peu à peu et je peux être de plus en plus exigeante - tout en respectant ce que je sais pouvoir obtenir d'eux.        <br />
              <br />
       <b>Dans la note d'intention du spectacle, vous parlez de &quot;corps musiciens&quot;, une très belle expression. </b>       <br />
              <br />
       <b>Alexandra Lacroix -</b> C'est François qui emploie cette expression.       <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> C'est une façon de rassembler dans une même expression les instrumentistes, les acteurs et les chanteurs. Hélas, tous n'en ont pas la même conscience ! On peut chanter, jouer du clavecin sur scène et faire vivre une situation, proposer une interprétation avec son corps aussi. La musique c'est de la chair, du vivant, pas seulement de la pensée. Étant donné notre formation, cela n'a rien d'évident pour la plupart.       <br />
              <br />
       <b>Alexandra Lacroix -</b> Ce travail sur les corps pour un répertoire lyrique est aussi une volonté d'affirmer qu'il n'est pas uniquement destiné à un public averti. À travers le théâtre et des situations qui nous sont familières, le spectacle espère concerner et toucher un très large public.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13088391.jpg?v=1444113495" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
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      <b>Les situations que vous mettez en scène (un groupe d'étudiants, une entreprise, une soirée en ville) appartiennent à notre temps.</b>       <br />
              <br />
       <b>Alexandra Lacroix -</b> Exactement. Pour moi, il est vital d'être soit atemporel soit contemporain. Il me paraît important d'accorder le sens de l'œuvre à notre époque et au public d'aujourd'hui en en restituant l'essence. Quand Bach écrit ces Passions, il y met déjà un certain recul dans les airs de commentaires, dans les chorals pour que l'assemblée puisse intérioriser le récit, en être pénétré. Il entend instaurer un échange entre la scène et les fidèles. Or cette parole n'est possible que si le public se reconnaît dans ce qui se passe sur scène avec des codes qui nous sont communs. Nous cherchons à nous adresser à tout le monde en proposant une vision nouvelle de l'œuvre.        <br />
              <br />
       <b>François Rougier -</b> Et il est une telle spiritualité dans cette musique qu'elle ne s'adresse pas qu'aux croyants.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Les 17, 19 et 20 octobre 2015 à 20 h 30.</span>       <br />
       Le Carreau du Temple, Auditorium,       <br />
       4, rue Eugène Spuller, Paris 3e.       <br />
       Tél. : 01 83 81 93 30.       <br />
       <a class="link" href="http://www.carreaudutemple.eu" target="_blank">&gt;&gt; carreaudutemple.eu</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       4 et 6 novembre 2015 : à 20 h 45, Espace culturel Robert Doisneau, Meudon (92).       <br />
       10 novembre 2015 : à 20 h, Deux Scènes, Scène nationale de Besançon (25).       <br />
       6 décembre 2015 : à 15 h, Théâtre Jean Vilar, Vitry-sur-Seine (94).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/8347035-13088416.jpg?v=1444113616" alt="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" title="Bach opus 2 "D'autres le giflèrent" par la Compagnie Manque Pas d'Airs" />
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      <b>&quot;D'autres le giflèrent&quot;</b>       <br />
       D'après les Passions de Bach.       <br />
       Théâtre musical en trois épisodes.        <br />
       Durée : 1 h 40 sans entracte.       <br />
              <br />
       Alexandra Lacroix, adaptation, scénographie, mise en scène.       <br />
       Christophe Grapperon, direction musicale.       <br />
       François Rougier, collaboration au projet.       <br />
       Mathieu Lorry Dupuy, scénographie.       <br />
       Anne Vaglio, Julie Bardin, lumières.       <br />
       Olga Karpinsky, costumes.       <br />
       Francesco Bonato, Nicolas Hubert, Natalia Jaime Cortez, Sylvain Riéjou, travail corporel       <br />
              <br />
       Magali Léger, Judith Fa, sopranos.       <br />
       François Rougier, ténor.       <br />
       Mathieu Dubroca, baryton.       <br />
       Julie Dumas, Simon Pitaqaj, comédiens.       <br />
       Clara Müthlethaler, violon et alto.       <br />
       Cyrille Métivier, violon et cornet à bouquin.       <br />
       Alice Coquart, violoncelle.       <br />
       François Leyrit, contrebasse.        <br />
       Camille Delaforge, clavecin et orgue.
     </div>
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    ]]>
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