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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-09T01:56:57+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques</title>
   <updated>2026-05-15T17:26:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Avec-Les-Justes--Camus-questionne-la-legitimation-du-crime-a-des-fins-politiques_a4558.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-05-16T08:12:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'adaptation resserrée de Maxime d'Aboville porte haut et fort la parole du philosophe. Fondée sur des faits historiques survenus en 1905, la pièce de Camus résonne toujours avec autant d'acuité. Peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause ? Tel est le dilemme cornélien auquel sont confrontés les protagonistes. "Même dans la destruction, il y a des limites", nous dit Camus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329183.jpg?v=1758631932" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Sur la petite scène du Théâtre de Poche, un homme apparaît à l'avant-scène, aux aguets et silencieux – nous apprendrons sous peu que ce quinquagénaire est Boris Annenkov, le chef du parti socialiste révolutionnaire. L'homme attend. Un silence pesant règne dans la pièce, une sorte d'entrepôt désaffecté. La tension est palpable. Une jeune femme blonde prénommée Dora, âgée d'une trentaine d'années, guette avec Annenkov le retour imminent de Stepan, un camarade évadé du bagne. Stepan arrive, puis tous trois sont rejoints par un quatrième compagnon, Kaliayev.       <br />
              <br />
       L'heure est grave. La cellule révolutionnaire prépare un attentat contre le grand-duc Serge, symbole du despotisme tsariste. Kaliayev a été désigné pour lancer la bombe, au grand désespoir de Stepan qui souhaitait s'en charger. Le lendemain, Dora et Annenkov sont à la fenêtre, à l'affût de l'explosion. La bombe doit être jetée au passage de la calèche du grand-duc pendant son trajet au théâtre. L'anxiété est à son comble. Un silence assourdissant règne. Un roulement lointain de calèche se fait entendre. De plus en plus proche, celui-ci finit par disparaître progressivement. Aucune détonation.       <br />
              <br />
       Alors qu'Annenkov et Dora conjecturent sur les faits qui auraient pu mener à l'échec de l'opération, Kaliayev entre, le visage défait. Les neveux du grand-duc se trouvaient avec celui-ci dans la calèche et il n'a pas eu le courage de lancer la bombe. Mais si l'Organisation décide de tuer les enfants, il lui est encore possible de lancer la bombe à la sortie du théâtre…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329184.jpg?v=1758631970" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Au dilemme cornélien auquel sont confrontés ces révolutionnaires – peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause supérieure et juste ? –, Les avis divergent. Stepan, à qui toute empathie est étrangère, s'oppose à Kaliayev et à Dora. Jusqu'au-boutiste, il ne fait pas dans le sentiment. Pour lui, la fin justifie les moyens, et la mort de deux enfants n'est rien si elle permet de bâtir une Russie libérée du despotisme. Kaliayev, lui, se cramponne à sa dignité humaine et à sa conception de l'honneur : <span style="font-style:italic">&quot;(…) tuer des enfants est contraire à l'honneur&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Dora prône un ordre moral et défend une révolution par amour de la vie : <span style="font-style:italic">&quot;Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le discours de Camus (1913-1960) nuance les pensées de chacun, scrute les failles, les exaltations, les contradictions et les doutes. Maxime d'Aboville signe ici l'adaptation et la mise en scène. Il a resserré le texte de Camus à l'extrême et réduit la distribution à quatre interprètes. Le spectacle dure 1 h 15 au lieu des 2 h, voire des 2 h 20, attendues. Et c'est pour le mieux. Ici, point d'abondance de paroles, de répétitions ou de verbiage amoureux entre Kaliayev et Dora. Le texte en ressort plus fort, plus puissant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329185.jpg?v=1758632002" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Pour la mise en scène, Maxime d'Aboville a pris le parti du statisme. Les personnages sont figés dans l'attente, dans la peur, dans l'angoisse. Point d'agitation inutile, de mouvements superflus. Tout comme le texte, les déplacements vont à l'essentiel, dans un raidissement de rigueur. La fièvre est palpable, la situation de péril imminent, glaçante. Cette tension sourde est amplifiée par la création sonore de Jason Del Campo qui rend les silences encore plus lourds, les ruptures, plus nettes.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens, tous excellents, se partagent les sept rôles de la distribution : Marie Wauquier, Dora et la grande-duchesse ; Arthur Cachia, Stepan et le directeur du département de police Skouratov ; Étienne Ménard, Annenkov et le détenu Foka ; et Oscar Voisin, Kaliayev.       <br />
              <br />
       Dans un jeu sobre et incarné, ils font tous preuve d'une grande justesse. Marie Wauquier, stoïque et fragile à la fois, incarne une Dora tiraillée entre son engagement et son désir de vivre. Arthur Cachia campe un Stepan proche du fanatisme, refusant toute concession et toute faiblesse, prêt à mener la révolution jusqu'au bout. Oscar Voisin figure un Kaliayev sensible et courageux, un poète exalté, bousculé dans ses sentiments et dans sa foi en la révolution. Étienne Ménard, en chef de parti, affiche une autorité calme et raisonnée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329186.jpg?v=1758632030" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      La scénographie conçue par Charles Templon répond, elle aussi, à ce désir de sobriété : un espace dépouillé aux murs gris avec, en fond de scène, une toile peinte par Marguerite Danguy des Déserts, déjà utilisée par Maxime d'Aboville dans son seul-en-scène &quot;Je ne suis pas Michel Bouquet&quot; (2019). Un clin d'œil à Michel Bouquet qui fut l'interprète de Stepan, aux côtés de Maria Casarès et de Serge Reggiani, lors de la création de la pièce en 1949 au Théâtre Hébertot. Et, pour tout décor, une chaise. Dans ce cadre minimaliste, seuls importent les voix et les corps. La parole du prix Nobel de littérature n'en est que plus puissante.       <br />
              <br />
       Et c'est sans doute la phrase que lance le directeur du département de police Skouratov à Kaliayev qui résume le mieux la pensée de l'auteur : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi, en ce cas, avez-vous épargné la grande-duchesse et ses neveux ? (…) Je vais vous dire pourquoi. Une idée peut tuer un grand-duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. Voilà ce que vous avez découvert. Alors, une question se pose : si l'idée n'arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu'on tue un grand-duc ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       La pensée de Camus résonne aujourd'hui avec toujours autant d'acuité, alors que, dans plusieurs parties du monde, l'absolu idéologique prime sur toute considération humaine. Un spectacle salutaire !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Justes"</b></div>
     <div>
      Texte : Albert Camus.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Maxime d'Aboville.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Étienne Ménard, Oscar Voisin et Marie Wauquier.       <br />
       Scénographie et costumes : Charles Templon, assisté de Pixie Martin.       <br />
       Lumières : Alireza Kishipour.        <br />
       Création sonore : Jason Del Campo.       <br />
       Toile peinte : Marguerite Danguy Des Déserts.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Gémeaux, Salle du Dôme, 10, rue du Vieux Sextier, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 88 60 72 20.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0700/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0700&EventId=81&request=QcE+w0WHSuDuCZkki2yATaAg5JfRtHo3H4cZag+6wo+9VpWAP/nBkf+kYg2TBFTL" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesgemeaux.com/" target="_blank">>> theatredesgemeaux.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Avec-Les-Justes--Camus-questionne-la-legitimation-du-crime-a-des-fins-politiques_a4558.html" />
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   <title>"Crime et Châtiment" La hardiesse a du génie, de la force et de la magie*</title>
   <updated>2026-04-29T13:42:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Crime-et-Chatiment-La-hardiesse-a-du-genie-de-la-force-et-de-la-magie_a4542.html</id>
   <category term="Trib'Une" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96311951-67175107.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-04-29T13:01:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Lauriou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dominique Scheer-Hazeman m'avait totalement éblouie dans sa prestation à Avignon, elle jouait "Adolphe", une adaptation réussie du roman de Benjamin Constant. Je me souviens du pouvoir de son interprétation. Telle une brodeuse qui assure toutes les finitions sur un modèle complexe, mais précis. Depuis ce spectacle, je la suis et à nouveau, un coup de génie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96311951-67175107.jpg?v=1777461510" alt=""Crime et Châtiment" La hardiesse a du génie, de la force et de la magie*" title=""Crime et Châtiment" La hardiesse a du génie, de la force et de la magie*" />
     </div>
     <div>
      Génie, car elle s'attaque à Dostoïevski. &quot;Crime et Châtiment&quot;. Ses doigts de fée, une fois de plus, ont opéré. Elle ne joue pas dans le spectacle, mais l'a adapté et mis en scène. Cela se passe au théâtre de la Huchette à Paris et, bien que le plateau soit un peu étroit pour les trois artistes, le public suit de près les déboires de cet étudiant de 23 ans – le bel et grand enfant interprété par Jeremy Petit – qui, un jour, finit par tuer. Dans sa tête, nous sommes plongés, au plus proche et dans son intimité. Gravitent autour de lui de nombreux personnages, joués tour à tour par la délicieuse Milena Marinelli. Délicieuse et talentueuse.       <br />
              <br />
       De costumes en costumes, de cour à jardin, de sa voix mezzo-soprano à son jeu parfait, de bas en haut, elle nous entraîne dans son tourbillon de visages, tous joués avec sobriété. S'ajoute sur le plateau, le drôle et subtil Adrien Biry-Vicente qui, aussi, chante, joue, incarne et apporte de jolis moments de fantaisie, notamment quand il porte le costume de ce &quot;Columbo&quot; à la &quot;russe&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96311951-67175247.jpg?v=1777461557" alt=""Crime et Châtiment" La hardiesse a du génie, de la force et de la magie*" title=""Crime et Châtiment" La hardiesse a du génie, de la force et de la magie*" />
     </div>
     <div>
      Cette joyeuse équipe performe pendant 1 h 30. Le texte est rude, la cadence aussi. Rien ne se perd, tout se déroule sous nos yeux. Jamais elle ne cesse le mouvement, elle est présente et si vivante malgré la noirceur de cette histoire. Noirceur et brouillard parfaitement mis en lumière grâce au tact de Guillaume Rouchet (création lumières).       <br />
              <br />
       En deux papiers, je me retrouve à exprimer cette réalité : il manque parfois juste un peu d'espace pour qu'un spectacle brille au plus haut de sa créativité. &quot;Crime et Châtiment&quot; est un texte incroyablement fort et l'adapter semblait risqué. Le pari est hautement réussi, grâce à ce trio de comédiens absolument extras à tous points de vue, qui donne envie de le voir poursuivre cette aventure musicale et originale dans un lieu plus grand, tel l'est ce chef-d'œuvre de Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski.       <br />
              <br />
       &quot;PARIS, Pari&quot; réussi pour le travail parfaitement accompli de cette tisseuse, audacieuse et talentueuse, qui a su broder le meilleur d'un roman en y ajoutant sa délicatesse et son immense humilité.       <br />
              <br />
       Je suivais cette artiste depuis Avignon, je la retrouve à Paris. Je souhaite aujourd'hui, à Dominique Scheer-Hazemann, une grande tournée, car il fait vraiment bon la rencontrer.       <br />
       <b>◙ Isabelle Lauriou</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Goethe.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Crime et Châtiment"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96311951-67175256.jpg?v=1777461594" alt=""Crime et Châtiment" La hardiesse a du génie, de la force et de la magie*" title=""Crime et Châtiment" La hardiesse a du génie, de la force et de la magie*" />
     </div>
     <div>
      Spectacle musical d'après Dostoïevski.       <br />
       Adaptation, livret : Dominique Scheer-Hazemann.       <br />
       Mise en scène : Dominique Scheer-Hazemann.       <br />
       Assistante mise en scène : Elisa Sergent.       <br />
       Avec : Milena Marinelli, Jérémy Petit, Adrien Biry-Vicente.       <br />
       Musiques et sons : François Peyrony.       <br />
       Costumes : Julia Allègre.       <br />
       Scénographie : Bastien Forestier.       <br />
       Lumières : Guillaume Rouchet.       <br />
       Chorégraphie : Mariejo Buffon.       <br />
       Sous l'œil artistique de Véronique Viel.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 mars au 13 juin 2026.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h.       <br />
       Théâtre de la Huchette, 23, rue de la Huchette, Paris 5ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 43 26 38 99.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0620/fListeManifs.aspx?idstructure=0620" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-huchette.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-huchette.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"L'Amante anglaise"… Un titre durassien, propre à laisser infuser une vérité à jamais forclose</title>
   <updated>2026-03-11T09:30:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Amante-anglaise-Un-titre-durassien-propre-a-laisser-infuser-une-verite-a-jamais-forclose_a4500.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/95245316-66662856.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-03-12T09:14:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le 16 décembre 68, la première de la pièce écrite par Marguerite Duras (faisant suite à son roman éponyme) était représentée au TNP du Palais de Chaillot, dans une mise en scène de Claude Régy et une distribution réunissant, entre autres, Michael Lonsdale et Madeleine Renaud. Ce soir au tnba de Bordeaux, la filiation d'une distribution d'exception est assurée par Nicolas Bouchaud, Dominique Reymond, Laurent Poitrenaux, dans une mise en scène à l'avenant d'Émilie Charriot… Quant à la vérité forclose de cette menthe anglaise, elle sera encore et toujours remise au travail dans un mouvement poético-théâtral à faire chavirer "les sens".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95245316-66662856.jpg?v=1773217408" alt=""L'Amante anglaise"… Un titre durassien, propre à laisser infuser une vérité à jamais forclose" title=""L'Amante anglaise"… Un titre durassien, propre à laisser infuser une vérité à jamais forclose" />
     </div>
     <div>
      Sur un plateau quasiment nu – un carré dont le blanc lumineux contraste avec l'obscurité d'un drame dont la cause, jamais élucidée, plonge ses racines dans la nuit des temps – et dans la salle où d'abord a pris place un homme ordinaire, Pierre Lannes, mari sans envergure, mais non sans désir, va se rejouer le drame reconnu par son autrice, Claire Lannes. Une heure quarante durant, un énigmatique interrogateur, sans statut défini si ce n'est d'être un double de nous, spectateurs, va tenter de découvrir – pour elle – la raison obscure de son acte. Elle, la criminelle, qui, tout en reconnaissant en être l'autrice, n'a pas accès aux raisons qui l'ont poussée à le commettre. Étrangère à son crime, étrangère à elle-même, étrangère à nous, elle épuisera son interrogateur dans un jeu sans fond de questions réponses… où on se demande si ce n'est pas elle parfois qui mène la danse de la folie.       <br />
              <br />
       En prologue, un titre du groupe anglais The Stranglers – &quot;La Folie&quot; – est diffusé, faisant écho lui à un événement macabre survenu en juin 1981 où un étudiant japonais avait assassiné dans son studio parisien une jeune étudiante hollandaise, l'avait découpée avant de la dévorer. Ajouté au texte de Marguerite Duras, dont l'écrit est respecté à la lettre près, ce fait divers commenté par l'interrogateur mettra en abyme un autre meurtre, celui de Marie-Thérèse Bousquet, cousine de Claire Lannes, sujet de cet opus… Le 8 avril 1966, &quot;grâce au recoupement (!) ferroviaire&quot;, on retrouvera le point d'intersection des différents convois ayant transporté la victime découpée en plusieurs morceaux, tous sont passés sous le Pont de la Montagne Pavée, à Viorne, circonscription de Corbeil, là où depuis vingt-deux ans réside Claire Lannes… Crimes gigognes… à la différence essentielle que, là, son autrice ayant reconnu spontanément les faits, ne fournira aucune explication sur ses motivations.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95245316-66662857.jpg?v=1773217429" alt=""L'Amante anglaise"… Un titre durassien, propre à laisser infuser une vérité à jamais forclose" title=""L'Amante anglaise"… Un titre durassien, propre à laisser infuser une vérité à jamais forclose" />
     </div>
     <div>
      Le premier tableau, consacré à l'interrogatoire du mari, apportera plus d'opacité que de lumière sur la personnalité de son épouse, tout en levant le voile sur lui. Homme enfermé dans ses propres obsessions – comme la trace prégnante du désir charnel l'ayant précipité autrefois dans la couche de celle qui venait à l'époque de subir un chagrin d'amour avec un homme violent, l'agent de Cahors – il semble incapable de fournir la moindre raison à cet acte dément. Centré depuis toujours sur ses préoccupations médiocres de sauver les apparences pour vivre une existence sans véritable horizon d'attentes, il ne voit dans le sort réservé à la cousine de sa femme que la perte d'une bonne cuisinière à bon marché entretenant sa maison. Quant à la vie que lui faisait mener son épouse, il ne peut en dire que l'indifférence totale qui avait pris place entre eux deux. Au regard des comportements bizarres de son épouse, avait-il peur qu'elle se supprime ou l'espérait-il ? Il dit ne comprendre plus rien à elle, ne comprendre plus rien à lui… Se contentant de ressasser sa folie tranquille, son imagination tranquille hors réalité, et son attirance tranquille pour le banc du jardin et la menthe anglaise qui poussait à son pied.       <br />
              <br />
       Nuit au plateau d'où, entre ombres et lumières, émerge Claire Lannes. Ainsi s'ouvre le second tableau projetant la coupable assise sur une petite chaise face à l'interrogateur… Et là, dire l'engagement quasi organique de Nicolas Bouchaud accompagnant le désir de savoir de l'interrogateur par la chorégraphie naturelle de sa gestuelle donnant chair aux mots qu'il prononce. Face à lui, Dominique Reymond remarquable tout autant, silhouette noire de Claire Lannes enterrant (faisant taire) en elle un secret : pourquoi avoir tué sa cousine – sourde et muette – avec laquelle elle dit avoir toujours eu de bonnes relations, si ce n'est qu'elle était trop grosse pour la maison, de même que son mari était trop grand… Un secret dont elle semble avoir perdu la clef… si jamais il n'y en eut jamais une. Sa franchise abrupte désarme la réalité, mise en pièces elle aussi par ses paroles renvoyant à celles d'une Pythie contemporaine, tournée elle vers un passé qui résiste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95245316-66662874.jpg?v=1773217455" alt=""L'Amante anglaise"… Un titre durassien, propre à laisser infuser une vérité à jamais forclose" title=""L'Amante anglaise"… Un titre durassien, propre à laisser infuser une vérité à jamais forclose" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Il y a deux choses : la première, c'est que j'ai rêvé que je la tuais. La deuxième, c'est que lorsque je l'ai tuée, je ne rêvais pas&quot;,</span> ainsi parle en toute tranquillité celle qui a passé son temps, depuis son grand amour perdu pour l'agent de Cahors, à contempler la vie passer en elle. Elle qui ne consentirait à en dire plus que si la bonne question, celle qui l'éclairerait en regroupant toutes les autres questions (recoller les morceaux découpés dans l'obscurité de la cave ?), lui était posée… et dont elle ignore elle-même la teneur. Elle gardera, précieusement murée en elle, le lieu où elle a dissimulé la tête de sa victime… comme la possibilité d'un dernier lien avec une humanité qui l'a désertée, un lien qui fait parler jusqu'à épuiser littéralement l'interrogateur auquel elle adressera un dernier et pathétique &quot;Écoutez-moi !&quot;, avant d'être engloutie dans l'obscurité qui la recouvre.       <br />
              <br />
       Porteurs des drames de celles et ceux qui ne se sont jamais accommodés de la vie, Claire et Pierre Lannes rejoignent la galerie des âmes errant dans les limbes de la littérature. Pour que leur voix parvienne jusqu'à nous, Émilie Charriot a choisi finement une mise en jeu dépouillée de tous artifices, chargeant une actrice (Dominique Reymond) et des acteurs (Laurent Poitrenaux, Nicolas Bouchaud) à l'aura charismatique de faire oublier qui ils sont pour faire entendre entre les creux du langage, les variations du rythme, les crispations ou abandons des corps, une vérité qui se refuse à elle-même. Une vérité forclose dans une folie diffuse où infuse le parfum discret de la menthe anglaise remplissant l'espace d'écoute… Une épiphanie humaine et théâtrale dont on ressort… bouleversé.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 5 mars 2026 dans la salle Vauthier du tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine, Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Amante anglaise"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95245316-66662906.jpg?v=1773217507" alt=""L'Amante anglaise"… Un titre durassien, propre à laisser infuser une vérité à jamais forclose" title=""L'Amante anglaise"… Un titre durassien, propre à laisser infuser une vérité à jamais forclose" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marguerite Duras.       <br />
       Mise en scène : Émilie Charriot.       <br />
       Avec : Dominique Reymond, Nicolas Bouchaud, Laurent Poitrenaux.       <br />
       Dramaturgie : Olivia Barron.       <br />
       Lumière et scénographie : Yves Godin.       <br />
       Régie lumière et générale : Thierry Morin.       <br />
       Costumes : Caroline Spieth.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 2 au 7 mars 2026, au tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/L-Amante-anglaise-Un-titre-durassien-propre-a-laisser-infuser-une-verite-a-jamais-forclose_a4500.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques</title>
   <updated>2026-01-06T12:56:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Les-Justes--Camus-questionne-la-legitimation-du-crime-a-des-fins-politiques_a4444.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93555692-65363362.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-06T12:54:00+01:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'adaptation resserrée de Maxime d'Aboville porte haut et fort la parole du philosophe. Fondée sur des faits historiques survenus en 1905, la pièce de Camus résonne toujours avec autant d'acuité. Peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause ? Tel est le dilemme cornélien auquel sont confrontés les protagonistes. "Même dans la destruction, il y a des limites", nous dit Camus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363359.jpg?v=1758631932" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Sur la petite scène du Théâtre de Poche, un homme apparaît à l'avant-scène, aux aguets et silencieux – nous apprendrons sous peu que ce quinquagénaire est Boris Annenkov, le chef du parti socialiste révolutionnaire. L'homme attend. Un silence pesant règne dans la pièce, une sorte d'entrepôt désaffecté. La tension est palpable. Une jeune femme blonde prénommée Dora, âgée d'une trentaine d'années, guette avec Annenkov le retour imminent de Stepan, un camarade évadé du bagne. Stepan arrive, puis tous trois sont rejoints par un quatrième compagnon, Kaliayev.       <br />
              <br />
       L'heure est grave. La cellule révolutionnaire prépare un attentat contre le grand-duc Serge, symbole du despotisme tsariste. Kaliayev a été désigné pour lancer la bombe, au grand désespoir de Stepan qui souhaitait s'en charger. Le lendemain, Dora et Annenkov sont à la fenêtre, à l'affût de l'explosion. La bombe doit être jetée au passage de la calèche du grand-duc pendant son trajet au théâtre. L'anxiété est à son comble. Un silence assourdissant règne. Un roulement lointain de calèche se fait entendre. De plus en plus proche, celui-ci finit par disparaître progressivement. Aucune détonation.       <br />
              <br />
       Alors qu'Annenkov et Dora conjecturent sur les faits qui auraient pu mener à l'échec de l'opération, Kaliayev entre, le visage défait. Les neveux du grand-duc se trouvaient avec celui-ci dans la calèche et il n'a pas eu le courage de lancer la bombe. Mais si l'Organisation décide de tuer les enfants, il lui est encore possible de lancer la bombe à la sortie du théâtre…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363360.jpg?v=1758631970" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Au dilemme cornélien auquel sont confrontés ces révolutionnaires – peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause supérieure et juste ? –, Les avis divergent. Stepan, à qui toute empathie est étrangère, s'oppose à Kaliayev et à Dora. Jusqu'au-boutiste, il ne fait pas dans le sentiment. Pour lui, la fin justifie les moyens, et la mort de deux enfants n'est rien si elle permet de bâtir une Russie libérée du despotisme. Kaliayev, lui, se cramponne à sa dignité humaine et à sa conception de l'honneur : <span style="font-style:italic">&quot;(…) tuer des enfants est contraire à l'honneur&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Dora prône un ordre moral et défend une révolution par amour de la vie : <span style="font-style:italic">&quot;Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le discours de Camus (1913-1960) nuance les pensées de chacun, scrute les failles, les exaltations, les contradictions et les doutes. Maxime d'Aboville signe ici l'adaptation et la mise en scène. Il a resserré le texte de Camus à l'extrême et réduit la distribution à quatre interprètes. Le spectacle dure 1 h 15 au lieu des 2 h, voire des 2 h 20, attendues. Et c'est pour le mieux. Ici, point d'abondance de paroles, de répétitions ou de verbiage amoureux entre Kaliayev et Dora. Le texte en ressort plus fort, plus puissant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363361.jpg?v=1758632002" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Pour la mise en scène, Maxime d'Aboville a pris le parti du statisme. Les personnages sont figés dans l'attente, dans la peur, dans l'angoisse. Point d'agitation inutile, de mouvements superflus. Tout comme le texte, les déplacements vont à l'essentiel, dans un raidissement de rigueur. La fièvre est palpable, la situation de péril imminent, glaçante. Cette tension sourde est amplifiée par la création sonore de Jason Del Campo qui rend les silences encore plus lourds, les ruptures, plus nettes.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens, tous excellents, se partagent les sept rôles de la distribution : Marie Wauquier, Dora et la grande-duchesse ; Arthur Cachia, Stepan et le directeur du département de police Skouratov ; Étienne Ménard, Annenkov et le détenu Foka ; et Oscar Voisin, Kaliayev.       <br />
              <br />
       Dans un jeu sobre et incarné, ils font tous preuve d'une grande justesse. Marie Wauquier, stoïque et fragile à la fois, incarne une Dora tiraillée entre son engagement et son désir de vivre. Arthur Cachia campe un Stepan proche du fanatisme, refusant toute concession et toute faiblesse, prêt à mener la révolution jusqu'au bout. Oscar Voisin figure un Kaliayev sensible et courageux, un poète exalté, bousculé dans ses sentiments et dans sa foi en la révolution. Étienne Ménard, en chef de parti, affiche une autorité calme et raisonnée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93555692-65363362.jpg?v=1758632030" alt="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      La scénographie conçue par Charles Templon répond, elle aussi, à ce désir de sobriété : un espace dépouillé aux murs gris avec, en fond de scène, une toile peinte par Marguerite Danguy des Déserts, déjà utilisée par Maxime d'Aboville dans son seul-en-scène &quot;Je ne suis pas Michel Bouquet&quot; (2019). Un clin d'œil à Michel Bouquet qui fut l'interprète de Stepan, aux côtés de Maria Casarès et de Serge Reggiani, lors de la création de la pièce en 1949 au Théâtre Hébertot. Et, pour tout décor, une chaise. Dans ce cadre minimaliste, seuls importent les voix et les corps. La parole du prix Nobel de littérature n'en est que plus puissante.       <br />
              <br />
       Et c'est sans doute la phrase que lance le directeur du département de police Skouratov à Kaliayev qui résume le mieux la pensée de l'auteur : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi, en ce cas, avez-vous épargné la grande-duchesse et ses neveux ? (…) Je vais vous dire pourquoi. Une idée peut tuer un grand-duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. Voilà ce que vous avez découvert. Alors, une question se pose : si l'idée n'arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu'on tue un grand-duc ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       La pensée de Camus résonne aujourd'hui avec toujours autant d'acuité, alors que, dans plusieurs parties du monde, l'absolu idéologique prime sur toute considération humaine. Un spectacle salutaire !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Texte : Albert Camus.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Maxime d'Aboville.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Étienne Ménard, Oscar Voisin et Marie Wauquier.       <br />
       Scénographie et costumes : Charles Templon, assisté de Pixie Martin.       <br />
       Lumières : Alireza Kishipour.        <br />
       Création sonore : Jason Del Campo.       <br />
       Toile peinte : Marguerite Danguy Des Déserts.       <br />
       Durée : 1 h 15.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Relâche : 9, 10, 13, 18, 21, 22, 23, 24, 25, 29 et 30 janvier ; 4, 13, 14, 15, 26, 27 et 28 février.       <br />
       Théâtre de Poche-Montparnasse, 75, boulevard du Montparnasse, Paris 6ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 45 44 50 21.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0424/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0424&amp;EventId=319&amp;request=QcE+w0WHSuBTF1VfBRtBznd8NWWi14M/WgLP2pZ84nDXKDobgb2Fyz2miDK5S2arH53Cu1lVlXQ=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredepoche-montparnasse.com/" target="_blank">&gt;&gt; https://www.theatredepoche-montparnasse.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Les-Justes--Camus-questionne-la-legitimation-du-crime-a-des-fins-politiques_a4444.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les Consolantes" Une grande leçon de vie !</title>
   <updated>2025-12-04T17:49:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Consolantes-Une-grande-lecon-de-vie-_a4420.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93008520-65079639.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-12-05T07:26:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La très belle pièce de Pauline Susini nous plonge dans les jours après les attentats du 13 novembre 2015. Face à l'incompréhension parfois de ce qui fait société, à savoir les amis, la famille et l'administration française, parfois, cruellement tatillonne, le combat des victimes, pour qu'elles soient reconnues et acceptées comme telles, est un parcours du combattant. Cette création est un très bel arc-en-ciel d'émotions et de sentiments où se mêlent autant le rire, le désir de vivre que la force intérieure.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93008520-65079639.jpg?v=1764865743" alt=""Les Consolantes" Une grande leçon de vie !" title=""Les Consolantes" Une grande leçon de vie !" />
     </div>
     <div>
      La scénographie découvre un plateau nu recouvert d'une bâche blanche froissée. Un protagoniste (Nicolas Giret-Famin) vient sur scène et présente le contexte de la pièce qui est celui de &quot;l'après&quot; des attentats du 13 novembre 2015. Cette entame fait partie du spectacle qui s'inscrit comme un fil rouge entre l'assistance et les personnages, entre la réalité et la fable qui sont miroirs l'un de l'autre. Ce lien est nourri aussi par les interprètes venant du public, montrant par ce biais que les attentats du 13 novembre auraient pu frapper n'importe qui.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Pauline Susini adopte une dramaturgie dans laquelle les protagonistes et les spectateurs, qui entourent la scène, sont ensemble, les premiers s'installant dans l'assistance ou la quittant pour rejoindre le plateau. Elle est découpée en ruptures scéniques avec une variété de tableaux. Elle met à distance les spectateurs pour les plonger ensuite dans les méandres du quotidien des victimes face à l'administration française et face à leurs relations sociales, familiales et amicales.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93008520-65079649.jpg?v=1764865778" alt=""Les Consolantes" Une grande leçon de vie !" title=""Les Consolantes" Une grande leçon de vie !" />
     </div>
     <div>
      Ce début est situé d'un point de vue extérieur, celui d'être spectateur des attentats, pour nous immiscer ensuite dans leur vie intime, dans des situations aussi diverses qu'un enterrement, qu'un déménagement et qu'une évaluation médicale. La scène du déménagement a été reprise du très beau récit &quot;Déplier le cœur&quot; (2025) d'Aurélie Silvestre dont son compagnon, Matthieu, a été assassiné lors de l'attaque terroriste du Bataclan.       <br />
              <br />
       Qu'est-ce qu'être &quot;victimes d'un attentat&quot; ? Au-delà des mots et de sa définition juridique, c'est son contenu, lié à des vécus, qui est mis en relief. C'est dans ce périmètre, où les vies sociales, familiales, intimes et judiciaires s'imbriquent, que se noue la fable qui fait le lien entre intimité et extimité. Une intimité qui met à nu leurs doutes, leurs perceptions de &quot;l'après&quot; et leurs combats pour se faire reconnaître pour ce qu'elles sont par une administration sourcilleuse et avare de sa confiance, comme si la souffrance, physique et psychique, extrême d'un attentat se mesurait à ce qui est visible ou à la longueur d'une cicatrice.       <br />
              <br />
       La pièce met en exergue ces moments extrêmement pesants. Plusieurs types de protagonistes sont présents tels qu'une épouse, des amis, un avocat et une médecin. On est témoins d'une évaluation faite par cette dernière pour un dédommagement financier en présence de la victime et de son avocat, au travers de négociations avec celui-ci et d'un questionnement médical à celui-là pour essayer de convaincre de la normalité d'une situation, à des fins de réduction des dépenses, situation qui n'est pourtant que terrible et violente.       <br />
              <br />
       Ces différentes composantes sont tenues par un même fil rouge qui est celui des &quot;14 novembre&quot; pour reprendre l'expression d'Aurélie Silvestre*, de cet &quot;après&quot; où ces grands blessés de la vie se retrouvent seuls. Un parcours auquel on ne s'attarde pas généralement, la visibilité à ce sujet n'étant pas ou très peu traitée publiquement.        <br />
              <br />
       Ce qui fait contexte aussi est le lien entre théâtre et la réalité, entre ce qui se joue sur scène et dans le public, entre ce qui est raconté et ce qui est vécu par chacun d'eux. Un enregistrement audio se fait aussi entendre, relayé ensuite par une protagoniste. Le témoignage se transforme en dire, la mémoire devient présente.       <br />
              <br />
       Il y a aussi un vrai moment comique où nous assistons à l'enterrement d'une victime qui apparaît ensuite habillée en ange descendant du ciel. Elle est excédée par le chant (Célia Rosich) d'une chanson de Johnny Halliday, par les habits portés des présents et par le décor de l'enterrement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93008520-65079656.jpg?v=1764865820" alt=""Les Consolantes" Une grande leçon de vie !" title=""Les Consolantes" Une grande leçon de vie !" />
     </div>
     <div>
      Les sentiments et les émotions des victimes s'expriment à l'aide d'un miroir, celui du public, qui permet une plongée dans leur solitude, leur détresse, leur combat. Le spectacle est un très bel arc-en-ciel de couleurs et d'émotions. Il mêle de la profondeur et de l'humour, des faits et des relations sociales, de la tristesse et du rire, de l'amour et un combat. Elle est une immersion de ce qu'a pu être des jours comme les &quot;14 novembre&quot; avec son lot de tristesse, d'absence, d'incompréhension et de lutte. Et de retour aussi à la Vie, car ces personnages sont riches d'une force et d'une grande humanité où nulle colère, nulle haine ne s'exprime. Une grande leçon de vie !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* &quot;Nos 14 novembre&quot; par Aurélie Silvestre, Éditions JC Lattès, novembre 2016.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Consolantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93008520-65079832.jpg?v=1764866346" alt=""Les Consolantes" Une grande leçon de vie !" title=""Les Consolantes" Une grande leçon de vie !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Pauline Susini en collaboration avec les comédiennes et comédiens.       <br />
       Mise en scène : Pauline Susini.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Florence Albaret.       <br />
       Avec : Noémie Develay-Ressiguier, Sébastien Desjours, Nicolas Giret-Famin, Célia Rosich.       <br />
       Création sonore : Loïc Le Roux.       <br />
       Régie son : Olivier Wurth.       <br />
       Scénographie : Camille Duchemin, assistée d'Elmest Poudoulec.       <br />
       Production : Compagnie Les Vingtièmes Rugissants.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>Ce spectacle a été joué les 20 et 21 novembre à la salle Le Grand Parquet, Paris 18ᵉ.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       21 mars 2025 : Scène Prévert, Joinville-le-Pont (94).
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     <br style="clear:both;"/>
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